Leur tournée mondialeDominATEà peine terminée,Stray Kids est déjà de retour avec un 4èmefullalbum sous le signe de la célébration nomméKARMA,qui contient 9 nouveaux titres.Notre avis sur ce nouvel opus.
Le teasing de ce nouveau projet a commencé dès le 24 juillet avec une vidéo qui annonce la couleur:les membres de Stray Kids sont des joueurs et athlètes redoutables,prêts à gagner tous les prix.
Dans ce trailer,on entend “Seront-ils capables de battre leurs records passés?”.La réponse est oui puisque le groupe réalise la meilleure journée de leur carrière en termes de streaming dès la sortie de l’album le 22 août.S’ils sont récemment devenus les meilleurs en termes de vente en France et à l’international,KARMAexplose encore davantage que leurs projets précédents,renforçant l’idée du karma stray kids.Selon les données Luminate,neuf titres de cet album se sont placés au Top 200 Spotify Global,et trois titres au Top 200 Spotify France.
La carrière du groupe suit une ascension continue,marquée par les succès qui s’enchaînent.
L’album et son contexte
Le nom du projetKARMApeut en étonner plus d’un.e alors que le groupe a pour habitude de faire des jeux de mots entre les différentes langues et alphabets qu’ils connaissent.C’était par exemple le cas de “HOP” avec un titre en Hanja(合),mais aussi de 樂-STAR(ROCKSTAR),pouvant signifier “rock” ou “joie” selon les contextes.Ici,un titre unique en anglais,KARMA,qui désigne un concept religieux commun à plusieurs cultures(comme l’hindouisme ou le bouddhisme)et correspond à l’ensemble des actions passées,présentes et futures d’un individu et ses conséquences.Dans le langage parlé,le karma est ce “retour de bâton”,qu’il soit positif ou non,de nos actions.On peut se demander pourquoi un tel concept pour Stray Kids?Est-ce que leur succès actuel et leur reconnaissance mondiale serait pour eux le fruit d’un “bon karma”,comme ils le disent dans “CEREMONY”?Ou est-ce que le karma n’est que la conséquence de leur travail constant depuis leurs débuts?Quoi qu’il en soit,l’idée de connaître la juste rétribution des actions passées semble cohérente à cette étape de leur carrière.
Le jeu de mot et la double définition deKARMAapparaît lorsque Bang Chan révèle que la prononciation du mot s’entend aussi “calmer”(“plus calme” en anglais).Etonnant quand on comprend qu’ils n’ont pourtant pas l’intention de se calmer musicalement.
삐처리 BLEEP:la fin de la censure
L’ordre des titres dans un album est rarement anodin chez Stray Kids. “삐처리 BLEEP” donne ici le la.Changbin nous dit que c’est la chanson “la plus Stray Kids” de l’album.L’utilisation de la basse dès l’introduction,le sample “what the–” suivi de ce bip suffisent à créer l’atmosphère rebelle voire chaotique qu’on connaît au groupe.Pour autant,les parties vocales restent puissantes et la mélodie du pré-refrain vient créer une transition parfaite avec la dissonance du refrain.On passe des voix chantées de Seungmin,I.N et Lee Know qui clament ne pas entendre les critiques aux voix saccadées de Felix et Hyunjin puis Chan et Changbin sur le refrain,introduites par un sample du bip censure.L’instrumentale derrière reste elle-même dissonante alors qu’on entend du synthétiseur et de la batterie,ensuite rejoints par des cordes pour plus de puissance.
Ici le titre “삐처리”(bbicheori)/“BLEEP” est l’écriture typographique de la censure.Lorsqu’un mot ne doit pas être prononcé,c’est 삐처리 qui le remplace.Il semble ici que Stray Kids se libèrent de la censure et de ce qui les enchaîne.On l’entend dans le refrain lorsque chaque mot listé est suivi de “삐처리” dans une répétition binaire.
Fail(삐처리),frail(삐처리)
Lazy(삐처리),hazy(삐처리)
Rumors(삐처리),boomers(삐처리)
Yada,yada,noise cancellation
Les couplets de rap après le premier refrain sont cruellement efficaces alors que Changbin débarque avec une nouvelle dissonance à la suite d’une note de basse.Dans son couplet est placée toute la thématique même de “BLEEP”:la passion,les actions qui mènent au succès et le sentiment d’auto-réalisation qu’ont les membres.Il dit qu’”abandonner est une note dissonante”.C’est ainsi que le fond rejoint la forme puisque Changbin fait une pause dans son rap en fredonnant une fausse note.Cet effet stylistique met en avant l’intention du couplet.
Ce titre est une manière efficace d’entrer dans l’albumKARMA,pour plusieurs raisons.D’une part,elle évoque littéralement le concept principal du projet,à savoir la passion fulgurante et la soif de réussite en dépit des obstacles.Si Stray Kids en sont là aujourd’hui,c’est parce qu’ils n’ont jamais cessé de croire en eux et leur travail,une forme d’ego-boost plutôt que l’ego-trip habituel.Si l’on peut penser que “BLEEP” cherche à moquer les critiques extérieures,ils cherchent aussi à censurer leurs autocritiques et leurs doutes.D’autre part,“BLEEP” est un morceau typique de lamala taste,avec une construction étonnante et des choix stylistiques risqués qui pourtant forment un morceau cohérent et unique.En somme,une introductionmade inStray Kids.
CEREMONY:l’heure est à la fête
“Yeah we gon celebrate ‘cause we got good Karma”
Cœur de l’album,latitle track“CEREMONY” nous avait ététeaséepar le groupe à plusieurs reprises.Le choix de la chanson principale est forcément important pour le groupe et soulève souvent des débats.Ici Changbin nous révèle que c’est HAN qui leur a dit le mot “CEREMONY” lorsqu’ils cherchaient un thème correspondant.C’est alors que l’idée de célébrer leur est venue comme un cadeau de remerciement pour les STAYs qui ont rempli des stades entiers lors de leur tournée.L’idée était pour eux de créer un titre sur lequel fêter une victoire,d’où l’ajout du chant “Hip Hip Hooray”,utilisé en Australie(mais aussi plus largement dans le monde,y compris en France).
Sans perdre leur humour,Stray Kids évoquent leur célébration,avec des comparaisons amusantes comme celle de I.N“Jump up,jump up/like a pop-up,toaster,lift”(saute,saute,comme un grille-pain).
Le refrain étonne à la première écoute par sa façon de prendre le contrepied des couplets,sans réelle mélodie.Mais on comprend vite l’effet recherché,celui d’un groupe chantant sa victoire.On s’imagine tout de suite dans une arène ou une salle face à des athlètes qui auraient gagné un trophée.En plus des onomatopées,la production est construite sur des bruits de sirènes et des samples de cuivres qui ressemblent presque à un mégaphone.
Sans transition,c’est HAN qui commence son couplet,le point focal du morceau.Sonflow,couplé aux multiples coupures dans la production,est particulièrement satisfaisant à l’écoute.Non seulement ses paroles sont percutantes,mais il arrive aussi à créer un moment iconique,avec ce “kiss” et ces “vroom vroom bow” qui ne suivent pas le rythme mais le façonnent.
Métaphore filée et structure disruptive
Il continue encore la métaphore de la célébration en évoquant leurs mains pleines de récompenses.Le clin d’œil aux cérémonies de récompenses et discours qu’ils font constamment rend bien hommage au thème de la célébration et est tout à fait d’actualité pour eux.
La chanson se conclut sur une outro des plus efficaces par Felix,avec la fameuse phrase “yeah we gon’ celebrate cause we got good Karma”.C’est d’ailleurs cette outro qui retient notre attention et qui a été choisie pour les teasers et les challenges,sans grande surprise.Il s’agit là de ce qu’on imaginait être l’accroche de la title,voire même le refrain complet.Le morceau se finit assez brusquement en nous laissant quelque peu abasourdi par cette cérémonie.
Latitle trackest complètement dans la veine de ce que Stray Kids a pu proposer par le passé,avec des samples connus,une utilisation des voix des membres assez classique avec Changbin en introduction,Seungmin sur le pré-refrain,HAN en second couplet ainsi que Felix sur les phrases percutantes.Pour autant,la structure est quand même parvenue à surprendre puisque le premier refrain est “vide” et les couplets s’accélèrent sans se ressembler avant d’arriver à un second refrain qui devient lui-même une outro.On se retrouve ainsi avec un morceau en déséquilibre,comme si l’ordre n’était pas de mise dans une célébration.Si d’un premier abord on regrette qu’ils ne mettent pas la mélodie dans le premier refrain,on comprend en fait son arrivée tardive comme si elle se faisait attendre pour monter sur la première marche du podium.
Un clip de champions?
Pour le clip,chaque membre s’inspire du monde du sport.Seungmin et Lee Know sont des pilotes de voiture de course,Hyunjin est pilote de deux roues.Han quant à lui est champion de football américain(avec une balle pourtant ronde).I.N est champion de tennis,alors que Changbin est présentateur de catch.Bang Chan est à la fois chauffeur de salle et représentant de l’hymne “hip hip hooray”.Enfin,Felix est joueur de tennis de table,avec un certain flegme puisqu’il observe les matchs depuis sa tour d’observation.
Si chacun semble avoir son rôle,on comprend pourtant que leurs univers sont liés par cette balle “SKZ” que l’on retrouve dans tous les jeux,même si elle n’a rien à faire là.Ils sont des athlètes de toutes les disciplines,comme Lee Know qui breakdance en tenue de baseball,et se retrouvent à faire des prouesses différentes de leur sport.Stray Kids seraient-ils des skins utilisables dans différents jeux?Si l’on en croit le cameo final deFAKER,joueur professionnel de League of Legends,actuellement dans l’équipe T1,ils sont bien des personnages de jeu vidéo sélectionnés par ce dernier.Son apparition est d’ailleurs notable quand on connait sa réputation en Corée du Sud comme sur la scène internationale.En effet,il est un des joueurs les plus renommés et populaires de sa génération.Par ailleurs,Felix est particulièrement fan de lui,étant lui-même amateur de eSport et de League of Legends.
CREED:l’arrogance du travail acharné
Changement d’ambiance avec “CREED” qui commence directement par une instrumentale hip-hop,rappelant presque les introductions de cypher.Rapidement rattrapée par les percussions,les basses trap et la voix mélodieuse de Seungmin qui chante le refrain en dialogue avec Bang Chan.L’accroche est déjà lancée et on les suit volontiers sur ce morceau qui n’est pas sans nous rappeler “Easy”. On retrouve l’harmonie du duo de “TRUMAN” sur le premier couplet de rap et on est convaincus par la manière de poser leurs voix.Felix module son flow entre premières barres lentes en 4 temps,avant d’accélérer en 8 temps après avoir dit “Not a single second is wasted,time is diamonds”.HAN,toujours aussi percutant dans ses raps,module sa hauteur de voix en chuchotant presque avant de lancer ses mots comme des flèches en l’air.
La force de Stray Kids réside souvent dans leurs pré-refrains où de belles mélodies ressortent.C’est le cas ici où on arrive progressivement vers le reste du morceau,dans un mélange d’autotune et de synthétiseur qui nous invitent à “speed up” jusqu’au refrain.Toujours dans une ambiance trap,le refrain est catchy et garde cette arrogance.C’est une production efficace,entraînante et presque addictive puisqu’on a beau trouver les paroles un peugoofy(drôles/peu sérieuses)on a envie de les chanter.
Sur “CREED” s’opère un bel équilibre entre les parties chantées et les couplets de rap qui structurent le morceau.Sur le deuxième couplet,Hyunjin et Felix se partagent quatre barres chacun et Changbin huit barres;créant une dynamique nouvelle.Les percussions s’arrêtent pour le laisser commencer sur sa première barre,avant d’accompagner de nouveau son flow si incisif:du classique Changbin.On note la référence à “My Pace” dans sa dernière phrase.
On souligne également le clin d’œil à l’univers de la boxe qui prend tout son sens au vu de la thématique générale de l’album.
엉망/MESS:la tempête sous un crâne
Sur un air emo-rap,“MESS” nous emmène dans un univers beaucoup plus introspectif.Ici,il est question de sentiments puissants et conflictuels personnifié par ce “mess”,ce désordre.
L’interprétation des membres du groupe laisse en effet une large place au désespoir et à cette envie,ce désir d’exprimer des émotions “messy”. Les membres le disent d’ailleurs très bien dans l’INTRO,Bang Chan a le type de voix qui fonctionne très bien avec ce genre assez dramatique et émotionnel:on sent ici toute la dimension du conflit intérieur.Ils le rapprochent de la technique vocale utilisée dans“i hate to admit”,un de ses SKZ-RECORD.La mélodie nous fait parfois penser au style de Ash Island,tout comme l’utilisation d’effets de vocodeurs sur leurs voix,qui mettent en valeur certains timbres,mais en dessert d’autres.Sur le refrain quelques notes aigües auraient méritées d’être plus brutes pour faire davantage entendre les émotions des chanteurs.
Celles-ci sont bien retranscrites dans des paroles introspectives comme:
“Désormais mon coeur est vide,mes émotions sont dispersées et brisées.J’ai peur de ce qui va arriver si les choses restent ainsi.Toutes ces pensées dans ma tête sont en désordre”(내 머릿속에 모든 생각이엉망).
Le mot 엉망(eong-mang)est important ici et répété à deux reprises dans le refrain faisant références aux pensées(생각)mais aussi aux émotions(감정들).Ainsi,le désordre semble se refléter à la fois dans la tête comme dans le cœur du protagoniste qui reste seul face à ses regrets,sa tristesse et aux souvenirs de l’autre.Ce morceau est par ailleurs un vieux projet que les membres ont décidé de sortir en 2025 avec un nouvel arrangement.
In My Head:quand les angoisses se transforment en pop rock
Cette chanson est une de mes préférées de l’album,par sa simplicité et son aspect emo/pop-rock américain.Dès le début du morceau,quelques accords de guitares acoustiques et des paroles en anglais adressées directement à l’auditeur(et à soi-même)nous plongent dans l’atmosphère des années 2000.On pourrait comparer “In My Head” à un titre des 5 Seconds of Summer,voir Simple Plan ou Avril Lavigne pour les plus anciens.En somme,une mélodie très satisfaisante à l’écoute dès le début du morceau,qu’on chante aisément en même temps qu’eux jusqu’au refrain aux airs d’hymne.
De plus,on retrouve ces thématiques chères à Stray Kids et qui ont fait leur succès à leurs débuts à savoir les batailles internes,les inquiétudes ressenties.Ils décrivent cet état de désordre et de torpeur de laquelle il est difficile de sortir quand on y est plongé.
Ils posent des questions rhétoriques“when will it ever stop?”(quand cela va t’il s’arrêter?),“But I’m gone,where is my mind headed for?”(mais je ne suis plus là-ndlr mentalement-,vers où se dirige mon esprit?).En ce sens,il semble que la musique permet de sublimer ces émotions négatives.Porté par l’écriture et la composition,ce désespoir prend une forme plus douce. Stray Kids ont réussi à écrire un morceau pop-rock efficace auquel on peut s’identifier.
Mention spéciale au premier refrain chanté par la rapline Changbin et HAN qui nous prouvent qu’ils sont en plus de bons chanteurs.J’apprécie ici la tonalité du premier qu’on a encore peu l’habitude d’entendre sur ce registre,bien quevocalist Changbinsoit dans mes favoris.
반전 Half Time:le show ne fait que commencer
De manière évidente,“Half Time” se situe presque à la moitié de l’album,comme une mi-temps à la cérémonie de célébration.Cette chanson,qui était aussi en lice pour devenir latitle trackde l’album,est un retour à l’énergie made in Stray Kids après deux titres plus émotionnels.Elle arrive comme une explosion avec son instrumentale bien plus rapide et ses bruits de cymbale et de percussion,mais aussi de sifflet alors que Changbin prononce les mots “whistle” et “hustle” qui par ailleurs forment des allitérations.C’est bien lui qui commence le track et qui lui donne cet aspect plus “puissant” et audacieux d’une chanson de mi-temps.Rapidement accompagné par Hyunjin avec qui un nouveau dialogue s’opère,on comprend que la balle se passe entre les différents joueurs du groupe qui ne sont autre que les membres.
Théâtralité etfreakshow
La théâtralité reprend de plus belle avec ce pré-refrain de Seungmin qui nous rappelle “CASE 143” “they don’t know what’s coming next”(ils ne savent pas ce qui arrive après).Ceci suggère bien que Stray Kids ont des surprises en réserve et qu’on en est à peine à la mi-temps de leur grand acte.Le couplet de Seungmin continue de proposer des variations avec cette répétition“Trippin’and trippin’,대성공을 trappin’”(trébuchant et trébuchant,attrapant les récompenses).Si la traduction en français perd le charme de l’originale,il y’a pourtant une paronomase entre “trippin” et “trappin”.C’est le rapprochement deux mots dont l’orthographe et le son sont quasi similaires mais dont le sens diffère.Ici ils rapprochent donc deux notions différentes qui pourtant se complètent car des trébuchements se nourrit le succès.
Coup de cœur pour cette partie du morceau qui nous sort complètement du jeu pour justement nous lancer dans une pause musicale,une mi-temps.L’interprétation de Felix sur le deuxième pré-refrain diffère en plus de celle de Seungmin et apporte un caractère un peu plus clownesque.On s’imagine au milieu d’un cirque ou d’unfreakshowà la The Greatest Showman rien qu’avec ces quelques lignes.
Le pari de Stray Kids de nous emmener faire la fête et célébrer est donc réussi avec “Half time” puisqu’après le freakshow vient un refrain pop entraînant.Comme ils le disent“I’m just getting started”(je ne fais que commencer).C’est l’heure du show qui va crescendo puisque le dernier refrain est chanté(en partie)en chœur avec une tonalité au-dessus et une farandole d’ad-libs ajoutés.On souligne le caractère de cette chanson qui nous fait passer d’un début de match à la mi-temps au grand spectacle tout en même temps.On comprend aisément pourquoi le groupe avait pensé à en faire une title japonaise,elle a tout à fait cette ambiance qu’ils donnent à leurs comebacks en cette langue,comme “CIRCUS” ou “Social Path”.
Phoenix:l’heure de la renaissance
C’est ensuite un titre EDM drum&bass que Stray Kids nous propose avec “Phoenix”,qui a d’ailleurs servi de piste de fond aumedleyde l’album.Au moment où il a été composé,Changbin nous avoue avoir été fan d’Avicii,d’où son inspiration.Par ailleurs,les fans avaient déjà pu l’entendre il y’a quelques années lors d’un live de la Chan’s Room,dans une version “EDM pure”.
“Phoenix” évoque naturellement l’univers de cet oiseau mythique qui symbolise la résurrection.En filant la métaphore de la renaissance du déploiement de leurs ailes,Stray Kids y évoquent leur musique.Tout en ambiançant les auditeurs et probablement les foules s’ils la performent,ils utilisent des paroles simples et faciles à suivre.
Il s’agit d’un titre qu’on peut aisément imaginer comme un ‘radio edit’ simple et efficace emprunt de messages d’espoir.
On est agréablement surprises de la voix de Felix en introduction de chanson,qui nous montre ici une nouvelle couleur vocale.Ce n’est plus dans sa tonalité grave mais plus aiguë ici qu’on l’entend.Globalement,chaque membre est mis en avant par un très bon mixage de leurs voix.
Ghost:un corps flottant dans l’espace
Stray Kids proposent avec “Ghost” un morceau qui s’appuie sur une instrumentale glitch etbig beat(genre officiellement affirmé),où les percussions et le synthétiseur jouent un rôle central. L’accent est mis sur le rythme,donnant une identité sonore immédiate,très propre au groupe.On se retrouve ici avec uneb-sideassez classique des anciens albums.La structure et la thématique sont des éléments qu’on retrouve au long de leur œuvre,notamment la sensation d’être perdu,et de littéralement se comparer à un “fantôme”.En effet,“‘cause to this day i’m still astray”est par exemple une belle interpolation à d’autres titres comme “Lonely St.” ou tout simplement à leur nom de groupe “Stray Kids”.
Le morceau s’ouvre sur Hyunjin,avec toujours cette intonation très sûre d’elle avant de laisser place à Seungmin,dont la voix claire apporte un contraste remarquable.Le premier pré-refrain de Felix et Lee Know qui ajoute“I lost my way”,toujours dans ce souci d’interpolation,installent un climat de doute et de recherche.Le refrain,d’abord assuré par Bang Chan et I.N,est moins imprégné de percussion en étant beaucoup plus mélodieux.Par ailleurs,l’accroche est bien amenée ici et on la retient rapidement.
La structure classique de Stray Kids frappe ensuite avec un retour du rap de Changbin,suivi d’un passage mi-chanté de Han,qui apportent du corps au morceau.Lebridgemet en avant Felix,accompagné d’ad-libs et d’une voix filtrée « radio » de Seungmin,créant une sorte d’expérimentation aussi douce à l’oreille.
Ce qui frappe dans “Ghost” selon moi,c’est l’équilibre des voix,parfaitement réparties et mixées.Si ce titre peut sembler plus classique,donc légèrement en retrait par rapport à d’autres morceaux de Stray Kids,avec une semaine de recul,elle est en fait cruellement efficace.Le jeu sur le champ lexical de l’espace et de la matière “space and time”,“sunlight” “empty space” ajoute une dimension subtile au texte.Bang Chan nous révèle dans l’INTRO qu’elle avait été écrite en même temps que la chanson “Holiday”,dont le repos était le thème principal.En toute cohérence avec la métaphore du fantôme sans âme qui flotte dans l’espace,dans une sortie d’ “expérience hors du corps”.
0801 :un cadeau lumineux pour les STAY
Avec “0801”,Stray Kids livrent un titre directement adressé à leurs fans,les STAYs.Le chiffre choisi pour le nom de la chanson n’est pas anodin:il correspond à la date d’anniversaire officielle du fandom,le 1er août.
Si Stray Kids ont l’habitude de faire des chansons “fan”,comme “You can STAY” ou “Youtiful” entre autres,ce morceau se distingue par son univers un peu moins dramatique qu’à leur habitude:très pop,léger,qui fonctionne très bien pour l’été.Les couplets mélodieux offrent une belle progression vocale qui met en valeur la diversité des timbres des membres.Il est marqué par une ambiance chill et synth-pop,facile à écouter et à suivre dans n’importe quelle circonstances.Dans l’INTRO,les membres la comparent à un titre nostalgique qui nous renvoie en enfance.
Le refrain est catchy et propose des paroles réconfortantes.On pense notamment au rythme ternaire,“I’ll stay forever,oh I’ll stay here”(je resterai pour toujours,je resterai là)se conclut dans un quatrième temps avec “I’m right here”(je suis juste là),créant un sentiment de proximité.En effet,Stray Kids disent à leur fans que,dans un sens,ils sont déjà là au travers de leur musique et de leurs contenus.
Le réconfort se lit notamment dans toute la chanson,où les membres nous disent “I know how it feels to be alone”(je sais ce que ça fait d’être seul.e).Cela résonne comme une main tendue,en cohérence avec le motto du groupe:“Stray Kids everywhere all around the world.”En plaçant leurs fans au centre de la chanson,les membres rappellent qu’ils avancent avec eux,et pour eux.On note d’ailleurs la référence à « Grow Up« ,présente dans leur mini album de début.
Par ailleurs,sur ce titre,Stray Kids a préparé un clip “Street Version” surprise pour les fans.S’ils avaient l’habitude de les faire sur leurs premiers albums,cela faisait plus de 6 ans qu’aucune n’avait été tournée.
CEREMONY(Festival Version):Stray Kids en mode EDM
Pensée pour la scène,“Ceremony(Festival Version)” transforme latitle trackd’origine en un pur concentré d’EDM.Les voix des membres s’effacent légèrement pour laisser toute la place aux samples et aux bruitages,qui enveloppent l’auditeur dans une expérience sonore presque 360°.Le refrain,déjà dansant dans la version normale,l’est davantage ici.Le long du morceau,le fameux mot “karma” est répété frénétiquement,sur une tonalité plus élevée,créant une impression vertigineuse.
Par ailleurs,écouter cette version en Dolby Atmos(dispo sur certaines plateformes de streaming comme Apple Music)rend l’expérience tout à fait différente.Si je préfère naturellement la version originale,la force de Stray Kids est de proposer ces remix alternatifs pour s’adapter aux circonstances.L’ajout de ces versions est une nouvelle preuve de la polyvalence du groupe.
Conclusion
KARMAs’impose donc comme un projet à la fois festif et introspectif,en mélangeant la célébration et les promesses pour l’avenir.Stray Kids y célèbrent leur chemin parcouru,tout en semant des indices sur leurs prochaines ambitions et leur incapacité à ralentir.Le groupe confirme sa capacité à jouer sur plusieurs registres et plusieurs genres musicaux.Derrière la fête,il y a un travail acharné du groupe qui continue de payer.Stray Kids livrent ainsi un album cohérent,ambitieux,qui continue de respecter leur identité et qui marque une nouvelle étape dans leur ascension.Est-ce que le “karma” ne leur réussirait pas,finalement?