Retrouvez toutes nos revues musicales K-Pop, et bien d’autres, dans notre rubrique Jukebox dédiée. On vous livre nos ressentis mais également des décryptages pointilleux sur vos albums préférés, tous genres confondus.
Le 26 juin dernier, alors que la France entière était en proie à une canicule sans pareille, Ateez a aggravé la situation avec la sortie de son nouvel album Golden Hour : Part.5.
Deux ans se sont écoulés depuis la sortie de la première partie de leur série d’albums intitulée Golden Hour. Si la quatrième partie (février 2026) n’a pas autant marqué les esprits que les précédentes, ce nouvel album, avec ses cinq chansons, est déjà bien accueilli par les Atiny (ndlr : nom du fandom). Alors plongez la tête la première dans leur univers et agrémentez votre playlist de l’été !
Point sur le lore
Une nouvelle partie vient s’ajouter à leur série Golden Hour, apportant des éléments aux fans pour mieux interpréter le lore du groupe. Si le concept de Golden Hour représente les moments précieux de la vie, certains se sont penchés sur les thèmes des titres principaux de chaque album. Ces derniers symboliseraient les sept péchés capitaux : “Work” serait l’avarice, “Ice on my teeth” l’orgueil, “Lemon Drop” la paresse et “In Your Fantasy” la luxure. “Adrenaline”, sorti en février dernier, symboliserait la colère, tandis que “Bad”, le titre principal de ce nouvel album, représenterait l’envie.
Les huit membres incarneraient donc des personnages pris dans une réalité alternative et vivraient plusieurs aventures sans se rendre compte que rien autour d’eux n’est réel. D’après Hongjoong, qui s’est confié au micro du Sang Zang Show, ce nouvel album pourrait marquer la fin provisoire de leur era Golden Hour, à laquelle ils pourraient revenir dans quelques années. Cette spontanéité explique le manque de “sneak peak” à la fin du clip de “Bad”, la marque de fabrique du groupe qui permet aux fans à chaque nouvelle sortie d’entendre une courte partie de l’instrumentale de la prochaine title track. Ateez font tout de même planer le suspens quant à leur prochaine era avec l’épilogue intriguant de “Bad”.
“Bad”
L’album s’ouvre sur “Bad”, un morceau entraînant au refrain répétitif et addictif. Clip coloré et chorégraphie énergique, tout y est pour donner le ton et embrasser les influences latines, notamment le funk brésilien sur lequel repose le morceau. Plusieurs lignes ont d’ailleurs été écrites en espagnol, en particulier dans la partie de rap de Mingi (Tú me tienes loco ; Toda la noche, loco contigo). On note également les références à leur titre populaire “Bouncy”, avec la phrase “청양고추 vibe”, et surtout le retour de la chèvre qui avait marqué les esprits dans le clip.
Dès la sortie du trailer, les fans ont reconnu l’actrice et danseuse américaine Chase Infiniti, connue pour ses rôles dans la série “Présumé innocent” et dans le film “Une bataille après l’autre” aux côtés de Leonardo Dicaprio. Chase Infiniti est surtout une grande fan de K-pop, et a mentionné dans plusieurs interviews son admiration pour Ateez.
Avant de se faire un nom dans le monde du cinéma, elle a co-fondé un crew de danseuses, intitulé Duple Dance Crew, et avec lequel elle fait et poste des covers de danses de K-pop. Cinq ans auparavant, elle avait dansé sur “Fireworks” de Ateez, sans se douter qu’un jour elle jouerait le personnage principal de leur nouveau clip. Ses talents de danseuse ont également été utilisés dans ce dernier, puisqu’elle se livre à une battle de danse face aux huit membres et à leurs danseurs. Une véritable consécration pour cette Atiny qui leur a adressé un doux message dans son dernier post Instagram !
Si les fans sont assez divisés quant au potentiel de la chanson, iels sont unanimes quant au manque de lignes, de temps d’écran et de mise en avant des membres Yeosang et Jongho. Une lamentation qui se répète sortie après sortie, bien que les B-sides de cet album rendent particulièrement justice aux deux vocalistes.
“Mamacita”
On garde le rythme avec “Mamacita”, la première B-side de l’album. Un titre dansant, qui rappelle “Arriba” (The World EP.FIN : WILL), et à l’ambiance festive et entraînante. Idéale pour célébrer le début de l’été, “Mamacita” ne manquera pas de rythmer le vôtre avec sa mélodie et ses parties chantées en écho, à l’image de leur B-side “Blind” (Golden Hour : Pt.1).
“Toxin”
L’ambiance change avec “Toxin”, ce morceau de R&B qui laisse davantage d’espace aux vocalistes du groupe. Wooyoung et Seongwha ressortent du lot, avec leurs voix particulièrement adaptables à ce type de rythme et gammes.
Les rappeurs Mingi et Hongjoong ne sont pas pour autant laissés pour compte : ils proposent des performances (pour lesquelles ils sont par ailleurs crédités dans la majorité de leurs chansons) précises et stylisées.
L’alliance des ces parties font de “Toxin” une B-side à l’image du groupe et offre aux auditeurs du véritable miel pour les oreilles.
“Toxin” marque une rupture dans le rythme de l’album qui permet aux prochains morceaux de s’y intégrer plus fluidement.
“Fallin’”
C’est avec “Fallin’” que le groupe se démarque dans cet album. Un titre électronique (EDM) au pré-refrain aussi déconcertant que addictif, qui donne aux Atiny l’occasion d’apprécier les qualités vocal de Yeosang à leur juste valeur.
Le refrain, simpliste et efficace, apporte une certaine légèreté à ce morceau qui ne laisse pas les fans indifférents.
Les paroles, quant à elles explicitent, dépeignent la sensation d’être totalement absorbé par l’autre, et l’inarrêtable flux d’émotions qui l’accompagne.
“Body”
L’album se termine sur “Body”, une ballade R&B qui évoque le souvenir de la personne aimée avec plus de nostalgie et de reconnaissance que de mélancolie.
Les refrains bercent nos oreilles avec finesse et douceur, tandis que les parties de rap qui achèvent le morceau accélèrent le rythme de la chanson et hachent les mots comme si le temps les pressaient.
La fin est nette, presque brutale, comme l’est un réveil soudain après un long rêve immersif.
Conclusion
Avec Golden Hour : pt.5, les membres d’Ateez proposent un album estival de qualité, et vont chercher de nouvelles sonorités sans pour autant perdre leur identité musicale. Que cet album marque la fin d’une ère ou simplement un pas de plus dans leur carrière, il est certain que les fans restent curieux de découvrir vers quel horizon les huit pirates vont s’aventurer dans les prochaines années !
Le 7 janvier dernier, CHUU a fait son troisième comeback avec l’album XO, My Cyberlove. Avec neuf titres, la chanteuse solo prouve encore une fois toutes ses capacités vocales et son habilité à transmettre des émotions fortes.
Après Only Cry in the Rain, CHUU reste sur sa lancée avec des sonorités nostalgiques et des genres divers mais cohérents. On passe ainsi de la synth-pop par du R&B, de la pop-rock ou encore du moombahton. La chanteuse porte avec sincérité ce projet qui représente, malgré sa longueur totale de tout juste 26 minutes, son premier “full album”.
XO, My Cyberlove
“XO, My Cyberlove” est la title track qui donne son nom (et le “la”) à l’album. CHUU explore le thème actuel des relations en ligne et la frustration qui naît du fait de ne connaître la personne qu’à travers l’écran. La protagoniste, qui semble suivre les moindres faits et gestes digitaux d’une autre personne, est coincée entre “le virtuel, les rêves et la réalité”.
La production musicale est atmosphérique et rêveuse mais aussi funky, portée par une basse rythmique et beaucoup d’harmonies qui enveloppent la voix mélancolique et douce de CHUU.
Dans le MV, la barrière du virtuel est d’abord brisée, la protagoniste se retrouvant avec la personne qu’elle aime. Le couple est filmé dans diverses situations intimes – un baiser dans un taxi, un pique-nique dans un parc, une sieste…
Puis, l’illusion se brise. La caméra se déplace sur le bras de CHUU dont une partie s’est transformée. Sa peau disparaît sur une dizaine de centimètres et devient, à la place, un morceau de plastique transparent rempli de liquide tel une lampe à lave. Elle réalise alors que ce n’est pas réel, comme si ce détail absurde lui avait fait prendre conscience qu’elle rêvait. CHUU regarde à ce moment-là la caméra, donnant la sensation au spectateur que le quatrième mur est brisé.
La protagoniste est représentée dans toutes les situations précédentes, mais cette fois-ci, seule. L’autre personne se retrouve également seule et leurs téléphones redeviennent leur seul moyen de communiquer.
CHUU explique lors d’une conférence de presse que le titre est également inspiré de l’intelligence artificielle et de l’utilisation des emojis pour exprimer ses sentiments. Ainsi, dans le MV, lorsque CHUU porte une perruque blonde, elle est une forme d’intelligence artificielle, tandis que ses cheveux naturels représentent sa véritable identité.
Son compagnon, une peluche géante déjà présentée dans les MV de “Strawberry Rush” et “Howl”, est ici un doudou que CHUU ainsi que son amour enterrent. Est-ce que ce compagnon est mort ? Heureusement pour les fans de CHUU, non – on le voit revenir à la vie à la toute fin du MV, son cœur se remettant à battre.
Canary
Le second titre de l’album est “Canary”, une ballade dark-pop et R&B qui exprime une sorte de désespoir, celle d’avoir envie d’aimer de manière inconditionnelle et d’être aimé de la même manière en retour. La voix de CHUU est puissante et pleine d’émotions, montrant l’étendue de son talent.
“Canary” bénéficie d’un MV qui reprend des scènes tournées en même temps que “XO, My Cyberlove” bien que la colorimétrie soit différente. Cette dernière donne une sensation rêveuse qui suit le thème de la title track de l’album.
Au tout début du MV, CHUU déterre la peluche qu’elle avait abandonnée pendant “XO, My Cyberlove”. Bien que l’interprétation de cet abandon soit ouverte, on peut imaginer que les retrouvailles sont une manière pour CHUU de se retrouver elle-même (“I trust you’ll heal”).
B-Sides
Tout au long de l’album, CHUU explore des genres différents. L’ensemble reste pour autant relativement cohérent. Avec “Heart Tea Bag”, la chanteuse offre un titre qui pourrait être comparé à Ariana Grande au début de sa carrière. “Love Potion” est quant à elle inspirée par Tyla dans sa production afrobeat et une technique vocale légère dans un registre grave.
“Limoncello” est dans la même lignée porté par des percussions rythmiques et légères. “Cocktail Dress”, placée juste après “Canary”, fait office de transition entre les thèmes plus sombres de “XO, My Cyberlove” et le reste de l’album. CHUU change drastiquement sa manière de chanter, rappelant la technique vocale de Minnie (i-dle). Bien que ce ne soit pas désagréable, c’est une première surprenante pour la chanteuse.
Avec “Teeny Tiny Heart” on a une chanson pop légère avec une boucle de basse dansante. CHUU tente un rap parlé lors du second couplet, ajoutant un peu plus de fun dans ce titre énergique et entêtant. “Hide & Seek” est similaire dans le côté fun et léger. On y retrouve également un petit rap et un côté joueur et enfantin qui peine pour autant à marquer entièrement les esprits.
“Loving You!” se démarque vraiment avec une production instrumentale plus expérimentale que le reste de l’album. Y sont incluses des influences PC Music, pop et digicore.
Malgré neuf titres, l’album s’arrête (trop) rapidement. Si les chansons s’enchaînent correctement, elles sont parfois trop courtes, ne se donnant que peu de temps pour rester dans la tête de l’auditeur. Néanmoins, XO, My Cyberlove est un très bon album qui permet à CHUU de développer ses capacités vocales et son identité artistique.
Déjà à son quatrième opus, la saga d’ATEEZ continue avec GOLDEN HOUR : Part. 4, près de sept mois après le troisième volet.
Après un été torride, le groupe entre cette fois dans une nouvelle dimension, avec un concept à la fois futuriste et post-apocalyptique.
ATEEZ et l’art du teasing
L’équipe marketing de KQ Entertainment (l’agence de ATEEZ) s’est une nouvelle fois démené pour annoncer le comeback du groupe. Avec des idées plus ingénieuses les unes que les autres, les ATINY (nom du fandom) ont pris plaisir à déchiffrer les indices disséminés sur les plateformes de streaming.
Peu avant la sortie du premier teaser, les internautes remarquent des “bugs” sur les plateformes. Impossible d’écouter la version originale de “HALA HALA (Hearts Awakened, Live Alive)”, c’est la version “remix traditionnel” qui se lance.
Le 11 janvier sort alors une vidéo intitulée “Deep in my heart, Deep in my soul”, qui n’est pas sans rappeler les paroles de “HALA HALA”. Les théories fusent sur le possible retour des “HALATEEZ”, ces hommes vêtus de fédoras, personnages récurrents dans le lore d’ATEEZ.
Quelques jours plus tard sur Spotify, des lettres apparaissent en glitch sur les visuels d’animations de certaines title tracks. Les lettres C et H pour “In Your Fantasy”, N pour “Wonderland” ou encore C pour “Guerrilla”. Les plus perspicaces des ATINY ont deviné que ces lettres composaient la formule chimique d’une molécule : l’adrénaline.
Sur le compte X officiel d’ATEEZ, un lien vers le site ateezofficial.net est posté sans autre commentaire ni contexte. Il suffit alors de rentrer le mot de passe “adrenaline” pour accéder à du contenu exclusif : un audio révélant des lignes de basses, extrait de la future title track.
Tout au long de la période de promotion du comeback, des événements physiques ont également permis de dévoiler des extraits audio grâce à des enveloppes cachées dans différentes villes autour du monde.
[🎬] GOLDEN HOUR : Part.4 *post and share to wake others
Tous ces éléments subtils et divertissants expliquent comment ATEEZ réussit à capter l’attention et attiser la curiosité autour de son mini-album.
Ghost
Premier morceau de l’album, “Ghost” est l’introduction parfaite à un univers sombre et inquiétant. L’instrumentale nous plonge dans une ambiance cinématique, à la découverte d’un monde incertain. Les voix des membres se font lointaines et s’étirent, donnant un sentiment d’être encerclé par des entités. Vers la fin du morceau, une mélodie de flûte accentue cette atmosphère mystérieuse et fantomatique.
Adrenaline
“Pull up the bass (Monte la basse)”, annonce Wooyoung dès les premières secondes du titre. Le morceau débute alors par ces lignes de basses révélées en avant-première quelques semaines plus tôt.
“Adrenaline” est une title track toute en puissance, dans la même veine que leur chanson “Crazy Form” sortie en 2023. ATEEZ reste ainsi sur ses acquis, dans un registre EDM percutant et dansant, bien apprécié par les fans.
Le titre fait référence à la molécule libérée en réaction à un état de stress, d’émotion forte ou face à un danger. Le refrain, construit en quatre temps, progresse de manière crescendo, faisant monter la pression et créant cette dose d’adrénaline recherchée.
Le clip vidéo est signé par le studio HIGHQUALITYFISH, qui est également derrière les MVs de “DIVINE” de Stray Kids ou “PSYCHO” de BABYMONSTER. Les décors et les tenues nous plongent dans un monde inspiré par les films “Dune” ou encore “Mad Max”. Hongjoong arbore notamment un cache-oeil digne de son statut de capitaine.
On y voit des références au lore d’ATEEZ, notamment le cube rouge qui apparaît dès le début dans les mains de Wooyoung. Ce cube représente “Sopro”, une entité qui se nourrit des émotions et peut prendre le contrôle de personnes dans la storyline d’ATEEZ. Il est également présent dans le clip de “In Your Fantasy” et sur la pochette d’album de GOLDEN HOUR : Part. 3 “In Your Fantasy edition”, ce qui en fait un élément clé.
Sur le plan des performances, les membres d’ATEEZ allient puissance vocale avec chorégraphie impactante, confirmant leur capacité à délivrer une stabilité vocale en toutes circonstances. La mise en lumière de Yeosang dans ce comeback est particulièrement appréciée par les ATINY.
NASA
Direction la lune avec “NASA”, morceau faisant directement référence à l’agence spatiale des Etats-Unis. Tout comme la NASA, ATEEZ se montre plein d’ambition, visant les étoiles à la conquête de l’espace “Shoot for the stars like NASA, always going up like my stack”.
En plus de leur titre “Adrenaline”, le groupe fait la promotion de son mini-album avec ce morceau sur les plateaux de télévision. La chorégraphie est des plus satisfaisante en raison de la synchronisation des membres avec leurs danseurs. Les pas de danse reproduisent même un effet d’apesanteur. Le thème est d’autant plus respecté avec des tenues qui rappellent les combinaisons des astronautes. Une performance qui vaut le coup d’œil !
Fun fact : Le compte Instagram officiel de la NASA a publié une photo avec pour description les paroles d’ATEEZ. Les membres n’ont pas tardé à réagir à ce clin d’œil.
On The Road
Sur un registre mélodieux, “On The Road” est une chanson porteuse d’un message d’espoir. D’abord remplie de douceur, la musique devient intense, presque épique. Elle nous emporte avec elle, comme une main tendue qui vient nous tirer de l’ombre. Un coup de cœur du côté de la rédaction.
Choose
L’album se conclut avec “Choose”, morceau sorti en avant-première à l’occasion de l’anniversaire du fandom (le 17 novembre). Une chanson qui se veut belle et rassurante, illustrant l’amour que porte le groupe pour ses fans.
Une quatrième partie réussie
Si les premières parties de la saga GOLDEN HOUR ont pu diviser avec l’exploration de nouveaux genres, cette dernière a su conquérir une grande partie du public. ATEEZ nous propose un album cohérent et efficace, tout en faisant progresser leur storyline. Et la recette fonctionne puisque l’album a été vendu à plus d’un million d’exemplaires en moins d’une semaine (source : Hanteo Chart).
En cette fin d’année, WayV envoûte nos cœurs avec un album spécial hiver intitulé Eternal White. Après avoir rafraîchit notre été avec leur 7ème mini album Big Bands, la sous-unité chinoise de NCT s’attaque à la plus fraîche des saisons dans un album doux et chaleureux.
Ce dernier reprend les codes des chants de Noël traditionnels, tels que l’ajout de chœurs, tout en gardant l’identité visuelle et musicale du groupe : vibrante, quelque peu expérimentale et ayant à cœur de valoriser les voix de Ten, Kun, Xiaojun, Hendery et Yangyang. WinWin s’étant tourné vers sa carrière d’acteur en Chine, il n’est pas présent sur cet album.
Pour les amateurs du combo plaid-chocolat chaud, mais aussi pour celles et ceux qui préfèrent bouger pour se réchauffer, Eternal White saura vous charmer. Alors laissez-vous porter par ces sept morceaux qui nous emmène en bal(l)ade en cette période d’introspection et de célébration.
The Fifth Season
La voix angélique de Xiao Jun ouvre l’album dans une courte mais addictive berceuse intitulée “The Fifth Season”. La mélodie étant produite en grande partie par les voix d’un chœur harmonique, les membres chantent quasiment A Capella. Cette technique met davantage en valeur leurs singularités vocales ainsi que les harmonies entre elles. Le carillon fait son apparition au milieu du morceau, donnant l’impression d’entendre la neige tomber pour embellir le paysage dans lequel “The Fifth Season” nous projette.
Deux semaines avant la sortie de l’album, les cinq membres avaient interprété la chanson lors d’une performance live tournée dans un salon sobre et contemporain au cœur d’une forêt enneigée. Dans les coulisses de ce tournage, Kun dit espérer que « cette chanson amène un peu de chaleur dans [nos] hivers”.
Eternal White (title track)
Le titre principal porte le nom de l’album : « Eternal White ». Ce morceau pop et dansant mêle basses énergiques et riff accrocheur fait au saxophone, une combinaison qui rappelle le tube “Talk Saxy” de Riize. Les couplets sont rappés et marqués par une influence hip hop tandis que les refrains sont plus doux et mélodieux.
Le synthé occupe une place importante puisqu’il lie la production musicale avec le concept du clip en ajoutant des sons aiguës et futuristes qui évoquent la dimension spatiale. Ce thème était particulièrement récurrent dans les productions de WayV à leur début, avec notamment leurs titres “Moonwalk” et “Turn Back Time”. « Eternal White » est donc une opportunité pour le groupe de “revenir explorer des moments figés dans le temps et de les assimiler avant de continuer d’avancer.” (Forbes)
Ce titre nous fait bouger et voyager avant de nous replonger dans l’ambiance cocooning propre à la saison hivernale. D’après Ten, cette coupure illustre “la sensation de solitude que certains peuvent ressentir pendant les périodes de fêtes.” (Forbes)
Moment In Time (coup de coeur de votre rédactrice )
Cette première b-side est un morceau rythmé et sensuel à la croisée des genres pop et R&B. Si les refrains peuvent être qualifiés d’angéliques et semblent être dépourvus de pesanteurs, c’est en partie grâce aux voix célestes des membres ainsi qu’aux effets ajoutés.
Le pont marque une véritable pause dans la chanson qui, après une partie de rap fluide et presque chuchotée, coupe l’instrumental pour ne laisser que les voix et les harmonies nous enchanter. Un moment vif et doux, à l’image de cette chanson, et dans lequel nous aimerions pouvoir “rester pour toujours” (“I wanna stay forever”).
“Moment In Time” plaît particulièrement à Yangyang, le maknae du groupe, qui a avoué qu’en plus d’avoir été un « challenge de taille pour le groupe, ce morceau est le seul de l’album qu’il continue d’écouter. » (Forbes)
Cette ballade R&B est une composition de Kun qu’il a arrangée spécialement pour l’intégrer à l’album. “First Time” nous plonge dans une atmosphère douce et chaleureuse qui vibre d’émotions pures et naissantes. Les membres jouent avec leurs voix tout au long du morceau, variant les registres et montrant ainsi leur plein potentiel vocal tout en gardant leurs propres styles et grains de voix.
Les paroles évoquent les élans d’un amour véritable enfin trouvé (“For the first time, I can’t love nobody but you”) et pour lequel on est prêt à tout sacrifier (“Just one wish I’II risk it all”).
Cette cinquième chanson bouscule avec douceur le calme qui régnait jusque-là sans pour autant casser le rythme de l’album. Contrairement à ce qu’annonce son titre, “Strange Tears” est un morceau de pop doux au refrain entraînant, et dont la production créée à partir de notes de piano et de synthé désaccordé rappelle le style fantaisiste du monde du cirque.
L’utilisation d’échos, d’effets de voix et de parties parlées compensent l’absence d’harmonies tandis que les parties rappés sont davantage mises en avant.
Stay
Mention spéciale pour l’avant dernier morceau de l’album qui mélange pop, R&B et soul avec un pointe de tradition en intégrant quelques notes d’un sample de musique traditionnelle chinoise. Ces dernières permettent de lier “Stay”, seul morceau entièrement chanté en anglais, au reste de l’album.
Son style garde la douceur et les chœurs des titres précédents, tandis que le thème change pour traiter cette fois-ci d’un schéma de relation compliquée et de la résignation qui en découle. Les paroles sont directes, parfois taquines et bien que l’envie de sauver la relation se ressente dans les couplets, la répétition de “If you don’t wanna be here, you don’t have to stay” (“Si tu ne veux pas rester, tu n’es pas obligé(e)”) dans les refrains semblant déléguer le poids de la décision finale à l’intéressé(e).
« Lover After Me » conclut cet album féérique sur une ballade symphonique. Le texte, pensé comme une lettre chargée de remords et de mots d’excuses, s’adresse avec émotion à la personne qui n’a pas été aimée à la hauteur de ce qu’elle méritait.
“Please Tell The One Who Loves You That I Am Already Far Away
End This Endless Wandering And Let Myself Fly Free (Lover After Me)
May Someone Be With You Every Night And Keep You Warm As You Sleep
Giving You The Pure White World I Could Never Give”
(traduit depuis le chinois par LyricsWorldYou)
Cette chanson est une ode à la résilience et à l’espoir qui explore ici une forme d’amour pure et véritable. La chanson, comme l’histoire, se termine en beauté sur un chœur formé par les voix des membres qui semblent chanter à l’unisson.
Conclusion
C’est avec une large palette d’émotions que WayV peint et égaie le paysage blanc et froid d’un hiver tourmenté qui sert de décor pour leur album Eternal White. Le groupe accueille la saison hivernale en combinant paroles poétiques et voix cristallines avec des rythmes doux, parfois dansants, le tout en gardant leur identité musicale étincelante.
Cet album nous plonge dans un univers magique et scintillant, et l’écouter revient à voir la beauté de l’hiver et de ses paysages recouverts d’une neige fraîche et pure, donnant envie de s’attarder sur chaque flocon qui tomberait devant soi. Eternal White est l’alternative idéale aux chants de noël habituels à ajouter absolument dans vos playlists !
Trois mois après leur dernier comeback KARMA, les membres de Stray Kids continuent d’être prolifiques en sortant un EP de quatre nouveaux titres “DO IT”. Cette fois-ci le groupe a décidé de promouvoir sa musique avec une double title track : “DO IT” et “DIVINE”.
Pour cet opus, Stray Kids continue de produire en quantité , avec un EP de différents remixs de “DO IT”. On y compte les classiques Sped Up et Slowed down, mais également deux versions alternatives “Turbo” et “Overdrive”. Avec cette dernière version elle aussi clipée, c’est au total trois clips que nous a offert Stray Kids pour cette sortie.
Le contexte
La promotion de “KARMA” était à peine terminée qu’ils étaient déjà en préparation de ce projet. Le groupe a commencé à teaser son comeback mi octobre avec un trailer énigmatique de “DO IT”. On y voit des visuels en noir et blanc, les présentant comme des sortes de créatures fantastiques mi goules mi vampires. Le récit conté par Felix dans une voix grave couplée d’un fond sonore horrifique inspiré de l’expressionnisme allemand nous laisse penser à un retour sombre et complètement différent de leurs esthétiques précédentes.
A l’inverse, le trailer de “DIVINE” sorti mi novembre, soit quelques jours avant la sortie du projet, met plus en avant le titre et l’esthétique traditionnelle coréenne souvent utilisée par le groupe. Ils avancent que “All you need is love, dreams and Stray Kids”, interpolant ainsi une citation bien connue qu’on rattache aux Beatles. Choix volontaire pour manifester une nouvelle fois leur influence sur leurs fans et sur l’industrie musicale en général ? Une thématique peu originale pour le groupe qui n’a plus à prouver son succès.
Deux teasers aux deux esthétiques relativement différentes qui nous questionnent sur la cohérence éditoriale générale de ce projet. Qu’en est-il de la musique ?
DO IT
La première title track de ce projet s’inspire de la musique latine reggaeton, à la manière de “Chk Chk Boom” mais en moins agressive. “DO IT” incite à danser et bouger avec flow plutôt que de sauter et se laisser complètement aller comme auraient pu le faire d’autres title tracks du groupe. La structure du son reste très “stray kids” dans le sens où l’introduction commence avec une instrumentale simple et les voix des rappeurs qui s’enchaînent par un pré-refrain mélodieux. Le refrain est cette fois-ci mi scandé, mi chanté avec une mélodie qui retient l’attention avec légèreté. On répète “do it” et “oh nanana” en choeur.
Les coulisses de l’enregistrement de “DO IT” nous montrent bien ce caractère plus léger et fun avec lequel ils ont travaillé, l’accent est mis sur les ad-libs et les mélodies de voix pendant le pré-refrain. C’est par ailleurs la partie la plus mémorable selon nous, bien que les répétitions sur le refrain soient particulièrement entraînantes.
L’ambiance relaxée du titre, pour citer les membres, se ressent également sur la chorégraphie et les performances qui écopent d’une énergie suave et lente. On y retrouve des pas de danses latines comme la salsa doublées de moultes ondulations de corps qui donnent un ensemble très fluide.
Pour l’anecdote, 3RACHA (les producteurs Bangchan, Changbin et HAN) nous raconte dans la vidéo d’INTRO que cette chanson a été faite lors d’un “song camp” (une semaine de création musicale) en trois jours. Parmi les chansons faites en même temps on compte “Stray Kids”, “Phoenix” ou “U” avec TABLO. Preuve que le groupe a toujours des morceaux sous le coude à nous sortir au cours de l’année.
En somme, une title plus simple que d’habitude, sans prise de risque, avec une pâte Stray Kids pourtant bien marquée. “DO IT” est assez entraînante pour être écoutée et appréciée des fans comme du grand public.
DIVINE (신선놀음)
Si “DO IT” s’inscrivait plutôt dans une ambiance pop latine, la seconde title track “DIVINE” prend son contre-pied avec une fondation boom-bap hip-hop voire parfois R&B sur certaines mélodies. Seungmin parle même d’atmosphère nostalgique pour la décrire tant elle renvoie à une certaine époque musicale. Par ailleurs, sa voix de poitrine introduisant le titre de manière théâtrale est remarquable. On comprend bien les inspirations des années 90’s de Stray Kids qui connaissent leurs classiques et qui se les approprient en ajoutant leur propre style. La topline du refrain s’apprend très vite avec la répétition de 덩 기덕 쿵 더러러 (deong gideok tung deoreoreo), des onomatopées sonores typiquement coréennes sur une instrumentale hip-hop.
Ici Stray Kids entendent faire de la “NEW POP” et “make a new culture”, en clin d’œil à l’émergence certaine de la K-pop au niveau mondial, en partie avec eux. On rejoint aussi leur concept filé de la malataste où ils créent leur propre genre. Une interpolation de leur titre à succès “GOD’S MENU” est d’ailleurs faite dans le couplet de Felix. Les auto-références sont des petits détails toujours appréciables dans les chansons de Stray Kids. Pour autant, la chanson n’est pas surprenante et se rapproche quelque peu d’autres titres old school hip-hop qu’ils ont pu faire comme “Walkin’ on Water” ou “Muddy Water”.
Mention tout à fait spéciale pour le clip qui est visuellement sublime et laisse présager des performances scéniques à la hauteur de celui-ci. Tout droit retournés à l’époque Joseon, Stray Kids arbore des tenues et des éventails travaillés au milieu de décors médiévaux et de nombreux danseurs. Le choix des costumes, des maquillages et des accessoires laisse penser qu’ils sont des créatures fantastiques royales, à l’image du teaser précedent. Il s’agit sans doute à ce jour d’un de leurs plus beaux clips.
Holiday
Stray Kids ont besoin de vacances et ne manquent pas de nous le faire savoir dans cette chanson. Si la chanson commence avec une douce mélodie de piano hivernale, elle s’accompagne rapidement de drum & bass parfaite pour cette période. Le titre est doux, vocalement intéressant avec une belle progression musicale jusqu’au refrain. Les paroles sont plaintive sur la volonté de repos, Stray Kids révèlent leur travail et leur état, après des comebacks enchaînés sans pause. C’est un titre auquel l’auditeur peut s’identifier et trouver du réconfort surtout en cette période de fin d’année où les projets et la fatigue s’accumulent. Agréable à l’écoute et sans prise de tête “Holiday” s’écoute sans modération. On apprécie particulièrement l’outro de la chanson avec une mélodie de voix en notes aiguës qui lui confère une chaleur toute spéciale.
Ayant écrit cette chanson en même temps que leur titre “Ghost” sur l’album KARMA, on comprend que la sensibilité était de mise. Stray Kids se met à nu en exprimant les sentiments qu’ils enferment, comme dans une sorte de “journal intime” (Changbin, vidéo d’INTRO). En contraste complet avec “DO IT”, “Holiday” invite à ralentir la cadence.
Photobook
Pour finir l’EP avec la dernière chanson originale, c’est une ballade pop-rock que Stray Kids nous propose avec “Photobook”. Véritable lettre d’amour à leurs souvenirs et leurs proches, ils reviennent sur des instants ancrés et figés à la manière d’un album photo. Un sentiment nostalgique prend place alors que le piano résonne et les voix parfois presque murmurées se font entendre. La production musicale de cette chanson est plutôt simple et met en avant la guitare et la batterie dans un refrain plus explosif que les couplets. Il s’agit-là d’une jolie chanson où les voix des membres sont une nouvelle fois bien introduites et mixées. En un sens, elle nous rappelle “CINÉMA” de Seungmin et Lee Know, sans son aspect théâtral.
Do It (Versions alternatives)
Depuis plusieurs comebacks, Stray Kids ont l’habitude de proposer des versions alternatives, et plus particulièrement une version “Festival” qui est ici présentée dans l’EP original. Si ces mixs très saturés ne sont pas au goût de tout le monde, force est de constater qu’ils savent modifier leurs chansons pour leur conférer une toute autre ambiance. C’est le cas ici avec “DO IT” dont la base est relativement dansante mais qui est complètement décuplée ici. Les couplets comprennent des samples de basse plus présents alors que le pré-refrain et le refrain font sonner les cymbales. Elle semble plus adaptée pour un club qu’un festival comme son nom l’indique, mais saura donner matière aux DJs pour s’amuser avec les couches sonores.
La version “Overdrive” qui écope d’un clip est encore un autre mix relativement différent de la Festival Version, plus intéressant. Le rythme est progressifet s’accélère au fur et à mesure, tout en donnant une place prépondérante à la basse dont l’intensité et la profondeur varient. Ici, on sorti du reggaeton et place plutôt à la Funk brésilienne et à la dance. Une version assez addictive qui donne effectivement envie de danser (et de partir en vacances).
La version “Turbo” quant à elle efface un peu plus les voix dont le volume a été réduit lors du mix, elles paraissent ici secondaires. Les instruments à corde et les effets sonores lui confèrent un aspect plus “electro pop” que les autres versions.
Verdict
Stray Kids savent produire et écrire des chansons efficaces. Ils maîtrisent les codes des genres qu’ils développent et savent faire des mélodies qui fonctionnent. Cet EP est relativement court et ne présente rien de nouveau en ce qui les concerne tant ils ont déjà prouvé leur versatilité. “DO IT” est un projet tout en simplicité, sans nécessairement de cohérence musicale entre les titres. Il semble qu’ici Stray Kids ai fait une compilation de quelques chansons déjà écrites et en sommeil dans leurs archives, tout en se faisant plaisir sur le travail des visuels et des clips. A notre sens, “DO IT” n’est pas leur projet le plus notable, mais il a le mérite de recueillir des chansons plutôt bien produites et bien mixées.
Alors qu’ARTMS s’apprête à partir pour sa troisième tournée mondiale (quatre en comptant celle d’Odd Eye Circle), quatre des membres ont dévoilé de nouveaux titres en solo.
Quelques mois après <Club Icarus>, les membres d’ARTMS redoublent d’efforts pour imposer leur identité musicale. Récemment, leur agence, Modhaus, a annoncé des projets solo pour les membres n’ayant pas eu leur propre mini-album, soit HaSeul, Kim Lip, JinSoul et Choerry. Plongeons dans leurs couleurs personnelles avec ces quatre singles.
HaSeul – Love Poison
Avec “Plastic Candy” et “Fragile Eyes”, on avait déjà compris que HaSeul se dirigeait vers des sonorités city pop. “Love Poison” a une production instrumentale épurée – une basse, des percussions et quelques notes de synthétiseur suffisent. Le plus important dans cette chanson, c’est encore la voix de HaSeul.
Cette dernière est une chanteuse hors pair qui s’est intéressée jeune au chant classique, apprenant quelques techniques d’opéra qu’elle met régulièrement en avant lors de concerts. “Love Poison” lui permet ici d’explorer un registre plus calme et apaisant, qu’elle maîtrise parfaitement.
Lors d’une partie instrumentale quasi-typique de la city pop, c’est étonnamment une flûte traversière qui est mise en valeur avec quelques notes simples en plus d’un violon et d’un saxophone clairsemés.
Le titre commence avec une production musicale réminiscente des années 1980 et notamment du R&B de cette décennie. La basse est funky, rebondissant autour de percussions et de violons. Il est impossible, notamment avec quelques notes de synthétiseur, de ne pas comparer le titre avec son début solo “Eclipse” tant “Can You Entertain?” paraît être dans sa continuité.
Le timbre de voix de Kim Lip est reconnaissable entre tous, et peu importe le registre, elle s’adapte à merveille. La partie entre rap et chant parlé marque particulièrement pour son ambiance sensuelle et affirmée.
JinSoul – Ring of Chaos
Une semaine après Kim Lip, c’est au tour de JinSoul de sortir “Ring of Chaos”. Sa production musicale s’inspire du new jack swing et autres genres populaires dans les années 1980 à l’instar de Kim Lip.
“Ring of Chaos”, contrairement à ce que son titre pourrait laisser entendre, reste lisse et très pop avec des éléments de rock lors du pont. Cet aspect est timide lors du dernier refrain et de la clôture du titre, bien que l’on entende tout de même une guitare électrique en fond.
La voix de JinSoul hypnotise avec ce timbre particulier, léger et un peu nasal. Encore une fois, on part dans un registre vocal dans lequel elle est confortable, mettant en avant ses capacités.
Choerry – Pressure
Lorsque l’on pense à Choerry, une image qui vient en tête est une femme pleine d’énergie et tout sourire. Il n’était pas incohérent de s’attendre à un solo très bubblegum pop à l’image des dernières sorties de ILLIT, par exemple. C’est ce que l’on retrouve avec “Pressure”, mais de manière un peu timide.
Le titre est mignon, s’appuyant fortement sur une mélodie de synthétiseur soutenue par des percussions. Pour autant, il ne s’aventure pas assez dans l’univers bubblegum pop qu’il effleure. Des trois solos d’Odd Eye Circle qui forment une continuité, “Pressure” est sans doute le moins mémorable.
La performance de Choerry n’est pas à blâmer. Elle interprète au contraire cette chanson le mieux possible avec une énergie contagieuse et adorable lors du refrain – on ne peut néanmoins pas dire que ce titre la représente parfaitement.
Conclusion
Nous apprécions de voir les membres d’ARTMS briller dans leurs solos. Elles s’épanouissent sans aucun doute dans des styles musicaux qui sont familiers. HaSeul a eu l’occasion de performer ce solo ainsi que d’autres de ses titres lors de deux concerts solo à Séoul tandis que Kim Lip et Choerry se sont produites sur la scène de The Show. Jinsoul ayant été victime d’un petit accident de voiture juste avant l’enregistrement, elle n’a malheureusement pas pu s’y rendre.
La longévité de ces titres sera probablement surtout interne aux Orbits (fans de LOONA) et OURII. On regrette effectivement le manque de promotion du groupe dans son entièreté, l’agence se reposant souvent sur la fanbase déjà existante.
C’est avec un EP groovy que BOYNEXTDOOR revient avant de conclure sa deuxième année de travail acharné.
Les six membres du groupe continuent de faire danser les Onedoor (nom du fandom) avec The Action, leur cinquième EP composé de cinq chansons. L’évolution de BOYNEXTDOOR se ressent davantage dans ce mini album qui aborde des sujets plus matures tels que la rupture et la dépression amoureuse. Analysons ensemble le thème de l’EP et les paroles des morceaux, tous écrits par Taesan et Woonhak, parfois accompagnés des membres Leehan et Jaehyun.
Live in Paris
L’EP s’ouvre sur “Live in Paris”, un morceau introductif court au refrain simple mais addictif. Ce morceau d’acid jazz rappelle l’atmosphère “rêveuse” d’un lever de soleil après une nuit blanche passée à déambuler dans les rues de Paris. Lors du comeback showcase (émission de promotion de l’album), Woonhak a justifié le choix de Paris plutôt qu’une autre ville en comparant l’ambiance de la chanson avec “l’état d’esprit et le rythme qu’un artiste a dans une ville où la nuit passe sans que les lumières ne s’éteignent”.
Les paroles regorgent de références à la ville de lumière pour imager les émotions ressenties lors d’une nuit passée à composer en studio. “My confidence keeps sinking low, digging through the underground, […] no Eiffel Tower here, just a flickering light« (“ma confiance continue de couler, s’enfonçant jusqu’au sous-sol, pas de Tour Eiffel en vue, seulement une lumière vacillante”).
Les fans français ne peuvent que se sentir touchés par l’évocation de leur capitale, et croisent évidemment les doigts pour qu’il s’agisse d’un indice de leur prochaine venue pour un premier concert dans la ville de l’amour.
Hollywood Action
Après “I feel good”, la title track de leur dernier album, “Hollywood Action” s’inscrit dans la continuité de leur style déjà bien affirmé. À la croisée du jazz et du R&B, ce morceau séduit par son originalité et ses touches d’humour subtilement glissées dans les paroles et dans le clip.
Dans ce dernier, les membres alternent entre acteurs et réalisateurs sur des plateaux de tournages de films, allant d’une sitcom américaine à une attaque d’aliens. Les membres finissent par remporter un trophée lors d’une fausse cérémonie de récompenses, tandis que le groupe est réellement nominé pour le trophée du meilleur groupe masculin aux MAMA qui auront lieu fin novembre 2025.
Quant aux paroles, elles laissent la possibilité aux membres d’exprimer leur envie de gloire et de succès. “Everything else is blurry, we’re what they focus on” (“Tout le reste est flou, nous sommes ce sur quoi les yeux sont rivés”). Ils disent également ne pas avoir besoin d’artifice comme les “tapis rouge” car les “feux des projecteurs” leur suffisent à donner le meilleur d’eux-même.
Dès la première écoute, l’énergie positive et entraînante du groupe se fait ressentir. On souligne également l’originalité de l’outro dans laquelle les paroles annoncent les instruments (guitare, basse et trompette) avant leurs solos respectifs. Woonhak espère que, en écoutant cette chanson, les auditeurs “y puisent du courage et réussissent tout ce qu’ils entreprennent grâce à cette force nouvelle” (comeback showcase).
JAM!
Ce troisième morceau s’éloigne musicalement parlant du concept de l’EP, bien qu’il garde sa signature instrumentale reconnaissable qui rappelle celle de leur titre “Dangerous”. Son rythme plutôt lent tout au long de la chanson accélère pendant les refrains puis pendant l’outro qui finit la chanson sur une apothéose dansante.
Les paroles se prennent au jeu en interpellant les fans avec humour, comme avec la comparaison “des mains de la foule qui bougent comme des essuie-glaces et nettoient [leur] vue”. Les fans les plus attentifs ont reconnu les noms de Jamie et Sandy, en référence aux amis évoqués dans leur chanson “But sometimes”.
Si l’originalité de “JAM!” ne fait pas l’unanimité, les fans apprécient les clins d’œil à leurs travaux passés et au succès qu’ils en ont tiré.
Bathroom (coup de coeur de l’autrice)
Si les trois premiers morceaux sont dansants et entraînants, les deux derniers changent de tempo pour aborder des sujets plus délicats. D’après Riwoo,“ce morceau de rock exprime la confusion d’une explosion émotionnelle après une dispute avec un.e partenaire. Les paroles sont chantées sans détour pour exprimer la confusion ressentie lorsqu’on trouve des souvenirs et des traces de l’autre personne dans la maison.” (comeback showcase).
Les paroles font référence à des objets tels que la “bague de couple gravée de [leurs] noms”, mais aussi à de l’immatériel comme dans la phrase qui conclut chaque refrain : “I think I left my mind in your bathroom” (“Je crois que j’ai laissé mon esprit dans ta salle de bain”). Cela semble être la raison derrière les “sentiments vides” ressenties par le concerné qui “fait semblant d’aller bien”.
Avec ses couplets de rap et son solo de guitare final, « Bathroom » a tout pour plaire. Ce style de rock enjoué aux paroles lourdes de sens colle davantage à la peau du groupe et rappelle leur morceau « Gonna be a rock » issu de l’album 19.99.
As time goes by (있잖아)
Quoi de mieux pour clôturer cet EP qu’une ballade à la mélodie douce et enivrante ? Bien qu’il s’agit d’une chanson de rupture, l’ambiance et les paroles de la chanson laissent penser qu’il soit question d’une fin réfléchie et résignée plutôt que d’une déchirure douloureuse.
Le refrain en est le parfait exemple : “That thing people say, First love nevеr lasts, I wanted to avoid it, but I can’t even dеny it : I don’t love you anymore” (“l’expression le premier amour ne dure jamais, je voulais l’éviter, mais je ne peux même plus le nier : je ne t’aime plus”).
Conclusion
BOYNEXTDOOR renforce son identité fraîche et entraînante tout en expérimentant des émotions plus fortes et matures. Les membres se dévoilent sous un nouveau jour, de par leur style d’écriture, leurs mouvements mais aussi leur visuel en tant que groupe, le tout les sortant définitivement de l’adolescence pour les mener vers une période d’assurance et de découvertes… que les fans ont hâte de suivre de près !
“Blue Valentine” est le premier album complet pour le groupe de la JYPE, NMIXX. Après un single en featuring avec Pabllo Vittar en août dernier intitulé “MEXE”, le groupe a pris le temps de peaufiner son projet pour revenir ce 13 octobre.
Teasé un mois en avance, c’est avec beaucoup d’anticipation que nous attendions cet album. Avec un concept et une esthétique toujours léchés, NMIXX continuent de nous surprendre, comme elles l’avaient fait auparavant.
NMIXX, des membres plongées dans un univers alternatif ?
Le trailer de ce comeback n’est pas sans nous rappeler les univers parallèles et fantastiques comme ceux de “The Good Place”, “Severance” ou encore “Alice in Borderland”. On voit les membres de NMIXX sur fond blanc avec une voix off qui s’épanche sur le concept d’amour et de haine, d’une froideur robotique qui contraste avec l’air musical léger et enfantin. Tout porte à croire qu’elles sont dans une simulation sans contrôle sur leurs propres vies. NMIXX a la faculté de jouer avec l’étrange tout en le rendant glamour.
Concept bien pensé pour NMIXX puisqu’il renvoie à un imaginaire culturel familier, en attisant simultanément notre curiosité. Cela renvoie à un trope cinématographique commun et courant, qui pourtant ne cesse de nous intriguer. Qui sont-elles ? Pourquoi sont-elles enfermées ? De quel univers s’agit-il ?
NMIXX au pays des rêves ?
Leur pre-release “SPINNIN’ ON IT” nous convainc par la simplicité de sa production qui met en avant les timbres si particuliers des membres. Une batterie, une basse et des harmonies suffisent pour nous plonger dans leur univers onirique, si particulier au groupe. Dans un mélange pop, aux touches R&B, NMIXX se démarquent par leur interprétation théâtrale du morceau qui transmet autant d’émotions que d’énergie. Côté paroles, la chanson aborde une thématique classique du cœur brisé, on est comme elles et on est “so done with love, so done with hurt” (j’en ai assez de l’amour, j’en ai assez de la douleur).
L’univers sonique unique de NMIXX est présent tout au long de l’album et leurs intros sont toujours très travaillées. Exemple sur “Phoenix”, où des harmonies presque chuchotées sur un air de piano se transforment en production beaucoup plus puissante de basse saturée. Ce contraste musical va de pair avec la thématique classique du phoenix qui s’élève et se transforme. NMIXX sont certes bloquées dans une monde alternatif qui s’apparente au rêve, mais elles sont prêtes à en découdre.
Les sonorités sont ici plus electro-pop non sans rappeler l’ère de la seconde génération de K-pop où tous les samples les plus originaux et distordus étaient possibles. NMIXX osent, et s’ancrent dans l’héritage de leur genre musical.
Dans la vidéo de “SPINNIN’ ON IT” , il semble qu’elles sont des personnages d’un jeu dans lequel elles doivent s’affronter. Les concepts d’amour et haine sont appuyés ici, tantôt par des scènes romantiques lesbiennes suggérées, tantôt par des coups bas et combats symbolisés par la nourriture. Les membres sont toutes dans la même position de faiblesse, contrôlées par une entité supérieure, les mettant au même niveau. Pour autant, malgré ce point commun, il faut survivre dans l’adversité quitte à maltraiter leurs pairs.
L’équipe artistique de NMIXX nous surprend et continue de proposer des visuels, des vidéos et du montage plus que qualitatif. Si leurs concepts précédents étaient d’être des “black sheeps” (mouton noir, bête noire) dans leur univers, il semble qu’elles sont des “black sheeps” dans l’industrie de la K-pop aujourd’hui.
L’aspect “bête noire” est selon nous bien visible dans “Shape of Love” avec cette introduction dans le morceau presque effrayante grâce au carillon et aux notes de piano dissonantes. Les mélodies de voix et la production créent une atmosphère inquiétante qui pourtant revêt un aspect plus rassurant et joyeux sur le refrain. Il semble qu’ici le rêve et le cauchemar ne font qu’un pour créer un univers complet et uniforme où les filles acceptent les difficultés du monde et de l’amour “don’t care ’bout the shape any pain I can take, we hurt and we cry, sometimes we smile” (je m’en fiche de la forme, je peux supporter la souffrance, on a mal, on pleure, et parfois on sourit).
Au delà du rêve : la nostalgie et les émotions
“Blue Valentine” est une title aussi équilibrée que satisfaisante. Elle oscille entre les couches vocales principales et de nombreuses harmonies très bien conçues , réalisées par les membres dont on connaît le talent vocal. Le refrain pop-rock avec une progression rappelant la musique japonaise et addictif contraste avec certaines parties de couplets qui accélèrent subitement ou encore la phrase scandée sur une instrumentale drum & bass. La dynamique de la chanson peut changer complètement d’une phrase à l’autre tout en gardant une certaine cohérence. On retrouve l’esprit “mix” qui est éponyme pour le groupe. Les adlibs et les falsetti ajoutés tout le long du son, ainsi que l’outro très douce sont le résultat d’un pari réussi de la part de NMIXX : faire une chanson originale, qui détonne tout en rassemblant.
C’est selon nous une des meilleures title tracks du groupe. A l’écoute, “Blue Valentine” arbore une certaine nostalgie intangible, sans doute grâce à la progression d’accord utilisée. Le choix des notes, des mélodies, de la structure, sont ressentis comme un voyage auditif doux-amer.
NMIXX est un groupe aux voix propres à inspirer des émotions différentes. C’est encore le cas dans “Game Face”, une b-side pop simple qui ne dénote pas à leur discographie habituelle, à savoir un refrain entraînant et de jolies harmonies. Sur ce titre, c’est le pré-refrain qui se distingue avec une progression d’accord inattendue, presque épique. “Crush On You”, autre titre pop cette fois plus dansant , joue quant à elle sur le sentiment amoureux avec ses paroles romantiques et ses références à la musique “jazzy, classy, swaggy, fuzzy”. Contrairement à “ADORE U” qui assume complètement le genre rock et les sentiments dévastateurs “hors de contrôle”. Dans ce titre, la guitare et les percussions accompagnent avec douceur les voix des membres qui n’hésitent pas à faire des notes très aiguës. Un de nos titres préférés de l’album.
NMIXX, reines du club
Le groupe prend les rênes du dancefloor avec des titres EDM très dansants et un travail remarquable sur le mixage et le mastering. Avec “Reality Hurts”, on se retrouve dans un morceau expérimental techno industriel à la Nine Inch Nails des années 90 ou à la aespa à ses débuts. Les instruments saturés et l’omniprésence des percussions nous envoient directement dans une boîte de nuit futuriste, ou dans un jeu vidéo sci-fi où la réalité serait restée à l’entrée. Un morceau qu’on imagine aisément joué à hauts décibels sur des enceintes adéquates,
“RICO” nous emmène quant à elle dans un club latino avec ses percussions reggaeton et son refrain entêtant répété en espagnol. Si certains titres sont plus émotifs et nostalgiques, ici l’objectif est de danser, et cela fonctionne! Loin de la redite d’un genre très populaire, NMIXX s’approprie l’esthétique sonore du raggaeton pour y apposer leurs superbes voix.
Les deux morceaux se suivent et font monter la pression dans l’album alors que les auditeurs n’ont envie que de danser et de suivre le rythme. Le titre électro-pop “PODIUM” ne fait que confirmer l’aspect “club” et s’inscrit pleinement dans l’esprit K-pop par ses sonorités. Quelques mots en espagnol et un refrain puissant ponctué par un mot fort (pandemonium) en passant par un pont long et travaillé, et le tour est joué. Produite par Ryan Jhun, producteur célèbre de la SM Entertainment ou encore de IVE, “PODIUM” est probablement le son le plus “K-pop” de l’album.
Des remixes de “O.O” : Pt.1 (Baila) et Pt. 2 (Superhero)
Après ce voyage novateur et parfaitement réussi, NMIXX nous ramènent dans le passé avec les deux remixes de leur première title track : “O.O”. Réenregistrées sans Jini, membre qui a quitté le groupe, a priori, on se demande quelle est l’utilité de ces deux titres sur l’album. La réponse arrive vite puisqu’on se retrouve avec deux versions complètes de chacune des chansons, qui étaient entrecroisées dans la version originale. La première est aussi intense, saturée et presque agressive que la deuxième est joyeuse, entraînante et naïve. Le mélange ne fonctionnait pas forcément à l’origine à tous les endroits ; ici nous avons donc droit à deux chansons en leur propre nom, “finies” entièrement. La partie 2 a notre préférence, car débarrassée de la comparaison avec l’introduction, le titre est enjoué et sait mélanger hip-hop, rock et parties vocales fortes. Pari risqué et donc réussi pour NMIXX, qui avaient commencé à jouer ces versions en live il y a quelques mois.
Conclusion
NMIXX livrent avec cet album un mélange détonnant, parfaitement produit et mixé. Le travail des voix notamment est admirable, alors que la K-pop nous a dernièrement déçu avec des mixages qui laissaient à désirer. A l’aise dans tous les genres et même assez pour les dépasser, les membres ont toutes leur moment de gloire pour briller musicalement. Esthétiquement, musicalement, tout est cohérent et aucun des morceaux ne semble être un passage obligé ; ce sont au contraire des expérimentations voulues et mûrement réfléchies. Nous sommes face à une des vraies pépites de cette année !
Leur tournée mondiale DominATE à peine terminée, Stray Kids est déjà de retour avec un 4ème full album sous le signe de la célébration nommé KARMA, qui contient 9 nouveaux titres. Notre avis sur ce nouvel opus.
Le teasing de ce nouveau projet a commencé dès le 24 juillet avec une vidéo qui annonce la couleur : les membres de Stray Kids sont des joueurs et athlètes redoutables, prêts à gagner tous les prix.
Dans ce trailer, on entend “Seront-ils capables de battre leurs records passés?”. La réponse est oui puisque le groupe réalise la meilleure journée de leur carrière en termes de streaming dès la sortie de l’album le 22 août. S’ils sont récemment devenus les meilleurs en termes de vente en France et à l’international, KARMA explose encore davantage que leurs projets précédents, renforçant l’idée du karma stray kids. Selon les données Luminate, neuf titres de cet album se sont placés au Top 200 Spotify Global, et trois titres au Top 200 Spotify France.
La carrière du groupe suit une ascension continue, marquée par les succès qui s’enchaînent.
L’album et son contexte
Le nom du projet KARMA peut en étonner plus d’un.e alors que le groupe a pour habitude de faire des jeux de mots entre les différentes langues et alphabets qu’ils connaissent. C’était par exemple le cas de “HOP” avec un titre en Hanja (合), mais aussi de 樂-STAR (ROCKSTAR), pouvant signifier “rock” ou “joie” selon les contextes. Ici, un titre unique en anglais, KARMA, qui désigne un concept religieux commun à plusieurs cultures (comme l’hindouisme ou le bouddhisme) et correspond à l’ensemble des actions passées, présentes et futures d’un individu et ses conséquences. Dans le langage parlé, le karma est ce “retour de bâton”, qu’il soit positif ou non, de nos actions. On peut se demander pourquoi un tel concept pour Stray Kids ? Est-ce que leur succès actuel et leur reconnaissance mondiale serait pour eux le fruit d’un “bon karma”, comme ils le disent dans “CEREMONY” ? Ou est-ce que le karma n’est que la conséquence de leur travail constant depuis leurs débuts ? Quoi qu’il en soit, l’idée de connaître la juste rétribution des actions passées semble cohérente à cette étape de leur carrière.
Le jeu de mot et la double définition de KARMA apparaît lorsque Bang Chan révèle que la prononciation du mot s’entend aussi “calmer” (“plus calme” en anglais). Etonnant quand on comprend qu’ils n’ont pourtant pas l’intention de se calmer musicalement.
삐처리 BLEEP : la fin de la censure
L’ordre des titres dans un album est rarement anodin chez Stray Kids. “삐처리 BLEEP” donne ici le la. Changbin nous dit que c’est la chanson “la plus Stray Kids” de l’album. L’utilisation de la basse dès l’introduction, le sample “what the–” suivi de ce bip suffisent à créer l’atmosphère rebelle voire chaotique qu’on connaît au groupe. Pour autant, les parties vocales restent puissantes et la mélodie du pré-refrain vient créer une transition parfaite avec la dissonance du refrain. On passe des voix chantées de Seungmin, I.N et Lee Know qui clament ne pas entendre les critiques aux voix saccadées de Felix et Hyunjin puis Chan et Changbin sur le refrain, introduites par un sample du bip censure. L’instrumentale derrière reste elle-même dissonante alors qu’on entend du synthétiseur et de la batterie, ensuite rejoints par des cordes pour plus de puissance.
Ici le titre “삐처리” (bbicheori) / “BLEEP” est l’écriture typographique de la censure. Lorsqu’un mot ne doit pas être prononcé, c’est 삐처리 qui le remplace. Il semble ici que Stray Kids se libèrent de la censure et de ce qui les enchaîne. On l’entend dans le refrain lorsque chaque mot listé est suivi de “삐처리” dans une répétition binaire.
Fail (삐처리), frail (삐처리)
Lazy (삐처리), hazy (삐처리)
Rumors (삐처리), boomers (삐처리)
Yada, yada, noise cancellation
Les couplets de rap après le premier refrain sont cruellement efficaces alors que Changbin débarque avec une nouvelle dissonance à la suite d’une note de basse. Dans son couplet est placée toute la thématique même de “BLEEP” : la passion, les actions qui mènent au succès et le sentiment d’auto-réalisation qu’ont les membres. Il dit qu’”abandonner est une note dissonante”. C’est ainsi que le fond rejoint la forme puisque Changbin fait une pause dans son rap en fredonnant une fausse note. Cet effet stylistique met en avant l’intention du couplet.
Ce titre est une manière efficace d’entrer dans l’album KARMA, pour plusieurs raisons. D’une part, elle évoque littéralement le concept principal du projet, à savoir la passion fulgurante et la soif de réussite en dépit des obstacles. Si Stray Kids en sont là aujourd’hui, c’est parce qu’ils n’ont jamais cessé de croire en eux et leur travail, une forme d’ego-boost plutôt que l’ego-trip habituel. Si l’on peut penser que “BLEEP” cherche à moquer les critiques extérieures, ils cherchent aussi à censurer leurs autocritiques et leurs doutes. D’autre part, “BLEEP” est un morceau typique de la mala taste, avec une construction étonnante et des choix stylistiques risqués qui pourtant forment un morceau cohérent et unique. En somme, une introduction made in Stray Kids.
CEREMONY : l’heure est à la fête
“Yeah we gon celebrate ‘cause we got good Karma”
Cœur de l’album, la title track “CEREMONY” nous avait été teasée par le groupe à plusieurs reprises. Le choix de la chanson principale est forcément important pour le groupe et soulève souvent des débats. Ici Changbin nous révèle que c’est HAN qui leur a dit le mot “CEREMONY” lorsqu’ils cherchaient un thème correspondant. C’est alors que l’idée de célébrer leur est venue comme un cadeau de remerciement pour les STAYs qui ont rempli des stades entiers lors de leur tournée. L’idée était pour eux de créer un titre sur lequel fêter une victoire, d’où l’ajout du chant “Hip Hip Hooray”, utilisé en Australie (mais aussi plus largement dans le monde, y compris en France).
Sans perdre leur humour, Stray Kids évoquent leur célébration, avec des comparaisons amusantes comme celle de I.N “Jump up, jump up / like a pop-up, toaster, lift” (saute, saute, comme un grille-pain).
Le refrain étonne à la première écoute par sa façon de prendre le contrepied des couplets, sans réelle mélodie. Mais on comprend vite l’effet recherché, celui d’un groupe chantant sa victoire. On s’imagine tout de suite dans une arène ou une salle face à des athlètes qui auraient gagné un trophée. En plus des onomatopées, la production est construite sur des bruits de sirènes et des samples de cuivres qui ressemblent presque à un mégaphone.
Sans transition, c’est HAN qui commence son couplet, le point focal du morceau. Son flow, couplé aux multiples coupures dans la production, est particulièrement satisfaisant à l’écoute. Non seulement ses paroles sont percutantes, mais il arrive aussi à créer un moment iconique, avec ce “kiss” et ces “vroom vroom bow” qui ne suivent pas le rythme mais le façonnent.
Métaphore filée et structure disruptive
Il continue encore la métaphore de la célébration en évoquant leurs mains pleines de récompenses. Le clin d’œil aux cérémonies de récompenses et discours qu’ils font constamment rend bien hommage au thème de la célébration et est tout à fait d’actualité pour eux.
La chanson se conclut sur une outro des plus efficaces par Felix, avec la fameuse phrase “yeah we gon’ celebrate cause we got good Karma”. C’est d’ailleurs cette outro qui retient notre attention et qui a été choisie pour les teasers et les challenges, sans grande surprise. Il s’agit là de ce qu’on imaginait être l’accroche de la title, voire même le refrain complet. Le morceau se finit assez brusquement en nous laissant quelque peu abasourdi par cette cérémonie.
La title track est complètement dans la veine de ce que Stray Kids a pu proposer par le passé, avec des samples connus, une utilisation des voix des membres assez classique avec Changbin en introduction, Seungmin sur le pré-refrain, HAN en second couplet ainsi que Felix sur les phrases percutantes. Pour autant, la structure est quand même parvenue à surprendre puisque le premier refrain est “vide” et les couplets s’accélèrent sans se ressembler avant d’arriver à un second refrain qui devient lui-même une outro. On se retrouve ainsi avec un morceau en déséquilibre, comme si l’ordre n’était pas de mise dans une célébration. Si d’un premier abord on regrette qu’ils ne mettent pas la mélodie dans le premier refrain, on comprend en fait son arrivée tardive comme si elle se faisait attendre pour monter sur la première marche du podium.
Un clip de champions ?
Pour le clip, chaque membre s’inspire du monde du sport. Seungmin et Lee Know sont des pilotes de voiture de course, Hyunjin est pilote de deux roues. Han quant à lui est champion de football américain (avec une balle pourtant ronde). I.N est champion de tennis, alors que Changbin est présentateur de catch. Bang Chan est à la fois chauffeur de salle et représentant de l’hymne “hip hip hooray”. Enfin, Felix est joueur de tennis de table, avec un certain flegme puisqu’il observe les matchs depuis sa tour d’observation.
Si chacun semble avoir son rôle, on comprend pourtant que leurs univers sont liés par cette balle “SKZ” que l’on retrouve dans tous les jeux, même si elle n’a rien à faire là. Ils sont des athlètes de toutes les disciplines, comme Lee Know qui breakdance en tenue de baseball, et se retrouvent à faire des prouesses différentes de leur sport. Stray Kids seraient-ils des skins utilisables dans différents jeux ? Si l’on en croit le cameo final de FAKER, joueur professionnel de League of Legends, actuellement dans l’équipe T1, ils sont bien des personnages de jeu vidéo sélectionnés par ce dernier. Son apparition est d’ailleurs notable quand on connait sa réputation en Corée du Sud comme sur la scène internationale. En effet, il est un des joueurs les plus renommés et populaires de sa génération. Par ailleurs, Felix est particulièrement fan de lui, étant lui-même amateur de eSport et de League of Legends.
CREED : l’arrogance du travail acharné
Changement d’ambiance avec “CREED” qui commence directement par une instrumentale hip-hop, rappelant presque les introductions de cypher. Rapidement rattrapée par les percussions, les basses trap et la voix mélodieuse de Seungmin qui chante le refrain en dialogue avec Bang Chan. L’accroche est déjà lancée et on les suit volontiers sur ce morceau qui n’est pas sans nous rappeler “Easy”. On retrouve l’harmonie du duo de “TRUMAN” sur le premier couplet de rap et on est convaincus par la manière de poser leurs voix. Felix module son flow entre premières barres lentes en 4 temps, avant d’accélérer en 8 temps après avoir dit “Not a single second is wasted, time is diamonds”. HAN, toujours aussi percutant dans ses raps, module sa hauteur de voix en chuchotant presque avant de lancer ses mots comme des flèches en l’air.
La force de Stray Kids réside souvent dans leurs pré-refrains où de belles mélodies ressortent. C’est le cas ici où on arrive progressivement vers le reste du morceau, dans un mélange d’autotune et de synthétiseur qui nous invitent à “speed up” jusqu’au refrain. Toujours dans une ambiance trap, le refrain est catchy et garde cette arrogance. C’est une production efficace, entraînante et presque addictive puisqu’on a beau trouver les paroles un peu goofy (drôles / peu sérieuses) on a envie de les chanter.
Sur “CREED” s’opère un bel équilibre entre les parties chantées et les couplets de rap qui structurent le morceau. Sur le deuxième couplet, Hyunjin et Felix se partagent quatre barres chacun et Changbin huit barres; créant une dynamique nouvelle. Les percussions s’arrêtent pour le laisser commencer sur sa première barre, avant d’accompagner de nouveau son flow si incisif : du classique Changbin. On note la référence à “My Pace” dans sa dernière phrase.
On souligne également le clin d’œil à l’univers de la boxe qui prend tout son sens au vu de la thématique générale de l’album.
엉망 / MESS : la tempête sous un crâne
Sur un air emo-rap, “MESS” nous emmène dans un univers beaucoup plus introspectif. Ici, il est question de sentiments puissants et conflictuels personnifié par ce “mess”, ce désordre.
L’interprétation des membres du groupe laisse en effet une large place au désespoir et à cette envie, ce désir d’exprimer des émotions “messy”. Les membres le disent d’ailleurs très bien dans l’INTRO, Bang Chan a le type de voix qui fonctionne très bien avec ce genre assez dramatique et émotionnel : on sent ici toute la dimension du conflit intérieur. Ils le rapprochent de la technique vocale utilisée dans “i hate to admit”, un de ses SKZ-RECORD. La mélodie nous fait parfois penser au style de Ash Island, tout comme l’utilisation d’effets de vocodeurs sur leurs voix, qui mettent en valeur certains timbres, mais en dessert d’autres. Sur le refrain quelques notes aigües auraient méritées d’être plus brutes pour faire davantage entendre les émotions des chanteurs.
Celles-ci sont bien retranscrites dans des paroles introspectives comme :
“Désormais mon coeur est vide, mes émotions sont dispersées et brisées. J’ai peur de ce qui va arriver si les choses restent ainsi. Toutes ces pensées dans ma tête sont en désordre” (내 머릿속에 모든 생각이 엉망).
Le mot 엉망 (eong-mang) est important ici et répété à deux reprises dans le refrain faisant références aux pensées (생각) mais aussi aux émotions (감정들). Ainsi, le désordre semble se refléter à la fois dans la tête comme dans le cœur du protagoniste qui reste seul face à ses regrets, sa tristesse et aux souvenirs de l’autre. Ce morceau est par ailleurs un vieux projet que les membres ont décidé de sortir en 2025 avec un nouvel arrangement.
In My Head : quand les angoisses se transforment en pop rock
Cette chanson est une de mes préférées de l’album, par sa simplicité et son aspect emo/pop-rock américain. Dès le début du morceau, quelques accords de guitares acoustiques et des paroles en anglais adressées directement à l’auditeur (et à soi-même) nous plongent dans l’atmosphère des années 2000. On pourrait comparer “In My Head” à un titre des 5 Seconds of Summer, voir Simple Plan ou Avril Lavigne pour les plus anciens. En somme, une mélodie très satisfaisante à l’écoute dès le début du morceau, qu’on chante aisément en même temps qu’eux jusqu’au refrain aux airs d’hymne.
De plus, on retrouve ces thématiques chères à Stray Kids et qui ont fait leur succès à leurs débuts à savoir les batailles internes, les inquiétudes ressenties. Ils décrivent cet état de désordre et de torpeur de laquelle il est difficile de sortir quand on y est plongé.
Ils posent des questions rhétoriques “when will it ever stop ?” (quand cela va t’il s’arrêter?), “But I’m gone, where is my mind headed for?” (mais je ne suis plus là -ndlr mentalement-, vers où se dirige mon esprit ?). En ce sens, il semble que la musique permet de sublimer ces émotions négatives. Porté par l’écriture et la composition, ce désespoir prend une forme plus douce. Stray Kids ont réussi à écrire un morceau pop-rock efficace auquel on peut s’identifier.
Mention spéciale au premier refrain chanté par la rapline Changbin et HAN qui nous prouvent qu’ils sont en plus de bons chanteurs. J’apprécie ici la tonalité du premier qu’on a encore peu l’habitude d’entendre sur ce registre, bien que vocalist Changbin soit dans mes favoris.
반전 Half Time : le show ne fait que commencer
De manière évidente, “Half Time” se situe presque à la moitié de l’album, comme une mi-temps à la cérémonie de célébration. Cette chanson, qui était aussi en lice pour devenir la title track de l’album, est un retour à l’énergie made in Stray Kids après deux titres plus émotionnels. Elle arrive comme une explosion avec son instrumentale bien plus rapide et ses bruits de cymbale et de percussion, mais aussi de sifflet alors que Changbin prononce les mots “whistle” et “hustle” qui par ailleurs forment des allitérations. C’est bien lui qui commence le track et qui lui donne cet aspect plus “puissant” et audacieux d’une chanson de mi-temps. Rapidement accompagné par Hyunjin avec qui un nouveau dialogue s’opère, on comprend que la balle se passe entre les différents joueurs du groupe qui ne sont autre que les membres.
Théâtralité et freakshow
La théâtralité reprend de plus belle avec ce pré-refrain de Seungmin qui nous rappelle “CASE 143” “they don’t know what’s coming next” (ils ne savent pas ce qui arrive après). Ceci suggère bien que Stray Kids ont des surprises en réserve et qu’on en est à peine à la mi-temps de leur grand acte. Le couplet de Seungmin continue de proposer des variations avec cette répétition “Trippin’ and trippin’, 대성공을 trappin’” (trébuchant et trébuchant, attrapant les récompenses). Si la traduction en français perd le charme de l’originale, il y’a pourtant une paronomase entre “trippin” et “trappin”. C’est le rapprochement deux mots dont l’orthographe et le son sont quasi similaires mais dont le sens diffère. Ici ils rapprochent donc deux notions différentes qui pourtant se complètent car des trébuchements se nourrit le succès.
Coup de cœur pour cette partie du morceau qui nous sort complètement du jeu pour justement nous lancer dans une pause musicale, une mi-temps. L’interprétation de Felix sur le deuxième pré-refrain diffère en plus de celle de Seungmin et apporte un caractère un peu plus clownesque. On s’imagine au milieu d’un cirque ou d’un freakshow à la The Greatest Showman rien qu’avec ces quelques lignes.
Le pari de Stray Kids de nous emmener faire la fête et célébrer est donc réussi avec “Half time” puisqu’après le freakshow vient un refrain pop entraînant. Comme ils le disent “I’m just getting started” (je ne fais que commencer). C’est l’heure du show qui va crescendo puisque le dernier refrain est chanté (en partie) en chœur avec une tonalité au-dessus et une farandole d’ad-libs ajoutés. On souligne le caractère de cette chanson qui nous fait passer d’un début de match à la mi-temps au grand spectacle tout en même temps. On comprend aisément pourquoi le groupe avait pensé à en faire une title japonaise, elle a tout à fait cette ambiance qu’ils donnent à leurs comebacks en cette langue, comme “CIRCUS” ou “Social Path”.
Phoenix : l’heure de la renaissance
C’est ensuite un titre EDM drum & bass que Stray Kids nous propose avec “Phoenix”, qui a d’ailleurs servi de piste de fond au medley de l’album. Au moment où il a été composé, Changbin nous avoue avoir été fan d’Avicii, d’où son inspiration. Par ailleurs, les fans avaient déjà pu l’entendre il y’a quelques années lors d’un live de la Chan’s Room, dans une version “EDM pure”.
“Phoenix” évoque naturellement l’univers de cet oiseau mythique qui symbolise la résurrection. En filant la métaphore de la renaissance du déploiement de leurs ailes, Stray Kids y évoquent leur musique. Tout en ambiançant les auditeurs et probablement les foules s’ils la performent, ils utilisent des paroles simples et faciles à suivre.
Il s’agit d’un titre qu’on peut aisément imaginer comme un ‘radio edit’ simple et efficace emprunt de messages d’espoir.
On est agréablement surprises de la voix de Felix en introduction de chanson, qui nous montre ici une nouvelle couleur vocale. Ce n’est plus dans sa tonalité grave mais plus aiguë ici qu’on l’entend. Globalement, chaque membre est mis en avant par un très bon mixage de leurs voix.
Ghost : un corps flottant dans l’espace
Stray Kids proposent avec “Ghost” un morceau qui s’appuie sur une instrumentale glitch et big beat (genre officiellement affirmé), où les percussions et le synthétiseur jouent un rôle central. L’accent est mis sur le rythme, donnant une identité sonore immédiate, très propre au groupe. On se retrouve ici avec une b-side assez classique des anciens albums. La structure et la thématique sont des éléments qu’on retrouve au long de leur œuvre, notamment la sensation d’être perdu, et de littéralement se comparer à un “fantôme”. En effet, “‘cause to this day i’m still astray” est par exemple une belle interpolation à d’autres titres comme “Lonely St.” ou tout simplement à leur nom de groupe “Stray Kids”.
Le morceau s’ouvre sur Hyunjin, avec toujours cette intonation très sûre d’elle avant de laisser place à Seungmin, dont la voix claire apporte un contraste remarquable. Le premier pré-refrain de Felix et Lee Know qui ajoute “I lost my way”, toujours dans ce souci d’interpolation, installent un climat de doute et de recherche. Le refrain, d’abord assuré par Bang Chan et I.N, est moins imprégné de percussion en étant beaucoup plus mélodieux. Par ailleurs, l’accroche est bien amenée ici et on la retient rapidement.
La structure classique de Stray Kids frappe ensuite avec un retour du rap de Changbin, suivi d’un passage mi-chanté de Han, qui apportent du corps au morceau. Le bridge met en avant Felix, accompagné d’ad-libs et d’une voix filtrée « radio » de Seungmin, créant une sorte d’expérimentation aussi douce à l’oreille.
Ce qui frappe dans “Ghost” selon moi, c’est l’équilibre des voix, parfaitement réparties et mixées. Si ce titre peut sembler plus classique, donc légèrement en retrait par rapport à d’autres morceaux de Stray Kids, avec une semaine de recul, elle est en fait cruellement efficace. Le jeu sur le champ lexical de l’espace et de la matière “space and time”, “sunlight” “empty space” ajoute une dimension subtile au texte. Bang Chan nous révèle dans l’INTRO qu’elle avait été écrite en même temps que la chanson “Holiday”, dont le repos était le thème principal. En toute cohérence avec la métaphore du fantôme sans âme qui flotte dans l’espace, dans une sortie d’ “expérience hors du corps”.
0801 : un cadeau lumineux pour les STAY
Avec “0801”, Stray Kids livrent un titre directement adressé à leurs fans, les STAYs. Le chiffre choisi pour le nom de la chanson n’est pas anodin : il correspond à la date d’anniversaire officielle du fandom, le 1er août.
Si Stray Kids ont l’habitude de faire des chansons “fan”, comme “You can STAY” ou “Youtiful” entre autres, ce morceau se distingue par son univers un peu moins dramatique qu’à leur habitude : très pop, léger, qui fonctionne très bien pour l’été. Les couplets mélodieux offrent une belle progression vocale qui met en valeur la diversité des timbres des membres. Il est marqué par une ambiance chill et synth-pop, facile à écouter et à suivre dans n’importe quelle circonstances. Dans l’INTRO, les membres la comparent à un titre nostalgique qui nous renvoie en enfance.
Le refrain est catchy et propose des paroles réconfortantes. On pense notamment au rythme ternaire, “I’ll stay forever, oh I’ll stay here” (je resterai pour toujours, je resterai là) se conclut dans un quatrième temps avec “I’m right here” (je suis juste là), créant un sentiment de proximité. En effet, Stray Kids disent à leur fans que, dans un sens, ils sont déjà là au travers de leur musique et de leurs contenus.
Le réconfort se lit notamment dans toute la chanson, où les membres nous disent “I know how it feels to be alone” (je sais ce que ça fait d’être seul.e). Cela résonne comme une main tendue, en cohérence avec le motto du groupe : “Stray Kids everywhere all around the world.” En plaçant leurs fans au centre de la chanson, les membres rappellent qu’ils avancent avec eux, et pour eux. On note d’ailleurs la référence à « Grow Up« , présente dans leur mini album de début.
Par ailleurs, sur ce titre, Stray Kids a préparé un clip “Street Version” surprise pour les fans. S’ils avaient l’habitude de les faire sur leurs premiers albums, cela faisait plus de 6 ans qu’aucune n’avait été tournée.
CEREMONY (Festival Version) : Stray Kids en mode EDM
Pensée pour la scène, “Ceremony (Festival Version)” transforme la title track d’origine en un pur concentré d’EDM. Les voix des membres s’effacent légèrement pour laisser toute la place aux samples et aux bruitages, qui enveloppent l’auditeur dans une expérience sonore presque 360°. Le refrain, déjà dansant dans la version normale, l’est davantage ici. Le long du morceau, le fameux mot “karma” est répété frénétiquement, sur une tonalité plus élevée, créant une impression vertigineuse.
Par ailleurs, écouter cette version en Dolby Atmos (dispo sur certaines plateformes de streaming comme Apple Music) rend l’expérience tout à fait différente. Si je préfère naturellement la version originale, la force de Stray Kids est de proposer ces remix alternatifs pour s’adapter aux circonstances. L’ajout de ces versions est une nouvelle preuve de la polyvalence du groupe.
Conclusion
KARMA s’impose donc comme un projet à la fois festif et introspectif, en mélangeant la célébration et les promesses pour l’avenir. Stray Kids y célèbrent leur chemin parcouru, tout en semant des indices sur leurs prochaines ambitions et leur incapacité à ralentir. Le groupe confirme sa capacité à jouer sur plusieurs registres et plusieurs genres musicaux. Derrière la fête, il y a un travail acharné du groupe qui continue de payer. Stray Kids livrent ainsi un album cohérent, ambitieux, qui continue de respecter leur identité et qui marque une nouvelle étape dans leur ascension. Est-ce que le “karma” ne leur réussirait pas, finalement ?
Après “LOOP”, “Viola” et une tournée mondiale à succès, Yves fait son retour avec son troisième mini album Soft Error. Cette erreur intentionnelle proposée par l’artiste est un concentré d’influences diverses porté par un featuring avec PinkPantheress.
Yves est une idol qui gagne de plus en plus de reconnaissance sur la scène musicale internationale. Récemment, c’est “Dim”, un morceau tiré de son mini album I did qui est devenu viral sur TikTok avec sa propre trend “Il/elle ne le sait pas encore, mais…”. Après plus d’un an de carrière en tant que soliste, Yves revient avec un mini album intitulé Soft Error qui témoigne de sa croissance artistique.
Yves et Paix Per Mil
L’agence d’Yves, Paix Per Mil, est initialement derrière tous ses projets. Les producteurs internes, IOAH, Millic et BLAH étant à l’origine de la majorité des titres d’Yves. Pourtant, cette fois-ci, on retrouve de nouveaux noms comme Park Yechan, Bratty (également en featuring sur le titre “Aibo”) ou encore Rebecca Black pour l’utilisation d’un sample de son titre “Sugar Water Cyanide”.
Paix Per Mil est une agence qui semble convenir parfaitement à Yves, soutenant sa carrière et ses envies artistiques. En effet, elle est très inspirée par des artistes tels que Oklou, beabadoobee ou encore PinkPantheress. Cette dernière était déjà informée de l’admiration que lui porte Yves et les fans des deux artistes ont insisté sur les réseaux sociaux pendant des mois pour avoir une collaboration. Cela a visiblement fonctionné puisque l’on retrouve la chanteuse britannique à succès PinkPantheress en featuring et en production sur la title track “Soap”.
Cependant, il est dur de ne pas mentionner le boycott intenté par les Orbits (fans de LOONA) et Engdus (fans d’Yves) avant l’annonce de Soft Error. En effet, l’agence est dans la tourmente après un scandale concernant un employé accusé de violences sexistes et domestiques envers une ex-compagne.
De même, la production du clip du single de pre release “White cat”, déléguée à une agence externe, a été extrêmement inspirée (si ce n’est plagiée) d’une campagne de la marque Blumarine datant de 2022. Enfin, une photo teaserest épinglée pour sa forte ressemblance avec un photoshoot de Vogue China de septembre 2023. Paix Per Mil a répondu à cette controverse en expliquant que des problèmes internes dans l’agence les ont empêché de vérifier correctement les visuels proposés par l’agence SugarSpunSister.
Le boycott a finalement été abandonné quelques jours avant la sortie du projet par les fanbases d’Yves et LOONA pour des raisons de protection de la victime. Néanmoins, ces regroupements de fans participent activement à des levées de fonds pour une association luttant contre les violences sexistes et sexuelles commises contre les femmes en Corée du Sud.
L’agence Paix Per Mil, souvent encensée par les fans pour la liberté laissée à Yves, se retrouve tout de même dans les mauvaises faveurs des Engdus qui ne tiennent qu’à protéger leur idol.
Soft Error
Le roll-out de l’album a été plutôt rapide et simple. Annoncé le 20 juillet pour une sortie le 7 août, Yves a proposé quelques photos teasers ainsi qu’un single de pre release, “White Cat”.
Ce dernier a immédiatement rencontré un fort succès, non seulement auprès des fans, mais aussi sur TikTok. Sur l’application, le public général apprend avec surprise qu’Yves est une artiste K-pop tant elle ne correspond pas aux clichés répandus sur la toile.
Le titre est électro-pop avec des éléments d’hyperpop qui rappellent les artistes que l’on a mentionné récemment : PinkPantheress, Rebecca Black et encore même Caroline Polachek.
La catchline “Can’t be better than tonight” est reprise avec une sorte d’hallucination auditive dès la sortie du teaser de la chanson. “Capybara than tonight” devient un meme sur les réseaux sociaux et Yves elle-même reprend avec humour ce meme.
“White cat” est parfaitement choisie pour créer le buzz autour de l’EP Soft Error qui s’apprête à sortir. L’ambiance indie-pop qui reprend certains codes à la mode depuis la sortie de Brat de Charli XCX (qui avait déjà inspiré “Viola”) est entraînante et addictive.
La seule chose que l’on pourrait reprocher à “White cat” ? Des paroles entièrement en anglais qui n’ont parfois pas de continuité ou de sens. On pardonne facilement cela grâce à la production instrumentale prenante et la performance sans faute d’Yves – et surtout parce que l’ambiance globale du titre fait rapidement oublier cet aspect.
Deux featurings au sommet
La title track de l’EP Soft Error, “Soap”, est en featuring avec PinkPantheress que l’on retrouve sur le deuxième couplet ainsi qu’à la production du titre. L’artiste s’est fait connaître notamment avec le succès fulgurant de “Boy’s a liar” en featuring avec Ice Spice en 2022 et n’a cessé de gagner en popularité avec la sortie de ses albums Heaven Knows et Fancy That.
On connaît PinkPantheress pour son univers musical et visuel très inspiré des années 2000, des interpolations de samples intelligentes (comme “Do You Know What I’m Seeing” de panic! At The Disco dans son titre “Tonight”) et une voix aérienne reconnaissable.
Récemment, lors d’une séance de dédicaces, des fans lui ont parlé de la neuvième membre de LOONA et de l’amour qu’elle lui porte depuis longtemps. PinkPantheress, fan de K-pop assumée, a alors dit qu’elle aimerait collaborer avec elle. C’est chose faite sur Soft Error.
C’est peut-être l’énergie de l’univers qui nous a réunis. Lorsque je travaillais sur LOOP, j’étais très influencé par PinkPantheress et je me disais souvent : « Ce serait génial de travailler avec elle un jour ! » Je pense que l’amour et l’espoir que ses fans et les miens ont continué à manifester ont vraiment contribué à la concrétisation de cette collaboration. Heureusement, PinkPantheress a aimé le morceau, et tout s’est mis en place très naturellement. J’ai encore l’impression de vivre un rêve.
“Soap” démarre avec un sample du titre Rebecca Black “Sugar Water Cyanide” que l’on retrouve également en conclusion. La performance vocale d’Yves crée des nuances dans le titre très clubbing porté par des percussions assez typiques de la discographie de PinkPantheress.
Le titre est intéressant en continuité de “White cat”, reprenant les codes indietronica* et les fusionnant avec la patte artistique de PinkPantheress. Néanmoins, les paroles deviennent vite répétitives, le pré-refrain et le refrain étant similaires. Le deuxième refrain propose même cette répétition une troisième fois, à l’exception que la dernière partie est entremêlée de nouvelles paroles en coréen.
* L’indietronica est un genre musical né au Royaume-Uni qui mélange rock et musique électronique dans des contextes d’artistes indépendants (non signés dans des grandes maisons de disque .
L’outro est certainement la partie la plus mémorable, entre paroles en coréen et sample de Rebecca Black. Celle-ci aurait mérité d’être un peu plus exploitée.
Nous avons fini par sampler une partie d’un morceau de Rebecca Black. IOAH et moi avions discuté de la façon dont son énergie, en particulier dans l’intro et l’outro, pouvait vraiment rehausser la chanson. Heureusement, l’équipe de Rebecca s’est montrée très ouverte et aimable en nous autorisant à l’utiliser. Je pense que cela a permis de compléter le morceau.
Avec “Aibo”, Yves plonge dans des inspirations plus pop-rock. Grande fan d’Avril Lavigne, dont elle a déjà repris le titre “Complicated” à plusieurs reprises ou encore “Sk8er Boi”, ce n’est pas une surprise pour les Engdus. Bratty est l’artiste parfaite pour une telle collaboration puisqu’elle même possède une discographie très garage rock. Ce n’est donc pas une surprise de retrouver un titre pareil dans Soft Error.
Le titre « Aibo » parle d’une relation amoureuse intense qui semble mal se terminer et blesser la protagoniste. La personne est AWOL : absent sans être partie tandis que l’héroïne lui demande de lui faire “croire que tu m’aimes vraiment”.
Si l’on tente d’interpréter le titre-même de la chanson, “Aibo”, on pourrait parler du chien robot de compagnie de Sony. AIBO signifie alors “Artificial Intelligent Robot” ou “compagnon” en japonais. La protagoniste de l’histoire peut se sentir tel un chien de compagnie, courant après son maître pour un peu d’attention de sa part.
Un focus instrumental
“Mom” et “Study” sont des titres assez expérimentaux pour Yves. “Study” se concentre sur une ambiance électro et clubbing, les seules paroles au fil du titre étant “Let me try” (laissez moi essayer) ainsi que “It just didn’t arrive / Wasn’t a breakdown” (ce n’est juste pas arrivé / ce n’était pas un échec).
Yves ne chante pas réellement dans “Study”, la voix étant très robotisée. On pourrait même plutôt penser à un mix de DJ plutôt qu’à une chanson de K-pop sur un tel EP. Bien que le titre ait toutes ses qualités, il est regrettable d’avoir une chanson qui ne met pas réellement ses capacités de chanteuse en valeur. Bien qu’Yves soit également compositrice, on ne la retrouve pas dans les crédits de production qui reviennent à IOAH. Quitte à avoir un titre instrumental, il aurait été préférable d’entendre l’évolution d’Yves en tant que productrice et compositrice.
On comprend tout de même un message fort avec “Study” – étudier n’est pas tout. Même si l’on essaye et fait de son mieux, nos efforts peuvent ne pas aboutir.
Dans “Mom”, on retrouve quelques paroles supplémentaires, certainement sur sa relation avec sa mère. Cette mère lui apporte du réconfort en l’aidant à nettoyer ses vêtements, en lui disant de se couvrir avant de sortir et d’aller se reposer. Il s’agit d’une relation qui paraît banale mais qui est pourtant chère à beaucoup, dont Yves.
La mélodie est simple, nostalgique et chaleureuse tandis que la voix d’Yves est aïgue et autotunée, comme si la chanteuse s’éloignait émotionnellement de ce témoignage émouvant.
Les fans apprendront sur l’application de messagerie b+POP (similaire à Bubble ou Fromm) qu’Yves avait initialement écrit d’autres paroles pour « Mom ». Ces dernières n’ont finalement pas été intégrées dans le titre, ce qui est fortement dommage.
“Do you feel it like i touch” a su captiver les Engdus, mais pas que. Ce morceau a une production instrumentale aux tonalités presque dystopiques, portée par une basse profonde et quelques notes de piano qui frôlent parfois l’angoisse. Le morceau évolue d’une ambiance électro vers de l’électro-rock avec plus de guitare, de synthétiseur et de percussions, la voix d’Yves aïgue et masquée par un filtre qui amplifie toutes les émotions quasi-science fiction de l’instrumentale. On pourrait peut-être citer FKA Twigs en inspiration ici. Dans tous les cas, “Do you feel it like i touch” est l’un des morceaux les plus forts de l’EP Soft Error.
Conclusion
Soft Error est une belle continuité des deux EP précédents d’Yves, LOOP et I did. L’identité artistique et la direction prise par son équipe séduisent de plus en plus les auditeurs internationaux, la faisant régulièrement dépasser le million d’auditeurs mensuels sur Spotify.
“White Cat” et “Soap” sont parfaitement choisis pour représenter cette nouvelle ère de la soliste. On la retrouve dans des contextes musicaux indietronica qui collent à sa personnalité à la fois sage et timide mais aussi courageuse et audacieuse.
Nul doute aussi que le featuring de PinkPantheress va ouvrir de nouvelles portes à Yves pour se faire découvrir par un public encore plus large. “White cat” et “Do you feel it like i touch” seront ensuite là pour présenter la chanteuse et toutes ses qualités.
Le potentiel de Soft Error est immense, notamment grâce à cohésion de bout en large, et on ne peut qu’attendre que “Soap” ou “White cat” deviennent des sons viraux sur TikTok à l’instar de “Dim”.