Le 7 janvier dernier, CHUU a fait son troisième comeback avec l’album XO, My Cyberlove. Avec neuf titres, la chanteuse solo prouve encore une fois toutes ses capacités vocales et son habilité à transmettre des émotions fortes.
Après Only Cry in the Rain, CHUU reste sur sa lancée avec des sonorités nostalgiques et des genres divers mais cohérents. On passe ainsi de la synth-pop par du R&B, de la pop-rock ou encore du moombahton. La chanteuse porte avec sincérité ce projet qui représente, malgré sa longueur totale de tout juste 26 minutes, son premier “full album”.
XO, My Cyberlove
“XO, My Cyberlove” est la title track qui donne son nom (et le “la”) à l’album. CHUU explore le thème actuel des relations en ligne et la frustration qui naît du fait de ne connaître la personne qu’à travers l’écran. La protagoniste, qui semble suivre les moindres faits et gestes digitaux d’une autre personne, est coincée entre “le virtuel, les rêves et la réalité”.
La production musicale est atmosphérique et rêveuse mais aussi funky, portée par une basse rythmique et beaucoup d’harmonies qui enveloppent la voix mélancolique et douce de CHUU.
Dans le MV, la barrière du virtuel est d’abord brisée, la protagoniste se retrouvant avec la personne qu’elle aime. Le couple est filmé dans diverses situations intimes – un baiser dans un taxi, un pique-nique dans un parc, une sieste…
Puis, l’illusion se brise. La caméra se déplace sur le bras de CHUU dont une partie s’est transformée. Sa peau disparaît sur une dizaine de centimètres et devient, à la place, un morceau de plastique transparent rempli de liquide tel une lampe à lave. Elle réalise alors que ce n’est pas réel, comme si ce détail absurde lui avait fait prendre conscience qu’elle rêvait. CHUU regarde à ce moment-là la caméra, donnant la sensation au spectateur que le quatrième mur est brisé.
La protagoniste est représentée dans toutes les situations précédentes, mais cette fois-ci, seule. L’autre personne se retrouve également seule et leurs téléphones redeviennent leur seul moyen de communiquer.
CHUU explique lors d’une conférence de presse que le titre est également inspiré de l’intelligence artificielle et de l’utilisation des emojis pour exprimer ses sentiments. Ainsi, dans le MV, lorsque CHUU porte une perruque blonde, elle est une forme d’intelligence artificielle, tandis que ses cheveux naturels représentent sa véritable identité.
Son compagnon, une peluche géante déjà présentée dans les MV de “Strawberry Rush” et “Howl”, est ici un doudou que CHUU ainsi que son amour enterrent. Est-ce que ce compagnon est mort ? Heureusement pour les fans de CHUU, non – on le voit revenir à la vie à la toute fin du MV, son cœur se remettant à battre.
Canary
Le second titre de l’album est “Canary”, une ballade dark-pop et R&B qui exprime une sorte de désespoir, celle d’avoir envie d’aimer de manière inconditionnelle et d’être aimé de la même manière en retour. La voix de CHUU est puissante et pleine d’émotions, montrant l’étendue de son talent.
“Canary” bénéficie d’un MV qui reprend des scènes tournées en même temps que “XO, My Cyberlove” bien que la colorimétrie soit différente. Cette dernière donne une sensation rêveuse qui suit le thème de la title track de l’album.
Au tout début du MV, CHUU déterre la peluche qu’elle avait abandonnée pendant “XO, My Cyberlove”. Bien que l’interprétation de cet abandon soit ouverte, on peut imaginer que les retrouvailles sont une manière pour CHUU de se retrouver elle-même (“I trust you’ll heal”).
B-Sides
Tout au long de l’album, CHUU explore des genres différents. L’ensemble reste pour autant relativement cohérent. Avec “Heart Tea Bag”, la chanteuse offre un titre qui pourrait être comparé à Ariana Grande au début de sa carrière. “Love Potion” est quant à elle inspirée par Tyla dans sa production afrobeat et une technique vocale légère dans un registre grave.
“Limoncello” est dans la même lignée porté par des percussions rythmiques et légères. “Cocktail Dress”, placée juste après “Canary”, fait office de transition entre les thèmes plus sombres de “XO, My Cyberlove” et le reste de l’album. CHUU change drastiquement sa manière de chanter, rappelant la technique vocale de Minnie (i-dle). Bien que ce ne soit pas désagréable, c’est une première surprenante pour la chanteuse.
Avec “Teeny Tiny Love” on a une chanson pop légère avec une boucle de basse dansante. CHUU tente un rap parlé lors du second couplet, ajoutant un peu plus de fun dans ce titre énergique et entêtant. “Hide & Seek” est similaire dans le côté fun et léger. On y retrouve également un petit rap et un côté joueur et enfantin qui peine pour autant à marquer entièrement les esprits.
“Loving You!” se démarque vraiment avec une production instrumentale plus expérimentale que le reste de l’album. Y sont incluses des influences PC Music, pop et digicore.
Malgré neuf titres, l’album s’arrête (trop) rapidement. Si les chansons s’enchaînent correctement, elles sont parfois trop courtes, ne se donnant que peu de temps pour rester dans la tête de l’auditeur. Néanmoins, XO, My Cyberlove est un très bon album qui permet à CHUU de développer ses capacités vocales et son identité artistique.






