La série Beef, connue en France sous le nom d’Acharnés, est une comédie dramatique disponible sur la plateforme Netflix. Créée par le réalisateur Lee Sung-jin, cette série de deux saisons (2023 et 2026) traite de l’évolution des relations humaines, de la recherche de sens et d’identité avec sincérité et génie.
Bien que Beef soit une série dite d’anthologie, puisque les castings et thèmes abordés changent drastiquement d’une saison à l’autre, elle garde néanmoins un ton aussi cru et imparfait que ses personnages, chargé de touches plus sombres qui tirent vers le gore.
Analysons les deux saisons de cette série et découvrons les clés de son succès !
Lee Sung-jin, un talent reconnu
Né en 1981 à Séoul mais ayant déménagé jeune aux États-Unis, Lee Sung-jin grandit en jonglant avec deux cultures et deux identités. Il se fait notamment appelé Sonny Lee pour simplifier la prononciation de son nom.
Il lance sa carrière en travaillant comme scénariste pour plusieurs séries, telles que 2 Broke Girls qui lui permet de développer sa plume humoristique, mais aussi le drame psychologique Undone.
Ces deux projets notables lui permettent de se faire un nom dans le milieu tout en étoffant son projet personnel : Beef. La première saison, sortie en 2023 mais tournée peu avant et pendant le confinement de 2020, lui permet de gagner plusieurs trophées dans diverses catégories de remises de prix prestigieuses (Primetime Emmy Awards, Golden Globe Awards, Critics Choice Awards…).

En 2024, Lee Sung-jin réalise et produit le clip musical du titre “Come back to me” de RM (BTS) à la demande du rappeur, lui qui avait adoré la première saison de Beef.
La réalisation de la deuxième saison de Beef, écrite à partir du casting et retravaillée tout au long du tournage, débute fin 2024 pour une sortie prévue pour avril 2026.
Un casting sur-mesure
Le succès de “Beef” repose entre autres sur son casting audacieux, rassemblant acteurs et personnalités de plusieurs horizons.
La première saison réunit Steven Yeun (de son vrai nom Sang-yeop Yeun), notamment connu pour son rôle de Glenn Rhee dansThe Walking Dead, et Ali Wong, d’origine vietnamienne par sa mère et sino-américaine par son père. Tandis qu’Ali Wong se concentre sur une carrière américaine, en enchaînant rôles à l’écran (Always Be My Maybe, Birds of Prey) et doublages (Tuca & Bertie,Big Mouth), Steven Yeun se fait un nom dans l’industrie cinématographique coréenne en jouant dans deux films de Bong Joon-Ho (Okja et Mickey 17) et en étant producteur exécutif et rôle principal du film à succès Minari (2020).


À leurs côtés, une majorité d’acteurs issus de la diaspora coréenne aux États-Unis : Joe-yun “Joseph” Lee (Materialists), Young Mazino (apparu dans le clip “Snooze” de SZA et dans la saison 2 de The last of Us), Ashley Park (Emily in Paris) et Austin H. Min (The Umbrella Academy).
La saison deux réunit le talentueux Oscar Isaac, connu notamment pour son rôle de Poe Dameron dans la troisième trilogie de Star Wars ainsi que le docteur Frankenstein dans l’adaptation de Guillermo del Toro (2025), avec l’actrice emblématique Carey Mulligan (The Great Gatsby, Promising Young Woman). Ils partageaient déjà l’écran dans le film Drive, avec Ryan Gosling. Tous deux jouent un couple névrosé mis à rude épreuve par un jeune couple plein de vie et d’ambition, interprété par Charles Melton (Riverdale, May December) et Cailee Spaeny (Pacific Rim Uprising,Bad Times at the El Royale).

Si le casting principal ne compte qu’un seul acteur d’origine coréenne, les personnages secondaires, les caméos ainsi que la localisation des deux derniers épisodes nous font voyager en Corée du sud. En effet, le Country Club pour lequel travaillent les deux couples appartient à la riche Madame Park jouée par Youn Yuh-jung (Pachinko, Minari). Elle est accompagnée de son interprète (Jang Seoyeon) et du chanteur et danseur BM (membre du groupe Kard) qui joue un professeur de tennis.


Nous saluons également le caméo exceptionnel de Song Kang-ho qui joue un chirurgien esthétique en proie à des tremblements, conduisant à un incident déplorable et ayant un rôle clé dans le scénario.
De l’utopie à l’apocalypse
Les deux saisons ont en commun un schéma narratif en apparence typique, avec une situation initiale faussement idyllique, et rapidement mise à l’épreuve par un élément perturbateur.
Dans la saison 1, il s’agit d’une violente altercation entre Danny (Steven Yeun) et Amy (Ali Wong), tous deux aux volant de leurs voitures, scène à laquelle le réalisateur a par ailleurs été témoin et dont il s’est inspiré pour écrire le scénario de Beef. Dans la saison suivante, les problèmes commencent lorsque Austin et Ashley (Charles Melton et Cailee Spaeny) assistent à une dispute entre Josh et Lindsay (Oscar Isaac et Carey Mulligan). Les deux situations relèvent d’une première explosion des sentiments et émotions humaines qui n’avaient encore jamais été exprimées.


La tension monte rapidement entre les personnages qui passent tous par une étape de remise en question de leurs vies respectives, allant du choix de leur conjoint et carrière à un besoin de briser tout ce qui a été construit. Secrets et retournements de situation tourmentent les protagonistes et leurs entourages, jusqu’à l’explosion des émotions et sentiments, jusqu’alors contenus, sous forme de tuerie et de course-poursuite dans un huis-clos (une villa reclue dans la première saison, une clinique sous haute-surveillance dans la seconde).

Les derniers épisodes trahissent un sentiment de lâcher prise total et de perte de contrôle d’une situation délicate, qui résulte en une véritable renaissance pour la quasi-totalité des personnages. En effet, après avoir été étouffé par leurs choix de vie, créant autour d’eux une bulle impénétrable, l’explosion de cette dernière permet à chacun de réaliser que rien n’est éternel, ni la vie, ni les choix faits, et qu’il est toujours possible de recommencer à zéro ailleurs, avec les bonnes personnes. Celles qui nous comprennent, qui nous ressemblent, qui nous laissent être nous-même et nous épanouir ainsi.
Certains choisissent le confort d’un environnement familier, d’autres trouvent un espoir nouveau parmi ce chaos : ce qui importe ici, c’est le sentiment que leur nouvelle situation est choisie plutôt que subie.
Art et symboles
De nombreuses références à l’art sont faites tout au long de la série, notamment avec l’utilisation de peintures comme génériques pour introduire chaque épisode. Ces dernières ont été minutieusement choisies pour représenter et résumer les sujets dont l’épisode va traiter, le tout condensé en une seule image et un titre qui l’accompagne.


Dans la première saison, le mari d’Amy est un sculpteur qui entasse ses œuvres dans le sous-sol de leur maison, tandis que son défunt père, artiste à succès, continue d’être exposé et ses œuvres convoitées. Le couple se rend d’ailleurs à une exposition de chaises pendant laquelle Amy, épuisée de sa journée, s’assoit sur l’une d’elle, représentant un premier décalage entre elle, pragmatique et insensible à l’art, et son mari qui y consacre sa vie.

Dans les deux saisons, l’art est utilisé pour distinguer les différentes classes sociales auxquelles appartiennent les personnages, à commencer par la décoration de leurs lieux de vie. Un style épuré pour Amy et Madame Park, deux business women qui n’ont pas le temps de combler le vide qui emplit leur maison et leur cœur.


En comparaison, la maison de Josh et Lindsay, en apparence havre de paix, cache les excès du couple qui essaie tant bien que mal de s’intégrer dans la classe supérieure à laquelle il n’appartient pas.


On retrouve également l’absurdité des objets collectionnés par la richissime patronne d’Amy qui a fait de sa villa un musée privé et ultra sécurisé.

En bas de l’échelle, Austin et Ashley, légèrement mieux lotis que Danny et son frère.


Dans le podcast dédié à la série et animé par le réalisateur, ce dernier se confie sur la dernière image de la saison 2, qui est inspirée des peintures des roues du Samsara. Ce symbole bouddhiste représente le cycle de renaissance et de souffrance dans lequel sont pris les êtres, illustrant parfaitement les thèmes abordés avec brio dans les deux saisons.


Conclusion
Bien plus proche des synopsis de comédie dramatique américaine que de K-drama sud-coréen, Beef reste un doux et pertinent mélange entre les deux pays qui aborde des thèmes universels et intemporels.
Beef participe également à la mise en lumière d’artistes et acteurs issus des différentes diaspora coréennes dans le monde, qui connaissent par ailleurs un véritable essor en popularité en cette année 2026 : on peut citer Yerin Ha, actrice principale de la saison 4 de Bridgerton, ou encore Hudson Williams (Heated Rivalry).





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