Catégorie : Reviews

Musique, cinéma, littérature… on vous partage nos ressentis dans nos reviews grâce à un décryptage en profondeur de chaque oeuvre sud-coréenne.

  • JUKEBOX : Jung Kook fait ses premiers pas dans la pop internationale en solo avec “GOLDEN” 

    JUKEBOX : Jung Kook fait ses premiers pas dans la pop internationale en solo avec “GOLDEN” 

    Alors que son retour était très anticipé, Jung Kook a sorti deux tracks en amont pour teaser son grand début : “Seven” en featuring avec Latto et “3D” avec Jack Harlow. Avec cet album comportant au final 10 chansons (plus la version “Clean” de “Seven”), entièrement en anglais et truffé de collaborations avec de grands artistes internationaux, Jung Kook fait un pas de côté par rapport à la K-pop et montre sa capacité à être un artiste “global”. On vous fait sans attendre la review track by track de GOLDEN  ! 

    3D (feat. Jack Harlow) 

    Gros nom de la scène hip-hop,  le choix de Jack Harlow en featuring était étonnant et très attendu dans la sphère de la K-pop, mais aussi au-delà. En effet, fort de ses récents succès (par exemple “Industry Baby” en collaboration avec Lil Nas X), la plume aiguisée, voire parfois trash du rappeur contraste avec justesse avec l’image stéréotypée qu’on peut avoir des idols de K-pop. L’annonce de cette collaboration a su créer de l’attente chez les fans et chez le grand public. 

    Sortie le 29 septembre dernier, “3D” est finalement une proposition au refrain groovy et efficace, dans laquelle le flow de Jack Harlow se marie parfaitement avec la voix suave de Jung Kook. Si les paroles rentrent très vite en tête, on regrette un peu leur manque d’originalité et de prise de risques. Le rap de Jack Harlow, en particulier, est certes efficace dans sa structure mais finalement assez peu intéressant, en plus d’avoir été offensant pour une partie de la communauté asiatique du fait de l’utilisation du terme ABG (Asian Baby Girl) par un homme blanc dans un contexte historique d’objectification et de sexualisation des femmes asiatiques. 
    En tant que seconde “pre-release” musicale de Jungkook, cette chanson s’est ancrée dans une campagne promotionnelle particulièrement réussie de la part de HYBE et BigHit. “3D” s’est en effet placée dans les charts dès sa sortie, attirant autant les ARMYs et K-pop stans que l’audience de Jack Harlow.. Pas besoin de plus de preuves pour comprendre l’impact du golden maknae quand on se rend compte qu’il bat lui-même ses propres records.


    Sorti le même jour que la chanson, le clip, bien réalisé et efficace, se présente immédiatement comme une grosse production américaine. Jung Kook comme Jack Harlow jouent de leur charme et de leurs “sapes” dans des plans graphiques qui rappellent  clips de rap et de pop des années 1990. On retrouve le trope classique des grands escaliers blancs, des voitures high budget et des cabines téléphoniques. Encore aujourd’hui, le clip est dans les tendances mondiales et ne quitte pas les charts !

    Closer to You (feat. Major Lazer)

    Dans « Closer to You », premier titre inédit de GOLDEN, on reconnaît immédiatement la couleur musicale de Major Lazer, nous donnant presque l’impression qu’il s’agit plus d’un de leur titres que de celui de Jung Kook. On est cependant charmés rapidement par la voix aérienne de l’interprète, qui colle parfaitement bien à la mélodie, et ce “Closer”, qui rythme la chanson de manière presque obsédante. 

    Comme sur les autres featurings de l’album, il est intéressant de voir Jung Kook poser sa voix sur des styles musicaux inédits, avec des artistes occidentaux d’envergure. Alors que Bang Si-Hyuk, président-fondateur de HYBE et créateur de BTS, déclarait il y a quelques jours que La K-POP a maintenant besoin d’atteindre un public de consommateurs plus vaste dans un marché plus large.”, Jung Kook est un parfait exemple de ces artistes de K-pop reprenant les codes de la musique occidentale. 


    Avec une campagne de pre-release comme celle-ci, on comprend l’importance et la place prépondérante des featurings dans l’industrie de la musique, et par extension dans la K-pop. Si les collaborations entre K-artists et artistes états-uniens ne sont pas nouvelles, Jung Kook propose deux grosses collaborations qui sont toutes deux dans l’album, ce qui est nouveau. Les artistes en featuring s’offrent chacun de la visibilité et permettent d’attirer un nouveau public, d’un côté comme de l’autre. En effet, on l’avait déjà vu avec BTS qui ont su conquérir le marché américain et s’installer comme un groupe incontournable sur la scène internationale. Suivant tout particulièrement cette tendance avec ces singles en featuring et entièrement en anglais, Jung Kook prend le rôle d’un artiste de pop internationale sans grande difficulté.

    Seven (feat Latto)

    Premier single de cet album, sorti le 14 juillet, “Seven” a immédiatement été un succès planétaire. La chanson chart partout, passe partout, y compris dans des milieux extérieurs à la K-pop, et ça se comprend : tout y est percutant et addictif, avec un refrain qui reste immédiatement en tête et un gigantesque potentiel de réutilisation sur les réseaux sociaux (que ce soit en dance challenge ou en vidéos d’outfits of the week). Le rap très efficace de l’artiste américaine Latto complète ce morceau, avec lequel Jung Kook signe un véritable hit global, coup de cœur de nos rédactrices dès la première écoute.

    Le single est par ailleurs entré dans l’histoire de Spotify puisqu’il est devenu la chanson qui a atteint le plus rapidement le milliard de streams.

    Ce morceau a été accompagné d’un clip réalisé comme un film, avec la très connue actrice et mannequin Han So-Hee au casting, dans lequel Jung Kook joue un amoureux éperdu tentant de convaincre une dulcinée peu convaincue qu’il est l’homme qu’il lui faut. Multipliant les scènes pleines d’humour, ce clip participe à nous faire rentrer dans l’univers de Jung Kook et de “Seven” avec brio. 
    Cette chanson est sortie en deux versions, l’une “clean” et l’autre “explicit”, et c’est la version explicite qui arrive en premier sur l’album (alors que la version “clean” clôture l’opus, presque comme un morceau bonus). Cela apparaît comme une forme de statement de la part de Jung Kook sur sa place d’idol et d’artiste, qui s’affranchit des codes de la K-pop et se permet, grâce à son succès, d’oser de nouvelles choses.

    Standing Next to You – TITLE TRACK

    Comment parler de l’album sans évoquer la title track “Standing Next to You”, aux sonorités beaucoup plus rétro et suaves que les deux premiers singles ? Dès la première écoute, nous sommes transportés dans un tout autre univers, inattendu de la part de Jung Kook, qui nous montre une autre facette de sa personnalité. On entend l’inspiration très Michael Jackson, ou plus récemment de Bruno Mars et The Weeknd, de sa part quand on découvre l’instrumentale et les techniques vocales qu’il utilise, en offrant une abondance de voix de tête et de falsetto, qui plaisent particulièrement à une des autrices. Le pré-refrain semble être le highlight de la chanson sur ce point-là. 

    Jung Kook nous sert sa voix sur un plateau doré avec à la fois ces fameux falsetto mais aussi des parties de voix de poitrine un peu plus puissantes. On note aussi une très belle instrumentale sur le refrain au piano synthé, qui s’avère simple mais selon nous terriblement efficace. Le titre s’offre un bridge instrumental pour laisser la place à un dance-break, encore une fois non sans rappeler le roi de la pop. Cette partie nous rappelle que l’artiste est bien reconnu dans l’univers de la K-pop comme un all rounder” ou un “ace (quelqu’un qui a de nombreux talents et sait tout faire). Le golden maknae ne démérite pas sur ce track. 

    Un clip hollywoodien

    Le morceau est accompagné d’un clip qui fait son effet et correspond tout à fait au son rétro, dans lequel on retrouve un Jung Kook dans un décor Hollywoodien très guindé et élégant. Il apparait dans de belles pièces de costumes, entre un veston gris sans manches laissant apercevoir ses tatouages ou un costume noir avec des broches scintillantes. Dans différents plans, il nous offre une danse particulièrement élégante, sexy, et raffinée. Jung Kook poursuit une femme fatale tout au long du clip, La place de la danse et du théâtre semblent vraiment primordiales dans la vidéo puisqu’on le voit sur une scène, dans des studios, dans un hall, on y voit à la fois la place du théâtre mais aussi celle du cinéma. 

    On décèle plusieurs références au cinéma et à la pop culture. On évoque une nouvelle fois Michael Jackson, cette fois avec la célèbre Princesse Diana, en référence à une photographie iconique des deux se tenant l’un à côté de l’autre, justement notifiée par le Times of India. Visuellement le clip rappelle aussi “Black Swan” de BTS avec ces ailes d’ange et cette scène de théâtre qu’on retrouve dans le MV du groupe. 
    Le clip est réalisé par Tanu Muino, connue pour ses clips et  ayant déjà remporté un Grammy. Celle-ci a notamment travaillé pour Rosalia, Post Malone & The Weeknd, Doja Cat, Sam Smith, des campagnes Dior, etc. Jung Kook collabore ainsi avec des grands noms américains jusque dans ses productions audiovisuelles.

     

    Yes or No

    Avec “Yes or No”, Jung Kook signe l’un des morceaux les plus efficaces de cet album : le chanteur nous entraîne dans un registre RnB à la mélodie addictive, et nous sommes conquises. Si la proposition n’est pas particulièrement originale, rappelant ce que Justin Bieber a pu proposer par le passé, la chanson fonctionne parfaitement bien, avec des sonorités agréables à l’oreille et des paroles que l’on retient facilement. 

    Signées Ed Sheeran, celles-ci ne sont pas particulièrement poétiques ou profondes, mais la voix de Jung Kook sublime l’ensemble, et la chanson a un potentiel viral certain. 

    Please Don’t Change (feat. DJ Snake) 

    Comme pour Major Lazer, on reconnaît immédiatement la couleur musicale et la patte de DJ Snake sur “Please Don’t Change”. Cette collaboration aux sonorités tropical EDM nous donne immédiatement envie d’aller danser, et on regrette presque que cela n’ai pas été une pre-release estivale comme “Seven”, car la chanson aurait été particulièrement adaptée aux soirées d’été. 

    Jung Kook s’inscrit avec “Please Don’t Change” dans une longue lignée de morceaux très dansants, dont les paroles n’ont d’autre utilité que de nous rester en tête. Pari réussi pour cette chanson, dont le seul défaut est qu’on aurait aimé l’entendre plus tôt !

    A noter toutefois que cette petite interjection “Please Don’t Change” est aussi destinée à ses fans, les ARMYs, à qui il dit plusieurs fois de ne pas changer et de rester elleux-mêmes. C’est en tout cas ce qu’il a énoncé lors de sa performance à Times Square, repartagée par DJ Snake sur Tiktok.

    Hate You

    7ème morceau de l’album, “Hate You” est aussi un tournant vers la seconde moitié de GOLDEN, beaucoup plus douce et calme. Chanson au goût de cœur brisé, “Hate You” donne l’occasion à Jung Kook de montrer son low register et sa parfaite technique de voix soufflée (ou “breathy”, c’est à dire qu’il laisse plus d’air passer dans ses corders vocales pour créer un effet doux, presque chuchoté). Il présente ainsi d’autres facettes de ce qu’il est capable de faire vocalement. Rompant avec les beats plus omniprésents du début de l’album, l’instrumentale au piano lui permet d’exprimer une vulnérabilité vraiment touchante et convaincante, permettant à la chanson de se hisser dans le haut du panier des chansons sur le thème de la rupture ou de l’amour contrarié. 

    Somebody

    Avec “Somebody”, on est dérouté par la particularité de la voix de Jung Kook, au début difficilement reconnaissable avec des effets de production vocale inhabituels pour lui. Le beat semble au début s’inspirer du hip-hop sur les couplets, pour finalement se porter sur un semi-électro avec une batterie simple qui garde le même rythme tout du long. Il y a donc très peu d’éléments sur l’instrumentale, tout repose sur les modulations de voix et le mixage. On frôle parfois même l’effet a capella, ce qui peut plaire comme déplaire. Globalement cette chanson semble être une des plus clivantes de l’album. On note une mélodie simple et agréable, mais qui peut être qualifiée de peu marquante pour d’autres.

    Too Sad to Dance

    “Too Sad to Dance”, autre proposition calme mais bien moins triste que “Hate You” (malgré son titre), est un exemple parfait de pop douce, efficace mais moins mémorable que d’autres morceaux de l’album. On ressent à nouveau l’influence de Justin Bieber dans la couleur musicale de Jung Kook tant le morceau aurait tout aussi bien pu être chanté par le célèbre chanteur canadien. La voix de Jung Kook reste très agréable à écouter, avec une instrumentale à la guitare et un petit sifflet entraînant. On imagine bien d’autres idols de K-pop reprendre cette chanson et en faire des covers : elle en a, en tout cas, tout le potentiel.

    Shot Glass of Tears

    “Shot Glass of Tears” conclut cet album (si on fait abstraction de la version clean de “Seven”) dans une ambiance mélancolique qui change des sonorités du début de GOLDEN. Dans ce très beau morceau, sans aucun doute la plus poétique de l’album, la voix de Jung Kook est particulièrement bien mise en avant (et on note son parfait accent anglais) et des chœurs subliment habilement celle-ci. Le titre est particulièrement intéressant, mêlant le verre à shot (shot glass) rappelant l’image plus sulfureuse que Jung Kook dévoile avec cet album à la vulnérabilité des larmes (tears).

    Verdict

    GOLDEN apparaît finalement comme un album cohérent, aux mélodies agréables et aux paroles entrainantes, mais qui manque selon nous de prise de risque. On reconnaît des sonorités très similaires aux succès de la pop américaine, avec des collaborations où Jung Kook s’adapte aux styles des autres artistes plus qu’il n’impose sa propre couleur musicale. 

    La thématique de l’ensemble de l’album, l’amour, n’est finalement exploitée que dans des paroles peu travaillées, dans des morceaux où l’accent est davantage mis sur la fluidité des paroles et leurs sonorités à l’oreille que sur leur sens profond et leur symbolique. On regrette la poésie des paroles de BTS, y compris dans les morceaux solo de Jung Kook comme “Begin” ou l’excellent “My Time”. 

    Et si les qualités de vocaliste de Jung Kook restent indéniables, on aurait aimé le voir davantage proposer un style qui lui serait vraiment propre. Il a pris le parti de proposer un projet moins personnel et plus lisse, qui correspond à ce que certain.e.s attendaient de lui, mais en déçoivent d’autres. On sent avec GOLDEN une envie de plaire au plus grand nombre, sans doute aussi d’aller chercher un nouveau public, ce qui fonctionne tout à fait. 

    On ne peut nier la portée globale de cet album, qui s’est classé numéro 1 des ventes françaises dès la semaine de sa sortie (selon le SNEP), sans parler des chiffres impressionnants qu’il a réalisés partout sur la planète. On pense aux Official Charts au UK ou encore aux FIMI en Italie, où il est 3ème dans les deux cas. En tout, l’album GOLDEN est le premier projet d’un artiste solo sud-coréen à atteindre autant de streams sur Spotify avec plus de 214M d’écoutes à ce jour.

    Il souhaitait aussi montrer une certaine versatilité, en se plaçant comme un artiste capable de travailler différents genres musicaux. Pari donc réussi avec brio puisqu’il nous a effectivement prouvé qu’il pouvait jouer sur plusieurs tableaux.  

    Jung Kook montre là sa volonté de parler au general public avec un album mainstream mais efficace. Alors qu’il fait justement la promotion de ce projet aux Etats-Unis, il a révélé dans une interview chez Jimmy Fallon qu’il voulait que cet album suscite des émotions universelles. En structurant GOLDEN en deux parties, l’une plus énergique et dansante et l’autre plus douce, Jungkook voulait que tout un chacun puisse s’approprier les titres et se sente concerné par ce qu’il y raconte. Parti pris assumé et réussi quand on voit le succès de ce premier album solo à l’international !

    Article co-écrit par Jeanne et Mélanie

  • JUKEBOX : Stray Kids nous embarque dans un MEGAVERSE à leur image avec un 8ème mini album « 樂-STAR (ROCK-STAR) »

    JUKEBOX : Stray Kids nous embarque dans un MEGAVERSE à leur image avec un 8ème mini album « 樂-STAR (ROCK-STAR) »

    C’est l’heure du 8ème mini album pour les 8 membres de Stray Kids. Si ce chiffre est précieux pour les STAYS et représente un flux d’énergie sans fin, il colle aussi avec ce projet musical complet que nous propose Stray Kids. “樂-STAR (ou “ROCK-STAR”) est sorti le 10 novembre dernier avec la title track “LALALALA”. 

    Une campagne de teasing qui va de surprise en surprise

    L’annonce de leur comeback était déjà un événement. Il s’agit de leur premier retour après 5-STAR, sorti en Juin 2023 qui avait attiré de nombreux fans et mis la lumière sur le groupe. Alors que la scène médiatique et les caméras étaient encore braquées sur eux, le compte du groupe a sorti une Timetable qui annonce la couleur (rose) du projet. Parfait moment pour revenir sur le devant de la scène.

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    Analyse du nom

    C’est avec surprise qu’on a découvert le titre du projet “樂-STAR (ou “ROCK-STAR”) et sa DA très pop punk nouvelle génération, avec beaucoup de rose fluo et de noir, des graffitis, des barbelés, un squelette rock. Ce sont autant d’éléments qui rappellent les artistes pop-rock / alternatifs populaires d’aujourd’hui comme Machine Gun Kelly ou Yungblud, et leurs inspirations de la scène emo des années 2000. 

    “樂-Star” se prononce “rak”star et oscille entre différentes significations. En effet, ce caractère mandarin peut à la fois signifier la joie, le plaisir ou le bonheur (lè) mais aussi un son harmonieux en musique (yuè) selon le contexte sémantique. Choix intelligent de la part du groupe qui se plaît à jouer sur les double, voire triple lectures. 

    Genius nous informe à juste titre que le caractère 樂 (lè) a des descendants sémantique Sino-Xenic en hangeul (l’alphabet sud-coréen) : “락/낙 (rak/nak).” En coréen, “락” signifie “rock” et “낙” signifie  “joie.” Ainsi Stray Kids créent de multiples connexions entre le rock, la musique et la joie via différents leviers littéraires. S’ils nous disent dans la title track “just feel the rock” (ressens le rock), ils nous disent parallèlement “just feel the joy” (ressens la joie), encourageant leurs auditeurs à passer un agréable moment musical. 

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    Le choix du nom ROCK-STAR est expliqué par Bang Chan, dans leur vidéo introductive, par le fait que leur versatilité et la variété de leurs propositions musicales les fait se sentir justement comme des rock stars. Il évoque une définition plus élargie qui dépasse les lignes traditionnelles, être une rock star n’est pas seulement être guitariste ou faire du headbang et avoir un certain style vestimentaire. Pour lui une rock star est un “esprit libre”.

    Si “5-STAR” était l’occasion de montrer leur score et leur effort, “ROCK-STAR” se nourrit de la volonté de se montrer tels qu’ils sont.

    Les unveil tracks de Stray Kids, toujours plus loin dans l’originalité 

    Unveil tracks et SKZFLIX 

    Comme à chacun des comebacks, le groupe présente et tease les titres de l’album en révélant des mini-clips qu’on appelle des “UNVEIL TRACKS”. Il s’agit d’une version écourtée de la chanson qui figurera sur l’album. Pour ce projet-là, Stray Kids a opté pour deux manières différentes de révéler ces tracks:

    D’une part la classique, avec un MV très produit, qui engage déjà l’audience sur les concepts de Multiverse et d’univers parallèles. Le premier titre révélé est donc “MEGAVERSE” qui introduit tout en puissance la nouvelle era ROCK-STAR: 

    D’autre part, en l’incluant dans leur projet “SKZFLIX” (ou le Netflix de Stray Kids) qu’ils ont annoncé le 22 octobre par un teaser.

    La track “Leave” est alors présentée dans le Sequel de ce SKZFLIX, la plaçant comme une sorte de bande-son pour ce mini film. On y découvre Felix, tantôt heureux avec les autres membres, tantôt seul après leur disparition. Les paroles “I’m missing you” (vous me manquez/tu me manques) laissent entendre qu’ils ne sont plus présents auprès de Felix, l’enveloppant dans une certaine nostalgie : 

    Une preview dans la vidéo longue

    La vidéo complète de 10min de SKZFLIX est finalement sortie le 2 nov, révélant toute une storyline travaillée autour du “multi-universe short film festival” pour lequel les membres participent en se réunissant, chacun ayant un rôle différent, réalisateur, scénariste, caméraman, acteur… Leurs chemins se croisent au fur et à mesure de l’histoire alors qu’ils sont présentés au début de la vidéo dans des saynètes différentes : Felix et Lee Know; puis Seungmin et Han; puis Hyunjin, I.N, Chan et Changbin.  L’obsession de Han sur le fait de “trouver le bon acteur” mettait déjà la puce à l’oreille sur un élément central de l’histoire. En parallèle, Lee Know et Felix évoquent le rêve du premier de devenir acteur, on se doute ainsi que les histoires des deux duos vont se croiser, à un moment ou un autre. Devenir acteur est selon Lee Know l’occasion “d’être libre” et “être n’importe qui quand il veut”, ce qui n’est pas sans rappeler les termes de Bangchan évoqués plus haut.

    Le projet musical ROCK-STAR n’est pas oublié puisque les membres parlent sur un fond instrumental qu’on imagine à ce moment-là être une chanson de l’album. On entend les “high notes” de Seungmin et Han, qui se révèlent finalement être une partie de “Cover Me” 5ème track de l’EP. On reconnaît aussi “Blind Spot”, alors que Seungmin s’active à expliquer le scénario aux acteurs.

    Des théories identifiées par les STAYs

    Sans aller plus loin dans toutes les théories et analyses possibles, SKZFLIX est une manière originale de préparer l’arrivée d’un projet puisqu’il est une sorte de mise en abyme de la création d’un projet audiovisuel elle-même dans un projet audiovisuel. Leur projet s’axe sur la création de “mondes parallèles”, tout comme nous pourrions dessiner un parallèle entre le processus créatif musical et cinématographique. Si dans SKZFLIX on y voit des acteurs de cinéma, on y voit parallèlement Stray Kids comme acteurs de la musique qui nous dévoilent leurs cartes. Le groupe pense ses albums comme des œuvres complètes qui s’écoutent et se performant. 

    Pour plus de théories et d’analyses sur la storyline de Stray Kids, il existe quelques vidéos anglophones, notamment sur le rôle central de Felix / Yongbok qui disparaît dans un monde parallèle et en quoi il représente les “Stray kids everywhere all around the world” :

    Reveals en concert

    Ils ont par ailleurs performé ces deux morceaux lors de leurs concerts à Séoul du 20 et 21 Octobre : “MEGAVERSE” et “Leave”. Des versions live qui ont fait leur effet puisque les mises en scène mettaient particulièrement en valeur les membres et leurs voix si particulières. 

    Des teasers photo “rock” qui contrastent avec leurs précédentes eras

    CONCEPT 1

    CONCEPT 2

    CONCEPT 3

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    Track by track

    Prologue

    Avant de rentrer dans le vif du sujet et vous faire une review track by track, rappelons que Stray Kids a sorti une vidéo d’introduction au projet “ROCK-STAR” la veille du comeback. 

    Ils introduisent leur univers aux STAYs de cette manière, en expliquant ce qu’il s’est passé, les Behind The Scenes, le processus créatif et les intentions qu’ils ont mis dans l’album. Ce type de format est particulièrement intéressant pour teaser et anticiper le projet artistique dans son ensemble. On apprend les partis pris artistiques, les techniques de production tout comme les techniques vocales :  par exemple Seungmin nous parle de falsetto. 

    Cette vidéo nous sert d’appui à la compréhension et à l’analyse de chacun des sons.

    1. MEGAVERSE

    Titre déjà présenté aux fans via un Unveil track et une performance scénique, c’est une entrée en puissance dans l’album et dans l’univers qu’ils ont voulu créer : celui des mondes parallèles et du multiverse. Si ce n’est pas la première fois que Stray Kids s’inspire des lores de comics (on pense à leur performance de “God’s ddu-du-ddu-du” pendant Kingdom), on décèle encore une fois leur affinité avec cette esthétique. En effet, MEGAVERSE invite l’audience dans le “Stray Kids Hot Megaverse”, l’univers alternatif du groupe dans lequel on serait pris et on ne se sortirait jamais. La vidéo de l’Unveil Track nous les présente déjà en personnages principaux d’un film d’action, où chaque membre de l’équipe jouerait un rôle dans la résolution du conflit avec l’ennemi. 

    Une introduction d’album en trombe

    L’album commence donc avec une instru saturée, des grésillements, des modulations de voix inquiétantes pour enfin laisser la place à la voix grave iconique de Felix qui scande en français “un deux trois, run along with the gods, jumping between every verse, the multiverse ain’t ready for our universe” (un deux trois, on court aux côtés des dieux, slalomant entre chaque couplet, le multivers n’est pas près pour notre univers). Nos oreilles et notre esprit deviennent le terrain de jeu de Stray Kids, qui se permettent des libertés sonores et artistiques. “MEGAVERSE” en tant qu’introduction est le point d’acmé et le foisonnement des concepts et teasings que le groupe nous avait prédit : la liberté presque insaisissable, les univers parallèles et l’expérience complète. Bangchan nous dit qu’ils brisent le 4ème mur en même temps qu’ils brisent les records : le Stray Kids world est en place et ne cesse de s’agrandir. 

    Sur cette chanson, les paroles tournent autour des exploits qu’ils accomplissent, des records qu’ils battent, puisque le “monde est désormais à eux”, “à chaque fois que nous bougerons, le monde nous suivra”, rien ne semble pouvoir les arrêter. C’est d’ailleurs ce qu’on voit dans les charts puisque les STAYs sont bien déterminé.e.s à mener le groupe au sommet. 

    En termes de sonorités, MEGAVERSE suit cette lignée explosive puisque suite aux phrases scandées de Felix et Bangchan, c’est la rapline qui nous propose des couplets tout aussi puissants avant d’arriver sur un pré-refrain chanté très efficace puis un refrain drop non chanté à la sauce Stray Kids. Ils hurlent leur nom “STRAY KIDS” à l’unisson pour inviter une nouvelle fois l’audience dans LEUR vision. En tout cas, sur nous ça fonctionne.

    2. TITLE TRACK : « 락 (樂) (LALALALA)”

    Parlons déjà du nom de cette chanson qui n’est pas laissé au hasard. On en attendait pas moins de Stray Kids qui, depuis le début de leur carrière, joue sur les mots et les signes. Le morceau a trois noms: “락” (se lit rak) , “樂” (se prononce “le”) et “LALALALA” (qu’on peut lire directement en romanisé). Chacun des trois peuvent ainsi se confondre à l’oreille.  En plus de cela, tout au long de la chanson, ils disent “rak”/”rock”/”la”/”le” et chacun des termes se confond de nouveau étant donné que les consonnes “r” et le “l” sont en réalité un seul et même phonème /l/ en coréen (le phonème guttural /r/ français n’existant pas en coréen). Cette chanson était initialement prévue pour être une B-side de “5-STAR” mais Changbin a eu la vision de la garder comme title track pour ce projet-là et l’a remplacé par “ITEM”. Très bon choix de sa part.

    Le MV

    Entrons maintenant dans le vif du sujet puisque la title s’accompagne d’un clip, proposant ainsi une expérience complète à nouveau. Si les STAYs sont toujours au rendez-vous c’est aussi parce que les productions audiovisuelles sont impressionnantes en s’accompagnant de réalisateurs créatifs, comme ici avec Bang Jaeyeob. Cette fois-ci c’est dans un univers de pirates et de bleu qu’ils nous accueillent en même temps qu’un beat phonk commence. Si vous n’êtes pas familiers avec ce genre musical qui entre de plus en plus en tendance, on vous invite à aller voir par ici. Des sons distordus et surtout l’utilisation du cowbell qui donnent cet effet synthétiseur très caractéristique du genre qu’on entend dès le début de “LALALALA”.  La phonk venant elle-même du Memphis Rap des années 90, elle utilise des sonorités bizarroïdes et des textures particulières qui donnent cet effet saturé “brouillon”. 

    Stray Kids sont connus pour leur versatilité et leur prise de risque, mais aussi pour leur recherche des nouvelles tendances musicales. C’est donc non sans surprise qu’on les retrouve utilisant les sonorités phonk, encore inédites dans un cadre K-pop.

    Une esthétique de l’étrange chez SKZ ?

    Le bizarroïde et le saturé s’accompagne d’une esthétique pirate qui joue avec les éléments puisque Changbin est représenté dans le feu et les tons orangés et Felix dans l’eau et les tons bleutés. D’autres éléments de l’étrange sont visibles entre la fanfare d’enfants, les masques de clowns, les doubles des membres et cet espèce de monstre lovecraftien creepy. Il y a même une nouvelle mise en abyme par Seungmin en habit de cirque qui s’adresse directement au viewer, clin d’œil à CASE 143où il jouait déjà avec la rupture du 4ème mur entre le spectateur et l’œuvre.

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    On notera également un bridge toujours aussi efficace avec la voix de Felix qui devient le centre du monde Stray Kids dans une chorégraphie qui le met à l’honneur. On fait alors un plongeon dans cette voix (un “deep dive” dans la “deep voice” de ce dernier) qui devient la manifestation physique de la profondeur. Le dernier refrain est puissant, avec une horde de danseurs pirates, du feu, des lumières de projecteur, des plans de drônes qui donnent ce vertige des profondeurs. 

    La thématique de l’imaginaire va plus loin puisque sur la scène finale on voit les membres regarder dans le ciel pour laisser place à un nuage avec les 8 enfants de la fanfare : qui sont-ils ? Est-ce que les membres seraient des personnages dans l’imaginaire de chacun de ses enfants ? Sont-ils leur alter ego dans un multivers ? Beaucoup de théories sont possibles.

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    Le retour du jeu sémantique

    Autre élément analysé par l’équipe de Genius : “dans le clip, nous apercevons les caractères chinois “喜 (bonheur)” “怒 (colère)” “哀 (tristesse)” and “樂 (rock/musique/joie)” qui flottent en haut de leurs têtes. On voit les caractères disparaître un à un, avec “怒 (colère)” en premier, puis “喜 (bonheur),” et enfin “哀 (tristesse).” A la fin, il ne reste que “樂 (rock/musique/joie)” imposant son pouvoir”.
    “LALALALA” est une véritable claque sur tous les plans, tant visuels que sonores, mais aussi littéraire. Les paroles citées par Changbin nous rappellent leur idée initiale puisqu’il dit “untie your hair, the genre itself is called joyful rock” (dénoue tes cheveux, le genre lui-même s’appelle le rock heureux). La double lecture de “樂” est déployée et filée au sein même de la chanson, ce que j’appellerai un coup de maître. Stray Kids sont les acteurs d’un spectacle et d’un univers dont ils invitent les spectateurs et auditeurs à se délecter. Les membres sont eux-mêmes embarqués sur un navire vers le multiverse qu’ils ont créé. Han nous dit “mix a bit of everything on an empty stage” (mélange un peu de tout sur une scène vide) : Stray Kids font du monde leur scène (petite réf à Shakespeare si vous me suivez) et de la malataste leur propre genre. En tout cas nous on a feel the rock ! Une title track très efficace, puissante et qui nous donne l’eau à la bouche sur la suite de l’album.

    3. 사각지대 – BLIND SPOT (ma préférée)

    Le son commence fort avec une mélodie de guitare saturée puis l’arrivée en trombe de la voix de Seungmin accompagné par un rythme de batterie rock classique. Son timbre de voix est clair et il commence dans une tonalité assez haute qui nous met directement hors d’haleine. Nous avons ensuite une partie chantée de Han qui nous prouve à nouveau qu’il est un vocaliste, puisqu’il maîtrise parfaitement cette mélodie presque nostalgique. Le couplet monte en puissance jusqu’à arriver au refrain pop-rock très attendu et très efficace dans son genre. Les quelques éléments d’instrument saturés en deuxième partie de refrain sont intéressants puisqu’ils complexifient le morceau qui n’est plus le titre pop-rock simplet (mais qu’on adore) qui aurait imaginé. On décèle des éléments deep house et jersey club par moments, Stray Kids puisant plusieurs sources.

    Entre ombre et lumière

    Les paroles glorifient le travail des membres en tant qu’artistes puisqu’ils mettent la lumière sur ce “blind spot” cet angle mort que l’on ne voit pas. Si on pourrait aborder avec naïveté les obstacles et la souffrance perçue sur le chemin de tout un chacun, l’écriture du titre dépasse justement cet écueil. Au delà des critiques extérieures, “they only look at the results and success, blinded by our glowing process” (ils ne font que regarder nos résultats et succès, éblouis par notre lumière), c’est surtout leur auto-jugement qu’ils mettent en exergue. Bangchan chante “Show them what you’re made of, your endless night deserve a loud ovation” (montre leur de quoi tu es capable, tes nuits sans fin méritent une forte ovation), phrase en anglais poignante quand on sait qu’il passe ses nuits sur ses productions. En effet, le leader s’est particulièrement exprimé sur les méthodes de travail et les insomnies passées sur des productions et des lyrics, jusqu’à en faire un SKZ PLAYER “Up All Night”

    L’autrice a un coup de cœur pour cette chanson, pas seulement parce que c’est pop-rock et rappelle l’esthétique tumblr, mais aussi pour les paroles intimes sur lesquelles les membres semblent se mettre à nu. Ils ont réussi à évoquer la gloire et les obstacles avec finesse et justesse, car même si le dur labeur et la détresse psychologique les accompagnent, ils n’en sont pas moins fiers de leur progrès : “shining, we are the champions, dying to live for greatness”. La chanson est motivante et triste à la fois, tout en étant “relatable”. 

    Petite side note pour l’incroyable high note et changement de registre vocal de Bangchan sur le bridge, qui part d’une voix de poitrine pour arriver sur une voix de tête.

    4. COMFLEX

    Cette chanson joue sur les mots entre “flex” et “complex” pour créer une toute nouvelle combinaison. Elle commence avec un sample qui imite une alarme avant de commencer par un couplet fort de Changbin et Hyunjin suivis rapidement par la vocal line. La partie instrumentale reprend des éléments du rock mais aussi du hip-hop, en faisant un morceau particulièrement intéressant par ses modulations de rythme. On apprécie un pré-refrain extra mélodieux, puis un refrain rap par Changbin (et Hyunjin sur le deuxième) qui nous proposent un flow plutôt fun et goofy, de quoi dodeliner de la tête. “COMPLEX” est un titre amusant à écouter, avec une structure inattendue. 

    Les paroles insistent sur l’inutilité de cacher ses défauts car c’est justement ce qui rend nos identités complètes et complexes: “embracing all my scars and imperfections” (j’accepte toutes mes cicatrices et imperfections). Tout ce trope de sublimer nos insécurités et de tourner nos faiblesses en forces est utilisé à bon escient pour une chanson qui donne un vrai coup de boost de confiance en soi, “too bright I’m so flashy” (trop brillant, j’éblouis). On note également que I.N et Seungmin se permettent de “don’t give a shit(en avoir rien à foutre), phrase plutôt amusante dans un contexte où les idols de Kpop ne jurent pas dans leurs chansons habituellement. 

    5. 가려줘 – Cover me


    Après la tempête de “COMPLEX” vient le calme de la première balade de l’album : “Cover me”. Composée et écrite par Hyunjin (toujours accompagné de Bangchan), elle est dominée par une mélodie de guitare profonde et triste, représentant à certains égards la solitude. La chanson est un coup de coeur tant chacun des timbres des voix des membres est, à mon sens, tout simplement beau. On ressent complètement les émotions de chacun qui semble alors tout exprimer et tout lâcher. Les enchaînements entre Seungmin et Jeongin sont très satisfaisants tant leurs voix se complètent par leur clarté, parfaite pour ce type de mélodie. On pense aux ad-libs finaux de Seungmin et Bangchan sur “cover me now” qui ne cessent de nous impressionner.

    A noter que cette balade ne contient aucune partie rap et que Changbin et Felix ont l’occasion de montrer leurs voix chantées, qui démontrent une douceur inattendue. Si l’idée de “cover me” est d’inciter une personne aimée à nous envelopper de bienveillance et d’amour (“someone please hug me”, -quelqu’un peut-il me prendre dans ses bras-) leurs voix prennent métaphoriquement ce rôle.   

    Les paroles sont aussi tristes que la mélodie le laissait percevoir, c’est un appel au réconfort suite au désespoir, beaucoup d’images entre l’ombre et la lumière y sont utilisées. Hyunjin (et SKZ) nous offre une belle chanson pleine de vulnérabilité. 

    “Yeah, I tried to hide away from all the sorrow and pain

    But little did I know that I was going insane”

    (Oui j’ai essayé de me cacher du désespoir et de la douleur, 

    mais je ne réalisais pas que je devenais fou)

    6. Leave

    On ne le présente plus, ce morceau a été révélé dans l’Unveil track Sequel de SKZFLIX mais aussi chanté au concert. C’est une balade moins profonde et mélodique que “Cover Me”, où la souffrance et la solitude se font ressentir par d’autres moyens.

    Le nom leave renvoie à la fois au verbe “to leave”, “partir” en anglais, mais aussi aux feuilles d’automne qu’on appelle “leaves”. 

    Ici la guitare est plus pop et rythmique, et les techniques vocales moins dans la puissance et plus dans la retenue, en faisant une chanson douce-amère. Les voix des membres se complètent une nouvelle fois parfaitement, et on apprécie écouter Changbin chanter une partie du refrain, révélant une nouvelle couleur de sa voix, encore peu exploitée dans les titres du groupe. C’est d’ailleurs lui qui a écrit et composé cette chanson, on reconnaît sa patte musicale old-school, plus spécialement dans son couplet de rap très doux et posé, qui contraste avec ceux qu’on lui attribue dans les title tracks et les bangers. Il n’est pas étonnant qu’il veuille donc essayer d’autres choses ! Il nous dit lui même que “Leave” reprend des éléments du genre sud-coréen du trot, qu’il apprécie particulièrement, rappelant ainsi les anciennes ballades de Kpop.

    7. Social Path (version coréenne) et LALALALA (version rock)


    L’album se conclut sur deux titres que nous connaissions déjà, à savoir “Social Path” qui est à l’origine un comeback japonais en featuring avec LiSA. On ne revient plus sur cette chanson écrite par Bangchan qui revient sur sa propre histoire “gave up my youth for my future” (j’ai abandonné ma jeunesse pour mon futur). Si la vie d’idol est un choix et un risque que très peu de gens seraient prêts à prendre, Bangchan (et Stray Kids, et les autres idols par extension) eux l’ont fait. Cette chanson est en quelque sorte un retour d’expérience sur leur vie d’artiste, et particulièrement de jeune artiste, sur un fond de musique rock japonaise comme on l’aime.

    Clôture d’album

    La version rock de “LALALALA” clôt ensuite en beauté l’album en y incorporant d’autres instruments et d’autres éléments plus saturés et plus profonds. On imagine facilement cette version performée en live. 

    Nous concluerons cet article par deux citations bien pensées des membres eux-mêmes:

    Changbin : “Cet album inclut des chansons qui correspondent bien au son puissant qu’on attend de Stray Kids, mais aussi des chansons plus faciles à écouter”. 

    Han : “”ROCK-STAR” me rappelle l’era de God’s Menu, avec de la musique qui montre notre puissance physique et notre forte présence scénique. C’est un album fort”

    Et vous, qu’en avez vous pensé ?

  • BOOKCLUB : 7 fates : Chakho

    BOOKCLUB : 7 fates : Chakho

    7Fates Chakho Vol 1

    Résumé :

    Le portail est ouvert… Le destin de Zeha, orphelin insignifiant, change quand il se retrouve face à un homme mystérieux prétendant connaître ses parents… Trois jours plus tard, il se réveille dans un hôpital, sans aucun souvenir des évènements qui ont suivi mais avec un problème de taille : des Beoms, des êtres assoiffés de sang venus d’un autre monde, massacrent sans pitié les habitants de Shinshi, district par district ! La résistance s’organise et Zeha se forme au combat car une chose est sûre dans ce chaos : il a un rôle crucial à jouer dans la victoire contre les Beoms. Tout comme six autres personnes…

    En 2022, Hybe annonçait une collaboration avec Naver pour la création de webtoons centrés sur les groupes de l’agence. C’est ainsi que Dark Moon : the blood altar est né, inspiré par Enhypen, puis The Star Seeker qui tire son inspiration de TXT. Et si BTS avait déjà eu le droit à ses webcomics (We On : Be The Shield et Hip Hop Monster en 2014 et Save me en 2019), Hybe lance néanmoins 7 fates Chakho, un nouveau titre basé sur le groupe !

    En France, les droits de 7 Fates : Chakho ont été acquis par Hugo Publishing, un éditeur sachant bien s’entourer puisqu’il publie également Lore Olympus, l’un des webtoons les plus lus au monde !

    Paru ce mois-ci, le tome papier de 7 Fates : Chakho regroupe en un tome le prologue ainsi que les six premiers chapitres du webtoon. On y fait la connaissance de trois chasseurs : Zeha (Jungkook), Haru (Jimin) et Do-Geon (RM) qui n’en sont qu’aux prémices de leur mission. En effet, ce volume est avant tout introductif et présente le monde dans lequel les personnages évoluent. L’auteur fait ainsi un choix peu commun mais pourtant judicieux. Le plus souvent, les explications sont délivrées au fur et à mesure du scénario et rendent la compréhension des premiers chapitres compliquée. Ici, grâce au flashback, nous avons toutes les cartes en main pour avancer dans la lecture. 

    De plus, même si ce tome est principalement introductif, il n’en reste pas moins bourré d’action. 7 Fates : Chakho se veut être une histoire d’Urban Fantasy addictive et sans temps mort qui plaira autant aux Army qu’aux amateurs de webtoons.

    En effet, dans le webtoon, BTS n’est jamais mentionné. De même, on n’observe aucune réelle similitude avec les membres du groupe. Heureusement pour les fans, ils pourront compter sur du contenu vidéo et musical pour lier fiction et réalité (Story film, interview ou encore l’OST “Stay Alive” de Suga et Jungkook).

     

    Autre particularité : 7 Fates : Chakho s’inspire du folklore coréen. Lors de la dynastie Joseon, les “chakhogapsa” étaient des officiers qui chassaient le tigre (Beom en coréen, comme le nom donné aux monstres dans le webtoon). La version papier d’Hugo Publishing propose, à la fin du volume, des pages explicatives qui nous donnent des informations supplémentaires pour aller plus loin. Le travail éditorial est vraiment remarquable : la qualité du papier, l’effet mat/brillant de la couverture, le découpage… L’objet livre devient un indispensable à posséder !

    https://www.instagram.com/p/Cy1FxJQqQl7

    En conclusion, le premier tome de 7 Fates : Chakho réussit à susciter la curiosité du lecteur. On a un petit avant-goût de ce qui nous attend, mais comme les chapitres nous plongent dans le passé, on ressent une petite frustration sitôt la dernière page tournée : il nous tarde de découvrir l’ensemble des chasseurs interagir ensemble. Pour cela il nous faudra attendre la sortie du tome 2, prévu pour début 2024 !

  • BOOKCLUB : Mon voeu le plus sincère

    BOOKCLUB : Mon voeu le plus sincère

    Résumé

    Api Cramberry a 20 ans. Elle mène une vie tranquille, partagée entre ses amis et son travail jusqu’à sa rencontre avec un génie. Praince lui offre un seul vœu, mais refuse sa première demande, bien trop banale selon lui. Devant l’indécision d’Api, Praince décide d’aider la jeune fille à trouver son vœu le plus sincère.

    Informations

    Autrice : KIRI

    Parution : 2023

    Langue d’origine : Français

    Plateforme: Webtoon

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    Edition physique disponible en librairie, édité par Kotoon !

    Les personnages

    • Api Cramberry : la jeune femme un peu nerdy qui nous ressemble. Api adore le guacamole. Elle aime les jeux vidéos et s’investit beaucoup dans son webcomic, qu’elle crée avec son amie Yannaelle, en parallèle de son travail à la Fmac. Elle participe au jeu de rôle de son groupe d’amis et est absolument passionnée par Lady Moon, son manga favori et probablement un des piliers de sa vie.
    • Praince (le génie toujours torse nu) : Praince est un génie exauceur et se caractérise lui-même comme « le meilleur d’entre eux ». Il est d’une innocence pure et, même s’il exauce des vœux depuis très longtemps, ne semble pas connaître réellement le monde des humains.
    • Oxlov (le génie ui porte un veston) : Oxlov est un génie contrôleur. Il porte des lunettes de soleil et un ensemble veston-pantalon-cravate turquoise avec une chemise jaune lorsqu’il est sous sa forme humaine. De plus, il est souvent vu en train de fumer une longue pipe.
    • Charles (-pas un génie-): Collègue d’Api, il semble persuadé qu’elle dirige une secte visant à le renverser. D’autre part, il a un comportement plutôt chaotique mais n’en est pas moins un excellent ami.

    Notre avis :

    Après avoir eu la chance d’être invités à la release party de l’édition physique du webtoon, nous sommes ravis d’avoir rencontré Kiri, une autrice aussi rayonnante que talentueuse. Nous évoquons rarement les webtoons français, et pourtant il existe beaucoup d’artistes qui mériteraient d’être mis en avant. Pour en découvrir certains on vous invite à aller voir chez EventoonFR, un collectif d’auteur.ice.s français.e.s dont Kiri fait partie. Chacun.e a une personnalité et une identité forte qu’on apprécie particulièrement par leur humanité et leur légèreté.

    Le Ton

    L’humour et l’empathie de Kiri se ressent particulièrement au travers de ce webtoon. Sa plûme ne nous laisse pas indifférents puisque dès le début de l’histoire on a envie de rire et de devenir ami.e avec la protagoniste Api Cramberry. Elle nous ressemble par sa maladresse, par ses passions et références pop culture et par son amour pour l’avocat (en fait elle ressemble à Kiri si on regarde bien). Le fait de créer un personnage principal relatable (à laquelle on peut s’identifier) rend la lecture fluide et agréable, on se surprend même à glousser à haute voix. Les relations entre l’héroine et les génies mais aussi entre les génies entre eux sont toutes travaillées et chacun a sa dynamique. On sent la pâte de Kiri qui prend grand soin à créer des dynamiques, plus ou moins chaotiques, entre les ships.

    En clair, l’univers du RPG et des fanfics semble bien proches de celui du webtoon sur beaucoup d’égards.

    Les graphismes

    Nous avons lu le volume 1 sur papier et la colorimétrie est très appréciable. On note beaucoup de tons bleus, jaunes et orangés, le tout dans une certaine douceur. Celle-ci accompagne parfaitement l’humour et la légèreté des dialogues entre les personnages. On aime les grosses pupilles de Api et les lunettes de Praince, Kiri sait rendre quelques éléments de son webtoon assez iconiques pour en faire une marque de fabrique. On aurait presque envie de dire que ça nous rappelle les designs de Lou, justement pour les attributs physiques de chaque personnages (les lunettes, les cheveux), mais aussi pour le choix des couleurs.

    Verdict

    On est acccros à Kiri et on a envie de plonger dans son univers encore plus profondément <3

  • JUKEBOX : WayV gagne en maturité par leur renaissance dans On My Youth !

    JUKEBOX : WayV gagne en maturité par leur renaissance dans On My Youth !

    WayV sont connus pour leur authenticité musicale et leur identité visuelle très marquée assez sombre. Ainsi, ce qui frappe au premier abord c’est le visuel choisi pour ce comeback : Après s’être essayés à des styles visuels futuristes dans « Turn back Time« , post apocalyptiques dans « Moonwalk » ou encore même vampirique dans « Phantom« , c’est dans un univers bien plus sobre que le groupe se présente cette fois-ci.

    Les wayzennis (vous me permettrez d’utiliser notre nom officiel au moins une fois, weishennies) attendaient avec impatience ce projet et il semble que le groupe l’attendait avec plus de hâte encore comme le suggère leur déclarations lors de fancalls, à l’occasion de concerts, apparitions télévisés et même leurs posts sur les réseaux sociaux.

    Cette entrée en matière basée sur les dires des membres eux-mêmes fait grimper les attentes alors découvrons sans plus tarder l’album ensemble !

    On My Youth (遗憾效应)

    Au vu des réactions face au teaser vidéo et des suppositions de fans tirés de témoignages arrachés à la sortie des pré-enregistrements, il est clair que le MV était très attendu. Dans une interview donnée à Clash Music Xiaojun a d’ailleurs confié qu’il avait pris à cœur la partie d’acting qui lui a été demandée dans le MV, véritable petit court métrage. Tous les membres y évoquent d’ailleurs fièrement cette nouvelle chanson comme un challenge et comme un contrepied à ce que le groupe a présenté jusqu’à présent. Dans une autre interview pour USA Today, Ten révélait que les looks des membres dans ce dernier comeback était plus sobres pour « se représenter en premier lieu eux avant même leur apparence. »

    Il est clair que de toutes leurs apparitions et prises de paroles sur ce morceau une ligne directrice se dégage dans ce qu’ils ont cherché à transmettre au travers de ce titre. Il s’agit de se représenter tels qu’ils sont, c’est à dire grandis, forts de leur expériences et erreurs passés, authentiques et dotés d’imperfections.

    On comprend vite en quoi la chanson a été un challenge à l’écoute du refrain : il est assez excentrique et inhabituel mais on fini par s’en accommoder après quelques écoutes.

    L’instrumentale est également particulière et riche et accompagne étonnamment bien le morceau en y apportant cette petite touche émo déjà très présente dans l’esthétique.

    Les passages de rap sont sûrement les meilleurs de ce que WayV a pu nous offrir jusqu’à présent, la performance vocale est toujours impressionnante (un bridge pareil ça ne s’oublie pas) et la danse est satisfaisante à observer.

    Visuellement, on sent le soin apporté au détail dans ce MV et c’est appréciable de voir des moyens mis à la disposition de cette unit.

    Nul doute que cette title ne sera pas au goût de tous mais que ce soit en re-regardant le MV ou les performances très prometteuses que le groupe nous a déjà offertes pour ce début de promotion, on vous invite vivement à laisser une chance au morceau.

    Le son est audacieux et significatif et fait une parfaite entrée en matière pour la suite de l’album.

    Poppin’ Love (心动预告)

    Les fans ont pu découvrir ce morceau avec un peu d’avance avec une ‘ »track video » sortie le 28 octobre suivant bien l’ambiance du morceau avec ce côté un peu dramatique très boyband des années 2000.

    Le décor et les tenues sont très simples mais efficaces et le camera work excellent ainsi que la chorégraphie qui reste en tête dès le premier visionnage suffisent à en faire un morceau avec un grand potentiel de popularité auprès des fans comme des non fans.

    La mélodie de la chanson est catchy et ponctuée de phrases en anglais faciles à retenir et qu’on se surprend très vite à fredonner. On note aussi une répartition des lignes qui permet à tous les membres d’avoir un moment mémorable (du moins dans la track video) ce qui est très appréciable.

    Ain’t No Thang

    Dans une ambiance dance-pop assez funky ce son a également un coté rétro amplifié par des sonorités modifiées. Le son ressemble au type de proposition qu’on retrouve dans les b-sides d’une autre unit (NCT 127).

    Le morceau apparaît comme une occasion pour WayV de s’essayer à de nouveaux styles qu’ils ont encore peu explorés dans leurs précédents projets. Le son est fun et bouncy et laisse la part belle aux rappeurs du groupe qui la rend d’autant plus intéressante. Mention spéciale pour les high-notes qui donnent des frissons.

    No One But You

    WayV sont très appréciés pour leurs voix et logiquement pour leurs excellentes balades. Un extrait de cette chanson est d’ailleurs sorti en avance à l’occasion de la sortie anticipée d’une « track video » le 19 octobre.

    Cette balade accompagnée à la guitare acoustique a quelque chose de réconfortant et de romantique. Elle évoque des souvenirs heureux et les voix des membres traduisent parfaitement cette tendresse.

    Pour les jours froids qui arrivent, ce morceau chaleureux semble idéal pour se blottir dans un plaid et révasser.

    INVINCIBLE (极限)

    Dans cette chanson aux sonorités synthétiques et répétitives à l’ambiance joyeuse, WayV nous embarque dans un hymne positif et encourageant à écouter pour être de bonne humeur. On notera que le son est presque plus en anglais qu’en chinois pour que son message puisse être facilement compris par tous les fans.

    Cette chanson résonne avec l’expérience du groupe, les paroles « I know we gonna fly to the moon » en sont une bonne illustration. Les témoignages du groupe sur la volonté d’aborder ce comeback comme un nouveau départ prends tout son sens.

    Tout comme plus haut, ce morceau à eu droit à une sortie anticipée sous la forme d’une « track video« .

    RODEO (冒险行动)

    Ce son a la particularité de mettre à l’honneur les rappeurs du groupe : Yangyang, Hendery et Winwin. Avec une base instrumentale forte et des couplets solides cimentés par un refrain fracassant, c’est une première pour cette unit qui semble avoir tiré beaucoup d’expérience de leurs précédents essais au sein des unit spéciales de NCT 2020, 2021 et 2023.

    C’est un plaisir d’avoir la possibilité d’entendre plus des voix que l’on a pas toujours l’occasion d’entendre dans les sons de WayV telle que celle de Winwin mais aussi de pouvoir réaliser les progrès des désormais très bons Yangyang et Hendery. Le morceau a la vibe de ces sons utilisés pour les édits ; il ne laisse pas indifférent.

    Moonlight (新月)

    Dès les premières notes on reconnaît dans ce son une référence évidente à « Moonwalk« , chanson titre iconique du groupe. L’instrumentale familière persiste plus subtilement tout au long du morceau pour former cette toute nouvelle chanson.

    Le morceau se veut entraînant mais chill et toujours supporté par une prestation vocale précise, parfois presque sans accompagnement musical pour nous laisser apprécier et mettre encore plus en valeur les voix des membres.

    La chanson a ce côté théâtral qu’on retrouve souvent chez WayV jumelée à un esprit RnB qui lui aussi est une composante récurrente de la musique du groupe.

    (心之所向) Lighthouse

    Dans cette lente ballade au piano sont cette fois mis en valeur les vocalistes de WayV : Xiaojun, Kun et Ten. La voix de Xiaojun est selon l’humble avis de votre autrice l’une des meilleures (si ce n’est la plus jolie) voix de NCT au complet et ce morceau en est la preuve.

    On retrouve donc dans ce morceau le vocaliste harmonisant avec la merveilleuse voix de Kun et Ten sur un accompagnement instrumental élégant. Les trois chanteurs nous transportent au gré de leur complainte amoureuse dans un morceau délicat et techniquement excellent dont la beauté pourrait toucher universellement n’importe quel auditeur.

    Ce genre de morceau est souvent boudé par les fans à tort car il s’agit souvent des morceaux les plus réussis, on encourage vivement à l’écouter.

    Be Alright (未来电台)

    Cette chanson est très significative et il est donc difficile d’en parler sans adopter un point de vue de fan. En effet, ce morceau a été coécrit par Kun à l’attention des weishennies. Si le titre parle de lui même, Kun a fait savoir qu’il a écrit ce morceau lors d’une période ou tout les membres avaient des activités séparément à l’étranger mais que le groupe en tant que tel recevait toujours l’amour et l’enthousiasme de leurs fans alors même qu’ils étaient inactifs.

    WayV ont passé une période compliquée d’inactivité forcée avant l’année dernière et se qualifient souvent de « groupe malchanceux » en en reparlant : il n’était pas rare de voir les membres communiquer sur leur gratitude envers l’amour et l’inquiétude des weishennies mais aussi sur leur désir de retourner sur scène.

    Cette période les a non seulement rapprochés les uns des autres mais également des fans et c’est ce dont il est question dans cette ballade émotionnelle dont on vous encourage à aller voir les paroles.

    C’est une chanson très mignonne et touchante pour laquelle votre autrice ne pourra pas avoir un point de vue très objectif.

    On My Youth – English Vers

    Si la signification des paroles a peu été évoquée pour la version chinoise, profitons de la version anglaise pour en parler plus en détail et de manière plus parlante. La chanson est une ballade douce-amère qui évoque le regret amoureux des relations de jeunesse.

    Dans la version chinoise, il est question plus globalement de toutes les erreurs de jeunesse qui nous façonnent et font de nous qui nous sommes. WayV ont souvent des versions anglaises pour leurs titres qui sont toujours de bonnes adaptations : la plus célèbre étant bien évidemment « Love Talk » mais on peut citer « Bad Alive » ou plus récemment « Phantom« . Le son « Miracle » est d’ailleurs intégralement en anglais.

    Cette attention de sortir automatiquement une version en anglaise semble assez logique au vu du profil multiculturel du groupe mais constitue une réelle plus value en rendant leur musique plus accessible. En effet, WayV ont déjà la particularité d’être une unité d’un groupe de Kpop chantant en chinois, langue souvent moins familière pour les fans.

    Ce choix nous permet une nouvelle fois de profiter d’une version que l’on pourra tous chanter à plein poumons. Qui sait, lors d’une future date du groupe en France qui avait semblé tant apprécié le public français en juin dernier !

    Le Groupe nous a d’ailleurs fait le cadeau d’une performance video pour ce titre peu après le comeback ce 9 novembre, de quoi apprécier d’autant plus cette version !

    Conclusion :

    Les membres sont extrêmement fiers de cet album et en l’écoutant dans son ensemble on comprend pourquoi. Le groupe apparaît plus vulnérable et émotif dans cet album qu’il a réussi à rendre très personnel. Cet album semble être une véritable rédemption et, en reprenant les mots de Yangyang,  »une renaissance » sans pour autant faire table rase de leur expérience en ce qu’on entend la maturité du groupe infusée dans les différents morceaux.

    Dans une des interviews précitées, Xiaojun confie qu’en tant que fanboy lui même, il est toujours fier de parler de ses inspirations et chanteurs préférés et que WayV travaille dur afin d’être un groupe que les weishennies seront toujours fiers de citer parmi leurs favoris.

    Cet album est donc, en plus d’un témoignage de leur parcours jusqu’à présent et de leur personnalité, une lettre d’amour pour leurs fans.

    Les membres évoquent souvent les liens entre eux qui, avec les difficultés qu’ils ont traversés, ont fini par s’épaissir au point de se considérer comme une famille. Cet album est l’occasion pour le groupe d’enfin exprimer leur affection et leur reconnaissance envers leur fandom.

    Un très joli album donc, qu’on vous conseille vivement d’écouter dans son intégralité.

  • CINECLUB : Festival du Film Coréen à Paris 2023 : des films événements et beaucoup de surprises

    CINECLUB : Festival du Film Coréen à Paris 2023 : des films événements et beaucoup de surprises

    Après avoir échangé avec David Tredler, le chef de la programmation du Festival du Film Coréen, dans cet article, il était temps pour la rédaction de dear. korea de se rendre en personne dans l’une des deux salles du Publicis Cinémas. Cela fait toujours chaud au cœur de voir autant de personnes se presser devant l’entrée, formant de longues files d’attente qui impressionnent les touristes, pour venir découvrir des films coréens inédits !

    Les plus grands succès du cinéma coréen

    La section “événements” du festival, la plus impressionnante, “propose de découvrir les films grand public les plus récents du cinéma coréen, ceux qui ont caracolé en tête du box-office récemment”. Nous avons pu y découvrir la comédie romantique Honeysweet.

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    Honeysweet  달짝지근해: 7510 de Lee Han – 2023 – 1h58

    SYNOPSIS : Chi-ho mène une vie réglée comme du papier à musique. Il se lève, va travailler dans l’entreprise de fabrication de gâteaux qui l’emploie, puis rentre regarder la télé chez lui. Toujours seul. Sa rencontre avec Il-young, mère célibataire enjouée, va bouleverser ses habitudes… et son cœur.

    → L’avis de la rédac : Cette comédie romantique a su générer beaucoup de rires dans la salle, visiblement conquise par la proposition. Si le jeu des acteurs et les personnages y sont particulièrement attachants, le scénario en revanche laisse à désirer par son incohérence et ses rebondissements qui s’essoufflent dans le dernier tiers. On a du mal à croire à cette histoire d’amour contrariée par un monde peu tolérant. Dommage. 

    Une avant-première intrigante

    L’occasion dans cette section de voir des films qui sortiront bientôt en France, au cinéma ou en VOD. Nous avons pu découvrir Concrete Utopia, film catastrophe impressionnant avec le fameux Lee Byung-hun en vedette. 

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    Concrete Utopia 콘크리트 유토피아 de Um Tae-hwa – 2023 – 2h18

    SYNOPSIS : Séoul a été détruite par un gigantesque tremblement de terre. La ville est en ruines. Seul un immeuble tient encore miraculeusement debout, intact. Ses habitants s’organisent pour survivre et résister aux menaces extérieures…

    → L’avis de la rédac : Dans Concrete Utopia, le réalisateur Um Taehwa nous présente une vision sombre de l’humanité, dans un film catastrophe rempli de tension mais peu novateur pour le genre. On entrevoit la possibilité d’un commentaire intéressant sur la société coréenne, son rapport à l’argent et à la réussite sociale symbolisée par ces grands complexes immobiliers, mais le film passe malheureusement à côté de l’aspect politique de son sujet.

    Lee Byung-hun joue un personnage aussi intéressant que terrifiant, qui questionne sur la notion d’appartenance à une communauté. Il est accompagné de Park Seo-joon et Park Bo-young, qui jouent un jeune couple attachant, divisé par l’attitude à adopter face à la catastrophe. Finalement, Concrete Utopia nous livre une version assez convenue du film catastrophe post-apocalyptique et du destin des survivants, avec une analyse intéressante mais très sombre de l’espèce humaine en temps de crise.

    Lim Oh-jeong, réalisatrice invitée 

    Lim Oh-jeong est une jeune réalisatrice qui a 4 court-métrages et un long métrage à son actif. Elle explore de nombreuses thématiques ayant trait à la vie des femmes coréennes, et a à cœur de mettre en avant des personnages féminins complexes. Le festival a choisi de présenter une intégrale de son œuvre, et nous avons pu découvrir dans ce cadre son film Hail to Hell

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    Hail to Hell 지옥만세, de Lim Ho-jeong – 2022 – 1h49

    SYNOPSIS : Na-mi et Sun-woo ont passé leur scolarité à être harcelées. Liées par un pacte suicidaire et prêtes à en finir, elles découvrent que leur tourmenteuse en chef, Chae-lin, étudie désormais à Séoul et s’apprête à partir vivre à l’étranger, heureuse. Poussées par la colère, elles se mettent à sa recherche, assoiffées de vengeance. Mais ce que les deux adolescentes vont trouver dans leur quête est loin d’être ce à quoi elles s’attendaient…

    L’avis de la rédac → Porté par un duo d’actrices attachantes, ce premier long métrage est surprenant de bout en bout. Le sujet est lourd et on pourrait craindre une atmosphère plombante, mais la mise en scène trouve toujours un peu de légèreté et de beauté à montrer, notamment au travers du jeu des actrices tout en délicatesse. La variété des thématiques abordée impressionne et propose un regard singulier sur la société coréenne contemporaine. Les notions de pardon, de rédemption, d’influence et d’emprise sont abordées avec un angle original et astucieux. Un coup de cœur à voir !

    La réalisatrice, lors du Q&A qui a suivi la séance, a détaillé son envie de faire des films forts avec des personnages féminins mis en avant. Très heureuse de présenter son film en France, la réalisatrice affirme que c’était “son rêve de pouvoir présenter un de ses films à Paris”. Elle a pu discuter de son rapport à la religion, de sa vision pessimiste des sociétés hiérarchiques et des structures rigides. Le sujet du harcèlement est depuis quelques années au cœur des préoccupations de la société coréenne, et elle tenait à proposer une vision qui va au-delà de la simple notion de vengeance. Passionnant !

    Court-métrages à l’honneur dans la section Shortcuts

    On vous en parlait ici, la séance Strangecuts, qui présentait des courts métrages horrifiques et/ou fantastiques, ne nous a pas laissé indifférentes. La séance numéro 3 présentait quant à elle des courts métrages en live action ou en animation qui parlent de facettes différentes de la société coréenne contemporaine. De la notion du punk aujourd’hui aux réseaux sociaux, en passant par la solitude et la consommation d’alcool, un court métrage en particulier a retenu notre attention. 

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    How to get your man pregnant – 안 할 이유 없는 임신, de Noh Gyeongmu – 2023

    SYNOPSIS : Dans un futur proche où la grossesse masculine devient une possibilité, Jeonghwan et Yujin décident de franchir le cap. Mais… Les hommes sont-ils réellement prêts à supporter une telle procédure ? 

    L’avis de la rédac → Avec un style d’animation presque enfantin, ce court-métrage aborde pourtant des thématiques bien adultes et très pertinentes. Dans une société coréenne à la natalité en berne, la possibilité de rendre les hommes enceints peut être une voie de salut. Le parcours de ce couple est abordé avec humour mais aussi une grande bienveillance pour les personnages et leurs différents points de vue. Les pressions sociales qui s’exercent sur les femmes coréennes sont d’autant mieux mises en avant dans des séquences absurdes et poétiques. Accessible et fun, ce court-métrage s’est largement démarqué lors de la séance et mériterait une grande diffusion !

    Verdict 

    Comme toujours, le FFCP a montré la qualité de son équipe de programmation en nous proposant de découvrir ces œuvres diverses, aux thématiques et aux couleurs variées. Cela aura été l’occasion pour nous de visionner des films inédits en France et de découvrir de nouveaux réalisateurs et réalisatrices à suivre. 

    On a définitivement hâte de retrouver le Festival l’année prochaine ! En attendant, pour découvrir notre avis sur les films de la section “Paysage”, c’est juste ici.

    Merci au Festival du Film Coréen à Paris pour son invitation

  • CINECLUB : Festival du Film Coréen à Paris 2023 : un panorama passionnant du cinéma coréen dans la section “Paysage”

    CINECLUB : Festival du Film Coréen à Paris 2023 : un panorama passionnant du cinéma coréen dans la section “Paysage”

    Cette section est la plus importante du Festival du Film Coréen et présente en 11 films un panorama varié de tout ce que le cinéma coréen contemporain peut offrir, parmi les films sortis durant l’année précédente. Elle a notamment le mérite de se focaliser sur des productions indépendantes et intimistes, qui ne nous seraient pas parvenues en France autrement. Nous avons pu assister aux projections de 4 de ces films, et nous vous donnons sans attendre nos avis sur ces productions !

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    Peafowl 공작새 de Byun Sung-bin – 2022 – 1h54

    SYNOPSIS : Myung est une danseuse de waacking courant les concours, en quête de l’argent qui lui manque pour finaliser sa transition. Mais son père, qu’elle n’avait pas vu depuis des années, décède subitement. Elle se rend à ses funérailles dans son village natal et affronte une famille conservatrice qui ne tolère pas la présence de cette femme transgenre. Quand un ami lui demande de participer à la cérémonie qui conclut les obsèques afin qu’elle touche l’héritage, elle décide de rester. 

    → L’avis de la rédac : Avec Peafowl, Byun Sung-bin signe un premier long-métrage émouvant et percutant autour d’une femme transgenre et de son douloureux retour aux origines. La thématique de la transidentité est traitée avec beaucoup d’humanité et de douceur, et on trouve en Myung un personnage fort et attachant, qui refuse de se compromettre et d’être autre chose que ce qu’elle est. Ses relations avec sa famille sont tantôt douloureuses, tantôt touchantes (notamment le lien qu’elle tisse avec son cousin adolescent), et le film réussit à être plein d’espoir sans tomber dans la naïveté. 

    Byun Sung-Bin fait un parallèle entre le waacking (forme de danse que pratique Myung, née dans les clubs gays des Etats-Unis dans les années 70) et les rites ancestraux coréens pour en faire une métaphore d’une certaine continuité entre tradition et modernité. Malgré un petit budget, les couleurs et le soin accordé à la mise en scène subliment le propos, et on ressort de Peafowl ému et heureux d’avoir découvert ce petit bijou. C’est un vrai coup de cœur pour notre équipe, que l’on ne peut que chaudement vous recommander ! Le public du festival semble d’ailleurs être de notre avis puisque le film a obtenu le Prix du Public de la section Paysage.

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    Swallow 제비 de Leesong Hee-il – 2022 – 2h18

    SYNOPSIS : Ho-yeon apprend que sa mère, Eun-sook, écrivaine en pleine séparation, a disparu. Pour percer ce mystère, il se plonge dans son dernier livre, Jebi, dans lequel elle relate son passé d’étudiante militante pro-démocratie dans les années 80, sous le régime militaire de CHUN Doo-hwan. Cette femme, finalement, Ho-yeon ne la connaît pas. 

    → L’avis de la rédac : Si le synopsis promettait un film politique, historique et intime à la fois, seul le dernier aspect est réellement développé dans le film. Long et poussif, le long métrage aurait gagné à être plus incisif, pour raconter cette histoire touchante et pleine de mystère. Les personnages sont tous un peu hermétiques et difficiles à apprécier, ce qui n’aurait pas été un problème si le rythme du film avait été mieux maîtrisé. 

    La réalisation est sans éclat ; restent heureusement de belles performances d’acteurs et une histoire d’amour poignante. Ce n’est pas le meilleur film pour découvrir l’histoire de la Corée du Sud, mais ce film pourra vous plaire si vous appréciez les histoires de famille et les thrillers mystérieux.

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    Unidentified 미확인 de Jude Chun – 2022 – 1h20

    SYNOPSIS : En 1993, d’immenses ovnis en forme de sphères sont arrivés de l’espace et se sont positionnés au-dessus des grandes villes du monde entier, Séoul, Paris, Istanbul, Rio… Les êtres humains ont alors cru que la fin du monde était proche. Mais vingt-neuf ans plus tard, les sphères sont toujours là, flottant silencieusement dans le ciel, et la vie continue.

    → L’avis de la rédac : Premier long métrage également, film aux moyens limités, ce film a tout pour dérouter avec sa succession de saynètes sans liens apparents entre eux – du moins, au premier abord. Presque expérimental par ses longs moments muets de contemplation, ou sa longue scène de danse, le film multiplie les formats, les acteurs et les genres pour proposer un portrait singulier d’une société bouleversée par des ovnis. Sa durée assez courte ne lui permet cependant pas de développer ses idées, et il en reste une sensation d’inachevé, et d’être resté sur le côté. 

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    Killing Romance 킬링 로맨스 de LEE Won-suk – 2023 – 1h47

    SYNOPSIS : HWANG Yeo-rae, actrice populaire dont les talents sont parfois moqués, quitte le métier quand elle épouse le milliardaire Jonathan NA. Beom-woo, un fan qui habite juste en face de chez eux, devient le témoin privilégié de ce mariage toxique. Quand Yeo-rae désire retrouver les plateaux de cinéma et que son époux s’y oppose, elle voit en Beom-woo son meilleur allié. Entre eux, un pacte est signé.

    → L’avis de la rédac : Killing Romance est une proposition atypique et hilarante, mais dont on peine parfois à savoir où elle veut nous emmener. La première moitié de cette comédie sombre est parfaitement maîtrisée, avec un humour qui fonctionne très bien et des acteurs géniaux, notamment une Lee Ha-nee au sens du timing parfait et un Lee Sun-kyun aussi caricatural que terrifiant. 

    Le film propose une nouvelle version hilarante du célèbre titre “Rainism” de Rain et réussit à nous faire rire sans perdre de vue la thématique de la relation toxique. On regrette une deuxième moitié moins efficace, durant laquelle le film se perd un peu, perdant du même coup son spectateur. Malgré tout, ce petit ovni reste une proposition intéressante, au style clairement inspiré de Wes Anderson, et dont on apprécie le caractère original et novateur.

    Verdict

    Cette section “Paysage” 2023 aura ainsi été pleine de surprises et de propositions intéressantes, mêmesi certaines étaient plus convaincantes que d’autres. C’est toujours un plaisir de découvrir davantage la diversité du cinéma coréen, et la qualité de la programmation du festival nous fait regretter de n’avoir pu assister à plus de projections. 

    Nous espérons en tout cas que cet article vous aura donné envie de voir certains de ces films, et nous vous invitons à garder l’œil ouvert pour une éventuelle distribution en France (y compris ceux que ne mentionnent pas cet article) !

    Et comme le FFCP, c’est bien plus que la sélection Paysage, nous vous invitons à découvrir notre avis sur les autres sections du festival ici !

    Merci au Festival du Film Coréen à Paris pour son invitation

  • JUKEBOX : Heejin explore les secrets de son algorithme

    JUKEBOX : Heejin explore les secrets de son algorithme

    Après ODD EYE CIRCLE, Loossemble et CHUU, c’est au tour de Heejin de revenir sur la scène musicale avec son EP intitulé K

    Heejin est la toute première membre de LOONA a avoir été dévoilée au public. Son début, « Vivid », a d’ailleurs été l’une des pires ventes de l’année 2016. On ne peut donc qu’admirer la persistance et l’évolution de cette artiste qui a tout d’une grande. 

    En plus d’être une all rounder, elle s’est véritablement fait connaître lors de l’émission MixNine organisée par YG Entertainment dans le but de former un groupe composé d’idols et trainees de différentes agences. Étant l’une des participantes les plus populaires, elle a terminé dans le Top9 final et aurait pu débuter une nouvelle fois sous YG Entertainment dans le cadre de ce groupe temporaire. C’était sans compter sur l’annulation des deux groupes par l’agence pour diverses raisons. 

    Heejin est une chanteuse, une rappeuse, une danseuse et une leader hors pair. Nous attendons donc beaucoup de ce mini-album, K.

    POURQUOI K

    On pourrait analyser l’utilisation de la simple lettre K en la ramenant à la table périodique des éléments. K est le symbole du potassium, un élément volatile que l’on utilise dans le « rapport K/U ». 

    U est le symbole de l’uranium, et il s’agit d’un élément réfractaire. Le rapport K/U permet donc de mesurer la présence d’éléments volatils sur les différentes planètes. On l’utilise également pour expliquer l’évolution du système planétaire et l’origine de notre lune.

    Or, on peut trouver de grandes quantités de potassium lors de l’explosion d’une supernova,: une étoile devenue trop puissante. 

    K est ainsi une référence à LOONA pour son rapport avec la lune, mais également un hommage à Heejin qui est une véritable star qui mérite de briller sur scène. 

    Néanmoins, il ne s’agit que d’une interprétation personnelle, puisque Heejin déclare dans une conférence de presse : 

    J’ai choisi K comme titre de mon album solo car « K » est la lettre qui représente la Corée. Tout comme la K-pop, la K-food et d’autres catégories portant la désignation « K », le titre de l’album inclut mon ambition de représenter la K-pop et la Corée. 

    Heejin

    KEHWA

    K débute avec l’introduction « Kehwa », une instrumentale portée par des vocals très légers, majoritairement des onomatopées. Le début du titre est féérique, rappelant des souvenirs d’enfance tels que des dessins animés ou encore des attractions dans de célèbres parcs à thème. On y retrouve un synthétiseur assez doux, qui rappelle presque un xylophone, et le tout produit comme des bulles dans les oreilles. 

    Puis, la chanson évolue pour devenir bien plus énergique dans lequel on retrouve plus de batterie et des percussions marquant le rythme avant de s’achever sur un retour de cette texture féérique semblable au courant de l’eau. On semble presque entendre « right now », comme si Heejin ouvrait réellement cette nouvelle ère. 

    « Kehwa », le titre du morceau d’introduction, signifie « fleurir » en coréen. « Kehwa » décrit le mieux ma situation actuelle.

    Heejin

    ALGORITHM

    L’instrumentale débute immédiatement avec un synthétiseur et un sample qui rappelle les débuts de la sous-unité 1 / 3 de LOONA. On y retrouve également une basse assez groovy, suivant la tendance du moment dans la K-pop et l’utilisation de petites percussions qui rappellent le battement que l’on pourrait faire avec une baguette sur un petit objet en métal. 

    Le refrain peine à se démarquer des couplets avant le bridge qui crée enfin un véritable contraste. La mélodie est presque similaire, et l’instrumentale ne connaît pas de changement substantiel avant de passer aux « nanana ».  

    La voix de Heejin ressort pourtant assez bien dans cette chanson, avec une légèreté et une douceur bienvenues. Le bridge met en avant les capacités vocales de l’artiste, notamment avec sa high note

    Votre autrice déplore l’utilisation d’une répétition de l’onomatopée « na » qui commence à se faire lassante dans les productions de ModHaus. On retrouve ce genre de boucle vocale dans diverses chansons de tripleS tout comme chez ODD EYE CIRCLE. 

    Néanmoins, nous applaudissons la participation de Heejin à l’écriture des paroles, qui représentent certainement ses sentiments et sa situation actuelle. Lorsqu’elle se noie dans la musique conseillée par son « algorithm », elle se reconnaît dans les paroles de ce qu’elle écoute, et elle se sent réconfortée. Ainsi, elle laisse tomber son téléphone, qui représente un médium d’obsession et d’addiction. Avec les réseaux sociaux et cette lubie que nous avons aujourd’hui avec les algorithmes, nous pouvons parfois passer à côté de la « vraie vie ». 

    « Sad love song, sad but time is up

    The music coming up on algorithm

    All sound like my stories

    Hide my tears and turn off my phone »

    Le M/V met en valeur Heejin visuellement, la représentant comme une personne noble lors de l’époque de la royauté, avec pourtant l’anachronisme de la technologie et des réseaux sociaux. On peut y apercevoir les autres membres d’ARTMS, alors que l’ambiance change du tout au tout pour montrer Heejin dans des contextes plus modernes. 

    L’artiste est ensuite encouragée par Haseul avant de passer une audition, concept que l’on retrouve chez tripleS mais aussi chez Loossemble ! Pas vraiment de LOONAVERSE cette fois-ci, mais on apprécie tout de même la réalisation du clip. 

    SAD GIRLS CLUB

    Le mini-album s’enchaîne avec « Sad Girls Club », une chanson avec une guitare douce mais forte présente dans la mélodie inspirée du R&B. On y retrouve également du piano lors du bridge, alors qu’une transition se fait pour le dernier refrain pour laquelle Heejin est accompagnée d’harmonies vocales qui viennent donner de la texture et de la profondeur au titre. 

    On semble comprendre des paroles que la protagoniste est accompagnée par un « sad girls club », un groupe avec qui elle partage ses rêves. Ce dernier est toujours là pour elle, de la même manière que Heejin est toujours présente pour son club. 

    Ses membressont des femmesfaites pour briller ensemble, mais malgré cette sororité, ces personnes traversent des périodes difficiles. Elles peuvent pourtant les surmonter – elles doivent les surmonter, en réalité, puisqu’elles sont faites pour cette vie d’artiste. 

    Peut-on voir une petite réponse à tripleS et son « mad money club »

    VIDEO GAME

    Heejin invite ses auditeurs à venir jouer à des « Video Game » avec elle toute la nuit, jusqu’à ce que chacun soit épuisé. Dans ce monde virtuel, chacun peut se retrouver malgré la distance, et cela ressemble presque à des vacances. 

    Heejin explique lors d’une conférence de presse pour présenter son album que « Video Game » est inspirée du film « Les Mondes De Ralph », qui suit le méchant d’un jeu vidéo qui désire être aussi apprécié que le héros. Elle a d’ailleurs participé à l’écriture des paroles. 

    Le titre est énergique et plein de sons électro, sans pour autant tomber dans des clichés de musiques de jeux vidéo. La mélodie est espiègle et upbeat, et toutes les parties composant la chanson possèdent leurs propres charmes. 

    Heejin impressionne encore une fois avec des high notes à la fin de la chanson, alors que l’on retrouve une conclusion teintée d’autotune, rappelant facilement certains titres d’Ariana Grande. 

    NOKIA

    Avec « Nokia », on retrouve une guitare sèche pour une chanson presque acoustique, ou tout du moins dénuée de sur-production, qui serait très adaptée pour uneOST dans un drama. 

    Encore une fois, on retrouve Heejin àl’écriture des paroles, aux côtés de Park SoHyun de tripleS. La membre d’ARTMS explique que les paroles font allusion au fait de se sentir comme un vieux téléphone Nokia, délaissé après une rupture. 

    Tout comme ces téléphones rudimentaires que nous utilisions aux débuts de la téléphonie mobile, les souvenirs s’estompent petit à petit, et pourtant la protagoniste de la chanson se retrouve tout de même attachée à certains de ces souvenirs. 

    Sa sonnerie, l’odeur de l’être aimé, la neige … Tout ramène l’héroïne de cette chanson vers la personne qui lui mentait. Malgré ces mensonges, elle veut la retrouver, quitte à se faire avoir à nouveau.

    Les vocals de Heejin lors de la conclusion de la chanson sont impressionnants, notamment ces « ooh-ooh » dans un registre assez aigu. Ses high notes restent époustouflantes, et donne une personnalité à cette chanson assez simple. 

    ADDICTION

    L’album se clôt avec « Addiction », une chanson rythmée et au tempo plus rapide. On y retrouve le son de LOONA de manière plus sophistiquée et travaillée, mais qui rappelle tout de même certaines B-sides du groupe originel. Les samples utilisés ont été judicieusement choisis et viennent redonner de l’énergie après « Nokia ». 

    Les vocals de Heejin sont espiègles et alternent entre plusieurs registres, prouvant que l’artiste est très versatile. Cette gradation dans la chanson lors du refrain (« You give me butterflies / Butterflies, butterflies ») est très belle et prenante. La conclusion de la chanson (« My, my addiction ») rythme encore un peu plus le tout, portée par des harmonies et cette dernière high note. 

    J’ai écrit les paroles de « Addiction » alors que je prenais un midnight snack, à 2 heures du matin. J’ai fini par manger des nouilles et je me suis demandé si j’étais accro aux nouilles ; c’est ainsi que les paroles sont nées. Je n’avais vraiment pas l’intention de révéler cela, car je craignais que cela gâche l’immersion des auditeurs dans la chanson. 

    Heejin

    La manière qu’à Heejin de rendre un sujet aussi banalque de manger des ramens au milieu de la nuit en chanson qui pourrait passer pour une déclaration d’amour est à saluer. Loin de gâcher l’immersion, cela explique cette légèreté dans les paroles et crée une ambiance encore un peu plus espiègle. 

    ALORS … HEEJIN SERA-T-ELLE DANS LES ALGORITHMES ? 

    La longévité de « Algorithm » est à prouver, bien qu’après quelques écoutes, la chanson devienne de plus en plus agréable. Néanmoins, il est presque normal de comprendre la déception des OURII (noms des fans d’ARTMS) quant à la production du titre, alors que l’on s’attendait à quelque chose similaire à ODD EYE CIRCLE ou LOONA 1 / 3 (ou bien même « Vivid »). 

    Pourtant, le reste de l’album est à la hauteur de Heejin – « Addiction » et « Nokia » mettent en valeur sa personnalité à la fois sérieuse et espiègle et ses capacités vocales. « Addiction » transmet aux auditeurs beaucoup d’émotions, montrant qu’une B-side ballade peut être aussi précieuse qu’une title track

    Heejin a tout de même éclos avec K, prouvant toutes ses capacités artistiques, tant au niveau de la production que de l’exécution. 

    Je crois que j’ai maintenant le pouvoir de voler de mes propres ailes. Pendant Heejin en 2016, j’ai juste dit oui à tout ce que l’agence m’a proposé, mais maintenant j’ai appris à donner ma propre opinion et même à être en désaccord avec l’agence si nécessaire.

    Je me sens enfin comme une véritable artiste

    Heejin

    Etant donné que Modhaus propose beaucoup de promotions sous forme de tournées à ses artistes (tripleS LOVElution aux Etats-Unis et EVOLution en Australie, ODD EYE CIRCLE en Europe et Haseul avec son « Music Studio 81.8hz » à Séoul), pouvons-nous espérer quelques concerts de Heejin en solo ?

  • JUKEBOX : Omega X revient avec « iykyk »

    JUKEBOX : Omega X revient avec « iykyk »

    OMEGA X est enfin de retour avec son 3ème mini album, iykyk.

    IYKYK

    Tous les membres ont participé à divers processus de la création de cet album, notamment à la composition, à l’écriture des paroles et à l’arrangement des cinq morceaux.

    Ils ont également participé à la direction vocale et à la création de chorégraphies, mettant en valeur le futur parcours musical et la croissance constante du groupe.

    Avec cet album, OMEGA X vise à atteindre la « liberté », loin des yeux du public et à partager sa véritable identité avec tous ceux qui les soutiennent.

    JUNK FOOD

    Le mini-album comprend cinq nouvelles chansons. La chanson titre, « JUNK FOOD », est une chanson hip-hop de genre trap avec des paroles écrites par les membres Junghoon, Hangyeom, Xen, Jaehan et Yechan. Tout comme la nature addictive de la malbouffe, la chanson vise à attirer les auditeurs et à les inciter à revenir pour en savoir plus.

    B SIDES

    « ISLAND » est un morceau de rock moderne qui présente un solo de guitare de HYUK. Tous les membres ont participé à l’écriture des paroles et à la composition de cette chanson pour célébrer leur deuxième anniversaire et exprimer leurs sentiments pour leurs fans, FOR X.

    Les autres morceaux inclus dans l’album sont « LOUDER », « Touch » et « HEY ! »

  • CINECLUB : STRANGECUTS : une sélection de courts métrages « spooky » par le FFCP

    CINECLUB : STRANGECUTS : une sélection de courts métrages « spooky » par le FFCP

    Le Festival du Film Coréen à Paris, par ses formats “cuts” met en avant l’univers du court métrage, souvent moins visible que celui du long métrage. Chacun des films avait son propre univers et sa direction artistique, laissant différentes sensations et émotions aux spectateurs. A l’inverse d’une séance long métrage où une seule histoire, une seule œuvre nous porte, il s’agit d’une vraie gymnastique mentale que de jongler entre autant de mondes qu’il n’existe de réalisateur.ice.s et de films.

    On vous présente les 7 oeuvres programmées:

    1. ALL YOUR FAULT, PD  – 피디님이 책임지세요 , de KIM Sun-yeun – 2022 – 16 min
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    SYNOPSIS : Un tournage d’un film sans grande ambition se voit arrêté par des problèmes matériels et logistiques. La situation prend une ampleur tout autre lorsqu’un virus se répand rapidement dans l’équipe.

    l’avis de la rédac : commencer par ce film n’était pas un choix anodin car il avait cette touche d’humour et de comédie que les autres n’ont pas. En effet, dans un monde apocalyptique où des zombies débarquent de nulle part, la chute humoristique est détonante et appréciable pour qui aime être surpris. On passe alors 16 minutes à se demander où ce scénario nous mène, donc on conseille vraiment ce film pour qui aime être surpris et qui aime les décalages entre le ton adopté et la situation lourde (de l’humour dans l’horreur). On note aussi la belle performance de l’actrice Kim Ga-Eun (King The Land, Because this is my first life) qui nous impressionne en si peu de temps.

    2. HOLE 홀, de HWANG Hyein – 2023 – 24 min

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    SYNOPSIS : Jeon-mi, en mission pour les services de la protection de l’enfance, rend visite à deux gamins dont les parents ne semblent plus présents au domicile. À leur place, elle découvre quelque chose de bien plus dérangeant…

    l’avis de la rédac : Si vous aimez l’angoisse et les films sans réponse, “HOLE” est pour vous. L’horreur est matérialisée par ce trou béant dont on ne sait rien et dont on apprend rien. Seul cet élément, en plus de la situation météorologique orageuse et de la situation sociale dramatique des enfants protagonistes, est significatif du dérangeant. Le spectateur a le souffle coupé par l’angoisse (permise en partie grâce aux plans de travers, le pattern du penché se retrouve à plusieurs reprises et tout semble très géométrique) d’obtenir des explications, sans les avoir. Film dont la photographie et la réalisation sont à souligner.

    Par ailleurs, ce film fait partie des deux courts métrages sud-coréens invités au 76e Festival de Cannes  de 2024. La réalisatrice Hwang Hye-in nous vient de l’Académie coréenne des arts du film (KAFA), et son film a été inclus dans la sélection Cinéfondation, qui est une catégorie visant à présenter 16 courts métrages du monde entier, réalisés par des étudiants en école de cinéma.

    3. THE HEART 더 하트, de LEE Sunkyung – 2023 – 4 min – Animation, fantastique

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    SYNOPSIS : Dans un laboratoire obscur, une délicate opération du cœur.

    (ndlr : il s’agit d’un film d’animation réalisé en pixilation avec des vrais objets 3D, c’est à dire des images ajoutées les unes à la suite des autres pour animer l’inanimé.)

    l’avis de la rédac : Quand le film a commencé, nous étions déroutés : un personnage de sorcière en objet 3D qui cherche un coeur (toujours en objet 3D), un mouvement de caméra très saccadé, quelque peu difficile à lire ou à comprendre. Sur ce film dont la prouesse technique est monstrueuse, on se doute bien que 4min représente déjà énormément de travail donc le scénario doit être rapide et efficace : ce fut le cas. Bien que cet univers d’objets spooky fabriqués avec des matières textiles ne puisse pas être au goût de tout le monde, le film avait son charme.

    4. LONG FOR THE MISSING 이어,지다, de KIM Jaehong – 2023 – 28 min

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    SYNOPSIS : Une jeune femme est introuvable depuis plusieurs années. Son fiancé et sa mère essaient d’élucider cette disparition.

    l’avis de la rédac : S’il n’est pas élu favori de nos cœurs, il en n’était pourtant pas loin car ce film est une pépite scénaristique et horrifique. Alors qu’on suit un personnage principal hanté par des visions, les effets spéciaux de celles-ci sont remarquables et sont des indices dissimulés pour nous révéler le plot twist de fin. La vraie nature des protagonistes et l’affaire de disparition s’éclaircissent au fur et à mesure de l’histoire, et on n’était pas au bout de nos surprises.

    5. A SPIDER 거미집, de PAENG So-yeh – 2023 -9 min

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    SYNOPSIS : Un père et sa fille vivent dans un appartement entièrement recouvert de sacs plastique, dans une tentative d’échapper à une araignée rôdant dans les parages.

    l’avis de la rédac : De loin le court métrage le plus anxiogène du lot si vous détestez les araignées. Le traumatisme du père face à cet insecte le pousse (et nous pousse) à la suffocation littérale comme symbolique. On comprend alors le poids psychologique que peut avoir un événement dramatique sur tout un chacun, surtout quand cet événement est matérialisé par un objet tangible : ici l’araignée.

    6. THE VISIT 방문, de KIM Huiji – 2023 – 6 min

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    SYNOPSIS : Un homme vit seul dans son appartement, caché derrière son écran. Une nouvelle va le contrarier et rompre ses habitudes.

    l’avis de la rédac : La thématique des insectes continue avec ce film d’animation qui met en scène un homme seul dans son appartement mal rangé. Alors qu’on décèle une critique des réseaux sociaux et du monde post-internet, on comprend aussi l’enclavement d’un personnage qui néglige son espace physique comme son espace mental jusqu’à être poursuivi par une horde de cafards et un énorme monstre humanoïde. L’interprétation de ce film nous semble pour autant plutôt libre car rien ne dit ni ne présage que ces visions sont le résultat d’une détresse psychologique, ou d’un excès de stupéfiants ou même d’une punition extérieure. On a justement apprécié ce court métrage par l’absence de réponse qu’il apporte.

    7. JEONG-DONG, de CHOI Woo Gene – 2023 – 23 min

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    SYNOPSIS : Il se passe quelque chose d’étrange dans cette maison. Des ombres rampent la nuit, des bruits déchirent le silence… Yoo-bin, So-dam et Ha-seung, trois amis, vont mener l’enquête… et plonger au cœur du cauchemar.

    l’avis de la rédac : élu favori du lot, on vous explique pourquoi un peu plus tard dans l’article.

    Lors de cette séance, des surprises ont été prévues par le FFCP puisque nous avons eu droit à une tombola avec à la clé des lots des partenaires du festival. Parmi ces partenaires on compte la plateforme VOD “Bref Cinéma” qui met à disposition tout un catalogue de courts métrages en streaming. Nous avons également pu voter pour notre film préféré à la fin, mettant en petite compétition chacun et incitant le spectateur à faire une micro rétrospective sur ce qu’il/elle venait de voir. En effet, comment choisir parmi 7 oeuvres aussi différentes ? Suis-je plus touché.e par un scénario plus ou moins explicite, plus ou moins ouverts ? Ou plutôt par la beauté des plans et la photographie du film ? Ou alors le travail des personnages ?

    On pourrait citer encore d’autres paramètres, toutefois j’ai fini par voter pour “Jeong Dong” de Choi Woo Gene. En effet, ce court métrage était un “whole package” pour moi dans la mesure où on s’est retrouvés plongés directement dans une tranche de vie de trois jeunes, pour qui un événement étrange et absurde arrive d’un coup. J’aime l’idée de la survenue soudaine d’un phénomène fantastique dans une vie tout à fait banale, mais qu’en plus de cela les personnages acceptent totalement la situation et cherchent une explication. Sans plus spoil, le film évoque l’univers des chamans, de la psychologie, des traumatismes, et  pour ma part dès que l’on ajoute de la psychologie à du thriller, je suis convaincue.  Si d’autres courts métrages de la sélection jouaient également sur le traumatisme et l’effet de surprise, j’ai particulièrement apprécié les plans de celui-ci grâce à des jeux de miroirs et de symétrie mais aussi des plans en mouvement travelling, rendant les scènes davantage anxiogènes. Les couleurs étaient aussi très travaillées à mon goût.  

    On remercie encore le FFCP pour leur invitation! Cette séance, qui fut une première sur les courts métrages pour l’autrice, était une belle expérience!