Catégorie : Reviews

Musique, cinéma, littérature… on vous partage nos ressentis dans nos reviews grâce à un décryptage en profondeur de chaque oeuvre sud-coréenne.

  • JUKEBOX : Ateez fait monter la température avec Golden Hour : Part.5

    JUKEBOX : Ateez fait monter la température avec Golden Hour : Part.5

    Le 26 juin dernier, alors que la France entière était en proie à une canicule sans pareille, Ateez a aggravé la situation avec la sortie de son nouvel album Golden Hour : Part.5. 

    Deux ans se sont écoulés depuis la sortie de la première partie de leur série d’albums intitulée Golden Hour. Si la quatrième partie (février 2026) n’a pas autant marqué les esprits que les précédentes, ce nouvel album, avec ses cinq chansons, est déjà bien accueilli par les Atiny (ndlr : nom du fandom). Alors plongez la tête la première dans leur univers et agrémentez votre playlist de l’été ! 

    Point sur le lore 

    Une nouvelle partie vient s’ajouter à leur série Golden Hour, apportant des éléments aux fans pour mieux interpréter le lore du groupe. Si le concept de Golden Hour représente les moments précieux de la vie, certains se sont penchés sur les thèmes des titres principaux de chaque album. Ces derniers symboliseraient les sept péchés capitaux : “Work” serait l’avarice, “Ice on my teeth” l’orgueil, “Lemon Drop” la paresse et “In Your Fantasy” la luxure. “Adrenaline”, sorti en février dernier, symboliserait la colère, tandis que “Bad”, le titre principal de ce nouvel album, représenterait l’envie. 

    Les huit membres incarneraient donc des personnages pris dans une réalité alternative et vivraient plusieurs aventures sans se rendre compte que rien autour d’eux n’est réel. D’après Hongjoong, qui s’est confié au micro du Sang Zang Show, ce nouvel album pourrait marquer la fin provisoire de leur era Golden Hour, à laquelle ils pourraient revenir dans quelques années. Cette spontanéité explique le manque de “sneak peak” à la fin du clip de “Bad”, la marque de fabrique du groupe qui permet aux fans à chaque nouvelle sortie d’entendre une courte partie de l’instrumentale de la prochaine title track. Ateez font tout de même planer le suspens quant à leur prochaine era avec l’épilogue intriguant de “Bad”. 

    “Bad” 

    L’album s’ouvre sur “Bad”, un morceau entraînant au refrain répétitif et addictif. Clip coloré et chorégraphie énergique, tout y est pour donner le ton et embrasser les influences latines, notamment le funk brésilien sur lequel repose le morceau. Plusieurs lignes ont d’ailleurs été écrites en espagnol, en particulier dans la partie de rap de Mingi (Tú me tienes loco ; Toda la noche, loco contigo). On note également les références à leur titre populaire “Bouncy”, avec la phrase “청양고추 vibe”, et surtout le retour de la chèvre qui avait marqué les esprits dans le clip. 

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    Dès la sortie du trailer, les fans ont reconnu l’actrice et danseuse américaine Chase Infiniti, connue pour ses rôles dans la série “Présumé innocent” et dans le film “Une bataille après l’autre” aux côtés de Leonardo Dicaprio. Chase Infiniti est surtout une grande fan de K-pop, et a mentionné dans plusieurs interviews son admiration pour Ateez.

    Avant de se faire un nom dans le monde du cinéma, elle a co-fondé un crew de danseuses, intitulé Duple Dance Crew, et avec lequel elle fait et poste des covers de danses de K-pop. Cinq ans auparavant, elle avait dansé sur “Fireworks” de Ateez, sans se douter qu’un jour elle jouerait le personnage principal de leur nouveau clip. Ses talents de danseuse ont également été utilisés dans ce dernier, puisqu’elle se livre à une battle de danse face aux huit membres et à leurs danseurs. Une véritable consécration pour cette Atiny qui leur a adressé un doux message dans son dernier post Instagram ! 

    Si les fans sont assez divisés quant au potentiel de la chanson, iels sont unanimes quant au manque de lignes, de temps d’écran et de mise en avant des membres Yeosang et Jongho. Une lamentation qui se répète sortie après sortie, bien que les B-sides de cet album rendent particulièrement justice aux deux vocalistes. 

    “Mamacita”

    On garde le rythme avec “Mamacita”, la première B-side de l’album. Un titre dansant, qui rappelle “Arriba” (The World EP.FIN : WILL), et à l’ambiance festive et entraînante. Idéale pour célébrer le début de l’été, “Mamacita” ne manquera pas de rythmer le vôtre avec sa mélodie et ses parties chantées en écho, à l’image de leur B-side “Blind” (Golden Hour : Pt.1). 

    “Toxin”

    L’ambiance change avec “Toxin”, ce morceau de R&B qui laisse davantage d’espace aux vocalistes du groupe. Wooyoung et Seongwha ressortent du lot, avec leurs voix particulièrement adaptables à ce type de rythme et gammes.

    Les rappeurs Mingi et Hongjoong ne sont pas pour autant laissés pour compte : ils proposent des performances (pour lesquelles ils sont par ailleurs crédités dans la majorité de leurs chansons) précises et stylisées.

    L’alliance des ces parties font de “Toxin” une B-side à l’image du groupe et offre aux auditeurs du véritable miel pour les oreilles.

     “Toxin” marque une rupture dans le rythme de l’album qui permet aux prochains morceaux de s’y intégrer plus fluidement. 

    “Fallin’”

    C’est avec “Fallin’” que le groupe se démarque dans cet album. Un titre électronique (EDM) au pré-refrain aussi déconcertant que addictif, qui donne aux Atiny l’occasion d’apprécier les qualités vocal de Yeosang à leur juste valeur.

    Le refrain, simpliste et efficace, apporte une certaine légèreté à ce morceau qui ne laisse pas les fans indifférents.

    Les paroles, quant à elles explicitent, dépeignent la sensation d’être totalement absorbé par l’autre, et l’inarrêtable flux d’émotions qui l’accompagne. 

    “Body”

    L’album se termine sur “Body”, une ballade R&B qui évoque le souvenir de la personne aimée avec plus de nostalgie et de reconnaissance que de mélancolie.

    Les refrains bercent nos oreilles avec finesse et douceur, tandis que les parties de rap qui achèvent le morceau accélèrent le rythme de la chanson et hachent les mots comme si le temps les pressaient.

    La fin est nette, presque brutale, comme l’est un réveil soudain après un long rêve immersif. 

    Conclusion 

    Avec Golden Hour : pt.5, les membres d’Ateez proposent un album estival de qualité, et vont chercher de nouvelles sonorités sans pour autant perdre leur identité musicale. Que cet album marque la fin d’une ère ou simplement un pas de plus dans leur carrière, il est certain que les fans restent curieux de découvrir vers quel horizon les huit pirates vont s’aventurer dans les prochaines années ! 

  • Cinéclub : Beef, LA série coréo-américaine à ne pas louper

    Cinéclub : Beef, LA série coréo-américaine à ne pas louper

    La série Beef, connue en France sous le nom d’Acharnés, est une comédie dramatique disponible sur la plateforme Netflix. Créée par le réalisateur Lee Sung-jin, cette série de deux saisons (2023 et 2026) traite de l’évolution des relations humaines, de la recherche de sens et d’identité avec sincérité et génie.

    Bien que Beef soit une série dite d’anthologie, puisque les castings et thèmes abordés changent drastiquement d’une saison à l’autre, elle garde néanmoins un ton aussi cru et imparfait que ses personnages, chargé de touches plus sombres qui tirent vers le gore. 

    Analysons les deux saisons de cette série et découvrons les clés de son succès !

    Lee Sung-jin, un talent reconnu

    Né en 1981 à Séoul mais ayant déménagé jeune aux États-Unis, Lee Sung-jin grandit en jonglant avec deux cultures et deux identités. Il se fait notamment appelé Sonny Lee pour simplifier la prononciation de son nom. 

    Il lance sa carrière en travaillant comme scénariste pour plusieurs séries, telles que 2 Broke Girls qui lui permet de développer sa plume humoristique, mais aussi le drame psychologique Undone

    Ces deux projets notables lui permettent de se faire un nom dans le milieu tout en étoffant son projet personnel : Beef. La première saison, sortie en 2023 mais tournée peu avant et pendant le confinement de 2020, lui permet de gagner plusieurs trophées dans diverses catégories de remises de prix prestigieuses (Primetime Emmy Awards, Golden Globe Awards, Critics Choice Awards…). 

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    En 2024, Lee Sung-jin réalise et produit le clip musical du titre “Come back to me” de RM (BTS) à la demande du rappeur, lui qui avait adoré la première saison de Beef

    La réalisation de la deuxième saison de Beef, écrite à partir du casting et retravaillée tout au long du tournage, débute fin 2024 pour une sortie prévue pour avril 2026. 

    Un casting sur-mesure

    Le succès de “Beef” repose entre autres sur son casting audacieux, rassemblant acteurs et personnalités de plusieurs horizons. 

    La première saison réunit Steven Yeun (de son vrai nom Sang-yeop Yeun), notamment connu pour son rôle de Glenn Rhee dansThe Walking Dead, et Ali Wong, d’origine vietnamienne par sa mère et sino-américaine par son père. Tandis qu’Ali Wong se concentre sur une carrière américaine, en enchaînant rôles à l’écran (Always Be My Maybe, Birds of Prey) et doublages (Tuca & Bertie,Big Mouth), Steven Yeun se fait un nom dans l’industrie cinématographique coréenne en jouant dans deux films de Bong Joon-Ho (Okja et Mickey 17) et en étant producteur exécutif et rôle principal du film à succès Minari (2020). 

    À leurs côtés, une majorité d’acteurs issus de la diaspora coréenne aux États-Unis : Joe-yun “Joseph” Lee (Materialists), Young Mazino (apparu dans le clip “Snooze” de SZA et dans la saison 2 de The last of Us), Ashley Park (Emily in Paris) et Austin H. Min (The Umbrella Academy). 


    La saison deux réunit le talentueux Oscar Isaac, connu notamment pour son rôle de Poe Dameron dans la troisième trilogie de Star Wars ainsi que le docteur Frankenstein dans l’adaptation de Guillermo del Toro (2025), avec l’actrice emblématique Carey Mulligan (The Great Gatsby, Promising Young Woman). Ils partageaient déjà l’écran dans le film Drive, avec Ryan Gosling. Tous deux jouent un couple névrosé mis à rude épreuve par un jeune couple plein de vie et d’ambition, interprété par Charles Melton (Riverdale, May December) et Cailee Spaeny (Pacific Rim Uprising,Bad Times at the El Royale). 

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    Si le casting principal ne compte qu’un seul acteur d’origine coréenne, les personnages secondaires, les caméos ainsi que la localisation des deux derniers épisodes nous font voyager en Corée du sud. En effet, le Country Club pour lequel travaillent les deux couples appartient à la riche Madame Park jouée par Youn Yuh-jung (Pachinko, Minari). Elle est accompagnée de son interprète (Jang Seoyeon) et du chanteur et danseur BM (membre du groupe Kard) qui joue un professeur de tennis. 

    Nous saluons également le caméo exceptionnel de Song Kang-ho qui joue un chirurgien esthétique en proie à des tremblements, conduisant à un incident déplorable et ayant un rôle clé dans le scénario. 

    De l’utopie à l’apocalypse

    Les deux saisons ont en commun un schéma narratif en apparence typique, avec une situation initiale faussement idyllique, et rapidement mise à l’épreuve par un élément perturbateur. 

    Dans la saison 1, il s’agit d’une violente altercation entre Danny (Steven Yeun) et Amy (Ali Wong), tous deux aux volant de leurs voitures, scène à laquelle le réalisateur a par ailleurs été témoin et dont il s’est inspiré pour écrire le scénario de Beef. Dans la saison suivante, les problèmes commencent lorsque Austin et Ashley (Charles Melton et Cailee Spaeny) assistent à une dispute entre Josh et Lindsay (Oscar Isaac et Carey Mulligan). Les deux situations relèvent d’une première explosion des sentiments et émotions humaines qui n’avaient encore jamais été exprimées.

    La tension monte rapidement entre les personnages qui passent tous par une étape de remise en question de leurs vies respectives, allant du choix de leur conjoint et carrière à un besoin de briser tout ce qui a été construit. Secrets et retournements de situation tourmentent les protagonistes et leurs entourages, jusqu’à l’explosion des émotions et sentiments, jusqu’alors contenus, sous forme de tuerie et de course-poursuite dans un huis-clos (une villa reclue dans la première saison, une clinique sous haute-surveillance dans la seconde). 

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    Les derniers épisodes trahissent un sentiment de lâcher prise total et de perte de contrôle d’une situation délicate, qui résulte en une véritable renaissance pour la quasi-totalité des personnages. En effet, après avoir été étouffé par leurs choix de vie, créant autour d’eux une bulle impénétrable, l’explosion de cette dernière permet à chacun de réaliser que rien n’est éternel, ni la vie, ni les choix faits, et qu’il est toujours possible de recommencer à zéro ailleurs, avec les bonnes personnes. Celles qui nous comprennent, qui nous ressemblent, qui nous laissent être nous-même et nous épanouir ainsi. 

    Certains choisissent le confort d’un environnement familier, d’autres trouvent un espoir nouveau parmi ce chaos : ce qui importe ici, c’est le sentiment que leur nouvelle situation est choisie plutôt que subie

    Art et symboles 

    De nombreuses références à l’art sont faites tout au long de la série, notamment avec l’utilisation de peintures comme génériques pour introduire chaque épisode. Ces dernières ont été minutieusement choisies pour représenter et résumer les sujets dont l’épisode va traiter, le tout condensé en une seule image et un titre qui l’accompagne. 

    Dans la première saison, le mari d’Amy est un sculpteur qui entasse ses œuvres dans le sous-sol de leur maison, tandis que son défunt père, artiste à succès, continue d’être exposé et ses œuvres convoitées. Le couple se rend d’ailleurs à une exposition de chaises pendant laquelle Amy, épuisée de sa journée, s’assoit sur l’une d’elle, représentant un premier décalage entre elle, pragmatique et insensible à l’art, et son mari qui y consacre sa vie. 

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    Dans les deux saisons, l’art est utilisé pour distinguer les différentes classes sociales auxquelles appartiennent les personnages, à commencer par la décoration de leurs lieux de vie. Un style épuré pour Amy et Madame Park, deux business women qui n’ont pas le temps de combler le vide qui emplit leur maison et leur cœur.

    En comparaison, la maison de Josh et Lindsay, en apparence havre de paix, cache les excès du couple qui essaie tant bien que mal de s’intégrer dans la classe supérieure à laquelle il n’appartient pas.

    On retrouve également l’absurdité des objets collectionnés par la richissime patronne d’Amy qui a fait de sa villa un musée privé et ultra sécurisé.

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    En bas de l’échelle, Austin et Ashley, légèrement mieux lotis que Danny et son frère. 


    Dans le podcast dédié à la série et animé par le réalisateur, ce dernier se confie sur la dernière image de la saison 2, qui est inspirée des peintures des roues du Samsara. Ce symbole bouddhiste représente le cycle de renaissance et de souffrance dans lequel sont pris les êtres, illustrant parfaitement les thèmes abordés avec brio dans les deux saisons.  

    Conclusion

    Bien plus proche des synopsis de comédie dramatique américaine que de K-drama sud-coréen, Beef reste un doux et pertinent mélange entre les deux pays qui aborde des thèmes universels et intemporels. 

    Beef participe également à la mise en lumière d’artistes et acteurs issus des différentes diaspora coréennes dans le monde, qui connaissent par ailleurs un véritable essor en popularité en cette année 2026 : on peut citer Yerin Ha, actrice principale de la saison 4 de Bridgerton, ou encore Hudson Williams (Heated Rivalry). 

  • JUKEBOX : CHUU et l’amour virtuel – « XO, My Cyberlove »

    JUKEBOX : CHUU et l’amour virtuel – « XO, My Cyberlove »

    Le 7 janvier dernier, CHUU a fait son troisième comeback avec l’album XO, My Cyberlove. Avec neuf titres, la chanteuse solo prouve encore une fois toutes ses capacités vocales et son habilité à transmettre des émotions fortes. 

    Après Only Cry in the Rain, CHUU reste sur sa lancée avec des sonorités nostalgiques et des genres divers mais cohérents. On passe ainsi de la synth-pop par du R&B, de la pop-rock ou encore du moombahton. La chanteuse porte avec sincérité ce projet qui représente, malgré sa longueur totale de tout juste 26 minutes, son premier “full album”. 

    XO, My Cyberlove 

    “XO, My Cyberlove” est la title track qui donne son nom (et le “la”) à l’album. CHUU explore le thème actuel des relations en ligne et la frustration qui naît du fait de ne connaître la personne qu’à travers l’écran. La protagoniste, qui semble suivre les moindres faits et gestes digitaux d’une autre personne, est coincée entre “le virtuel, les rêves et la réalité”. 

    La production musicale est atmosphérique et rêveuse mais aussi funky, portée par une basse rythmique et beaucoup d’harmonies qui enveloppent la voix mélancolique et douce de CHUU. 

    Dans le MV, la barrière du virtuel est d’abord brisée, la protagoniste se retrouvant avec la personne qu’elle aime. Le couple est filmé dans diverses situations intimes – un baiser dans un taxi, un pique-nique dans un parc, une sieste… 

    Puis, l’illusion se brise. La caméra se déplace sur le bras de CHUU dont une partie s’est transformée. Sa peau disparaît sur une dizaine de centimètres et devient, à la place, un morceau de plastique transparent rempli de liquide tel une lampe à lave. Elle réalise alors que ce n’est pas réel, comme si ce détail absurde lui avait fait prendre conscience qu’elle rêvait. CHUU regarde à ce moment-là la caméra, donnant la sensation au spectateur que le quatrième mur est brisé. 

    La protagoniste est représentée dans toutes les situations précédentes, mais cette fois-ci, seule. L’autre personne se retrouve également seule et leurs téléphones redeviennent leur seul moyen de communiquer. 

    CHUU explique lors d’une conférence de presse que le titre est également inspiré de l’intelligence artificielle et de l’utilisation des emojis pour exprimer ses sentiments. Ainsi, dans le MV, lorsque CHUU porte une perruque blonde, elle est une forme d’intelligence artificielle, tandis que ses cheveux naturels représentent sa véritable identité. 

    Son compagnon, une peluche géante déjà présentée dans les MV de “Strawberry Rush” et “Howl”, est ici un doudou que CHUU ainsi que son amour enterrent. Est-ce que ce compagnon est mort ? Heureusement pour les fans de CHUU, non – on le voit revenir à la vie à la toute fin du MV, son cœur se remettant à battre. 

    Canary

    Le second titre de l’album est “Canary”, une ballade dark-pop et R&B qui exprime une sorte de désespoir, celle d’avoir envie d’aimer de manière inconditionnelle et d’être aimé de la même manière en retour. La voix de CHUU est puissante et pleine d’émotions, montrant l’étendue de son talent. 

    “Canary” bénéficie d’un MV qui reprend des scènes tournées en même temps que “XO, My Cyberlove” bien que la colorimétrie soit différente. Cette dernière donne une sensation rêveuse qui suit le thème de la title track de l’album.  

    Au tout début du MV, CHUU déterre la peluche qu’elle avait abandonnée pendant “XO, My Cyberlove”. Bien que l’interprétation de cet abandon soit ouverte, on peut imaginer que les retrouvailles sont une manière pour CHUU de se retrouver elle-même (“I trust you’ll heal”). 

    B-Sides

    Tout au long de l’album, CHUU explore des genres différents. L’ensemble reste pour autant relativement cohérent. Avec “Heart Tea Bag”, la chanteuse offre un titre qui pourrait être comparé à Ariana Grande au début de sa carrière. “Love Potion” est quant à elle inspirée par Tyla dans sa production afrobeat et une technique vocale légère dans un registre grave. 

    “Limoncello” est dans la même lignée porté par des percussions rythmiques et légères. “Cocktail Dress”, placée juste après “Canary”, fait office de transition entre les thèmes plus sombres de “XO, My Cyberlove” et le reste de l’album. CHUU change drastiquement sa manière de chanter, rappelant la technique vocale de Minnie (i-dle). Bien que ce ne soit pas désagréable, c’est une première surprenante pour la chanteuse. 

    Avec “Teeny Tiny Heart” on a une chanson pop légère avec une boucle de basse dansante. CHUU tente un rap parlé lors du second couplet, ajoutant un peu plus de fun dans ce titre énergique et entêtant. “Hide & Seek” est similaire dans le côté fun et léger. On y retrouve également un petit rap et un côté joueur et enfantin qui peine pour autant à marquer entièrement les esprits. 

    “Loving You!” se démarque vraiment avec une production instrumentale plus expérimentale que le reste de l’album. Y sont incluses des influences PC Music, pop et digicore.

    Malgré neuf titres, l’album s’arrête (trop) rapidement. Si les chansons s’enchaînent correctement, elles sont parfois trop courtes, ne se donnant que peu de temps pour rester dans la tête de l’auditeur. Néanmoins, XO, My Cyberlove est un très bon album qui permet à CHUU de développer ses capacités vocales et son identité artistique. 

  • JUKEBOX : ATEEZ fait monter l’adrénaline dans GOLDEN HOUR : Part. 4

    JUKEBOX : ATEEZ fait monter l’adrénaline dans GOLDEN HOUR : Part. 4

    Déjà à son quatrième opus, la saga d’ATEEZ continue avec GOLDEN HOUR : Part. 4, près de sept mois après le troisième volet.

    Après un été torride, le groupe entre cette fois dans une nouvelle dimension, avec un concept à la fois futuriste et post-apocalyptique.

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    ATEEZ et l’art du teasing

    L’équipe marketing de KQ Entertainment (l’agence de ATEEZ) s’est une nouvelle fois démené pour annoncer le comeback du groupe. Avec des idées plus ingénieuses les unes que les autres, les ATINY (nom du fandom) ont pris plaisir à déchiffrer les indices disséminés sur les plateformes de streaming.

    Peu avant la sortie du premier teaser, les internautes remarquent des “bugs” sur les plateformes. Impossible d’écouter la version originale de “HALA HALA (Hearts Awakened, Live Alive)”, c’est la version “remix traditionnel” qui se lance.

    Le 11 janvier sort alors une vidéo intitulée “Deep in my heart, Deep in my soul”, qui n’est pas sans rappeler les paroles de “HALA HALA”. Les théories fusent sur le possible retour des “HALATEEZ”, ces hommes vêtus de fédoras, personnages récurrents dans le lore d’ATEEZ.

    Quelques jours plus tard sur Spotify, des lettres apparaissent en glitch sur les visuels d’animations de certaines title tracks. Les lettres C et H pour “In Your Fantasy”, N pour “Wonderland” ou encore C pour “Guerrilla”. Les plus perspicaces des ATINY ont deviné que ces lettres composaient la formule chimique d’une molécule : l’adrénaline.

    Sur le compte X officiel d’ATEEZ, un lien vers le site ateezofficial.net est posté sans autre commentaire ni contexte. Il suffit alors de rentrer le mot de passe “adrenaline” pour accéder à du contenu exclusif : un audio révélant des lignes de basses, extrait de la future title track.

    Tout au long de la période de promotion du comeback, des événements physiques ont également permis de dévoiler des extraits audio grâce à des enveloppes cachées dans différentes villes autour du monde.

    Tous ces éléments subtils et divertissants expliquent comment ATEEZ réussit à capter l’attention et attiser la curiosité autour de son mini-album.

    Ghost

    Premier morceau de l’album, “Ghost” est l’introduction parfaite à un univers sombre et inquiétant. L’instrumentale nous plonge dans une ambiance cinématique, à la découverte d’un monde incertain. Les voix des membres se font lointaines et s’étirent, donnant un sentiment d’être encerclé par des entités. Vers la fin du morceau, une mélodie de flûte accentue cette atmosphère mystérieuse et fantomatique.

    Adrenaline

    Pull up the bass (Monte la basse)”, annonce Wooyoung dès les premières secondes du titre. Le morceau débute alors par ces lignes de basses révélées en avant-première quelques semaines plus tôt.

    “Adrenaline” est une title track toute en puissance, dans la même veine que leur chanson “Crazy Form” sortie en 2023. ATEEZ reste ainsi sur ses acquis, dans un registre EDM percutant et dansant, bien apprécié par les fans.

    Le titre fait référence à la molécule libérée en réaction à un état de stress, d’émotion forte ou face à un danger. Le refrain, construit en quatre temps, progresse de manière crescendo, faisant monter la pression et créant cette dose d’adrénaline recherchée.

    Le clip vidéo est signé par le studio HIGHQUALITYFISH, qui est également derrière les MVs de “DIVINE” de Stray Kids ou “PSYCHO” de BABYMONSTER. Les décors et les tenues nous plongent dans un monde inspiré par les films “Dune” ou encore “Mad Max”. Hongjoong arbore notamment un cache-oeil digne de son statut de capitaine.

    On y voit des références au lore d’ATEEZ, notamment le cube rouge qui apparaît dès le début dans les mains de Wooyoung. Ce cube représente “Sopro”, une entité qui se nourrit des émotions et peut prendre le contrôle de personnes dans la storyline d’ATEEZ. Il est également présent dans le clip de “In Your Fantasy” et sur la pochette d’album de GOLDEN HOUR : Part. 3 “In Your Fantasy edition”, ce qui en fait un élément clé.

    Sur le plan des performances, les membres d’ATEEZ allient puissance vocale avec chorégraphie impactante, confirmant leur capacité à délivrer une stabilité vocale en toutes circonstances. La mise en lumière de Yeosang dans ce comeback est particulièrement appréciée par les ATINY.

    NASA

    Direction la lune avec “NASA”, morceau faisant directement référence à l’agence spatiale des Etats-Unis. Tout comme la NASA, ATEEZ se montre plein d’ambition, visant les étoiles à la conquête de l’espace “Shoot for the stars like NASA, always going up like my stack”.

    En plus de leur titre “Adrenaline”, le groupe fait la promotion de son mini-album avec ce morceau sur les plateaux de télévision. La chorégraphie est des plus satisfaisante en raison de la synchronisation des membres avec leurs danseurs. Les pas de danse reproduisent même un effet d’apesanteur. Le thème est d’autant plus respecté avec des tenues qui rappellent les combinaisons des astronautes. Une performance qui vaut le coup d’œil !

    Fun fact : Le compte Instagram officiel de la NASA a publié une photo avec pour description les paroles d’ATEEZ. Les membres n’ont pas tardé à réagir à ce clin d’œil.

    On The Road

    Sur un registre mélodieux, “On The Road” est une chanson porteuse d’un message d’espoir. D’abord remplie de douceur, la musique devient intense, presque épique. Elle nous emporte avec elle, comme une main tendue qui vient nous tirer de l’ombre. Un coup de cœur du côté de la rédaction. 

    Choose

    L’album se conclut avec “Choose”, morceau sorti en avant-première à l’occasion de l’anniversaire du fandom (le 17 novembre). Une chanson qui se veut belle et rassurante, illustrant l’amour que porte le groupe pour ses fans.

    Une quatrième partie réussie

    Si les premières parties de la saga GOLDEN HOUR ont pu diviser avec l’exploration de nouveaux genres, cette dernière a su conquérir une grande partie du public. ATEEZ nous propose un album cohérent et efficace, tout en faisant progresser leur storyline. Et la recette fonctionne puisque l’album a été vendu à plus d’un million d’exemplaires en moins d’une semaine (source : Hanteo Chart)

  • JUKEBOX : WAYV brise la glace avec Eternal White

    JUKEBOX : WAYV brise la glace avec Eternal White

    En cette fin d’année, WayV envoûte nos cœurs avec un album spécial hiver intitulé Eternal White. Après avoir rafraîchit notre été avec leur 7ème mini album Big Bands, la sous-unité chinoise de NCT s’attaque à la plus fraîche des saisons dans un album doux et chaleureux. 

    Ce dernier reprend les codes des chants de Noël traditionnels, tels que l’ajout de chœurs, tout en gardant l’identité visuelle et musicale du groupe : vibrante, quelque peu expérimentale et ayant à cœur de valoriser les voix de Ten, Kun, Xiaojun, Hendery et Yangyang. WinWin s’étant tourné vers sa carrière d’acteur en Chine, il n’est pas présent sur cet album. 

    Pour les amateurs du combo plaid-chocolat chaud, mais aussi pour celles et ceux qui préfèrent bouger pour se réchauffer, Eternal White saura vous charmer. Alors laissez-vous porter par ces sept morceaux qui nous emmène en bal(l)ade en cette période d’introspection et de célébration. 

    The Fifth Season 

    La voix angélique de Xiao Jun ouvre l’album dans une courte mais addictive berceuse intitulée “The Fifth Season”. La mélodie étant produite en grande partie par les voix d’un chœur harmonique, les membres chantent quasiment A Capella. Cette technique met davantage en valeur leurs singularités vocales ainsi que les harmonies entre elles. Le carillon fait son apparition au milieu du morceau, donnant l’impression d’entendre la neige tomber pour embellir le paysage dans lequel “The Fifth Season” nous projette. 

    Deux semaines avant la sortie de l’album, les cinq membres avaient interprété la chanson lors d’une performance live tournée dans un salon sobre et contemporain au cœur d’une forêt enneigée. Dans les coulisses de ce tournage, Kun dit espérer que « cette chanson amène un peu de chaleur dans [nos] hivers”. 

    Eternal White (title track)

    Le titre principal porte le nom de l’album : « Eternal White ». Ce morceau pop et dansant mêle basses énergiques et riff accrocheur fait au saxophone, une combinaison qui rappelle le tube “Talk Saxy” de Riize. Les couplets sont rappés et marqués par une influence hip hop tandis que les refrains sont plus doux et mélodieux. 

    Le synthé occupe une place importante puisqu’il lie la production musicale avec le concept du clip en ajoutant des sons aiguës et futuristes qui évoquent la dimension spatiale. Ce thème était particulièrement récurrent dans les productions de WayV à leur début, avec notamment leurs titres “Moonwalk” et “Turn Back Time”. « Eternal White » est donc une opportunité pour le groupe de “revenir explorer des moments figés dans le temps et de les assimiler avant de continuer d’avancer.” (Forbes)

    Ce titre nous fait bouger et voyager avant de nous replonger dans l’ambiance cocooning propre à la saison hivernale. D’après Ten, cette coupure illustre “la sensation de solitude que certains peuvent ressentir pendant les périodes de fêtes.” (Forbes)

    Moment In Time (coup de coeur de votre rédactrice ) 

    Cette première b-side est un morceau rythmé et sensuel à la croisée des genres pop et R&B. Si les refrains peuvent être qualifiés d’angéliques et semblent être dépourvus de pesanteurs, c’est en partie grâce aux voix célestes des membres ainsi qu’aux effets ajoutés. 

    Le pont marque une véritable pause dans la chanson qui, après une partie de rap fluide et presque chuchotée, coupe l’instrumental pour ne laisser que les voix et les harmonies nous enchanter. Un moment vif et doux, à l’image de cette chanson, et dans lequel nous aimerions pouvoir “rester pour toujours” (“I wanna stay forever”).

    “Moment In Time” plaît particulièrement à Yangyang, le maknae du groupe, qui a avoué qu’en plus d’avoir été un « challenge de taille pour le groupe, ce morceau est le seul de l’album qu’il continue d’écouter. » (Forbes)

    First Time 

    初白 First Time

    Cette ballade R&B est une composition de Kun qu’il a arrangée spécialement pour l’intégrer à l’album. “First Time” nous plonge dans une atmosphère douce et chaleureuse qui vibre d’émotions pures et naissantes. Les membres jouent avec leurs voix tout au long du morceau, variant les registres et montrant ainsi leur plein potentiel vocal tout en gardant leurs propres styles et grains de voix. 

    Les paroles évoquent les élans d’un amour véritable enfin trouvé (“For the first time, I can’t love nobody but you”) et pour lequel on est prêt à tout sacrifier (“Just one wish I’II risk it all”). 

    Strange Tears 

    陌生的泪 Strange Tears

    Cette cinquième chanson bouscule avec douceur le calme qui régnait jusque-là sans pour autant casser le rythme de l’album. Contrairement à ce qu’annonce son titre, “Strange Tears” est un morceau de pop doux au refrain entraînant, et dont la production créée à partir de notes de piano et de synthé désaccordé rappelle le style fantaisiste du monde du cirque.

    L’utilisation d’échos, d’effets de voix et de parties parlées compensent l’absence d’harmonies tandis que les parties rappés sont davantage mises en avant. 

    Stay 

    Mention spéciale pour l’avant dernier morceau de l’album qui mélange pop, R&B et soul avec un pointe de tradition en intégrant quelques notes d’un sample de musique traditionnelle chinoise. Ces dernières permettent de lier “Stay”, seul morceau entièrement chanté en anglais, au reste de l’album. 

    Son style garde la douceur et les chœurs des titres précédents, tandis que le thème change pour traiter cette fois-ci d’un schéma de relation compliquée et de la résignation qui en découle. Les paroles sont directes, parfois taquines et bien que l’envie de sauver la relation se ressente dans les couplets, la répétition de “If you don’t wanna be here, you don’t have to stay” (“Si tu ne veux pas rester, tu n’es pas obligé(e)”) dans les refrains semblant déléguer le poids de la décision finale à l’intéressé(e). 

    Lover After Me 

    我之后的你 Lover After Me

    « Lover After Me » conclut cet album féérique sur une ballade symphonique. Le texte, pensé comme une lettre chargée de remords et de mots d’excuses, s’adresse avec émotion à la personne qui n’a pas été aimée à la hauteur de ce qu’elle méritait. 

    “Please Tell The One Who Loves You That I Am Already Far Away

    End This Endless Wandering And Let Myself Fly Free (Lover After Me)

    May Someone Be With You Every Night And Keep You Warm As You Sleep

    Giving You The Pure White World I Could Never Give”

    (traduit depuis le chinois par LyricsWorldYou)

    Cette chanson est une ode à la résilience et à l’espoir qui explore ici une forme d’amour pure et véritable. La chanson, comme l’histoire, se termine en beauté sur un chœur formé par les voix des membres qui semblent chanter à l’unisson.

    Conclusion

    C’est avec une large palette d’émotions que WayV peint et égaie le paysage blanc et froid d’un hiver tourmenté qui sert de décor pour leur album Eternal White. Le groupe accueille la saison hivernale en combinant paroles poétiques et voix cristallines avec des rythmes doux, parfois dansants, le tout en gardant leur identité musicale étincelante. 

    Cet album nous plonge dans un univers magique et scintillant, et l’écouter revient à voir la beauté de l’hiver et de ses paysages recouverts d’une neige fraîche et pure, donnant envie de s’attarder sur chaque flocon qui tomberait devant soi. Eternal White est l’alternative idéale aux chants de noël habituels à ajouter absolument dans vos playlists !

  • JUKEBOX : Stray Kids reviennent déterminés avec “DO IT”. 

    JUKEBOX : Stray Kids reviennent déterminés avec “DO IT”. 

    Trois mois après leur dernier comeback KARMA, les membres de Stray Kids continuent d’être prolifiques en sortant un EP de quatre nouveaux titres “DO IT”. Cette fois-ci  le groupe a décidé de promouvoir sa musique avec une double title track : “DO IT” et “DIVINE”.

    Pour cet opus, Stray Kids continue de produire en quantité , avec un EP de différents remixs de “DO IT”.  On y compte les classiques Sped Up et Slowed down, mais également deux versions alternatives “Turbo” et “Overdrive”. Avec cette dernière version elle aussi clipée, c’est au total trois clips que nous a offert Stray Kids pour cette sortie. 

    Le contexte 

    La promotion de “KARMA” était à peine terminée qu’ils étaient déjà en préparation de ce projet. Le groupe a commencé à teaser son comeback mi octobre avec un trailer énigmatique de “DO IT”. On y voit des visuels en noir et blanc, les présentant comme des sortes de créatures fantastiques mi goules mi vampires. Le récit conté par Felix dans une voix grave couplée d’un fond sonore horrifique inspiré de l’expressionnisme allemand nous laisse penser à un retour sombre et complètement différent de leurs esthétiques précédentes.

    A l’inverse, le trailer de “DIVINE” sorti mi novembre, soit quelques jours avant la sortie du projet, met plus en avant le titre et l’esthétique traditionnelle coréenne souvent utilisée par le groupe. Ils avancent que “All you need is love, dreams and Stray Kids”, interpolant ainsi une citation bien connue qu’on rattache aux Beatles. Choix volontaire pour manifester une nouvelle fois leur influence sur leurs fans et sur l’industrie musicale en général ? Une thématique peu originale pour le groupe qui n’a plus à prouver son succès.

    Deux teasers aux deux esthétiques relativement différentes qui nous questionnent sur la cohérence éditoriale générale de ce projet. Qu’en est-il de la musique ? 

    DO IT

    La première title track de ce projet s’inspire de la musique latine reggaeton, à la manière de “Chk Chk Boom” mais en moins agressive. “DO IT” incite à danser et bouger avec flow plutôt que de sauter et se laisser complètement aller comme auraient pu le faire d’autres title tracks du groupe. La structure du son reste très “stray kids” dans le sens où l’introduction commence avec une instrumentale simple et les voix des rappeurs qui s’enchaînent par un pré-refrain mélodieux. Le refrain est cette fois-ci mi scandé, mi chanté avec une mélodie qui retient l’attention avec légèreté. On répète “do it” et “oh nanana” en choeur. 

     Les coulisses de l’enregistrement de “DO IT” nous montrent bien ce caractère plus léger et fun avec lequel ils ont travaillé, l’accent est mis sur les ad-libs et les mélodies de voix pendant le pré-refrain. C’est par ailleurs la partie la plus mémorable selon nous, bien que les répétitions sur le refrain soient particulièrement entraînantes.

    L’ambiance relaxée du titre, pour citer les membres, se ressent également sur la chorégraphie et les performances qui écopent d’une énergie suave et lente. On y retrouve des pas de danses latines comme la salsa doublées de moultes ondulations de corps qui donnent un ensemble très fluide. 

    Pour l’anecdote, 3RACHA (les producteurs Bangchan, Changbin et HAN) nous raconte dans la vidéo d’INTRO que cette chanson a été faite lors d’un “song camp” (une semaine de création musicale) en trois jours. Parmi les chansons faites en même temps on compte “Stray Kids”, “Phoenix” ou “U” avec TABLO. Preuve que le groupe a toujours des morceaux sous le coude à nous sortir au cours de l’année. 

    En somme, une title plus simple que d’habitude, sans prise de risque, avec une pâte Stray Kids pourtant bien marquée. “DO IT” est assez entraînante pour être écoutée et appréciée des fans comme du grand public.

    DIVINE (신선놀음)

    Si “DO IT” s’inscrivait plutôt dans une ambiance pop latine, la seconde title track “DIVINE” prend son contre-pied avec une fondation boom-bap hip-hop voire parfois R&B sur certaines mélodies. Seungmin parle même d’atmosphère nostalgique pour la décrire tant  elle renvoie à une certaine époque musicale. Par ailleurs, sa voix de poitrine introduisant le titre de manière théâtrale est remarquable. On comprend bien les inspirations des années 90’s de Stray Kids qui connaissent leurs classiques et qui se les approprient en ajoutant leur propre style. La topline du refrain s’apprend très vite avec la répétition de  덩 기덕 쿵 더러러 (deong gideok tung deoreoreo), des onomatopées sonores typiquement coréennes sur une instrumentale hip-hop. 

    Ici Stray Kids entendent faire de la “NEW POP” et “make a new culture”, en clin d’œil à l’émergence certaine de la K-pop au niveau mondial, en partie avec eux. On rejoint aussi leur concept filé de la malataste où ils créent leur propre genre. Une interpolation de leur titre à succès “GOD’S MENU” est d’ailleurs faite dans le couplet de Felix. Les auto-références sont des petits détails toujours appréciables  dans les chansons de Stray Kids.  Pour autant, la chanson n’est pas surprenante et se rapproche quelque peu d’autres titres old school hip-hop qu’ils ont pu faire comme “Walkin’ on Water” ou “Muddy Water”. 

    Mention tout à fait spéciale pour le clip qui est visuellement sublime et laisse présager des performances scéniques à la hauteur de celui-ci. Tout droit retournés à l’époque Joseon, Stray Kids arbore des tenues et des éventails travaillés au milieu de décors médiévaux et de nombreux danseurs.  Le choix des costumes, des maquillages et des accessoires laisse penser qu’ils sont des créatures fantastiques royales, à l’image du teaser précedent. Il s’agit  sans doute à ce jour d’un de leurs plus beaux clips.

    Holiday 

    Stray Kids ont besoin de vacances et ne manquent pas de nous le faire savoir dans cette chanson. Si la chanson commence avec une douce mélodie de piano hivernale, elle s’accompagne rapidement de drum & bass parfaite pour cette période. Le titre est doux, vocalement intéressant avec une belle progression musicale jusqu’au refrain. Les paroles sont plaintive sur la volonté de repos, Stray Kids révèlent leur travail et leur état, après des comebacks enchaînés sans pause. C’est un titre auquel l’auditeur peut s’identifier et trouver du réconfort surtout en cette période de fin d’année où les projets et la fatigue s’accumulent. Agréable à l’écoute et sans prise de tête “Holiday” s’écoute sans modération. On apprécie particulièrement l’outro de la chanson avec une mélodie de voix en notes aiguës qui lui confère une chaleur toute spéciale. 

    Ayant écrit cette chanson en même temps que leur titre “Ghost” sur l’album KARMA, on comprend que la sensibilité était de mise. Stray Kids se met à nu en exprimant les sentiments qu’ils enferment, comme dans une sorte de “journal intime” (Changbin, vidéo d’INTRO). En contraste complet avec “DO IT”, “Holiday” invite à ralentir la cadence.

    Photobook

    Pour finir l’EP avec la dernière chanson originale, c’est une ballade pop-rock que Stray Kids nous propose avec “Photobook”. Véritable lettre d’amour à leurs souvenirs et leurs proches, ils reviennent sur des instants ancrés et figés à la manière d’un album photo. Un sentiment nostalgique prend place alors que le piano résonne et les voix parfois presque murmurées se font entendre.  La production musicale de cette chanson est plutôt simple et met en avant la guitare et la batterie dans un refrain plus explosif que les couplets. Il s’agit-là d’une jolie chanson où les voix des membres sont une nouvelle fois bien introduites et mixées. En un sens, elle nous rappelle “CINÉMA” de Seungmin et Lee Know, sans son aspect théâtral. 

    Do It (Versions alternatives)

    Depuis plusieurs comebacks, Stray Kids ont l’habitude de proposer des versions alternatives, et plus particulièrement une version “Festival” qui est ici présentée dans l’EP original. Si ces mixs très saturés ne sont pas au goût de tout le monde, force est de constater qu’ils savent modifier leurs chansons pour leur conférer une toute autre ambiance. C’est le cas ici avec “DO IT” dont la base est relativement dansante mais qui est complètement décuplée ici. Les couplets comprennent des samples de basse plus présents alors que le pré-refrain et le refrain font sonner les cymbales. Elle semble plus adaptée pour un club qu’un festival comme son nom l’indique, mais saura donner matière aux DJs pour s’amuser avec les couches sonores.

    La version “Overdrive” qui écope d’un clip est encore un autre mix relativement différent de la Festival Version, plus intéressant. Le rythme est progressifet s’accélère au fur et à mesure, tout en donnant une place prépondérante à la basse dont l’intensité et la profondeur varient. Ici, on sorti du reggaeton et place plutôt à la Funk brésilienne et à la dance. Une version assez addictive qui donne effectivement envie de danser (et de partir en vacances). 

    La version “Turbo” quant à elle efface un peu plus les voix dont le volume a été réduit lors du mix, elles paraissent ici secondaires. Les instruments à corde et les effets sonores lui confèrent un aspect plus “electro pop” que les autres versions.  

    Verdict

    Stray Kids savent produire et écrire des chansons efficaces. Ils maîtrisent les codes des genres qu’ils développent et savent faire des mélodies qui fonctionnent. Cet EP est relativement court et ne présente rien de nouveau en ce qui les concerne tant ils ont déjà prouvé leur versatilité. “DO IT” est un projet tout en simplicité, sans nécessairement de cohérence musicale entre les titres. Il semble qu’ici Stray Kids ai fait une compilation de quelques chansons déjà écrites et en sommeil dans leurs archives, tout en se faisant plaisir sur le travail des visuels et des clips.  A notre sens, “DO IT” n’est pas leur projet le plus notable, mais il a le mérite de recueillir des chansons plutôt bien produites et bien mixées. 

  • CINÉCLUB : Festival du Film Coréen à Paris 2025 – 3 films de la section Événement

    CINÉCLUB : Festival du Film Coréen à Paris 2025 – 3 films de la section Événement

    Pour notre troisième et dernier article, nous revenons sur la section Événement du  Festival du Film Coréen à Paris. Entre blockbusters et films d’action, le cinéma coréen n’a pas fini de nous surprendre. Nous revenons sur trois oeuvres grandement attendues par le public cinéphile : “Omniscient Reader : The Prophecy”, “Yadang The Snitch” et “Hi Five”. 

    Omniscient reader : the prophecy (전지적 독자 시점) de KIM Byung-woo

    OminscientReader 72dpi 0 Special Shooting Still

    Année de production : 2025

    Durée : 1h57min

    Genre : Fantastique, Action

    Synopsis : Dok-ja est le seul a avoir lu en entier le web-roman intitulé “Trois façons de survivre dans un monde en ruine”. Sans crier gare, dès le dernier chapitre terminé, les événements du roman prennent vie, avec des dangers mortels à tous les coins de rue. Mais Dok-ja connaît le récit sur le bout des doigts. Avec une poignée de personnes présentes à ses côtés quand l’Apocalypse a débuté, il se met en route pour sauver le monde.

    L’avis de Claire C. → « Omniscient Reader : The Prophecy » est un bon blockbuster à l’américaine, avec des scènes de combats dantesques, des effets spéciaux qui pique parfois un peu les yeux, un casting de luxe, des personnages féminins forts et bien mis en avant, ainsi que des personnages attachants, avec cette idée de « found family trope ».

    Cependant, cette adaptation échoue à rendre justice au webtoon original, notamment à travers des changements qui modifient profondément l’âme des personnages et leur dynamique. Par exemple, Yoo Sanha, ici présentée comme une guérisseuse qui n’a aucune envie de se battre, est loin de l’assassin impitoyable qu’elle est dans le webtoon. Quant à Lee Jihye, on passe d’une jeune lycéenne rongée de culpabilité qui décide de mettre ses diverses épées au service des autres pour se racheter à une tireuse d’élite qui préfère opérer seule.

    L’adaptation, dans sa version cinématographique, semble vouloir séduire un public plus large en s’inspirant de la recette éprouvée des films à la MARVEL : une action épique, des effets spéciaux spectaculaires, un casting bien connu, et une touche d’humour pour alléger les scènes intenses. Le film est construit et saura se faire apprécier en tant qu’œuvre indépendante par le grand public.

    L’avis de Mélanie → Difficile de faire la revue d’un tel film sans en avoir lu le webtoon, et pourtant j’ai passé un excellent moment. Si les avis des fans de l’œuvre originale sont assez négatifs, il semble que l’adaptation ne soit pas aussi fidèle qu’ils auraient aimé. Pour autant, le film peut s’apprécier dans sa singularité. Que ce soit au niveau du scénario fantastique et original, du casting efficace et à la bonne synergie, ou encore des effets spéciaux qui confèrent au film un aspect presque “Marvel”. La trope du héros qui se retrouve plongé dans un univers fictif où lui seul décide de la suite de l’histoire est correctement menée et on embarque directement avec lui dans son aventure. On regrette que la backstory du personnage de Dok-Ja n’ai pas été davantage développée, tout comme quelques sorts du roman comme celui qui enferme les êtres humains dans leurs traumas. On se doute que le webtoon creuse ces sujets là à l’écrit car le support le permet.

    Dans “Ominiscient Reader : The Prophecy”, on se délecte de ces personnages quelque peu stéréotypés et de ces scènes d’action bien surréalistes. Rien de plus divertissant que de voir Ahn Yeo-seop, Lee Min-ho, Shin Seung-ho, Nana ou Jisoo (Blackpink) s’allier contre des créatures difformes. On aurait même aimé en avoir davantage et poursuivre l’histoire sur d’autres chapitres encore. En somme, un film d’aventure grand public, au casting imbattable, avec une intrigue originale pour qui n’est pas adepte du webtoon. Du divertissement pur. 

    YADANG: THE SNITCH (야당) de HWANG Byeong-gug

    yadang the snitch

    Année de production : 2025

    Durée : 2h02min

    Genre : Thriller, Action

    Synopsis : Kang-su est un “yadang”, un informateur professionnel qui rencarde la justice et les forces de l’ordre sur les trafics de drogue. Son business est florissant, d’autant qu’il est le yadang attitré de Ku Kwan-hee, un procureur qui monte dans les sphères judiciaires. Mais un coup de filet des stups, dans une soirée où se trouve le fils d’un candidat à la présidentielle, va mettre en péril l’avenir – et la vie – de Kang-su…

    L’avis de Marie → J’avoue être allée à la séance sans grandes attentes, n’étant pas particulièrement fan de films d’action, mais j’ai été très agréablement surprise. La première partie du film nous laisse le temps de nous attacher aux personnages, notamment à celui de Kang-Su, surnommé la balance (ya dang). Un anti-héros à la fois farfelu et brillant, un « génie de l’absurde » qui surprend par ses éclairs de lucidité.

    Le rôle, incarné par Kang Ha-neul, est d’autant plus marquant que peu d’acteurs ont accepté d’interpréter un personnage autant lié à la drogue : un risque pour leurs contrats publicitaires explique le réalisateur. Kang Ha-neul, lui, a tenu à faire ce film et son engagement se ressent à l’écran.

    Le film enchaîne ensuite les péripéties dans les milieux sombres de la drogue, tout en gardant un ton humoristique et nerveux. On reste captivé du début à la fin, exactement comme le souhaitait le réalisateur, venu répondre à quelques questions après la séance : son but, disait-il, était de créer un film où personne n’aurait envie de regarder son téléphone — pari réussi.

    Malgré l’humour omniprésent, certaines scènes sont très violentes : règlements de comptes, consommation de drogue, courses-poursuites et sexe explicite. Hwang Byeong-gug savait dès l’écriture que le film serait interdit aux moins de 18 ans, et il en a profité pour aller au bout de son propos, explique-t’il. Il s’est d’ailleurs plongé dans la réalité du milieu : il a visité des lieux peu recommandés, rencontré et discuté avec des toxicomanes via les réseaux et a même été brièvement arrêté lors de ses recherches — dans le même commissariat que celui qu’on voit dans le film ! Cette immersion rend l’histoire d’autant plus crédible, notamment dans sa représentation du système judiciaire.

    Enfin, la performance des acteurs est remarquable : chacun parvient à transmettre une réelle émotion sans que l’humour ne prenne le dessus. En tant que spectatrice, on se laisse emporter par ce sentiment de revanche et de justice qui rappelle parfois le ton du drama The Glory.

    En bref : YADANG: The Snitch est un film intense, drôle et brutal à la fois, porté par une mise en scène rythmée et un acteur principal habité. J’ai passé un très bon moment ! 

    HI FIVE de KANG Hyoung-chul

    HI FIVEStill02

    Année de production : 2025

    Durée : 2h

    Genre : Comédie fantastique, action

    Synopsis : Cinq personnes ordinaires qui étaient en attente d’une greffe se voient chacune attribuer un organe d’un homme mystérieux décédé à l’hôpital. Dans les jours qui suivent leur transplantation, tous se découvrent une habilité surnaturelle qui bouleverse leur quotidien. Mais un sixième personnage, gourou d’une secte, bénéficie lui aussi d’une greffe et d’un pouvoir, qu’il compte bien mettre à profit pour de sinistres ambitions…

    L’avis de Marie → Un film complètement barré !! Le scénario est ultra loufoque mais tient étonnamment bien la route sur l’ensemble du film. On est clairement plus là pour les dialogues hilarants que pour l’histoire en elle-même, et c’est très bien comme ça. 10/10, je te recommande à fond !

    Les acteurs incarnent parfaitement leurs rôles, et on s’attache très vite à ce petit groupe de cinq losers héroïques. Mention spéciale au méchant, interprété par Park Jin-Young, qui surprend vraiment dans ce rôle d’antagoniste, lui qu’on a plus l’habitude de voir dans des rôles romantiques ou de personnages principaux.

    On peut aussi saluer le travail sur les effets spéciaux — pour une production coréenne, c’est franchement ambitieux ! Même s’ils ne sont pas toujours ultra réalistes, ils renforcent justement l’aspect décalé et grotesque du film. Et de toute façon, soyons honnêtes : on est surtout là pour rigoler, pas pour en prendre plein les yeux.

    Merci au FFCP pour leur invitation !

  • CINECLUB : Shortcuts #1 : une sélection de courts métrages par le FFCP 2025

    CINECLUB : Shortcuts #1 : une sélection de courts métrages par le FFCP 2025

    Les Shortcuts du Festival du Film Coréen de Paris 2025 ont été divisés en trois séances sur la durée du Festival. Pour Halloween, l’équipe de dear.korea a pu assister à la première session de ces courts-métrages coréens, aussi poignants qu’absurdes, voire parfois dérangeants. Plongeons ensemble dans des mondes captivants, remplis de récits inédits aux messages forts, en lien avec la société coréenne moderne.

    On vous présente les 7 oeuvres programmées pour la première sélection de cette année : 

    Don’t come back – 악인은 돌아온다

    Shortcuts - Don't come back - FFCP 2025

    Réalisé par : Kim Nam-Seok
    Année de production : 2025
    Durée : 23 min
    Genre : Thriller

    Synopsis : Une lettre, puis deux, puis trois… Depuis que Junsik, l’homme responsable de la mort de sa mère, ne cesse de lui écrire, Nayeon ne se sent plus en sécurité. Que lui veut-il ? Pourquoi ne s’arrête-t-il pas ? Dévorée par l’anxiété, Nayeon décide de déménager… mais le pire reste à venir.

    → l’avis de la rédac : « Don’t Come Back » plonge le spectateur dans un tourbillon d’anxiété et de culpabilité. Le court-métrage explore habilement les effets dévastateurs du harcèlement psychologique, où l’obsession devient plus lourde que la réalité. Alors que Nayeon souhaite échapper à son angoisse perpétuelle, elle est amenée à tomber petit à petit dans ses travers les plus sombres, tandis que Junsik souhaite en finir définitivement avec ses travers. Une œuvre qui interroge sur la culpabilité, la peur et les limites de l’âme humaine face à la douleur.

    The Red Fox – 여우의 피

    The Red Fox - FFCP 2025

    Réalisé par : Lee Ji-Yoon
    Année de production : 2025
    Durée : 7 min
    Genre : Animation

    Synopsis : Yuri s’occupe de sa petite sœur, Nari, avec qui elle vit seule. Nari se demande pourquoi Yuri se comporte de façon étrange quand elle rentre de l’école, jusqu’au jour où Nari tombe sur le portable que Yuri a oublié derrière elle.  

    → l’avis de la rédac : Premier film d’animation de la liste, “The Red Fox” entre dans le quotidien de Nari et Yuri, qui semblent vivre seules dans un petit village de campagne. Chaque jour, Yuri consomme un verre de sang de renard, expliquant à sa petite soeur que ça la rendra plus forte. Le film aborde subtilement la notion de harcèlement scolaire avec le téléphone portable oublié et fait une allusion au suicide lors de la scène finale, rendant ce film d’animation assez sombre. On peut également s’interroger sur le lien entre le “sang de renard” et l’apparition de l’animal dans le film, car si le renard peut symboliser la liberté, le fait que Yuri boive un verre de “sang de renard” tous les jours peut-il s’apparenter à la prise d’anti-dépresseurs ?

    Swapped Funerals – 두 번의 장례

    Swapped Funerals - FFCP 2025

    Réalisé par : Yang Seung-Woo
    Année de production : 2025
    Durée : 24 min
    Genre : Drame

    Synopsis : La crémation de la grand-mère de Seyoung se voit subitement arrêtée car le cercueil a été échangé avec celui d’un autre défunt.

    → l’avis de la rédac : A mi-chemin entre le drame et la comédie, “Swapped Funerals” suit l’interruption de la crémation de la grand-mère de Seyoung suite à une erreur de la maison funéraire. Obligé de cohabiter avec une autre famille le temps de récupérer, vérifier et remettre le bon corps dans le bon cercueil, Seyoung revient sur sa relation avec sa grand-mère et se confie au jeune garçon de l’autre famille, qui eux enterrent leur jeune fils adolescent qui s’est suicidé suite à un harcèlement scolaire. Le film nous montre clairement que les enfants sont parfois plus humains que les adultes, surtout face à la mort. Là où les parents se rejettent la faute entre eux, les enfants construisent une relation et parlent à coeur ouvert au sujet des défunts, jusqu’à réussir à unifier les adultes autour de leurs deuils.

    Furniture’s unknown – 가구들의 사후세계

    Furniture's Unknown - FFCP 2025

    Réalisé par : Baek Yun-Seon
    Année de production : 2025
    Durée : 9 min
    Genre : Animation

    Synopsis : Quand les années passent, reste ce qu’on laisse derrière nous. Des souvenirs… et ceux qui en ont été témoins. Perdue dans un étrange pays, une petite armoire porte la mémoire de son ancienne propriétaire.

    → l’avis de la rédac : Le film le plus poétique de cette sélection, “Furniture’s unknown” nous fait découvrir la vie cachée des objets de notre enfance. Ici, c’est une petite armoire à vêtements pour enfants qui refuse d’oublier son ancienne propriétaire et va apprendre à accepter qu’elle a fait son temps, pour être ensuite envoyée dans une nouvelle famille. Le court-métrage est une lettre d’amour à nos âmes d’enfants qui saura nous faire remonter au grenier chercher nos vieilles peluches afin de leur faire un énorme câlin. Un film très touchant et poétique.

    Petit bonus : lors du générique de fin, l’équipe a décidé d’illustrer les noms de toutes les personnes présentes aux génériques en mettant des photos d’eux enfants.

    An Empty Round – 탄피

    An Empty Round - FFCP 2025

    Réalisé par : Kim Jae-Min
    Année de production : 2025
    Durée : 24 min
    Genre : Comédie

    Synopsis : Des militaires doivent absolument retrouver une douille perdue lors d’un entrainement de tir. Un jour qui restera gravé à jamais dans la mémoire de leur sergent.

    → l’avis de la rédac : Qui n’a jamais rêvé de voir un body-builder déguisé en douille de 9mm se mettre soudainement à pleurer de joie car on l’a qualifié de saxophone ? “An Empty Round” est la définition même de l’absurde coréen. Une douille perdue qui se personnifie et commence une discussion philosophique avec le sergent qui la cherche, incarnant une sorte de “voix intérieure” pour le militaire, lui permettant ainsi d’évoluer psychologiquement à la fin du film.

    Tongue – 혀

    Tongue - FFCP 2025

    Réalisé par : Lim Da-Seul
    Année de production : 2025
    Durée : 15 min
    Genre : Comédie Horrifique

    Synopsis : Poussée à bout par le flot incessant de paroles qu’émet son compagnon, une jeune femme en quête de silence prend une décision… radicale. 

    → l’avis de la rédac : “Tongue” est un court-métrage parfait pour Halloween : du gore, du suspens, un profond malaise, un certain dégoût et une fin comique pour apaiser le rythme cardiaque. Alors que l’on pense suivre un quotidien de couple des plus banal, avec un homme très (trop) bavard et une femme quasi-mutique qui semble vouloir être partout sauf avec son compagnon, on se retrouve dans un appartement dans lequel le seul bruit est celui d’une langue d’environ 2m de haut qui se déplace en laissant de la bave partout derrière elle, tel un escargot, et commence à parler jusqu’à en saturer les enceintes de la salle de cinéma. Le film se termine dans le silence, avec un homme muet et sa femme devenue sourde autour d’un repas, tout sourire. Un film qui provoque le malaise et le dégoût en même temps, en jouant sur les 5 sens.

    Nail Flower

    Nail Flower - FFCP 2025

    Réalisé par : Rho Eon-Sik
    Année de production : 2025
    Durée : 18 min
    Genre : Drame

    Synopsis : Partagée entre son dur métier de soudeuse et la garde de sa fille, Eunhee peine à garder la tête hors de l’eau. Au fond du quartier délabré où elle réside, la magie n’existe plus depuis longtemps. À moins qu’elle ne parvienne à en créer pour sa fille….

    → l’avis de la rédac : Dernier film de la sélection, “Nail Flower” nous apprend à trouver la magie et la beauté même là où on la croyait disparue. Alors que sa fille doit apprendre à s’occuper d’une fleur comme devoir scolaire, cette dernière tombe sur un clou rouillé et tordu devant sa maison et décide d’en faire sa fleur. Croyant protéger l’innocence de sa fille, Eunhee décide alors d’utiliser ses compétences pour faire fleurir cette “fleur” et créer un lien avec sa fille. C’est un très beau court-métrage sur l’importance de protéger l’innocence et la beauté intérieure des enfants, ainsi que sur l’acceptation des différences, qu’elles soient sociales (Eunhee travaille dans une usine et vit dans un quartier plutôt pauvre) ou psychologiques.

  • JUKEBOX : 4 titres en solo pour ARTMS

    JUKEBOX : 4 titres en solo pour ARTMS

    Alors qu’ARTMS s’apprête à partir pour sa troisième tournée mondiale (quatre en comptant celle d’Odd Eye Circle), quatre des membres ont dévoilé de nouveaux titres en solo. 

    Quelques mois après <Club Icarus>, les membres d’ARTMS redoublent d’efforts pour imposer leur identité musicale. Récemment, leur agence, Modhaus, a annoncé des projets solo pour les membres n’ayant pas eu leur propre mini-album, soit HaSeul, Kim Lip, JinSoul et Choerry. Plongeons dans leurs couleurs personnelles avec ces quatre singles. 

    HaSeul – Love Poison 

    Avec “Plastic Candy” et “Fragile Eyes”, on avait déjà compris que HaSeul se dirigeait vers des sonorités city pop. “Love Poison” a une production instrumentale épurée – une basse, des percussions et quelques notes de synthétiseur suffisent. Le plus important dans cette chanson, c’est encore la voix de HaSeul. 

    Cette dernière est une chanteuse hors pair qui s’est intéressée jeune au chant classique, apprenant quelques techniques d’opéra qu’elle met régulièrement en avant lors de concerts. “Love Poison” lui permet ici d’explorer un registre plus calme et apaisant, qu’elle maîtrise parfaitement. 

    Lors d’une partie instrumentale quasi-typique de la city pop, c’est étonnamment une flûte traversière qui est mise en valeur avec quelques notes simples en plus d’un violon et d’un saxophone clairsemés. 

    Kim Lip – Can You Entertain? 

    Un mois plus tard, c’est au tour des trois membres d’Odd Eye Circle de dévoiler tour à tour leurs solos. On commence évidemment avec Kim Lip et “Can You Entertain?”

    Le titre commence avec une production musicale réminiscente des années 1980 et notamment du R&B de cette décennie. La basse est funky, rebondissant autour de percussions et de violons. Il est impossible, notamment avec quelques notes de synthétiseur, de ne pas comparer le titre avec son début solo “Eclipse” tant “Can You Entertain?” paraît être dans sa continuité. 

    Le timbre de voix de Kim Lip est reconnaissable entre tous, et peu importe le registre, elle s’adapte à merveille. La partie entre rap et chant parlé marque particulièrement pour son ambiance sensuelle et affirmée. 

    JinSoul – Ring of Chaos 

    Une semaine après Kim Lip, c’est au tour de JinSoul de sortir “Ring of Chaos”. Sa production musicale s’inspire du new jack swing et autres genres populaires dans les années 1980 à l’instar de Kim Lip. 

    “Ring of Chaos”, contrairement à ce que son titre pourrait laisser entendre, reste lisse et très pop avec des éléments de rock lors du pont. Cet aspect est timide lors du dernier refrain et de la clôture du titre, bien que l’on entende tout de même une guitare électrique en fond. 

    La voix de JinSoul hypnotise avec ce timbre particulier, léger et un peu nasal. Encore une fois, on part dans un registre vocal dans lequel elle est confortable, mettant en avant ses capacités. 

    Choerry – Pressure

    Lorsque l’on pense à Choerry, une image qui vient en tête est une femme pleine d’énergie et tout sourire. Il n’était pas incohérent de s’attendre à un solo très bubblegum pop à l’image des dernières sorties de ILLIT, par exemple. C’est ce que l’on retrouve avec “Pressure”, mais de manière un peu timide. 

    Le titre est mignon, s’appuyant fortement sur une mélodie de synthétiseur soutenue par des percussions. Pour autant, il ne s’aventure pas assez dans l’univers bubblegum pop qu’il effleure. Des trois solos d’Odd Eye Circle qui forment une continuité, “Pressure” est sans doute le moins mémorable. 

    La performance de Choerry n’est pas à blâmer. Elle interprète au contraire cette chanson le mieux possible avec une énergie contagieuse et adorable lors du refrain – on ne peut néanmoins pas dire que ce titre la représente parfaitement. 

    Conclusion

    Nous apprécions de voir les membres d’ARTMS briller dans leurs solos. Elles s’épanouissent sans aucun doute dans des styles musicaux qui sont familiers. HaSeul a eu l’occasion de performer ce solo ainsi que d’autres de ses titres lors de deux concerts solo à Séoul tandis que Kim Lip et Choerry se sont produites sur la scène de The Show. Jinsoul ayant été victime d’un petit accident de voiture juste avant l’enregistrement, elle n’a malheureusement pas pu s’y rendre. 

    La longévité de ces titres sera probablement surtout interne aux Orbits (fans de LOONA) et OURII. On regrette effectivement le manque de promotion du groupe dans son entièreté, l’agence se reposant souvent sur la fanbase déjà existante. 

  • CINÉCLUB : Festival du Film Coréen à Paris 2025 : 3 films qui explorent la nature humaine

    CINÉCLUB : Festival du Film Coréen à Paris 2025 : 3 films qui explorent la nature humaine

    Chaque année, le Festival du Film Coréen à Paris programme des dizaines d’œuvres cinématographiques, des blockbusters aux films indépendants. Pour cette saison, nous avons eu la chance d’assister au film d’ouverture “My daughter is a zombie”, grand succès au box-office coréen. Nous avons aussi vu deux films de la section Paysage : “Summer’s Camera” et “Boy in the Pool”, des drames romantiques qui sont les premiers longs-métrages de leurs réalisatrices respectives. 
    Nous revenons sur ces trois œuvres, qui explorent la nature humaine et les relations interpersonnelles dans des tons tout à fait différents. 

    OUVERTURE

    My daughter is a zombie de PIL Gam-sung

    MDZ Still 6

    Année de production : 2025

    Durée : 1h54min

    Genre : Comédie fantastique

    Synopsis : Jung-hwan élève seul sa fille, Soo-ah, passionnée de danse. Quand une épidémie de zombies éclate et que l’adolescente est mordue, Jung-hwan fuit la ville pour se réfugier chez sa mère, dans un petit village côtier. Alors que les autorités traquent les derniers infectés, Jung-hwan doit absolument cacher l’état de sa fille zombie. Et en tant que dresseur animalier, il a plus d’un tour dans son sac…

    L’avis de MélanieSi un être aimé devenait un zombie, que feriez vous ? Tomberez- vous dans le pathos ou feriez-vous tout pour le sauver ? C’est dans un ton tragi-comique que ce film tente de répondre à cette question. Prenez un film de zombie apocalyptique traditionnel et cassez en tous les codes avec humour et vous aurez “My Daughter is a Zombie”. Adaptation du webtoon du même nom, le film propose deux heures de réflexion sur l’humanité, l’amour filial et la considération des malades dans notre société. 

    Nous avons eu la chance de recevoir le réalisateur Pil Gam-sung pendant la séance. Pour lui, le traumatisme du confinement pendant la période Covid étant encore ancrée et a servi de terreau d’inspiration. Il traite le sujet du soin apporté à la personne malade dans une belle gradation alors que Soo-Ah est d’abord acceptée et traitée par son père Jung-Hwan, puis par sa grand-mère, puis par les amis du père, et enfin par le reste du village. Un beau message d’espoir alors que tout semble impossible.

    Le choix du casting pour ce film est particulièrement réussi car Pil Gam-sung a pensé à Jo Jungseok (Hospital Playlist, Pilot,…) en écrivant son personnage de Jung-Hwan. Sa fluidité entre la comédie, les scènes de danse et la tristesse sont remarquables. De même que Lee Jung-eun, qui fait une grand-mère intimidante et drôle merveilleuse et dont les talents d’actrice et l’adaptabilité ne sont plus à prouver. En somme, une adaptation réussie du webtoon qui a été réinterprété par le réalisateur dans un film gai et émouvant porté par un casting fort.

    SECTION PAYSAGE

    Summer’s Camera (여름의 카메라) de Divine SUNG

    STILL 03

    Année de production : 2025

    Durée : 1h23

    Genre : Drame romantique

    Synopsis : Depuis la mort de son père, Summer ne prend plus de photos. Il lui avait offert son vieil appareil argentique, avec une pellicule entamée quand lui- même était lycéen. Lorsqu’elle tombe amoureuse, Summer retrouve le goût de la photographie. Mais en développant la vieille pellicule, l’adolescente fait une découverte inattendue sur son père. Elle décide de retourner sur les traces de son passé…

    L’avis de Rachel → Alors que l’image des personnes queer en Corée du Sud commence enfin à s’éclaircir, “Summer’s Camera” offre un moment de tendresse et de découverte à l’image d’un coming of age

    Avec son premier béguin, Yeoreum reprend goût à la photographie, elle qui l’avait délaissée à la mort de son père. La photo est un des éléments clés de l’histoire – elle arrête le temps, fige le moment dans un écrin argentique qu’elle peut décider, ou non, d’imprimer. C’est d’ailleurs en faisant développer la dernière pellicule de son père qu’elle en apprend plus sur le passé de celui-ci. 

    Elle découvre l’identité queer de son père, allant à la rencontre de celui qu’il a aimé dans son adolescence. L’histoire de Yeoreum et Yeonwoo est étrangement similaire à celle de Jihoon, père de Yeoreum, et Maru – ce parallèle aide Yeoreum à comprendre son identité d’autant plus. 

    Yeoreum affronte ses premières fois : premier amour, premier baiser, premier cœur brisé, avec tout le courage d’une jeune adolescente naïve qui n’en a que faire du monde extérieur. Les scènes de coming out sont enveloppées de simplicité et de banalité, comme pour faire comprendre au public du film qu’il n’y a rien de sensationnel à ne pas être hétérosexuel. Le coming out n’est d’ailleurs pas le point focal de Summer’s Camera

    Lors de la séance, nous avons pu également assister à un Q&A de la réalisatrice Divine Sung qui a échangé sur les thèmes principaux de ce long-métrage indépendant : la photographie, le deuil et l’identité queer. 

    Filmé en seulement 18 jours et avec peu de moyens, Divine Sung réussit à émouvoir avec des plans à la fois subtils et criants d’émotions. 

    Boy in the Pool (보이 인 더 풀) de RYU Yeon-su

    06

    Année de production : 2024

    Durée : 1h29

    Genre : Drame romantique

    Synopsis : Seok-young, 13 ans, adore nager. Alors qu’elle vient d’emménager dans une petite ville de bord de mer avec sa mère et sa sœur, elle ne tarde pas à fréquenter la piscine. C’est là qu’elle fait la connaissance de Woo-ju, qui ne met jamais un pied dans l’eau. Le jeune garçon a un secret, qu’il va confier à Seok-young. Leurs vies vont s’en trouver changées à jamais.

    L’avis de Coline → Avec Boy in the Pool, la réalisatrice Ryu Yeon-su fait ses premiers pas dans l’univers des long-métrages. Un pari réussi pour ce qui touche à l’esthétisme, mais qui pousse à mon sens trop le contemplatif.

    Alors que l’on pense suivre une simple histoire d’amitié entre deux enfants qui se rencontrent à la piscine, c’est une véritable relation de confiance qui se crée entre eux. Un lien qui va traverser les années et de nombreuses épreuves. Parviendront-ils à se retrouver ?

    Boy in the Pool est un slowburn, une histoire qu’il faut prendre le temps de savourer, sans se ruer dans la scène suivante. Les plans s’étirent et reflètent le temps qui passe alors que les silences se multiplient, se prolongent et participent pleinement au déroulé du scénario. C’est sans aucun doute un film contemplatif, peut-être trop pour les spectateurs habitués à des œuvres plus saccadées dont l’attention peut vite se perdre et qui peuvent se retrouver frustré face à une telle lenteur.

    Chaque plan est une œuvre d’art : les jeux de lumières appuient une certaine douceur, chaque ombre semble avoir une importance. Les couleurs froides évoquent la mélancolie que l’on peut ressentir en grandissant. On se laisse plonger dans l’ambiance, submerger par les émotions des personnages dont la sensibilité se fait ressentir tout du long.
    En bref, Boy in the Pool est un long-métrage sincère, poétique, presque introspectif, qui finit par perdre toute tension dramatique du fait de sa lenteur volontaire.

    Merci à l’équipe du FFCP pour leur accueil et invitation !