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Musique, cinéma, littérature… on vous partage nos ressentis dans nos reviews grâce à un décryptage en profondeur de chaque oeuvre sud-coréenne.

  • JUKEBOX – Pourquoi DESIRE : UNLEASH est un tournant dans la carrière d’ENHYPEN ? 

    JUKEBOX – Pourquoi DESIRE : UNLEASH est un tournant dans la carrière d’ENHYPEN ? 

    L’amour ou le désir ? ENHYPEN revient toujours à la base, l’attirance, la passion et l’amour. « Seul un vampire peut aimer pour toujours« . L’EP DESIRE : UNLEASH, qui de son nom signifie “un désir enfin libéré”, raconte l’histoire de vampires éperdu en quête de liberté, dont le désir est la clé.

    Alors que leur précédent album, ROMANCE : UNTOLD, sorti il y a déjà presque un an se situait à l’inverse dans une ère plutôt romantique et rêveuse, les ENGENEs étaient restés sur leur faim. Qu’en est-il de ce nouveau projet qui s’annonce déjà être l’un des albums de l’année ?

    Un album qui explore la dualité des vampires

    DESIRE : UNLEASH, marque le second arc d’une série qu’on pourrait appeler DUALITÉ. Cet album s’impose dans le lore d’ENHYPEN comme une œuvre marquante — que ce soit au niveau de leur style de musique, de leur maîtrise vocale, des paroles, comme de la narration jusqu’à la promotion de l’album et de son marketing. 

    C’est le 24 avril 2025 qu’on assiste au premier teasing. Il s’agissait de l’annonce officielle du nom de l’album, ainsi que d’une affiche avec l’inscription « MAKE YOU MINE », qui se révèle être le nom de chaque concept de l’album, dévoilés au fur et à mesure sur le mois de mai.

    Le 2 et 3 mai 2025, un concept cinéma fait son apparition sur les réseaux sociaux. Il s’agit d’affiches accompagnant non pas l’album directement, mais le trailer vidéo de DESIRE : UNLEASH. Du long de ses neuf minutes, ce court métrage artistique illustre les thèmes de la passion, des tensions émotionnelles liées au désir intense des vampires, qui guident leur identité et leurs actions. Cette vidéo conceptuelle sert d’introduction visuelle et d’immersion dans leur univers narratif comme musical. 

    On le sait maintenant, ce nouvel album reconnecte ENHYPEN à leurs origines, les vampires et leur soif insatiable de liberté, dans une ambiance différente de ce qu’on connaît. Cette fois-ci, ils sont méconnaissables, et peut-être même devenus terrifiants, à tel point que le désir les consume.

    ‘I am torn by my desire to make you a vampire.’

    Depuis leurs débuts, les membres explorent l’image du vampire classique, qu’on retrouve dans les œuvres du folklore fantastique. Inspiré de Dracula, ils se développent dans les émotions, l’éthique et dans le symbolisme pour finalement créer leur propre mythe.

    Le concept MAKE représente le point de bascule entre la simple attirance et l’obsession dévorante. Il incarne un désir brûlant : posséder, transformer, lier à jamais… aimer jusqu’à se perdre soi-même. Il s’agit du concept principal de l’album, car tout part d’ici –  tiraillé entre le désir de transformer l’autre en vampire en sachant pertinemment qu’on le condamne, ou le préserver de la malédiction en choisissant de s’en détacher. Une approche tragique que les vampires d’aujourd’hui, dans le fantastique, affrontent encore,  comme un écho rappelant leur malédiction.

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    YOU Version – DESIRE : UNLEASH ENHYPEN

    ‘I resist my desire because I am a threat to you.’

    À contrario, YOU capture la beauté tragique du contrôle de soi même par amour envers l’autre. Cette fois-ci, on fait face à un être conscient (et non guidé par son instinct), qui réprime son désir dévorant pour protéger la personne qu’il aime. Il se retient, car il sait que ce pouvoir insatiable pourrait blesser son amant – en dépit de la douleur de ses propres sentiments.

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    MINE version – DESIRE : UNLEASH ENHYPEN

    ‘I defy fate to create a new future with you.’

    MINE est le point clé de cette histoire. En tant que vampire, il rejette sa fatalité, refuse les règles écrites par la nature — pour finalement choisir sa propre destinée, sans contrainte de désir et de possession, seulement un avenir amoureux à deux, et surtout libres de leurs conditions. Avec Mine, il ne s’agit plus de se battre contre son désir, mais d’en faire une force. 

    Ces trois concepts, avant même que les morceaux ne soient révélés, ont eu un véritable impact sur la perception de l’album. Celui qui a davantage marqué les ENGENEs se trouve dans son nom, la version ENGENE elle même, qui n’est pas seulement un concept photos, mais bien un escape game en ligne, une première dans l’industrie de la K-pop !

    ESCAPE ENHYPEN, le jeu vidéo d’escape game

    En effet, le 21 mai dernier, ENHYPEN dévoile le lien enhypenescape.com qui renvoie à un site web avec pour instruction “d’essayer de se libérer – try to Unleash”. Le jeu prend la forme d’un escape room à la première personne, où on y suit les membres d’ENHYPEN dans leur quête de liberté. 

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    Muni d’un ordinateur, nous sommes alors plongés dans une ambiance sensorielle et immersive en plein cœur de leur concept. Pour fuir le laboratoire où leurs capacités vampiriques sont analysées, il nous faudra résoudre les énigmes qui s’y cachent et traverser les couloirs sombres et inquiétants du bâtiment. Mais attention, il existe deux fins possibles…

    Enhypen Escape marque alors une tournée dans leur promotion, se démarquant particulièrement par son approche totalement différente de ce dont on a l’habitude, et rendant une certaine proximité avec les membres et leur concept narratif. De plus, il existe également un concept film disponible sur YouTube, dans lequel on suit les membres dans leur quête d’évasion, et qui permet de mieux comprendre leur jeu vidéo, en le complétant. 

    L’attente prend alors fin le 5 juin avec la sortie officielle de DESIRE : UNLEASH. Découvrons ensemble chaque détail de ce comeback !

    Flashover

    DESIRE : UNLEASH s’ouvre avec audace sur un morceau vibrant, porté par des thèmes d’énergie, de puissance et de chaleur ; au nom de “Flashover”.

    ENHYPEN ont tendance à utiliser des mots presque poétiques afin d’exprimer une émotion, un moment, un ressenti. “Flashover” en fait partie, ce mot n’est pas choisi au hasard. Mais alors, de quoi s’agit-il ?

    flashover : – n.

    1. une explosion soudaine et intense de feu provoquée par l’inflammation simultanée de tous les matériaux combustibles dans une pièce.

    2. le point critique d’un incendie où la chaleur et les gaz atteignent une température d’ignition, transformant une flamme contenue en un brasier violent.

    Le mot “Flashover” évoque le moment critique où tout s’embrase — et il s’agit ici du désir qui prend l’image d’un feu ardent, d’un flashover, à son apogée.

    Heeseung ouvre la piste avec un falsetto typique de ses prestations, créant immédiatement une atmosphère légère et planante. On est agréablement surpris par son genre future bass, pop électronique sensuelle qui crée une intensité dès les premières secondes. Celui-ci nous rend nostalgique des années 2015-16, lorsque ce style était populaire. 

    Du long de ses deux minutes six, nous voyageons dans la tête des membres, qui sont sur le point de céder face à leur désir si intense. 

    Le champ lexical du feu est le point qui relie chaque paroles entre elles (ignition, exploser, enflammé, brûle, répandre, essence, flamme…). Ce feu symbolise une pulsion intérieure trop forte pour être contenue, un amour si grand qu’il est sur le point d’exploser. Le feu naît depuis l’intérieur, et il est inévitable. C’est une perte de contrôle qui éclate au refrain, lorsqu’on a l’impression que les instruments  se meuvent telles des flammes en spirales.

    Je ne peux pas m’arrêter, m’arrêter
    Arrêter ce feu
    Je ne peux pas m’arrêter, m’arrêter
    Ne m’arrête plus

    Le morceau est une métaphore du désir, mais également d’un amour si puissant qu’il grandit au point de ne plus pouvoir être maîtrisé – mon désir pour toi devient plus fort et brûle comme un feu.

    On assiste à un conflit intérieur dans lequel les membres sont victimes de leurs propres émotions, qui prennent le dessus par rapport à la raison. C’est le point de non-retour, ce moment où l’émotion déborde, où le cœur prend le pas sur l’esprit, comme un brasier incontrôlable. “Flashover” ne raconte pas une simple attirance : il illustre la combustion d’un amour si ardent qu’il dévore tout sur son passage.

    Funfact : « Flashover » est le morceau favori de Sunoo et Sunghoon, dans cet album.

    Bad Desire (With or Without You)

    Pour cette title track, ENHYPEN suit les tendances actuelles du retour aux années 2000. Bad Desire (With or Without You) est une chanson aux inspirations on ne peut plus claire : Mirrors de Justin Timberlake pour les batteries, Timbaland pour la production générale et surtout un sample de la chanson (I Just) Died in Your Arms Tonight de Cutting Crew. Cette chanson mythique des années 80 symbolise un amour transi et tragique, ambiance parfaite pour les vampires d’ENHYPEN ! 

    Toutes ces inspirations se mélangent dans un titre plein d’émotions, faisant la part belle aux mélodies déchirantes, surtout sur le refrain. Sur une progression identique d’accords à celle des Cutting Crew, les voix des membres se font toutes implorantes, presque meurtries. L’usage de filtres et de vocoders lisse un peu les aspérités des voix respectives des membres. Heeseung évidemment peut exploiter tout son potentiel vocal sur la chanson. Le mixage global reste un peu imprécis, à l’image de ce que Hybe nous habitue à attendre. 

    Avec “Bad Desire (With or Without You)”, le groupe continue d’exploiter les frontières floues de la lumière et de l’obscurité, de l’innocence et de la condamnation. L’amour, ou bien le désir, y est vu comme une tentation dangereuse : magnifique mais destructrice. Il contient l’essence même de l’album — je veux faire de toi un vampire.

    Et si je te disais que je te veux ?
    Mais je vois que ton cœur est pur
    Et si je te disais que je suis un monstre ?
    Ne t’approche pas

    Les paroles — dans la version coréenne comme la version anglaise — mettent en scène une voix intérieure déchirée : devrais-je aimer ou fuir ? protéger ou consumer ? À nouveau, nous faisons face à un paradoxe, qui revient sans cesse lorsque le désir est le point principal qui motive les membres. D’un côté nous avons une attirance irrépressible, instinctive, qui pousse à franchir les limites de la raison : « j’ai des désirs, toi aussi tu en as », « “pour toujours”, ce n’est pas assez pour toi » « je veux écrire mon nom sur ta peau, comme un tatouage permanent » – telle une morsure de vampire finalement. Et en parallèle nous avons conscience du danger que cela représente : « et si je te disais que je suis un monstre ? », « ne t’approche pas », « je ne veux pas éteindre ta lumière dorée ».

    Fille innocente, ne touche pas, ne fais pas ça
    Je ne veux pas éteindre ta lumière dorée
    Dans le monde, tu es un ange
    Mais ici, dans l’obscurité, tu es mon sacrifice

    Tandis qu’ils se décrivent comme des monstres, guidés par l’appel de la lune rouge, ils sont attirés par la lumière pure d’un ange. Entre le mal et le bien, ils prennent conscience que le simple fait d’aimer pourrait corrompre ce qu’ils admirent, et même plus, le détruire. Mais c’est justement ce paradoxe qui rend ce désir encore plus intense, sacré. Aimer n’est pas une promesse de paix, mais devient une forme de sacrifice, de damnation volontaire — et c’est ce vertige qui le rend si beau.

    Même si je te serre dans mes bras et te fais mienne
    Même si je jette une malédiction pour qu’on passe l’éternité ensemble
    Je sais qu’au bout du compte,
    Tu souriras pour moi, avec joie

    Le clip vient sublimer cette lutte intérieure de voyage entre enfer et paradis. Les membres sont déchirés dans une guerre entre le mal et le bien, aussi bien toxiques que les sauveurs de l’histoire. Moins narratif que Drunk-Dazed, le clip a le mérite d’approfondir le lore d’ENHYPEN. On y retrouve les éléments typiques des vampires ; téléportation, fumées, chauve-souris, lévitation — mais cette fois-ci avec comme pièce majeure une chimère (créature ici aux traits de félins, avec des cornes et des ailes ténébreuses), symbole de leurs mauvais désirs. Le rouge et le feu (également présent dans les paroles) représente cette passion brûlante, de tentation et de perte de contrôle, qu’on retrouve dans leur enfer. Tandis que le bleu et l’eau, représente l’innocence, la pureté, la protection de leur paradis. Cette dualité est parfaitement retranscrite à 1:25 minutes du MV, lorsque Ni-Ki mord son propre reflet, incarnant alors l’opposition entre l’instinct qui s’impose et la raison qui vacille. 

    ENHYPEN signe ici un morceau à la fois poignant et sensuel, dans lequel, bien qu’être surnaturel, le vampire continue de symboliser des émotions humaines profondes : la peur de blesser, la passion irrésistible, et l’appel dangereux de ce qu’on ne peut avoir. 

    Outside 

    L’album se poursuit sur un terrain inexploré pour ENHYPEN — le genre hip-hop. Cette découverte est une première pour le groupe, qui perçoit cette opportunité comme une nouvelle étape dans l’élargissement de leur palette musicale. 

    « Nous n’avons jamais fait de vraie chanson hip-hop. Cela pourrait conduire à un plus grand spectre de musique pour nous, je pense que c’est un point de départ.
    – Jake, ENHYPEN”

    “Outside” se place dans le genre hip-hop énergique, guidée par un rap affirmé avec des éléments R&B/future bass (style de musique qui pourrait totalement correspondre à NCT 127). La voix des membres est le point clé de ce morceau. Il exprime le désir à travers un flow relâché et autotuné, appuyant sur l’idée symbolique du morceau : être soi-même, même si cette réalité est dangereuse, monstrueuse, désordonnée.

    Mon instinct a ouvert les yeux, comme Dracula
    Indompté, mes crocs blancs deviennent fous
    J’étais un beau garçon, mais ça devient laid
    Comme si ma tête allait exploser – c’est le bruit de mon désir

    Entre raison et instinct, le morceau nous montre sa dualité : partager entre ce que l’on devrait être et ce qui bouillonne en nous. Le tout, guidé par une pulsion incontrôlable, une vérité qui ne demande qu’à être libérée. ENHYPEN utilise leur lore afin de parler d’émancipation, même si ce dernier est à un prix élevé. Le désir prend le dessus sur leur humanité « lune rouge » « yeux injectés de sang » « sourire tordu » « miroir qui révèle l’alter ego », en pleine transformation « mes crocs blancs deviennent fous », les membres s’abandonnent à leur vérité.

    Le désir ici n’est pas un désir romantique, mais une faim intérieure qui pousse les membres à franchir leurs propres limites, et à embrasser leur part d’ombre ; contrairement aux précédents albums qui repoussaient leur véritable nature. Cette soif est tellement intense qu’elle en devient même addictive, telle une drogue ou l’effet de l’adrénaline dans les sports extrêmes. Partagé entre le bien et le mal, le moral et l’immoral, l’innocence et la corruption, ENHYPEN choisit de transcender leurs frontières mentales pour la passion, la liberté et l’acceptation.

    Comme un X-game, tu me fais déraper
    L’adrénaline court dans mes veines à toute vitesse
    Le désir déborde, il t’emporte
    Par-delà la frontière de ma raison

    Le MV de “Outside” s’impose comme un déferlement visuel où l’identité, le désir et le chaos se rencontrent. Entre fusillades stylisées, jeux de substitution entre les membres (des doubles ; une version du groupe en noir et l’autre en couleur), et chorégraphies brutales, les membres révèlent une facette plus sombres d’eux-mêmes. Loin du clip de « Bad Desire (With or Without You) », ce dernier agit comme une plongée dans l’inconscient, le moment où les masques tombent et où le désir est l’élément déclencheur de leur transformation. ENHYPEN est hors des limites, hors de soi — outside.

    Loose

    Dévoilé initialement deux mois avant la sortie de l’album, “Loose”, le premier single anglais d’ENHYPEN, également repris en coréen, nous invite à lâcher prise dans une atmosphère électrique, où les regards échangés sont la clé d’un désir charnel.

    Dans la même lignée que The Weeknd, Troye Sivan, Gallant, ou bien Taemin, Dean, Baekhyun ; ENHYPEN se caractérise dans cette vibe chill, qui est autant élégante que rafraîchissante. Porté par une pop moderne avec des éléments R&B légers, “Loose” opte pour un groove sensuel et discret, qui laisse la parole aux membres dans un jeu de flirt où il n’y a plus de contraintes.

    En effet, le morceau mise sur les regards, les frissons, les hésitations entre deux personnes attirées l’une par l’autre, au point de ne plus pouvoir contenir la tension. C’est une chanson sur le désir mutuel, l’attente, et finalement le moment où l’on s’abandonne complètement pour laisser place à ce qu’on ressent.

    Il n’y a que toi et moi
    Nos regards accrochés dans cette pièce bondée
    La façon dont tu me regardes, je ne peux pas dire non
    Toute cette tension, bébé, laisse ton corps se relâcher, ouais, bébé

    Chacune des deux versions présente une image presque cinématographique d’un instant où le temps se suspend. D’un côté, nous avons une version anglaise directe dans sa séduction : « Nous devrions lâcher prise », « Je ne veux pas perdre une seconde de plus ce soir », « Trop chaud, tu me fais transpirer sur le sol », « Je vois à quel point tu le veux aussi », avec une approche assumée, explicite et presque occidentale dans sa construction. Imaginons une pièce bondée, des yeux qui se cherchent, des corps qui se déhanchent — la version originale capte ce moment intime et séduisant. 

    De l’autre côté, la version coréenne offre une approche plus métaphorique et émotionnelle, où le désir est plus subtil, avec beaucoup de tension symbolique : « maintenant toi aussi lâche prise », « nos souffles s’alourdissent, ils en disent long », « ta queue de cheval est jolie, mais je te préfère décoiffée », « je sais que ça te plaît ». Ainsi qu’une légère variation vis à vis de l’originale : un aspect sauvage, monstrueux, d’une lutte intérieure faisant écho directement avec leur concept vampirique — la raison ou l’instinct : « tu réveilles le monstre en moi », « toi seule peux m’apprivoiser ». Cette fois-ci, la pièce n’est plus bondée, ils sont seuls et chaque parole rajoute une couche de chaleur dans la salle.

    Tes yeux inchangés, tes lèvres entrouvertes
    Tes joues rouges contredisent tes mots
    Tu fais semblant de résister, mais tu tires sur la corde
    Il suffit que tu m’envoies un petit signe

    Vocalement, chaque membre s’imposent comme piliers : Heeseung en tête du morceau assurant sa sensualité, Jake et Jay apportant cette tension enflammé, Sunoo et Jungwon guidant l’émotion avec délicatesse, Sunghoon apportant une touche d’air frais et d’équilibre, et enfin Ni-ki incarnant la confiance en soi avec une approche vocale dominante et plus mûre. Le fait de délaisser le rap pour se concentrer sur un regard davantage intime, crée une ambiance à la fois dévorante et rafraîchissante. 

    “Loose” est une piste vivifiante, convenant totalement à l’atmosphère d’un été brûlant, de flirt, et de tension sexuelle. Il confirme à nouveau la maturité croissante du groupe, et leur capacité à flirter avec le sensuel sans jamais se perdre dans le vulgaire. 

    Petit point intéressant : “Loose” est la chanson qui a le plus résonné pour Jake et Ni-ki, se sentant naturellement attirés par les émotions de cette dernière — et c’est sûrement le cas pour nombreux d’entre nous.

    Helium

    Dès les premières notes de “Helium”, ENHYPEN plonge l’auditeur dans une ambiance aérienne et entraînante. Porté par des sonorités de rock alternatif, de pop rock et de country, le morceau navigue avec enthousiasme vers les émotions contradictoires que procurent l’amour.

    Comparer l’amour à de l’hélium, c’est évoquer une force invisible mais aussi puissante, capable de nous élever ou nous donner le vertige. C’est Jay lui-même qui a développé cette idée et a participé à sa composition, tout en écrivant ces paroles si singulières. 

    Quand je pensais à l’hélium, je ne pensais pas à la légèreté, mais à la façon dont un ballon rempli d’hélium volerait très haut dans l’atmosphère, et j’ai décidé de comparer cela à l’amour d’une personne envers moi, ce qui m’élève vraiment à cet endroit élevé.
    — Jay, ENHYPEN”
    Tu es mon souffle, l’air qui me fait vivre
    Je t’inspire profondément, ton amour est de l’hélium
    Chaque fois que je respire, je m’envole à en perdre la tête
    Je continue de t’inspirer, ton amour est de l’hélium, de l’hélium

    Dans “Helium”, ENHYPEN utilise l’image du gaz pour représenter un amour si intense qu’il fait littéralement “gonfler” le cœur. Similaire à un ballon rempli d’hélium, l’amour grandit, s’élève haut, jusqu’à finalement exploser telle une supernova dans l’espace, qui marque l’euphorie d’un amour puissant. Au travers de cette métaphore, Jay et les membres traduisent le sentiment amoureux dans cette sensation de flotter dans le ciel — à un excès d’amour, de dépendance affective aigre-douce, qui peut devenir incontrôlable (« Let’s rock, je t’inspire encore plus profondément » – ne peut donc plus vivre sans “respirer” l’autre).

    Les effets de l’hélium sont scientifiquement très courts sur nous, alors la joie est également relativement restreinte, mais si on en prend à répétition, on peut manquer d’oxygène et cela peut vite devenir dangereux. Alors ce morceau présente une double métaphore, une qui dit que l’amour est aussi puissant que l’apesanteur, et l’autre qui dit qu’il peut devenir toxique dans l’excès. Musicalement, cette idée est renforcée par ses gammes qui montent chromatiquement, donnant l’impression qu’on a pas assez de temps, et descendantes qui permettent de relâcher la pression (entre couplets et refrains), comme des vagues, jusqu’à finalement la saturation émotionnelle.

    Des produits chimiques — ah, tu me fais ressentir
    Même les fragments chaotiques de moi-même,
    Quand je t’ai rencontré : boom, tout a explosé
    Cet amour est le premier et le dernier (Le premier), rempli de toi (Woah)

    La fin du morceau, marqué par un solo de guitare mené par Jay, donne un caractère plus passionné à l’ensemble. Tandis que la voix douce de Heeseung plane sur les dernières notes, “Helium” se transforme en rêve flottant, éthéré. Ce n’est pas un hasard si ce dernier est le morceau préféré de Jungwon, Heeseung et Jay — et sans doute aussi de nombreux fans (dont l’autrice de ce texte). Il évoque une passion qui s’élève, submerge et finit par embraser tout sur son passage.

    Too Close

    Comparé à la tension musicale des précédents morceaux, “Too Close”, qui clôture le chapitre DESIRE : UNLEASH, est auditivement plus délicat que les autres. Cette fois-ci, ENHYPEN nous livre une piste envoûtante et sensuelle qui se glisse parfaitement dans le contexte de l’album, ainsi que dans leur discographie et concept artistique. 

    Guidé par les notes d’un piano acoustique, le morceau prend place dans le R&B alternatif aux nuances jazzy “vintage”, tout en notant un esthétisme lo-fi pour son côté “intimiste”, “relaxant”. Il s’inscrit ainsi dans la lignée de leurs morceaux les plus populaires, tels que “Shout Out” ou “Polaroïd Love”, mais avec une aura davantage mature à présent.

    Sur une production musicale minimaliste, le groupe explore le thème du désir amoureux. En miroir avec « Helium », « Too Close » semble vouloir prolonger cette perte de contrôle face à la tentation — se perdre en l’autre, lorsque la tension prend l’avantage sur la raison.

    Trop proche
    Une distance bien trop instable
    Tu es si dangereuse, je dois reculer
    Mais j’te désire trop, je suis à fond sur toi

    Ces paroles nous dévoilent une attraction aussi irrésistible que dangereuse : conscient qu’on s’approche trop près du bord, mais pourtant on n’arrive pas à y résister. Cela devient rapidement bien plus qu’une simple attirance, une obsession « Je te veux plus que toi-même », « Je perds patience », « Je suis étourdi », des mots vibrants, pourtant transcrits avec délicatesse et finesse. C’est cette toxicité silencieuse qui rend le morceau si poétique et si saisissant. 

    Ton joli sourire, tes yeux si innocents (Ah, ooh)
    Ton parfum sucré, c’est un tour de magie
    La raison s’éloigne
    Elle s’envole loin de moi

    “Too Close” agit comme une interlude vulnérable, une confession intérieure au milieu de morceaux plus explosifs et symboliques. Chacun d’eux explore le désir sous toutes formes différentes : amour, pouvoir, liberté… Ici, c’est le désir amoureux/sensuel, avec une touche de danger/d’adrénaline, qui est mis en avant, mais qui prône toujours le même message global : une fois qu’on libère le désir, il est difficile de le contrôler. C’est autour d’un crescendo d’émotions, et de cette proximité physique délicate ; « tous mes nerfs fondent à cette distance, « ton souffle sur ma peau » — que Too Close lâche prise pour vivre pleinement l’instant.

    Conclusion

    Avec DESIRE : UNLEASH, ENHYPEN signe un album intense, sensuel et émotionnellement fort, qui explore toutes les facettes du désir — de sa naissance, à la perte du contrôle, et à finalement l’acceptation de soi. Le groupe nous offre un feu intérieur brûlant, tantôt dangereux – tantôt libérateur, tout en jouant avec les codes de leur univers vampirique, appuyant dans sa complexité. 

    Le récit ne suit pas un ordre linéaire comme on aurait pu le croire avec les concepts MAKE, YOU, et MINE. Il se construit dans un ordre cyclique, où chaque version offre un regard différent sur ce même désir : d’abord incontrôlable (“Flashover” ; “Bad Desire (With Or Without You)”, ensuite reprimé (“Bad Desire (With Or Without You)” ; “Too Close”), puis pleinement assumé (“Outside” ; “Loose” ; “Helium”). L’album joue dans un tourbillon d’émotions, où le désir peut jaillir à tout moment, se transformer ou même se contredire. Ce n’est pas un sentiment logique ou linéaire, le désir peut être chaotique, cyclique et incontrôlable — et c’est justement ce choix qui reflète avec justesse la complexité des émotions humaines, nous invitant à revivre leur histoire selon notre propre perception.

    « Pour cet album, nous avons consacré beaucoup de réflexion et d’efforts à révéler des facettes nouvelles et différentes de nous-mêmes. Placé sous le thème du « désir », chaque morceau possède une atmosphère et une histoire unique. Nous avons vraiment cherché à capturer un large éventail d’émotions et d’expressions, et j’espère qu’il offrira aux auditeurs une expérience musicale plus riche et plus dynamique. »
    — Heeseung, ENHYPEN”

    Porté par une direction artistique soignée, des performances intenses et une narration immersive, l’album a su toucher un large public. Dès sa sortie, il s’est imposé comme un succès majeur : plus de 2 million d’albums précommandés (leur 3ème double million de ventes), un nouveau record de ventes le jour même de la sortie pour le groupe, tops classements du monde, et plusieurs victoires dans des music shows avec “Bad Desire (With Or Without You)” (Inkigayo, Music Bank, M Countdown en battant même SEVENTEEN).

    Pour ENHYPEN comme pour les ENGENEs, DESIRE : UNLEASH est bien plus qu’un album. C’est un nouveau point de départ — aussi bien sur le plan musical, que dans leur univers vampirique, marqué par un chaos libérateur.

  • JUKEBOX : Le mystérieux « Club Icarus » d’ARTMS

    JUKEBOX : Le mystérieux « Club Icarus » d’ARTMS

    Plus d’un an après la sortie de leur premier album en tant que quintet, Devine All Love and Live (DALL), ARTMS fait son comeback avec <Club Icarus>. Ce mini album, porté par une title track éponyme, est d’ores et déjà leur meilleure vente aux classements Hanteo. 

    <Club Icarus> est le premier comeback d’ARTMS, composé de Heejin, Haseul, Kim Lip, Jinsoul et Choerry. Cet EP vient un an après DALL mais également après deux tournées mondiales, “Moonshot” (pour promouvoir DALL) et “Lunar Theory” (pour performer des chansons de LOONA).

    Suivant “Virtual Angel”, title track de DALL très appréciée, la barre était placée haut pour “Icarus”. Mais les OURII, fans du groupe, ont été immédiatement convaincus par les teasers du mini album qui semblaient chacun promouvoir un titre. Avec une cinématographie dans la continuité du lore de “Virtual Angel” (et donc ainsi de LOONA), ces teasers ont bien fait la publicité de ce comeback. 

    Teasers et continuité du lore d’ARTMS

    <Club Icarus> a malheureusement été divulgâché par Amazon. En effet, le magasin a lancé les précommandes des versions exclusives aux Etats-Unis trop en avance, dévoilant ainsi le nom et la date de sortie de l’EP. 

    Légèrement déçues, les membres ont été contraintes de confirmer les rumeurs après avoir demandé sur l’application de messagerie Bubble de ne pas partager ces fuites d’informations. 

    Néanmoins, les OURII savaient bien qu’un comeback arriverait tôt ou tard, notamment puisque le single “BURN” était sorti deux mois auparavant. Ce titre, composé par Jaden Jeong, devait initialement être sur un album de LOONA. Mais en partant de Blockberry Creative, agence de LOONA, ce dernier a emmené ses productions avec lui. Et ce malgré un premier teaser de la chanson par le groupe

    Mais ARTMS crée sans cesse la surprise, bousculant l’ordre habituel des teasers. Initialement, les vidéos des membres sortent dans leur ordre de début solo : Heejin, Haseul, Kim Lip, Jinsoul puis Choerry. Dans le cadre de <Club Icarus>, c’est pourtant la vidéo de Haseul qui a été dévoilée en première – erreur de l’agence ou volonté de cette dernière ? Nous ne saurions le dire. 

    Avec ce titre, on se doute bien que le thème sera de se brûler les aîles en volant trop près du soleil tel Icare. Et cela est accompagné par le fait de renaître de ses cendres comme un Phénix. 

    Cela avait déjà été dévoilé lors d’un gravity (vote ouvert aux fans) sur Cosmo (l’application de l’agence Modhaus) pour choisir le prochain t-shirt de merch du groupe. Celui plébiscité par les fans était désigné par nul autre que d!g!pedi, l’agence derrière la majorité des MV de LOONA et ARTMS. Le concept du gravity a été poussé d’autant plus loin qu’un spoiler du prochain comeback serait au dos du t-shirt et révélé lors de la réception de ce dernier par les OURII. 

    Lorsque le t-shirt est arrivé entre les mains des fans, nous avons ainsi découvert l’inscription : “reborn like a phoenix wing”. 

    artms tshirt
    ARTMS Prelude T-shirt – d!g!pedi
    « Reborn Like A Phoenix’ Wing »

    Dans “Virtual Angel”, ARTMS étaient dépeintes comme des anges qui allaient à la rencontre de leur fans par le biais des écrans. Pourtant, des images parfois horrifiques apparaissent tout au long du MV, laissant deviner que ces anges devenaient petit à petit corrompus. C’est le cas notamment de Jinsoul, aspirée par une entité lumineuse

    Le teaser de Haseul rentre immédiatement dans ce thème. Dans celui-ci, on la voit tomber de manière incessante. Bien que la vidéo soit en noir et blanc, une lumière frappe Haseul par le haut, laissant deviner qu’elle tombe depuis le soleil.

    Choerry, elle, regarde un avion voler (très bas), avant d’être montrée gisant au sol entourée de sang. Jinsoul apparaît comme un soldat médiéval dans une armure, arborant une arme en forme de croix, symbolique du groupe. Kim Lip est nerveuse, regardant autour d’elle avant de briser le quatrième mur – derrière elle se trouve des affiches “Live at Icarus”. Enfin, Heejin est munie de ses aîles dans une discothèque, le fameux Club Icarus, tout aussi nerveuse. Le dernier teaser, en noir et blanc, débute avec un plan sur le dos de Kim Lip, avec comme fond sonore la répétition d’une phrase : “reborn like a phoenix wing”.  

     

    Promotions

    Malgré un budget conséquent accordé au projet qui possède notamment un clip vidéo de quatorze minutes, les promotions dans les music shows (The Show, Show Champion, etc.) n’auront pas duré très longtemps. Pourtant, pour la première fois dans l’histoire de LOONA et d’ARTMS, le groupe a bénéficié d’un décor pour le music show Show! MusicCore. Après seulement une dizaine de jours, les broadcasts se terminent pour le quintet. 

    Néanmoins, l’agence Modhaus crée encore une fois la surprise en organisant un événement “Club Icarus” à la manière d’une discothèque. Pendant plusieurs heures, plusieurs centaines d’OURII ont pu profiter de DJ sets centrés autour de LOONA et ARTMS. Des cocktails pensés autour des membres étaient également disponibles à la vente, avec cinq chanceux remportant une boisson préparée par les membres elles-mêmes. Pour cet événement spécial, chaque fan était tenu de porter des aîles – s’ils n’en avaient pas, l’agence leur fournissait à l’entrée du club. 

    Dernière déception pour les fans, il a été remarqué sur la tracklist de l’album physique qu’une chanson n’apparaît pas dans l’album : “Flash Your Wristband”. Il s’agit néanmoins probablement du titre originel d’une autre chanson de l’EP “Club for the Broken”. 

    flash your wristband artms
    Tracklist sur l’album physique <Club Icarus> montrant la chanson « Flash Your Wristband »

    Club for the Broken

    Jaden Jeong a produit l’introduction “Club for the Broken”. Elle débute par une mélodie douce jouée au piano qui évolue doucement vers un univers EDM et dramatique porté par des violons. On retourne ensuite à ce piano mélodique. Les seules paroles de l’introduction sont “whisper” avec un effet de reverb. 

    Les inspirations derrière le titre “Club for the Broken” ainsi que l’EP <Club Icarus> viennent des concerts d’ARTMS à New York et Los Angeles auxquels se trouvait Jaden Jeong. Le directeur artistique et producteur principal du groupe exprime sur son blog : 

    “Tout cela a commencé quand j’ai vu les fans à New York et LA avec des ailes de costume dans la salle de concert. Qu’est-ce qui les pousse à apparaître soudainement de leur quartier, s’associant et se reconnaissant les uns aux autres par le fait qu’ils portent des ailes ? Et quand le spectacle se termine, est-ce qu’ils peuvent retourner chez eux en silence et vivre leur vie en cachant qu’ils faisaient partie de ce groupe ? Est-ce que les ailes sont poussées parce qu’il y avait des blessures à leur place ? Ou est-ce que les ailes sont là pour cacher ces blessures ? J’ai pensé à cette histoire continuellement, et cela m’a apporté de la joie entre mes désillusions et mon imagination.”  

    Icarus

    “Icarus” est la title track de l’album. A l’instar de “Club for the Broken”, le titre débute par une mélodie épurée jouée au piano doucement rejoint par des violons et des percussions. L’ambiance est dramatique, jouant sur le thème du mythe d’Icare qui s’est brûlé les ailes après avoir volé trop près du soleil, grisé par le fait de voler et commettant l’hubris. La production musicale est raffinée avec un objectif orchestral très théâtral.

    난 태양에 녹은 wings / 끝없는 falling / 모든 것이 불타올라

    (Des ailes fondues par la lumière du soleil / La chute éternelle / Tout brûle)  

    이 미로 속에 갇힌 날개를 다시 펼쳐

    (J’ouvre mes ailes à nouveau, piégée dans ce labyrinthe)

    Mais même après s’être brûlé les ailes, les membres d’ARTMS renaissent de leurs cendres telles des Phénix. Cette créature de la mythologie grecque (comme Icare) symbolise l’immortalité et la renaissance et reprend vie à partir de ses cendres. 

    Reborn like a phoenix wing

    (Renaît comme une aile de Phénix)

    ARTMS prennent certainement un risque avec une title track pareille. Elle s’éloigne de ce que l’on a l’habitude d’entendre en ce moment dans la K-pop et demande plusieurs écoutes pour s’y habituer et l’apprécier. C’est d’ailleurs un thème récurrent dans <Club Icarus>. 

    Pour autant, même si les performances vocales mettent souvent en valeur les membres, force est de constater que le refrain peut décevoir, non seulement par son manque de punch mais également avec une réalisation vocale très aérienne. 

    Pourtant, on reconnaît facilement la patte de Jaden Jeong avec une production musicale qui rappelle les titres de LOONA (notamment de l’unit LOONA 1/3 ou de l’album XX). Il s’agit probablement du titre le plus similaire à la discographie de LOONA depuis la séparation (et non le disband !) du groupe.

      

    Le MV 

    Le MV de “Icarus” fait presque 15 minutes et est, à juste titre, nommé “Cinematic Version” (version cinématique). On nous raconte dans un premier temps l’histoire d’une enfant née sans bras qui rêve toutes les nuits que des ailes lui poussent et qu’elle vole au-dessus d’une ville rongée par les flammes. Sa mère, avant de disparaître, lui avait promis que des bras lui pousseraient, mais après vingt années, force est de constater que cette promesse n’a pas été réalisée. Les gens se moquent d’elle, et petit à petit, elle désire une vengeance plus que tout. La fille sans bras se dirige vers une sorcière et lui demande : comment puis-je retrouver ma mère et me venger ?

    Puis, on retrouve le teaser de Choerry. Une personne avec des ailes tombe à terre et elle l’observe tandis qu’un avion vole au-dessus d’elle. L’avion peut rappeler celui que l’on retrouve à plusieurs reprises dans le lore de LOONA (puis ARTMS). En effet, dans plusieurs vidéos, on retrouve la carcasse du Douglas DC-3 au Sólheimasandur en Islande, notamment avec Haseul et Gowon

    Changement de scène avec Jinsoul qui gravit des escaliers, portant sur son dos de lourds sacs que l’on avait déjà pu voir dans “Birth” avec Heejin et Kim Lip. Elle se prosterne en haut des escaliers devant la croix symbolique d’ARTMS, utilisée notamment dans le clip de “Virtual Angel” mais aussi devenue le lightstick du groupe.

    En réalité, le clip de “Icarus” est rempli de références aux MV précédents du quintet. Par exemple, Choerry, Heejin et Kim Lip sont devant une télévision qui ne diffuse que du statique, à l’instar des fans du groupe dans “Virtual Angel” – sauf que ceux-ci regardaient les cinq idols chanter et danser. ARTMS ne voient rien, puisque l’histoire implique qu’elles ont disparu. Haseul, elle, apparaît dans un univers virtuel, entourée de ce statique et de cinq figures faites de lumière courant autour d’elle. 

    On y retrouve également ce rassemblement de personnes portant des ailes, se reconnaissant comme groupe. Ils rendent hommage à la disparition des oiseaux dans la ville – plus tard, une scène montrera un groupe d’hommes tirant sur ces oiseaux qui sont en réalité des anges. Les anges, dont Haseul, tombent un à un sous les ricanements de ces chasseurs. 

    On retrouve également des références à Jeanne d’Arc sur le téléphone de Choerry, puis avec Jinsoul vêtue d’une armure et qui se saisit d’une arme plantée dans le sol (un clin d’œil à la légende de l’Excalibur ?). Jeanne d’Arc n’apparaît pas de manière anodine – elle-même a été brûlée vive et privilégiait la loi divine à celle des hommes (on peut en effet associer le culte de la croix d’ARTMS, visible dans les MV des deux title tracks à une quasi-secte). Jinsoul utilisera son arme pour tirer sur la silhouette faite de lumière qui tentait de l’absorber dans “Virtual Angel”. Malheureusement, elle s’effondre après avoir été frappée par la foudre. Encore une fois, on entend cette supplication de la fille disparue – trouver sa mère et se venger.  

    De même, l’histoire suit de près la disparition, non seulement des oiseaux (anges ?) mais aussi celle d’une personne : la jeune femme qui n’a pas de bras. Quant à ARTMS, on apprend qu’elles n’ont en réalité pas disparu, mais qu’elles ne seraient, dans l’histoire, plus tout à fait des célébrités. 

    Alors que Heejin touche l’écran de sa télévision, une main apparaît dans le statique, lui remettant un collier en forme de croix. On la retrouve ensuite avec des aîles au Club Icarus – elle semble chercher quelque chose mais n’est pas sûre de quoi. Puis, elle la voit. La fille disparue. 

    A la fin, Heejin apparaît sous une forme corrompue. Avec des ailes d’ange bien plus réalistes que ce que l’on avait pu voir jusqu’à présent. Ses yeux sont entièrement noirs, comme si son âme avait été aspirée par l’entité de lumière. 

    Les membres d’ARTMS se retrouvent coincées entre le monde réel et le monde digital. Leurs ailes dans le monde réel sont brûlées, les hommes d’un certain âge leur tirant dessus lorsqu’ils abattent les oiseaux-anges. On pourrait interpréter cela comme le rapport entre les figures d’autorité, quelles qu’elles soient, et les jeunes enfants ou adultes. Ces derniers détruisent leurs rêves, leurs ambitions et les font rentrer dans un moule. 

    Le monde digital est représenté par le Club Icarus, un endroit de liberté. Entre rêve et ambition, les membres peuvent se découvrir dans cette “réalité virtuelle”. Le passage du noir et blanc à des palettes vibrantes qui vont non sans rappeler l’univers visuel de Wong Kar-wai étoffe encore plus l’histoire, brouillant parfois les frontières entre fiction et réalité. 

    Les interprétations du MV sont ouvertes, laissant libre cours à l’imagination de chacun pour y retrouver un sens qui guérit l’âme et recouvre les plaies d’un symbole d’appartenance à quelque chose de plus grand que soi.

    It is ARTMS’ retelling of Icarus not as a tragedy, but as a message of hope. This idea that you can fall down, but you can also get back up again. Even the idea of a wing, even a broken wing, can be healed so you can fly again

    C’est l’adaptation [du mythe] d’Icare, non pas en tant que tragédie mais en tant que message d’espoir. Cette idée que tu peux tomber, mais tu peux aussi te relever. L’idée qu’une aile, même cassée, peut être soignée et voler à nouveau.

    Heejin pour NME

    Obsessed

    “Obsessed” est le troisième titre de l’EP <Club Icarus>. Influencé par le R&B, on y retrouve aussi des éléments de drum and bass et dance-pop. “Obsessed” est une histoire d’amour dans laquelle les protagonistes sont obsédés l’un par l’autre. Avec une symbolique de flamme dans les paroles (flamme amoureuse comme le feu en son sens primaire) ainsi que de floraison, on imagine la naissance d’un amour passionnel qui métamorphose les deux personnes impliquées.   

    Goddess

    Le premier titre intégralement écrit en anglais d’ARTMS est “Goddess”. Heejin a participé à l’écriture des paroles. Son tempo rapide et ses influences hyperpop (sans pour autant être véritablement un titre hyperpop) captent rapidement l’attention. 

    L’ambiance instrumentale presque frénétique rappelle quelque peu la discographie de PinkPantheress ou encore “Speed Love” de tripleS. Les paroles sont plus parlées que chantées et le refrain est chuchoté, ce qui pourrait retirer en intérêt à la chanson. Mais en réalité, cette performance est adaptée à la production musicale. 

    Verified Beauty

    L’origine du nom du titre “Verified Beauty” provient des premières photos d’ARTMS lors de leur présentation comme artistes Modhaus. “Verified Beauty” puise ses sources dans le UK Garage et la deephouse. Un synthétiseur apporte de la profondeur à la production instrumentale. 

    On retrouve encore une fois une ambiance qui rappelle la discographie de LOONA. 

    Les paroles, quant à elles, parlent de confiance en soi et d’empouvoirement. 

    BURN 

    “BURN” conclut le mini-album <Club Icarus>, mais le titre en était également le commencement. Le single a été révélé deux mois auparavant, juste avant la tournée mondiale “Lunar Theory”. “BURN” démarre avec une phrase devenue iconique pour les OURII : “You can see me when I punch your face” (tu peux me voir quand je te frappe au visage). 

    C’est également le moment où ARTMS brûlent leurs aîles. Mais comme l’indique “Icarus”, ce n’est pas une tragédie, bien au contraire. Il est possible de se relever, d’apprendre de ses erreurs et de renaître de ses cendres. 

    “BURN” est un titre dance-pop porté par une forte basse, un refrain anti-drop et des influences EDM.  

    Conclusion

    Un an après DALL, les fans s’attendaient à ce qu’ARTMS annonce un album complet. Néanmoins, le quintet propose un EP digne de ce nom. 

    <Club Icarus> est plus qu’un mini-album – c’est un concept à part entière. De la production aux paroles en passant par les visuels, tout a été pensé pour proposer une expérience assez inédite dans la K-pop. La qualité de la production musicale et audiovisuelle est à souligner !

    Nous espérons tout de même que leur agence n’attendra pas un an pour le prochain comeback d’ARTMS. 

  • JUKEBOX : Ateez “drop” l’album de l’été : Golden Hour pt.3

    JUKEBOX : Ateez “drop” l’album de l’été : Golden Hour pt.3

    Le 13 juin dernier, Ateez a sorti la troisième partie de sa saga musicale intitulée Golden Hour. Plus léger et estival que leur EP précédent, Golden Hour pt.2, cet opus ne sort pas en juin pour rien !

    Après la fin de leur tournée mondiale, dont deux dates mémorables en France, mais également l’annonce d’une nouvelle tournée à venir, les huit membres de Ateez font leur retour en musique. 

    Avec ce nouvel album, Ateez annonce la couleur de cet été : un fondu de jaune et d’orange métallique qui rappelle les lumières d’un coucher de soleil sur l’eau. Si la direction artistique de ses prédécesseurs portait à confusion quant au nom de la trilogie, Golden Hour prend ici tout son sens. 

    Une promotion acidulée

    Peu avant de dévoiler le titre de la chanson principale de leur nouvel EP, des illustrations ont été aperçues dans les rues de Séoul, représentant des figures symboliques en référence au fruit interdit : la pomme. Blanche-neige et Newton étaient notamment identifiables, bien que le fruit en question n’était pas une pomme, mais un citron. Après beaucoup de spéculation, les Atiny (ndlr : nom des fans) ont rapidement fait le lien avec le titre principal : “Lemon Drop” (litt. goutte de citron). Cette expression s’utilise également en anglais pour désigner un bonbon au citron qui permet de calmer les nerfs et le stress, des vertus qu’on attribue amplement à cette chanson éponyme. 

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    citron géant à Hongdae, Séoul

    Ateez s’est également associé à la boulangerie Our bakery le temps de promouvoir leur nouvel album. Le citron étant le thème principal, boissons et pâtisseries ont été créées autour de cet agrume acide et audacieux, et des photocards uniques ont été offertes aux fans présents à cet évènement. 

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    Lemon Drop 

    Faisant un revival du genre du tropical house, qu’on pensait oublié dans la K-pop, Ateez reviennent avec une chanson sensuelle et hip-hop assez peu chantée. Ce manque de mélodie mémorable se fait rapidement sentir, empêchant la chanson d’être aussi marquante que leurs précédentes. L’équipe de production habituelle a concocté des percussions brillantes, une mélodie très minimaliste au synthé et des samples vocaux qui rappellent le début des années 2010 dans la pop mainstream. 

    Le clip quant à lui est remarquablement minimaliste pour Ateez et s’apparente plus à un photoshoot (par ailleurs manquant dans les versions physique de l’album), ce qui a déçu de nombreux fans. Ces derniers relèvent également la distribution de lignes et de temps de passage à l’écran assez inégaux qui portent préjudice à Yeosang et qui rappelle ses débuts dans le groupe. 

    Masterpiece

    En restant dans le genre du hip-hop mais beaucoup plus sautillant et joyeux, “Masterpiece” propose des accords très estivaux pour une chanson d’amour sucrée.

    Si la production est toujours minimaliste, cette fois les éléments se font plus cohérents. Ils évoquent une ambiance de plage et de soleil. 

    Now this house ain’t a home

    “Now this house ain’t a home” s’aventure cette fois dans le hip-hop très emo, qui rappelle des chanteurs américains comme POSTMALONE. Les voix se font pleines de reverb, lointaines et mélancoliques. Avec ce registre pop-rock, le groupe montre d’autres variations de rythme et de chant, avec des émotions très présentes. Ces dernières se ressentent au travers des paroles qui évoquent un retour dans un lieu familier après avoir grandi et vécu de nouvelles expériences ailleurs, ainsi que des troubles comme l’anxiété.

    Le titre de cette B-side est un clin d’œil à “Take me home”, une chanson de leur album ZERO : Fever pt. 2, qui semble en être le prequel. 

    Castle

    Pour la ballade de cet EP, passage obligé pour tout EP de K-pop, les voix se font douces et nostalgiques. “Castle” se veut être un refuge pour toute personne qui aurait besoin de fuir un monde étouffant et anxiogène et de faire taire les pensées sombres et pessimistes qui tournent en boucle.

    “Castle”, qui signifie “château” en français, rappelle le lieu de tournage du clip de “Ice on my teeth”. Cela semble vouloir devenir une nouvelle maison pour les membres mais aussi pour les fans qui se sentent à l’étroit dans les lieux qui autrefois les apaisaient. 

    Bridge : The edge of reality

    Démarrant comme une ambiance de film alors qu’on entend de la musique depuis une autre pièce, ce bridge est presque le morceau le plus excitant de cet album. Mystérieux, épique, rythmé comme de la techno, on espère que ce bridge presque instrumental augure de futurs horizons musicaux pour Ateez, plus inspirés que ce “Lemon Drop” assez insipide.

    Conclusion

    Ce comeback d’Ateez ne s’illustre ni par son ambition, ni par son ampleur. Sorte de pause entre leurs sorties plus travaillées, ce Golden Hour pt. 3 est tout de même une bonne manière d’accueillir l’été avec légèreté !

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    Lors d’une conférence de presse et pour en dévoiler davantage concernant leur tournée à venir, San et Yunho se sont confiés en disant aux fans de “se préparer à des performances osées et rafraîchissantes”, et qu’ils y ont inclus “tout ce que les Atiny demandent à voir depuis longtemps”. De quoi nous mettre l’eau à la bouche en attendant les dates d’un potentiel passage en France !

  • JUKEBOX : J-Hope signe un retour mortel et stylisé avec Killin’ It Girl

    JUKEBOX : J-Hope signe un retour mortel et stylisé avec Killin’ It Girl

    Elle avance, elle brille, elle domine. Elle, c’est la “Killin’ It Girl”, celle qui a tout pour elle : beauté, pouvoir, succès, charisme. Quand J-Hope débarque, ce n’est jamais pour faire dans la demi-mesure et avec Killin’ It Girl, il explose littéralement les codes. Fusionnant groove urbain, énergie brute et esthétique ultra stylisée, l’artiste solo s’impose : il est là, libre et inspiré. Un uppercut artistique porté par un beat ravageur, une chorégraphie d’une grande précision, et un message qui claque comme une affirmation : la “girl” tue tout, et lui avec.
    Ici, J-Hope capture l’essence de la femme fatale : indépendante, inarrêtable et nous rappelle que lui aussi, il “kill it” tout, aussi bien artistiquement que musicalement.

    Une production musicale redoutablement brillante

    Dès les premières secondes, Killin’ It Girl impose son énergie. Le morceau s’ouvre sur une ligne de basse funky et profonde, de percussions et de touches électroniques qui créent une ambiance à la fois urbaine, sensuelle et élégante. On retrouve la signature de J-Hope : une musique qui groove, mais qui reste précise et sophistiquée. Rien n’est laissé au hasard : les transitions sont soignées, les textures riches, et la rythmique parfaitement calibrée pour le mouvement – rien d’étonnant pour un artiste dont le corps est l’expression de sa voix.

    La voix de J-Hope est quant à elle à l’image de sa musique : magnétique. Il rappe, il chante, avec ce grain de voix immédiatement reconnaissable. Tout est dans le contrôle, il joue avec les textures vocales, preuve de sa maturité artistique. Il sait exactement ce qu’il veut dire, et comment le faire résonner.

    Le clip : une œuvre visuelle qui ne rate pas sa cible

    Impossible de parler de Killin’ It Girl sans évoquer son clip – une bombe visuelle dont l’explosion est contenue et parfaitement maîtrisée. Le film joue sur les contrastes : obscurité urbaine et lumières crues, espaces vides et foules, ralentis et tension. J-Hope alterne entre silhouettes streetwear et pièces haute couture, parfaitement synchronisées avec les changements de tempo. Mais ce qui frappe le plus, c’est la qualité d’image et le jeu de la caméra qui épouse ses mouvements, tourne autour de lui, le suit, comme happée par son énergie.

    Puis surtout, il y a elle – la Killin’ It Girl. Parfois visible, parfois suggérée, elle traverse le clip comme une muse insaisissable. Presque divine, elle incarne cette figure féminine moderne qui possède tout : charisme, richesse, beauté, intelligence, pouvoir.

    Empowerment et message : une déclaration assumée

    Au-delà de l’esthétique, Killin’ It Girl délivre un message clair : cette femme, c’est une force. Cette femme, ça peut être vous. Elle n’a pas besoin d’autorisation pour exister. Elle réussit, elle impressionne, elle dérange parfois, mais surtout, elle inspire, elle attire, elle fait tourner les têtes. Elle rend fou. Elle réussit un tour de force : celui d’être la cible de J-Hope, offrant ainsi un spectacle visuel audacieux, sensuel, pensé pour frapper juste. Un miroir tendu à toutes celles qui regardent, qui écoutent : “Tu peux être elle. Tu l’es peut-être déjà.” Un message d’empowerment percutant, qui tire une balle en plein cœur des ARMYs.

    Lecture du clip : une lecture symbolique

    Le clip de Killin’ It Girl s’ouvre sur un plan en noir et blanc : Un chat noir traverse furtivement la route, frôlant les pieds de J-Hope comme pour indiquer un mauvais sort ou un évènement tragique. Étendu sur le sol, inerte, en plein milieu de l’asphalte, il est chaussé de boots de Cowboy : le décor est planté, tout sonne comme la fin d’un duel dans lequel J-Hope n’aurait pas survécu. Cette image, immédiatement intrigante, questionne : est-il mort ? figé ? ensorcelé ? Et comme une incantation sa voix s’élève : “You Killin’it, girl”. 

    Conséquence d’un charme fatal ?

    J Hope1

    Tension et vulnérabilité : la dualité de J-Hope en noir et blanc

    J-Hope se redresse mais le noir et blanc persiste, et avec lui, une tension esthétique. C’est comme si tout ce moment servait à partager ses émotions, son désir, son ressenti. Les paroles qu’il délivre traduisent un désir brûlant, une fascination mêlée d’une certaine fragilité.

    « Runway ready, gotta get some confetti
    […] Oh, I wanna get with you the worst way (Woo)

    […] Girl, if you single, let me make you mine ( Ah-ah-ah-ah)
    […] I’ma really, really need first aid »

    “Prêt pour le défilé, je dois sortir des confettis
    […] Oh, je veux être avec toi de la pire des manières (Woo)
    […] Fille, si tu es célibataire, laisse-moi te faire mienne (Ah-ah-ah-ah)
    […] J’ai vraiment, vraiment besoin de premiers secours”

    Puis, presque brutalement il s’effondre à nouveau au sol, comme frappé, offrant une image forte et symbolique : le combat, la chute, la vulnérabilité face à cette “Killin’ It Girl”.

    Le refrain qui suit s’accompagne d’une chorégraphie qui parle d’elle-même. Chaque mouvement est une métaphore corporelle puissante : ses mains qui se transforment en pistolets, mimant des tirs précis. Une simulation de coups de poignard, la main portée devant la bouche ; le tout dans une gestuelle fluide, sensuelle. Cette danse, c’est un passage à l’acte, une tentative de séduction chorégraphiée, mais consciente de son propre risque.

    J-Hope ne s’avance pas naïvement : il sait que cette femme peut le « tuer », symboliquement, émotionnellement. Il reconnaît le danger qu’elle représente, et c’est peut-être justement ce qui le pousse vers elle.

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    La rappeuse GloRilla, en featuring sur ce morceau, entre alors en scène avec un flow tranchant et sans concession. Ses paroles incisives dessinent le portrait d’une femme fatale intraitable et redoutable :

    “Murder for hire, (Split) Mike Glo Myers (Who?)
    I keep my foot up on their necks and my heels high (Hey)
    Might take your man and tell you you go take it to trial (Bitch)
    I’m dead serious, the baddest chick alive (Hey)”

    “Contrat d’assassinat (déchiré), Mike Glo Myers (qui ?)
    Je garde mon emprise sur eux et mes talons sont à bloc
    Je pourrais prendre ton mec et t’envoyer te débrouiller au tribunal

    Je suis grave sérieuse, la meuf la plus redoutable”

    “Mike Glo Myers” : quand la rappeuse réinvente la menace

    Le couplet de GloRilla explosif et acéré mérite à lui seul une lecture approfondie. L’un des moments les plus marquants réside dans cette ligne :

    “Murder for ire, (Split) Mike Glo Myers ( Who?)”

    “Contrat d’assassinat (déchiré), Mike Glo Myers (qui ?)”

    À première vue, on s’attendrait à lire “Michael Myers”, le tueur iconique de la saga Halloween. Pourtant, elle choisit délibérément de dire “Mike Glo Myers”, un détournement subtil mais pas anodin.

    Ce glissement lexical fusionne deux références cinématographiques : Michael Myers, figure populaire de la scène d’épouvante, froide et silencieuse, et Mike Myers, acteur comique célèbre notamment pour ses rôles burlesques Austin Powers ou Shrek. En associant les deux, la rappeuse crée une menace ambivalente : une femme fatale qui n’est pas seulement dangereuse, mais stylisée, brillante, théâtrale.

    Le “Glo” (probablement pour glow) ajoute cette couche de flamboyance : elle “tue”, mais avec éclat. Ici, GloRilla fait plus de victimes que le plus épouvantable des tueurs et s’approprie l’archétype du tueur à sa manière : implacable, glam, et totalement consciente de son pouvoir.

    Puis elle poursuit avec – “Je garde mon emprise sur eux et mes talons sont à bloc” –  instaurant une image de domination, ses “talons à bloc” symbolisent sa puissance, son style, et sa capacité à écraser la concurrence.

    Et enfin, lorsqu’elle délivre les phrases suivantes :

    “Je pourrais prendre ton mec et t’envoyer te débrouiller au tribunal…”
    “Y a du sang sur la scène, point final.”

    … elle affirme clairement sa position : elle est la “Killin’ It Girl”. Redoutable, irrésistible, intouchable.

    Une proximité rare : le duo avec la danseuse principale

    Lorsque la couleur éclate enfin à l’écran, elle ne vient pas seule : elle est accompagnée par l’arrivée des danseuses, mais c’est surtout la présence de la danseuse principale qui donne toute sa force à cette séquence. Dans cette scène, J-Hope ne domine pas, il ne dirige pas. Au contraire, il se laisse approcher, séduire, frôler, et même toucher. Des caresses sur sa peau, une mise à nue : il ouvre l’espace du contact – ce qui, dans la culture K-pop, reste exceptionnel.

    Le message implicite est clair : la “Killin’ It Girl” a du pouvoir. Leur danse est narrative et matérialise la tension du désir, l’échange énergétique, l’égalité physique. Il ne s’agit pas de performance sexy pour choquer – il s’agit de montrer un homme qui accepte d’être vulnérable au contact d’une femme puissante.

    Ce duo danse non seulement la séduction, mais aussi la reconnaissance mutuelle d’un pouvoir partagé. Plus qu’un simple moment esthétique, cette chorégraphie traduit une rupture des codes : J-Hope est complice et partenaire de la “Killin’ It Girl”. La danse devient un langage silencieux mais puissant, un pacte où la féminité est une force incarnée, vivante, qui peut tenir tête et mener un homme aussi célèbre, intouchable et charismatique que l’artiste.

    Version Solo de “Killin’ It Girl” dévoilant les chorégraphies complètes de J-Hope en duo avec la danseuse principale.

    Un instant de vérité en couleur

    Le fait que cette scène n’arrive qu’en couleur n’est pas un détail visuel. C’est un choix fort, presque politique. La couleur surgit comme une révélation : le monde s’ouvre, les corps se rapprochent, et les règles tombent.

    Pour un idol masculin, c’est presque une prise de position.

    Là où le noir et blanc stylise le désir, le fantasme, la tension, la couleur incarne le réel. Les regards se croisent, les gestes se font charnels, et la sensualité n’est plus suggérée, elle est vécue. Et dans le cadre codifié de l’industrie K-pop, ce n’est pas anodin. Danser au contact d’une femme, se laisser toucher, incarner un désir explicite, c’est rompre avec l’image de pureté distante imposée par le système.

    Ce passage en couleur devient alors le cœur battant du clip : une parenthèse d’abandon intense, où le désir n’est plus une ligne esthétique, mais une vérité physique.

    Une boucle visuelle et narrative : l’effet “Killin’ It”

    La dernière partie alterne, de plus en plus rapidement, les scènes en couleur et celles en noir et blanc. Ce va-et-vient visuel crée une oscillation émotionnelle, comme si J-Hope naviguait entre deux états de conscience, le noir et blanc évoquant l’impact brutal de la “Killin’ It Girl” sur lui, et la couleur incarnant la réalisation de son désir. Cette alternance nous fait hésiter, créant une perte de repères, pour lui, mais aussi pour nous.

    Puis, tout retombe. La boucle se referme. La dernière image est presque la même qu’au début : J-Hope, étendu sur le sol en noir et blanc, figé.

    Mais tandis que la première scène dévoile une posture d’attente, presque de contemplation symbolisant une métaphore du choc, la fin du clip résonne plutôt comme un K.O. technique. J-Hope retombe cette fois sur le ventre. Face contre terre, bras relâchés, c’est une chute brutale. Et le chat noir traverse à nouveau la scène, comme pour ponctuer cette boucle, en terminant l’histoire. Le message est clair : il a plongé, il a cédé, il a tout vécu et elle l’a eu. Elle “kill”, au sens propre.

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    En somme, Killin’ It Girl est bien plus qu’un simple morceau : c’est une déclaration, une performance. J-Hope y déploie toute sa palette artistique, entre puissance et vulnérabilité, sensualité et maîtrise, pour nous livrer un portrait captivant d’une femme fatale moderne. Cette chute libre sensuelle incarne un moment de rupture où la “Killin’ It Girl” règne en maître absolu, emportant tout sur son passage, y compris l’artiste lui-même.

    Une œuvre qui marque durablement, rappelant que, dans ce duel où la séduction se fait arme, J-Hope” kill it” autant qu’elle. 

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    BTS FESTA 2025

    Le 13 juin, au stade de Goyang en Corée du Sud, dans le cadre du BTS FESTA 2025, les sept membres se retrouvaient dans une ambiance chargée d’émotion pour célébrer leur 12e anniversaire. RM, Jin, SUGA, Jimin, V et Jungkook ont apporté leur soutien à J-Hope lors de son concert final, Hope On The Stage, marquant un moment d’unité intense après leur démobilisation militaire. L’apparition surprise de Jin et Jungkook sur scène a déclenché l’euphorie et un très grand enthousiasme.

    Puis, lorsque retentit Killin’ It Girl, la tension palpable et la complicité du duo, déjà si présentes dans le clip, embrasent l’audience. Les interactions intenses entre J-Hope et la danseuse (Alyssa Santos) enflamment la scène, transformant la prestation en un véritable feu d’artifice scénique. J-Hope prouve une fois de plus qu’il “kill it” en live.

    Instantanément, les fans inondent les réseaux sociaux de fancams virales, capturant chaque regard, chaque contact, chaque frisson partagé. Les vidéos de J-Hope et de la danseuse principale tournent en boucle, vibrant au rythme des cœurs et des esprits de l’ARMY. Cela démontre que ce face-à-face électrisant incarne à la perfection toute la force de “Killin’ It Girl”.

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  • CINECLUB : Les dilemmes moraux de « A Normal Family »

    CINECLUB : Les dilemmes moraux de « A Normal Family »

    Deux frères aux vies diamétralement opposées. Un accident qui va les forcer à travailler ensemble malgré leurs différences.

    “A Normal Family” est un film sud-coréen réalisé par Hur Jin Ho qui a également réalisé « The Last Princess » (2016), « Two Lights : Relumino » (2017), « ‘Forbidden dream” (2019), « Lost » (2021) et « Love in the Big City » (2024).

    Le scénario est signé Park Eun Kyo, qui a également écrit « Mother » (2009) et « The Silent Sea » (2021). Pour ce film, il s’est librement inspiré du livre « The Dinner » de Herman Koch. Dans ce dernier, deux familles se retrouvent pour décider du sort de leurs deux fils qui ont commis un crime, le temps d’un dîner.

    Les prémices 

    “A Normal Family” nous présente dans un premier temps les deux personnages principaux suite à un accident de la route dans lequel un jeune héritier renverse un père de famille et emboutit sa voiture, le tuant immédiatement. 

    Le frère aîné, Jae Gyu, joué par Jang Donggun, est un avocat. Il accepte de défendre le jeune héritier contre une grosse somme d’argent. C’est un homme corrompu, sans foi ni loi, capable de tout accepter pour préserver son influence. Il a épousé une femme beaucoup plus jeune que lui avec qui il vient d’avoir un bébé alors qu’il néglige sa fille adolescente.

    De son côté, le plus jeune frère, Jae Wan, joué par Sul Kyeonggu, est un médecin qui essaie de sauver la vie de la fille de l’homme décédé dans l’accident. Cette dernière est grièvement blessée.. Il fait du volontariat médical en Afrique et cherche à sauver tous ses patients, même quand ils n’ont pas les moyens de payer pour leurs soins. Il prend également soin de sa mère qui semble être atteinte d’un début de démence mais laisse l’éducation de son fils adolescent à sa femme. On découvre également que son fils est victime de harcèlement à l’école.

    L’action principale de « A Normal Family »

    Un jour, alors que les adultes se retrouvent autour d’un dîner pour discuter de la possibilité d’envoyer leur mère en EHPAD, leurs enfants, Hye Yoon, jouée par Hong Yeji, et Siho, joué par Kim Jungchul, sont filmés par les caméras en train de frapper un SDF. Il est, par la suite, amené à l’hôpital.

    Face à cette situation, les deux frères n’auront d’autre choix que de travailler ensemble pour tenter de protéger leurs enfants et leurs familles, allant jusqu’à trahir toutes les valeurs et principes qu’ils conservaient jusqu’ici. L’intègre va devenir corrompu et le corrompu va devenir intègre, jusqu’au climax final. 

    Face à la pression de la société et l’importance de la réussite des enfants en Corée du Sud, il devient difficile pour le plus jeune frère de rester fidèle aux valeurs qu’il avait jusqu’à présent. L’aîné, lui, se rend compte, suite à cet accident, que l’argent et le pouvoir ne peuvent finalement pas tout excuser.

    Le film examine toujours les choix moraux des personnages et pose la question de savoir jusqu’où les parents peuvent aller pour protéger leurs enfants.  Mais il prend une tournure assez inattendue avec le retournement moral des deux frères. 

    Dénouement de « A Normal Family » (Attention aux spoilers !)

    A la fin du film, alors que les quatres adultes se retrouvent dans le même restaurant qu’au début du film afin de décider s’ils livrent leurs enfants à la police ou s’ils vont les couvrir, Jae Gyu révèle une vidéo de surveillance où les deux enfants discutent de “l’accident” avec le SDF. On prend alors conscience que les enfants se savent totalement protégés et n’expriment aucun remord. Et même pire : ils savent parfaitement qu’ils peuvent jouer sur le fait qu’ils sont mineurs pour s’en tirer sans une lourde peine. 

    Suite à cette révélation, Jae Gyu, l’avocat sans scrupule, prend la lourde décision de livrer sa fille à la police dès le lendemain. De son côté, Jae Wan, le médecin intègre, s’emporte et refuse, argumentant que son fils est trop faible psychologiquement à cause du harcèlement scolaire qu’il subit pour la prison juvénile. Finalement, le médecin capable de tout faire pour sauver une vie décide de mettre fin à celle de son frère. En le heurtant avec sa voiture, il termine ainsi la boucle funeste et crée un parallèle avec l’accident qui a démarré le film.

    Notre avis 

    « A Normal Family » est un excellent thriller en huis clos, avec une mise en scène aussi oppressante que moralement ambiguë. Les frontières entre le bien et le mal s’effacent face à la pression du regard de la société sur la famille.

    Et si vous cherchez un autre film à regarder, n’hésitez pas à lire notre revue sur Mickey 17 de Bong Joon-Ho.

  • CINÉCLUB : 8 dramas coréens médicaux à voir absolument !

    CINÉCLUB : 8 dramas coréens médicaux à voir absolument !

    En 2025, l’heure est aux k-dramas médicaux ! Si le concept n’est pas neuf, il gagne pourtant en popularité cette année avec la sortie de productions mémorables comme Trauma Code : heroes on call, Hyper Knife ou encore Resident Playbook. Les dramas coréens médicaux sont particulièrement appréciés et bien qu’il en existe une multitude, certains k-dramas médicaux se détachent du lot par leur originalité de scénario ou par les spécificités des personnages. Piochez dans notre sélection et découvrez des univers aussi dramatiques que passionnants !

    Hospital Playlist (2020-2021), 2 saisons

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    Ce drama médical au concept particulier et rafraîchissant mêle contenu médical et musical. On suit cinq amis qui, après s’être connus à la faculté de médecine, se retrouvent vingt ans plus tard à travailler dans le même hôpital : le Yulje Medical Center. En plus d’être des médecins aux spécialités variées et à la vie professionnelle bien chargée, ils se réunissent pour former  un groupe de musique.  On suit donc les personnages au gré de leurs aventures médicales et sentimentales qui leur  confèrent une certaine profondeur. Ce drama attachant et familial saura vous réchauffer le cœur et vous plonger dans une tranche de vie on ne peut plus mouvementée, à la manière de Grey’s Anatomy

    Les dramas coréens médicaux ont su captiver le public avec des histoires émouvantes et des personnages attachants. Ils offrent un regard unique sur le monde de la médecine tout en explorant des thèmes profonds et humains.

    Resident Playbook (2025)

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    Dernier k-drama médical fraîchement sorti sur tVN et Netflix, Resident Playbook est un spin-off des succès Hospital Playlist et Prison Playbook On y suit quatre résidents de première année dans le service gynécologie-obstétrique de  l’hôpital Yulje Medical Center. Chacun des personnages est aussi différent qu’attachant et on se plaît à les voir évoluer de jeunes apprentis à  médecins confiants.  On y découvre les coulisses d’un tel service hospitalier qui met en avant les femmes et les nourrissons ainsi que toutes les problématiques les concernant . Ce  drama feel good a su trouver un bon équilibre entre la légèreté des relations entre les personnages, et les drames auxquels les patientes font face. Véritable coup de cœur pour le jeu de Go Youn-jung (Alchemy of Souls) et Jung Joon-won dont la douceur est communicative. 
    Petit bonus pour les fans de Hospital Playlist : plusieurs personnages refont leur apparition en tant que caméos !

    Daily dose of sunshine (2023)

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    Adapté du webtoon du même nom, ce drama est un des plus émouvants et émotionnellement chargés que nous avons pu regarder. On retrouve Jeong Daeun, une infirmière en médecine interne qui se voit transférer dans le département de psychiatrie de son hôpital. Elle entre alors en relation avec une nouvelle patientèle névrosée qui ne tarde pas à la mettre en difficulté tout en la poussant à  se remettre en question tout au long de l’histoire. Il s’agit d’un coup de cœur tant la bienveillance et l’empathie sont les mots clés de ce K-drama qui s’applique à relater d’une réalité complexe et exigeante. L’œuvre met en avant des troubles psychologiques et maladies psychiatriques peu représentées et propose un scénario soigné et exhaustif.

    The Trauma Code: Heroes on Call (2025)

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    En 8 épisodes top-chrono, nous sommes plongés au cœur du service de traumatologie d’un hôpital universitaire et nous assistons à toutes les urgences qui s’y passent. Le chirurgien et ancien médecin de guerre Baek Kang-hyuk met à l’épreuve son équipe et son interne dans des situations toutes plus dramatiques et aux conditions plus drastiques les unes que les autres. Ils apprennent à réfléchir et œuvrent dans la rapidité et l’efficacité tout en nous gardant hors d’haleine. Ce drama, adapté d’un webtoon, est parfait pour celles et ceux qui apprécient les sensations fortes et ne sont pas sensibles aux blessures et chirurgies et accidents explicites.

    Descendant of the sun (2016)

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    Descendants of the Sun  est l’un des K-dramas les plus populaires parmi les adeptes. Il a notamment reçu plusieurs récompenses aux Baeksang Arts Awards lors de son année de sortie. L’intrigue est à la jonction entre le concept médical et le concept militaire tout en mélangeant romance et action. On suit le soldat Yoo Sijin qui tombe amoureux de Kang Moyeon, une femme médecin, rencontrée lors d’une altercation avec un voleur. Leur histoire d’amour est particulière car elle se passe entre missions militaires et situations d’urgence dans un pays en crise politique. Les  deux personnages évoluent au gré de leurs problématiques professionnelles et personnelles, ce qui rend le drama captivant et  addictif. 

    Dr. Romantic (2016-2023), trois saisons

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    Contrairement aux k-dramas classiques, celui-ci compte trois saisons à son actif.  On suit  l’histoire de Kim Sabu, un médecin un peu hors du commun.  Vulgairement surnommé “Teacher Kim”, ce célèbre praticien vu comme un génie dans son domaine se retrouve dans un petit hôpital de province suite à un incident. C’est dans ce nouvel  environnement qu’il rencontre et guide de jeunes médecins dans leur pratique grâce à ses méthodes empathiques. Il appelle à la sensibilité des médecins et non pas seulement de leur analyse. L’intrigue évolue au fil des épisodes, à l’image d’un drama médical classique mais opte pour  un ton plus léger et rom-com concernant  la 2ème saison. Une valeur sûre pour les amateurs de k-dramas du genre !

    Ghost Doctor (2022)

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    Ghost Doctor est un autre drama médical apprécié des fans par l’originalité de son scénario. En effet,, une pointe de surnaturel vient s’ajouter au concept médical, créant un mélange aussi atypique que authentique.  Cha Youngmin (Rain) est un chirurgien talentueux et  arrogant, dont l’esprit se retrouve piégé dans le corps d’un jeune interne maladroit (Kim Bum) après un accident. Cette cohabitation improbable donne lieu à des situations drôles et touchantes, tout en explorant des thèmes profonds comme la rédemption et  le don de soi en tant que médecin. La force du drama tient aussi dans le duo d’acteurs qu’on apprécie voir à l’écran. 

    Hyper Knife (2025)

    Hyper Knife le K drama 19 qui bouscule les classements OTT avant meme sa sortie

    Hyper Knife est un thriller médical dans lequel  les médecins exercent clandestinement et sont morally grey(possédant  une éthique discutable). Jung Seok est une neuro chirurgienne  brillante qui se voit soudainement disgraciée de sa fonction. Dans ces conditions, elle retrouve son ancien mentor avec qui ils explorent et repoussent les limites de la chirurgie. Un drama assez particulier qui ne se passe donc pas dans un hôpital mais bien en marge de la société. On a ici une autre manière de voir et penser la médecine, loin des procédures traditionnelles. Le drama a été un des plus visionnés par les sud-coréens en 2025. 

  • JUKEBOX : Happy Burstday to SEVENTEEN, qui célèbre ses 10 ans de carrière !

    JUKEBOX : Happy Burstday to SEVENTEEN, qui célèbre ses 10 ans de carrière !

    Le 26 mai 2015 débutait chez PLEDIS Entertainment le groupe SEVENTEEN, composé de 13 membres. Dix ans plus tard, ils sortent leur 5ème album intitulé “HAPPY BURSTDAY”, avec le groupe au complet.

    En effet, on a la surprise de pouvoir retrouver une chanson solo de JEONGHAN, alors que ce dernier réalise son service militaire depuis le 26 septembre 2024. De même, WONWOO a pu participer à l’album avant de débuter le sien le 3 avril 2025.

    De quoi ravir les fans de SEVENTEEN, les CARATs, avec un album OT13 (avec l’intégralité des 13 membres) pour les 10 ans du groupe, alors que celui-ci entre dans une période instable. L’occasion de célébrer ainsi un palier important dans l’histoire de SEVENTEEN, qui est aujourd’hui au sommet de sa carrière.

    3 chansons de groupe

    HBD

    L’album débute évidemment par une chanson festive pour cette occasion très spéciale. “HBD” pour “Happy Birthday” est un morceau rock, avec une guitare électrique prenante donnant une pointe de nostalgie, ainsi qu’une touche électronique pour le côté moderne. Cette chanson nous invite à profiter de la vie comme si demain n’existait pas.

    La fin du morceau se déchaîne plus, comme lors d’une soirée où tout le monde lâche prise et devient incontrôlable. On imagine déjà les membres sautiller sur cette partie en concert. Les basses sont écrasantes, et s’arrêtent soudainement, offrant une belle transition vers la chanson suivante.

    THUNDER

    SEVENTEEN frappe fort, une fois de plus, avec cette title track électrisante. Avec WOOZI, BUMZU et S.COUPS à la composition, ce morceau réunit tous les ingrédients qui rendent la K-pop addictive.

    Le premier ingrédient, c’est ce sifflement distinctif en introduction des plus grands tubes de K-pop tels que “DNA” de BTS, “Whistle” de BLACKPINK ou encore “Make A Wish (Birthday Song)” de NCT U. “THUNDER” rejoint ainsi ces grands noms en débutant avec cet air envoûtant qui permet de reconnaître la chanson dès les premières notes.

    Ensuite, on a cette production musicale très dynamique et prenante, aux sonorités puissantes à faire vibrer nos enceintes. Le sifflement se poursuit tout au long de la chanson, accompagné d’une instrumentale très énergique.

    Mais ce qui rend ce titre encore plus addictif, c’est ce refrain catchy qui nous reste en tête : “ALO, ALO, T-H-U-N-D-E-R”. Difficile d’échapper à cette mélodie obsédante, interprétée successivement par S.COUPS, VERNON, HOSHI et JUN, qui apportent chacun une couleur différente à ces paroles.

    Le clip, quant à lui, illustre à merveille cette ambiance survoltée, avec des couleurs vert-néon dans un décor plutôt sombre. La production visuelle est encore une fois impressionnante, comme c’est le cas dans la grande majorité des MVs de K-pop, avec des idées originales qui sauront plaire au spectateur. Elle a été dirigée par SAMSON, qui a travaillé sur d’autres clips tout aussi spectaculaires, notamment “Drama” d’aespa ou “INVU” de TAEYEON.

    Enfin, ce qui sublime le tout, c’est le talent et le charisme de nos 12 membres de SEVENTEEN (JEONGHAN n’ayant pas pu participer à cette chanson). Entre leur jeu d’acteur et leur présence scénique, on ne peut que tomber sous leur charme.

    En bref, “THUNDER” possède toutes les qualités pour devenir un futur classique, à écouter en boucle.

    Bad Influence

    Ce titre a été dévoilé en avant-première le 21 janvier 2025 à l’occasion du défilé Louis Vuitton à Paris, orchestré par Pharrell Williams. Actuellement directeur créatif de la maison de couture, ce dernier a donc collaboré avec SEVENTEEN sur ce morceau R&B qui a servi de bande son au défilé.

    Alors que cette chanson était très attendue depuis qu’elle a été révélée, les fans ont été particulièrement déçu.es par la surprenante censure des paroles sur sa version finale. Pour un morceau qui parle de “mauvaise influence”, retirer les jurons, c’est un peu comme enlever tout son sens à la chanson. Bien que chacun puisse avoir un avis différent sur la place des gros mots dans ce morceau, il est vrai que le rythme se retrouve cassé par la censure. On peut ainsi ressentir un poil de frustration à l’écoute.

    Néanmoins, la production musicale reste efficace et on y découvre les membres de SEVENTEEN jouer avec une certaine nonchalance et élégance.

    1 groupe, 13 individualités

    En 10 ans de carrière, les membres de SEVENTEEN ont eu l’occasion de faire nombre de chansons à 13 voix, d’autres par unité et certains se sont même lancés dans des projets solos. Mais c’est bien la première fois qu’un album propose une chanson solo par membre, exposant ainsi les 13 personnalités talentueuses qui composent SEVENTEEN.

    Skyfall (THE 8 Solo)

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    Le trio THE 8, VERNON et Robb Roy a déjà collaboré sur le dernier projet solo de Minghao “STARDUST” sorti en décembre 2024. “Skyfall” continue dans cette lignée, puisque les sonorités sont semblables à celles de son EP. On retrouve un univers galactique et enchanteur, qui nous transporte. L’instrumentale EDM donne ce côté cosmique, tandis que la voix de THE 8 est légère et nous laisse rêveur.

    Avec cette proposition, Minghao semble avoir trouvé sa couleur puisque la chanson lui ressemble. Il a su créer son propre univers avec des éléments électroniques dansants et une pointe de féérie. C’est une porte d’entrée vers ses projets solos, alors que THE 8 s’intéresse de plus en plus au mixage et à l’univers EDM. 

    Fortunate Change (JOSHUA Solo)

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    Si on a déjà eu l’occasion d’entendre la voix de JOSHUA sur des covers, c’est la première fois qu’il se livre sur une chanson solo inédite. “Fortunate Change” transmet toute la douceur et la tendresse de JOSHUA. Cette ballade évoque ces rencontres qui changent une vie de manière positive. On y découvre un JOSHUA qui s’essaie à un nouveau genre musical, plus mélodieux et rythmé, et s’éloignant des reprises acoustiques. Cela lui permet ainsi de mettre en valeur sa voix délicate et son talent indéniable. Une chanson qui correspond parfaitement à sa personnalité raffinée.

    99.9% (WONWOO Solo)

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    Alors que WONWOO fait partie de la Hip-Hop Team et excelle dans son rôle de rappeur, il n’a jamais caché son envie de chanter et d’interpréter plus de chansons mélodieuses. Son premier solo “Leftover”, sorti à l’occasion du projet “THIS MAN” de l’unité JxW en duo avec JEONGHAN, était déchirant et bouleversant. Cette fois, WONWOO nous propose un morceau qui s’annonce plus réconfortant. Selon ses propres mots, “99.9%” évoque la quantité de sentiments qu’il éprouve envers une personne, qui n’a plus qu’à s’accroître de 0.1% pour atteindre ensemble les 100%.

    Sur ces notes de piano guillerettes, on ne peut s’empêcher de sourire à l’écoute de la voix de WONWOO. Ce dernier nous délivre une magnifique performance vocale qui témoigne de sa passion pour le chant. Avec son ambiance champêtre, cette chanson pourrait très bien servir de générique d’un K-drama “good vibes” ou d’un anime de romance. Elle permet de faire ressortir la personnalité attendrissante du rappeur.

    Raindrops (SEUNGKWAN Solo)

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    Bien que SEUNGKWAN soit connu pour sa présence solaire et énergique, ses chansons solo arrivent toujours à nous émouvoir par leur ambiance nostalgique. “Raindrops” ne fait pas exception. C’est un morceau très touchant et porteur d’espoir. L’interprétation vocale de SEUNGKWAN est forte et chaleureuse à la fois, telle une étreinte qui nous réconforte dans les moments difficiles. Sa personnalité étant remplie de nuances, cette chanson permet à SEUNGKWAN d’exprimer toute sa sensibilité avec intensité.

    Damage (HOSHI Solo) feat. Timbaland

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    HOSHI s’offre le luxe d’avoir en featuring sur son solo, le rappeur et producteur américain Timbaland. Ce dernier est connu pour sa production de hits hip-hop, R&B et pop dans les années 2000, tels que “The Way I Are”, “Apologize” ou encore “Promiscuous”. La production musicale proposée à HOSHI pour son solo reste dans ce thème plutôt sensuel et charismatique. Comme pour son solo “Spider”, on verrait bien le leader de la Performance Team proposer une chorégraphie impactante sur ce morceau.

    Shake It Off (MINGYU Solo)

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    Ayant fait parler de lui bien avant sa sortie, “Shake It Off” s’est annoncé comme un titre très attendu. 

    D’une part, les CARATs de la première heure se sont réjouis de voir le nom de Samuel dans les crédits. Ce dernier est un ancien trainee de Pledis qui aurait dû débuter au sein du groupe SEVENTEEN, mais a quitté l’agence en 2013 pour des raisons personnelles. Il a récemment sorti son single “ROCKSTAR”, le 9 mai dernier, et semble avoir gardé de bons contacts avec les membres de SEVENTEEN. On a pu voir notamment MINGYU et HOSHI participer à son dance challenge pour la promotion de son morceau.

    D’autre part, parmi les 16 titres de l’album, ce morceau est le seul qui a été banni à la diffusion par le réseau de télévision sud-coréen KBS, ce qui a pu intriguer les CARATs. Et pour cause, les paroles sont explicites et contiennent des expressions considérées comme inappropriées.

    Musicalement, MINGYU nous propose un “lazy rap” avec une articulation faible et des paroles à peine audibles, mais avec un flow maîtrisé. C’est un son qui convient parfaitement pour se déhancher en boîte de nuit, et c’est d’ailleurs le but recherché.

    Happy Virus (DK Solo)

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    On ne pouvait trouver meilleur titre pour décrire la personnalité solaire et chaleureuse de DK. “Happy Virus” est une chanson à la fois nostalgique et réconfortante. La maîtrise de son chant et l’interprétation émouvante qu’il nous livre est loin de nous laisser indifférent. A l’écoute de ce morceau, on croirait entendre le sourire qu’on attribue si bien à DOKYEOM. Et comme un virus qui se propage, on ne peut s’empêcher de sourire à notre tour.

    운명 Destiny (WOOZI Solo)

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    Connu pour son travail remarquable en tant que producteur de génie au sein de SEVENTEEN, WOOZI a cette fois laissé les rênes à son ami BUMZU pour l’écriture et la composition de sa chanson solo. Ce dernier a d’ailleurs écrit un message émouvant sur Instagram, saluant ces dix dernières années passées à travailler aux côtés de SEVENTEEN, et plus particulièrement aux côtés de WOOZI.

    L’occasion a été pour ce dernier de lâcher prise et de laisser place à une interprétation touchante. L’instrumentale est sobre, permettant au leader de la Vocal Team d’exposer sa technique vocale avec une voix qui vient caresser nos oreilles. La présence de la guitare électrique donne une ambiance d’OST de K-drama, en accord avec le thème de la chanson qui se veut plein de tendresse.

    Shining Star (VERNON Solo)

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    VERNON nous propose une chanson aux sonorités rock très singulières. Si bien que SEVENTEEN décrit ce nouveau genre comme de “l’alien rock”, ce qui est parfaitement adapté à la personnalité atypique de VERNON. Avec un champ lexical qui tourne autour des astres, ce morceau pourrait très bien convenir pour un générique de dessin animé cosmique.

    쌍둥이자리 Gemini (JUN Solo)

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    Avec cette nouvelle proposition, JUN s’éloigne de l’univers sombre et sensuel dépeint dans ses précédents solos “PSYCHO” et “LIMBO”. Lui-même est du signe astrologique du gémeaux (JUN est né le 10 juin 1996). Il a voulu exprimer les différentes facettes d’une même personne : celles que l’on montre et celles que l’on cache. En parlant de “sa moitié”, JUN évoque ce chemin vers l’acceptation de certains côtés qu’on a tendance à rejeter et renfermer en soi.

    On apprécie particulièrement la démonstration de ses prouesses vocales avec des notes aiguës qu’on a rarement l’occasion d’entendre de sa part. Cette chanson aux paroles chargées de sens transmet toute la délicatesse et la sensibilité de JUN.

    Trigger (DINO Solo)

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    Après son premier solo “Wait” qui était très dansant, DINO nous présente une nouvelle chanson dans la même veine. Les paroles, écrites par le maknae du groupe lui-même, racontent la confrontation avec son propre reflet dans le miroir. Jouant à la roulette russe avec son reflet, DINO a le doigt sur la gâchette (trigger, en anglais), menaçant son alter ego de laisser ses émotions brutes s’échapper. Ce morceau démontre sa capacité à mettre en scène une histoire, sur une production musicale entraînante et irrésistible qui lui correspond bien.

    우연 Coincidence (JEONGHAN Solo)

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    Retrouver la voix de JEONGHAN au travers de cette chanson inédite nous donne du baume au cœur. Son absence au sein du groupe se faisant ressentir depuis son départ au service militaire, ce morceau doux et apaisant est un cadeau précieux pour les CARATs. Les paroles se veulent rassurantes à propos d’une relation qui prend fin. Avec cette volonté de ne blesser personne, il est préférable d’en conclure que cette rencontre n’était finalement qu’une coïncidence. Avec l’aide de WOOZI, JEONGHAN a su transmettre ses émotions à merveille et faire ressortir sa personnalité réconfortante.

    Jungle (S.COUPS Solo)

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    On reconnaît bien le leader de la Hip-Hop Team sur ce morceau aux sonorités trap similaires à l’explosif “Fire”. Ici, S.COUPS affirme son rôle de leader et sa stature de “roi de la jungle”. C’est une chanson à jouer à fond dans la voiture ou en club. Elle donne envie de se déhancher et de s’abandonner au rythme des percussions. On a déjà hâte de voir le leader de SEVENTEEN démontrer toute sa présence scénique sur ce solo qui lui est parfaitement adapté. Vous pouvez d’ailleurs apercevoir la chorégraphie (officieuse) juste ici.

    “SEVENTEEN will challenge eternity”

    Pour conclure sur cet album, SEVENTEEN nous a offert le présent idéal pour célébrer ses 10 ans de carrière dans l’industrie de la K-pop. Il saura ravir les CARATs qui retrouveront au travers de ces 16 titres toute l’identité qui fait de SEVENTEEN un groupe attachant et exceptionnel. Mais il permet aussi à un large public de découvrir les talents variés qui composent le groupe.

    HAPPY BURSTDAY” est loin d’annoncer la fin de SEVENTEEN. Il célèbre au contraire la force qui les unit depuis 10 ans et qui leur permettra de durer encore longtemps par le biais de leur passion pour la musique. Cet album ne serait pas le même sans le génie de WOOZI qui, grâce à son amour pour les membres, leur permet de briller tant individuellement qu’en tant que collectif.

    SEVENTEEN défie l’éternité, et on ne peut que leur souhaiter de belles années à venir.

  • JUKEBOX : CHUU ne pleure que sous la pluie

    JUKEBOX : CHUU ne pleure que sous la pluie

    dear. korea suit de près la carrière des douze membres de LOONA depuis leurs re-débuts. Le comeback de Chuu avec son EP Only cry in the rain ne nous aura donc évidemment pas échappé ! 

    Chuu a fait son deuxième comeback avec le mini-album Only cry in the rain ce 21 avril, presque un an depuis sa dernière sortie. Avec une title track éponyme, comme c’était le cas pour Howl et Strawberry Rush, la dixième membre de LOONA dévoile de nouveaux atouts dans une performance mélancolique. Retrouvez notre revue, titre par titre, de l’EP “Only cry in the rain”. 

    ONLY CRY IN THE RAIN

    Chuu semble adopter une stratégie d’alternance entre title tracks upbeat (joyeuses) comme “Strawberry Rush” et chansons plus personnelles telles que “Howl”

    “Only cry in the rain” reprend une ambiance que l’on avait déjà trouvé dans son premier mini album avec “Aliens” – synthétiseurs et percussions simples sont rejointes par une basse qui laissent place à la voix mélodieuse de Chuu. Cette production instrumentale et nostalgique permet à la chanteuse de transmettre des émotions mélancoliques avec des paroles remplies de regrets.

    Plusieurs interprétations sont possibles lorsque l’on se penche sur les paroles, mais aussi le MV (clip vidéo). Amitié d’enfance gâchée par l’immaturité adolescente ou histoire d’amour saphique jalousé par le troisième ami de la bande ?  

    We were in a world for two

    (On était dans un monde pour deux)

    Chuu utilise alors la pluie pour masquer le bruit de ses sanglots. La pluie est souvent associée à la mélancolie, mais c’est aussi une excuse pour laisser exploser sa tristesse. Gouttes de pluie et larmes se mélangent, cachant des sentiments qui peuvent rendre honteux. Pourtant, son amie la rejoint sous la pluie pour la consoler. 

    Chuu perd ses deux amis dans son imaginaire – peur ou réalité ? Le MV passe subitement dans un style de dessin animé, l’idol se retrouvant seule sur le quai d’une gare. Puis, lors d’une sortie en vélo, les deux disparaissent à nouveau après avoir dépassé Chuu qui possède alors des ailes d’ange. 

    On pourrait interpréter cela comme le simple fait de se quitter pour poursuivre différents chemins. Le trio d’amis ayant grandi dans ce qui semble être une petite ville, voire même un village, sans doute doivent-ils se rendre dans de plus grandes villes pour aller à l’université. Ou dans le cas de Chuu, devenir idol. Une situation malheureusement courante. Combien de fois avons-nous perdu des amis en changeant d’école ? En déménageant ? En quittant un travail ? 

    Parfois, le temps efface cette amitié. On finit par oublier les gens qui ont, un jour, rythmé notre quotidien. Amis, collègues et amours deviennent de lointains souvenirs. Parfois, une certaine haine se développe, une rancœur envers un manque d’effort de l’autre personne de ne pas avoir essayé un peu plus de garder contact ou de changer quelque chose. 

    Et alors que les deux amis partent ensemble, dans le train et à vélo, Chuu reste seule. 

    Days after days, we loved each other like crazy

    More and more, we hated each other to death

    (Jour après jour, on s’est follement aimé

    De plus en plus, on s’est détesté à mort)

    Dans les teasers du comeback postés sur les réseaux sociaux de Chuu, on retrouve des photos de l’idol et son amie. Sur deux de celles-ci, on voit leurs visages et alors que Chuu regarde l’objectif sur l’une des deux, l’amie semble ignorer que des photos sont capturées. Ce qu’on voit ne sont que les souvenirs de Chuu, une partie de l’histoire dont on ignore le point de vue des autres personnages principaux. 

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    Crédit photo : ATRP

    Pourtant, à la fin, on voit la chanteuse sourire en regardant la caméra, brisant le quatrième mur. On se retrouve, en tant que spectateur, comme étant l’ami-e perdu-e. Le dernier plan montre la bande des trois amis réunie, quittant un paysage désolé en silence. 

    BACK IN TOWN

    On change de registre avec “Back in town”, un titre RnB funky. Ici aussi on retrouve une production musicale assez épurée. Lors du troisième couplet, une talk box est utilisée et fait presque penser au vocoder des Daft Punk pendant quelques secondes.  

    Encore une fois, c’est la voix mélodieuse de Chuu qui donne au titre tout son charme. Avec des harmonies et des échos, le titre devient de plus en plus intéressant. Tantôt détendue et légère, tantôt tirant sur les graves et quelques lignes parlées qui jouent avec la théâtralité, la voix de la chanteuse semble parfaitement correspondre à ce type de titres.

    Comme le titre l’indique, Chuu retourne chez elle. Dans sa ville natale, elle y retrouve une personne spéciale – son premier amour. Même après des années sans se voir, les deux réalisent qu’ils s’étaient manqué depuis tout ce temps. 

    KISS A KITTY

    “Kiss a kitty” est sans aucun doute la chanson qui aura fait exploser la popularité de Chuu à l’international ces dernières semaines. Une fois encore, c’est un rythme rétro et funky qui nous accueille avec le registre aigu de la chanteuse.

    Avec des éléments de new jack swing (fusion entre le RnB et le hip-hop), ce titre dansant et funky offre encore une certaine forme de théâtralité avec le post-refrain scandé par des voix masculines, le rap parlé de Chuu et autres éléments tout au long de la chanson. 

    Le “kitty” (chaton) semble vouloir se référer à une fille, qu’elle voudrait donc embrasser. On retrouve dans les paroles plusieurs comparaisons entre les chats et cette personne : 

    “She says i’m purr-fect” (elle dit que je suis parfaite) 

    En transformant “perfect” par “purr-fect”, Chuu veut bien évidemment parler des ronronnements félins lorsque ces derniers sont satisfaits et se sentent aimés avec des attentions physiques (les caresser, les embrasser…). 

    “And I don’t wanna kill the curiosity” 

    Il existe un adage en anglais : curiosity killed the cat – littéralement “la curiosité a tué le chat”.* Mais ici, les paroles suivent la fin de l’adage (la satisfaction l’a ramené à la vie) : “I don’t wanna kill it, I just wanna kiss it” – je ne veux pas le tuer (le chat), je veux simplement l’embrasser. En l’embrassant, le chat est satisfait et ronronne.

    Ces deux exemples ne sont en aucun cas une liste exhaustive, et nous vous invitons à vous intéresser aux paroles pour trouver d’autres comparaisons. 

    “Kiss a kitty” a été associée par ses paroles à une chanson parlant d’un amour saphique, ce qui a été confirmée par l’autrice originale GiGi Grombacher. 

    Chuu elle-même semble apprécier que la communauté LGBTQ+ s’approprie le titre, commentant même un Reel sur Instagram qui la remercie de participer à la Semaine de Visibilité des Lesbiennes. 

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    Au-delà d’une chanson entraînante, Chuu semble donc avoir touché un large public en dehors de la Corée du Sud avec “Kiss a kitty”. 

    * En français, on dirait “la curiosité est un vilain défaut”. 

    JE T’AIME

    La quatrième chanson du mini album se nomme joliment “Je t’aime”. Sans surprise, il s’agit d’une chanson d’amour et même d’une déclaration à l’aide du français, langue largement considérée comme romantique. 

    Les paroles sont pourtant bien éloignées d’une première déclaration romantique lors des débuts d’une relation. Les deux se connaissent depuis longtemps, se sont déjà probablement dit “je t’aime” des centaines de fois. L’amour est calme, une routine agréable. Il n’y a pas de doute sur les sentiments de l’un pour l’autre. 

    Peaceful like a gentle breeze

    Familiar like the flow of time

    Natural like the little routines of life

    (Pacifique comme une douce brise

    Familier comme le court du temps

    Naturel comme les petites routines de la vie)

    Pourtant, plus la chanson avance, plus Chuu montre de passion. La production musicale s’étoffe, semble même s’accélérer, comme des battements de cœur lorsque l’on voit la personne aimée. Avec une répétition de “je t’aime” en conclusion, on sent comme une valse calme et assurée s’exécuter, un moment d’assurance entre les deux amants. 

    NO MORE

    Rapidement, on se retrouve déjà sur la conclusion de l’EP avec “No more”. Le synthétiseur est plus marqué et presque brut avec la répétition d’une boucle très simple, créant une ambiance audacieuse. Ce synthétiseur est rejoint par des percussions elles aussi assez fortes et brutales que les titres précédents. 

    “No more” envoie un message de confiance en soi assez fort – certainement des mots que Chuu aurait aimé entendre à certains moments de sa vie. Bien que le rythme soit presque militaire, les paroles sont réconfortantes et poussent à s’affirmer. 

    You don’t apologize, don’t let others trap you in their standards

    (Tu ne t’excuses pas, ne laisse pas les autres t’enfermer dans leurs standards) 

    CONCLUSION

    Only cry in the rain en tant qu’EP donne un coup de fouet émotionnel à chaque chanson. L’agencement de la tracklist provoque une confusion lors de la première écoute, à tel point qu’il devient compliqué d’écouter l’album dans l’ordre. Pour autant, chaque chanson se démarque en son genre, à part peut-être “No more” qui semble être le titre le moins convaincant. 

    Bien que “Kiss a kitty” ait détrôné “Only cry in the rain” en termes de popularité, ayant même surpassé cette dernière en termes de streams sur Spotify, la title track a été parfaitement choisie pour montrer un côté inédit des talents de Chuu.  

  • BOOKCLUB : Idols, un thriller saphique hypnotisant

    BOOKCLUB : Idols, un thriller saphique hypnotisant

    Et si devenir une idol de K-pop pouvait vous coûter la vie ? Si vous souhaitez lire un bon thriller, haletant mais accessible, ne cherchez plus : “Idols” de Linda Cheng est sans doute le roman qu’il vous faut. Loin des clichés, ce livre reste en tête bien longtemps après sa lecture et marque durablement. Peu connu du public français, où les avis mitigés se multiplient, ce roman mérite du succès et surtout d’être mis en lumière. Etes-vous prêts à plonger avec nous dans l’univers sanglant et obscur de “Idols” ?

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    L’autrice taïwanaise Linda Cheng nous livre avec “Idols” (titre original : “Gorgeous Gruesome Faces”), publié chez Albin Michel en novembre 2023, un premier roman aussi envoûtant que glaçant. Après une enfance passée à voyager entre continents et cultures, elle obtient un BFA ( le baccalauréat en beaux-arts ) au Savannah College of Art and Design. Elle travaille ensuite comme directrice artistique aux Etats-Unis. Aujourd’hui, elle vit à Vancouver au Canada, où elle écrit ses histoires emplies de tension et de mystères. 

    Résumé : Promise à une grande carrière d’idol avec ses deux meilleures amies, Mina et Candie, Sunday Lee, 16 ans, a vu ses rêves voler en éclats après un terrible incident : une nuit, Mina s’est brusquement donné la mort. Candie, elle, est partie sans se retourner… Deux ans plus tard, lorsque Sunday apprend que son ancienne co-star auditionne pour former un nouveau girls band et se produire en Corée, elle décide de retenter sa chance dans la K-pop. En candidatant elle aussi, elle aura enfin la possibilité de confronter Candie et, elle l’espère, de lever le voile qui entoure le décès de Mina.

    “Idols” est un roman jeune adulte, queer, féministe et gothique, qui mêle K-pop, horreur psychologique et surnaturel. C’est un mélange qui plaira aux habitués de ce genre tout particulier. L’univers de la musique coréenne y est décrit sans concession : normes de beauté toxiques, pression extrême, manipulation émotionnelle… Linda Cheng n’hésite pas à dénoncer les dérives d’une industrie où briller peut rimer avec souffrance. 

    Un thriller gothique et féministe

    On suit Sunday, une héroïne aussi forte que vulnérable, qui grandit au fil des pages et cherche désespérément la vérité. Son lien complexe avec Candie nourrit l’histoire :leur relation amicale se brise par les évènements mais est aussi gorgée de  rancune et d’une tension romantique sous-jacente qui grandit au fil de l’histoire. Malgré son décès, Mina hante tout le récit et reste au cœur de l’intrigue. Des flash-backs nous ramènent à l’époque où elles étaient toutes les trois, ce qui rend son son personnage très attachant. 

    Un roman à l’ambiance surnaturelle

    L’un des grands atouts du roman est son ambiance. Le stage de K-pop censé être un tremplin vers la gloire se transforme rapidement en un lieu oppressant où des accidents étranges et des phénomènes inquiétants se multiplient. L’autrice tisse habilement des éléments de folklore asiatique et des manifestations surnaturelles, qui renforcent le malaise et la tension autant dans le récit que chez le lecteur. 

    Si vous aimez les thrillers psychologiques, les histoires à l’ambiance lourde et oppressante ainsi que les récits qui dénoncent les travers de la célébrité, “Idols” est une lecture faite pour vous ! 

    Alors… et si la K-pop cachait des secrets bien plus terrifiants qu’un simple scandale médiatique ? 

    Et bonne nouvelle pour celles et ceux qui pourraient tomber sous le charme sombre de ce roman. Linda Cheng prépare une suite intitulée “Beautiful Brutal Bodies”, prévu pour l’automne 2025. Il explorera plus en profondeur l’univers et les thématiques esquissés dans “Idols”. 

    Découvrez toutes nos review littéraire dans notre rubrique BOOKCLUB !

  • JUKEBOX : BOYNEXTDOOR créent leurs propres règles avec [No Genre]

    JUKEBOX : BOYNEXTDOOR créent leurs propres règles avec [No Genre]

    BOYNEXTDOOR nous propose des EP toujours addictifs et c’est encore le cas de ce 4ème opus [No Genre] sorti le 13 mai dernier, 7 mois après le précédent 19.99. Un projet musical qui respire la joie, les good vibes et la légèreté qu’on leur connaît depuis leurs débuts.

    Avec une certaine théâtralité, les membres continuent de nous embarquer dans un univers où tous les genres sont permis. C’est toujours avec beaucoup de plaisir que nous découvrons les titres de BOYNEXTDOOR, placés dans un ordre spécifique dans cet EP. Porté par la title track “I Feel Good”, l’EP propose 5 titres, ainsi que le pre-release single “IF I SAY I LOVE YOU” et une version anglaise de la title track

    Un projet hybride où tous les genres sont permis 

    Le titre de l’EP [No Genre] annonce déjà la volonté de BOYNEXTDOOR de se débarrasser des carcans de styles musicaux et d’explorer par eux-mêmes. Le groupe a une véritable sensibilité  artistique et s’approprie les codes de différents genres musicaux majeurs. Lors d’un interview accordé à Billboard, Leehan nous dit “pour nous,  [No Genre] signifie sortir du moule. Nous sommes un groupe qui aime sincèrement tous les genres de musique, plutôt que rester dans un seul style. Nous voulions que cet album reflète notre ouverture d’esprit et notre liberté.”

    Pour preuve, chaque morceau de l’album a été en partie produit et écrit par Taesan, Jaehyun et/ou Woonhak, trois membres du groupe. Ils sont accompagnés par l’illustre ZICO, leur mentor, mais aussi par les producteurs Pop Time, acolytes de ZICO et KAKO (qui a déjà travaillé sur leurs anciens projets, mais aussi pour i-dle, I.U ou Woodz). Pour Woonhak, “c’est en prenant part au processus d’écriture [qu’ils sont] capables de livrer des histoires sincères et accessibles, avec [leurs]  propres émotions et expériences”. 

    Si les trois derniers albums étaient centrés sur les sentiments amoureux ou juvéniles et le passage à l’âge adulte, celui-ci accentue davantage la liberté créative du groupe. Ils ne souhaitent pas être cantonnés à la seule thématique de la jeunesse mais bien montrer leur versatilité et surtout produire des morceaux pour  s’amuser sur scène. Ils s’affirment comme un groupe qui apporte fraîcheur, légèreté, humour et créativité à la Kpop. 

    123-78

    Comme le dit le leader Jaehyun  “même si l’album s’appelle ‘No Genre’ nous avons fait attention à capturer l’essence de chaque genre musical”. Et c’est le cas pour la chanson d’introduction “123-78”, aux sonorités rétro jazz-pop. Une belle entrée en matière dans l’univers théâtral de BOYNEXTDOOR qui ne lésinent pas sur l’utilisation des instruments à cordes et des cuivres pour ajouter de la profondeur au morceau. 

    On plonge directement dans un musical des années 1960, rappelant tour à tour “West Side Story”, “My Fair Lady” ou “Funny Girl”. Cet aspect est accentué à la fois par l’instrumentale jazz-pop évoquée plus haut, mais aussi par les paroles et les techniques vocales des membres qui chantent “My Baby Georgia” de manière presque éplorée dans le refrain. La  Ils s’adressent donc à cette Georgia personnifiée qu’ils attendent désespérément alors qu’elle s’est éclipsée. Le clin d’oeil à “Georgia On My Mind” de Ray Charles, un classique du blues, est particulièrement appréciable.

    Nous avons ici une ôde à l’amour, supplantée par l’espoir et l’attente d’un retour de l’être aimé mis.e sur un piédestal. Les chiffres du titres “123-78” sont chantés et comptés jusqu’à ce que Georgia revienne. Une telle impatience fait ressentir que les chiffres 4-5-6 sont omis pour aller directement à 7, l’amant n’est pas capable d’attendre autant Georgia.

    On apprécie également l’aspect dansant du morceau sur lequel BOYNEXTDOOR nous proposent une chorégraphie modern-jazz fraîche et teintée d’humour pour le dance-break. De quoi accentuer les références aux comédies musicales, et mettre en avant la théâtralité du groupe qui a choisi de promouvoir ce morceau en plus de la chanson titre. Un véritable coup de cœur. 

    I Feel Good (Title)

    Si les title-tracks de BOYNEXTDOOR ont toujours beaucoup de personnalité et font preuve d’une créativité certaine, “I Feel Good” ne déroge pas à la règle. On apprécie l’interpolation à la chanson du même nom de James Brown. Toujours dans une ambiance théâtrale, les membres nous offrent une véritable performance. Eux qui souhaitent “casser le moule”, c’est un pari réussi avec ce morceau qui explore les sonorités rock mais aussi la pop de Michael Jackson, qui se voulait elle-aussi innovante. Taesan nous dit que lorsqu’ils travaillaient sur cette chanson, ils voulaient faire quelque chose de fun et plein d’énergie. Avec un refrain addictif et la répétition presque criée  de “I Feel Good”, on les suit complètement dans leur univers.

    Mention spéciale au pré-refrain en deux temps avec une topline très mélodieuse puis deux phrases en accélération “spin the world like a basketball / Tokyo, New York, London to Seoul”. S’ensuit un refrain de rockstars, accompagné d’une chorégraphie créative et rythmée. Tout le morceau nous emporte par sa structure et par ses couplets bien travaillés.  Pareillement, il y a une omniprésence de la basse et de vocalises signatures de Michael Jackson (évoqué dans le premier couplet par Woonhak qui “feel like I’m M.J”).

    Petite surprise dans la version clip musical du titre où les membres se permettent un petit cypher en début de vidéo. Jaehyun et Taesan alternent des barres de rap avec les autres membres qui les hypent, avant de démarrer véritablement le son. Si BOYNEXTDOOR “feel good” c’est bien parce qu’en entrant dans aucun moule, ils arrivent pourtant à tirer le meilleur de chaque inspiration pour être des superstars. Le morceau s’impose avec une bonne dose d’égotrip et d’humour. Sans se prendre au sérieux, BOYNEXTDOOR passent maîtres dans l’art d’amuser leur public.

    Step by step

    Le troisième titre se rapproche plus d’une ambiance city pop estivale. La chanson commence simplement,  avec des accords de guitare et de synthétiseur. Jaehyun nous dit d’ailleurs que cette chanson lui rappelle vraiment l’été et invite les fans à profiter du temps qui passe en attendant cette saison. 

    C’est une très jolie mélodie qu’ils nous offrent, le confirmant  dans les paroles 아름다운 melody” (litt : une belle mélodie). Du premier couplet au pont, les voix des membres sont mises en avant, entre les falsettos de Sungho, la voix basse de Leehan, passant par le refrain de  Taesan et Woonhak qui révèlent qu’ils sont tous de très bons chanteurs.

    Un solo de guitare remarquable et bien produit en guise de pont ne rend le morceau que plus satisfaisant à l’oreille , avant de finir par une phrase de conclusion par Riwoo, qui donne tout son sens aux paroles “아스라이 남긴 추억이 / 한여름 밤을 노래해” (Des souvenirs que j’ai laissés derrière moi / Je chante une nuit d’été). 

    “Step By Step” nous invite à profiter des saisons et du temps qui passe dans une atmosphère douce et positive, accompagnés des gens que nous aimons tout en créant nos propres souvenirs. Avec le champ sémantique de la nature comme “le printemps”, “le ciel étoilé”, “la pluie”, “l’odeur de la terre”, mais aussi les références culturelles Shakespeare avec “Midsummer Night” ou “Romeo”, il s’agit d’une ballade pop poétique qu’on redécouvre à chaque écoute. 

    장난쳐? (Is that true ?)

    Ce morceau au double titre coréen-anglais est définitivement notre préféré de l’album, les mélodies de voix et la production nous ont séduites dès la première écoute. Le morceau commence directement par le refrain de Riwoo qui nous reste en tête et dont on chante aisément les paroles. La thématique est douce-amère puisque l’artiste chante sa jalousie face à l’être aimé qui serait passée à autre chose, en en aimant un autre. Si nous étions heureux ensemble, l’es-tu toujours avec lui ? 

    “I know I messed up what we had

    예고도 없이 장난쳐?

    Love him like you used to love me

    Love him like you used to, 장난쳐?

    I know I messed up what we had

    That’s supposed to be me close to you

    나 없이도 good day, good day

    나 없이도 good day, 장난쳐?”

    (Je sais que j’ai détruit ce que nous avions, 

    Tu te joues de moi, n’est-ce pas ? 

    Tu l’aimes comme tu m’aimais moi.

    Tu l’aimes comme tu m’aimais moi, n’est-ce pas ? 

    Je sais que j’ai détruit ce que nous avions,

    Je suis censé être celui près de toi,

    Même sans moi, c’est une bonne journée,

    Même sans moi, c’est une bonne journée, n’est-ce pas?)

    Fraîcheur et onirisme

    Cette chanson est fraîche et joviale à écouter, bien qu’on compatisse avec le narrateur. Avec un arrangement très pop et des percussions et basse omniprésentes, on s’imagine bien dodeliner de la tête avec ce morceau dans le casque. Mention spéciale pour les falsetti sur le pré-refrain qui apportent une dimension onirique à la chanson.

    Il s’agit là encore d’un morceau écrit en partie par Taesan et Woonhak qui ne manque pas de théâtralité. Les couplets se répondent avec humour et sont emprunts d’une imagerie créative, comme ce dernier avec le champ lexical de l’eau, qui a retenu notre attention : 

    “물 한 잔만 줘 좀 갈증이

    두 눈으로 보니 전부 증발해서

    머리 위 올라 먹구름

    가득 차 눈물 날 지경, no, no, no, no”

    En vous voyant tous les deux, tout s’est évaporé autour de moi

    Il y’a des nuages noirs au-dessus de ma tête

    Je suis sur le point de pleurer, non, non, non, non)

    La métaphore aquatique pour qualifier les émotions en pagaille est à la fois dramatique et  légère et comique.. Une chose est sure, “Is that true?” est une chanson à laquelle on peut s’identifier, et on aime suivre BOYNEXTDOOR dans leurs déboires amoureux. 

    Next mistake

    Dans une atmosphère tout à fait différente que la chanson précédente, “Next Mistake révèle un narrateur qui se languit de l’être aimé. Ici on demande à l’être aimé de nous aimer en retour et de le/la faire devenir notre “prochaine erreur”. Ici il est question de se lancer à cœur et à corps perdus dans la relation malgré les potentiels écueils aperçus. En co-écrivant ce morceau, Jaehyun et Woonhak semblent y laisser toute leur espièglerie. 

    Pour accompagner cette thématique, la production est inspirée de la musique house, avec une dimension un peu plus sensuelle et intimiste. Les membres chantent en voix de tête pendant  l’introduction avant de laisser Jaehyun et Riwoo reprendre en voix de poitrine. Mention honorable à ce dernier dont le timbre de voix colle parfaitement avec ce type de mélodie. Il interprète à la perfection ce gimmick romantique et plaintif “please, please love me”. Le refrain reprend en voix de tête, conférant au morceau tout son onirisme. L’auditeur semble voler et planer au rythme des modulations de voix qui sont  très bien travaillées.

    On se retrouve encore avec une production musicale rondement menée, équilibrée entre le mixage des voix et des samples house qui accentuent les basses et les effets de glitch.

    오늘만 I LOVE YOU

    Sortie en janvier dernier, en plein hiver, “IF I SAY, I LOVE YOU” était déjà connue des ONEDOOR avant la sortie de cet EP. Si nous l’écoutions déjà en boucle au mois de janvier, nous sommes ravies de voir qu’elle trouve sa place ici. Elle correspond parfaitement au projet par son aspect  théâtral et créatif et montre encore une nouvelle couleur de BOYNEXTDOOR. Il s’agit là d’une chanson de rupture nostalgique, avec encore cette touche d’humour bien significative du groupe.

    Ce morceau regorge d’éléments pop-funk représentés par les instruments à corde et ce solo de guitare entraînant sur le refrain. Celle-ci chante au même titre que les membres un amour joyeusement désespéré. S’ils font référence à Shakespeare dans “Step by Step”, ici on s’éloigne du drame au sens littéraire pour arriver au drame au sens populaire : ils sont en réalité des “dramas queens”. 

    Pour appuyer ce propos, ils disent “je t’aime” dans plusieurs langues en passant de l’anglais, au japonais au coréen, comme si une seule ne suffisait pas pour exprimer ces émotions débordantes.

    “오늘만 I love you

    愛してる 사랑해” 

    (Aujourd’hui, je t’aime, je t’aime, je t’aime)

    Avec “IF I SAY, I LOVE YOU” on continue de s’amuser au fil des saisons de nos émotions. On suit leur récit dans lequel ils s’épanchent et explorent leurs émotions comme ils explorent les arrangements musicaux. C’est un titre qui a fonctionné à la fois en single promotionnel d’hiver, tout comme il fonctionne aujourd’hui à l’approche de l’été.

    Conclusion 

    [No Genre] est un pur produit BOYNEXTDOOR : de la créativité, une exploration musicale et vocale, et de la théâtralité. Des comédies musicales des années 1960 jusqu’à la scène de festival rock en passant par un un DJ set estival, le groupe est apte à créer pléthore d’atmosphères. Ils  arrivent pourtant  à rester cohérents dans leur discographie tout en citant directement leurs inspirations tirées de la musique noire-américaine: à la jonction entre le jazz, le rhythm and blues et la pop.  L’univers de BOYNEXTDOOR est maîtrisé et imagé, tant à l’écoute qu’au visionnage, puisque leurs chorégraphies épousent cette esthétique . Avec [No Genre], on voyage, on parcourt les strates temporelles et on devient complices de saynètes. L’album est un parfait équilibre entre les inspirations musicales et les références culturelles modernisées. C’est sans modération qu’on dit à BOYNEXTDOOR qu’on “aime” leur audace et leur univers.

    On ne saurait mieux résumer la musique de BOYNEXTDOOR que Jaehyun lui même :

    “Nous avons deux grands objectifs : faire de la musique que seul BOYNEXTDOOR peut faire, et produire des chansons auxquelles les gens peuvent s’identifier. Pour cela, prendre des citations ou rendre hommage au passé est essentiel”.

    Pari réussi.