Catégorie : Reviews

Musique, cinéma, littérature… on vous partage nos ressentis dans nos reviews grâce à un décryptage en profondeur de chaque oeuvre sud-coréenne.

  • JUKEBOX : Übermensch by G-Dragon, le retour d’une légende

    JUKEBOX : Übermensch by G-Dragon, le retour d’une légende

    Parler d’un retour très attendu serait trop peu pour décrire l’état d’esprit des VIP, fans du groupe BIGBANG et du chanteur Kwon Ji Yong aka G-Dragon. Celui que l’on surnomme à juste titre le roi de la Kpop, toujours à la hauteur de sa réputation, marquait son grand retour le 25 février dernier avec la sortie de son full album Übermensch.

    Cet album constitue son premier projet après près de 8 ans d’absence depuis son dernier EP Kwon Ji Yong en 2017. Il s’agit également de son premier full album depuis COUP D’ETAT sorti il y a plus de 10 ans, en 2012 pour lequel il a d’ailleurs remporté le prix du World’s Best Album aux World Music Awards de 2014, gros record personnel)

    Ainsi, le 31 octobre 2024 sortait en prerelease le singlePOWER” puis le 22 novembre le single de “HOME SWEET HOME” avec en featuring Taeyang et Daesung, sorti juste à temps pour les MAMA 2024 au Japon. Les fans français ont par ailleurs eu l’occasion unique d’entendre les deux morceaux lors du Gala des Pièces Jaunes auquel participait le chanteur avec son ami Taeyang ce 23 janvier à La Défense Arena.

    Le 6 février enfin, la star annonçait dans une communication simultanée sur ses réseaux sociaux ainsi que sur sa nouvelle application de fanclub (gdragon.ai par b.stage) sa future tournée mondiale éponyme : Übermensch La tournée devrait commencer par deux concerts au Goyang Stadium de Séoul les 29 et 30 mars prochain avant de se poursuivre dans un premier temps en Asie.

    Espérons que le chanteur compte la France, son pays de coeur, dans les destinations ou sa tournée posera ses valises par la suite !

    D’ici la, découvrons ensemble l’album Übermensch.

    Une œuvre complète/complexe ?

    Comme évoqué plus tôt, le dernier projet du leader de BIGBANG est sorti il y a 8 ans ou 88 mois un 8 juin 17. L’album Übermensch est composé de 8 morceaux et est sorti à 18h. Dans le premier single sorti, Power, on peut entendre à chaque début de refrain la répétition par série de 8 du mot « power ». (Cet article sort également le 08 mars !)

    Cette observation peut paraître complotiste et obsessionnelle mais lorsque l’on connaît la façon dont GD appréhende sa musique comme une création complète, il n’y a pas de doute sur le caractère délibéré. Pour contexte, le chiffre favori du chanteur est le 8 tout d’abord car de façon superstitieuse il s’agit d’un chiffre qui attire à soi le bonheur et l’argent mais également parce que celui-ci fait écho à sa date de naissance le 18/08/88. On notera également que le premier single est sorti en 2024 soit toujours dans la période de l’année du dragon.

    Ces références subtiles sont le témoignage que chaque détail et chaque aspect de l’album a été minutieusement pensé et que l’artiste a eu le temps de peaufiner son projet.

    GD, c’est avant tout un univers caractéristique qui lui est propre et qui ne ressemble à rien d’autre qui puisse se faire dans la Kpop. Ce constat que l’on faisait déjà il y a 10 ans est toujours d’actualité aujourd’hui.

    Concernant le titre de l’album, l’artiste confie en conférence de presse :  Übermensch signifie “Sur-homme” et représente un individu qui aurait transcendé sa propre existence. Cet album incarne l’idée de présenter au monde une version plus forte et résilience de soi-même. J’espère que cette force résonnera avec mes fans à travers ma musique.”

    Par le titre de l’album on comprend que le chanteur fait référence à son interprétation propre du concept théorisé par le philosophe allemand Nietzsche dans son ouvrage Ainsi parlait Zarathousta paru en 1883.

    Il semble important de souligner que l’utilisation de ce terme et plus exactement l’affiche de la tournée mondiale du leader de BIGBANG a suscité quelques inquiétudes  et un certain malaise chez une partie des fans. En effet, tout comme pour son précédent world tour (Acte III M.O.T.T.E) et pour la plupart de ses communications depuis plusieurs années, le chanteur a utilisé la police d’écriture “Fraktur”.

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    Seulement voila, l’utilisation du concept de « surhomme » en langue allemande et l’ajout d’un umlaut (tréma en allemand utilisé pour changer la prononciation d’une lettre*) couplé avec les choix de couleurs (noir, blanc et rouge) de la photo et la police ne sont pas sans rappeler les symboliques utilisées lors d’une des périodes les plus sombres de l’histoire de l’humanité. Dans le contexte politique actuel, -surtout si le chanteur compte se produire en Europe à l’occasion de sa tournée-, une telle comparaison peut avoir des répercussions sérieuses et les inquiétudes émises par les fans devaient être adressées. Il semblerait cependant que GD continue la promotion de l’album avec ce design.

    *En allemand le u se prononce “ou” et on ajoute l’umlaut pour obtenir le u tel que l’on pourrait le prononcer en français. GD l’utilise à plusieurs reprises sur ses visuels.

    A retour particulier, promotion particulière : pour le chanteur qui avait l’habitude de sortir ses albums en deux ou trois versions maximum (voire sous forme de clé USB pour son dernier EP en date) c’est cette fois avec pas moins de 8 versions “JEWEL” (on y revient toujours !), 4 versions  “mini JEWEL” et une version “PHOTOCARD ALBUM” : 13 versions en tout. Chaque album arbore sobrement le logo associé à ce comeback dans une couleur différente (avec un photobook différent également). Chose amusante, si on empile toutes les versions on obtient l’image grandeur nature de la pochette de l’album (comme un puzzle)

    Grande nouveauté aussi : les fans pourront enfin retrouver dans certains de ces albums des photocards du chanteur qui n’en avait jamais eu jusqu’à lors.Au premier abord, cet album semble représenter une réédition actualisée de ce que GD a toujours su proposer à son public.

    Mais qu’en est-il des chansons de l’album en tant que telles ?

    Rien de tel que la maison, HOME SWEET HOME

    1er single à être sorti à la suite de l’annonce du comeback de G-Dragon en novembre 2024, le morceau a d’abord été pris pour un morceau signant le retour sur le devant de la scène de BIGBANG en tant que groupe, en effet, tous les membres actifs du groupe figurent sur le morceau. Cette confusion n’est pas anodine et le chanteur a confié sur sa chaîne YouTube dans les “Behind the Scenes” du morceau qu’il l’avait originellement écrit pour son groupe à  mais avait finalement décidé de le sortir comme un son solo avec ses membres en featuring. A l’instar de la chanson “Still Life” sortie en 2022, le morceau a été accueilli avec émotion par les VIP, fans du groupe. Les paroles font largement référence à sa gratitude envers l’attente des fans mais résonne également comme un appel à son collègue et ami T.O.P. Il est évident que les fans rêvent de revoir le groupe véritablement au complet avec les quatre membres et il semble que le leader de BIGBANG partage ce point de vue.

    La performance de cette chanson aux MAMA 2024 était certainement la plus marquante de l’événement et a été particulièrement bien accueillie par l’opinion publique (fans de la première heure comme auditeurs ponctuels). Cette performance porte clairement le message que la chanson fait passer : G-Dragon et BIGBANG ont encore de beaux jours devant eux et leur héritage ne donne plus lieu à débat.

    Le morceau à l’ADN d’une chanson de BIGBANG : l’instrumentale n’est pas sans rappeler les grands succès du groupe et joue sur la nostalgie des fans avec ses sonorités électro pop tout droit sorties de la musique club EDM populaire dans les années 2010.

    La voix singulière du chanteur est toujours dans un équilibre intéressant avec celles des immenses vocalistes que sont Daesung et Taeyang.

    La structure du morceau est assez répétitive mais cela fonctionne ici puisque le refrain est la pièce majeure du morceau et permet d’offrir au chanteur un titre pour sauter dans tous les sens et interagir avec son public : c’est la spéciale YG, ce morceau lui sert  à donner toute son énergie sur scène et faire monter l’ambiance d’emblée. Pour ça les MAMA et le Gala des Pièces Jaunes en ont été la preuve.

    Ainsi, le choix de ce premier single, mais aussi de ce morceau comme premier de l’album fait sens et constitue un joli hommage, tant à son groupe qu’à ses fans.

    L’heure du grand retour a sonné, “POWER”

    Premier single illustrant le retour de l’artiste, les attentes étaient immenses de la part des fans comme des curieux, impatients de découvrir ce dont était capable cet artiste.

    Le parti pris de cette chanson, un égo trip complet a été globalement perçu de 2 façons :

    ⁃ Les fans ravis de retrouver la voix et le style de rap de leur chanteur préféré, comblés par cette mise en bouche.

    ⁃ Les personnes surprises par le manque de substance du morceau, sur leur faim face à cette proposition à mille lieux de ce qu’ils imaginaient entendre de la part d’un chanteur K pop sans cesse loué pour son génie.

    Ou se situer face à ces réactions ? Et bien entre les deux :

    Évidemment, retrouver la voix de G-Dragon sur un morceau neuf et original est exaltant.  A la seconde où on l’entendait “Guess who’s back ? It’s your boy GD” (ndlr : “devinez qui est de retour ? C’est votre gars GD”) au début du morceau, les VIP avaient déjà des étoiles dans les yeux. C’est inévitable, après tant d’attente l’affection et la nostalgie parlerons toujours en premier qu’on le veuille ou non.

    Le MV est joli et bien produit, il joue parfaitement le rôle de mettre à l’honneur le chanteur.n note son look avec foulard et casquette encore une fois largement inspiré des looks hip hop afro américains, devenu viral suite à son clip.

    L’instrumentale du morceau est vraiment puissante et possède dès les premières secondes un énorme potentiel. Le choix de l’ego trip n’est pas surprenant pour GD dans le contexte de son retour sur le devant de la scène d’une part parce qu’il peut se le permettre et d’autre part parce que cela lui permet d’avoir d’office tous les yeux rivés sur lui (fans et non fans.) : Intelligent et logique.

    Néanmoins, force est de constater qu’en plus d’être un morceau atrocement court, on retrouve ici encore un problème de répétition qui sur ce format ne fonctionne pas aussi bien que vu plus haut.

    Il semble également que G-Dragon se soit assagi : ses paroles ne sont plus ici aussi inquisitrices qu’à l’époque sur le même genre de morceau. Ici, il tente de critiquer les médias et leur désinformation -sujet crucial dans notre société- mais est étonnement mesuré dans sa critique : on est loin de “COUP D’ETAT”.

    Le son apparaît donc moins consistant qu’il semblait l’être pour ne pas dire un peu vide par moment. De fait, il semble que les critiques apparaissent justifiées (ou du moins qu’elles aident à expliquer la polarisation des avis sur ce morceau.)

    Encore une fois, de l’autre côté, le son reste efficace pour un retour viral et il reste très agréable de voir le chanteur mettre des mots sur ses réussites et accomplissements après ces dernières années ou il a souvent été au cœur des critiques. Visuellement toutes ses performances sur ce morceau sont excellentes et il est facile de s’imaginer crier à plein poumons le refrain dans une salle de concert.

    Boost de bonne humeur avec style, TOO BAD (Feat. Anderson .Paak)

    Il semblerait que ce morceau soit la première chanson-titre de l’album : on a pu voir le chanteur refaire son apparition dans les émissions télévisées musicales tels que le M Countdown du 27 février. Son MV excentrique dans lequel la très jolie et talentueuse Karina (Aespa) apparait, mais aussi sa vidéo performance tournée avec la chorégraphe du titre et danseuse japonaise RIEHATA ont suscité une grande réaction chez les fans : à la fois d’excitation et de stupéfaction sans précédent.

    Pour rester sur cet aspect de danse, c’est l’une des premières fois que  G-Dragon intègre à l’un de ses morceaux un passage de danse chorégraphié. Ceci a le double mérite de faire découvrir aux plus jeunes générations de fans qu’il est bon danseur malgré l’absence de chorégraphie détaillée toujours revendiquée par son groupe, mais surtout qu’il est capable, avec son propre style, de s’adapter à la demande actuelle dans l’industrie K pop (à savoir un accent mis sur la danse, l’explosion des challenges sur les réseaux sociaux).

    Toujours dans cette idée de viralité et d’actualité, vous aurez sûrement reconnu juste derrière G-Dragon le visage familier de la danseuse Bada Lee sur toutes ses performances en passant par le MV et la performance au M Countdown.  Cette chorégraphie forte visuellement sans être inutilement trop complexe sert bien le morceau et renforce son ambiance groovy.

    Il ne vous aura pas échappé que cette chanson a été réalisée en featuring avec le chanteur et musicien Anderson. Paak. Son empreinte est on ne peut plus présente sur le morceau. Contre toute attente, les signatures musicales des deux artistes s’harmonisent de façon plus ou moins équilibrée. Si le style d’Anderson transparaît le plus au travers du refrain aux sonorités funk, GD s’est quant à lui emparé des couplets avec sa diction caractéristique.

    L’atmosphère du morceau est légère et ne se prend pas au sérieux, tout est prétexte pour s’ambiancer. Le visuel du MV est tout aussi enthousiaste et n’est pas sans rappeler de précédents visuels du chanteur : très composés et mis en scène par moment, explosion de couleurs spontanées et incontrôlées à d’autres.

    S’il on peut regretter que cette première chanson titre après tant d’années soit assorti d’un featuring ou l’autre artiste prend une très grande place, on ne peut pas nier que cette collaboration est intéressante et a permis la création d’un morceau de pop addictif. On prédit et observe déjà un très haut potentiel de viralité pour la partie du refrain chorégraphié.

    On sent que ce morceau est fait pour marcher,même si on grince des dents face à sa durée.

    Doit-on s’attendre à voir Anderson .Paak aux MAMA l’an prochain tout comme son ami Bruno Mars était venu l’an dernier ? Le temps nous le dira, nous prenons les paris ! 

    Dans la souffrance se trouve la beauté, DRAMA

    Seconde chanson-titre de l’album, également performée au M Countdown, elle a été co-écrite par la célèbre Diane Warren connue entre autres pour son travail auprès de Lady Gaga ou Mariah Carey.

    Dans un tout autre style cette fois mais qui fait toujours partie de ses genres de prédilection, Ji Yong nous propose une ballade mélancolique à propos d’un amour malheureux et toxique. Sa voix a le don d’apporter le degré de fragilité parfait pour faire de ce genre de morceau une chanson qui nous touche en plein cœur. A travers sa voix presque nue et son timbre légèrement rauque ici, il sait comment nous confier un autre pan de sa personnalité plus vulnérable et meurtri sans pour autant tomber dans le mélodrame. Ainsi la mélodie douce portée par sa voix habille élégamment l’instrumental au piano tant et si bien que la comparaison est inévitable avec son précédent morceau du même genre “Untitled, 2014

    Le chanteur a par ailleurs incorporé dans les paroles des phrases  en chinois et japonais comme pour faire de son message un message plus global et rendre de nouveau hommage à ses fans. Il possède une communauté de fans très fidèle dans ces deux pays et il paraîtrait, selon les fans, que la partie chantée en chinois serait reprise d’une chanson qui lui aurait été chanté par les fans en concert avant son service militaire pour lui témoigner leur affection.

    Pour ce morceau, le chanteur nous propose un MV minimaliste et poétique : il est  représenté comme une poupée mécanique sous étroite surveillance dans un décor vide et froid qui semble gelé et hors de temps. Lui seul détonne par ses cheveux oranges et s’il semble tourner en rond et souffrir tout au long du MV, il semble également être de plus en plus libre de ses mouvements au fur et à mesure du morceau. Le clip nous offre une jolie performance de danse contemporaine entre JiYong et un danseur masqué.

    L’utilisation du vocoder pour ce morceau est intéressante et bien dosée : couplée à la voix si particulière du chanteur, il reflète bien l’idée de déshumanisation robotique que le clip cherche à nous transmettre.

    Il est possible de faire mille et une interprétation de ce morceau : est-il question d’une peine de cœur ou juste du murmure d’une âme tourmentée par les lourdes attentes qui pèsent sur elle ? Nous savons que Ji Yong a plusieurs fois été mis à mal par l’un ou l’autre de ces deux motifs donc espérons que quelque soit l’inspiration pour ce morceau doux-amer, celui-ci puisse lui servir d’exutoire. Quoi qu’il en soit, il s’agit de l’un des morceaux les plus réussis de l’album.

    Comme une soirée d’été passionnée, IBELONGIIU

    Ce morceau était très surprenant à la première écoute. La chanson semble tout droit sortie d’une publicité pour une célèbre marque de vêtements californienne. Très “soirée d’été” coded, cette b-side est sympathique tout au plus et on ne peut pas ignorer qu’il est agréable d’entendre G-Dragon chanter l’amour de façon si directe comme une supplication. Pas grand chose de plus à dire sur ce morceau aux sonorités synthpop si ce n’est qu’on le garde de côté pour de futures playlists estivales !

    Prends ma main et lançons nous, TAKE ME

    Cette chanson pourrait être la favorite de votre auteure sur cet album. Avec une mélodie rafraîchissante G-Dragon use au maximum du charme de sa voix sans artifice et dans une tonalité ou il est très à l’aise, d’une façon qui rappelle un peu son morceau “Don’t go home” en collaboration avec TOP ou encore la chanson “Ego” de BIGBANG. Le refrain est entraînant et la voix de GD est tout simplement addictive sur les couplets (sur celle-ci sensation de répétition pardonnée !). Les paroles sont une déclaration d’amour sincère mais simple. Ici il n’est plus question de se languir d’amour mais d’aborder la chose de façon décontractée et flirty et cette différence met en valeur ce morceau comparé au précédent.

    Cette ballade pop-rock riche en samples finit de nous étonner avec le solo de guitare de l’illustre Nile Rodgers, guitariste disco américain de renom ayant déjà travaillé avec Michael Jackson, Diana Ross, Madonna, David Bowie ou encore Daft Punk qui vient compléter ce joli morceau.

    Un secret inavouable, BONAMANA

    Bien que les plus âgés d’entre nous penseront un instant à Super Junior face à ce titre, cette chanson est dans une toute autre ambiance que celle du groupe de SM entertainment.

    L’intro de cette chanson donne tout de suite le ton : la guitare a peine atténuée derrière couplée à la harpe crée un sentiment pesant d’urgence  et de menace continuelle voulue tout le long du morceau.

    “Bonamana” est sans aucun doute la b-side la plus sombre de ce projet.

    Pour mettre les pieds dans le plat, la chanson parle d’infidélité et le moins que l’on puisse dire c’est que GD ne la condamne pas ici : tout du long des paroles on ne sait pas vraiment si il s’adresse au petit ami de la femme avec laquelle il a une relation adultère comme pour s’en vanter et le narguer ou si il parle également à cette femme quand il feint de s’inquiéter de la moralité de leur liaison dans une sorte de fantasme coupable. On note que la chanson parle ouvertement de sexe, ce qui peut être soulevé car très rare de la part d’un Kpop idol, même de l’acabit de G-Dragon.

    D’un point de vue  vocal, il alterne entre rap bien posé et chanté-parlé via des techniques et tonalités que l’on ne l’avait pas vu essayer jusqu’à lors ce qui est encore une fois une très bonne surprise.

    Certains regrettent que la chanson n’ai pas fini en une explosion (que ce soit au niveau des paroles ou de la mélodie, un changement sur la fin pour éviter encore une fois….l’effet répétitif). Toutefois, terminer le morceau comme il a commencé cultive la sensation de malaise que l’écoute trop attentive du son peut procurer et pour cela, ce choix est ici aussi justifié.

    A tout point de vue, la proposition de ce morceau est l’une des plus audacieuses et bien menées de l’album.

    Montagnes russes et clap back, GYRO-DROP

    Nommé en référence à une attraction à sensations du parc d’attraction coréen Lotte World :« Gyro Drop » cette dernière chanson de l’album aborde à la fois de façon encore plus explicite que la précédente la thématique des relations sexuelles lors du refrain mais également les problèmes du chanteur avec les médias et les comptes qu’il a a régler avec eux dans les couplets.

    On y retrouve GD dans son rap le plus classique et caractéristique dans une chanson sans prétention pour fermer l’album, cohérente avec les sons précédents,et toujours avec ce souci de répétition.

    Au premier abord le refrain est agréable mais il n’est pas particulièrement mémorable pour autant et la saturation d’allusions sexuelles le rendent même parfois lourd.

    Pour revenir plus en détails sur les couplets certains VIP coréens et internationaux sur X ont tenté d’interpréter les doubles sens et piques glissées par GD dans le morceau qui cette fois semblent plus incisives que ce qu’on a pu voir sur “POWER” pour mettre les médias face à leurs responsabilités face à la vague de harcèlement médiatique subie par le chanteur pour ses accusations. (Plus de détails dans un prochain article …?)

    On relève que G-Dragon et “GYRO-DROP” partagent les même initiales, encore un détail soigneusement caché par le chanteur que l’on peut interpréter à la lumière de cette idée de  rédemption (le manège chute très bas mais finit toujours par remonter)

    Conclusion

    Avec l’attente, l’exigence monte de façon exponentielle et forcément, comparé à son précédent projet Kwon Ji Yong , Übermensch se situe un peu en-deçà.

    Cependant il faut garder en tête que l’état d’esprit de ces deux projets ne sont pas les mêmes : Kwon Ji Yong était un journal intime laissé à la postérité, assez sérieux quand Übermensch est un terrain de jeu sans prise de tête  pour G-Dragon qui, malgré les attentes sur ses épaules ne fléchit pas et ne se prive pas d’expérimenter pour sortir la musique lui plaît avant tout. En 8 ans néanmoins on pouvait légitimement s’attendre à un projet un peu plus consistant  : sur la plupart des sons de l’album on retiendra que ce qui pèche est le côté très répétitif des morceaux.

    Cet album n’est pas un mauvais album et possède encore et toujours une caractéristique rare dans la Kpop : il est incarné par un artiste au premier sens du terme qui donne vie à son travail de la façon la plus méticuleuse possible.

    Übermensch n’est pas un album de rédemption, ni une démonstration car le simple fait que ce projet soit celui d’une légende telle que GD suffit à prouver sa légitimité et à le rendre attractif pour le grand public.

    G-Dragon illustre avec celui-ci sa capacité à s’adapter tout en réussissant à conserver ce qui fait son adn. Et pour ça, il a pour toujours notre respect et notre admiration.

    Et vous, qu’avez vous pensez de ce grand retour ?

  • BOOKCLUB : The Star Seekers, le webtoon inspiré par TXT

    BOOKCLUB : The Star Seekers, le webtoon inspiré par TXT

    Après “7FATES: CHAKHO” et “Dark Moon: The Blood Altar”, Hugo Publishing nous propose la version papier du webtoon inspiré par un nouveau groupe de HYBE, TXT : “THE STAR SEEKERS !” 


    Résumé officiel

    Dans un monde où les groupes d’idols ont des pouvoirs magiques, le groupe « Star One » fait partie de la deuxième division, c’est-à-dire qu’ils n’ont aucun pouvoir. Ils n’ont également aucun succès malgré leurs trois ans d’activités… 

    Mais un jour, alors qu’ils sont attaqués sur scène par celui surnommé « le terroriste anti-idols », Sol, un membre du groupe réveille un puissant pouvoir et protège ses camarades. 

    Ces cinq idols pourraient finalement bien être les seuls en mesure de préserver le sort de l’humanité.

    FICHE TECHNIQUE 

    Scénario/illustrations :  HYBE CORPORATION 

    Langue d’origine : coréenne 

    Plate-forme : Webtoon 

    Éditeur : Hugo Publishing (collection Neotoon

    LES PERSONNAGES

    Sol : Inspiré de Soobin, Sol est le leader de STAR ONE. C’est lui qui a la responsabilité du groupe et on le perçoit bien dans le caractère du personnage. Sol cherche toujours à faire ce qu’il y a de mieux pour ses compagnons et la pression qu’il ressent est bien palpable. Si Sol manque de confiance en lui, il a toujours la volonté de bien faire, ce qui en fait un personnage attachant !

    Viken : À travers Viken, il est facile de reconnaître le caractère exubérant de Beomgyu ! Viken est certainement le plus extraverti de STAR ONE : il s’exprime et n’hésite pas à montrer ses sentiments. On peut compter sur lui pour remonter le moral de ses coéquipiers et pour amener une touche d’humour à l’histoire ! 

    Yujin : Yujin, aka Yeonjun, est le plus prudent et le plus méfiant de STAR ONE. Yujin s’inquiète pour les membres du groupe. On repère assez vite un manque de confiance qui habite le personnage. 

    Taho (Taehyun) et Avys (Huening Kai) sont les deux derniers membres de STAR ONE. Ils restent plutôt discrets dans le webtoon ce qui n’empêche pas de deviner leur importance dans le groupe. 

    DK : C’est le manager de STAR ONE. Il travaille pour UVIC ENTERTAINMENT. Même s’il s’occupe du groupe depuis peu, il se montre protecteur envers les membres et il est un soutien de taille pour les accompagner dans leur nouvelle vie. 

    Lote : Lote est la mère de Sol. Elle est également une artiste populaire. Lote est admirée de tous (y compris par les membres de STAR ONE). Pourtant, elle n’a pas été une mère modèle et sa relation avec son fils reste tendue. 

    Le ton

    “The Star Seekers” est un webtoon addictif où K-pop et magie se mêlent. Il traite de nombreuses problématiques que l’on rencontre dans le divertissement sud-coréen : la pression, le soutien de l’agence quand le succès est au rendez-vous, le travail acharné…

    La magie apporte un côté mystérieux au scénario ce qui rend la lecture agréable. Secrets et trahisons sont au rendez-vous pour le plus grand plaisir des lecteurs. Le rythme de narration est soutenu et le studio nous dévoile petit à petit les tenants et aboutissants de l’intrigue. Une fois commencé, nulle doute que vous voudrez connaître la suite de cette lecture !

    On regrette néanmoins que l’histoire soit lancée rapidement. On aurait apprécié plus de chapitres pour faire connaissance avec le groupe. En effet, si certains personnages sont mis en avant, ce n’est pas du tout le cas de Taho et de Avys qu’on peine à identifier. De même, le lecteur manque de contextualisation lorsqu’il s’agit de l’univers dans lequel évolue STAR ONE – on aurait aimé en savoir plus au vu de sa richesse.

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    Les graphismes

    Les graphismes de The Star Seekers ressemblent pour beaucoup à ceux de 7FATES: CHAKHO et Dark Moon: The Blood Altar. Les traits sont fins et appliqués Quant au rendu des couleurs, celles-ci confèrent une dimension harmonieuse et agréable à l’œil aux illustrations. Le seul bémol reste dans le choix de la couleur de la peau des héros qui est, pour le coup, très blanche. On ne peut que l’associer avec le whitewashing dans la K-pop, à savoir le blanchiment de la peau des artistes. Effet recherché ou coïncidence, impossible de le dire !

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    En conclusion, « The Star Seekers » est un webtoon agréable à lire mais qui aurait mérité un meilleur développement pour mieux s’imprégner du monde dans lequel les héros évoluent. L’histoire plaira aux fans de TXT mais pas que ! Le scénario alliant K-pop et magie sort du lot. Dernier point positif de cette série :  « The Star Seekers » est terminé en 70 chapitres seulement, de quoi pouvoir craquer en toute sérénité !

  • BOOKCLUB : La Reine d’Itaewon, une plongée dans le Séoul queer de Sandrine Holin

    BOOKCLUB : La Reine d’Itaewon, une plongée dans le Séoul queer de Sandrine Holin

    C’est une Séoul vibrante et pleine de secrets que nous dévoile “La Reine d’Itaewon”, premier roman de l’autrice britannique Sandrine Holin. Au travers des errances nocturnes d’Anna, une journaliste en quête d’émancipation de sa vie monotone, l’ouvrage nous entraîne dans l’effervescence du quartier d’Itaewon, là où la communauté queer sud-coréenne prospère. 

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    Informations générales

    Editions : L’Atelier des cahiers

    Parution : 12 juillet 2022

    Nombre de pages : 104

    Disponible en librairie spécialisée comme La Librairie du Phenix

    Sandrine Holin est née en 1986. “La Reine d’Itaewon” est son premier roman. Après des études en sciences politiques et en sciences humaines, Sandrine Holin a exercé dans le secteur des affaires publiques puis de la finance. Elle s’est rendue à Séoul au printemps 2019.

    Résumé officiel

    Employée de la City à Londres, Anna décide de se rendre quelques jours à Séoul pour fuir une vie qui semble de plus en plus la tourmenter. Pour pimenter son voyage, elle se fait passer pour une journaliste préparant un guide LGBT de la ville, mais ne s’attendait pas à ce que cela chamboule totalement son séjour. Convoquée au commissariat à quelques heures du départ pour « détention de stupéfiants et proxénétisme » , elle essaie de se remémorer ce qui l’a poussée à vouloir aider l’une des entremetteuses les plus célèbres de la ville.

    « La Reine d’Itaewon » est un roman noir qui pose sur Séoul un regard curieux, neuf et volontairement subjectif, voire subversif, celui d’une jeune femme européenne croisant les questions du genre et des transfuges de classe dans la société coréenne. Changer d’identité devient alors un enjeu de survie. 

    Un récit d’exploration et d’émancipation

    Tout commence par la fuite d’Anna. Lassée de son quotidien à Londres, elle s’offre une parenthèse à Séoul en partant sur un coup de tête. Officiellement, elle est là pour « explorer » la ville, mais très vite, elle se retrouve plongée dans le quartier d’Itaewon, connu pour y regrouper plusieurs minorités marginalisées par la société sud-coréenne (queer ou racisées non-coréennes). Sous prétexte de rédiger un article sur la scène LGBTQ+ locale, elle plonge dans un univers nocturne où elle rencontre des drag queens et tout un univers caché du grand public.

    Au fil de ses rencontres, Anna découvre une réalité bien plus complexe qu’elle ne l’imaginait. Une de ses rencontres les plus importantes est celle avec Jae Eun, une femme trans charismatique et gérante d’un bar lesbien. Derrière les paillettes et les néons de ce lieu, se cache toutefois la peur, la solitude mais aussi la nécessité de se battre pour exister en tant que femme. On y découvre tous les rouages, pas toujours légaux, que Jae Eun met en place avec la communauté nigériane notamment, pour se procurer les hormones dont elle a besoin. Un double scénario se met doucement en place alors qu’Anna, en tant que journaliste étrangère, se retrouve à protéger le club lesbien d’une enquête policière en cours cherchant à souligner ces activités illégales. Le roman gagne en profondeur à mesure qu’on avance dans l’intrigue et dans l’histoire des personnages. 

    Différentes communautés sont mises en lumière :  les personnes transgenres, les homosexuel.les, les réfugiés Nord-Coréens ou encore la communauté noire. 

    Un éclairage nécessaire sur la communauté LGBTQ+ en Corée du Sud

    Avec ce roman, Holin ne se contente pas de raconter une histoire. Elle donne une voix et de la visibilité à des personnages que l’on n’a pas l’habitude de voir dans les produits culturels populaires sud-coréens. En Corée du Sud, être une personne transgenre n’est pas illégal, mais la transphobie et l’homophobie restent ancrées, laissant très peu d’espace pour ces identités. On découvre un pan de leur réalité et on comprend l’importance de cette scène queer, qui tente de survivre dans l’ombre. 

    Une plume journalistique… et une légitimité questionnée

    Le style de Sandrine Holin est direct et efficace, ce qui rend la lecture fluide et agréable. Le texte est assez court pour le lire d’une traite. On sent l’influence de son parcours journalistique : les descriptions sont précises et les dialogues sont incisifs. Chaque scène semble capturée sur le vif, comme un reportage nocturne dans les rues de Séoul. On se croirait parfois même dans un documentaire réaliste en oubliant le caractère fictionnel.

    Mais si son regard est affûté, il n’en reste pas moins celui d’une étrangère qui se rend à Séoul seulement quelques semaines pour “s’évader de son train-train metro-boulot-dodo”. Anna trompe les personnages qu’elle rencontre en s’inventant une identité et promet un article qui ne sortira jamais. Holin (et Anna) écrivent sur une communauté dont elles ne font pas partie, et cela soulève une question légitime : jusqu’où peut-on parler des autres sans les trahir et sans juxtaposer son regard occidental biaisé ? Son travail de recherche est sérieux, son approche respectueuse, mais il manque peut-être une voix plus directement issue de la communauté queer coréenne elle-même.

    Malgré cette réserve, “La Reine d’Itaewon” reste un roman captivant, nécessaire, qui braque les projecteurs sur un monde souvent relégué dans l’ombre mais qui pourtant existe bel et bien.

  • CINÉCLUB : NCT DREAM Mystery Lab: DREAM()SCAPE au cinéma

    CINÉCLUB : NCT DREAM Mystery Lab: DREAM()SCAPE au cinéma

    Vous avez peut-être eu la chance de voir NCT Dream en concert pendant leur troisième tournée mondialeTHE DREAM SHOW 3: DREAM()SCAPE en novembre dernier. C’est cette fois-ci sur grand écran que le show fait son retour avec une diffusion du concert d’ouverture à Séoul. Revenons ensemble sur le film NCT DREAM Mystery Lab: DREAM()SCAPE, diffusé le 31 janvier dernier dans les cinémas français.

    Réalisé par : Margo Yeji Lee, Yoondong Oh

    Année de production : 2024

    Durée : 2 h 15 min

    Synopsis : La troisième tournée mondiale de NCT DREAM, THE DREAM SHOW 3 : DREAM()SCAPE, débarque à nouveau sur grand écran, vous plongeant dans un univers vibrant, illuminé par la lumière du Pearl Neo Champagne ! Embarquez pour un voyage unique à travers l’histoire du Mystery Lab : un laboratoire extraordinaire où les secrets de la croissance se dévoilent sur le chemin des rêves, et où l’on partage des remèdes pour apaiser et réconforter. Filmé au Gocheok Sky Dome de Séoul, découvrez des performances époustouflantes débordant d’énergie et de jeunesse, ainsi que des moments exclusifs des coulisses qui révèlent toute la passion et le travail acharné des membres.

    Ne manquez pas NCT DREAM Mystery Lab : DREAM()SCAPE au cinéma—une expérience qui vous invite à rêver et à embrasser de nouveaux départs.

    THE DREAM SHOW 3: DREAM()SCAPE

    La tournée THE DREAM SHOW 3: DREAM()SCAPE a commencé le 2 mai 2024 avec trois concerts au Gocheok Sky Dome de Séoul. La majeure partie de la tournée a eu lieu avec six membres : Renjun avait pris une pause à cause de son anxiété. Par chance, il a repris ses activités juste à temps pour participer à la partie européenne et être présent à Paris. La tournée s’est achevée le 1er décembre 2024 après trois jours de concert de nouveau au Gocheok Sky Dome de Séoul.

    Le nom “Mystery Lab” n’est pas sans rappeler la série de vidéos éponymes publiées en 2021 dans lesquelles le groupe joue au jeu “Mafia”, l’équivalent du loup-garou en Corée du Sud. Dans leur partie, les membres font partie d’un laboratoire, le DREAM Mystery Lab. Ils doivent trouver le scientifique qui a volé la formule découverte par le laboratoire.

    NCT DREAM Mystery Lab: DREAM()SCAPE est composé de trois segments qui alternent tout au long du film : le concert, les coulisses  de leur préparation et des VCR (vidéos pré-enregistrées généralement diffusées pendant le concert pour permettre aux artistes de se changer ou de se reposer) tournées a posteriori.

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    Les VCR : un retour sur cette expérience

    Le film commence par une VCR. Ce n’est toutefois pas une VCR diffusée pendant la tournée, mais bien une nouvelle série de vidéos tournées spécialement pour la diffusion au cinéma. Les VCR ont remplacé les discours pendant le concert. En effet, les discours n’ont pas été diffusés au cinéma.

    Dans la première, chaque membre fait une apparition et parle de ces trois jours de concert comme si c’était un rêve. Ils expliquent que leurs couleurs se sont développées, qu’ils se respectent et qu’ils acceptent l’individualité de chacun. Leurs différences font leur force. Dans une deuxième VCR, chaque membre crée pour un autre la recette pour qu’il grandisse. Ce que nous retenons, c’est qu’ils ont besoin de plus de confiance en eux.

    Les membres insistent sur le fait que l’ingrédient secret de THE DREAM SHOW, c’est l’amour des fans. Les NCTzens sont le plus important. Ils apparaissent sur l’écran des Dreamies (surnom du groupe) et donnent leurs avis sur le concert auquel ils viennent d’assister, un enchaînement de compliments pour les membres pour qui ces vidéos sont une surprise.

    Dans une ultime VCR, les membres parlent de l’avenir, de leurs 40 ans. Pour Jisung, la vie ne commence qu’à 40 ans. À l’inverse, Chenle conclut : “Je serai encore sur scène. Je continuerai de chanter tant que quelqu’un voudra m’écouter”, ce qui ne fait aucun doute pour les NCTzens.

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    Le concert : un moment inoubliable

    Le concert commence après la première VCR. Les six membres (et non sept en raison de l’absence de Renjun) apparaissent sur scène alors que les fans les accueillent avec entrain.

    La setlist diffère de celle à laquelle nous avons eu droit à Paris : icantfeelanything, BOX, 119, SOS, GO, Drippin’, Arcade, We Go Up, Bungee, Walk With You, Never Goodbye, Breathing, UNKNOWN, Tangerine Love (Favorite), Yogurt Shake, Pretzel (♡), CANDY, Dream Run, Better Than Gold, Fireflies, Hello Future, Broken Melodies, Skateboard, ISTJ, Smoothie, Blue Wave, Dive Into You, ANL et Like We Just Met.

    En France, nous n’avons pas eu la chance d’entendre 119, UNKNOWN, Tangerine Love (Favorite) et Blue Wave, à mon plus grand désarroi. Nous remarquons également la présence de danseurs sur scène, ce qui n’était pas le cas lors de la tournée européenne.

    Lors du rappel, le groupe se divise en deux pour aller au plus près des fans sur des chars faisant le tour du Dôme, favorisant davantage les interactions avec les NCTzens qui sont plus éloignés de la scène. Le encore se fait ainsi tout en douceur, contrastant avec le début “intense, sexy et chargé en énergie” comme le décrivent les membres dans une vidéo des coulisses .

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    Les coulisses  : un aperçu des enjeux d’un concert de grande ampleur

    Les vidéos des coulisses nous permettent d’avoir une vision privilégiée des enjeux de la préparation d’un concert. Les membres partagent leurs rituels et ressentis avant de monter sur scène : Mark prie alors que Haechan ne pense à rien. D’entraînements de danse avec leurs chorégraphes dans les locaux de SM Entertainment, leur agence, aux répétitions au Gocheok Sky Dome pour perfectionner les détails, le film nous offre un aperçu global qui met en avant l’investissement de chacun des membres.

    Du choix de la setlist aux chorégraphies, ils sont tous impliqués dans la création de leur concert. Mark, le leader officiel du groupe, dit d’ailleurs que dans NCT Dream, il y a en réalité sept leaders. Chaque membre donne son opinion et chaque avis est pris en considération.

    Nous y voyons également l’envers du décor, à commencer par la fatigue physique. Jisung se tord le genou lors des répétitions mais continue malgré tout de s’entraîner, Chenle se fait beaucoup d’entorses à la cheville, Jeno dit que quelque chose cloche avec son corps… C’est un travail drainant qui pousse leur corps à bout. L’enchaînement de trois concerts est particulièrement difficile, ne leur donnant  pas le temps de se reposer correctement. Le mental est alors essentiel, c’est ce qui les fait tenir, explique Chenle. Ils peuvent aussi compter les uns sur les autres. Jaemin explique que dans les moments difficiles, les membres lui prennent la main.

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    Malgré son absence, Renjun est loin d’être oublié et le groupe s’en assure. Alors que les membres se sont répartis ses parties, ils ont tenu à laisser l’enregistrement de sa voix lors de ANL plutôt que de chanter par dessus. Haechan explique qu’il était chargé de chanter cette partie, mais il a refusé et a suggéré de laisser la voix de Renjun. À l’inverse, la chorégraphie de Renjun dans Skateboard a presque été supprimée du concert. Cependant, Haechan s’y est opposé et à assurer la danse à sa place. L’absence d’un membre n’empêche pas sa présence : d’une manière ou d’une autre, NCT Dream trouvera le moyen de le mettre en avant. Ici réside la beauté du groupe et de la fraternité qui les unit.

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    L’avis d’une NCTzen

    En tant que NCTzen qui a eu l’opportunité de voir le groupe performer à Paris à trois reprises, c’était un véritable plaisir de les retrouver sur le grand écran. Les coulisses  nous font nous rendre compte du travail fourni et de leur implication pour nous proposer le meilleur spectacle, quitte à sacrifier une partie de leur bien-être le temps des préparations. Les VCR mettent parfaitement en avant la relation entre les membres et l’amour qu’ils portent autant à leurs fans qu’aux autres membres. J’ai pu me remémorer certains moments du concert, accentuant la nostalgie que je ressens depuis leur dernier concert à Paris.

    La diffusion de NCT DREAM Mystery Lab: DREAM()SCAPE au cinéma est donc une belle occasion pour ceux qui ont eu la chance de les voir lors de la tournée THE DREAM SHOW 3: DREAM()SCAPE de se remémorer cette soirée, et pour les autres de le vivre par procuration. Vivement la prochaine tournée pour revivre un rêve éveillé !

    Merci à CGR pour l’invitation.

  • JUKEBOX : GOT7 – Python (Winter Heptagon)

    JUKEBOX : GOT7 – Python (Winter Heptagon)

    GOT7 est revenu ce 20 janvier dernier avec un nouveau mini-album, Winter Heptagon. L’album se compose de neufs titres, avec une surprise pour les Ahgase (nom de leur fandom) : chaque membre a co-écrit une chanson, mettant en avant leurs univers et leurs évolutions musicales.

    L’annonce du titre de cet album n’a pas manqué de réjouir les Ahgase. En référence aux Pléiades, les sept étoiles qu’il est possible de voir en hiver et qui forment un “G” dans le ciel, Winter Heptagon est un hommage de GOT7 à leurs fans pour célébrer leurs 11 ans de carrière.

    PYTHON

    «Python» de GOT7 est une œuvre hypnotique et captivante qui allie une production hip-hop  à une ambiance énigmatique et sensuelle. Dès les premiers accords, la composition attire l’attention avec une ligne de basse et des percussions puissantes, créant une tension presque envoûtante. La composition fusionne des éléments électroniques avec des nuances orchestrales, pour mieux immerger le public.

    GOT7 a maintenant beaucoup d’années d’expérience et cela se ressent dans les capacités vocales des membres. Entre délicatesse et puissance, chaque membre a le temps de montrer sa sensibilité. es paroles, qui parlent d’une séduction irrésistible et d’un jeu de domination, accentuent l’image d’une femme-serpent python fascinante qui ne lâche jamais prise. 

    I know I’m an icon, watch me with the lights on

    But she got a hold on me like a python

    I don’t wanna lose her, yeah, she was my future

    Shot through the chest, I was falling for the shooter

    La chanson fait appel à l’image du python, un serpent réputé pour sa façon de tuer lentement sa proie par étreinte, afin de dépeindre une relation dans laquelle l’un des individus exerce une attraction irrésistible sur l’autre. Il ne s’agit pas uniquement d’un attrait physique, mais également d’une liaison profonde et presque ensorcelante.  semble ardue, voire irréalisable. Les paroles évoquent un jeu de domination et de dépendance affective, où la ligne entre l’envoûtement et la vulnérabilité devient floue. Elles suggèrent également une forme d’ambivalence : le personnage séduit se retrouve simultanément fasciné et conscient du risque inhérent à cette attraction. GOT7 sait faire appel aux émotions pour livrer une title track magique !

    SMOOTH

    « SMOOTH », co-écrit par Jackson Wang, est un morceau qui se distingue par son groove prononcé, contrastant avec l’énergie plus sombre de la première chanson. Ce morceau examine les sensations d’un amour aisé et sans entrave, où tout semble s’installer de manière instinctive. La production mise sur des basses puissantes un rythme plus léger, sortant de l’hiver pour ramener du soleil. 

    Le refrain est captivant, mettant en avant des voix douces qui accentuent l’aspect sensuel de la chanson. Les passages entre le rap et le chant offrent une texture riche, mettant en évidence la fluidité d’une relation qui, bien qu’elle semble simple, dissimule une complexité émotionnelle. Une chanson qui reste dans la même veine que l’album solo de Jackson, Magic Man.

    OUR YOUTH (청춘드라마)

    La chanson “Our Youth” (ou A Youth Drama en coréen), co-écrite par Youngjae, est un  chant nostalgique de la jeunesse, rappelant les souvenirs d’une époque passée mais chérie. 

    Les montées crescendo dans le refrain apportent une intensité émotionnelle, soulignant l’importance de savourer chaque moment à fond. « Our Youth » se distingue par son équilibre entre mélancolie et célébration, saisissant tant la beauté que la fragilité de la jeunesse.

    REMEMBER (기억할거야)

    Avec « Remember », co-écrite par Yugyeom, GOT7 offre une chanson pop émouvante centrée sur le souvenir d’un amour révolu. Les voix des membres scintillent sur une composition de piano dépouillée, mettant en valeur la fragilité des paroles. Chaque mot résonne comme un engagement de ne jamais oublier les instants vécus ensemble.

    La production progresse graduellement, intégrant des instruments à cordes délicats pour accentuer l’émotion. Ce morceau illustre parfaitement la faculté du groupe à véhiculer des émotions universelles, atteignant la corde sensible des auditeurs.

    DARLING

    « Darling », co-écrite par Jay B., est une chanson tendre et romantique qui évoque un amour apaisant. Les paroles décrivent un lien authentique et intense, quasi semblable à une déclaration d’amour.La production musicale légère se marie à merveille avec les voix des membres, à la fois mélodieuses et empreintes de tendresse.

    Le pont,exprime l’accroissement de l’intensité des émotions, alors que la production se fait plus épique. Ce titre sert de refuge douillet au sein de l’album, enveloppant l’auditeur dans une atmosphère calme et intime.

    TIDAL WAVE

    La chanson co-écrite par BamBam “Tidal Wave” emploie la métaphore de la houle pour représenter les sentiments d’une passion chaotique. La production, avec son kick hip-hop très présent et ces accords de piano répétitifs illustre à merveille l’essor et le déclin de ces émotions.

    Le refrain est un moment marquant, où les voix de Jinyoung et Yugyeom s’épanouissent pour manifester toute la profondeur de l’émotion. « Tidal Wave » est une pièce touchante, idéale pour illustrer l’intensité des fluctuations émotionnelles.

    OUT THE DOOR

    Co-écrite par Mark Tuan, « Out the door » parle de séparation et de fin d’une relation. Les paroles, mêlant franchise et douleur, illustrent le défi de passer à autre chose. La production musicale  est dépouillée, privilégiant les voix chargées d’émotion des membres. On remarque tout de même la présence de guitares électriques, peu présentes sur le reste de l’album.

    La composition évolue avec des nuances délicates, illustrant le conflit interne entre l’envie de rester et l’obligation de partir. Cette chanson est une représentation authentique de la vulnérabilité liée à la perte, avec un esprit pop-rock.

    her

    La ballade co-écrite par Jinyoung, “her”, évoque l’idéalisation d’une personne unique, employant des métaphores subtiles pour saisir son empreinte émotionnelle. Les harmonies subtiles et sur une chanson quasiment acoustique  amplifient l’authenticité des paroles, alors que les voix des membres sont à nu.. C’est une ode discrète à l’amour dans sa manifestation la plus authentique.

    Le deuxième couplet élargit cette vision en soulignant la puissance des souvenirs communs. La mélodie se développe graduellement, représentant une relation qui s’épanouit au fil du temps. L’effet apaisant de la chanson fait  de « her » un choix idéal pour une atmosphère introspective d’hiver.

    YOURS TRULY (우리가 할 수 있는 말은)

    Pour conclure l’album, la chanson « Yours truly », qui a été co-écrite par les 7 membres de GOT7, se présente comme une lettre d’adieu, sincère et touchante. Les paroles expriment de la reconnaissance et de l’estime pour une relation amoureuse qui s’est terminée, mais dont l’empreinte persiste. Construite comme une ballade traditionnelle, la chanson s’inscrit dans la pure tradition des albums de K-pop. 

    Les harmonies et les arrangements finaux offrent une conclusion douce-amère à l’album, laissant les auditeurs dans un état de contemplation. « Yours truly » est un final magnifique, qui encapsule les thématiques de l’album avec une grande élégance.

    CONCLUSION

    Ce comeback tant attendu est parfait pour une écoute un week-end hivernal avec un bon plaid et une tasse de chocolat chaud, avec une title track réussie qui reste en tête. Malgré tout, l’album peut sembler assez répétitif à l’écoute, avec des b-sides qui sont toutes dans des styles similaires. On pourrait aussi dire que ça en fait un album aussi harmonieux et cyclique, comme les saisons !

  • CINÉCLUB  : XO, Kitty, le K-drama à l’américaine aussi improbable qu’addictif

    CINÉCLUB  : XO, Kitty, le K-drama à l’américaine aussi improbable qu’addictif

    À l’occasion de la sortie de sa saison 2, nous mettons les projecteurs sur XO, Kitty, ou comment Netflix reprend les codes de la série américaine pour ados… mais à Séoul. Zoom sur cette proposition atypique. 

    Celles et ceux qui ont visionné au moins un des films de la trilogie À tous les garçons que j’ai aimés, inspirés des romans de Jenny Han, connaissent déjà Kitty Song Covey. La petite sœur de l’héroïne Lara Jean a pris son envol et depuis 2023, elle est le personnage principal de sa propre série, XO, Kitty

    Le pitch

    XO, Kitty raconte donc l’histoire de Kitty, une adolescente américaine qui part en échange scolaire à Séoul, sur les traces de sa mère, d’origine coréenne et qui est décédée alors que Kitty était encore enfant. Mais elle ne fait pas qu’explorer ses origines au lycée KISS (l’acronyme de “Korean Independent School of Seoul”); que sa mère a elle-même fréquentée : elle y rejoint aussi son petit-ami Dae, avec qui elle est en relation à distance depuis plusieurs années.

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    Évidemment, tout ne se passe pas comme prévu à l’arrivée de Kitty sur le sol coréen, et elle plonge rapidement dans un tourbillon d’amitiés hautes en couleurs, de dramas rocambolesques et d’histoires d’amour pleines de rebondissements. 

    Une proposition marketing bien pensée

    XO, Kitty est sans aucun doute la tentative de Netflix de capitaliser sur une cible de plus en plus importante : les fans de K-pop occidentales. En nous entraînant dans les aventures d’une adolescente américaine en échange dans un lycée coréen, la série s’approprie un rêve répandu parmi les jeunes filles occidentales qui s’intéressent à la culture coréenne. Et elle ne s’en cache pas, en multipliant les références et nous abreuvant d’une bande son remplie de K-pop. 

    Elle s’appuie aussi sur un mélange de deux genres aux recettes testées et approuvées : les K-dramas, pour lesquels l’engouement n’a fait que grandir ces dernières années en dehors des frontières coréennes, et les séries américaines pour ados (ou teen dramas), dont le succès n’est plus à démontrer.

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    Enfin, en reliant la série à l’univers de À tous les garçons que j’ai aimés, Netflix espère aussi attirer les fans de cette comédie romantique, qui reste l’une des plus populaires de ces dernières années. Une recette marketing, donc, pensée dès le départ pour attirer un large public. 

    Mais alors, que vaut la série ?

    Commençons par l’évidence : XO, Kitty est à la Corée ce qu’Emily in Paris est à la France. Soit une version fantasmée et américanisée d’un lieu et d’une vie qui, finalement, n’a pas beaucoup de similitudes avec la réalité. Les incohérences culturelles sont nombreuses et la place des minorités en Corée est largement édulcorée, notamment en ce qui concerne la représentation des personnes LGBTQ+. 

    Quiconque regarderait la série dans l’espoir de mieux comprendre la culture coréenne ou le quotidien à Séoul serait immanquablement déçu en découvrant que XO, Kitty dépeint un monde qui en réalité n‘existe pas. 

    Des rebondissements incessants

    Quitte à choisir de ne pas s’encombrer de réalisme, XO, Kitty va au bout de son idée avec des rebondissements toujours plus rocambolesques. Au lycée KISS, Kitty se retrouve plongée dans le monde d’adolescents richissimes, fils et filles de PDG ou de stars du divertissement, mais aussi dans le tourbillon classique de l’adolescence, avec son lot d’histoires d’amour et de disputes amicales. 

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    D’une erreur administrative qui conduit Kitty à vivre dans un dortoir avec 3 de ses camarades masculins aux révélations inattendues sur l’adolescence de sa mère, la saison 1 est déjà pleine de retournements de situations plus ou moins vraisemblables. 

    Mais la saison 2 explose les records en introduisant une intrigue de vengeance qui fait tâche dans l’atmosphère feel good de la série (sans parler de son caractère improbable), mais aussi en nous présentant le personnage du père de Minho, l’un des camarades de Kitty, patron d’une agence de K-pop qui a tout d’une caricature de JYP. 

    La volonté d’aborder de nombreux sujets

    XO, Kitty ne cache pas sa volonté d’être une série ancrée dans son époque, et d’aborder des sujets sérieux malgré son ton léger. Le coming out, la recherche de ses origines, l’expérience d’être un enfant issu de deux cultures, le décès d’un parent… Autant de thématiques que la série intègre à son récit, sans parvenir, malheureusement, à toujours bien les exploiter. 

    XO Kitty

    La série se perd en effet dans son rythme survitaminé et ne réussit pas à donner à ces thématiques toute la profondeur qu’elles méritent. En se contentant de les survoler sans s’attarder vraiment sur ce qu’elles comportent de difficultés et de résilience de la part des personnages, XO, Kitty perd une occasion de nous procurer de réelles émotions, et préfère à la place nous donner des happy ending où tous les problèmes sont réglés si facilement qu’ils paraissent bien peu crédibles. 

    On ne peut s’empêcher de remarquer que la série ne tient pas la comparaison avec d’autres propositions du même genre. On pense notamment à Mes premières fois (Never Have I Ever en version originale), créée par Mindy Kaling et Lang Fisher et elle aussi diffusée par Netflix, dont le personnage principal ressemble beaucoup à Kitty et dont le scénario avait relevé le défi de trouver l’équilibre entre humour et émotions avec brio. 

    La force de XO, Kitty : ses personnages

    Malgré leurs aventures invraisemblables et un jeu d’acteur qui laisse parfois à désirer, on ne peut s’empêcher de s’attacher aux personnages et d’être attendris par les liens qui les unissent. La force de XO, Kitty réside sans aucun doute dans sa capacité à nous plonger au cœur d’un groupe d’amis, dont on finit par le considérer un peu comme le nôtre. On rit à leurs côtés, on est embarrassé par leurs mauvais choix, on fond devant leurs moments de vulnérabilité.

    Même si on grince régulièrement des dents face aux décisions de Kitty, on s’attache à son grand cœur et sa volonté de bien faire, malgré ses erreurs. Mention spéciale aussi à Q, le meilleur ami idéal et sensible, et à Minho, dont l’arrogance nous fait rire en même temps qu’on apprécie de le voir révéler sa douceur. 

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    Les acteurs et actrices accentuent cette impression en nous inondant, à chaque sortie de saison, de challenges et autres vidéos amusantes sur Tiktok, comme pour montrer qu’ils sont aussi proches dans la vraie vie que dans la série. 

    Un vrai péché mignon

    Malgré tous ces défauts, il nous faut donc bien le reconnaître : XO, Kitty est une série totalement addictive. Avec seulement 10 épisodes dans la saison 1 et 8 dans la saison 2, chacun d’une trentaine de minutes environ, la série se dévore en une journée, dans une espèce de transe acidulée dont on a bien du mal à sortir.

    Pendant positif de son côté irréaliste, on apprécie la capacité de XO, Kitty de nous plonger dans un monde où, au bout du compte, tout finit toujours bien. À l’heure où la réalité peut sembler bien sombre, ce petit échappatoire dans un univers où les problèmes se règlent en demandant pardon, où les histoires de coeur sont saines, où chacun est accepté pour ce qu’il est et où l’amour triomphe à la fin de l’histoire est une bouffée d’air frais à laquelle on ne dit pas non. 

    La série est donc un choix idéal pour quiconque voudrait poser son cerveau quelques heures et expérimenter une version de l’adolescence sans aucun doute bien plus joyeuse et rocambolesque qu’elle ne l’est vraiment. Et même si l’on en ressort sans manquer de remarquer tout ce que la série compte de défauts et de maladresses, on ne peut s’empêcher d’être sous le charme… Il faut bien l’avouer : nous attendons déjà impatiemment la suite des aventures de Kitty !

  • BOOKCLUB : « Les K-dramas, ces séries qui font du bien »

    BOOKCLUB : « Les K-dramas, ces séries qui font du bien »

    Publié par : Presse Universitaires de France (PUF)

    Auteurs : Vincenzo Cicchelli, Sylvie Octobre

    Genre : Étude

    premiere page kdrama livre

    Parmi les outils de soft power qui font la renommée de la culture sud-coréenne, les K-dramas tiennent une place de choix aux côtés de la K-pop ou la K-Beauty. Ce genre de série typiquement coréen était d’abord difficile d’accès aux spectateurs occidentaux, mais depuis 2016 il s’est massivement développé sur les grandes plateformes de vidéos à la demande telles que Netflix, Amazon Prime ou Disney +.

    Cette popularité grandissante prouve que les K-dramas ont conquis les foyers de toutes cultures. Comment ce genre si marqué par son pays d’origine est devenu universel et apprécié de tous ? C’est sur cette question que se sont penchés deux spécialistes français de la Hallyu : Vincenzo Cicchelli et Sylvie Octobre dans leur nouveau livre : « Les K-dramas, ces séries qui font du bien »

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    Vincenzo Cicchelli et Sylvie Octobre sont deux sociologues et professeurs/chercheurs. Ils ont ensemble, écrit de nombreux ouvrages sur les pratiques culturelles des adolescents dans un contexte de mondialisation. Ils sont également rédacteurs en chef de la revue anglaise « Youth and Globalization ». Cette étude sur les K-dramas est leur troisième livre traitant  de la culture sud-coréenne. Ils ont en effet sorti « The sociology of Hallyu Pop Culture » en 2021, et « K-pop, soft power & culture globale » en 2022.

    Une analyse inédite

    Dans ce récent ouvrage, les auteurs décortiquent le succès fulgurant des K-drama avec une perspective différente des travaux déjà parus sur le sujet. Pour eux, cette popularité ne s’explique pas seulement par un exotisme apporté par les mélanges de genre traditionnels, ou par un esthétisme nouveau, mais aussi et surtout parce que ces séries traitent de la force et de l’évolution des liens sociaux : « À travers les K-drama, c’est donc un attachement désirable, une véritable philosophie du vivre ensemble, de l’être en société, qui s’offrent au regard des sociétés occidentales postmodernes. »

    Au fil des 200 pages du livre, les sociologues analysent les liens sociaux, en nous expliquant d’abord que les K-drama ramènent le bien au centre du récit. Ce positionnement paraît banal, mais c’est en fait l’inverse des habitudes télévisuelles occidentales, où les traits malveillants sont accentués et normalisés. Et d’après les auteurs, cette bonté mise en avant, ne se traduit pas en grands sauvetages héroïques, inaccessibles au spectateur lambda, mais plutôt par des petites actions du quotidien, souvent omises mais qui rayonnent sur l’entourage des personnages. Ces séries se veulent être le miroir du vécu des spectateurs. Les personnages évoluent eux aussi dans un monde imparfait, où de nombreuses inégalités subsistent.  Toutefois, ils améliorent leur quotidien et trouvent une paix intérieure en diffusant la bienveillance grâce à leurs efforts pour faire le bien.

    Suite à ce chapitre d’explication des liens et du bien dans les K-Dramas, les auteurs mettent en avant plusieurs “épreuves” qui peuvent mettre en péril la force de ces liens en utilisant à chaque fois trois K-Drama comme exemple pour illustrer les enjeux de ces épreuves. Il est donc possible de voir comment “Strong Woman Do Bong-soon” joue avec les stéréotypes de genre , comment “Itaewon Class” montre la revanche des discriminés, ou encore comment “Hotel del Luna” lie le passé, le présent et l’avenir. L’utilisation d’exemples concrets permet de rendre les explications des différents concepts plus concrètes et plus captivantes, de faire découvrir des K-dramas et aussi de percevoir ceux déjà visionnés sous un nouvel angle.

    Cette étude très complète permet de comprendre pourquoi les K-Dramas passionnent tant malgré leurs différences avec les séries produites en Occident et plaira autant aux fans confirmés qu’aux néophytes curieux.

  • JUKEBOX : Stray Kids dévoile les individualités de chacun dans la mixtape “HOP”

    JUKEBOX : Stray Kids dévoile les individualités de chacun dans la mixtape “HOP”

    L’heure des titres en solo a sonné pour Stray Kids qui ont sorti une mixtape spéciale “HOP” le 13 décembre dernier. S’ils n’en sont pas à leur coup d’essai, notamment avec la sortie de SKZ-REPLAY en 2022, c’est pourtant la première fois qu’ils promeuvent une mixtape comme un album classique. Ici, ça se passe avec une title track, des albums physiques et différents clips musicaux. Ainsi, à l’occasion de leur tournée mondiale “dominATE” chaque membre du groupe propose un solo, que l’on découvre enfin en version studio. De quoi se préparer avant leurs dates au Stade de France en juillet prochain.

    Un nouveau pari pour Stray Kids ?

    Cinq mois après leur EP à succès “ATE”, le groupe tente un nouveau pari avec ce format mixtape, où l’individualité de chacun est mise en avant. Une chose est sûre, les premières dates de la tournée ont surpris les fans par l’assurance de Stray Kids, mais aussi par la diversité de leurs univers. C’est donc une mixtape essentiellement hip-hop, qui pourtant montre les forces de chacun, tantôt sur leurs couleurs musicales, tantôt sur leur prestance scénique.
    Avant d’entrer dans la revue musicale, revenons sur leur vidéo INTRO. Stray Kids ont pour habitude de publier une vidéo explicative quelques jours avant chaque sortie. Ils reviennent sur la construction et enregistrement de l’album pour créer de l’anticipation auprès des fans. 

    Vous pouvez la visualiser ici :

    Analyse track by track 

    Une title track qui sort de la mala taste ? Le cas de “Walkin On Water”

    Après “Chk Chk Boom” et “GIANT”, c’est un morceau étonnant que Stray Kids a sorti, allant à contre-courant de ce qu’ils ont pu faire avant. En effet, “Walkin on water” nous étonne dès la première écoute par ses sonorités hip-hop old school, sorties tout droit des années 90, et sa production beaucoup moins saturée que leurs sorties précédentes, là où le mix, lui, l’est. Changbin le rappelle, c’est une première pour eux depuis leur b-side “Muddy Water” sur l’EP ODDINARY. Un choix d’autant plus surprenant que le tempo est parfois assez lent et qu’il n’y a pas tant de niveaux de samples que l’on aurait cru. Le titre nous rappelle ce que NCT pourrait proposer, notamment sur “90’s Love”, ce qui, en tant que Stayzennie (fan de Stray Kids ET NCT) n’est que plus satisfaisant.

    On questionne alors la difficulté pour un groupe de continuer à se renouveler tout en gardant sa patte bien définie et son identité qu’on connaît bien avec la mala taste. L’accueil visiblement positif que les STAYs ont réservé à ce comeback est pourtant là bien qu’il semble un peu moins ressembler à ce qu’on connait du groupe.  En effet, comme HAN le dit dans l’INTRO, “Chk Chk Boom” mixait différentes inspirations et genres pour produire un son très riche en sonorités, là où “Walkin On Water” est plus épuré.

    Le morceau utilise principalement des percussions dans un tempo bas.  Les voix des membres sont introduites par un chant en chœur puis Changbin dans le premier couplet. On entend également des techniques de flow plus classique hip-hop de la part des rappeurs du groupe. Les couplets sont courts et nous arrivons vite sur un refrain plus scandé que chanté, avec une mélodie simple. 

    Une métaphore maritime

    La métaphore de l’eau et de l’univers maritime est filée dans cette chanson au goût d’égotrip puisqu’ils annoncent que le monde est leur scène et qu’ils “marchent sur l’eau” tout en glissant avec aise. Stray Kids nous disent une nouvelle fois être à l’aise dans cet univers musical où rien ne semble les arrêter. HAN fait des comparaisons avec Nemo, le Basilik ou encore Aquaman alors que I.N nous dit qu’ils jouent avec les vagues. Il semblerait que le groupe continue cette thématique de confiance en soi et de sentiment de superpuissance, alors qu’elle dure déjà depuis plusieurs comebacks. 

    On aurait peut-être aimé un peu plus d’évolution ou de profondeur dans cette thématique d’egotrip presque divin. En effet, si Stray Kids ont tout à fait la légitimité de revendiquer leur impact dans l’industrie, il semble qu’ils n’ont plus à le prouver dans leurs chansons dès lors qu’ils sont déjà établis. 

    Une title track en somme efficace et agréable, bien qu’assez différente des cocktails épicés habituels du groupe et qui manifeste bien que “HOP” est une mixtape spéciale, quelque peu en marge de leur discographie.

    On apprécie également la chorégraphie qui porte le morceau tout en incorporant des pas de hip-hop traditionnels très appréciables . Sur “Walkin on Water” c’est une formation moins complexe et plus relaxée qu’ils nous offrent, et ça fonctionne très bien!

    Le clip suit cette tendance plus chill puisqu’il met en scène les membres dans un décor traditionnel alors qu’ils s’amusent avec des motos et des jet skis, mais aussi dans des salles de billard. Cette fois-ci, pas d’histoire alambiquée ou de théories si ce n’est de belles images et des scènes de performances.

    Bounce Back

    “Bounce Back” est une anger song, autrement dit elle est faite pour déverser son agacement et ses sentiments négatifs. Les paroles sont plus agressives et vindicatives que d’autres titres de Stray Kids, et pourtant elles ont été adoucies pour l’album. Le refrain dit aux méprisants “왠종일 짖는 수두룩한 악재 비켜 방 빼 다시 건재하게 Bounce Back” (pourquoi aboies-tu toute la journée, va sur le côté, laisse nous le passage, nous sommes encore plus forts). Les paroles restent sur cette veine de réponse aux “haters”, comme on l’entend couramment dans ce genre de musique.

    La flûte et la basse en intro et outro, accompagnée par les ad-libs sont un vrai coup de cœur pour nous, particulièrement parce qu’on adore ces instruments.  Les sonorités sont intéressantes car le morceau utilise des percussions hip-hop tout en insérant de la basse plus rock, et des techniques vocales alternatives. On pense par exemple à la voix saturée de Felix en introduction mais aussi celle de I.N, presque parlée et chuchotée sur le deuxième couplet..

    Un autre point fort du morceau est le second rap de Changbin en dernière partie de chanson qui termine sur un cri en suspens de “we did it” (on l’a fait). L’instrumentale s’arrête alors qu’il laisse s’exprimer des émotions qui avaient visiblement besoin de sortir de sa poitrine. Bangchan reprend en parlant “bring it back, come on” (ramène le – ndlr, sous entendant, ramenez le beat) dans une mimique assez théâtrale et en même temps très cliché des cyphers en hip-hop. La structure de ce morceau est particulièrement amusante et assez surprenante pour garder les auditeurs toujours plus curieux de la phrase d’après.

    U (feat. TABLO)

    TABLO est un véritable pionnier dans l’industrie musicale sud-coréenne, et particulièrement la musique hip-hop. Leader et producteur de Epik High mais aussi fondateur du label HIGHGRND, TABLO est particulièrement reconnu pour sa connaissance de la musique et sa voix au timbre si spécifique. Si TABLO a une de nos voix préférées c’est surtout parce qu’une simple phrase sortie de sa bouche livre autant d’émotions qu’un film dramatique d’une heure. C’est avec joie et (bonne) surprise que nous attendions ce featuring avec Stray Kids, nous étions curieuses de voir comment il allait réussir à s’intégrer dans un morceau avec les 8 autres membres. 

    Sans surprise, c’est notre titre préféré de l’EP, ce fut un coup de cœur dès la première écoute, qui n’a d’ailleurs pas été suffisante car on a ressenti le besoin de la réécouter en boucle juste après. 

    Le titre a été co-écrit et co-produit par TABLO et devait originellement être dans “ATE”, l’album précédent. Le titre lui-même est une sorte de jeu de mot / jeu visuel avec le “you’ (toi/tu) et la lettre “U” qui ressemble visuellement à une route en demi-tour.

    Une « emo » song ?

    L’instrumentale est très “émotionnelle” grâce à l’utilisation des samples de synthétiseur très mélodieux, mais aussi aux percussions drum & bass rapides placées en arrière plan. Les mélodies vocales de Seungmin et Bangchan en début de morceau donnent déjà un ton dramatique qui s’intensifie avec le premier couplet de TABLO (accompagné par de belles harmonies de Changbin). Tout semble parfaitement maîtrisé dans “U”, les couplets de chant et de rap, un refrain addictif grâce à une sublime mélodie vocale et une instrumentale électro. La transition avec le couplet de Changbin est d’autant plus satisfaisante que ce dernier arrive également à transmettre beaucoup de théâtralité et d’émotion. Felix l’introduit et le conclut comme s’il enveloppait le couplet par la douceur et la profondeur de sa voix.

    Si l’on en croit la thématique du morceau, il s’agit du regret de l’être aimé, d’une relation qui s’est terminée et qui laisse l’autre errant (astray) dans les méandres de ses émotions. C’est évidemment le couplet final de TABLO qui est le point fort  de ce morceau, il s’y intègre parfaitement et apporte encore une nouvelle profondeur. C’est comme si “U” nous emmenait plus loin à chaque nouvelle partie. La conclusion du son est également signée TABLO qui chante quelques adlibs dramatiques “U know that I’d die, that i’d die for U” (tu sais que je mourrais pour toi.). Une chose est sûre, ici on est friandes de ce genre “d’emo-rap”, et la collaboration Stray Kids x Epik High a permis une belle œuvre de ce type.

    Les solos 

    Comme évoqué précédemment, cette mixtape met essentiellement en avant les titres solos des membres, préparés pour la tournée “dominATE”. Chacun d’entre eux a donc sa place spécifique dans l’ordre de l’album, et montre une couleur musicale très différente, à commencer par le leader Bangchan.

    Railway (Bangchan)

    Dans un ton très tendancieux et taquin, Bangchan nous dit “je préfère vous laisser libre d’interpréter cette chanson plutôt que de vous l’expliquer, je ne ferai aucun commentaire alors interprétez la comme vous le voulez”. Ce n’est pas la première fois qu’il sort un titre entièrement en anglais avec des paroles à double interprétation entre la forme littérale amoureuse et les sous entendu plus sensuels. Le morceau a su plaire aux fans par sa lasciveté et son style relativement sombre. Comme on le voit sur scène, Bangchan est enfumée de lumières rouges et retire son t-shirt pour susciter des réactions, que lui-même apprécie. Il semble que ses performances plaisent beaucoup par leur aspect “fanservice” généreux, et par la confiance que Bangchan a en lui et son charisme. 

    Musicalement, on aurait tendance à dire que c’est un titre plutôt pop-r&b qui nous rappelle The Weeknd ou Chase Atlantic. Le mixage utilise quant à lui beaucoup d‘autotune et de modification de voix pour créer cet effet charmeur. La thématique du désir, de la connexion émotionnelle ou physique y est abordée tout du long. C’est un parti pris qui peut être clivant et qui pour notre part ne fonctionne pas toujours. En effet, nous sommes moins sensibles à cette direction artistique choisie par le leader, qui a pour autant bien trouvé son public. 

    Unfair (Felix) 

    Autre titre complètement en anglais, “Unfair” est écrit et en partie composé par Felix. Pour préparer ce morceau Felix s’est amusé à imaginer les émotions de différents personnages d’animation ou de film face à des situations anxiogènes, face à des choix multiples. C’est notamment la Bête dans “La belle et la bête” qui a servi de tremplin à son écriture car il évoque la monstruosité, le regard d’autrui sur soi, le sentiment de rejet mais aussi d’acceptation. En effet, son message principal est “tout le monde est digne d’être aimé” dans son individualité et dans ses faiblesses. On apprécie particulièrement l’allégorie du monstre déchu utilisée dans les paroles et dans le clip, à laquelle on peut aisément s’identifier.

    La figure du monstre

     Il semble que l’on peut interpréter les paroles personnellement sur la base de nos propres doutes face à cette vie “unfair” (injuste), mais aussi par rapport à Felix qui semble se livrer sur son rapport au succès et à la constante observation. En cela, le refrain est fort “My life is so unfair /Everyone sees me as if I’m the beast out there / My dreams become nightmares /Please give me a break right now / I wanna just be myself /No one can truly see / The human inside me.” (ma vie est si injuste / tout le monde me voit comme si j’étais la bête du coin / mes rêves deviennent des cauchemars / s’il vous plaît, laissez moi tranquille / je veux juste être moi-même, personne ne voit vraiment l’humain que je suis à l’intérieur).

    Musicalement, l’introduction du morceau avec les instruments à cordes est excellente. La production est assez dramatique pour suivre la thématique choisie. On pourrait facilement voir ce morceau synchronisé dans un film fantastique.  La structure est simple et juste, le refrain est efficace et les couplets rappés sont maîtrisés par Felix dont le timbre de voix est assez singulier. Le rap mélodieux lui va très bien. La seule chose qu’on regrette est ce mixage de la voix parfois métallique et un peu dissonant. Si Felix a beaucoup de potentiel vocal, on a du mal à comprendre le choix d’effets sur sa voix à la post production. En effet, le correcteur de pitch est un peu trop prononcé par moments, nous éloignant de l’émotion recherchée.

    Hallucination (I.N)

    “Hallucination” est un de nos solos préférés de l’album, ce qui n’est pas étonnant lorsqu’on comprend que Changbin a activement participé à l’écriture et la composition du morceau. En effet, c’était originellement un solo du rappeur qui l’a éventuellement suggéré au maknae, et qui lui sied particulièrement. Avec quelques arrangements, changeant les parties rap en mélodies vocales, I.N s’est approprié la chanson avec brio pour nous montrer une toute nouvelle image de lui. Jeongin y montre ses capacités vocales, son charisme sur scène et sa théâtralité.

    Face à une telle chanson, on se retrouve comme piégés par ses hallucinations et son incapacité à discerner le vrai du faux. C’est comme un univers fantasque et anxiogène qui nous embarque. La direction artistique du clip est aussi excellente que la chanson car on voit I.N dans des situations presque horrifiques. Les éléments classiques du miroir cassé, de la baignoire d’eau, des oeuvres d’art en pagaille sont entrecoupées par des scènes de danse sur fond noir. Visuellement et musicalement, on sent une inspiration Taemin, et c’est un compliment. C’est d’autant plus satisfaisant de voir I.N évoluer en tant qu’artiste et prendre confiance en ses compétences.

    La structure du morceau rejoint le fond du propos, avec différentes sections parfois chantées et mélodieuses, puis parfois plus volontairement dissonantes avec beaucoup de réverbération. Tantôt des chuchotements, tantôt une instrumentale EDM seule pour un dance break, “Hallucination” est un titre complet. On salue vraiment tout le travail opéré dessus et on a très hâte de la voir en live en juillet prochain.

    Youth (Lee Know)

    Lee Know a participé à l’écriture de son solo “Youth”, un morceau rétro et frais qui change complètement de la chanson précédente. Ce qui est assez remarquable avec cet album  est  la variété de sonorités explorées. Minho voulait faire une chanson sur la jeunesse tant qu’il est encore dans la fleur de l’âge, pour lui l’enjeu était de transmettre un message simple et assumé : profiter de la vie et s’amuser au maximum. La chorégraphie est facile à reproduire, elle permet des moments de freestyle et invite les fans à lâcher prise.

    Dans une atmosphère douce et mignonne, “Youth” est comme une pause dans cette direction artistique plus dramatique et lourde que le concert “dominATE” propose. Si elle n’est pas aussi travaillée ou imposante que d’autres solos, et par conséquent peut-être moins populaire auprès des fans, elle reste sympathique par sa fraîcheur en live. 

    So Good (Hyunjin) 

    Hyunjin est un danseur également, donc on imaginait bien un morceau fait pour la scène et la performance. Écrite et composée en partie par lui-même, cette chanson permet à Hyunjin de montrer sa créativité . Si d’habitude ses solos sont plus tristes et doux, ici il propose une chanson plus positive et joyeuse, prônant la beauté de la vie. 

    On apprécie encore une fois la théâtralité du titre qui propose un dance break en plein milieu. Hyunjin nous dit “s’imaginer comme le roi d‘un pays qui n’existe pas sur terre” et on le suivrait bien. Il a choisi le thème du désert et le concept d’alien mystérieux dans son clip performance qui fonctionne parfaitement avec le son. Le titre nous a perturbé à la première écoute, justement parce qu’on ne s’attendait pas à cela de Hyunjin et parce que la structure de morceau ne permettait pas de prédire ce qui arriverait après. Au même titre que pour “Youth”, c’est une chanson faite pour être performée et vue, plus qu’écoutée en version studio. Elle est peut-être moins à notre goût, mais nous saluons son originalité certaine.

    ULTRA (Changbin)


    Comment parler de “ULTRA” sans dire qu’il est le meilleur solo de l’album ? En toute subjectivité, nous pensons que Changbin a fait un sans faute sur cette chanson. Entre les toplines, les couplets rap, le dance break, la production musicale, tout est parfaitement ficelé pour nous rendre accro. On reconnaît ici la signature artistique de Changbin qui n’hésite pas à créer des instrumentales fortes, complexes par la juxtaposition de samples qui s’additionnent bien entre eux, avec des modulations de voix puissantes.

    Dernier solo présenté sur la scène de “dominATE”, la performance elle-même est impressionnante par la domination de la couleur verte et la présence imposante du rappeur sur scène. Il a pensé son solo comme une performance à la “reckless energy” (énergie imprudente). Autrement dit, une atmosphère très brute et sous tension, prête à être amenée à un “ultra level” (très haut niveau). Changbin nous avoue même que c’est une chanson qu’il a créé directement en pensant à la performance scénique. Le temps d’un instant, Changbin devient le personnage de Hulk, qui lui colle parfaitement.

    Une chanson équilibrée

    L’introduction du son directement sur sa voix qui s’écrie “Put ’em up, put ’em up, put ’em up /The music can wake me up again and again and again” (mets les choses en place, la musique peut me tenir éveillé encore et encore et encore) est addictive et on a envie de le suivre. La répétition du mot “ultra” pour définir son pouvoir (et celui de la musique) rentre en tête très vite . 

    Il utilise beaucoup de caisse claire , mais aussi des samples plus électro lui permettant de faire un dance break. Un choix pas si étonnant de sa part quand on sait qu’il est aussi bon danseur que producteur et qu’il a commencé sa carrière par cette discipline. La chorégraphie incorpore donc beaucoup de détails sur les beats et est aussi puissante que la musique. 
    Ce qui est frappant avec Changbin lorsqu’il explique la création de ses morceaux est sa capacité à écrire avec justesse et exprimer sa vision des choses avec vulnérabilité et humilité. Dans la vidéo INTRO il nous dit : “bien sûr qu’il y a des moments où je faiblis, où je me montre vulnérable, mais je souhaite protéger les personnes autour de moi. (…) l’idée n’est pas de me montrer fort juste pour le plaisir. Je veux juste être quelqu’un de responsable, sur qui on peut compter, et c’est ce que je veux exprimer grâce à la musique”.

    Hold my hand (HAN)

    Autre solo excellent de l’album, “Hold my hand” est typiquement le genre de sonorité pop-rock que le public actuel adore . Dans une direction artistique très rock des années 2010, mais aussi très OST d’anime, HAN joue sur la nostalgie de nos années adolescentes, voire de jeunes adultes. Il dit vouloir faire une chanson qui “capture l’essence de la jeunesse, de son âge, de là où il en est dans sa vie. Entre tristesse, luttes et inquiétudes, il y a énormément de choses à gérer”. 

    Malgré cela, “Hold my hand” est un titre positif et réconfortant car malgré toutes ces inquiétudes, nous ne sommes pas seuls et nous vivons cela ensemble. Ce n’est pas sans rappeler les premières thématiques de Stray Kids dont le concept même étaient l’errance de la jeunesse, le dépassement de soi et le sentiment d’être ensemble, même dans la solitude. Il nous révèle qu’elle a un lien direct avec son solo “Alien” et qu’il a pensé son clip comme cela. Son lui du futur rassure son lui du passé et un vrai jeu de communication avec lui-même se met en place.

    Pour sa performance sur scène, HAN voulait courir et se libérer, et c’est ce qu’il fait puisqu’il parcourt toute la scène. Il montre également la versatilité qu’on lui connaît bien en rappant et en chantant de belles mélodies vocales. Il ne s’arrête pas là puisqu’il joue également lui-même de la guitare sur scène, ajoutant une nouvelle dimension à sa performance d’artiste complet. 

    As we are (Seungmin)

    Pour le dernier solo de l’album, Seungmin nous offre une chanson ravissante par son timbre de voix. Lorsqu’il a pensé son solo, il a voulu travailler avec Hong Jisang qui l’a accompagné sur les paroles et la composition. Dans une chanson essentiellement pop-rock, très similaire aux sonorités de Day6 (dont Seungmin est fan), il exprime sa gratitude et ses vulnérabilités auprès des gens qui l’aiment et qui le soutiennent. Ce sont des paroles douces et positives qui sont extériorisées aux travers de mélodies vocales des plus agréables. La guitare et la batterie prennent une place centrale dans ce morceau et Seungmin joue, lui aussi, du premier instrument sur scène. Son individualité et sa sensibilité artistique sont particulièrement exprimées lors de sa performance scénique. 

    Il nous dit lui même dans l’INTRO que “à ce jour, chanter cette chanson est parfois lourd, même après l’avoir performée à plusieurs concerts, je me trouve encore à prendre de grandes inspirations avant de monter sur scène”. En effet, il se livre et se montre à nu émotionnellement, ce qui rend ses prestations encore plus touchantes.

    Dans son clip, beaucoup d’éléments personnels sont montrés , notamment son amour pour le baseball ou la musique, qui n’ont pas échappé aux STAYs.

    Verdict :

    “HOP” est un album très particulier pour Stray Kids qui montrent à la fois leur force en tant que groupe mais aussi leurs individualités avec les solos. Conçus pour la scène, les morceaux ne peuvent être plus différents les uns des autres. Cette versatilité rend la mixtape intéressante non pas par sa cohérence mais par cette diversité. On apprécie l’authenticité du groupe qui s’amuse à créer des morceaux qui correspondent à chacune de leurs envies, sans apparentes règles imposées. Cet album sonne comme un cadeau pour les fans, une pause dans leur course à la mala taste pour simplement révéler leurs univers personnels.  

  • JUKEBOX : TWICE dévoile sa STRATEGY dans son nouveau mini-album

    JUKEBOX : TWICE dévoile sa STRATEGY dans son nouveau mini-album

    Après une année marquée par un comeback et des aventures en sous-unités (MiSaMo) et en solo (pour Nayeon), TWICE est de retour avec un mini-album surprenant. Beaucoup d’anglais mais aussi beaucoup d’espièglerie s’entendent dans cet opus, arrivé à temps pour la saison des fêtes. Alors, est-ce que la stratégie de TWICE est payante ? 

    Le groupe TWICE pour leur comeback Strategy

    TWICE poursuit tranquillement mais sûrement son ascension vers les charts internationaux avec ce nouveau comeback. Après “The Feels” en 2021 et “Moonlight Sunrise” en 2023, “Strategy” est leur troisième single entièrement en anglais. Tout ce mini-album fait d’ailleurs la part belle à cette langue, sans aucun doute dans un but d’accessibilité au plus grand nombre. Les 6 titres se placent ainsi sous le signe de la conquête amoureuse et d’une légèreté bienvenue dans le froid de l’hiver.  

    “Strategy” : le single gagnant

    Le single éponyme est évidemment la pièce maîtresse de l’opus. Sur une production RnB avec le meilleur des percussions des années 2000, “Strategy” est un morceau entraînant et efficace. Les 9 membres y évoquent leur plan pour conquérir le cœur d’un homme, avec un humour bienvenu qu’on perçoit dans le clip. Elles peuvent toutes jouer avec leurs intonations de voix et la diction particulière de l’anglais. Jeongyeon, notamment, est en grande forme vocale sur le morceau. 

    La mode du Y2K est parfaitement synthétisée ici, jusqu’à la chorégraphie simple mais marquante et le stylisme à propos pour les lives. Le featuring avec Megan Thee Stallion est très bien intégré. Son sens du rythme se fond parfaitement sur le pont de la chanson. Les membres disent d’ailleurs avoir apprécié de la rencontrer à l’occasion du tournage du clip en Corée du Sud (voir ici dans Naver), et l’alchimie entre elles ne s’en ressent que plus ! C’est une belle suite au featuring de TWICE sur le remix de la chanson de Megan “Mamushi” plus tôt cette année. 

    Grande réussite donc pour ce single que l’on retrouve aussi en version sans le rap de Megan, plus courte, en fin d’album. “Strategy” saura-t-elle, aussi, conquérir le coeur des fans ?

    Le groupe TWICE avec Megan Thee Stallion

    Pop sirupeuse et chanson de saison

    Après le dynamisme de cette entrée en matière, le reste de l’album se déroule de manière plus conventionnelle. On retrouve les sons habituels de TWICE : une production retro 80s sur “Kiss my troubles away”, du RnB mâtiné de soul sur “Sweetest Obsession” et “Keeper”. C’est toujours aussi pétillant et agréable à l’écoute, mais un peu attendu. 

    La patte “mignonne” de TWICE est aussi plus présente, pour les fans de cet aspect du groupe. Cette formule fonctionne pour parler d’amour toujours et mettre en valeur les voix de chacune. Encore une fois, Jeongyeon se démarque, mais on apprécie également le travail sur son intonation accompli par Momo. 

    Packaging de l'album

    A noter tout de même, le morceau “Like It Like It” incorpore une autre tendance musicale de cette année : le 2-step. Ce rythme percussif s’est retrouvé dans beaucoup de chansons de NewJeans et d’ILLIT, et TWICE en proposent leur version. 

    Enfin, et c’est peut-être un peu surprenant, la chanson qui se démarque le plus ici est “Magical”. Chanson d’hiver assumée, avec ses cloches de Noel et son carillon rappelant la neige qui tombe, on était pourtant vite tombés dans le kitsch. Mais les voix des membres, le rythme 80s, le post refrain en montée chromatique (des notes de plus en plus aiguës d’un demi-ton) sont autant d’éléments pour nous charmer. Jihyo et Nayeon peuvent briller vocalement et amener la magie des fêtes en quelques instants. Brillant !

    Twice en live

    « Strategy » de Twice : le verdict !

    TWICE visent un public international avec cette nouvelle sortie. Seul le temps dira si ce pari est réussi. Elles ont en tout cas cherché à contenter les fans de leur discographie avec des rappels à leurs précédentes œuvres. Ce mini album est parfait pour la saison, amenant à la fois de la sensualité et de l’espièglerie et de la douceur pour passer l’hiver. La “Strategy” est donc gagnante !

    On attend avec impatience leur prochaine date en France! Pour patienter, vous pouvez lire ce live report de leur concert à l’Accor Arena en 2023.

    Twice en live
  • CINÉCLUB : “Right People, Wrong Place” – Un documentaire par Kim Namjoon

    CINÉCLUB : “Right People, Wrong Place” – Un documentaire par Kim Namjoon

    Réalisé par : Seok-jun Lee, Subin IM
    Année de production : 2024
    Durée : 120 minutes

    Synopsis : RM, le leader des BTS, nous ouvre les portes de son studio et de son cœur durant les huit mois d’écriture et production de son deuxième album solo, “Right Place, Wrong Person”. Pour la première fois, RM – ou simplement Kim Namjoon, se livre à cœur ouvert sur son identité, ses goûts, ses aspirations.

    À la croisée des routes : Kim Namjoon examine l’esprit errant du « bon » dans le « mauvais » environnement. 

    Dans “Right Place, Wrong Person”, Kim Namjoon, leader emblématique de BTS et artiste à l’âme poétique, nous encourage à une réflexion approfondie sur l’identité, l’appartenance et le sentiment de ne pas être à sa place. Ce documentaire mêlant témoignages personnels et recherches existentielles dépasse le simple portrait d’un musicien renommé pour devenir un reflet dans lequel chacun peut voir ses propres incertitudes. Que signifie être “au bon endroit” ? Et si le véritable épanouissement se trouvait dans l’errance?

    Imaginez une salle remplie d’Army (nom des fans de BTS) et leurs Army bombs (lightstick du groupe) en main, chantant au rythme des clips les chansons du groupe BTS, telles que “Butter” ou encore “Fire”. C’était l’ambiance qui régnait mardi dernier au CGR de Nanterre, lors de l’avant-première du documentaire “Right Place, Wrong Person” de Kim Namjoon. A travers ce documentaire, on découvre une nouvelle facette de la personnalité de RM : celle de Kim Namjoon, la personne derrière l’artiste

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    C’est presque une sorte de retour aux sources pour le producteur et compositeur, qui renoue ici avec une production plus “minimaliste” et “indépendante”, comme lors des débuts de BTS en 2013. Loin du leader des “bulletproof boys”, Kim Namjoon dévoile ici ses failles, en parlant à coeur ouvert de tout ce qu’il a dû changer pour devenir le leader de BTS et tout ce qu’il a pu retrouver en entamant cette nouvelle expérience en solo.

    Bien que le documentaire se focalise majoritairement sur le rappeur, on y découvre également des témoignages et des “tranches de vie” de la “Team RM”, comme ils se surnomment. On apprend à découvrir ce collectif de producteurs, photographes, musiciens et artistes qui entourent et épaulent Kim Namjoon dans cet album. C’est également l’occasion pour les spectateurs (et les Armys) de découvrir RM d’une autre manière, du point de vue de personnes extérieures au groupe et au fandom.

    Finalement, le documentaire, tout comme l’album du même nom, nous apprend qu’il y aura toujours des moments dans la vie où nous aurons cette impression de ne pas être au bon endroit, mais que cela ne doit pas impacter nos valeurs et qui nous sommes, en tant que “bonne” personne.

    Merci à Polydor France pour l’invitation à cet incroyable événement 

    Avis de Claire → En tant que Namjoon-biased Army, c’est un documentaire qui est extrêmement Namjoon. C’est un mélange d’humour (oui, il a encore failli casser quelque chose (un transat), c’est Namjoon), de sincérité et d’Art, qui transpire vraiment son amour pour la musique.

    Le documentaire sera disponible dans plusieurs cinémas de France les 5 et 6 Décembre 2024 uniquement, n’hésitez pas à réserver vos places dès aujourd’hui : https://www.rmrpwp.com/