Catégorie : Reviews

Musique, cinéma, littérature… on vous partage nos ressentis dans nos reviews grâce à un décryptage en profondeur de chaque oeuvre sud-coréenne.

  • JUKEBOX : TWS reviennent pour le dernier acte de 2024 avec “Last Bell”

    JUKEBOX : TWS reviennent pour le dernier acte de 2024 avec “Last Bell”

    Ce lundi 25 novembre, TWS sont revenus sur le devant de la scène. Ils nous dévoilent leur premier single Last Bell, contenant trois chansons inédites. Moins d’un an après leurs débuts, ils signent donc leur deuxième comeback de cette année 2024. 

    tws last bell

    La fin d’une trilogie ?

    Après deux mini-albums autour de la thématique des années lycée, TWS nous offre une nouvelle fois une performance pleine de vitalité, qui nous rappelle notre jeunesse. 

    Si le premier album annonçait la rentrée des classes, le second, lui, portait sur les vacances entre deux semestres. Cette fois-ci, les six garçons nous embarquent dans la préparation du festival de fin d’année du lycée. On découvre également que l’amour vient se glisser dans les préparatifs. 

    Musicalement parlant, on reste sur le même style. Avec un rythme entraînant et rayonnant, ils nous transmettent des émotions à travers chacune de leurs chansons. 

    tws last festival

    Highlight (너의 이름)

    Première chanson du single, “Highlight” parle d’amour et pas n’importe lequel. Un amour adolescent, de jeunesse… le premier amour pour beaucoup de jeunes. 

    Sur un instrumental rythmé et qui se veut rêveur, les garçons racontent l’histoire de leur rencontre avec la personne aimée. Les paroles sonnent également comme une déclaration notamment avec “너는 말야 내 청춘의 Highlight” (Tu es le rayon de soleil de ma jeunesse) avant le départ à l’université “웃으면서 우리 인사하기로 해” (Disons nous au-revoir avec un sourire)

    Finalement, cette chanson nous embarque dans une rétrospective et en même temps ouvre une porte sur le futur.  

    tws last festival

    Last festival (마지막 축제)

    Chanson titre de ce premier single, “Last Festival” aborde la dernière page d’un livre qui est sur le point de se refermer mais dont on repousse le moment.  On aimerait encore en profiter mais le temps nous rattrape. Avec un rythme qui s’accélère davantage, le morceau nous fait ressentir le même sentiment d’urgence que “hey!hey!” issue de leur deuxième mini-album. On a envie de courir après le temps pour revivre les bons moments de notre jeunesse. TWS y formule également une demande à leurs ami.e.s pour le futur “친구야 Oh oh oh oh, 우리 따뜻했던 마음 기억해 줘, 다시 만날 땐” (Mon ami(e), n’oublie pas les moments de bonheur qu’on a partagé quand on se reverra).

    Le clip nous plonge dans la préparation d’une comédie musicale de fin d’année à la West Side Story. Il est tourné comme un K-Drama. On est directement happé par l’intrigue et les émotions des protagonistes. Les six garçons ont tous des rôles définis dans l’élaboration de ce spectacle. Shinyu est le metteur en scène, Dohoon joue le rôle principal masculin, Youngjae et Hanjin s’occupe des éclairages et des décors, JiHoon coach les protagonistes en danse et Kyungmin joue le rôle d’une petite souris. Parmi les protagonistes, les garçons développent des sentiments pour deux filles différentes. On assiste donc à des déclarations et des déceptions. 

    Chez dear.korea, on a été emporté par cette histoire !

    Comma (점 대신 쉼표를 그려)

    Pour ce dernier morceau, le style musical est plutôt groovy et répétitif. Le rythme reste toutefois entraînant. Ici, la notion de courage et de futur est de nouveau présente. Le groupe nous rappelle qu’il ne faut pas remettre à demain ce qui est possible de faire aujourd’hui pour éviter les regrets “아쉽긴 싫어, 힘껏 용기 내는 중” (je ne veux pas être triste, je fais de mon mieux pour être courageux).

    Cet adage est souvent présent dans les morceaux de TWS, une leçon de vie importante quand on commence à grandir et qu’on regarde derrière nous.

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    Encore un sans fautes ? 

    Reconnus comme Best New Male Artist aux MAMAs 2024 avec également un award Best Dance Performance (Male Group) pour “plot twist”, TWS n’ont pas fini de surprendre leurs fans et la scène musicale. Du côté des fans, les SA-I sont convaincus une nouvelle fois. En effet, le MV de Last Festival compte déjà plus de 5 millions de vues en 24 heures soit 1,5 millions de plus que le dernier comeback en juin dernier.

    Les rookies de Pledis Entertainment ne s’arrêtent plus. Ils enchaînent les succès ce qui leur vaut d’être nominés dans six catégories dont l’artiste de l’année et la chanson de l’année aux MMAs 2024 qui se dérouleront le 30 novembre prochain.

    En conclusion, le single a une nouvelle fois conquis la rédaction. C’est un parfait mélange pour s’évader le temps de quelques minutes. TWS ont réussi leur pari : nous remémorer nos souvenirs de jeunesse.

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  • JUKEBOX: What would Yves do? – I Did

    JUKEBOX: What would Yves do? – I Did

    After a solo debut crowned by a more than positive reception last May, Yves makes her first comeback with I Did, a mini album produced mainly by Millic (founder of Yves’ label, Paix Per Mil) and IOAH. 

    « LOOP » was a huge success – Yves’ first title track quickly became a fan-favorite of both Orbits (as LOONA fans are known) and Engdus (Yves’ fans). Featuring Lil Cherry, « LOOP » became, according to K-pop fans, a club anthem for its rhythm and its house music and UK garage production. More importantly, the EP was named by Billboard as one of the best K-pop albums of the first half of 2024.  

    Yves’ first comeback is just as promising. I Did is both eclectic and coherent, exploring different musical genres – from hyperpop influences reminiscent of Charli XCX’s « Brat Summer » to the RnB and hip hop of its producers. 

    During a fansign, your author asked her to describe her EP, to which she replied: « (the feeling of being) under a warm blanket ». Let’s discover Yves’ album together. 

    VIOLA

    « Viola » is the title track of the I Did EP. Produced by Millic and IOAH, the song begins with a robotic voice saying: « let’s get dumb and break shit » – an auspicious, yet funny start.  

    The bubblegum bass / hyperpop and PC Music influences are noticeable in the modulation of the voice during the chorus sung in a high register, but also in the use of various almost non-musical noises. The bass gives a bubbly or bouncy ball feel, while the synthesizer is sometimes set to the sung melody, sometimes creating their own rhythm – a wonky inspiration. 

    Wonky is a genre of experimental music based on unstable synthesizer melodies. 

    Yves lyrically tells a new part of her story, showing her emotions in a vulnerable way: « I just need some space / voices in my head / I just need some space ».

    Yves goes through the tedious process of finding (again?) herself and getting to know herself, sometimes resulting in a desire to be alone. With a dreamy vocal performance, we imagine the idol delving into her unconscious to try and better understand herself.

    The MV pursues this idea by showing minimalist shots with generally uncluttered backgrounds and few props. However, several circular objects are used, such as Archimedes spirals. 

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    MUSIC VIDEO 

    The Archimedean spiral is a straight line wrapped around itself. In spirituality, these spirals can determine part of our unconscious. They are associated with evolution, growth, repeating events and the ego. 

    Ther double spiral of fire becomes a simple circle when Yves stands in front of it, breaking a repetitive circle and putting an end to doubts. The circle represents unity and harmony, and as it has no beginning and no end, it is a symbol of renewal. 

    Several scenes are also shown, including a video of a disgruntled-looking man and an office with employees. Yves is shown in a small office with partitions, surrounded by screens showing the man wearing negative expressions, initially trapped in a vicious circle; that of paying too much attention to the comments and demands of others until no longer following what our heart really desires. But at the end of the MV, the singer frees herself from this space of negativity. 

    I know who I am 

    Oh please just stop it

    It’s burning my brain

    You’re melting my chain 

    Lighter scenes highlight the choreography as well as Yves, who appears in various outfits conveying a little more of the sense of « Viola » – notably a black ensemble reminiscent of a suit when she’s in a work office. This sense of being trapped is personified by Yves, who appears tired at the start of the MV, curled up with her head resting on her crossed arms. 

    Both the song and the video are open to multiple interpretations, making the whole all the more intriguing and addictive. « Viola » follows Western trends while bringing freshness and a personal touch to hyperpop. 

    Q: Was the title track created with international fans in mind?

    Yves: The group (LOONA) and I have more fans abroad than in Korea, so I think the agency took that into consideration. The hyperpop genre is quite fast-paced and has a unique tone, so it may sound a bit strange in Korean. The message I really wanted to get across in the song was recorded in Korean. 

    HASHTAG

    « Hashtag » has RnB and hip hop inspirations from the 1990s and 2000s, notably with a piano melody looped throughout. The track is introduced by masculine exhalations and a deep bass loop. The track recalls artists such as Brandy with her Afrodisiac album or certain songs such as « No Scrubs » by TLC

    With « Hashtag », Yves expresses a certain frustration with someone who doesn’t say things directly, beats around the bush and prefers to « treat her like a stranger » rather than be honest. The lyrics, written entirely in English, show not only Yves’ interest in black music, but also that of her producers 0JV3 and IOAH. 

    Yves played an active role in the composition, proposing artists and songs she liked to Paix Per Mil in order to produce an EP that reflects her personality. Her playlist notably includes PinkPantheress, Tyler Lewis and Kelela. 

    « Hashtag » is a surprising and spellbinding b-side, thanks to Yves’ vocal performance, which brilliantly showcases her talents. 

    GONE GIRL

    Yves surprisingly announced that « Gone Girl » is the track most mentioned by international fans when asked for their favorite song from the EP. « Gone Girl » immerses us in a chill, soft and light atmosphere, with a more refined production that is nonetheless complete and accomplished. 

    Acoustic guitar with a reverb effect and soft percussion give us a late-night or road-trip feeling (« Hands on the wheel / Driving on the highway »). 

    Yves’ performance is pure, vulnerable and raw, as she claims to have left behind a painful relationship: « I tried to make you love me / But it was all just fake ». 

    So, in a car, she drives off into the sunset, finally feeling free and free of the relationship. The footsteps at the beginning of the track amplify this feeling of leaving the situation behind. 

    The song’s title, « Gone Girl », was probably inspired by Gillian Flynn’s book about a woman who pretends to be dead in order to escape her life. In Gone Girl, the protagonist destroys her image as the perfect woman by disappearing in order to find herself. Her relationship with her husband and with herself is toxic, but so is her way of letting go of the past. Without going that far, Yves simply decides to turn the page for her own good in « Gone Girl ».  

    TIK TOK

    « Tik Tok » is a pre-release single released last summer, bridging the gap between LOOP and I Did. With a very relaxed, acoustic feel, it brilliantly follows « Gone Girl », extending not only the musical atmosphere but also Yves’ story. 

    In this track, Yves is still dealing with a complicated relationship that « wastes time », as the person in front of her acts « like a child ». Both protagonists are trapped in a vicious circle of constant fighting (« same old fights »)

    So Yves decided to assert herself and set some boundaries. She doesn’t want to feel wronged any more, wants to recover her lost hours, and also wants to stop depending on this person. The sun rises and Yves leaves, leaving behind this toxic relationship. 

    « Tik Tok » is an acoustic affair, with the conclusion stretching out over what could almost be an entire verse. But the near-silence speaks for itself: there’s nothing more to say. The mood is cinematic. We imagine ourselves watching a film, with the protagonist walking along a long road. 

    DIM

    The last track on the EP is a slight departure from the rest of the tracks, without being too dissonant. On the contrary, the production ambience remains minimalist with trap influences, but the mood is darker and heavier. 

    « Dim » begins with an almost mournful violin as Yves’ voice reaches our ears, also filled with emotion and accompanied by a low 808 and lighter hi hat sounds. 

    The harmonies in the second verse add depth to the torment expressed by the vocals. Like « Tik Tok », the track continues with an instrumental section that also appeals to the listener’s emotions. The tone is heavy, a little sinister but also very cinematic. The violin returns crescendo, creating a new, erratic atmosphere, a little violent and reminiscent of glitches. Although somber, this part also has a healing feel to it, almost like a coming of age movie. 

    The conclusion is reminiscent of drum and bass tracks with its change of rhythm, but also of hyperpop with a siren blaring in the background. Yves creates an atmospheric and mysterious potpourri in « Dim », making for a tingling yet never overwhelming song. 

    CONCLUSION

    I Did is a testament to Yves’ artistic and personal growth. With four exclusive tracks, Ha Soo-young (Yves’ real name) reveals a spectacular evolution that we hope will only be exponential. Indeed, the idol has revealed her desire to play an even greater part in the creative process of her forthcoming comeback.

    So far, we’re enjoying the promotions for « Viola » and can’t wait for her concert in Paris this December 12 at Le Bataclan! 

  • CINÉCLUB : Retour sur l’ouverture et la fermeture riches en émotions du Festival du Film Coréen 2024

    CINÉCLUB : Retour sur l’ouverture et la fermeture riches en émotions du Festival du Film Coréen 2024

    Pour ouvrir et clôturer son édition 2024, le Festival du Film Coréen à Paris a choisi deux films très différents. Entre l’humour décalé de “Handsome Guys” et les questionnements identitaires de “Hiver à Sokcho”, ce sont deux facettes du cinéma coréen que nous avons pu découvrir. Nous vous dévoilons notre avis dans cet article !

    Handsomeguys Main

    OUVERTURE  : Handsome Guys de NAM Dong-hyub

    • Année de production : 2024
    • Durée : 101 minutes
    • Genre : Comédie, horreur

    Synopsis : Jae-pil et Sang-gu ont une dégaine qui fait peur, mais ils viennent d’accomplir leur rêve : ils ont acheté une maison au fond des bois. Eux qui pensaient y vivre paisiblement vont cependant vite déchanter. Non seulement une bande de jeunes prend les deux frères pour des tueurs, mais l’esprit d’une chèvre maléfique vient de s’éveiller dans la maison de leurs rêves. Sauve qui peut !

    L’avis de Claire → Ce film repose sur un humour absurde, marqué par des situations improbables et des personnages excentriques. Il s’inscrit dans un style comique typiquement coréen, avec un enchaînement de scènes burlesques qui ne se prennent pas au sérieux. L’intrigue suit des personnages malchanceux et décalés, souvent pris dans des situations à la fois rocambolesques et humoristiques, créant un mélange entre aventure et comédie. 

    Le duo principal, joué par Lee Sung Min (“Reborn Rich” ou “Money Game”) et Lee Hee Joon (“Mouse”, “A Killer Paradox”, “Chimera”), se compose de personnages attachants mais maladroits, des « loosers héroïques » qui jouent sur le cliché du type « ordinaire » pris dans des circonstances extraordinaires. Leur amitié est le pivot émotionnel du film, malgré leurs caractères et comportements souvent comiques. Les acteurs parviennent à donner un charme singulier aux personnages, ce qui renforce l’attachement du spectateur malgré l’humour parfois lourd ou répétitif. 

    Parmi la bande de jeunes qui vont prendre nos deux héros pour des tueurs, on retrouve Gong Seung-yeon, qu’on a pu voir dans des dramas tels que “Are you human too?” ou encore “Bulgasal : Immortal Souls”; Kim Do-hoon (“Your Honor” et “Moving”) ou encore Park Jeong-hwa (“Mask Girl” et membre du groupe EXID).

    L’humour du film « Handsome Guys » s’appuie fortement sur le slapstick (le slapstick est un genre d’humour impliquant une part de violence physique volontairement exagérée) et l’absurde, avec des gags visuels et des dialogues souvent exagérés. Ce style peut plaire à ceux qui apprécient le côté loufoque des comédies coréennes, où le ridicule est poussé à l’extrême. Un parfait mélange de “Destination Finale” et “Maman, j’ai raté l’avion” qui nous fait rire jusqu’au générique de fin.

    « Handsome Guys » est un film qui plaira principalement aux amateurs de comédies absurdes et légères. C’est un bon choix pour un visionnage léger entre amis (parfait pour Halloween !) ou pour découvrir un aspect un peu plus délirant du cinéma coréen.

    HASPhoto2©2024 OFFSHORE

    CLÔTURE : Hiver à Sokcho de Koya KAMURA

    • Année de production : 2024
    • Durée : 104 minutes
    • Genre : Drame

    Synopsis : Soo-ha, 23 ans, mène une vie paisible dans la petite ville côtière de Sokcho, entre son petit ami qui rêve de Séoul et sa mère marchande de poissons. L’arrivée d’un Français, Yan Kerrand, dans la pension de famille où elle travaille, va réveiller en Soo-ha des questions sur sa propre identité, et sur son père français dont elle ne sait rien. 

    L’avis de Jeanne → Choisi pour clôturer en beauté cette 19ème édition du festival, « Hiver à Sokcho » nous plonge avec beaucoup d’empathie dans l’errance identitaire de Soo-ha, jeune franco-coréenne qui n’a jamais connu son père français. On l’observe qui tente de se construire dans sa petite ville de Sokcho, où il n’y a, selon son petit ami, “rien à faire”, et on découvre avec intérêt la façon dont les habitants, pourtant sans malveillance, la ramènent à sa différence et à son statut d’eurasienne.  

    L’arrivée d’un touriste français dans le petit hôtel dans lequel elle travaille introduit rapidement l’enjeu du film : les questionnements qui habitent Soo-ha au sujet de son père et de son héritage. Dans l’ambiance feutrée de cette petite ville côtière plongée au cœur de l’hiver, on suit ses échanges avec Yan Kerrand, dessinateur français solitaire et taciturne, et la crise identitaire qui en découle. La relation entre ces deux solitudes qui se rencontrent est tissée avec une lenteur tout à fait réaliste tant les deux personnages sont à la fois rassemblés par leurs points communs et séparés par les non-dits et les failles personnelles qui se dressent entre eux. 

    Avec de nombreux plans statiques à l’esthétisme travaillé, « Hiver à Sokcho » se révèle finalement être un petit bijou de mélancolie. Bella Kim est particulièrement juste et touchante dans le rôle de Soo-ha, et on ressent à merveille les émotions qui l’animent sans jamais tomber dans le pathos. On ne peut qu’applaudir la qualité de l’exploration de ce que cela signifie d’avoir un père étranger et inconnu dans une petite ville coréenne, et le rapport de Soo-ha à son corps est travaillé avec finesse. 

    Adapté du livre du même nom de l’autrice franco-coréenne Elisa Shua Dusapin, « Hiver à Sokcho » sortira en salles le 8 janvier 2025, et nous ne pouvons que vous conseiller de foncer découvrir ce petit éclat de beauté hivernale !

    VERDICT

    Pari gagné pour cette nouvelle édition du Festival du Film Coréen à Paris, avec des films d’ouverture et de clôture qui restent certainement en tête. Dans l’ensemble, la programmation de cette année 2024 nous a une fois de plus enchanté et nous a permis de découvrir les facettes, toujours multiples et surprenantes, du cinéma coréen. Nous avons aussi apprécié de pouvoir assister à la cérémonie de clôture, où le film “Citizen of a kind” de Park Young-ju s’est vu décerner le Prix du public et où nous avons pu entendre les prises de paroles de l’équipe du film “Hiver à Sokcho” avant la projection. 

    Nous nous réjouissons déjà de retrouver le festival pour sa 20ème édition l’année prochaine, et en attendant, nous espérons que vous avez fait le plein de films à découvrir !

    Merci au Festival du Film Coréen à Paris pour son invitation

  • JUKEBOX : ATEEZ s’affirment comme les boss de la K-pop avec GOLDEN HOUR: Part 2

    JUKEBOX : ATEEZ s’affirment comme les boss de la K-pop avec GOLDEN HOUR: Part 2

    Pour leur 11ème mini album, la formation de KQ Entertainment revient en fanfare, ou plutôt avec des violons. ATEEZ s’affirment comme les boss de la K-pop avec GOLDEN HOUR: Part 2. Alors, egotrip vain ou retour d’un premier degré assumé ? 

    Couverture de l'album GOLDEN HOUR Pt.2

    ATEEZ ont connu une année 2024 marquée par le succès, de leur tournée mondiale à la viralité de leur chanson “WORK” (voir notre revue instagram ici). Au sommet de leur popularité, les 8 membres semblent plus en confiance que jamais, comme affirmé dans cette interview donnée au site Yahoo

    Ce mini album est le second dans la série des GOLDEN HOUR. La première partie proposait une ambiance détendue et estivale. Le clip de “WORK” faisait la part belle au second degré d’une chanson qui l’était tout autant. Il semble d’ailleurs que depuis quelques sorties, ATEEZ aient délaissé leur storyline complexe pour se concentrer sur du fun à l’état pur. Exit la lutte contre une dictature anti-musique, bonjour la fantaisie et l’égotrip. Il s’agit d’ailleurs de thèmes plus classiques dans le rap en général. 

    On peut regretter la cohérence thématique présente dans les albums des séries ZERO et The World. Mais il est aussi important pour un groupe comme ATEEZ de se renouveler. A noter également que l’équipe de production reste la même que pour les autres albums : Ollounder, Peperoni, EDEN, Maddox, OLIV. Hongjoong et Mingi ont aussi beaucoup de crédits sur les paroles.  Alors, que vaut vraiment ce nouvel opus d’ATEEZ GOLDEN HOUR: Part 2 ? 

    le groupe ATEEZ

    “Deep Dive” : entrée aquatique

    Cet album commence avec “Deep Dive”, un morceau rap qui rappelle les premiers albums d’ATEEZ. Grâce à un son de synthé très aquatique, on se retrouve tout de suite dans l’ambiance de plongeon proposée par le titre. Le pré-refrain est égalisé comme si on l’entendait de loin dans un autre bassin. Les voix sont très produites, avec beaucoup d’effets de reverb, presque métalliques. Les paroles quant à elles évoquent avec mélancolie la vie de quelqu’un enfermé dans des carcans et des devoirs difficilement surmontables. Les membres d’ATEEZ pourraient ainsi faire référence à la vie d’idol

    “Deep Dive” est une entrée étonnante dans l’album. Il n’est pas courant de commencer avec un morceau aussi triste, qui manque un peu de corps pour un premier titre. 

    Photo concept d'ATEEZ au complet

    Mafia & R&B : “Scene 1 : Value” et “Ice On My Teeth”

    Avec ces deux chansons très cohérentes musicalement et thématiquement, on entre enfin dans le cœur de l’album. “Scene 1 : Value” est une intro presque instrumentale. Elle est seulement agrémentée des paroles “les grands esprits se rencontrent / nous seuls avons la vraie vision”. On peut les interpréter comme parlant de l’esprit d’équipe ressenti par les 8 membres d’ATEEZ. 

    Mais le cœur du spectacle, ce sont ces instruments surprenants utilisés pendant les deux morceaux : d’abord une clarinette comme dans “WORK” mais plus sombre, puis un étonnant accordéon. Les mélodies se font latines, rappelant immédiatement l’ambiance de films de mafia comme Le Parrain. En transition parfaite car la tonalité est préservée, on enchaîne sur la title track : “Ice On My Teeth”. 

    Avec sa production minimale très loin de l’épique auquel ATEEZ nous a habitués, “Ice On My Teeth” peut déstabiliser. Le genre musical choisi est le R&B, faisant la part belle au rap et aux envolées vocales de Jongho. La présence d’instruments à corde et le riff de piano du pré-refrain sont bienvenues pour apporter de l’originalité. 

    Côté paroles, on retrouve le goût des jeux de mots dans les raps de Hongjoong et de Mingi. Le refrain, tout en anglais, est aussi minimaliste. Si on peut y trouver de l’humour, il est aussi regrettable que le mot “tennis” y soit répété deux fois. 

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    Le clip s’éloigne lui aussi des poncifs habituels d’ATEEZ. Un seul décor : un manoir luxueux. La chorégraphie est elle aussi un peu minimaliste, offrant peu de “killing moves” comme avait pu le faire “BOUNCY”. 

    Dans un premier degré confondant, les huit membres imitent des mafieux sûrs de leur richesse. La très grande simplicité – voire répétition – des paroles du refrain permet de saisir pleinement le message : ATEEZ sont là pour être des hommes confiants et pleins d’opulence. Un scénario qui n’a rien à envier aux clips de rap français (on peut penser par exemple à SCH). 

    Changements d’ambiance : “Man on Fire”, “Selfish Waltz” et “Enough”

    Après ces deux chansons, ATEEZ reviennent sur d’autres genres musicaux. Funk avec “Man on fire”, Hip-Hop/R&B avec “Selfish Waltz” et pop-rock avec “Enough”, on passe par toutes les ambiances sur cette fin de mini-album. 

    La plus aboutie musicalement de ce trio est “Man on Fire”, qui mixe admirablement les influences latines (raggaeton et brazilian funk) dans un mélange mélancolique qui fonctionne. “Selfish Waltz” aurait pu suivre son titre et être en trois temps pour surprendre, mais son riff de synthé rétro reste en tête. Quant à “Enough”, le morceau le plus chanté de cet album, il ne parvient pas à se démarquer. La faute à une production trop générique à la Imagine Dragons et des paroles attendues sur l’affirmation de soi. 

    Selfie de groupe d'Ateez

    Conclusion : qu’est-ce que ça fait d’être les boss de la K-pop ? 

    Après les sommets de cohérence et de recherche musicale qu’ont été la série The World, ces albums GOLDEN HOUR d’ATEEZ paraissent plus minimalistes. Ici, l’exploration de l’égotrip et de la richesse tombe un peu à plat tant elle est attendue. Peu de chansons parviennent à réellement se démarquer. Restent les performances live de cet album, et la venue prochaine d’ATEEZ en France à La Défense Arena en 2025. Alors, on vous y voit ? 

  • JUKEBOX : Qu’est-ce que ferait Yves ? – I Did

    JUKEBOX : Qu’est-ce que ferait Yves ? – I Did

    Après un début en solo couronné par une réception plus que positive en mai dernier, Yves fait son premier comeback avec I Did, un mini album produit principalement par Millic (fondateur du label d’Yves, Paix Per Mil) et IOAH. On vous dit tout sur ce nouveau projet ! 

    « LOOP » a connu un succès plus que franc – la première title track d’Yves est rapidement devenue une des préférées des Orbits (nom des fans de LOONA) et des Engdus (fans d’Yves). Avec le featuring de Lil Cherry, « LOOP » est devenu, selon les fans de K-pop, un club anthem pour son rythme et sa production house music et UK garage. Mais aussi et surtout, l’EP a été nommé par Billboard comme l’un des meilleurs albums K-pop du premier semestre 2024.  

    Le premier comeback d’Yves est tout aussi prometteur. I Did est à la fois éclectique et cohérent, explorant différents genres musicaux – des influences hyperpop qui rappellent le « Brat Summer » de Charli XCX aux RnB et hip hop de ses producteurs. 

    Lors d’un fansign, votre autrice a pu lui demander de décrire son EP, ce à quoi elle a répondu : « (la sensation d’être) sous une couverture chaude ». Découvrons ensemble l’album d’Yves. 

    couverture article 3

    VIOLA 

    « Viola » est la title track de l’EP I Did. Produite par Millic et IOAH, la chanson commence par une voix presque robotique : « let’s get dumb and break shit » (soyons bêtes et détruisons tout). 

    Les influences bubblegum bass / hyperpop et PC Music sont remarquables par la modulation de la voix lors du refrain chanté dans un registre aigü mais aussi par l’utilisation de bruits presque non-musicaux divers. La basse donne une sensation de bulle ou de balle à rebonds tandis que le synthétiseur est tantôt calé sur la mélodie chantée, tantôt créant leur propre rythme – une inspiration wonky. Le wonky est un genre de musique expérimental basé sur des mélodies de synthétiseurs instables. 

    Yves raconte à travers les paroles une nouvelle partie de son histoire, et montre ainsi ses émotions avec beaucoup de vulnérabilité : « I just need some space / voices in my head / I just need some space » (j’ai juste besoin d’espace / les voix dans ma tête / j’ai juste besoin d’espace).

    Yves traverse le processus de se (re)trouver et d’apprendre à se connaître est fastidieux, causant parfois une envie d’être seul. Avec une performance vocale rêveuse, on imagine l’idol plonger dans son inconscient pour tenter de mieux se comprendre.

    Le MV poursuit cette idée en montrant des plans minimalistes avec des fonds généralement épurés et peu d’accessoires. Cependant, plusieurs objets circulaires sont utilisés, comme des spirales d’Archimède. 

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    Le MV

    La spirale d’Archimède est une ligne droite entourée sur elle-même. Dans la spiritualité, ces spirales peuvent déterminer une partie de notre inconscient. Elles sont associées à l’évolution, à la croissance, aux événements se répétant mais aussi à l’égo. 

    Cette double spirale en feu devient un simple rond lorsqu’Yves se place devant, brisant ainsi un cercle répétitif et mettant fin aux doutes. Le cercle représente l’unité et l’harmonie et, comme il n’a ni début ni fin, il est symbole du renouveau. 

    On aperçoit aussi plusieurs scènes avec une vidéo d’un homme semblant mécontent et un bureau avec des employés. Yves est montrée dans un petit bureau à cloisons, entourée d’écrans montrant l’homme arborant des expressions négatives, initialement enfermée dans un cercle vicieux ; celui de trop prêter attention aux commentaires et exigences des autres jusqu’à ne plus suivre ce que notre cœur désire réellement. Mais à la fin du MV, la chanteuse se libère de cet espace de négativité. 

    I know who I am

    Oh please just stop it

    It’s burning my brain

    You’re melting my chain 

    Je sais qui je suis / S’il te plaît arrête ça / Ça embrouille mon cerveau / Tu fais fondre [mes chaînes]

    Des scènes plus légères mettent en valeur la chorégraphie ainsi qu’Yves qui apparaît dans différentes tenues transmettant un peu plus le sens de « Viola » – notamment un ensemble noir rappelant un tailleur lorsqu’elle est dans un bureau de travail. Ce sentiment d’être coincé est personnifié par Yves, qui se montre fatiguée au début du MV, recroquevillée sur elle-même et sa tête reposant sur ses bras croisés. 

    La chanson autant que le clip sont sujets à de multiples interprétations, rendant le tout d’autant plus intriguant et addictif. « Viola » suit les tendances occidentales tout en apportant de la fraîcheur et une patte personnelle à l’hyperpop. 

    Q : Est-ce que la title track a été créé en pensant aux fans internationaux ?

    Yves : Le groupe (LOONA) ainsi que moi-même avons plus de fans à l’étranger qu’en Corée, je pense que l’agence a pris cela en considération. Le genre hyperpop est assez rapide et a un ton unique, donc cela peut paraître un peu étrange en coréen. Le message que je veux vraiment faire passer dans la chanson a été enregistré en coréen. 

    HASHTAG

    « Hashtag » possède des inspirations RnB et hip hop des années 1990 et 2000, notamment avec une mélodie de piano placée en boucle tout au long du titre. Le titre est introduit par des expirations masculines et une boucle de basse profonde. Le titre rappelle des artistes comme Brandy avec son album Afrodisiac ou certaines chansons telles que « No Scrubs » de TLC

    Avec « Hashtag », Yves exprime une certaine frustration envers quelqu’un qui ne dit pas directement les choses, tourne autour du pot et préfère la « traiter comme une étrangère » plutôt que d’être honnête. Les paroles, écrites entièrement en anglais, montrent l’intérêt d’Yves mais également de ses producteurs 0JV3 et IOAH pour la black music

    Yves a participé activement à la composition notamment en proposant des artistes et chansons qu’elle apprécie à Paix Per Mil afin de produire un EP qui lui ressemble. On retrouve dans sa playlist PinkPantheress, Tyler Lewis ou encore Kelela. 

    « Hashtag » est une b-side surprenante et envoûtante grâce à la performance vocale d’Yves qui expose avec brio ses talents. 

    GONE GIRL 

    Yves a annoncé avec surprise que « Gone Girl » est le titre le plus mentionné par les fans internationaux lorsqu’elle leur demande leur chanson favorite de l’EP. « Gone Girl » nous plonge dans une atmosphère chill, douce et légère avec une production plus épurée et pourtant complète et aboutie. 

    La guitare acoustique avec un effet de reverb et les percussions douces nous donnent une impression de fin de soirée ou de road trip (« Hands on the wheel / Driving on the highway » – « les mains sur le volant / conduisant sur l’autoroute »). 

    La performance d’Yves est pure, vulnérable et brute alors qu’elle affirme laisser dans le passé une relation douloureuse : « I tried to make you love me / But it was all just fake » (« j’ai essayé de te faire m’aimer / mais tout était faux »). Alors, dans une voiture, elle chasse le coucher du soleil et se sent enfin libre et débarrassée de cette relation. Les bruits de pas au début du titre amplifient cette sensation de quitter cette situation. 

    Le titre de la chanson, « Gone Girl », est probablement inspiré du livre de Gillian Flynn qui retrace le parcours d’une femme se faisant passer pour morte afin de fuir sa vie. Dans Gone Girl, la protagoniste détruit son image de femme parfaite en disparaissant afin de se (re)trouver. Sa relation avec son mari et avec elle-même sont toxiques, mais sa manière d’abandonner le passé l’est tout autant. Sans aller jusque là, Yves décide simplement de tourner la page pour son propre bien dans « Gone Girl ».  

    TIK TOK

    « Tik Tok » est un single de pre-release sorti l’été dernier, faisant le pont entre LOOP et I Did. Avec une ambiance très acoustique et détendue, il suit avec brio « Gone Girl », prolongeant non seulement l’atmosphère musicale mais également l’histoire d’Yves. 

    Dans ce titre, Yves fait encore face à une relation compliquée qui lui fait « perdre du temps », car la personne en face d’elle agit « comme un enfant ». Les deux protagonistes sont coincés dans un cercle vicieux les poussant à se battre continuellement. 

    Alors, Yves décide de s’affirmer et place des limites. Elle ne veut plus se sentir lésée et récupérer ses heures perdues, mais aussi arrêter de dépendre de cette personne. Le soleil se lève et Yves part, laissant derrière elle cette relation toxique. 

    « Tik Tok » fait la part belle à l’acoustique avec une conclusion s’étirant sur ce qui pourrait presque être un couplet entier. Mais ce quasi-silence parle de lui-même : il n’y a plus rien à dire. L’ambiance est cinématographique. On s’imagine spectateur d’un film, avec le protagoniste qui marche le long d’une longue route. 

    DIM

    Le dernier morceau de l’EP est un léger virage par rapport au reste des titres, sans pour autant être trop dissonant. Au contraire, l’ambiance de la production reste minimaliste avec des influences trap mais l’ambiance est plus sombre et lourde. 

    « Dim » commence avec un violon presque lugubre tandis que la voix d’Yves parvient à nos oreilles, elle aussi remplie d’émotions et accompagnée par un 808 grave ainsi que des sons de cymbales Charleston plus légers. 

    Les harmonies dans le second couplet ajoutent de la profondeur aux tourments exprimés par le chant. A l’instar de « Tik Tok », le morceau se poursuit par une partie instrumentale faisant elle aussi appel aux émotions de l’auditeur. Le ton est lourd, un peu sinistre mais aussi très cinématographique. Le violon revient crescendo, créant une nouvelle atmosphère erratique, un peu violente et faisant penser à des glitchs

    La conclusion rappelle des titres drum and bass avec ce changement de rythme, mais aussi l’hyperpop avec une sirène retentissant dans le fond. Yves crée un pot-pourri atmosphérique et mystérieux dans « Dim », en faisant une chanson qui bouleverse. 

    CONCLUSION

    I Did est un témoignage de la croissance artistique et personnelle d’Yves. Avec quatre titres exclusifs, Ha Soo-young (de son vrai nom) dévoile une évolution spectaculaire dont on espère qu’elle ne sera qu’exponentielle. En effet, l’idol a dévoilé vouloir participer encore plus au processus créatif de son prochain comeback.

    Pour l’instant, on apprécie les promotions de « Viola » et on attend avec impatience son concert à Paris ce 12 décembre au Bataclan ! 

  • CINÉCLUB :  Une sélection de « Strangecuts » axée sur la peur au Festival du Film Coréen 2024

    CINÉCLUB :  Une sélection de « Strangecuts » axée sur la peur au Festival du Film Coréen 2024

    Les Strangecuts du Festival du Film Coréen de 2024 ont été un condensé de créativité coréenne sous forme courte ! Ces courts-métrages, créés par des artistes en développement, présentent une variété de genres et de points de vue. En seulement quelques instants, laissez-vous emporter par des mondes captivants, explorez des récits inédits et immergez-vous dans l’authenticité de la culture coréenne moderne.

    Cette année lors de la projection des Strangecuts, l’équipe du Festival du Film Coréen à Paris avait invité trois réalisateurs dont les films nous ont été présentés : LEE Jinseok (Kangaroo Boy), KIM Gury (Fish in a shattered world) et CHANG Wooje (Bring me the head of a smiling pig), et avec lesquels nous avons pû échanger en fin de séance.

    On vous présente les 8 oeuvres programmées pour la sélection de cette année :

    The Monster de YANG Ruby et KIM Bomin

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    • Année de production : 2024
    • Durée : 5 minutes
    • Genre : Film d’animation

    Synopsis : Trois jeunes scouts se racontent des histoires qui font peur dans une cabane en forêt quand une créature toute choupi mignonne tombe du plafond.

    L’avis de Claire → La séance a commencé en douceur avec un film d’animation axé plutôt jeune public , qui nous présente trois jeunes scouts se racontant des histoires d’horreur dans leur chambre sous la lumière d’une lampe torche. Tout à coup, une adorable petite créature tombe du plafond et les jeunes filles décident de la nourrir, ce qui fait petit à petit grossir la créature… Un premier choix de film intéressant, puisque jusqu’au plot-twist final, on se demande pourquoi il a été ajouté à la sélection tant chaque plan respire la mignonnerie et l’enfance.

    Sound of the Divine Bell de HWANG Jieun

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    • Année de production : 2024
    • Durée : 29 minutes
    • Genre : Horreur

    Synopsis : Après quatre années de formation religieuse, Susanna attend avec impatience sa cérémonie de vœux qui aura lieu dans trois jours. Cependant, quelque chose cloche autour d’elle. Pourra-t-elle assister à la cérémonie sans problème ?

    L’avis de Claire → La sélection alterne film d’animation et film en prise de vue réelle, ce qui est le cas de ce second film. On entre sans préambule dans un couvent de nonne, en plein milieu d’une messe jusqu’à ce que la Mère Supérieure annonce l’arrivée d’une nouvelle nonne : Soeur Susanna. Dès son arrivée au couvent, elle doit partager sa chambre avec une autre nonne, qui est proche de la retraite. À partir de ce moment-là, tout bascule pour la jeune arrivée. C’est un film assez perturbant qui mélange démence et religion avec des phases de cauchemars et d’hallucinations, jusqu’à perdre complètement le spectateur, qui ne sait plus discerner réalité et cauchemar. Un très bon film pour les amateurs de films psychologiques.

    Walking Trail de LEE Heywon

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    • Année de production : 2024
    • Durée : 7 minutes
    • Genre : Film d’animation

    Synopsis : En se réveillant d’une sieste dans un parc en pleine averse, Jo, une jeune grenouille, s’aperçoit que son petit frère Gigi a disparu. Il ramasse alors un autre têtard en chemin. Sa mère n’y verra probablement que du feu…

    L’avis de Claire → Un film d’animation totalement loufoque où l’on suit Jo, une jeune grenouille qui parle avec la même voix que les habitants d’Animal Crossing. Celle-ci décide de ramasser un têtard inconnu pour remplacer sa petite sœur, qu’elle a perdu à la suite d’une averse. On assiste également à un conflit entre les grenouilles civilisées (qui sont habillées) et les grenouilles sauvages (qui sont nues). Un film ressenti comme un trip sous acide mais qui détend parfaitement l’atmosphère entre deux films d’horreur.

    Bring me the head of a smiling pig de CHANG Wooje

    • Année de production : 2024
    • Durée : 23 minutes
    • Genre : Drame

    Synopsis : Daeho est grand, une force de la nature. Pourtant, il est impuissant à trouver une tête de porc qui sourit assez pour le Directeur du Musée d’Art d’Ilsung.

    L’avis de Claire → Un film sur la peur du regard des autres et sur  la folie humaine, qui nous plonge dans un musée d’art contemporain au patron complètement dérangé, qui souhaite exposer une tête de cochon qui sourit. C’est Daeho qui est chargé de trouver la tête de cochon coupée la plus souriante de Corée du Sud, ce qui le plonge petit à petit dans la folie la plus totale. Le réalisateur a dit s’être inspiré de ses expériences réelles, notamment lorsqu’il était à l’armée pour son service militaire. Un film assez psychologique qui dénonce la nature humaine et la peur profonde du regard des autres, une peur assez présente chez les jeunes en Corée du Sud.

    Fish in the shattered world de KIM Gury

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    • Année de production : 2024
    • Durée : 7 minutes
    • Genre : Animation

    Synopsis : Après le chaos, au cœur d’un monde ravagé par les zombies, il ne reste plus qu’une maigre lueur d’humanité dans les décombres : une femme et… son poisson.

    L’avis de Claire → Dans ce film d’animation, le monde a été envahi par un virus transformant les humains en zombies. Il ne reste qu’une seule survivante, qui s’est réfugiée dans un aquarium lorsqu’elle a réalisé que les zombies ont…peur de l’eau. A nouveau, c’est un film qui traite de cette fameuse peur du regard des autres, associée cette fois à celle du monde du travail, dénoncée au travers d’un court flashback de deux minutes au milieu  du film. 

    Flicker de OH Daeun

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    • Année de production : 2024
    • Durée : 14 minutes
    • Genre : Thriller

    Synopsis : Trois amis font de l’urbex (exploration urbaine) mais vont découvrir des choses pour le moins inquiétantes…

    L’avis de Claire → Le premier film de 2024 qui met au cœur de son intrigue le réseau social Tiktok. Dans ce shortcut, on découvre un trio de lycéens passionnés d’urbex, qui décide d’entrer dans un bâtiment abandonné pour y filmer un SDF, dans le seul but de se faire peur et faire le buzz sur Tiktok. Mais une fois au sein du bâtiment, tout déraille et les trois amis se rendent compte trop tard du piège dans lequel ils sont tombés. Le film est angoissant  du début à la fin, notamment lié à l’enchaînement de décisions stupides prises par le leader du trio, qui souhaite faire grossir son audience Tiktok. Le film dénonce ouvertement l’idée de la “course aux likes et abonnements” que l’on peut trop souvent voir sur les réseaux sociaux et qui poussent les jeunes à penser à des défis de plus en plus dangereux pour créer de la viralité.

    Kangaroo Boy de LEE Jinseok

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    • Année de production : 2024
    • Durée : 14 minutes
    • Genre : Horreur, Suspens

    Synopsis : Frustré après cinq ans de vaines recherches d’emploi, il décide de devenir un homme de la tribu des Kangourous et de vivre dans la poche ventrale de son père.

    L’avis de Claire → Un film d’animation aux images très perturbantes, où un fils décide de s’allier à un médecin étrange pour retourner vivre dans le ventre de son père, afin de ne plus subir la pression de la société à cause de son chômage prolongé. C’est le troisième film de la sélection qui porte sur la peur du regard des autres, et le deuxième qui traite de la peur et/ou du rejet du monde du travail. Le film pousse à la réflexion sur l’importance de “couper le cordon” (de manière littérale dans le film) avec ses parents pour apprendre à voler de nos propres ailes. C’est un film qui rebute  visuellement autant qu’il questionne psychologiquement, incarnant la parfaite définition du “body horror” (le body horror est un sous-genre du cinéma d’horreur qui va pousser le plus loin possible la métamorphose des corps jusqu’à perdre tout lien avec le naturel.)

    The Nightmare de HAN Seung-won

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    • Année de production : 2023
    • Durée : 19 minutes
    • Genre : Horreur

    Synopsis : Yu-jin, 9 ans, rêve tous les soirs qu’elle se fait maltraiter par une troupe de cirque. Son frère Yu-Ho lui conseille de se battre contre ses ennemis comme une guerrière. Entre réalité et rêve, Yu-jin devient chaque nuit plus forte.

    L’avis de Claire → Pour le dernier film de la sélection, on termine sur un film en prise de vue réelle et qui revient dans le monde de l’enfance, en mettant en scène Yu-jin qui a le même cauchemar tous les soirs, et Yu-Ho, qui cherche à trouver un moyen de l’aider. C’est un film inspirant qui nous propose, comme à Yu-jin, de vaincre ses traumatismes d’enfance pour aller de l’avant et devenir plus fort. Comme un jeu vidéo, le cauchemar de Yu-jin se découpe en trois niveaux, représentant chacun un traumatisme spécifique de sa vie d’enfance (harcèlement scolaire, parents violents…) Le spectateur, comme Yu-Ho, espère après chaque cauchemar que Yu-jin ne se réveille pas en sursaut et qu’elle fasse une nuit complète. Le film nous propose également une très belle relation entre deux frères et soeurs, faisant des parents des personnages quasi-tertitaires. Une conclusion beaucoup moins sanguinolente de ces Strangecuts d’Halloween, qui propose une vision de l’horreur bien plus réelle : les traumatismes liés à l’enfance.

    Les Strangecuts 2024 ont présenté un aperçu fort et audacieux de la créativité coréenne sous un format succinct mais fascinant. Cette collection de courts-métrages, qui englobent l’animation, les récits psychologiques et l’horreur, a exploré des sujets aussi variés que le regard des autres, les contraintes sociétales et les traumatismes liés à l’enfance. Les spectateurs ont eu l’opportunité de découvrir des univers fascinants, simultanément perturbateurs et esthétiquement audacieux, qui traduisent les préoccupations et les rêves de la société coréenne contemporaine.

  • JUKEBOX : Le DREAMSCAPE de NCT Dream, une escapade en douceur au pays des rêves

    JUKEBOX : Le DREAMSCAPE de NCT Dream, une escapade en douceur au pays des rêves

    Après avoir sorti DREAM()SCAPE en mars dernier, NCT Dream fait son comeback de l’autre côté du rêve avec l’album DREAMSCAPE. Un titre qui semble similaire, mais un album qui ne peut être plus différent : découvrons la subtilité derrière ces parenthèses. Dans ce 4ème full album, le groupe propose un projet ponctué par la mélancolie et la sublimation de nos torpeurs dans un monde onirique. Forts de leur univers bien construit, NCT Dream passent des doutes à l’assertivité dans un nouveau chapitre de leur carrière. C’est avec douceur et complaisance que nous analysons cet album plein de charme.

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    Alors que Dream terminent leur tournée mondiale The Dream Show 3 par l’Europe, c’est avec beaucoup d’attente et d’engagement que les NCTzens français.es ont accueilli ce 4ème opus. Si on les connaît pour leurs thématiques positives et leurs odes à la jeunesse, il semble que les membres grandissent et vieillissent simultanément que leur fans en abordant désormais des aspects plus complexes de nos émotions. Mark l’explique très bien dans son interview pour Apple Music, DREAM()SCAPE et “Smoothie” avaient un univers bien sombre s’apparentant aux mauvais rêves, aujourd’hui NCT Dream entrent dans une nouvelle ère plus apaisée, les parenthèses disparaissent pour laisser littéralement les membres entrer dans le paysage de “beaux” rêves auquel ils aspirent. (“It explains how we actually went into the world we were looking for, through the brackets”).  

    INTRO : DREAMSCAPE

    Introduction de l’album DREAMSCAPE

    L’ouverture d’un album est primordial tant il introduit l’univers dans lequel l’auditeur va se trouver. Nous sommes particulièrement ravis de la présence d’une intro en ce sens. Avec l’album DREAMSCAPE, on observe une structure et des chapitres définis. L’album s’écoute d’abord dans l’ordre et nous plonge d’un un nouveau monde propre au projet. Comme ils le disent “welcome to my new world” (bienvenue dans mon nouveau monde), un monde du rêve en contraste avec le cauchemar emprisonné de DREAM()SCAPE dont les sonorités étaient beaucoup plus sombres. L’introduction nous emporte directement chez NCT Dream grâce à un morceau EDM-pop dont on comprend vite l’inspiration PC Music et SOPHIE grâce aux samples glitch et électroniques tout du long. Les mélodies de voix restent cependant très codées NCT Dream et leur identité s’entend parfaitement entre deux arrangements.

    La dernière partie de l’intro laisse entendre une sorte de pont sans chant avec juste une production hyperpop à notre sens très bien mixée grâce aux talents de Pontus Petersson, un producteur / mixeur / ingénieur musical suedois. Un parfait mélange de douceur et d’étonnement qui nous plonge dans une ambiance angélique grâce aux voix des membres qui s’enchaînent à la perfection, chacun y trouve son compte.

    TITLE TRACK : When I’m with you 

    MV de la title track de NCT Dream : « When I’m With You », 11 novembre

    L’intro de l’album se termine pour transitionner parfaitement avec la title track puisque le nom de cette chanson est prononcé dans les paroles. De nouveau, des sonorités douces et enchanteresques s’offrent à nous dès le début avec une entrée en matière directement dans le refrain, une nouvelle pour NCT Dream qui nous étonne par la structure même du morceau. C’est sur une instrumentale disco-pop et une chorégraphie fraîche que le groupe entre dans leur nouvelle ère en opposition à “Smoothie”. On pourrait croire à un comeback de ZEROBASEONE ou de NCT à l’époque d’”Hello Future” où divers éléments pop sont présents dans la production mais aussi dans le clip.  Ce dernier les montre par exemple dans des décors extérieurs très colorés poursuivis par des grandes pièces de puzzle.

    Un train à grande vitesse vers le rêve ?

    Musicalement comme visuellement, les membres sont dans un train à grande vitesse vers un autre univers où tout semble possible et tout semble être un rêve. Si vous avez vu la série The Good Place, on pourrait aisément rapprocher les deux esthétiques. Les couplets et les refrains sont entraînants et dansants, et comme à leur habitude c’est un pont légèrement plus profond porté par Chenle, Renjun et Haechan qui vient mettre la cerise sur le gâteau. C’est avec ce pont qu’on atteint le moment charnière du clip et du titre où les membres semblent avoir fait dérailler leur train pour aisément s’en sortir et être libéré. Le dénouement nous montre Jaemin qui se réveille de ce qui était probablement juste un rêve depuis le début. 

    La chanson, en partie écrite par Mark, est une incitation au bonheur, à la réussite et à l’appréciation de l’autre, ce “you” (toi) qui représente le rêve, la douceur et qui ne fait que ressortir le meilleur du protagoniste. Il s’agit d’un poème dirigé vers l’être aimé qui devient le rayon de soleil et la raison pour laquelle notre coeur bat et qui ne peut s’exprimer uniquement par des mots car en effet “les mots leur manque pour exprimer ces sentiments dans lesquels (ils) nagent”. C’est en réalité une chanson légère et romantique, qui associe l’amour à un rêve, et nous nous rêvons avec eux.

    Flying Kiss (pre-release)

    Sortie quelques jours avant l’album, “Flying Kiss” a écopé d’un clip.  Avec Haechan à l’écriture, on retrouve son charme dans les paroles séduisantes qui envoient tout simplement de l’amour et des baisers à l’autre. L’instrumentale qui l’accompagne utilise des percussions douces et une mélodie dansante. Les couplets ont un tempo lent, assez romantique et estival. On imagine bien une atmosphère douce et chaleureuse, comme on la voit dans le clip. Toujours dans l’univers du rêve coloré, NCT Dream rayonnent dans un genre dans lequel ils excellent. Les couplets ont une dimension parfois sensuelle grâce aux voix des membres qui jouent avec des intonations charmeuses. Le refrain est entraînant, la note de fin sur le mot “kiss” est satisfaisante. C’est sans aucun doute le son d’Haechan et Chenle, toutefois on apprécie aussi le fait que Mark chante davantage et montre une autre couleur de son timbre. La chanson reste toutefois, à notre sens, assez classique et moins marquante que peuvent l’être d’autres morceaux du groupe. Les mélodies sont agréables mais il manque encore peut-être une topline ou des accords percutants à notre goût.

    Les b-sides 

    i hate fruits

    Le titre de ce morceau nous a d’abord intrigué par son humour et son absurdité de “détester les fruits”. À quoi cela pouvait-il bien faire référence, et surtout quel serait le genre musical utilisé ? Écrite par Mark, “i hate fruits” (tout en minuscule) est une chanson pop triste qui se rapproche par moments à du rock (très) doux, et par d’autres à de la bedroom pop. On apprécie notamment l’omniprésence de la mélodie de guitare et cette introduction écriée par Jeno et Mark dont les timbres sont mis en valeur par la technique vocale utilisée. Cette entrée en matière dans la chanson laisse entendre des émotions à vif, chantées presque  théâtralement. Mark nous dit “i need a doctor” (j’ai besoin d’un docteur) alors que ses sentiments le rendent malade.

    Une métaphore fruitée absurde

    La comparaison des émotions avec les fruits opère un véritable contraste entre la souffrance que les premières procurent et la douceur des seconds. C’est ainsi que les sentiments laissent un goût parfois sucré, mais aussi doux-amer dans la bouche (“Like a grapefruit mix sweet and sour” – comme un pamplemousse, mélange le sucré et l’amer). C’est tantôt dans la complaisance de notre propre tristesse, tantôt dans la confrontation entre colère et amour que les paroles tentent d’exprimer cette complexité sous une apparente légèreté. La force des paroles de Mark tient dans la subtilité des comparaisons et métaphores choisies qui permet de sublimer des émotions tumultueuses intangibles par une imagerie triviale. Si l’amour est “super sweet in my mouth” (très doux en bouche), il n’en reste pas moins chaotique car l’amoureux “tryna to hate you” (j’essaye de te détester) en n’y parvenant pas, tout simplement car à la fin ils concluent “I’ll never hate you” (je ne te détesterai jamais). 

    Un titre « super sweet » offert par Mark

    C’est avec une douce transition avec l’introduction que Jisung chante en voix basse, mais aussi que les chanteurs proposent un chant parlé des plus agréables à l’oreille. Si on déteste les fruits, on adore pourtant la douceur de leurs voix. Haechan et Chenle nous prouvent ici leur versatilité, Renjun le fait dans le second couplet. Le refrain est comme le goût des fruits qu’il évoque, à savoir “super sweet” et addictif et sa structure en deux parties nourrit la satisfaction que l’on a à écouter le morceau. Si la première partie en choeurs est portée par Mark dont la voix nous touche particulièrement, la seconde est beaucoup plus mélodieuse portée par les chanteurs qui alternent les uns après les autres. C’est à notre sens un des meilleurs refrains de NCT Dream, dans l’album DREAMSCAPE mais aussi dans le discographie. De même qu’ils proposent un pont efficace, avant de conclure le titre comme il avait commencé : par une mélodie de guitare qui ferme la boucle. Vous l’aurez compris il s’agit d’un de nos coups de cœur.

    No Escape 

    Alors que le morceau commence directement avec une voix robotique qui scande “anxiety keeps coming for me” (l’anxiété ne fait que me poursuivre), on sent déjà l’étau se resserrer. En effet, le titre dit littéralement qu’il n’y a “pas d’échappatoire”, et on comprend bien vite que le titre fait référence aux sensations qui deviennent parfois même physiques en réponse à l’angoisse. Dans la continuité de “i hate fruits”, “No escape” fait rejoindre le fond et la forme dans le sens où le beat et la production procurent un sentiment littéral d’anxiété par les accords saccadés, les samples electro deep, les voix remixées et les flows utilisés. Jeno et Mark arrivent percutants dès le début du morceau, là où  Haechan et Renjun les suivent pour un contraste mi angélique – mi horrifique. Il semble que l’on reprenne l’histoire de DREAM()SCAPE là où elle s’était arrêtée: dans le cauchemar qui cette fois-ci devient réalité “My nightmare became reality, there is no escape” (mon cauchemar est devenu une réalité, il n’y a aucun échappatoire). L’anxiété quand elle est vécue est comparable à un cauchemar dans lequel nous sommes enfermés, tout comme nous sommes enfermés par ce refrain entraînant presque entêtant. 

    Mention spéciale au falsetto de Haechan en second couplet, mais aussi à Jisung dont les progrès vocaux sont à noter, tant dans son chant que dans ses chuchots. Les modulations de voix sont assez efficaces pour donner tout son effet préoccupant à la chanson qui est, elle aussi, dans nos coups de cœur.

    Best of Me

    Best of Me” est encore une chanson en partie écrite par Haechan, qui a l’occasion de montrer de nouveaux talents sur ce projet. Dans une ambiance très aérienne, presque sci-fi, on imagine bien ce titre dans un film ou dans un jeu vidéo fantasy. Il y a une réelle accentuation sur la production musicale et probablement la performance plutôt que sur les mélodies de voix. Il y a également un contraste intéressant entre la mélodie principale au tempo plutôt lent et les percussions caisse plus rapides. Le refrain scandé en chœur renforce cette ambiance sci-fi, conférant au morceau un aspect très construit et complet qu’on valide. Les paroles suivent la tendance de sublimation des émotions dans la mesure où elles assurent que l’autre personne aimée lui permet de tirer une meilleure version de soi-même. Ils nous évoquent le fait de dépendre de l’autre, mais sans que cela soit un problème. C’est tout simplement une chanson d’amour à autrui qui peut sembler dramatique par l’intensité de la relation, mais qui est en réalité très florissante.

    YOU (숲)

    Dès la première écoute, nous avons été marquées par cette sublime introduction de basse électronique qui s’accompagne ensuite rapidement des voix bien plus douces et suaves de Jisung et Jeno. Si le morceau semble essentiellement pop, on perçoit toutefois des influences de rock doux tout à fait appréciables, là où le premier refrain de Chenle et Haechan fonctionne parfaitement bien. L’enregistrement et mixage final de ce morceau sont à notre sens assez parfait puisque les voix de chaque membre sont mises en valeur. Tout le monde chante sur un refrain, dont la rapline qui nous impressionne. C’est avec le cœur battant la chamade que nous écoutons Mark chanter et partager autant d’émotions.

    Le morceau se dote d’une structure très théâtrale et nous fait penser à une comédie musicale classique grâce à un changement de rythme et de dynamique sur la deuxième partie. Les ad-libs et les phrases parlées accentuent cet aspect art dramatique. La mélodie finale est encore très onirique, très NCT Dream et très DREAMSCAPE. Cette chanson représente typiquement l’album DREAMSCAPE à notre sens, d’autant plus qu’elle raconte littéralement un rêve, “몇 번을 반복한 같은 꿈속에 난” (je suis dans le même rêve qui se répète plusieurs fois), “Know I’ll find you / Just to feel close to you” (je sais que je te trouverai -ndlr : dans le rêve qui est réalité-, pour me sentir proche de toi)”.  

    하늘을 나는 꿈 (Heavenly)

    Si le titre coréen évoque le rêve dans le ciel, on comprend vite que “Heavenly” suit cette thématique positive du rêve, du ciel et du paysage paradisiaque. Cette positivité et cet élan de vie s’entend directement dans le refrain type chorale des membres qui répètent le titre. Il semble qu’il y ait des inspirations des techniques vocales du gospel, en plus de reprendre une instrumentale pop. C’est une chanson qui reprend typiquement l’identité de NCT Dream, avec une chaleur hivernale et des accords de notes faciles à écouter. Si vous êtes adeptes des harmonies vocales et des ad-libs comme nous le sommes, “Heavenly” en regorge de très jolies. Si on a dit plus tôt que “Best of Me” avait une production forte par rapport aux voix, avec “Heavenly” ce sont justement les voix qui portent le son. L’album DREAMSCAPE prouve que NCT Dream excelle dans plusieurs formats.

    Night Poem 

    “Night Poem” continue l’aspect très aérien et onirique de l’album, et elle est en réalité une de nos favorites. Les chanteurs rayonnent dans ce type de mélodies et de sonorités, on pense notamment à Haechan qui ouvre le premier couplet d’une voix très claire. NCT Dream nous ouvre les portes de ce DREAMSCAPE espéré.

    Le titre est satisfaisant, même addictif grâce aux nouvelles harmonies que les membres chantent dans une mélodie quaternaire (심장 burn /박동은 run /뭐랄까 뭐라고 / 말을 할까”, – estomac noué, coeur qui bat, que dois-je dire, que dois-je dire?). C’est dans le pré-refrain qu’on entend alors Chenle harmoniser avec Mark puis Jisung, leurs voix se complétant parfaitement. De cette alchimie se poursuit le refrain en deux temps, dont une partie très douce par Renjun que l’on peut facilement chanter à l’unisson. La douceur de cette chanson à la fois dans l’instrumentale mais aussi dans les paroles qui évoquent les premiers émois dans l’intimité émotionnelle d’une soirée étoilée. C’est avec réconfort et apaisement que l’on écoute “Night Poem”. De nouvelles harmonies de Renjun et Jeno puis Renjun et Jaemin nous réchauffent le cœur et les oreilles, après que Chenle ai chanté probablement un des meilleurs couplets de l’album. On écoute “Night Poem” en boucle. 

    Off the Wall 

    NCT Dream savent aussi faire de la disco-pop, et ils le prouvent avec “Off the Wall” qui nous surprend par sa “funky vibe” non sans rappeler sa soeur “Better Than Gold” présente dans leur deuxième album Glitch Mode. Si les chanteurs principaux brillent dans ce type de son comme ils nous l’ont déjà prouvé, les autres membres sont également très efficaces, on pense à Jeno et Jisung qui prennent leurs parties d’animateurs de foule à cœur. En effet, ils invitent leur public à se lever et danser avec eux, et on imagine parfaitement ce titre performé sur scène. 

    Le refrain est efficace et frais, donne envie de danser. Ce n’est pas sans nous rappeler une chanson pop de film musical américain, et on adore ça.

    Rains in Heaven 

    C’est avec une chanson déjà connue des NCTzens que l’album DREAMSCAPE de NCT Dream se termine. Single anglais sorti l’été dernier, “Rains in Heaven” est un titre pop classique que les fans français.es ont pu entendre lors de leurs deux derniers concerts à l’adidas arena. Si à titre personnel, nous n’avions pas eu de coup de cœur pour ce morceau à sa sortie, force est de constater que sur scène il est devenu plus plaisant à nos yeux. En effet, la chanson a une mélodie efficace qui nous semble toutefois un peu trop lisse et simple pour qu’elle nous marque. On regrette le caractère assez générique du son qui peine à rivaliser avec “Broken Melodies”. Note positive pour ce track : les falsetto des membres qui enchantent nos oreilles et dont on ne pourrait se lasser.

    VERDICT

    Ce 4ème album DREAMSCAPE est un concentré de ce que NCT Dream sait faire de mieux: faire de la musique pop positive avec de belles harmonies et techniques vocales. Leur univers onirique et poétique est mis en lumière par une setlist harmonieuse et délicate qui rend compte de la complexité des émotions humaines tout en les sublimant. DREAMSCAPE est à ce jour un de nos projets préférés du groupe qui sait se renouveler et montrer une belle évolution artistique, tout en gardant son identité. 

  • JUKEBOX : SUNGJIN nous partage son introspection dans 30

    JUKEBOX : SUNGJIN nous partage son introspection dans 30

    Les My Day (fans de DAY6) l’attendaient depuis son retour du service militaire en septembre 2022 : Sungjin nous a fait le plaisir de sortir son premier album solo, 30, le 5 novembre 2024.

    Avec cet album, le leader de Day6 est donc le dernier membre du groupe à sortir son projet solo, qui se nomme 30 car toutes les chansons ont été écrites avant ses trente ans. Composé de 10 morceaux, c’est « Check Pattern » qui a été choisie en tant que title track de l’album.

    Sur le devant de la scène depuis les débuts de Day6 en 2015, Sungjin a toujours participé activement à la création de la discographie du groupe. C’est donc sans surprise que le chanteur est crédité en tant qu’artiste principal, compositeur et parolier sur l’intégralité de la tracklist.

    Sungjin 30 album cover

    Connaître le contexte de ces dernières années est important pour mieux comprendre la profondeur des textes de Sungjin et l’impact de cette sortie.

    En mai 2020, Sungjin prend une pause dans  ses activités, sa santé mentale s’étant dégradée au fil des années et étant désormais incapable de performer. Une véritable inquiétude se forme alors au sein des My Day, qui pensaient à l’éventualité que Sungjin décide  de ne pas revenir. Il faudra attendre février 2021 pour qu’un nouvel album de Day6 soit annoncé, le groupe au complet, un premier souffle de soulagement pour les fans. Ce dernier fût de courte durée puisque Sungjin annonce son engagement au sein de l’armée afin d’effectuer son service militaire obligatoire le 16 février, repoussant d’au moins un an et demi la possibilité de le voir remonter sur scène.

    C’est finalement fin 2023, suite au retour de tous les membres, que le groupe tient son premier concert en quatre ans. Sungjin monte sur scène malgré sa peur de ne plus pouvoir chanter et enflamme la salle. La sortie de son album solo est une énième victoire : il atteint la première place du classement « Overall Artist » de Melon, la principale plateforme de streaming coréenne. Le constat final est clair : l’attente en valait la peine.

    Covered in Love

    Sungjin ouvre l’album en beauté avec « Covered in Love », une ballade pop rock accompagnée d’un piano lui donnant une sonorité nostalgique. Dans ce morceau, Sungjin fait état du changement de vision de la vie en grandissant. Avec nos yeux d’enfants, on ne voit que le positif, on pense que le monde n’est qu’amour. Le titre coréen « 동화 속 아이처럼 » illustre parfaitement cette idée, signifiant « Comme un enfant dans un conte de fée ». En prenant de l’âge, on perd notre innocence pour finalement comprendre que notre vision est erronée. La vie d’adulte, c’est aussi du chagrin, du stress, des incompréhensions… La réalité est loin de nos rêves juvéniles.

    Check Pattern

    La deuxième piste de l’album est la chanson-titre « Check Pattern », pour laquelle un clip a été publié sur YouTube. « Check Pattern » est une ballade rock composée essentiellement d’un piano et d’une guitare acoustique. Les paroles sont porteuses d’espoir : nous sommes faits pour être ensemble, alors nous finirons par nous retrouver.

    Le clip raconte l’histoire d’un homme et d’une femme, que nous suivons sur différents tableaux au cours de leur vie. Leurs chemins se croisent sans arrêt au fil des scènes tel un échiquier : ils ne sont jamais au même endroit au même moment. Leur histoire est en réalité un tournage, dont Sungjin incarne le réalisateur.

    I don’t wanna do anything

    « I don’t wanna do anything » est un morceau indie pop, composé principalement d’une guitare et d’un synthétiseur. Le rythme s’accélère jusqu’à une explosion de sons au dernier refrain. Les paroles rappellent l’histoire de « Zombie », title track de l’album The Book of Us: The Demon de Day6, sorti en 2020. Dans « Zombie », les paroles expriment la difficulté de vivre dans un monde qui nous pousse à toujours vouloir plus, faire plus, voir plus, aller plus vite… « I don’t wanna do anything » reprend cette thématique.

    « Zombie »

    J’ai l’impression d’être devenu un zombie

    Je ne suis plus en vie, mais je marche encore

    Quand le soleil se lèvera sur moi

    J’attendrai que le jour passe

    « I don’t wanna do anything »

    Toute la journée, en rêvassant

    Allongé dans le lit

    Avec quelque chose dont je ne me soucie pas

    Jouant en arrière-plan

    Actuellement, je regarde à travers la fenêtre trempée par la pluie

    J’ai l’impression de regarder quelque chose

    Tout est flou

    Des choses qui ne changeront jamais

    Nowhere You Are

    « Nowhere You Are » se distingue du reste de l’album grâce à ses riffs de guitare électrique pour une ballade rock au rendu nostalgique qui met en avant la voix rauque du chanteur. Sungjin fait part de ses sentiments après avoir revu une personne de son passé, qui avait quitté sa vie. Il la remercie de l’avoir aperçue le temps d’un instant et lui partage son regret de ne pas l’avoir suffisamment aimée lorsqu’elle était là. Ainsi, Sungjin fait comprendre à ses auditeurs de profiter de l’instant présent avec les personnes qui nous sont chères.

    as always

    « as always » est le titre préféré de votre rédactrice. De son titre coréen « 나무는 결국 겨울을 견뎌낼 거야 » (« Les arbres finiront par survivre à l’hiver »), c’est un véritable moment d’espoir que nous offre Sungjin. La guitare acoustique en fait un morceau chaleureux et réconfortant. Les paroles sont une métaphore : il reste fort dans les moments difficiles avant d’aller mieux, comme un arbre qui attend le printemps pour fleurir à nouveau.

    Cette chanson fait écho à 2020, lorsque Sungjin a fait une pause en raison de sa mauvaise santé mentale. Il a pris le temps d’aller mieux avant de revenir, d’abord pour Day6 en 2021, puis pour nous offrir cet album quatre ans plus tard. C’est une chanson au message optimiste : malgré les difficultés, il faut s’accrocher pour réussir à passer au-dessus. La peine, la douleur, le deuil… nous les vivrons de nouveau, mais ce n’est pas une fin en soi. Le printemps arrivera toujours après l’hiver et le soleil brillera de nouveau. Une chanson qui tombe à pic pour la saison, nous aidant à passer les jours froids et sombres en attendant le retour du soleil.

    Wednesday Night

    « Wednesday Night » est la seule chanson que nous connaissions déjà avant même l’annonce de l’album. En effet, Sungjin l’a chanté lors du fanmeeting de Day6 I Need My Day en juin dernier, alors que chaque membre performait un de ses solos. C’est l’une des rares chansons joyeuses de l’album, ajoutant une touche de légèreté au cœur d’un album si profond. Ici, Sungjin exprime son affection pour l’être aimé, expliquant que le mercredi soir est un moment qu’il attend impatiemment pour le retrouver et passer un moment ensemble.

    EASY

    « EASY » est la chanson la plus entraînante de l’album, grâce à son arrangement rétro entre city pop et pop rock, qui nous rappelle les chansons des années 1990-2000. Ici, Sungjin exprime sa volonté d’enfin trouver le bonheur, alors que la douleur teinte sa jeunesse. Les paroles sont également le reflet de ses réflexions personnelles, de son introspection sur la raison de son malheur. Il explique qu’il sait qu’il n’est pas une personne « simple », qu’il ne se soucie de rien, pas même de lui-même, et liste une partie de ses réflexions. Pour la personne privée qu’est Sungjin, du moins en tant que personnage public, ce passage est d’une vulnérabilité et d’une sincérité inattendues, comme s’il nous avait partagé un passage de son journal intime. Il cherche cependant une solution afin d’aller mieux, d’enfin être heureux après des années de souffrance.

    You Wake Me Up

    Véritable déclaration d’amour pour ses fans, Sungjin décrit « You Wake Me Up » comme sa chanson préférée de l’album. C’est une lettre ouverte à toutes les personnes qui l’ont soutenu depuis son début en 2015, les My Day, qu’il considère comme sa source d’énergie.

    Même quand je me suis effondré, tu as toujours cru en moi

    Ce que tu représentes pour moi

    Je le transmettrai à travers cette chanson

    « You Wake Me Up » commence en douceur, une mélodie calme au piano accompagnant la voix de Sungjin. L’intensité augmente au fur et à mesure que les secondes passent, transcrivant les émotions que le chanteur ressent. Sungjin finit en remerciant les fans, comme un dernier mot qu’il voulait nous adresser avant le dernier refrain.

    I don’t wanna lose

    « I don’t wanna lose » est une ballade rock dans laquelle Sungjin laisse entendre aux  auditeurs la vision qu’il avait de lui-même lorsqu’il était plus jeune. C’est un aperçu sombre dans une période trouble de sa vie. Quant aux paroles, elles sonnent telle une lettre qu’il écrirait au Sungjin d’il y a quelques années, dans laquelle il lui dit qu’il aimerait qu’il soit lui-même, qu’il n’a pas à se cacher, qu’il se rendra compte un jour qu’il n’est pas anormal, juste différent. « I don’t wanna lose » décrit parfaitement ce que beaucoup d’entre nous ressentons en grandissant.

    Memories

    L’album se conclut avec « Memories », une chanson remplie d’émotions retranscrites par le piano et les instruments à cordes. Sungjin y raconte l’histoire d’une relation passée qui s’est terminée, d’une personne qu’il a perdu, alors qu’il trouve des souvenirs des moments passés avec elle. Il exprime son regret de ne pas s’être laissé ressentir ses émotions lorsque la relation a pris fin, ses tourments revenant le hanter des années plus tard. On dit que le temps guérit les blessures, Sungjin nous montre ici que cela ne suffit pas toujours.

    Ils disent que le temps est un remède

    Mais peut-être que ce n’est pas vrai finalement

    Conclusion

    Avec 30, Sungjin nous ouvre la porte de son esprit, et nous comprenons pourquoi il lui aura fallu près de deux ans pour préparer cet album si personnel et intime. Il nous transporte dans un voyage réflectif sur la transition entre l’enfance et l’âge adulte. Sungjin explore une diversité de genres, d’émotions et de sonorités qui rendent justice à sa voix unique et à son talent. 30 est un album introspectif qui peut résonner en chacun de nous, nous rappelant nos propres expériences de vie.

  • CINÉCLUB : Retour sur les films événements du Festival du Film Coréen à Paris 2024

    CINÉCLUB : Retour sur les films événements du Festival du Film Coréen à Paris 2024

    Après vous avoir présenté la section Paysage dans notre dernière revue, nous évoquons aujourd’hui trois films de la section “Événements” du Festival du Film Coréen à Paris. Films à gros budget et succès indéniables en Corée du Sud, ces long métrages ont également affiché complets à Paris. Retour sur “Veteran 2”, “Escape” et “Exhuma” !

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    VETERAN 2 de RYOO Seung-Wan

    • Année de production : 2024
    • Durée : 118 minutes
    • Genre : Action, policier

    Synopsis : Le détective Seo Do-cheol, avec son équipe de la Division des Enquêtes Criminelles Majeures, poursuit sans relâche les criminels jour et nuit, souvent au détriment de leur vie personnelle. Lorsque le meurtre d’un professeur révèle des liens avec des affaires antérieures, des soupçons de tueur en série surgissent, plongeant le pays dans la tourmente. Alors que l’équipe approfondit l’enquête, le meurtrier les provoque en diffusant publiquement un teaser en ligne, annonçant sa prochaine victime et semant le chaos. Pour faire face à cette menace croissante, l’équipe recrute le jeune officier à l’esprit idéaliste Park Sun-woo, entraînant ainsi des rebondissements inattendus dans l’affaire.

    L’avis de Mélanie → Neuf ans après la sortie du premier volet, “Veteran 2” comprenait un enjeu majeur pour le réalisateur Ryoo Seung-Wan. Il devait s’atteler à trouver une trame narrative originale, à satisfaire son audience confirmée en plus de d’attirer de nouveaux spectateurs. Sur cet aspect, Ryoo Seung-Wan a réussi avec brio, il ne nous a pas été impératif de voir “Veteran 1” pour trouver le deuxième excellent. 

    On retrouve dans “Veteran 2” le même casting d’acteurs, en plus de Jung Hae-In, qui a récemment gagné en popularité grâce à ses rôles dans des dramas (« Snowdrop », « Love Next Door »). Ce casting nous est apparu particulièrement impressionnant par leur palette de jeu entre l’humour, le sentimentalisme attaché à la gravité de l’affaire policière et les scènes de combat. Dans ces dernières, la violence et la barbarie des actes est sublimée par un sound design et des cascades bien maîtrisées.  

    La force du film tient dans son dynamisme tant grâce au scénario que grâce à la réalisation immersive du film. Si le genre policier et action peut vite tomber dans des clichés redondants, avec “Veteran 2” il y a juste assez pour nous tenir hors d’haleine tout en admirant une photographie léchée. On a affaire à des plans originaux, aux proportions parfois travaillées à la manière de tableaux, on pense particulièrement à la scène d’ouverture (pleine d’humour) qui nous a bouche bée ou encore une des scènes au restaurant. Sans en dire plus, la photographie du film est sublime, malgré le fait que ça soit un film avec beaucoup de ressorts humoristiques, Ryoo Seung-Wan ne met pas de côté l’esthétisme.

    Finalement “Veteran 2” est un film policier efficace, avec une intrigue bien menée et une réalisation pointilleuse. On en ressort en ayant passé un excellent moment, grâce à des dialogues et un jeu d’acteur bien écrits, un montage et une photographie visuellement agréable mais aussi des scènes très immersives.

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    Escape de LEE Jong-Pil

    • Année de production : 2024
    • Durée : 94 minutes
    • Genre : Thriller, action

    Synopsis : Ce film raconte l’histoire d’un soldat, LIM Kyu-Nam, qui depuis quelques mois prépare sa fuite vers le Sud. Cependant, un de ses subalternes découvre son plan et souhaite s’échapper avec lui pour rejoindre sa famille déjà transfuge. Interprété par HONG Sa-bin, le soldat KIM Dong-Hyeok décide de voler la carte de Kyu-Nam après son refus et de partir seul. Il se fait arrêter et à partir de là les péripéties commencent pour les deux soldats. 

    L’avis de CamilleEscape, sorti pendant l’été 2024 en Corée du Sud, est un véritable phénomène avec près d’un million d’entrées 10 jours après sa sortie. Si vous êtes curieux.se à propos de la société nord-coréenne, ce film vous séduira. Il vous permettra de comprendre quelques aspects comme la précarité dans laquelle vivent les nord-coréens, le désir de s’échapper vers le Sud mais également la privation de libre arbitre et de liberté.

    Chez dear.korea, on a été conquis par ce long-métrage qui aborde une question compliquée, les conditions de vie dans une société sous une dictature fermée, mais également par le rôle principal interprété par LEE Jae-Hoon, connu pour son rôle dans Taxi Driver. Comme à son habitude, sa maîtrise de son art nous permet de nous plonger très facilement dans l’histoire. Sa co-star, KOO Kyo-Hwan, excelle également avec un rôle beaucoup plus sombre mais qu’il joue à la perfection. 

    Les personnages sont attachants et nous procurent des émotions tout du long avec leurs histoires personnelles mises à rude épreuve. La course poursuite du début à la fin permet de nous tenir en haleine pendant 1h30 sans qu’on s’en aperçoive. Les nombreux rebondissements ou moments de suspens créent une atmosphère où l’on retient son souffle jusqu’à la dernière minute. 

    Avec comme thématique des notions essentielles comme la liberté et l’amour, le réalisateur réalise un sans faute. 

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    Exhuma de JANG Jae-hyun

    • Année de production : 2024
    • Durée : 134 minutes
    • Genre : Thriller, horreur

    Synopsis : Deux jeunes chamans ont été engagés par une riche famille qui craint qu’un danger plane sur leur nouveau-né. Une sombre malédiction semble peser sur la famille. Les chamans font appel à un géomancien et un croque-mort afin de retrouver la tombe de l’ancêtre à l’origine de ce mal…

    L’avis de Jeanne → Avec 12 millions d’entrées en Corée du Sud, la projection d’ »Exhuma » était très attendue au Festival du Film Coréen à Paris et s’est sans surprise déroulée dans une salle comble. La première moitié du film se révèle très efficace tant elle flirte avec le réalisme, nous présentant l’histoire d’une famille hantée par un ancêtre qui provoque cauchemars et mal-être à ses descendants. On explore le lien de cet ancêtre avec le Japon durant la colonisation de la Corée, et la tension monte avec brio quand la tombe de celui-ci, perdue au milieu de nulle part, est découverte et exhumée par les chamans dans l’intention de la purifier. La photographie est réussie et porte à merveille cette angoisse montante, on ressent une curiosité malsaine à l’idée de découvrir ce qui suivra. 

    Malheureusement, cette tension parfaitement menée entre le réel et le surnaturel se perd dans la seconde moitié du film, quand une autre entité vient mettre en danger les protagonistes. Alors que la première moitié de l’histoire créait la peur en nous invitant à explorer nos racines familiales, nos traumatismes générationnels et ce que l’on peut porter de nos ancêtres qui n’ont pas toujours été des gens biens, cette angoisse s’évanouit à mesure que le film bifurque vers une proposition bien plus fantastique. On peine à comprendre où le réalisateur veut nous emmener, et la confusion remplace la tension. 

    On regrette donc une seconde moitié bien moins efficace et des thèmes pas suffisamment explorés à notre goût, comme l’impact de la colonisation japonaise en Corée et de la collaboration de certains coréens avec l’occupant. Malgré cela, on découvre avec intérêt les pratiques chamaniques du pays du matin calme et on savoure le frisson de la première moitié du film !

    VERDICT

    Cette année encore, le Festival du Film Coréen à Paris nous a permis de découvrir sur grand écran ces films qui ont fait sensation en Corée du Sud. Dans les castings, on navigue entre visages connus et découverte de nouveaux talents, et dans les scénarios, on a plaisir à découvrir des histoires aux thématiques et aux genres variés. Une façon de mieux comprendre le 7ème art coréen, mais aussi et surtout de découvrir de grands films !

    Comme vous l’aurez compris, cette section nous aura particulièrement enthousiasmé, mais notre retour sur le Festival du Film Coréen à Paris n’est pas encore terminé. Découvrez sans attendre nos autres articles sur cette belle édition 2024 sur notre site !

    Merci au Festival du Film Coréen à Paris pour son invitation

  • CINÉCLUB : Festival du Film Coréen à Paris 2024 : une section “Paysage” qui célèbre le 7ème art.

    CINÉCLUB : Festival du Film Coréen à Paris 2024 : une section “Paysage” qui célèbre le 7ème art.

    Chaque année, le Festival du Film Coréen à Paris propose dans sa section “Paysage” un panel de films variés, représentatifs du paysage cinématographique coréen de l’année passée. Nous revenons pour vous sur 2 des 11 films présentés dans cette section !

    Citizen of a kind de Park Young-ju

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    • Année de production : 2024
    • Durée : 114 minutes
    • Genre : Comédie d’action

    Synopsis : À deux doigts d’obtenir un prêt qui pourrait la sortir de la banqueroute, Duk-hee réalise avoir été bernée par un arnaqueur qui s’est fait passer pour sa banque. Devant l’inaction de la police, cette mère de famille décide de se faire justice elle-même, avec l’aide de l’escroc, otage bien malgré lui du réseau de fraudeurs agissant depuis la Chine. Pour enquêter, Duk-hee peut compter sur ses copines de l’usine, direction Qingdao.

    L’avis de Mélanie → Si vous aimez les intrigues détectives sur dose d’humour, vous frappez à la bonne porte avec “Citizen of a kind”. Avec un trio d’actrices bien connues que nous avons aisément envie de considérer comme nos taties (RA Mi-ran et YEOM Hye-ran entre autres), leurs dialogues et leur détermination sont addictives. La dichotomie entre l’humanité et la simplicité de Duk-hee et la violence inouïe du réseau de criminels qu’elle poursuit suffit à rendre le film palpitant. Le spectateur se sent impliqué dans l’affaire par le caractère “madame tout-le-monde” désespéré de cette femme qui n’hésite pas à aller jusqu’au bout quitte à se mettre en danger pour obtenir justice. Inspirés de faits réels, cette affaire est une belle leçon de ténacité, bien qu’on n’aurait jamais fait un quart de ce que Duk-hee fait. 

    On apprécie particulièrement ici les relations et liens entre chacun des personnages qui évoluent les uns avec les autres, que ce soit le trio d’amies de l’usine, mais aussi les malfaiteurs et l’agent de police. Chaque lien se nourrit d’une confiance ou d’une méfiance qui est amenée à changer au fur et à mesure que les indices de l’affaire se dénouent. La force de ce film tient, pour nous, dans tous ces détails relationnels et changement d’émotions, facilitées par un excellent jeu d’acteur, alors qu’on approche vers le dénouement. La colorimétrie du film qui change selon les indices et les lieux sur lesquels on se trouve (notamment à Qingdao en Chine) ajoute un aspect très esthétique au film dont la dualité entre le bien et le mal se fait ressentir.  Pour cette section spécifique, les spectateurs devaient noter chaque film après la séance sur une note de 1 à 5 pour déterminer le Prix du Public à la fin du festival, et c’est “Citizen of a kind” qui en est sorti gagnant.

    Concerning my daughter  de Lee Mi-rang

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    • Année de production : 2023
    • Durée : 96 minutes
    • Genre : Drame

    Synopsis : Mme Oh, aide-soignante quinquagénaire, s’occupe d’une vieille dame atteinte d’Alzheimer au sein d’une maison de retraite. Lorsque sa fille, la vingtaine, a du mal à payer son loyer, elle lui propose de venir se réinstaller chez elle. Mais c’est en couple, avec une femme, que sa fille rentre à la maison. Au grand désarroi de Mme Oh.

    L’avis de Mélanie et Jeanne → Ce premier long métrage de LEE Mi-rang surprend par sa thématique : au-delà de l’exploration de l’homosexualité en Corée du Sud, ce film met surtout en lumière la question de la solitude, et en particulier de la solitude féminine. Sans tomber dans le cliché ou le pathos, la réalisatrice nous donne à voir une tranche de vie sur une assez courte période d’une famille composée uniquement de femmes. L’omniprésence féminine est assez remarquable et rare pour la notifier ici, d’autant plus qu’elle permet le dévoilement de plusieurs types de relations féminines : la relation d’une mère et sa fille, celle de deux femmes amoureuses, celle d’une belle-fille et de sa belle mère, celle d’une aide soignante face à sa patiente, mais aussi des relations amicales. 

    La lenteur du film et l’apathie avec laquelle le personnage principal de Mme Oh comprend et exprime ses émotions permettent au spectateur de réfléchir en même temps qu’elle, de divaguer à ses propres ressentis face à la vie qui suit son cours. Loin d’un film romantique et hors de la réalité, c’est justement un drame cruellement réaliste qui nous est donné à voir, avec ses lots de souffrance et d’injustice (pour chaque personnage) ponctués de quelques moments de joie.

    On apprécie la complexité du panel de relations féminines montrées à l’écran et qui semblent bien universelles, malgré une certaine lenteur qui rend le film à certains égards plus contemplatif et réflexif. Un film fort de sa mise en lumière des femmes en tant qu’individus et non en rôle support, qui questionne nos perceptions de la famille et de la communauté.

    VERDICT

    Ces deux films nous ont une nouvelle fois prouvé que le cinéma sud-coréen regorge de talents et d’œuvres remarquables. Nous regrettons de n’avoir pu assister qu’à deux des films de la section “Paysage”, qui nous réserve chaque année de très belles surprises.  

    N’hésitez pas à vous intéresser aux autres productions programmées dans cette section, qui abordait cette année des thématiques variées et importantes comme les Zainichi, le Coréens du Japon, dans le documentaire “Voice of the silence”, ou explore les relations familiales dans “House of the seasons”. 

    Et en attendant de découvrir ces films, ne manquez pas nos critiques des autres projections de cette édition du festival, disponibles sur notre site ! 

    Merci au Festival du Film Coréen à Paris pour son invitation