Catégorie : Reviews

Musique, cinéma, littérature… on vous partage nos ressentis dans nos reviews grâce à un décryptage en profondeur de chaque oeuvre sud-coréenne.

  • JUKEBOX : P1Harmony abandonnent leurs capes de héros avec « DUH! »

    JUKEBOX : P1Harmony abandonnent leurs capes de héros avec « DUH! »

    P1Harmony reviennent ce 8 mai 2025 avec leur 8ème mini-album intitulé « DUH! », composé de 6 titres. Après avoir montré que même les super-héros pouvaient ressentir de la solitude au travers de leur précédent album « SAD SONG », les héros semblent quitter leurs fonctions et assumer qui ils sont. Passeront-ils du côté sombre avec ce nouveau projet, devenant des anti-héros ?

    Des héros oeuvrant pour la paix et l’harmonie

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    De gauche à droite : Theo, Jongseob, Intak, Jiung, Soul, Keeho

    P1Harmony débute le 28 octobre 2020 chez FNC Entertainment (SF9, N.Flying, CNBLUE…). Il se compose de 6 membres : Keeho, Theo, Jiung, Intak, Jongseob et Soul.
    Le groupe se démarque dès leur pre-debut lorsqu’ils sortent un film de science-fiction intitulé « P1H: A New World Begins ». Les six membres jouent le rôle de garçons aux super-pouvoirs ayant pour mission de sauver le monde d’un virus. Cela pose le décor de leur concept : des héros qui s’unissent et joignent leurs forces pour instaurer la paix et créer une harmonie.

    Ainsi, l’ensemble de leur discographie, mais plus particulièrement leurs title tracks, tourne autour de ce concept. Nous vous invitons à visionner l’ensemble des MVs dans lesquels on peut voir une progression du lore (l’histoire) de P1Harmony.

    La trilogie DISHARMONY dépeint un univers dystopique, en proie à la destruction. Elle débute par « SIREN » qui lance l’alerte d’un monde en danger. Ensuite, « Scared » invite à dépasser ses peurs. Et pour finir, « Do It Like This » montre la voie à suivre pour changer le monde.

    Tandis que la trilogie HARMONY annonce un retour à la paix et une invitation à la fête. « Doom Du Doom » danse au rythme des battements, à la recherche de la paix. « Back Down » affirme leur détermination à changer les choses. C’est à ce moment que nos six héros activent le « protocole d’harmonie », il n’y aura pas de retour en arrière. Désormais, P1Harmony sont au sommet et l’heure est à la fête avec « JUMP ».

    Enfin, « Killin’ It » exprime le style et la couleur de P1Harmony, tandis que les membres sont sous les feux des projecteurs. Avec « SAD SONG », leurs émotions débordent. Solitude, chagrin, nos héros ressentent le besoin de tout déverser, malgré leur statut exemplaire.

    A hero should be heroic – Trailer

    « Un héros se doit d’être héroïque », c’est le titre de la vidéo trailer annonçant le retour du groupe. On y découvre les garçons avec le mode “héros” activé. Les rues sont placardées de panneaux publicitaires invitant à appuyer sur le bouton en cas d’urgence pour invoquer nos héros.

    Cependant, une fois arrivés dans ce qui semble être leur quartier général, ces derniers ont l’air de s’ennuyer. Les différents effets d’accélérations et de ralentis témoignent du temps qui passe. Un message reçu par Jiung révèle que cela fait 1673 jours qu’aucun appel n’a été reçu. Un sentiment de vide se crée et leurs émotions menacent d’exploser.

    Jusqu’à ce que soudainement, nos protagonistes reçoivent une alerte du « monde réel ». Sur leur vieil écran d’ordinateur s’affiche un message indiquant des appels manqués : six héros sont requis pour une mission. Bonne nouvelle pour nos héros, les affaires reprennent !

    Pourtant, le plan d’après montre ce même écran qui s’écrase au sol, depuis l’étage « H ». Sortent alors de l’ascenseur ceux qu’on imagine responsables de la casse de l’ordinateur. Les membres brandissent des pancartes de revendication : « Pas de travail, que du plaisir. Aujourd’hui, c’est jour de grève ! », « Ne pressez pas le héros ».

    La température monte, les émotions débordent. Les garçons, tiraillés et dépassés par les événements, se déchaînent et mettent le désordre dans leur QG. Un dernier message s’affiche, demandant aux membres la confirmation de déconnexion du mode « héros ». C’est décidé. Les héros démarrent alors une grève, mettant en pause le « protocole d’harmonie » et basculant du côté des anti-héros.

    01 Who’s that ? It’s me, « DUH! »

    Entrée en scène

    L’album démarre avec le title track éponyme « DUH! » qui nous happe dès les premières secondes. Les premières notes rappellent ces génériques au début d’un spectacle, pour attirer l’attention des spectateurs, et le bruit des sirènes nous mettent définitivement en alerte.

    Le clip, quant à lui, s’ouvre sur un plan de voiture fumante, résultat d’une collision alors que Intak était au volant. Plusieurs éléments rejoignent la vidéo teaser et signent le début de l’ère anti-héros : des panneaux signalent « En grève : ne pressez pas le héros ! » alors que les mots « SUPER » et « HERO » sur les affiches publicitaires sont barrés par les membres.

    Dès le début, Keeho affirme sa stature avec impertinence. Qu’importe s’il arrive en retard à la fête, c’est lui le héros principal, ne le précipitez pas.

    « 당돌하게 late to this party » (Avec audace, j’arrive en retard à cette fête)
    « 주인공은 나 don’t you rush me » (Je suis la star, ne me précipite pas)

    Changement de rythme avec le pré-refrain, la voix angélique de Theo est légère malgré un ton tout aussi insolent que Keeho. Le duo Theo / Soul nous laisse souffler et nous prépare au refrain qui arrive, annoncé par l’instrumentale qui monte crescendo avant le drop.

    « 난 뭐를 상상해도 그 이상일 거야 » (Quoi que tu t’imagines, moi, je serai plus que ça)
    « So follow me, are you ready? » (Alors suis-moi, es-tu prêt ?)

    Insolence, arrogance, impertinence

    Jiung entre en scène sur le refrain, avec une énergie à faire voler un groupe de personnes dans les airs. Les paroles sont pleines d’ego trip, alors qu’on entend toujours en fond ce bruit de sirène alarmant, créant ce sentiment d’urgence. Le terme « top dog league » renvoie à une équipe dominante et victorieuse en championnat. Les membres portent des t-shirts blancs unis avec leur propre visage dessus, renforçant leur ego. Réservant des sièges en première classe, P1Harmony se présentent comme les « G.O.A.T » pour « Greatest Of All Time » (les plus grands de tous les temps). Tous ces éléments concourent à une affirmation de soi et une position de star au-dessus de tout.

    « Mm, 누구야 노는 물이 top dog league » (Mm, c’est qui ? On nage qu’avec la top dog league)
    « 우리를 새긴 plain white tee » (Nos noms gravés sur un t-shirt blanc uni)
    « 내가 원하면 이 자리가 first class seat » (Si je le veux, cette place est un siège en première classe)
    « 찍어 peace, we the G-O-A-T » (Prends une photo, peace, on est les G-O-A-T)

    Tout au long du refrain, les garçons sont taquins et arrogants. La phrase « Who’s that? It’s me, DUH! » est addictive. Elle pourrait être développée et comprise par : « Pas besoin de plus d’explications pour savoir qui je suis, puisqu’on ne peut pas passer à côté de moi. C’est juste moi, évidemment. ». La chorégraphie souligne cette arrogance avec un pied-de-nez lorsqu’est prononcé le titre « DUH! ».

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    Clou du spectacle

    La chanson enchaîne avec le couplet de rap de Jongseob, dans laquelle il se balade au rythme de la production musicale, comme il sait si bien le faire. Le rythme est tranché, il rebondit, enrichi de sonorités similaires à l’onomatopée « DUH! ». 

    A la suite du deuxième refrain, Jiung nous surprend avec son couplet de rap qu’il maîtrise à la perfection et démontre une nouvelle fois sa versatilité. Il est suivi par Intak, qui termine par un vers qui peut faire sourire mais qui joue avec le rythme et la prononciation, et cela fonctionne.

    « 나 빼곤 전부 다 똑같은 걸로만 » (Tout est pareil, sauf moi)
    « Potato, potato, tomato, tomato, 비스무리하잖아 » (Potato, potato, tomato, tomato, c’est la même chose)

    Ensuite, Keeho arrive sur le pont de la chanson, avec sa voix caractéristique, qui s’envole en une note haute et mélodieuse, dont seul lui a le secret. Ajoutez à cela ses ad-libs aux airs de chanteur R&B qui viennent habiller le refrain, et on obtient la recette tant aimée chez P1Harmony.

    Pour finir, Jiung clôture le spectacle avec ces derniers mots en anglais, qui rappellent les punchlines que peuvent lancer les rappeurs lorsqu’ils font des battles de rap. Le « DUH! » faisant office de mic drop.

    « You already know who it is » (Tu sais déjà de qui il s’agit)
    « Not gonna repeat myself » (Je ne vais pas me répéter)
    « Light work » (C’est facile)
    « Duh »(Sans blague)

    02 P1Harmony assument leur image de « Pretty Boy »

    Keeho, leader du groupe, a participé à l’écriture des paroles avec cette envie de transmettre un message de confiance en soi. Comme il l’explique sur Weverse avant leur comeback, être qualifié de « joli » ou « mignon » lorsqu’on est un garçon peut être perçu comme un compliment maladroit. Cela peut sous-entendre que la personne n’est pas assez masculine, parce qu’elle a des traits fins, porte du maquillage ou possède un style particulier. Cette chanson est pour ces « pretty boys » qui sont invités à assumer leur personnalité, à en être fier et à le crier et le répéter comme dans le refrain.

    Ce qui est audacieux avec « Pretty Boy » c’est sa musicalité. Keeho a également participé à sa composition, essayant un genre que P1Harmony n’a pas encore exploré jusqu’ici : l’afro beats. La production musicale donne ainsi un caractère séduisant et charmeur, avec un rythme addictif.

    A la rédaction, on adore la chorégraphie, qui mélange des pas de danse langoureux avec une touche d’aegyo, des petites poses mignonnes, pour rappeler le message de la chanson. Intak, a d’ailleurs participé à son élaboration, notamment sur la partie de Soul qui est satisfaisante par son effet domino.

    Tous ces éléments font de cette deuxième chanson un hymne pour les personnes qui refusent d’être mises dans des cases, les invitant à s’affirmer comme elles sont.

    03 Nothing but a « Murmur »

    Impossible de ne pas bouger la tête sur cette troisième chanson aux airs groovy et mélodieux. Les premiers accords peuvent faire penser à « Dance Monkey » de Tones And I, avec ce piano qu’on retrouve tout au long du morceau. 
    Une grande partie des paroles sont écrites en anglais, rendant la chanson accessible. Elles jouent avec les sonorités et les rimes (murmur, better, leader, seeker, cheater). Les voix mélodieuses des garçons rendent le rythme efficace. On comprend que la chanson est à propos des rumeurs dont peuvent être ciblées les personnes avec de la notoriété. Mais P1Harmony montrent une nouvelle fois leur confiance en soi et n’en ont que faire des murmures. Peu importe ce qu’il peut être dit sur eux, ils continuent d’avancer.

    « You know the beat keeps playing, my boys keep slaying » (Tu sais, le rythme continue de jouer, mes gars continuent de gérer)
    « That’s happening no matter what you sayin’ now » (Ça se passe, peu importe ce que tu dis maintenant)

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    04 I’m feeling « Flashy »

    Cette quatrième chanson électrique déborde d’énergie. On y retrouve les mêmes sensations qu’en écoutant « Heartbeat Drum », « Follow Me » ou encore « Black Hole », dans un registre que P1Harmony maîtrise bien. On les imagine déjà enflammer la scène avec ce morceau. Il nous donne envie de sauter et de chanter les « Woah-oh-oh, oh-oh », gimmick caractéristique du groupe.

    Pas de surprise sur ce son, mais les P1eces (fans de P1Harmony) apprécieront sûrement ce retour aux bases. Finalement, « Flashy » représente typiquement la couleur de P1Harmony.

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    05 « Over and over » and over and over

    On arrive à l’avant-dernière chanson de l’album. Celle-ci nous surprend dès le début par ce son de saxophone, qui peut faire penser à celui de Jason Derulo dans sa chanson « Talk Dirty ». Le rythme répétitif peut aussi rappeler celui de « Mirror Mirror », une B-side de P1Harmony issue de leur 4ème mini-album HARMONY : ZERO IN.

    En ce qui concerne le sujet de ce morceau, on reste sur des membres sur-motivés, que personne ne peut arrêter. Peu importe les obstacles et les épreuves, ils sauront se relever et continuer à progresser encore et encore.

    « Over and over, we don’t stop, 위협해도 » (Encore et encore, on n’arrête pas, même sous les menaces)

    Une partie de la chorégraphie peut être aperçue dans la vidéo SAMPLER. Elle dévoile des extraits des six morceaux de l’album. Jiung a mentionné sur leur réseau de messagerie fromm que la chorégraphie a été créée par Intak, qui lui-même a ensuite confirmé.

    06 Go get to « Work »

    Liens avec la vidéo trailer

    On termine en beauté avec la dernière chanson dont les extraits ont été utilisés dans la vidéo trailer de l’album. Par rapport à l’entièreté de l’album, ce morceau sort du lot. Le son est plus expérimental, on sent que les membres se sont amusés dans le processus créatif. En effet, les crédits montrent que Intak et Jongseob sont les paroliers, et que ce dernier a participé à la composition.

    Le couplet rappé de Keeho nous saisit dès le départ avec ses paroles entraînantes. Vers la fin, il est superposé par le couplet chanté de Jiung, dont la mélodie est tout aussi satisfaisante. Une chose très appréciée chez P1Harmony, c’est leur capacité à se compléter. Le groupe a réussi à trouver un équilibre qui crée une vraie harmonie.

    Le pré-refrain peut faire penser au morceau électronique de Daft Punk « Technologic », voire à la version reprise par Pentatonix dans leur medley consacré à ce duo mythique. D’ailleurs, les sons de synthétiseur nous ramènent dans les années 2000. On retrouve ce style Y2K dans la direction artistique du trailer, avec le design des fenêtres d’ordinateur typiques de cette époque et les couleurs vintage

    Pas de travail, rien que du plaisir

    Les paroles peuvent être interprétées comme une invitation à une fête un peu chaotique, qu’on ne peut trouver nulle part ailleurs. Les bruits de sirène, les changements de rythme, les mots des uns et des autres qui se chevauchent et s’entremêlent. Tous ces éléments créent un sentiment de chaos et de désordre. On ne sait où donner de la tête. On peut imaginer que le « travail » dont on parle, c’est se trémousser, profiter de la soirée et tout donner sur la piste de danse.

    « This party you can find nowhere » (Cette soirée que tu peux trouver nulle part ailleurs)
    « Go get to work, I’m glowin’ » (Retourne au travail, je brille)
    « Now I’m pullin’ up to the show » (Maintenant, je débarque pour le spectacle)

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    Laisser place aux émotions

    La conclusion sur ce 8ème mini-album, c’est qu’il donne envie de bouger la tête et de laisser échapper nos émotions, à l’instar de nos super-héros dans la vidéo trailer. Toutes les chansons sont très rythmées et entraînantes. Contrairement aux précédents albums, ce dernier ne laisse pas la place à des ballades ou des chansons plus posées.

    Le groupe P1Harmony semble avoir trouvé sa recette. Ils ont leur propre couleur qui transparaît dans leur title track, ce qui la rend efficace et qui plaira à la majorité des P1eces. Les surprises de ce projet sont « Pretty Boy » et « Work » qui montrent l’envie qu’ont les membres d’explorer de nouveaux genres.

    Dans la storyline de nos héros, cette trêve était nécessaire après avoir encaissé les épreuves. Garder ses émotions et les renfermer n’a rien de bon, car elles finissent par déborder et entraîner une tempête émotionnelle. Pourtant, malgré leurs déboires, nos protagonistes ont retrouvé leur estime de soi et sont prêts à en découdre. Alors reviendront-ils accomplir leur mission de héros après avoir exprimé leurs revendications ? Ou vont-ils continuer sur la voie des anti-héros insolents et arrogants ? Pour le moment, difficile de comprendre la direction envisagée.

    Finalement, on peut résumer cet album flashy en un message simple. Il prône la confiance en soi et le lâcher prise. N’écoutez pas ce qu’on peut dire sur vous. Laissez parler vos émotions. Amusez-vous. Dansez, chantez, brillez. Soyez fier.es de qui vous êtes.

  • CINÉCLUB – Mickey 17, Ce qui ne tue pas rend plus fort

    CINÉCLUB – Mickey 17, Ce qui ne tue pas rend plus fort

    Après le triomphe de Parasite en 2019, qui lui valut la Palme d’or, quatre Oscars et une reconnaissance mondiale, Bong Joon-Ho revient avec Mickey 17, une œuvre de science-fiction ambitieuse et amendable. Le réalisateur, qui n’hésite pas à dire au monde entier « Une fois que vous aurez franchi la barrière d’un pouce des sous-titres, vous découvrirez tant d’autres films incroyables. » affirme sa voix à nouveau au travers de cette adaptation du roman Mickey7 d’Edward Ashton.

    Dans un futur lointain, Mickey (Robert Pattinson) est un « remplaçable », un employé jetable envoyé coloniser Niflheim, une planète glacée et hostile. Un corps ainsi qu’une âme jetable au sens littéral du terme, puisque chacune de ses morts fait avancer la science et les connaissances de l’humanité. Il n’y a plus qu’à régénérer son corps avec la plupart de ses souvenirs, et s’ensuit la nouvelle itération de Mickey. Nous arrivons donc à la vie du dix-septième Mickey.

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    La mort est un détail, la SF peut donc être drôle ET intelligente

    Le côté absurde et fantaisiste est assumé et détonne dans un contexte où la science fiction prend souvent un ton grave dès lors qu’elle aborde des sujets complexes. On y aborde clonage, sens de la vie, religion, politique, ou encore environnement que ce soit par le traitement du peuple autochtone (des animaux, de la colonisation) et le traitement de la science (le rat de laboratoire que devient Mickey au final), mort, guerre, obsession avec la pureté. 

    Leur traitement est manié avec grâce et logique, ironie et semblant de légèreté. La mort est indissociable de la vie, la politique rencontre la religion. Cela en fait un film terriblement actuel, alors que la scène s’expose face à nous dans un espace lointain, un avenir inconnu.

    Une narration hypnotique, une mise en scène concordante

    Visuellement, ces plans soigneusement composés et cette ambiance frôlant le désespoir ont une précision quasi wes-andersonienne. La photographie restitue le froid extraterrestre dès les premières secondes introductrices de Niflheim, une glace palpable, collant à Mickey jusqu’à la fin. La direction artistique chapeaute un univers fantastique capitaliste rappelant l’impérialisme américain, et c’est cohérent, si ce n’est attendu.

    Cette prévisibilité amène le long-métrage dans une caricature ou satire lourde et soulignée.

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    Limites d’un style génial mais fatiguant

    L’écueil découlant de cette caricature est le manque cruel de profondeur des personnages. 

    Timo, incarné par Steven Yeun et Kenneth Marshall joué par Mark Ruffalo, dès le début, agacent. Timo, qu’on peut traduire en allemand par ‘escroc’, est le seul ami de Mickey – il use cependant de cette amitié pour parvenir à ses fins, encore et encore. Quant à Kenneth Marshall, cet ancien politicien ne devint le leader de l’expédition vers Niflheim qu’après sa défaite électorale terrestre, cherchant un monde glacé où régner en maître.

    Pourtant la performance oscille entre connivence avec le spectateur et frustration crispante. La richesse se mêle aux traits exagérés du personnage de Mark Ruffalo avec trop d’intensité, l’incarnation peu subtile du mégalomane aux accents trumpiens finit par lasser.

    Pour autant, ces excès participent à l’atmosphère du film, bien qu’ils affaiblissent aussi la portée du propos. L’écriture dessine une slice of life absurde où chaque détail compte, mais nous surcharge aussi de détails grossiers. Ce n’est pas la faute des acteurs qui livrent cependant une prestation remarquable. Robert Pattinson porte l’histoire de son anti-héros résigné, à mille lieues des rôles fantastiques l’ayant rendu célèbre.

    Le syndrome Star Wars se propage : femmes puissantes mais rôles étriqués

    Malheureusement, les actrices sont sous-exploitées. Naomi Ackie et Anamaria Vartolomei, pour ne citer qu’elles, apportent une vitalité précieuse et volent le spotlight de Robert Pattinson à de nombreuses reprises. C’est donc frustrant d’en avoir un aperçu superficiel au travers des yeux de Mickey, réduisant leurs personnages à des archétypes (la compagne, la rebelle) forcément amoureuses ou en quête d’amour.

    A voir si : vous avez toujours rêvé de mourir pour la patrie (ou pour Robert Pattinson)

    Mickey 17 est une expérience particulière et rare qui oscille entre génie visuel et frustration narrative. Entre scènes d’anthologie (l’utilisation du corps comme outil politique) et maladresses, le film questionne avec audace notre rapport à la mort et à l’identité. Une aventure sci-fi qui, tout en ne révolutionnant rien, nous offre de quoi réfléchir et discuter. Qu’est-ce que ça fait de mourir ?

  • JUKEBOX : TWS signe son retour avec TRY WITH US

    JUKEBOX : TWS signe son retour avec TRY WITH US

    Le 21 avril 2025, TWS a dévoilé son tout nouvel album TRY WITH US, fidèle à l’ADN qui a fait son succès depuis leurs débuts : une musique jeune, rêveuse, fraîche et entraînante. Après avoir marqué 2024 avec un concept de vacances scolaire et de bal de fin d’année, les six garçons prolongent l’aventure, cette fois autour d’une thématique qui parle à beaucoup : comment voit-on la vie d’adulte quand on est encore adolescent ?

    Composé de six titres, TRY WITH US respire la joie de vivre, la curiosité, et cette douce insouciance qui caractérise si bien TWS. 

    « Lucky To Be Loved » : une ouverture rêveuse et lumineuse

    Premier titre de l’album, « Lucky To Be Loved » installe immédiatement une atmosphère flottante et positive. Rêveuse sans jamais tomber dans la lenteur, la chanson garde un rythme entraînant, parfait pour ouvrir ce nouveau chapitre. Au travers des paroles évoquant la gratitude d’être aimé et entouré, TWS capture ce sentiment d’appartenance, que beaucoup chérissent .

    La chanson est très populaire depuis sa sortie, ce qui a amené le groupe à faire un dance challenge dessus avec de nombreux idols comme Yunho de ATEEZ.

    « Countdown! » : entre nostalgie et énergie partagée

    La chanson principale « Countdown! » se révèle être un clin d’œil à leurs débuts, en samplant « If I’m S, can you be my N« , une chanson sortie il y a tout juste un an. Si l’idée de réutiliser leur propre son est charmante pour les fans de la première heure, elle manque un peu de nouveauté pour marquer un réel tournant.

    Musicalement, « Countdown! » alterne entre deux ambiances : des couplets très chantés et un passage rapé plus hip-hop, dans un style rappelant les transitions audacieuses de NMIXX. Le clip, fidèle à leur direction artistique, montre un groupe de garçons profitant de leur jeunesse à 100%, renforçant l’image d’insouciance et de camaraderie.

    Côté paroles, “Countdown!” évoque la hâte de grandir tout en profitant de chaque instant, comptant les jours jusqu’à l’avenir, mais avec une envie farouche de vivre le moment présent.

    « Random Play » : une aventure musicale ludique

    Avec “Random Play, TWS propose une balade ludique et joyeuse, où l’instrumentale donne l’impression de déambuler dans un monde de jeu vidéo.
    Le morceau reste calme malgré son ambiance playful, s’appuyant sur des vocalises lumineuses dans le pre-chorus et un refrain fédérateur.

    Les paroles comparent la vie à une « partie de jeu aléatoire », insistant sur le fait qu’il est inutile de tout planifier. L’important, c’est d’accepter l’imprévu et de transformer chaque moment en une aventure inoubliable.

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    « Freestyle » : la parenthèse urbaine

    Fidèle à la tradition amorcée avec “Comma” et “Double Take”, « Freestyle » est la piste 100% hip-hop de l’album. Rythmée et entêtante, elle rappelle l’énergie brute de NCT. Le refrain répété « freestyle, freestyle » reste instantanément en tête, soutenu par une production minimaliste mais efficace. 

    Ici, TWS célèbre la liberté de l’expression personnelle. Les paroles encouragent à lâcher prise, à exprimer qui l’on est, sans peur ni filtre — à vivre chaque instant avec spontanéité, dans une énergie débordante.

    Un morceau qui prouve que TWS sait aussi jouer avec des sonorités plus urbaines, sans perdre leur fraîcheur.

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    « Now Playing » : le rayon de soleil du matin

    « Now Playing » est une véritable bouffée d’air frais après “Freestyle”. Avec une instrumentale légère qui évoque une partie de jeu vidéo joyeuse, le morceau donne une irrésistible envie de se lever et de conquérir sa journée. Le refrain, solaire et euphorique, en fait l’un des titres les plus positifs de tout l’album. 

    Les paroles sont un appel à savourer chaque matin comme une page blanche pleine de promesses. Ils décrivent cette sensation d’éveil où tout semble possible, avec un refrain lumineux qui invite à sourire à la vie.

    Une bande-son parfaite pour tous les matins d’été qui arrivent à grands pas.

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    « Go Back » : la conclusion parfaite

    Dernier titre de l’album, « Go Back » sonne comme la fermeture d’un livre plein d’histoires. Avec ses beats plus hip-hop entrecoupés de parties vocales, la chanson invite à repenser aux souvenirs créés, à l’esprit d’aventure, et à l’envie de ne jamais perdre cette flamme de la jeunesse.

    C’est une balade lumineuse, empreinte d’une légère nostalgie mais résolument tournée vers l’avenir.

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    Une continuité assumée… avec quelques bémols

    Globalement, TRY WITH US s’inscrit dans la continuité naturelle de ce que TWS sait faire de mieux : des chansons oniriques, rafraîchissantes, qui parlent à une génération en quête d’identité et d’espoir.

    Cependant, le morceau principal de l’album « Countdown! » pourrait laisser un goût un peu amer pour certains fans en quête de renouveau, en raison de son sample et de son manque d’originalité. Cela dit, l’ensemble de l’album reste cohérent, offrant un parfait miroir de ce que ressentent les jeunes adultes face à l’inconnu : de l’excitation, un peu d’appréhension, mais surtout beaucoup de rêves.

    Shinyu l’a d’ailleurs très bien exprimé dans le clip de “Countdown !”, il imagine la vie adulte comme quelque chose de « très amusant »… Reste à voir si, dans quelques années, il confirmera cette vision optimiste ou si les chansons du groupe évolueront vers d’autres horizons.

  • JUKEBOX : xikers nous dévoile « House of Tricky: SPUR »

    JUKEBOX : xikers nous dévoile « House of Tricky: SPUR »

    Le 4 avril 2025, xikers signe son retour avec « House of Tricky: SPUR« . Ce comeback marque un tournant pour le groupe, puisqu’il s’agit du premier projet au complet depuis le hiatus de Junghoon (ndlr : après une opération du genou en mai 2023).

    Avec ce nouvel EP, xikers revient sur le devant de la scène avec un projet qui reste fidèle à leur style habituel : des instrumentales saturées, un univers sonore psychédélique et du chant autotuné. Malgré quelques nouvelles sonorités rock, le groupe semble tourner en rond. Depuis plus d’un an, leurs morceaux manquent de diversité, et ce comeback n’y échappe pas.

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    Des titres redondants et sans prise de risque

    « You Hide, We Seek » ouvre l’EP avec une production assourdissante. Le morceau joue sur une dualité entre des parties rap intenses, presque oppressantes, et des ponts plus légers, portés par des voix puissantes. L’instrumentale psychologique pousse à la tension mais finit par devenir répétitif. Le message du morceau – une chasse métaphorique entre illusions et vérités – met en scène un jeu mental où xikers traque ceux qui se cachent derrière des masques. Il peine toutefois à se démarquer tant sa construction musicale reste familière.

    « Breathe » (Title track) enchaîne dans le même registre. Les basses sont lourdes, omniprésentes, et si l’autotune reste un choix stylistique chez xikers, son usage massif ici lisse les émotions au lieu de les amplifier. Toutefois, il faut souligner qu’il est parfois utilisé avec plus de finesse que par le passé. Le refrain martelé devient vite lassant. Le message, à savoir respirer pour survivre et se libérer d’un carcan étouffant, aurait pu être poignant s’il avait été mis en valeur par une composition plus nuancée. Sumin livre un rap presque chuchoté qui intrigue mais se perd dans un ensemble trop saturé. Le clip , lui, ne propose aucune évolution : une direction artistique identique, toujours enfermée dans des décors sombres et abstraits, recyclant des idées déjà vues dans leurs précédents clips, à l’exception notable du second album.

    Quelques éclaircies dans l’univers xikers

    « Highway » marque un tournant intéressant dans l’EP. Avec un rythme endiablé et une mélodie rock, le morceau se distingue immédiatement. Les voix sont puissantes, dynamiques, et l’ensemble donne envie de se laisser emporter dans une danse effrénée. Concernant les paroles, la chanson évoque une course vers la liberté, un besoin de fuir le conformisme et d’embrasser l’imprévu. Cette idée de prendre la route coûte que coûte renforce l’impression d’un groupe en quête de renouveau. C’est un nouveau style que le groupe explore, et ça fait du bien.

    « Rollercoaster » poursuit dans ce style avec une mélodie rock, accentuée par des notes de piano aiguës qui allègent l’ensemble. L’atmosphère rappelle les bandes-son de films pour adolescents type Camp Rock ou Lemonade Mouth. Les raps sont presque chuchotés, comme une voix à l’oreille, apportant une proximité rafraîchissante loin de l’autotune omniprésente. Le morceau joue sur les hauts et les bas émotionnels, à l’image d’une montagne russe, dans une relation aussi excitante que instable. Le beat entraînant donne envie de danser, dans une ambiance de club ou de concert. Ce morceau parvient à créer un équilibre réussi entre puissance et subtilité.

    « Rock Your Body » propose une pop plus légère et rêveuse. Le titre, bien que redondant dans sa structure, est porté par une mélodie entraînante qui fonctionne à l’écoute. Le message est simple et assumé : lâcher prise, se reconnecter à son corps par la danse, s’amuser sans retenue. Moins centré sur les parties rap, il offre un final agréable, coloré et dansant. Son ambiance plus festive vient équilibrer un album au démarrage plus sombre. Ce morceau, sans être révolutionnaire, montre que le groupe peut aussi miser sur la simplicité et la fraîcheur comme dans leur second album.

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    Un univers visuel qui stagne

    L’un des points les plus décevants de ce comeback réside dans l’univers visuel proposé. Les concepts photo manquent d’originalité : les tenues semblent recyclées d’un concept à l’autre, et sont peu audacieuses. Les cadrages sont similaires aux précédents comebacks, et les décors sont identiques : abstraits, futuristes et toujours sur fond vert. Il y a peu de storytelling visuel, peu de travail sur les émotions ou la diversité des décors. Aucun concept photo ne sort vraiment du lot, là où l’on aurait aimé voir le groupe expérimenter avec de nouvelles esthétiques, voire des mises en scène plus narratives. Cette répétition donne l’impression d’un projet visuel peu soigné, voire bâclé, qui ne rend pas justice au potentiel du groupe. 

    Un EP qui avance timidement

    « House of Tricky: SPUR » est un EP qui commence laborieusement, en enchaînant sur des morceaux qui semblent être des remixes des titres sortis courant 2024. Cependant,la seconde moitié de l’album offre enfin un souffle nouveau, rappelant les meilleures intentions de « How to Play ». Le rock semble être une direction porteuse pour xikers, leur permettant de s’éloigner de leur style habituel très redondant.

    Si l’autotune est toujours présent, son usage semble globalement mieux maîtrisé qu’auparavant, notamment sur les derniers titres de l’EP. Il participe encore à leur identité sonore, mais n’efface plus autant les émotions transmises par la voix. Cette évolution, même subtile, est encourageante.

    Quant à la direction artistique globale, difficile de ne pas pointer du doigt une gestion rigide de la part de KQ Entertainment. Le manque de prise de risque semble récurrent, mais pourrait davantage refléter les choix de l’agence que ceux du groupe. Finalement , xikers montre une volonté d’évolution qui mérite d’être soutenue par une plus grande liberté créative.

    Ce comeback aurait pu marquer une réelle évolution artistique. Il en résulte un projet en demi-teinte, ponctué de moments intéressants mais encore trop timides pour convaincre pleinement.

    Un comeback qui s’écoute, qui divertit, mais qui ne bouleverse pas encore les codes.

  • BOOKCLUB : « La fabuleuse laverie de Marigold », plongée dans le genre littéraire du K-healing

    BOOKCLUB : « La fabuleuse laverie de Marigold », plongée dans le genre littéraire du K-healing

    L’autrice coréenne Yun Jungeun présente dans son premier roman La fabuleuse laverie de Marigold un récit poétique sur les douleurs du passé et la quête du bonheur. Retour sur une intrigue prometteuse, typique du genre littéraire du K-healing, et ce que l’on en retire au final.

    Résumé : Sur une colline du petit village côtier de Marigold, une laverie insolite est un jour apparue comme par magie dans la nuit. Loin de laver uniquement les vêtements, Jieun, l’énigmatique propriétaire, propose à ses clients de nettoyer leur cœur en effaçant leurs souvenirs les plus douloureux. Devant un thé bien chaud, les clients de passage lui confient leurs secrets. Mais suffit-il vraiment de faire disparaître les taches laissées par la tristesse et le chagrin pour trouver le bonheur ?

    Dans La fabuleuse laverie de Marigold, l’autrice coréenne Yun Jungeun nous raconte l’histoire de Jieun, une jeune femme immortelle qui a le pouvoir de guérir les humains en nettoyant et effaçant les tâches et blessures de leurs âmes. Elle-même assez triste et solitaire, elle se révèle au fil du récit grâce à ses interactions avec les autres personnages.

    Dans la ville de Marigold, elle est en effet entourée par un petit ensemble de voisins et amis dont on suit les difficultés et la guérison. Yeonhee, qui peine à se remettre de l’infidélité de son ex-petit ami, mais aussi Eunbyul, une influenceuse qui souffre de la solitude et de la célébrité, Yeonhui, un livreur qui a subi du harcèlement dans l’enfance… Autant de personnages dont on découvre le parcours de vie aux côtés de Jieun. 

    Tranches de vie

    Le récit se déroule sous nos yeux avec un rythme lent et accessible qui invite à faire une pause dans notre quotidien. Dans ce roman, pas de rebondissements, de plot twists ni même de véritable intrigue. Tout au plus un fil rouge, celui de la quête de Jieun, qui se débat elle-même avec la solitude d’avoir vécu de multiples vies et avec la douleur d’avoir perdu ses parents. 

    On se contente donc de suivre le quotidien de Jieun et des habitants de Marigold, quotidien qui devient le support des leçons de vie distillées dans le roman : profiter de l’instant présent, se pardonner de ses erreurs, apprendre à s’aimer… 

    C’est bien là qu’est l’ambition de La fabuleuse laverie de Marigold : donner au lecteur des clés pour affronter l’existence, en présentant les parcours de vie de personnages qui nous ressemblent et rencontrent des difficultés communes. Un roman presque philosophique, donc, dont l’intrigue n’est finalement qu’un prétexte.

    Le K-healing, la littérature qui soigne

    La fabuleuse laverie de Marigold est l’un des plus grands succès de la littérature K-healing. Ce genre littéraire désigne des romans thérapeutiques et réconfortants, destinés à offrir au lecteur une pause dans un quotidien parfois difficile. On pourrait comparer le K-healing au “feel good” français et anglophone, ces romans contemporains qui suivent des personnages qui nous ressemblent et dans lesquels, peu importe les difficultés, tout se termine bien. 

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    Le rythme et les thématiques du roman rappellent aussi d’autres succès d’éditions, comme Tant que le café est encore chaud de l’auteur japonais Toshikazu Kawaguchi. Utilisant aussi le genre du réalisme magique pour explorer l’impact du passé sur nos vies, ce livre raconte l’histoire d’un café qui permet de remonter brièvement le temps.

    Le K-healing et ses équivalents dans d’autres pays et cultures est sans doute le produit d’une société où le quotidien est pesant et anxiogène pour de nombreuses personnes : la Corée du Sud a l’un des taux de suicide les plus élevés de la planète, et on estime qu’une personne sur quatre dans le monde souffre d’un trouble mental. Pas étonnant donc que la demande pour ces livres qui permettent de s’évader dans un monde plein de douceur et d’espoir explose. 

    Une lecture en demi-teinte

    On passe plutôt un bon moment à la lecture de La fabuleuse laverie de Marigold. La plume de Yun Jungeun est fluide, facile à suivre, et on apprécie les descriptions poétiques des lieux et paysages de Marigold ainsi que l’émotion de certains passages du roman. Ce livre plaira sans doute aux lecteurs et lectrices qui souhaitent faire une pause dans des lectures plus sombres ou plus complexes, ou simplement s’évader quelques heures. 

    Cependant, malgré un grand potentiel, on sort finalement mitigé de cette lecture. À vouloir être doux et simple, le récit manque de profondeur, avec des personnages qui ne restent finalement pas beaucoup en tête et des parcours de vie qui mériteraient d’être développés davantage. L’autrice Yun Jungeun reste en surface des thématiques qu’elle aborde (impact de la célébrité, harcèlement scolaire, précarité économique…) et passe donc à côté de l’émotion que celles-ci pourraient provoquer. 

    Le roman ne va pas non plus au bout de ce qui semble pourtant être son thème principal : le rapport au passé. La dernière phrase du résumé (“Mais suffit-il vraiment de faire disparaître les taches laissées par la tristesse et le chagrin pour trouver le bonheur ?”) laissait pourtant présager une réflexion intéressante sur la mémoire, la guérison et la résilience, qui disparaît finalement au profit d’un propos plus attendu : la force de la communauté pour combattre la tristesse.

    Une conclusion un peu facile, donc, qui parvient tout de même à être émouvante, sans pour autant nous marquer plus que ça une fois le livre refermé. 

    Merci aux éditions NAMI pour la découverte de ce livre. 

  • JUKEBOX : « Mixtape dominATE », la cinématographie de Stray Kids

    JUKEBOX : « Mixtape dominATE », la cinématographie de Stray Kids

    Après une mixtape “HOP” marquée par les chansons solo de chacun des membres, c’est cette fois-ci en sous-unités que Stray Kids revient sur le devant de la scène. Alors que leur tournée dominATE bat son plein et que la setlist fait rage, le groupe sort une mixtape nommée en l’honneur de cette tournée le 21 mars dernier.

    Ils continuent d’être prolifiques en sortant ce projet digital pour les fans qui attendent ces formats mixtape avec toujours beaucoup d’impatience. C’est avec 5 morceaux dont 4 inédits que Stray Kids créent la surprise. Ils sortent une version coréenne de leur single japonais “GIANT” pour accompagner les duos de Changbin et I.N, HAN et Felix, Bang Chan et Hyunjin et enfin Lee Know et Seungmin.

    Une nouvelle stratégie originale de la part du groupe qui nous propose des combinaisons de membres encore presque jamais exploitées auparavant. C’est sur le thème du cinéma que le groupe avance avec cette mixtape alors que chacun d’entre eux nous proposent un nouveau film, une nouvelle histoire fictive dans laquelle s’immerger le temps d’un morceau.

    GIANT (Korean version)

    Version japonaise de la chanson « GIANT », sortie le 12 novembre 2024

    Morceau déjà sorti en version japonaise quelques mois auparavant, “GIANT” reste toujours aussi efficace, bien qu’on lui préfère la version originale. Puisque c’est un titre déjà connu du public, ce n’est pas tant celui-là que l’on attendait, mais bien les quatre autres. 

    Si la thématique gargantuesque est revenue récemment dans la discographie de Stray Kids, on remarque une belle interpolation entre cette version coréenne et “ULTRA”, solo de Changbin dans Mixtape : HOP. Les fans sont plusieurs à l’avoir vu, les paroles suivantes reviennent dans les deux morceaux : “I just worked hard like a little ant, i overcame the pain and became a giant”, (j’ai juste travaillé dur comme une petite fourmi, j’ai surpassé la douleur et suis devenu un géant). 

    Dans ce titre, le groupe nous montre son ambition et sa soif de rêver. Malgré les succès et les réussites, ils veulent toujours grandir et voir plus loin jusqu’à devenir des “giants”.

    Burnin’ Tires (Changbin et I.N)

    Clip pour « Burnin’ Tires » de Changbin et I.N, sorti le 22 mars 2025

    On en attendait beaucoup du duo Changbin et I.N après “Mixtape HOP” où le projet solo du maknae “HALLUCINATION” était produit par Changbin. En effet, si les deux membres ne semblaient au premier abord pas ceux dont la collaboration était la plus évidente, il s’avère qu’une vraie alchimie s’opère entre eux. Entre la précision et la vision de Changbin et les prises de risque et la théâtralité de I.N, une sublimation se créé. Les deux protagonistes nous offrent un vrai moment cinématographique.

    Le titre nous donnait déjà un avant goût de l’électricité dans l’air avec ces pneus qui brûlent sur le bitume. Dès les premières notes du morceau qui ouvre sur une basse saturée puis sur les percussions de cymbales et snares avec un cri “on the street”, la puissance est de mise. Les bruits de pneus qui freinent sur la route avant que I.N ne commence son couplet donne l’impression d’une course poursuite effrénée à moto alors qu’on n’a déjà le souffle coupé.  

    Les paroles suivent littéralement cette idée :  “The burnin’ tires keep rolling likе a stage effect don’t know where the end will be” (les pneus brûlants continuent de rouler comme un effet de scène, je ne sais pas quand la fin arrivera).

    Sur la voix de I.N se juxtapose des effets de réverbération comme s’il chantait au travers d’un talkie walkie alors que Changbin lui répond sans effet avec un rap percutant. Un mélange de hip-hop et  garage rock se joue ici à l’arrivée du refrain alors que beaucoup d’effets sonores de voitures, de riff de guitares et de percussions continuent d’être utilisés. 

    Fast & Furious et street dancer ?

    Si l’ambiance sombre et garage rappelle “Fast & Furious” avec une accélération constante du rythme et une utilisation de plus en plus abondante d’effets sonores, le deuxième couplet semble pour autant se calmer. La moto s’arrête, on respire avec I.N avant que Changbin ne rappe presque a cappella, sans interruption sur de simples caisses claires. 

    “Even if I’m out of breath, I won’t stop /A large truck that can’t be controlled /Who can stop me? I can’t stop myself either” (même si je n’ai plus de souffle, je ne m’arrêterai pas, un énorme camion qui ne peut être contrôlé. Qui peut m’arrêter ? moi même je ne peux pas)

    L’angoisse et l’accélération reprennent alors qu’il termine son couplet sur un sample de frein et que le refrain ne recommence de plus belle. La fin du morceau comprend un long solo d’instruments à cordes lui conférant définitivement son genre garage rock.   

    Le rythme de ce morceau est sinusoïdal, il oscille entre les lenteurs et les accélérations, entre la juxtaposition de samples et le presque silence. Il joue avec le volume et les effets sonores et devient un cocktail étonnant à l’oreille. On reconnaît ici l’expérimentation de Changbin et son goût pour la surprise et l’explosion auditive qui nous plonge physiquement dans un univers alternatif entre courses poursuites et guitares. Visuellement mais aussi auditivement, ce titre a tout pour réveiller nos sens pleinement. C’est finalement un morceau très “Stray Kids” à l’heure de leurs premiers projets, on aurait bien vu ce morceau dans I AM NOT. La malataste et la maîtrise du rythme de Changbin sont en place.

    Truman (HAN et Felix)

    Clip pour “TRUMAN » de HAN et Felix, sorti le 23 mars 2025

    Dans un tout autre registre cinématographique, HAN et Felix nous emmènent dans l’univers de “TRUMAN” en référence au célèbre “The Truman Show” dans lequel le protagoniste principal découvre que sa vie paisible et heureuse n’est en fait qu’une mascarade montée de toute pièce pour divertir un public. 

    Le morceau commence par une instrumentale de violons, non sans nous rappeler “Hier Encore” de Charles Aznavour, dans une atmosphère particulièrement douce et onirique.

    La voix rauque et grave de Felix qui commence le morceau apporte alors un contraste avec cette apparente paisibilité, mais la maintient pourtant par la douceur de son ton. HAN le suit rapidement avec une voix tout aussi douce, avant que le morceau ne prenne une toute autre tournure et ne joue sur la disruption de cette douceur. Le pre-refrain prend une dimension cauchemardesque avec des instruments à cordes électriques et des voix plus agressives.

    Si au début, Felix se compare à Truman, “I keep on moving living real, like Truman, I’m the true man” (je continue d’avancer en vivant pleinement, comme Truman, je suis un vrai Homme), désormais il prend confiance et s’affirme en tant que superstar mondiale. Dans un ego-boost, ils évoquent leur réussite grâce aux STAY dans une dédicace Got trophies in the bag, ’cause of STAY, we lock in” (les trophées plein le sac, grâce aux STAYs, on a assuré nos arrières). 

    Ego-boost ou humilité ?

    Les deux membres s’embarquent dans une sorte de Cypher à deux où chacun leur tour narrent leur parcours et leur volonté de faire les règles plutôt que de les suivre. Ils s’émancipent donc de Truman pour au contraire vivre pour de vrai. Des références extérieures sont de mise, Felix parle de ses chaussures “LV” (ndlr : maison pour laquelle il est ambassadeur et ami) et de prendre son temps pour les courses “comme Charles Leclerc” (ndlr : pilote de F1). Le couplet de HAN arrive particulièrement efficace et percutant comme on le connaissait dans les premières mixtapes du groupe. 

    Stray Kids a pour habitude de faire des toplines et des couplets efficaces dans le genre hip-hop, pour autant sur un duo entre Felix et HAN on ne s’attendait pas à un tel morceau. Surprise par la versatilité et la progression de Felix:  il a su utiliser sa voix à bon escient pour en faire un duo de rap équilibré. Là où la voix et le flow de HAN auraient pu potentiellement écraser Felix, ici c’est une vraie discussion entre les deux qui s’opère. 

    Un morceau qui, malgré la distance entre nos expériences de vie, nous rapproche sur cette expérience universelle : 

    “ We’re all same, no difference / Fail, fear, bad days make me more different, I born freak” (Nous sommes toustes les mêmes, aucune différence, l’échec, la peur et les mauvais jour me rendent différents, je suis né freak)

    ESCAPE (Bang Chan et Hyunjin)

    Clip pour “ESCAPE » de Bang Chan et Hyunjin, sorti le 24 mars 2025

    Cette fois, un duo déjà connu puisqu’ils nous avaient sorti “Red Lights” quelques années auparavant dans l’album NOEASY, une de mes chansons favorites. C’est avec beaucoup d’impatience que je voulais entendre ce que ces deux-là allaient nous proposer.

    C’est un morceau complètement pop-rock, dans l’ambiance d’Imagine Dragons (mais make it cunty) et de Arcane qu’ils se réinventent pour délecter nos oreilles. Avec une énergie post-apocalyptique sans perdre en sensualité, Bang Chan et Hyunjin nous invitent à nous “échapper” avec eux “to a place that nobody even knows” (dans un endroit que personne ne connaît).

    Les premières notes de guitares sont très mélodieuses avant d’être interrompues par la voix facétieuse et espiègle de Hyunjin qui sait jouer de son timbre pour le rendre théâtral. Le premier couplet est déjà efficace entre une mélodie de voix pop suivie par un pré-refrain plus rock de Bang Chan qui vient crier à l’aide dans un ton encore plus plaintif que celui de Hyunjin.  C’est ensuite un refrain puissant fondé sur la batterie et les grosses caisses qui rend ce morceau rock et inquiétant tout en scandant “Run” (cours). 

    Double lecture audacieuse

    Sur le deuxième couplet, Bang Chan fait une première partie en note haute chanté avec sa voix de tête, ce qui est assez surprenant sur ce morceau mais qui semble efficace compte tenu de la thématique de la chanson (à double tranchant entre la fuite de la réalité, mais aussi la course vers le monde du plaisir). Cette partie est étonnamment bien mixée et il est agréable d’entendre son passage de voix de tête en voix de poitrine, ce qui confère à la chanson une vraie plus value performative. C’est comme s’il nous récitait une tirade d’abord en criant à l’aide pour ensuite chercher à s’émanciper seul. La petite coupure de son après qu’il dise “shh” est tout aussi satisfaisante car “Don’t you love the sound of silence? It’s all we need” (n’aimes-tu pas le bruit du silence ? c’est tout ce dont on a besoin).

    C’est encore un morceau théâtral et cinématographique que nous offre Stray Kids alors que les saynètes s’enchaînent. Bang Chan et Hyunjin ont réussi le pari de faire d’une chanson à la thématique explicite quelque chose de relativement subtil pour ne pas tomber dans l’écueil de la provocation. On a ici une belle production musicale rock avec un mixage des voix efficaces pour un titre plus qu’addictif. 

    CINEMA (Lee Know et Seungmin)

    Clip pour “CINEMA » de Lee Know et Seungmin, sorti le 26 mars 2025

    Pour finir en clou du spectacle, c’est évidemment “CINEMA” qu’est nommée la chanson. Si vous ne l’aviez toujours pas compris en écoutant l’EP, là ça devient bien clair : le 7ème art est diffusé dans tout le projet de Stray Kids.

    Décrite par Stray Kids comme une chanson band pop avec des battements de tambours qui s’intensifient au fur et à mesure que le morceau se déploie”, elle est effectivement forte en émotions.  Avec une place prépondérante laissée aux mélodies de voix et aux paroles presque dramatiques, “CINEMA” nous offre cette fois une scène lyrique forte, figée dans le temps. 

    Elle commence fort avec ces fameux battements de tambour qui ne sont pas sans rappeler l’introduction des films 20th Century Fox avec cette mélodie très connaissable. Stray Kids se joue alors des codes du cinéma pour nous tromper et introduire un film musical. Les voix de Seungmin et Lee Know retentissent ensuite en se mêlant parfaitement l’une à l’autre. les deux se répondent phrase par phrase avant de chanter le refrain en choeurs et d’y ajouter des jolis ad-libs sur un rythme de guitare réconfortant. 

    C’est notre cinéma

    Lee Know et Seungmin disent à leur fans : “This is our CINEMA / Let me be your CINEMA / This is our CINEMA” (c’est notre cinéma, laisse moi être ton cinéma, c’est notre cinéma). A la manière d’un film, les souvenirs sont gravés sur le disque dur de scènes tournées à la volée. C’est une manière parfaite de clôturer cet EP qui a fait voyager les auditeurs dans différentes scènes. C’est désormais la fin et l’heure de faire ses applaudissements : “Everyone’s clapping (…) / Til the end of the show” (tout le monde applaudit, jusqu’à la fin du spectacle”. 

    Une belle vague de douceur et de positivité, un peu clichée, mais qu’on a envie de réécouter pour en savourer toutes les notes des instruments en plus des timbres de voix clairs de Seungmin et Lee Know. Il s’agit même de notre morceau préféré.

    Verdict

    Avec cette mixtape surprise, c’est tout un projet aussi cohérent qu’agréable à suivre que le groupe a produit. On est ravis d’avoir de nouvelles associations de membres qui apportent des saveurs fraîches à la discographie de Stray Kids. Chacun des morceaux a son caractère et met en avant leurs forces individuelles. Un EP digital court mais efficace pour créer davantage d’anticipation pour la tournée, et pour garder les fans divertis. C’est avec plaisir qu’on attend encore de nouveaux projets comme celui-là avec d’autres duos ou sous-unités. 

  • JUKEBOX : STAYC ne sont pas des « BEBE »

    JUKEBOX : STAYC ne sont pas des « BEBE »

    STAYC teasait ce comeback depuis plusieurs mois, immédiatement après GPT. Cela en parlant d’une nouvelle image plus mature et inattendue par le public. On a retrouvé le girlgroup ce mardi 18 mars, avec « BEBE », un titre funky house avec un message d’empouvoirement. 

    S – un titre monosyllabique intriguant aux multiples interprétations. Secret, STAYC, Sophistiqué… si c’est moi ? Annoncé en 2024 par l’agence High Up, ce comeback était grandement attendu par les Swith (fans du groupe). Ils étaient impatients de voir la nouvelle image promise par STAYC. « BEBE », la title track, ne déçoit pas : un titre dansant qui donne confiance à l’auditeur. 

    BEBE 

    La title track du single S se nomme « BEBE ». Pas « baby » ou « babe » mais bien « Bebe », mot qui fait bien évidemment appel au français. Et cette référence n’est pas sortie de nulle part puisque STAYC affirme lors du refrain de « Bebe » : yes that’s me, si c’est moi

    Le producteur exécutif du groupe, Rado, puise dans la funky house. Il s’agit d’un sous-genre de la house inspiré par le disco. Le tout donne, pour « Bebe », un rythme addictif ponctué de moments mémorables. 

    Le titre ne met pas en valeur les capacités vocales des membres. ll se concentre plutôt sur l’ambiance et le jeu d’acteur de STAYC. J donne immédiatement le « la » dès le début de « Bebe » avec sa voix au ton si particulier. 

    « Do what I want to do, cause I like that 

    Look at me what I do I’m so priceless »

    (Je fais ce que je veux, parce que j’aime ça.

    Regarde moi, ce que je fais, je n’ai pas de prix)

    STAYC brise les clichés sur elles – parfois qualifiées d’enfantines pour leurs titres tels que « Bubble », elles avaient enclenché ce changement avec « Cheeky Icy Thang ». « Bebe » va encore plus loin. 

    Sieun démarre le refrain avec une certaine attitude théâtrale. « Don’t wanna be a bebe » – à la fois lassée et moqueuse, l’ancienne enfant star s’affirme comme adulte. Et, comme pour clôre définitivement la discussion, Sieun chante encore « honnêtement, si c’est moi ». 

    Tandis que Sumin et Seeun proclament leur confiance en elles, Yoon acclame le sextet à l’aide du slogan : « STAYC girls it’s going down ». Isa, quant à elle, met le point d’orgue de « Bebe » en chantant « Feeling type of way, Let’s go, Ey ey ey, ey oh ey » – un rythme qui restera longtemps dans la tête des auditeurs. 

    MUSIC VIDEO

    Le MV est tout ce dont on peut attendre d’une telle chanson. Un mélange de beauty shots qui mettent en avant l’attitude des membres, accord parfait avec les paroles. Une emphase est aussi placée sur quelques adlibs du premier couplet avec des coupes rapides sur les membres qui chantent.   

    On découvre également une partie de la chorégraphie dans des sets ressemblant à différentes scènes ou lieux de tournage de vidéos typiques de la K-pop. Les lumières et les flashs font également appel aux clips vidéos de titres emblématiques de musique clubbing.  

    DIAMOND

    « DIAMOND » ressemble à une b-side assez classique de STAYC. Avec son atmosphère détendue, elle pourrait mériter sa place dans leur mini-album WE NEED LOVE de 2022. Mais loin d’être dépassée en termes de production musicale, « DIAMOND » est un titre qui sent bon les soirées printanières. 

    L’agence High Up définit « DIAMOND » comme un morceau R&B contemporain avec un rythme afro. Les rythmes afro sont, depuis l’explosion de « Calm Down » (Rema et Selena Gomez) et « Water » (Tyla), populaires auprès des producteurs de musique. Le terme « afrobeat » en est presque devenu un mot-clé pour créer du buzz. 

    On ne retrouve rien de vraiment « afrobeat » dans « DIAMOND » que l’on qualifierait plutôt de funky house avec une bonne dose de pop et des inspirations R&B typiques chez STAYC. 

    Pour autant, « DIAMOND » reste une chanson agréable à écouter. Elle fait appel à une certaine nostalgie du milieu des années 2010 où les étés étaient dictés par des titres comme « Sunset Lover » de Petit Biscuit. 

    Les paroles sont réconfortantes. Elles parlent de confiance et d’avancer malgré les difficultés. Les voix des membres de STAYC sont rassurantes et créent un doux tissu sur lequel se reposer dans des moments d’angoisse. 

    « Nobody can hurt you

    You’re so beautiful »

    (Personne ne peut te faire de mal

    Tu es si beau/belle.)

    PIPE DOWN 

    Le troisième et dernier titre du single est « PIPE DOWN ». Il commence en fanfare avec un son de cuivres qui reviennent lors du refrain au milieu d’une production Pop R&B. 

    Les paroles, tout commes les performances vocales, sont audacieuses mais aussi marquées par l’agacement. Les membres veulent que la personne en face « pipe down » (se taise). Elles utilisent même un bouton « mute » (silencieux) pour couper le son. 

    Le message est un peu vu et revu – un artiste qui demande à ses détracteurs de se taire. Mais, au lieu de simples « haters will hate » (les rageux vont rager) ou « I can’t hear the haters » (je ne peux pas entendre ceux qui me détestent), STAYC disent : personne ne sera là pour te soutenir dans ta haine. 

    Il est assez intéressant de noter que, dans le deuxième couplet, Sieun chante : « Let me just guess your name is / it’s GP and last name is Mola ». GP pourrait faire référence à leur comeback précédent, le single digital « GPT ». « Mola » pourrait être le mot coréen 몰라 : je ne sais pas. Au lieu d’avoir réponse à tout, ce « GP » ne sait, en réalité, rien. 

    CONCLUSION 

    Le single S est un retour en force pour STAYC. Les six membres mettent en valeur leur évolution au travers des trois titres. 

    Si le changement d’image du groupe était annoncé par « Cheeky Icy Thang », « Bebe » est loin de tout ce que l’on pouvait imaginer de STAYC. Ce club anthem montre de jeunes femmes ayant grandi et appris de l’industrie du divertissement sud-coréenne. 

    Ce milieu, loin d’être tendre avec les femmes, les a constamment dénigré à chaque comeback. Pourtant, auprès des SWITH, les six idols peuvent avoir confiance en elle et, désormais, montrer leurs vraies personnalités. 

  • JUKEBOX : Yeji nous laisse sans voix avec « Air »

    JUKEBOX : Yeji nous laisse sans voix avec « Air »

    Hwang Yeji, leader et lead vocalist d’ITZY, vient de faire son début en solo avec le mini album AIR et la title track du même nom. 

    Début février 2025, JYP Entertainment surprend les fans d’ITZY mais aussi la communauté K-pop en annonçant le début solo de Yeji. Bien que des chansons solos aient été incluses dans l’album BORN TO BE, un tel début dans ITZY n’était pas forcément attendu. Cette surprise est plus que positive : AIR sait rapidement convaincre ses auditeurs, créant une identité artistique à Yeji au travers de ses quatre titres.

    AIR

    « Air » commence avec une production instrumentale épurée mais qui donne rapidement le tempo grâce à une basse vibrante. Cela va non sans rappeler les titres d’électro pop et eurodance des années 2000. Le titre évolue avec des synthétiseurs et atteint son point culminant lors du refrain. 

    Lorsque Yeji chante « A-a-air, all my a-a-air » dans le refrain, elle crée un moment mémorable. La mélodie et les paroles simples restent en tête, donnant envie de rejouer le titre. 

    Yeji se positionne en tant que pop girl avec un titre addictif qui met en valeur ses capacités vocales. La leader d’ITZY n’a en effet aucun mal à atteindre des notes hautes. Ces dernières renforcent le potentiel de longévité du titre en marquant les esprits.  

    Le MV de « Air » se concentre sur une cinématographie dramatique avec des plans dansés mais aussi des « beauty shots ». On retrouve Yeji en train de voler, tombant du ciel à travers les nuages puis sur une voiture endommagée, donnant l’impression qu’un accident est précédemment survenu.

    On retrouve tout le star potential (le potentiel de devenir une célébrité) de Yeji avec un charisme et une présence scénique pour laquelle elle est bien connue. 

    INVASION 

    Avec « Invasion », Yeji puise dans des inspirations R&B des années 2000 qui font appel à des chanteuses comme Cassie. L’ambiance détendue et plus douce donne un certain charme à la voix de Yeji. La guitare funky et le son légèrement synth-pop mixé avec les adlibs construisent un titre agréable à écouter. 

    Encore une fois, la répétition de certains mots en anglais (ici « it’s an invasion ») permet de se souvenir facilement du titre. Yeji évoque le fait d’ « avaler » son « moi » du passé pour avancer et devenir la « vraie elle ». 

    CAN’T SLOW ME, NO

    Le troisième titre de l’EP est « Can’t Slow Me, No ». Inspiré par la musique latine et des productions hip-hop, on y retrouve à nouveau un véritable groove porté par des basses puissantes. Cette chanson rappelle la discographie d’ITZY ou même certains titres de NMIXX

    Le mélange de toutes ces inspirations construit une production musicale intéressante et entraînante. Au milieu des guitares inspirées de l’Amérique latine, la performance de Yeji est théâtrale. Le « Like woo » dans le premier couplet mais aussi « I’ll be vibin’ (…) I’ll be groovin’ » dans le refrain donnent des allures de comédies musicales. 

    258

    Yeji clôt son mini album avec « 258 », un jeu de mots avec l’habituel 24/7. Le titre est dramatique avec des couches d’harmonies qui donnent une véritable impression de finalité. 

    Les paroles évoquent un amour infini qui va au-delà de 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. Plutôt, cet amour est tellement grand qu’il défie les lois du temps et reste constamment avec nous. Yeji fait évidemment référence aux Midzys, les fans d’ITZY. Elle souhaiterait, avec « 258 », leur dire qu’elle restera avec eux à chaque instant et partout où elle sera.

    Le titre donne une impression de rêverie au milieu de moments théâtraux, entre sincérité et jeu d’acteur. 

    CONCLUSION

    AIR est un mini album que l’on souhaiterait être plus long. La production de l’EP est très bonne, offrant un aperçu de ce que pourrait être la carrière solo de Yeji en tant que pop girl

    On apprécie ses techniques vocales dans les quatre titres qui sont cohérents et parfaitement agencés. Cette impression constante de jeu d’acteur et de théâtralité donnent un air décontracté à Yeji. On a le sentiment que tout cela est facile pour elle – et ce n’est probablement pas qu’une impression ! 

  • JUKEBOX : Jennie entre dans une nouvelle ère avec “Ruby”

    JUKEBOX : Jennie entre dans une nouvelle ère avec “Ruby”

    Après plus de 8 ans de carrière, Jennie sort enfin son premier album studio solo ! Très attendu par les fans depuis la sortie de «Mantra» en octobre dernier, l’artiste a vu les choses en grand. Cet album ne contient pas moins de quinze chansons dont cinq en featuring avec des artistes occidentaux de renoms.

    Une exception pour une artiste venant de la K-pop, en particulier du groupe Blackpink puisque les deux seuls albums du groupe contenaient huit chansons chacuns. Cette première distinction avec la K-pop est loin d’être la dernière. Depuis son départ de YG entertainment, Jennie a créé son propre label : Odd atelier, distribué sous le géant Columbia et le processus de création de Ruby s’est fait bien différemment.

    Un album plus occidental

    Si Blackpink avais déjà bien réussi son exportation à l’international, Jennie continue dans cette voie. Pour l’enregistrement de cet album, elle s’est installée à Los Angeles, et a collaboré en grande majorité avec des compositeurs américains ou européens ayant rarement eu l’occasion de collaborer avec d’autres artistes sud-coréens, Parmi les plus crédités, il y a notamment Bibi Bourelly que l’on retrouve sur six morceaux, et qui a travaillé auparavant pour Rihanna, Mariah Carey ou Usher.

    Ses collaborations multiples révèlent la volonté de Jennie de s’installer sur le marché occidental de la musique. On compte quatre artistes américain : Childish Gambino, Kali Uchis, Dominic Fyke et Doechii; deux européen : l’anglaise Dua Lipa et le français FKJ. On trouve beaucoup d’artistes pour un seul album, chacun ayant des styles différents,qui se marient pourtant tous très bien avec celui de Jennie.

    Jennie Ruby Jane

    Jennie est créditée dans chaque morceau de Ruby, elle a participé à l’écriture et/ou la composition de chaque chanson ce qui en fait un album très personnel. En se lançant en solo, les quatre membres de Blackpink ont dû relever le même défi, trouver leur propre style. C’est en partie ce que Jennie prône dans cet album, être elle-même, à commencer par le titre de celui ci : Ruby, qui vient de son nom de scène complet : Jennie Ruby Jane, un nom qu’elle a elle même trouvé lorsqu’elle vivait encore en Nouvelle-Zélande, avant de rentrer chez YG Ent. Elle raconte dans l’interview Apple music avec Zane Lowe qu’à ses onze ans, elle voulait se créer une identité plus forte, que le prénom Jennie ne suffisait plus et ne correspondait pas à ses ambitions. Elle explique qu’elle a choisi ce nom pour l’album car il la représente en plus d’être un nouveau chapitre pour sa carrière.

    album cover Jennie Ruby

    La pochette fait écho à cette idée, on y voit Jennie avec une perruque couleur rouge rubis, face à une version miniature d’elle même, un album sur Jennie, par Jennie.

    Jennie explore les styles

    Connue pour son talent de rappeuse dans les chansons “girl crush” de Blackpink, il était difficile de prédire les sonorités de cet album. Les 2 précédents solos de Jennie, «Solo» et «You & Me» étaient plutôt pop, dansants, avec une pointe d’EDM.

    «Mantra», sorti en pre-release  en octobre 2024, semblait suivre le même chemin, plus rythmé et plus accrocheur, mais toujours dans cette ambiance pop. Pourtant, avec ses touches de R&B, le morceau annonçait le style de Ruby.

    Fin janvier, Jennie a surpris ses fans en sortant le clip de «Zen», un morceau plus lent mais très frappant. Les rythmes sont puissants, lourds, couplés avec des passages électro envoûtant. La voix de de Jennie se marie parfaitement avec l’instrumentale, devenant parfois comme un instrument, elle oscille entre un timbre mélodieux , à des passages presque parlés, très sévères. Une chanson poignante et différente de tout ce que Jennie a sorti auparavant, qui prouve l’étendue de sa musique.

    Seulement quelques jours plus tard, c’était au tour de «Love Hangover», en collaboration avec Dominic Fike, de sortir. Très différent de “Zen”, c’est un morceau très fluide, onirique , presque psychédélique vers la fin. Les inspirations rétro sont évidentes, avec un mix de soul et R&B. Sa voix est légère, et contraste beaucoup avec le couplet rappé de Dominic Fike, qui peine peut-être un peu à montrer son style.

    Changement de registre avec «ExtraL», en collaboration avec Doechii. Un titre tourné vers le rap qui commence avec un rythme régulier, fédérateur, avec ses répétitions de “do my ladies run this?”. Le refrain est accrocheur, les voix de Jennie et Doechii s’assemblent parfaitement . C’est finalement un featuring réussi, qui mêle bien le style des deux chanteuses, et où on redécouvre Jennie en rappeuse.

    «Like jennie» est lui aussi un titre extrêmement fédérateur, qui se veut comme un hymne. À l’écoute, il procure  un sentiment semblable à «Run the world» de Beyoncé, ou «Super Lady» de (G)I-dle. Jennie pose sa voix en rappant, mais c’est surtout l’instrumentale très énergique que l’on retient. C’est un mélange d’électro et de funk, avec des rythmes puissant. C’est une chanson parfaite pour mettre l’ambiance lors d’un début de concert.

    Le dernier clip sorti est celui de «Handlebars», la collaboration avec Dua Lipa. On retrouve bien le style de la chanteuse avec des sonorités disco et rétro.Cependant la chanson est plus lente, moins dansante de ce à quoi on aurait pu s’attendre de leur part. Leurs voix fonctionnent bien entre elles et parfont le morceau. Le tout est agréable à écouter mais manque peut-être d’un passage qui se démarque.

    La collaboration avec Childish Gambino et Kali Uchi sur «Damn Right» rappelle sur quelques points «One of the girls», en featuring avec The Weeknd et Lily-Rose Depp pour la série “The Idol”. Les deux morceaux sont posés, calmes, oniriques , avec trois voix qui se complètent bien. Cependant, contrairement à «One of the girls», «Damn right» n’est pas très mémorable, la mélodie R&B douce peine à accrocher l’attention et même si le morceau est agréable, il ne sera pas inoubliable.

    «With the IE» est un morceau accrocheur et composé astucieusement, il sample ouvertement la chanson «jenny from the block» de Jennifer Lopez.Le titre du morceau y fait aussi référence, puisque l’orthographe du prénom de Jennie s’écrit plus communément Jenny, mais pour elle c’est avec un IE, en anglais : “With a IE”. La chanson reprend donc la mélodie originale Hip-Hop old school et le modernise. Le résultat est entraînant et réussi.

    Jennie finit Ruby plus calmement avec les trois derniers morceaux. «Seoul City» est plus intime, la mélodie R&B est sensuelle et ensorcelante. La chanson «Starlight» est elle plus candide, et le rythme qui s’accélère donne une dimension féerique au morceau. L’intro et l’outro conté par l’acteur Yeo Jin Goo couplés au piano en font presque des balades. Quant à «Twin», c’est une chanson plus  simple : la voix de Jennie accompagnée par la mélodie à la guitare. Cette simplicité amène beaucoup de sincérité à la chanson, et est accentuée par les paroles du refrain “It’s like i’m writing a letter but i’m writing a song”. Jennie décrit ce morceau final comme le plus personnel de l’album.

    Jenny liste titres

    Introspection et sororité

    Au-delà du travail varié sur la style musical de l’album, Ruby était pour Jennie une page blanche. Depuis le début de sa carrière, elle n’a jamais eu autant de liberté sur sa musique, et la multitude de thèmes abordés montre qu’elle a des choses à dire.

    Dans «Start a war», elle parle des sacrifices qu’elle pourrait faire pour les personnes qu’elle aime. Dans «F.T.S» elle explique qu’il ne faut pas toujours suivre une voie toute tracée et parfois créer son propre chemin. Au travers de «Filter» elle dénonce les injonctions de beauté et les critiques qu’elle a pu recevoir durant sa carrière. Des thèmes variés et éclectiques  mais qui résument bien les sujets qu’on retrouve le long de l’album.

    «Mantra» et «ExtraL» sont des hymnes à la sororité qui encouragent les femmes à prendre confiance en elles. «Zen» et «Like Jennie» évoquent  l’importance de l’individualité, de l’amour propre et encore une fois de la confiance en soi. Enfin Jennie parle d’amour sous toutes ses formes dans «Love Hangover», «Twin», «Seoul City» ou «Damn Right».

    Jennie Ruby img

    Jennie sur sa bonne voie

    Un concentré de sujets qui se superposent souvent dans cet album, le tout sur un mélange de genres musicaux variés avec des collaborations tout autant diversifiées, avec Ruby, Jennie se lance en solo de manière brillante. son envol vers l’industrie musicale occidentale se confirme. La chanteuse a donné du sien pour faire un album qui lui ressemble. La première moitié des titres est très entraînante, Jennie nous emmène de style en style et on ne s’ennuie pas, cependant la deuxième partie est un peu plus monotone et homogène. Malgré ce manque d’équilibre, Jennie prouve avec Ruby qu’elle est capable de nous amener au fond de son être, et prouve sa qualité de star internationale.

  • JUKEBOX : Lisa dévoile ses Alter Egos

    JUKEBOX : Lisa dévoile ses Alter Egos

    Ce premier album complet pour Lisa était plein de promesses. Est-il une réussite pour asseoir l’identité de Lisa en tant qu’artiste solo ou bien une tentative en demi-teinte ? Découvrez notre avis sur Alter Ego dans cet article ! 

    Lisa n’a plus grand chose à prouver de ses talents pour performer sur scène. Danseuse hors pair, elle a su imposer son charisme dans le groupe Blackpink où la concurrence était pourtant présente. Puis lors de ses premières sorties en solo, en 2021 avec « LALISA » et surtout « MONEY » elle avait affirmé son talent sur des beats hip-hop très forts. La viralité de ces chansons augurait de bonnes choses pour la carrière de Lisa.

    Lisa en couverture de son album Alter Ego

    A l’heure où quasiment toutes les membres de Blackpink ont sorti leur projet solo et alors qu’elles débuteront une tournée mondiale cet été, la comparaison entre elles est inévitable. Chacune a choisi une direction artistique différente : pour Rosé c’est la bedroom pop-rock, pour Jennie du R’n’B, Jisoo reste dans de la pop teintée d’influences K-pop. Pour Lisa, le choix est pour l’instant moins évident.

    Un concept fort 

    Début 2024, elle a dévoilé « Rockstar », avec un clip magnifique mettant à l’honneur son attachement à son pays d’origine, la Thaïlande. « New Woman » puis « Moonlit Floor » ont suivi. Début février, c’est « Born Again » qui sort, accompagné d’un clip aux inspirations bibliques. Le featuring est largement commenté sur la toile, tant la présence de RAYE et de Doja Cat se fait forte sur la chanson.  Ce 28 février 2025, Lisa dévoile donc enfin son premier album solo : Alter Ego.

    Le concept de cet album est de présenter différentes facettes de Lisa au travers de 5 alter egos : Vixi, Speedi, Kiki, Sunni et Roxi. C’est surtout prétexte à faire un mélange des genres dans les chansons proposées, qui font la part belle aux featurings et invitent pour l’occasion nombre de producteurs renommés (Max Martin, Tove Lo, Ryan Tedder…..). 

    Alors, est-ce que ce mélange fonctionne ? Ou montre-t-il au contraire le manque d’identité de Lisa ?

    Featurings en pagaille

    Comme pour Rosé (avec Bruno Mars notamment) et Jennie (DOECHII par exemple), Lisa a fait beaucoup parler d’elle au travers de featurings avec des superstars mondiales. Cet album compte pas moins de 5 featurings. Si ce choix n’a rien de choquant surtout pour une artiste du calibre de Lisa, ce qui frappe pourtant à l’écoute c’est que chacune de ces chansons porte la marque très forte des artistes en collaboration.

    « Born Again » est ainsi une chanson écrite et produite par RAYE, et il est difficile pour Lisa de s’imposer sur ce titre calibré pour la voix de la chanteuse britannique. Si Doja Cat tire son épingle du jeu, le timbre de Lisa peine à ressortir dans la production disco que n’aurait pas boudé une Dua Lipa pour l’album Future Nostalgia.

    Même constat sur « When I’m with you » avec Tyla, qui souffre d’une trop grande similarité avec les chansons de cette dernière. Cela s’explique peut-être par la présence des mêmes producteurs Mocha Bands, Believve et Sammy Soso. En résulte une chanson peu mémorable avec un mixage des voix qui ne met pas en valeur celle de Lisa.

    « Rapunzel » se présente comme un featuring plus classique avec Megan Thee Stallion, une habituée des collaborations avec des artistes issus de la K-pop. Ici Lisa se montre plus à l’aise. Ce morceau hip-hop old school est produit notamment par Ryan Tedder, le leader de One Republic.

    Le single « FXCK UP THE WORLD » devait présenter une des alter egos, Vixi. Très agressive, montrant un flow différent pour Lisa, la chanson souffre d’une trop grosse compression sur les basses la rendant difficile d’écoute. La façon de rapper rappelle trop Nicki Minaj ou encore Cardi B, sans les égaler. Le clip ne présente pas le même soin accordé aux visuels que les autres singles et même le featuring avec Future n’apporte rien de plus.

    Finalement, c’est « New Woman » qui se tire le plus honorablement de cette liste de featurings. Vraiment innovant, avec un clip magnifique et plein de sens de Dave Meyers, c’est ce son pop expérimental qui va le mieux à Lisa. On y découvre une facette plus douce de sa voix sur les couplets, un changement de tempo à l’arrivée de Rosalia, pour une chanson cohérente d’un bout à l’autre. Nappes de synthés planantes, percussions piquantes, effets vocaux, on a toujours quelque chose à se mettre sous l’oreille. A noter, on retrouve la chanteuse suédoise Tove Lo à la composition.

    Qu’est-ce qui définit le son “Lisa” ? 

    A la première écoute, on se retrouve donc bien en peine de définir ce qui ferait le son de Lisa. Première piste : dans des productions hip-hop assez agressives avec un flow rap ? C’est le cas pour “Elastic Girl”, “Thunder”, ‘Lifestyle” ou “BADGRRL”. Lisa s’en tire plutôt bien sur ces chansons à l’énergie abrasive, mais aucune ne ressort vraiment du lot. Les paroles abordent pour beaucoup le style de vie luxueux de la chanteuse thaïlandaise, un thème déjà trop répandu. Peut-être qu’une performance vidéo permettrait de mieux mettre en valeur ces titres. 

    Lisa en promotion

    Deuxième piste : une  incursion dans des genres pop. “Moonlit floor” est une chanson très sucrée aux paroles assez indigestes, avec une interpolation de la chanson “Kiss me” de Sixpence None the Richer. “Dream” conclut l’album, se révélant être une ballade peu mémorable, que cela soit vocalement ou dans les paroles évoquant un amour perdu. Finalement, seule la chanson de synth-pop “Chill” redresse la barre avec ses guitares acoustiques et son refrain entêtant, plutôt efficace.

    Une ébauche pour le futur

    Ce tableau peu reluisant pourrait nous décourager pour la suite de la carrière de Lisa. Elle qui excelle dans les performances scéniques peine à convaincre sur un album entier. Cependant, deux chansons donnent une direction très intéressante et unique pour de futures sorties. Tout d’abord, “New Woman” utilise au mieux le timbre de Lisa et montre que, bien intégrée à la production et au mixage, elle peut transmettre beaucoup d’émotions. 

    Puis la chanson phare de cet album, qui reste, étonnamment, son premier single. “Rockstar” possède déjà un clip intriguant et très bien réalisé, mais aussi une composition originale avec des sons exubérants. Le post-refrain aux accents de rock psychédélique, avec des synthés très atmosphériques créait déjà la surprise à la sortie du morceau. Lisa y avait d’ailleurs trouvé un flow particulier, assez saccadé et affirmé. Ryan Tedder à la production a su parfaire le talent artistique de Lisa pour proposer une chanson efficace et unique. 

    Conclusion

    Avec ce premier album, Lisa ne parvient donc pas à trouver son propre son et à captiver sur la durée. Mix des voix qui la mettent peu en avant, trop plein de featurings et manque de diversité des sons solo, cet album manquait peut-être de temps pour parfaire et épurer son style. Malgré tout, “Rockstar” et “New Woman” se démarquent et s’imposent comme des tubes innovants. On espère que Lisa continuera dans cette veine pour la suite !

    Lisa en live