C’est avec un EP groovy que BOYNEXTDOOR revient avant de conclure sa deuxième année de travail acharné.
Les six membres du groupe continuent de faire danser les Onedoor (nom du fandom) avec The Action, leur cinquième EP composé de cinq chansons. L’évolution de BOYNEXTDOOR se ressent davantage dans ce mini album qui aborde des sujets plus matures tels que la rupture et la dépression amoureuse. Analysons ensemble le thème de l’EP et les paroles des morceaux, tous écrits par Taesan et Woonhak, parfois accompagnés des membres Leehan et Jaehyun.
Live in Paris
L’EP s’ouvre sur “Live in Paris”, un morceau introductif court au refrain simple mais addictif. Ce morceau d’acid jazz rappelle l’atmosphère “rêveuse” d’un lever de soleil après une nuit blanche passée à déambuler dans les rues de Paris. Lors du comeback showcase (émission de promotion de l’album), Woonhak a justifié le choix de Paris plutôt qu’une autre ville en comparant l’ambiance de la chanson avec “l’état d’esprit et le rythme qu’un artiste a dans une ville où la nuit passe sans que les lumières ne s’éteignent”.
Les paroles regorgent de références à la ville de lumière pour imager les émotions ressenties lors d’une nuit passée à composer en studio. “My confidence keeps sinking low, digging through the underground, […] no Eiffel Tower here, just a flickering light« (“ma confiance continue de couler, s’enfonçant jusqu’au sous-sol, pas de Tour Eiffel en vue, seulement une lumière vacillante”).
Les fans français ne peuvent que se sentir touchés par l’évocation de leur capitale, et croisent évidemment les doigts pour qu’il s’agisse d’un indice de leur prochaine venue pour un premier concert dans la ville de l’amour.
Hollywood Action
Après “I feel good”, la title track de leur dernier album, “Hollywood Action” s’inscrit dans la continuité de leur style déjà bien affirmé. À la croisée du jazz et du R&B, ce morceau séduit par son originalité et ses touches d’humour subtilement glissées dans les paroles et dans le clip.
Dans ce dernier, les membres alternent entre acteurs et réalisateurs sur des plateaux de tournages de films, allant d’une sitcom américaine à une attaque d’aliens. Les membres finissent par remporter un trophée lors d’une fausse cérémonie de récompenses, tandis que le groupe est réellement nominé pour le trophée du meilleur groupe masculin aux MAMA qui auront lieu fin novembre 2025.
Quant aux paroles, elles laissent la possibilité aux membres d’exprimer leur envie de gloire et de succès. “Everything else is blurry, we’re what they focus on” (“Tout le reste est flou, nous sommes ce sur quoi les yeux sont rivés”). Ils disent également ne pas avoir besoin d’artifice comme les “tapis rouge” car les “feux des projecteurs” leur suffisent à donner le meilleur d’eux-même.
Dès la première écoute, l’énergie positive et entraînante du groupe se fait ressentir. On souligne également l’originalité de l’outro dans laquelle les paroles annoncent les instruments (guitare, basse et trompette) avant leurs solos respectifs. Woonhak espère que, en écoutant cette chanson, les auditeurs “y puisent du courage et réussissent tout ce qu’ils entreprennent grâce à cette force nouvelle” (comeback showcase).
JAM!
Ce troisième morceau s’éloigne musicalement parlant du concept de l’EP, bien qu’il garde sa signature instrumentale reconnaissable qui rappelle celle de leur titre “Dangerous”. Son rythme plutôt lent tout au long de la chanson accélère pendant les refrains puis pendant l’outro qui finit la chanson sur une apothéose dansante.
Les paroles se prennent au jeu en interpellant les fans avec humour, comme avec la comparaison “des mains de la foule qui bougent comme des essuie-glaces et nettoient [leur] vue”. Les fans les plus attentifs ont reconnu les noms de Jamie et Sandy, en référence aux amis évoqués dans leur chanson “But sometimes”.
Si l’originalité de “JAM!” ne fait pas l’unanimité, les fans apprécient les clins d’œil à leurs travaux passés et au succès qu’ils en ont tiré.
Bathroom (coup de coeur de l’autrice)
Si les trois premiers morceaux sont dansants et entraînants, les deux derniers changent de tempo pour aborder des sujets plus délicats. D’après Riwoo,“ce morceau de rock exprime la confusion d’une explosion émotionnelle après une dispute avec un.e partenaire. Les paroles sont chantées sans détour pour exprimer la confusion ressentie lorsqu’on trouve des souvenirs et des traces de l’autre personne dans la maison.” (comeback showcase).
Les paroles font référence à des objets tels que la “bague de couple gravée de [leurs] noms”, mais aussi à de l’immatériel comme dans la phrase qui conclut chaque refrain : “I think I left my mind in your bathroom” (“Je crois que j’ai laissé mon esprit dans ta salle de bain”). Cela semble être la raison derrière les “sentiments vides” ressenties par le concerné qui “fait semblant d’aller bien”.
Avec ses couplets de rap et son solo de guitare final, « Bathroom » a tout pour plaire. Ce style de rock enjoué aux paroles lourdes de sens colle davantage à la peau du groupe et rappelle leur morceau « Gonna be a rock » issu de l’album 19.99.
As time goes by (있잖아)
Quoi de mieux pour clôturer cet EP qu’une ballade à la mélodie douce et enivrante ? Bien qu’il s’agit d’une chanson de rupture, l’ambiance et les paroles de la chanson laissent penser qu’il soit question d’une fin réfléchie et résignée plutôt que d’une déchirure douloureuse.
Le refrain en est le parfait exemple : “That thing people say, First love nevеr lasts, I wanted to avoid it, but I can’t even dеny it : I don’t love you anymore” (“l’expression le premier amour ne dure jamais, je voulais l’éviter, mais je ne peux même plus le nier : je ne t’aime plus”).
Conclusion
BOYNEXTDOOR renforce son identité fraîche et entraînante tout en expérimentant des émotions plus fortes et matures. Les membres se dévoilent sous un nouveau jour, de par leur style d’écriture, leurs mouvements mais aussi leur visuel en tant que groupe, le tout les sortant définitivement de l’adolescence pour les mener vers une période d’assurance et de découvertes… que les fans ont hâte de suivre de près !
“Blue Valentine” est le premier album complet pour le groupe de la JYPE, NMIXX. Après un single en featuring avec Pabllo Vittar en août dernier intitulé “MEXE”, le groupe a pris le temps de peaufiner son projet pour revenir ce 13 octobre.
Teasé un mois en avance, c’est avec beaucoup d’anticipation que nous attendions cet album. Avec un concept et une esthétique toujours léchés, NMIXX continuent de nous surprendre, comme elles l’avaient fait auparavant.
NMIXX, des membres plongées dans un univers alternatif ?
Le trailer de ce comeback n’est pas sans nous rappeler les univers parallèles et fantastiques comme ceux de “The Good Place”, “Severance” ou encore “Alice in Borderland”. On voit les membres de NMIXX sur fond blanc avec une voix off qui s’épanche sur le concept d’amour et de haine, d’une froideur robotique qui contraste avec l’air musical léger et enfantin. Tout porte à croire qu’elles sont dans une simulation sans contrôle sur leurs propres vies. NMIXX a la faculté de jouer avec l’étrange tout en le rendant glamour.
Concept bien pensé pour NMIXX puisqu’il renvoie à un imaginaire culturel familier, en attisant simultanément notre curiosité. Cela renvoie à un trope cinématographique commun et courant, qui pourtant ne cesse de nous intriguer. Qui sont-elles ? Pourquoi sont-elles enfermées ? De quel univers s’agit-il ?
NMIXX au pays des rêves ?
Leur pre-release “SPINNIN’ ON IT” nous convainc par la simplicité de sa production qui met en avant les timbres si particuliers des membres. Une batterie, une basse et des harmonies suffisent pour nous plonger dans leur univers onirique, si particulier au groupe. Dans un mélange pop, aux touches R&B, NMIXX se démarquent par leur interprétation théâtrale du morceau qui transmet autant d’émotions que d’énergie. Côté paroles, la chanson aborde une thématique classique du cœur brisé, on est comme elles et on est “so done with love, so done with hurt” (j’en ai assez de l’amour, j’en ai assez de la douleur).
L’univers sonique unique de NMIXX est présent tout au long de l’album et leurs intros sont toujours très travaillées. Exemple sur “Phoenix”, où des harmonies presque chuchotées sur un air de piano se transforment en production beaucoup plus puissante de basse saturée. Ce contraste musical va de pair avec la thématique classique du phoenix qui s’élève et se transforme. NMIXX sont certes bloquées dans une monde alternatif qui s’apparente au rêve, mais elles sont prêtes à en découdre.
Les sonorités sont ici plus electro-pop non sans rappeler l’ère de la seconde génération de K-pop où tous les samples les plus originaux et distordus étaient possibles. NMIXX osent, et s’ancrent dans l’héritage de leur genre musical.
Dans la vidéo de “SPINNIN’ ON IT” , il semble qu’elles sont des personnages d’un jeu dans lequel elles doivent s’affronter. Les concepts d’amour et haine sont appuyés ici, tantôt par des scènes romantiques lesbiennes suggérées, tantôt par des coups bas et combats symbolisés par la nourriture. Les membres sont toutes dans la même position de faiblesse, contrôlées par une entité supérieure, les mettant au même niveau. Pour autant, malgré ce point commun, il faut survivre dans l’adversité quitte à maltraiter leurs pairs.
L’équipe artistique de NMIXX nous surprend et continue de proposer des visuels, des vidéos et du montage plus que qualitatif. Si leurs concepts précédents étaient d’être des “black sheeps” (mouton noir, bête noire) dans leur univers, il semble qu’elles sont des “black sheeps” dans l’industrie de la K-pop aujourd’hui.
L’aspect “bête noire” est selon nous bien visible dans “Shape of Love” avec cette introduction dans le morceau presque effrayante grâce au carillon et aux notes de piano dissonantes. Les mélodies de voix et la production créent une atmosphère inquiétante qui pourtant revêt un aspect plus rassurant et joyeux sur le refrain. Il semble qu’ici le rêve et le cauchemar ne font qu’un pour créer un univers complet et uniforme où les filles acceptent les difficultés du monde et de l’amour “don’t care ’bout the shape any pain I can take, we hurt and we cry, sometimes we smile” (je m’en fiche de la forme, je peux supporter la souffrance, on a mal, on pleure, et parfois on sourit).
Au delà du rêve : la nostalgie et les émotions
“Blue Valentine” est une title aussi équilibrée que satisfaisante. Elle oscille entre les couches vocales principales et de nombreuses harmonies très bien conçues , réalisées par les membres dont on connaît le talent vocal. Le refrain pop-rock avec une progression rappelant la musique japonaise et addictif contraste avec certaines parties de couplets qui accélèrent subitement ou encore la phrase scandée sur une instrumentale drum & bass. La dynamique de la chanson peut changer complètement d’une phrase à l’autre tout en gardant une certaine cohérence. On retrouve l’esprit “mix” qui est éponyme pour le groupe. Les adlibs et les falsetti ajoutés tout le long du son, ainsi que l’outro très douce sont le résultat d’un pari réussi de la part de NMIXX : faire une chanson originale, qui détonne tout en rassemblant.
C’est selon nous une des meilleures title tracks du groupe. A l’écoute, “Blue Valentine” arbore une certaine nostalgie intangible, sans doute grâce à la progression d’accord utilisée. Le choix des notes, des mélodies, de la structure, sont ressentis comme un voyage auditif doux-amer.
NMIXX est un groupe aux voix propres à inspirer des émotions différentes. C’est encore le cas dans “Game Face”, une b-side pop simple qui ne dénote pas à leur discographie habituelle, à savoir un refrain entraînant et de jolies harmonies. Sur ce titre, c’est le pré-refrain qui se distingue avec une progression d’accord inattendue, presque épique. “Crush On You”, autre titre pop cette fois plus dansant , joue quant à elle sur le sentiment amoureux avec ses paroles romantiques et ses références à la musique “jazzy, classy, swaggy, fuzzy”. Contrairement à “ADORE U” qui assume complètement le genre rock et les sentiments dévastateurs “hors de contrôle”. Dans ce titre, la guitare et les percussions accompagnent avec douceur les voix des membres qui n’hésitent pas à faire des notes très aiguës. Un de nos titres préférés de l’album.
NMIXX, reines du club
Le groupe prend les rênes du dancefloor avec des titres EDM très dansants et un travail remarquable sur le mixage et le mastering. Avec “Reality Hurts”, on se retrouve dans un morceau expérimental techno industriel à la Nine Inch Nails des années 90 ou à la aespa à ses débuts. Les instruments saturés et l’omniprésence des percussions nous envoient directement dans une boîte de nuit futuriste, ou dans un jeu vidéo sci-fi où la réalité serait restée à l’entrée. Un morceau qu’on imagine aisément joué à hauts décibels sur des enceintes adéquates,
“RICO” nous emmène quant à elle dans un club latino avec ses percussions reggaeton et son refrain entêtant répété en espagnol. Si certains titres sont plus émotifs et nostalgiques, ici l’objectif est de danser, et cela fonctionne! Loin de la redite d’un genre très populaire, NMIXX s’approprie l’esthétique sonore du raggaeton pour y apposer leurs superbes voix.
Les deux morceaux se suivent et font monter la pression dans l’album alors que les auditeurs n’ont envie que de danser et de suivre le rythme. Le titre électro-pop “PODIUM” ne fait que confirmer l’aspect “club” et s’inscrit pleinement dans l’esprit K-pop par ses sonorités. Quelques mots en espagnol et un refrain puissant ponctué par un mot fort (pandemonium) en passant par un pont long et travaillé, et le tour est joué. Produite par Ryan Jhun, producteur célèbre de la SM Entertainment ou encore de IVE, “PODIUM” est probablement le son le plus “K-pop” de l’album.
Des remixes de “O.O” : Pt.1 (Baila) et Pt. 2 (Superhero)
Après ce voyage novateur et parfaitement réussi, NMIXX nous ramènent dans le passé avec les deux remixes de leur première title track : “O.O”. Réenregistrées sans Jini, membre qui a quitté le groupe, a priori, on se demande quelle est l’utilité de ces deux titres sur l’album. La réponse arrive vite puisqu’on se retrouve avec deux versions complètes de chacune des chansons, qui étaient entrecroisées dans la version originale. La première est aussi intense, saturée et presque agressive que la deuxième est joyeuse, entraînante et naïve. Le mélange ne fonctionnait pas forcément à l’origine à tous les endroits ; ici nous avons donc droit à deux chansons en leur propre nom, “finies” entièrement. La partie 2 a notre préférence, car débarrassée de la comparaison avec l’introduction, le titre est enjoué et sait mélanger hip-hop, rock et parties vocales fortes. Pari risqué et donc réussi pour NMIXX, qui avaient commencé à jouer ces versions en live il y a quelques mois.
Conclusion
NMIXX livrent avec cet album un mélange détonnant, parfaitement produit et mixé. Le travail des voix notamment est admirable, alors que la K-pop nous a dernièrement déçu avec des mixages qui laissaient à désirer. A l’aise dans tous les genres et même assez pour les dépasser, les membres ont toutes leur moment de gloire pour briller musicalement. Esthétiquement, musicalement, tout est cohérent et aucun des morceaux ne semble être un passage obligé ; ce sont au contraire des expérimentations voulues et mûrement réfléchies. Nous sommes face à une des vraies pépites de cette année !
My Bias is Showing est originellement un webtoon sorti en 2021, comprenant deux saisons de 20 épisodes. En 2025, le webtoon a été adapté en K-drama de 10 épisodes, gardant le même titre, avec l’acteur Kim Kang Min (My Roommate is a Gumiho et The Red Sleeve) et Kevin, membre du groupe Omega X.
L’histoire suit le jeune professeur Na Ae Joon qui, un beau matin, tombe nez-à-nez face à son bias Choi Si Yeol dans les couloirs de son école. Alors qu’il essaye de cacher son statut de fan, Si Yeol le choisit comme co-star pour sa nouvelle émission. Cette situation met en péril le secret de Na Ae Joon, qui ne semble pas être le seul à en garder un…
Quand l’idol devient le fan…
Lorsque le casting de la série a été annoncé, beaucoup ont été amusés de voir Kevin, lui-même idol et membre du groupe Omega X, dans le rôle du professeur Na Ae Joon. On y retrouve également Jung Hoon, autre membre d’Omega X dans le rôle de JJ.
Ce sont les 2ème et 3ème membres du groupe à intégrer le casting d’un drama BL (boy’s love) après Hangyeom dans “Jazz for Two” en 2024, mais Kevin est le premier a avoir le rôle principal. Un choix audacieux qui, finalement, s’avère être une vraie réussite.
Kevin impressionne agréablement par sa représentation de Na Ae Joon, qu’il dépeint avec une précision notable. Son éventail d’émotions – qu’il s’agisse de l’excitation, de la joie, du malaise ou de la tristesse – se caractérise par une authenticité peu commune. Une scène dramatique se montre particulièrement touchante, animée par une réelle force émotionnelle qui exprime toute la souffrance et le sentiment de trahison du personnage. Une scène qui a d’ailleurs été difficile à tourner selon Kim Kang Min qui s’est confié à nous lors d’un évènement presse.
Face à lui, Kang Min offre une interprétation tout aussi précise dans le rôle de Choi Si Yeol, un idol distant et indifférent, mais marqué par une confusion émotionnelle au fur et à mesure que ses sentiments pour Na Ae Joon se développent. Leur interaction à l’écran, à la fois authentique et émouvante, témoigne de l’équilibre parfait qu’ils forment en tant que duo.
Quelques différences entre le webtoon et la série…
[attention, cette partie contient des spoilers.]
L’adaptation de My Bias is Showing se livre à diverses modifications par rapport au webtoon de départ. Par exemple, dans le webtoon, Na Ae Joon est le cousin du leader du groupe A-One, alors que dans la série télévisée, il reste le cousin, mais du manager de Choi Si Yeol.
Une autre différence marquante est lorsque Na Ae Joon dévoile le secret de Choi Si Yeol, la réaction et la réconciliation se prolongent bien plus longtemps dans le webtoon — six chapitres complets, par rapport à seulement deux épisodes dans la série. Probablement à cause du format court de 10 épisodes.
Dans la version webtoon de My Bias is Showing, la raison de la rupture entre Ju Ha et JJ n’est jamais dévoilée, et les deux se remettent en couple lors d’un épisode spécial. Dans la série, on apprend la raison de leur rupture lors du dernier épisode et les deux se remettent ensemble pour le final.
[fin de la partie spoilers.]
Un dernier regret…
Une scène assez importante du webtoon n’a pas été mise dans la série : celle dans laquelle un père d’élève accuse Choi Si Yeol de distraire les élèves par sa présence à l’école et Na Ae Joon tente d’empêcher Si Yeol d’entendre les accusations, en vain. C’est une scène assez importante car c’est la première fois que Si Yeol est vraiment touché par la gentillesse et la naïveté de Na Ae Joon. Grâce à ça, il commence à douter de ce dont il l’accuse et il commence à ouvrir son cœur au professeur.
Conclusion
Cette adaptation de My Bias is Showing, même si elle est abrégée et simplifiée sur certains aspects, demeure une belle réussite. Elle parvient à traduire l’essence du webtoon grâce à une performance authentique et une alchimie évidente entre les acteurs : le croisement de deux univers, celui de la célébrité et celui de la vie de “tous les jours”, ainsi que l’émergence d’émotions surprenantes.
C’est un drama très réussi, qui a su trouver (et charmer !) son public (8.3/10 sur Nautiljon et 8/10 sur MyDramaList).
Découvrez « Pyramid Game » un drame horrifique et psychologique dans un lycée publié par Naver Webtoon.
RÉSUMÉ OFFICIEL
Tous les derniers jeudis du mois, un jeu d’élection cruel commence en classe. Seong Su-ji pourra-t-elle survivre dans cette classe infernale ?
FICHE TECHNIQUE
Scénario/illustrations : Dalcognac
Langue d’origine : Coréen
Nom original : 피라미드 게임 (pilamideu geim)
Plateforme : Naver Webtoon
Année : 2020-2022
Nombre d’épisodes en ligne : 105, histoire terminée
SYNOPSIS
Chaque mois, dans la classe 5 de la deuxième année du lycée Sarang, ironiquement surnommée “Happiness Class”, les élèves jouent à un jeu bien particulier. Un concours de popularité nommé “Pyramid Game” qui s’avère être bien dangereux. Notées de A à F, chaque fille se voit attribuer un rôle en fonction du nombre de votes reçus. Le rang A n’est attribué qu’à une personne – elle est intouchable et peut donner des ordres aux moins bien notées, et ainsi de suite. Celles en F sont les souffre-douleurs attitrées. Tout est permis avec elles, de la simple gifle aux pires violences physiques et morales.
Tout va changer avec l’arrivée de Su-ji, la nouvelle élève avec un sens de la morale affuté.
LES PERSONNAGES PRINCIPAUX
Attention – quelques spoilers mineurs à venir
Seong Su-ji : Su-ji arrive à Sarang High School après avoir déménagé pour suivre sa mère qui travaille dans l’armée. Dans sa nouvelle classe un peu spéciale, un concours de popularité est tenu chaque mois. Celui-ci est même une question de survie : plus une élève est basse dans le classement (la pyramide), plus elle est à risque d’être harcelée physiquement et mentalement.
Lors de son premier classement, Su-ji est notée F – le score le plus bas. Elle devient alors bouc émissaire attitrée pendant un mois. Les autres élèves de la classe la forcent alors à boire des eaux usées ou l’enferment dans une pièce pleine d’insectes. Aux côtés de Myung Ja-eun, Su-ji découvre une violence inouïe qui semble être menée par Baek Ha-rin.
Su-ji décide alors de mettre fin à ce jeu cruel, quoi qu’il en coûte. Elle est rationnelle et tout aussi futée que les autres filles de sa classe, l’aidant à mener à bien ses plans.
Myeong Ja-eun : Ja-eun est depuis le début du Pyramid Game classée F, le rang le plus bas possible. Elle est la victime attitrée, subissant les coups de ses camarades sans broncher, pensant même mériter ce traitement. Plus que cela, Ja-eun refuse de voter elle-même et accepte son statut perpétuel de F.
Bien qu’elle soit initialement froide, ne souhaitant pas parler à Su-ji, on apprend rapidement que Ja-eun a un grand cœur et est en réalité très sensible. En s’ouvrant à Su-ji, Ja-eun gagne petit à petit confiance en elle. Pourtant, pendant longtemps, elle continuera d’être persuadée qu’elle mérite d’être harcelée et ne se défendra pas toujours.
Il sera révélé plus tard que Ja-eun et Ha-rin étaient proches lorsqu’elles étaient enfants, et que Ja-eun l’aurait trahie. Ha-rin se venge désormais, avec le Pyramid Game, de cette trahison.
Baek Ha-rin : Ha-rin est l’héritière du groupe Baektae, une véritable princesse que tout le monde aime au premier regard. Elle est belle et intelligente, sans compter que sa personnalité est agréable. Le groupe Baektae finance largement le lycée Sarang et l’on comprend que le principal obéit au doigt et à l’œil à Ha-rin, qui se révèle rapidement ne pas être aussi gentille qu’elle le laisse paraître. Elle est à l’origine de la “Happiness Class”, ayant choisi elle-même toutes les élèves.
Bien qu’elle ne soit pas entièrement à l’origine du Pyramid Game, elle en bénéficie largement en tant qu’élève la plus populaire et la plus crainte par son statut d’héritière de Baektae Group. Ha-rin est réfléchie et réussit à manipuler les gens autour d’elle en retournant chaque situation à son avantage.
Personnages principaux de Pyramid Game : Suji, Jaeun, Harin
NOTRE AVIS
Pyramid Game paraît parfois un peu fantasque dans son escalade dramatique. Les multiples rebondissements nous gardent en haleine tout au long de la lecture, mais peuvent parfois également créer de la confusion.
Les thèmes abordés sont assez crus et violents : harcèlement scolaire, violences physiques, agression sexuelle, dépression, cruauté… et le Webtoon de Naver ne ménage pas les lecteurs.
Si vous avez apprécié le K-drama “The Glory”, “Pyramid Game” vous plaira certainement puisque les sujets sont similaires, bien que l’histoire de “Pyramid Game” se passe uniquement au lycée. Ce Webtoon a également été adapté en série animée et en K-drama avec des intrigues différentes afin de maintenir un effet de surprise auprès des fans.
“Pyramid Game” est loin d’être un Webtoon léger. Bien au contraire, il est parfois difficile à lire et peut remuer de mauvais souvenirs pour des personnes qui auraient vécu des situations similaires. Pour autant, l’histoire reste intéressante avec des retournements de situation qui énervent ou font pleurer. Les personnages sont parfois frustrants, témoignant du pire de l’humanité, pourtant on ressent aussi une envie de justice tout au long des différentes intrigues.
Pour autant, difficile de ne pas recommander cette lecture passionnante ! Avec son atmosphère de thriller psychologique, le Webtoon “Pyramid Game” nous tient en haleine du début à la fin.
On vous parle du Webtoon publié par Naver, « Ex-Love Review », une romance universitaire dans laquelle la protagoniste a un drôle de pouvoir…
RÉSUMÉ OFFICIEL
Kong Giju, étudiante modèle à la faculté, a un gros point faible : elle ne tombe que sur les pires hommes. Encore une fois, son petit ami profite de sa gentillesse : Giju, agacée, entre dans une dispute violente et elle perd conscience. Lorsqu’elle se réveille, elle réalise qu’elle voit des avis sur les hommes… laissés par leurs ex ! Giju pourra-t-elle trouver un petit ami à cinq étoiles ?
Nombre d’épisodes en ligne (traduits en français, à la date de notre publication) : 28
LES PERSONNAGES
Kong Giju : Héroïne d’Ex-Love Review, elle réalise que son petit-ami profite de sa gentillesse pour lui extorquer de l’argent et vivre à ses crochets. Après s’être évanouie lors d’une confrontation, elle se réveille avec un nouveau pouvoir conféré par une simple bague en plastique que son ex lui avait offert. Désormais, elle peut voir les avis laissés sur chacun par ses exs, comme un TripAdvisor de l’amour !
Giju, fraîchement célibataire, ne connaît pas de répis puisque deux autres étudiants s’intéressent à elle après sa rupture : Haeil, un sunbae respecté à l’université qui n’a que des avis négatifs, et Minjae, le nouvel étudiant à l’aura de “golden retriever.”
Elle est également autrice d’un livre intitulé “Held Captive by a Mad Love”, publié avec un pseudonyme.
Yeon Haeil : Haeil est un étudiant populaire qui fait souvent l’objet de déclarations amoureuses. Son problème ? Il ne réussit pas à les refuser, même s’il n’aime pas la personne en retour. Alors, ses “reviews” sont catastrophiques – en moyenne 0.5 étoiles. A cause de cela, il a même fait une pause dans ses études. Son comportement paraît étrange et Giju se méfie initialement de lui, craignant qu’il soit une mauvaise personne. Haeil cache en effet bien des secrets.
Mo Minjae : Minjae a vingt ans et suit le même cursus que Giju, bien que plus jeune qu’elle. Ses parents sont deux acteurs renommés en Corée, mais plutôt que de suivre leurs pas, il préfère se challenger à l’écriture de scénarios. Il a néanmoins été accepté à l’université au travers d’un programme spécial – une faveur liée à sa famille ? Quant à sa seule revue, il s’agit de 5 étoiles suivies d’un “l’amant parfait”. Minjae s’éprend de Giju qu’il souhaite conquérir.
Giju, Haeil et Minjae, les protagonistes de « Ex-Love Review »
LE TON
La prémisse est suffisamment simple à comprendre – qu’est-ce qu’il se passerait si subitement, on pouvait voir ce que chaque ex pensait sincèrement de son ancien compagnon ?
Ce Webtoon est une lecture agréable et simple, qui ne prend que peu de risques en collant à certains clichés : un triangle amoureux, une héroïne pauvre et des love interests riches, des rivales féminines désagréables…
On sait rapidement quelle sera l’issue de l’histoire, le développement de l’intrigue amoureuse ne laissant aucune place à une ambiguïté qui pourrait nous tenir en haleine. Le “vainqueur” est déjà choisi alors même que les autres sous-intrigues ne le dépeignent pas comme un personnage que l’on a envie d’aimer. De l’autre côté, on ressentirait presque de la peine pour l’autre love interest. Il reste intéressant de voir l’héroïne, Giju, grandir et prendre confiance en elle après avoir décidé de ne plus se laisser marcher sur les pieds.
Pour autant, votre autrice lit avec plaisir chaque semaine le nouvel épisode publié sur Naver Webtoon. Le ton est léger avec des développements scénaristiques qui vont au juste rythme. Bien que prévisible, comme la majorité des Webtoons, l’histoire reste agréable à suivre. Nous vous recommandons donc de lire “Ex-Love Review” !
Et pour votre prochaine lecture, pourquoi pas « Marry My Husband » ?
Leur tournée mondiale DominATE à peine terminée, Stray Kids est déjà de retour avec un 4ème full album sous le signe de la célébration nommé KARMA, qui contient 9 nouveaux titres. Notre avis sur ce nouvel opus.
Le teasing de ce nouveau projet a commencé dès le 24 juillet avec une vidéo qui annonce la couleur : les membres de Stray Kids sont des joueurs et athlètes redoutables, prêts à gagner tous les prix.
Dans ce trailer, on entend “Seront-ils capables de battre leurs records passés?”. La réponse est oui puisque le groupe réalise la meilleure journée de leur carrière en termes de streaming dès la sortie de l’album le 22 août. S’ils sont récemment devenus les meilleurs en termes de vente en France et à l’international, KARMA explose encore davantage que leurs projets précédents, renforçant l’idée du karma stray kids. Selon les données Luminate, neuf titres de cet album se sont placés au Top 200 Spotify Global, et trois titres au Top 200 Spotify France.
La carrière du groupe suit une ascension continue, marquée par les succès qui s’enchaînent.
L’album et son contexte
Le nom du projet KARMA peut en étonner plus d’un.e alors que le groupe a pour habitude de faire des jeux de mots entre les différentes langues et alphabets qu’ils connaissent. C’était par exemple le cas de “HOP” avec un titre en Hanja (合), mais aussi de 樂-STAR (ROCKSTAR), pouvant signifier “rock” ou “joie” selon les contextes. Ici, un titre unique en anglais, KARMA, qui désigne un concept religieux commun à plusieurs cultures (comme l’hindouisme ou le bouddhisme) et correspond à l’ensemble des actions passées, présentes et futures d’un individu et ses conséquences. Dans le langage parlé, le karma est ce “retour de bâton”, qu’il soit positif ou non, de nos actions. On peut se demander pourquoi un tel concept pour Stray Kids ? Est-ce que leur succès actuel et leur reconnaissance mondiale serait pour eux le fruit d’un “bon karma”, comme ils le disent dans “CEREMONY” ? Ou est-ce que le karma n’est que la conséquence de leur travail constant depuis leurs débuts ? Quoi qu’il en soit, l’idée de connaître la juste rétribution des actions passées semble cohérente à cette étape de leur carrière.
Le jeu de mot et la double définition de KARMA apparaît lorsque Bang Chan révèle que la prononciation du mot s’entend aussi “calmer” (“plus calme” en anglais). Etonnant quand on comprend qu’ils n’ont pourtant pas l’intention de se calmer musicalement.
삐처리 BLEEP : la fin de la censure
L’ordre des titres dans un album est rarement anodin chez Stray Kids. “삐처리 BLEEP” donne ici le la. Changbin nous dit que c’est la chanson “la plus Stray Kids” de l’album. L’utilisation de la basse dès l’introduction, le sample “what the–” suivi de ce bip suffisent à créer l’atmosphère rebelle voire chaotique qu’on connaît au groupe. Pour autant, les parties vocales restent puissantes et la mélodie du pré-refrain vient créer une transition parfaite avec la dissonance du refrain. On passe des voix chantées de Seungmin, I.N et Lee Know qui clament ne pas entendre les critiques aux voix saccadées de Felix et Hyunjin puis Chan et Changbin sur le refrain, introduites par un sample du bip censure. L’instrumentale derrière reste elle-même dissonante alors qu’on entend du synthétiseur et de la batterie, ensuite rejoints par des cordes pour plus de puissance.
Ici le titre “삐처리” (bbicheori) / “BLEEP” est l’écriture typographique de la censure. Lorsqu’un mot ne doit pas être prononcé, c’est 삐처리 qui le remplace. Il semble ici que Stray Kids se libèrent de la censure et de ce qui les enchaîne. On l’entend dans le refrain lorsque chaque mot listé est suivi de “삐처리” dans une répétition binaire.
Fail (삐처리), frail (삐처리)
Lazy (삐처리), hazy (삐처리)
Rumors (삐처리), boomers (삐처리)
Yada, yada, noise cancellation
Les couplets de rap après le premier refrain sont cruellement efficaces alors que Changbin débarque avec une nouvelle dissonance à la suite d’une note de basse. Dans son couplet est placée toute la thématique même de “BLEEP” : la passion, les actions qui mènent au succès et le sentiment d’auto-réalisation qu’ont les membres. Il dit qu’”abandonner est une note dissonante”. C’est ainsi que le fond rejoint la forme puisque Changbin fait une pause dans son rap en fredonnant une fausse note. Cet effet stylistique met en avant l’intention du couplet.
Ce titre est une manière efficace d’entrer dans l’album KARMA, pour plusieurs raisons. D’une part, elle évoque littéralement le concept principal du projet, à savoir la passion fulgurante et la soif de réussite en dépit des obstacles. Si Stray Kids en sont là aujourd’hui, c’est parce qu’ils n’ont jamais cessé de croire en eux et leur travail, une forme d’ego-boost plutôt que l’ego-trip habituel. Si l’on peut penser que “BLEEP” cherche à moquer les critiques extérieures, ils cherchent aussi à censurer leurs autocritiques et leurs doutes. D’autre part, “BLEEP” est un morceau typique de la mala taste, avec une construction étonnante et des choix stylistiques risqués qui pourtant forment un morceau cohérent et unique. En somme, une introduction made in Stray Kids.
CEREMONY : l’heure est à la fête
“Yeah we gon celebrate ‘cause we got good Karma”
Cœur de l’album, la title track “CEREMONY” nous avait été teasée par le groupe à plusieurs reprises. Le choix de la chanson principale est forcément important pour le groupe et soulève souvent des débats. Ici Changbin nous révèle que c’est HAN qui leur a dit le mot “CEREMONY” lorsqu’ils cherchaient un thème correspondant. C’est alors que l’idée de célébrer leur est venue comme un cadeau de remerciement pour les STAYs qui ont rempli des stades entiers lors de leur tournée. L’idée était pour eux de créer un titre sur lequel fêter une victoire, d’où l’ajout du chant “Hip Hip Hooray”, utilisé en Australie (mais aussi plus largement dans le monde, y compris en France).
Sans perdre leur humour, Stray Kids évoquent leur célébration, avec des comparaisons amusantes comme celle de I.N “Jump up, jump up / like a pop-up, toaster, lift” (saute, saute, comme un grille-pain).
Le refrain étonne à la première écoute par sa façon de prendre le contrepied des couplets, sans réelle mélodie. Mais on comprend vite l’effet recherché, celui d’un groupe chantant sa victoire. On s’imagine tout de suite dans une arène ou une salle face à des athlètes qui auraient gagné un trophée. En plus des onomatopées, la production est construite sur des bruits de sirènes et des samples de cuivres qui ressemblent presque à un mégaphone.
Sans transition, c’est HAN qui commence son couplet, le point focal du morceau. Son flow, couplé aux multiples coupures dans la production, est particulièrement satisfaisant à l’écoute. Non seulement ses paroles sont percutantes, mais il arrive aussi à créer un moment iconique, avec ce “kiss” et ces “vroom vroom bow” qui ne suivent pas le rythme mais le façonnent.
Métaphore filée et structure disruptive
Il continue encore la métaphore de la célébration en évoquant leurs mains pleines de récompenses. Le clin d’œil aux cérémonies de récompenses et discours qu’ils font constamment rend bien hommage au thème de la célébration et est tout à fait d’actualité pour eux.
La chanson se conclut sur une outro des plus efficaces par Felix, avec la fameuse phrase “yeah we gon’ celebrate cause we got good Karma”. C’est d’ailleurs cette outro qui retient notre attention et qui a été choisie pour les teasers et les challenges, sans grande surprise. Il s’agit là de ce qu’on imaginait être l’accroche de la title, voire même le refrain complet. Le morceau se finit assez brusquement en nous laissant quelque peu abasourdi par cette cérémonie.
La title track est complètement dans la veine de ce que Stray Kids a pu proposer par le passé, avec des samples connus, une utilisation des voix des membres assez classique avec Changbin en introduction, Seungmin sur le pré-refrain, HAN en second couplet ainsi que Felix sur les phrases percutantes. Pour autant, la structure est quand même parvenue à surprendre puisque le premier refrain est “vide” et les couplets s’accélèrent sans se ressembler avant d’arriver à un second refrain qui devient lui-même une outro. On se retrouve ainsi avec un morceau en déséquilibre, comme si l’ordre n’était pas de mise dans une célébration. Si d’un premier abord on regrette qu’ils ne mettent pas la mélodie dans le premier refrain, on comprend en fait son arrivée tardive comme si elle se faisait attendre pour monter sur la première marche du podium.
Un clip de champions ?
Pour le clip, chaque membre s’inspire du monde du sport. Seungmin et Lee Know sont des pilotes de voiture de course, Hyunjin est pilote de deux roues. Han quant à lui est champion de football américain (avec une balle pourtant ronde). I.N est champion de tennis, alors que Changbin est présentateur de catch. Bang Chan est à la fois chauffeur de salle et représentant de l’hymne “hip hip hooray”. Enfin, Felix est joueur de tennis de table, avec un certain flegme puisqu’il observe les matchs depuis sa tour d’observation.
Si chacun semble avoir son rôle, on comprend pourtant que leurs univers sont liés par cette balle “SKZ” que l’on retrouve dans tous les jeux, même si elle n’a rien à faire là. Ils sont des athlètes de toutes les disciplines, comme Lee Know qui breakdance en tenue de baseball, et se retrouvent à faire des prouesses différentes de leur sport. Stray Kids seraient-ils des skins utilisables dans différents jeux ? Si l’on en croit le cameo final de FAKER, joueur professionnel de League of Legends, actuellement dans l’équipe T1, ils sont bien des personnages de jeu vidéo sélectionnés par ce dernier. Son apparition est d’ailleurs notable quand on connait sa réputation en Corée du Sud comme sur la scène internationale. En effet, il est un des joueurs les plus renommés et populaires de sa génération. Par ailleurs, Felix est particulièrement fan de lui, étant lui-même amateur de eSport et de League of Legends.
CREED : l’arrogance du travail acharné
Changement d’ambiance avec “CREED” qui commence directement par une instrumentale hip-hop, rappelant presque les introductions de cypher. Rapidement rattrapée par les percussions, les basses trap et la voix mélodieuse de Seungmin qui chante le refrain en dialogue avec Bang Chan. L’accroche est déjà lancée et on les suit volontiers sur ce morceau qui n’est pas sans nous rappeler “Easy”. On retrouve l’harmonie du duo de “TRUMAN” sur le premier couplet de rap et on est convaincus par la manière de poser leurs voix. Felix module son flow entre premières barres lentes en 4 temps, avant d’accélérer en 8 temps après avoir dit “Not a single second is wasted, time is diamonds”. HAN, toujours aussi percutant dans ses raps, module sa hauteur de voix en chuchotant presque avant de lancer ses mots comme des flèches en l’air.
La force de Stray Kids réside souvent dans leurs pré-refrains où de belles mélodies ressortent. C’est le cas ici où on arrive progressivement vers le reste du morceau, dans un mélange d’autotune et de synthétiseur qui nous invitent à “speed up” jusqu’au refrain. Toujours dans une ambiance trap, le refrain est catchy et garde cette arrogance. C’est une production efficace, entraînante et presque addictive puisqu’on a beau trouver les paroles un peu goofy (drôles / peu sérieuses) on a envie de les chanter.
Sur “CREED” s’opère un bel équilibre entre les parties chantées et les couplets de rap qui structurent le morceau. Sur le deuxième couplet, Hyunjin et Felix se partagent quatre barres chacun et Changbin huit barres; créant une dynamique nouvelle. Les percussions s’arrêtent pour le laisser commencer sur sa première barre, avant d’accompagner de nouveau son flow si incisif : du classique Changbin. On note la référence à “My Pace” dans sa dernière phrase.
On souligne également le clin d’œil à l’univers de la boxe qui prend tout son sens au vu de la thématique générale de l’album.
엉망 / MESS : la tempête sous un crâne
Sur un air emo-rap, “MESS” nous emmène dans un univers beaucoup plus introspectif. Ici, il est question de sentiments puissants et conflictuels personnifié par ce “mess”, ce désordre.
L’interprétation des membres du groupe laisse en effet une large place au désespoir et à cette envie, ce désir d’exprimer des émotions “messy”. Les membres le disent d’ailleurs très bien dans l’INTRO, Bang Chan a le type de voix qui fonctionne très bien avec ce genre assez dramatique et émotionnel : on sent ici toute la dimension du conflit intérieur. Ils le rapprochent de la technique vocale utilisée dans “i hate to admit”, un de ses SKZ-RECORD. La mélodie nous fait parfois penser au style de Ash Island, tout comme l’utilisation d’effets de vocodeurs sur leurs voix, qui mettent en valeur certains timbres, mais en dessert d’autres. Sur le refrain quelques notes aigües auraient méritées d’être plus brutes pour faire davantage entendre les émotions des chanteurs.
Celles-ci sont bien retranscrites dans des paroles introspectives comme :
“Désormais mon coeur est vide, mes émotions sont dispersées et brisées. J’ai peur de ce qui va arriver si les choses restent ainsi. Toutes ces pensées dans ma tête sont en désordre” (내 머릿속에 모든 생각이 엉망).
Le mot 엉망 (eong-mang) est important ici et répété à deux reprises dans le refrain faisant références aux pensées (생각) mais aussi aux émotions (감정들). Ainsi, le désordre semble se refléter à la fois dans la tête comme dans le cœur du protagoniste qui reste seul face à ses regrets, sa tristesse et aux souvenirs de l’autre. Ce morceau est par ailleurs un vieux projet que les membres ont décidé de sortir en 2025 avec un nouvel arrangement.
In My Head : quand les angoisses se transforment en pop rock
Cette chanson est une de mes préférées de l’album, par sa simplicité et son aspect emo/pop-rock américain. Dès le début du morceau, quelques accords de guitares acoustiques et des paroles en anglais adressées directement à l’auditeur (et à soi-même) nous plongent dans l’atmosphère des années 2000. On pourrait comparer “In My Head” à un titre des 5 Seconds of Summer, voir Simple Plan ou Avril Lavigne pour les plus anciens. En somme, une mélodie très satisfaisante à l’écoute dès le début du morceau, qu’on chante aisément en même temps qu’eux jusqu’au refrain aux airs d’hymne.
De plus, on retrouve ces thématiques chères à Stray Kids et qui ont fait leur succès à leurs débuts à savoir les batailles internes, les inquiétudes ressenties. Ils décrivent cet état de désordre et de torpeur de laquelle il est difficile de sortir quand on y est plongé.
Ils posent des questions rhétoriques “when will it ever stop ?” (quand cela va t’il s’arrêter?), “But I’m gone, where is my mind headed for?” (mais je ne suis plus là -ndlr mentalement-, vers où se dirige mon esprit ?). En ce sens, il semble que la musique permet de sublimer ces émotions négatives. Porté par l’écriture et la composition, ce désespoir prend une forme plus douce. Stray Kids ont réussi à écrire un morceau pop-rock efficace auquel on peut s’identifier.
Mention spéciale au premier refrain chanté par la rapline Changbin et HAN qui nous prouvent qu’ils sont en plus de bons chanteurs. J’apprécie ici la tonalité du premier qu’on a encore peu l’habitude d’entendre sur ce registre, bien que vocalist Changbin soit dans mes favoris.
반전 Half Time : le show ne fait que commencer
De manière évidente, “Half Time” se situe presque à la moitié de l’album, comme une mi-temps à la cérémonie de célébration. Cette chanson, qui était aussi en lice pour devenir la title track de l’album, est un retour à l’énergie made in Stray Kids après deux titres plus émotionnels. Elle arrive comme une explosion avec son instrumentale bien plus rapide et ses bruits de cymbale et de percussion, mais aussi de sifflet alors que Changbin prononce les mots “whistle” et “hustle” qui par ailleurs forment des allitérations. C’est bien lui qui commence le track et qui lui donne cet aspect plus “puissant” et audacieux d’une chanson de mi-temps. Rapidement accompagné par Hyunjin avec qui un nouveau dialogue s’opère, on comprend que la balle se passe entre les différents joueurs du groupe qui ne sont autre que les membres.
Théâtralité et freakshow
La théâtralité reprend de plus belle avec ce pré-refrain de Seungmin qui nous rappelle “CASE 143” “they don’t know what’s coming next” (ils ne savent pas ce qui arrive après). Ceci suggère bien que Stray Kids ont des surprises en réserve et qu’on en est à peine à la mi-temps de leur grand acte. Le couplet de Seungmin continue de proposer des variations avec cette répétition “Trippin’ and trippin’, 대성공을 trappin’” (trébuchant et trébuchant, attrapant les récompenses). Si la traduction en français perd le charme de l’originale, il y’a pourtant une paronomase entre “trippin” et “trappin”. C’est le rapprochement deux mots dont l’orthographe et le son sont quasi similaires mais dont le sens diffère. Ici ils rapprochent donc deux notions différentes qui pourtant se complètent car des trébuchements se nourrit le succès.
Coup de cœur pour cette partie du morceau qui nous sort complètement du jeu pour justement nous lancer dans une pause musicale, une mi-temps. L’interprétation de Felix sur le deuxième pré-refrain diffère en plus de celle de Seungmin et apporte un caractère un peu plus clownesque. On s’imagine au milieu d’un cirque ou d’un freakshow à la The Greatest Showman rien qu’avec ces quelques lignes.
Le pari de Stray Kids de nous emmener faire la fête et célébrer est donc réussi avec “Half time” puisqu’après le freakshow vient un refrain pop entraînant. Comme ils le disent “I’m just getting started” (je ne fais que commencer). C’est l’heure du show qui va crescendo puisque le dernier refrain est chanté (en partie) en chœur avec une tonalité au-dessus et une farandole d’ad-libs ajoutés. On souligne le caractère de cette chanson qui nous fait passer d’un début de match à la mi-temps au grand spectacle tout en même temps. On comprend aisément pourquoi le groupe avait pensé à en faire une title japonaise, elle a tout à fait cette ambiance qu’ils donnent à leurs comebacks en cette langue, comme “CIRCUS” ou “Social Path”.
Phoenix : l’heure de la renaissance
C’est ensuite un titre EDM drum & bass que Stray Kids nous propose avec “Phoenix”, qui a d’ailleurs servi de piste de fond au medley de l’album. Au moment où il a été composé, Changbin nous avoue avoir été fan d’Avicii, d’où son inspiration. Par ailleurs, les fans avaient déjà pu l’entendre il y’a quelques années lors d’un live de la Chan’s Room, dans une version “EDM pure”.
“Phoenix” évoque naturellement l’univers de cet oiseau mythique qui symbolise la résurrection. En filant la métaphore de la renaissance du déploiement de leurs ailes, Stray Kids y évoquent leur musique. Tout en ambiançant les auditeurs et probablement les foules s’ils la performent, ils utilisent des paroles simples et faciles à suivre.
Il s’agit d’un titre qu’on peut aisément imaginer comme un ‘radio edit’ simple et efficace emprunt de messages d’espoir.
On est agréablement surprises de la voix de Felix en introduction de chanson, qui nous montre ici une nouvelle couleur vocale. Ce n’est plus dans sa tonalité grave mais plus aiguë ici qu’on l’entend. Globalement, chaque membre est mis en avant par un très bon mixage de leurs voix.
Ghost : un corps flottant dans l’espace
Stray Kids proposent avec “Ghost” un morceau qui s’appuie sur une instrumentale glitch et big beat (genre officiellement affirmé), où les percussions et le synthétiseur jouent un rôle central. L’accent est mis sur le rythme, donnant une identité sonore immédiate, très propre au groupe. On se retrouve ici avec une b-side assez classique des anciens albums. La structure et la thématique sont des éléments qu’on retrouve au long de leur œuvre, notamment la sensation d’être perdu, et de littéralement se comparer à un “fantôme”. En effet, “‘cause to this day i’m still astray” est par exemple une belle interpolation à d’autres titres comme “Lonely St.” ou tout simplement à leur nom de groupe “Stray Kids”.
Le morceau s’ouvre sur Hyunjin, avec toujours cette intonation très sûre d’elle avant de laisser place à Seungmin, dont la voix claire apporte un contraste remarquable. Le premier pré-refrain de Felix et Lee Know qui ajoute “I lost my way”, toujours dans ce souci d’interpolation, installent un climat de doute et de recherche. Le refrain, d’abord assuré par Bang Chan et I.N, est moins imprégné de percussion en étant beaucoup plus mélodieux. Par ailleurs, l’accroche est bien amenée ici et on la retient rapidement.
La structure classique de Stray Kids frappe ensuite avec un retour du rap de Changbin, suivi d’un passage mi-chanté de Han, qui apportent du corps au morceau. Le bridge met en avant Felix, accompagné d’ad-libs et d’une voix filtrée « radio » de Seungmin, créant une sorte d’expérimentation aussi douce à l’oreille.
Ce qui frappe dans “Ghost” selon moi, c’est l’équilibre des voix, parfaitement réparties et mixées. Si ce titre peut sembler plus classique, donc légèrement en retrait par rapport à d’autres morceaux de Stray Kids, avec une semaine de recul, elle est en fait cruellement efficace. Le jeu sur le champ lexical de l’espace et de la matière “space and time”, “sunlight” “empty space” ajoute une dimension subtile au texte. Bang Chan nous révèle dans l’INTRO qu’elle avait été écrite en même temps que la chanson “Holiday”, dont le repos était le thème principal. En toute cohérence avec la métaphore du fantôme sans âme qui flotte dans l’espace, dans une sortie d’ “expérience hors du corps”.
0801 : un cadeau lumineux pour les STAY
Avec “0801”, Stray Kids livrent un titre directement adressé à leurs fans, les STAYs. Le chiffre choisi pour le nom de la chanson n’est pas anodin : il correspond à la date d’anniversaire officielle du fandom, le 1er août.
Si Stray Kids ont l’habitude de faire des chansons “fan”, comme “You can STAY” ou “Youtiful” entre autres, ce morceau se distingue par son univers un peu moins dramatique qu’à leur habitude : très pop, léger, qui fonctionne très bien pour l’été. Les couplets mélodieux offrent une belle progression vocale qui met en valeur la diversité des timbres des membres. Il est marqué par une ambiance chill et synth-pop, facile à écouter et à suivre dans n’importe quelle circonstances. Dans l’INTRO, les membres la comparent à un titre nostalgique qui nous renvoie en enfance.
Le refrain est catchy et propose des paroles réconfortantes. On pense notamment au rythme ternaire, “I’ll stay forever, oh I’ll stay here” (je resterai pour toujours, je resterai là) se conclut dans un quatrième temps avec “I’m right here” (je suis juste là), créant un sentiment de proximité. En effet, Stray Kids disent à leur fans que, dans un sens, ils sont déjà là au travers de leur musique et de leurs contenus.
Le réconfort se lit notamment dans toute la chanson, où les membres nous disent “I know how it feels to be alone” (je sais ce que ça fait d’être seul.e). Cela résonne comme une main tendue, en cohérence avec le motto du groupe : “Stray Kids everywhere all around the world.” En plaçant leurs fans au centre de la chanson, les membres rappellent qu’ils avancent avec eux, et pour eux. On note d’ailleurs la référence à « Grow Up« , présente dans leur mini album de début.
Par ailleurs, sur ce titre, Stray Kids a préparé un clip “Street Version” surprise pour les fans. S’ils avaient l’habitude de les faire sur leurs premiers albums, cela faisait plus de 6 ans qu’aucune n’avait été tournée.
CEREMONY (Festival Version) : Stray Kids en mode EDM
Pensée pour la scène, “Ceremony (Festival Version)” transforme la title track d’origine en un pur concentré d’EDM. Les voix des membres s’effacent légèrement pour laisser toute la place aux samples et aux bruitages, qui enveloppent l’auditeur dans une expérience sonore presque 360°. Le refrain, déjà dansant dans la version normale, l’est davantage ici. Le long du morceau, le fameux mot “karma” est répété frénétiquement, sur une tonalité plus élevée, créant une impression vertigineuse.
Par ailleurs, écouter cette version en Dolby Atmos (dispo sur certaines plateformes de streaming comme Apple Music) rend l’expérience tout à fait différente. Si je préfère naturellement la version originale, la force de Stray Kids est de proposer ces remix alternatifs pour s’adapter aux circonstances. L’ajout de ces versions est une nouvelle preuve de la polyvalence du groupe.
Conclusion
KARMA s’impose donc comme un projet à la fois festif et introspectif, en mélangeant la célébration et les promesses pour l’avenir. Stray Kids y célèbrent leur chemin parcouru, tout en semant des indices sur leurs prochaines ambitions et leur incapacité à ralentir. Le groupe confirme sa capacité à jouer sur plusieurs registres et plusieurs genres musicaux. Derrière la fête, il y a un travail acharné du groupe qui continue de payer. Stray Kids livrent ainsi un album cohérent, ambitieux, qui continue de respecter leur identité et qui marque une nouvelle étape dans leur ascension. Est-ce que le “karma” ne leur réussirait pas, finalement ?
Après “LOOP”, “Viola” et une tournée mondiale à succès, Yves fait son retour avec son troisième mini album Soft Error. Cette erreur intentionnelle proposée par l’artiste est un concentré d’influences diverses porté par un featuring avec PinkPantheress.
Yves est une idol qui gagne de plus en plus de reconnaissance sur la scène musicale internationale. Récemment, c’est “Dim”, un morceau tiré de son mini album I did qui est devenu viral sur TikTok avec sa propre trend “Il/elle ne le sait pas encore, mais…”. Après plus d’un an de carrière en tant que soliste, Yves revient avec un mini album intitulé Soft Error qui témoigne de sa croissance artistique.
Yves et Paix Per Mil
L’agence d’Yves, Paix Per Mil, est initialement derrière tous ses projets. Les producteurs internes, IOAH, Millic et BLAH étant à l’origine de la majorité des titres d’Yves. Pourtant, cette fois-ci, on retrouve de nouveaux noms comme Park Yechan, Bratty (également en featuring sur le titre “Aibo”) ou encore Rebecca Black pour l’utilisation d’un sample de son titre “Sugar Water Cyanide”.
Paix Per Mil est une agence qui semble convenir parfaitement à Yves, soutenant sa carrière et ses envies artistiques. En effet, elle est très inspirée par des artistes tels que Oklou, beabadoobee ou encore PinkPantheress. Cette dernière était déjà informée de l’admiration que lui porte Yves et les fans des deux artistes ont insisté sur les réseaux sociaux pendant des mois pour avoir une collaboration. Cela a visiblement fonctionné puisque l’on retrouve la chanteuse britannique à succès PinkPantheress en featuring et en production sur la title track “Soap”.
Cependant, il est dur de ne pas mentionner le boycott intenté par les Orbits (fans de LOONA) et Engdus (fans d’Yves) avant l’annonce de Soft Error. En effet, l’agence est dans la tourmente après un scandale concernant un employé accusé de violences sexistes et domestiques envers une ex-compagne.
De même, la production du clip du single de pre release “White cat”, déléguée à une agence externe, a été extrêmement inspirée (si ce n’est plagiée) d’une campagne de la marque Blumarine datant de 2022. Enfin, une photo teaserest épinglée pour sa forte ressemblance avec un photoshoot de Vogue China de septembre 2023. Paix Per Mil a répondu à cette controverse en expliquant que des problèmes internes dans l’agence les ont empêché de vérifier correctement les visuels proposés par l’agence SugarSpunSister.
Le boycott a finalement été abandonné quelques jours avant la sortie du projet par les fanbases d’Yves et LOONA pour des raisons de protection de la victime. Néanmoins, ces regroupements de fans participent activement à des levées de fonds pour une association luttant contre les violences sexistes et sexuelles commises contre les femmes en Corée du Sud.
L’agence Paix Per Mil, souvent encensée par les fans pour la liberté laissée à Yves, se retrouve tout de même dans les mauvaises faveurs des Engdus qui ne tiennent qu’à protéger leur idol.
Soft Error
Le roll-out de l’album a été plutôt rapide et simple. Annoncé le 20 juillet pour une sortie le 7 août, Yves a proposé quelques photos teasers ainsi qu’un single de pre release, “White Cat”.
Ce dernier a immédiatement rencontré un fort succès, non seulement auprès des fans, mais aussi sur TikTok. Sur l’application, le public général apprend avec surprise qu’Yves est une artiste K-pop tant elle ne correspond pas aux clichés répandus sur la toile.
Le titre est électro-pop avec des éléments d’hyperpop qui rappellent les artistes que l’on a mentionné récemment : PinkPantheress, Rebecca Black et encore même Caroline Polachek.
La catchline “Can’t be better than tonight” est reprise avec une sorte d’hallucination auditive dès la sortie du teaser de la chanson. “Capybara than tonight” devient un meme sur les réseaux sociaux et Yves elle-même reprend avec humour ce meme.
“White cat” est parfaitement choisie pour créer le buzz autour de l’EP Soft Error qui s’apprête à sortir. L’ambiance indie-pop qui reprend certains codes à la mode depuis la sortie de Brat de Charli XCX (qui avait déjà inspiré “Viola”) est entraînante et addictive.
La seule chose que l’on pourrait reprocher à “White cat” ? Des paroles entièrement en anglais qui n’ont parfois pas de continuité ou de sens. On pardonne facilement cela grâce à la production instrumentale prenante et la performance sans faute d’Yves – et surtout parce que l’ambiance globale du titre fait rapidement oublier cet aspect.
Deux featurings au sommet
La title track de l’EP Soft Error, “Soap”, est en featuring avec PinkPantheress que l’on retrouve sur le deuxième couplet ainsi qu’à la production du titre. L’artiste s’est fait connaître notamment avec le succès fulgurant de “Boy’s a liar” en featuring avec Ice Spice en 2022 et n’a cessé de gagner en popularité avec la sortie de ses albums Heaven Knows et Fancy That.
On connaît PinkPantheress pour son univers musical et visuel très inspiré des années 2000, des interpolations de samples intelligentes (comme “Do You Know What I’m Seeing” de panic! At The Disco dans son titre “Tonight”) et une voix aérienne reconnaissable.
Récemment, lors d’une séance de dédicaces, des fans lui ont parlé de la neuvième membre de LOONA et de l’amour qu’elle lui porte depuis longtemps. PinkPantheress, fan de K-pop assumée, a alors dit qu’elle aimerait collaborer avec elle. C’est chose faite sur Soft Error.
C’est peut-être l’énergie de l’univers qui nous a réunis. Lorsque je travaillais sur LOOP, j’étais très influencé par PinkPantheress et je me disais souvent : « Ce serait génial de travailler avec elle un jour ! » Je pense que l’amour et l’espoir que ses fans et les miens ont continué à manifester ont vraiment contribué à la concrétisation de cette collaboration. Heureusement, PinkPantheress a aimé le morceau, et tout s’est mis en place très naturellement. J’ai encore l’impression de vivre un rêve.
“Soap” démarre avec un sample du titre Rebecca Black “Sugar Water Cyanide” que l’on retrouve également en conclusion. La performance vocale d’Yves crée des nuances dans le titre très clubbing porté par des percussions assez typiques de la discographie de PinkPantheress.
Le titre est intéressant en continuité de “White cat”, reprenant les codes indietronica* et les fusionnant avec la patte artistique de PinkPantheress. Néanmoins, les paroles deviennent vite répétitives, le pré-refrain et le refrain étant similaires. Le deuxième refrain propose même cette répétition une troisième fois, à l’exception que la dernière partie est entremêlée de nouvelles paroles en coréen.
* L’indietronica est un genre musical né au Royaume-Uni qui mélange rock et musique électronique dans des contextes d’artistes indépendants (non signés dans des grandes maisons de disque .
L’outro est certainement la partie la plus mémorable, entre paroles en coréen et sample de Rebecca Black. Celle-ci aurait mérité d’être un peu plus exploitée.
Nous avons fini par sampler une partie d’un morceau de Rebecca Black. IOAH et moi avions discuté de la façon dont son énergie, en particulier dans l’intro et l’outro, pouvait vraiment rehausser la chanson. Heureusement, l’équipe de Rebecca s’est montrée très ouverte et aimable en nous autorisant à l’utiliser. Je pense que cela a permis de compléter le morceau.
Avec “Aibo”, Yves plonge dans des inspirations plus pop-rock. Grande fan d’Avril Lavigne, dont elle a déjà repris le titre “Complicated” à plusieurs reprises ou encore “Sk8er Boi”, ce n’est pas une surprise pour les Engdus. Bratty est l’artiste parfaite pour une telle collaboration puisqu’elle même possède une discographie très garage rock. Ce n’est donc pas une surprise de retrouver un titre pareil dans Soft Error.
Le titre « Aibo » parle d’une relation amoureuse intense qui semble mal se terminer et blesser la protagoniste. La personne est AWOL : absent sans être partie tandis que l’héroïne lui demande de lui faire “croire que tu m’aimes vraiment”.
Si l’on tente d’interpréter le titre-même de la chanson, “Aibo”, on pourrait parler du chien robot de compagnie de Sony. AIBO signifie alors “Artificial Intelligent Robot” ou “compagnon” en japonais. La protagoniste de l’histoire peut se sentir tel un chien de compagnie, courant après son maître pour un peu d’attention de sa part.
Un focus instrumental
“Mom” et “Study” sont des titres assez expérimentaux pour Yves. “Study” se concentre sur une ambiance électro et clubbing, les seules paroles au fil du titre étant “Let me try” (laissez moi essayer) ainsi que “It just didn’t arrive / Wasn’t a breakdown” (ce n’est juste pas arrivé / ce n’était pas un échec).
Yves ne chante pas réellement dans “Study”, la voix étant très robotisée. On pourrait même plutôt penser à un mix de DJ plutôt qu’à une chanson de K-pop sur un tel EP. Bien que le titre ait toutes ses qualités, il est regrettable d’avoir une chanson qui ne met pas réellement ses capacités de chanteuse en valeur. Bien qu’Yves soit également compositrice, on ne la retrouve pas dans les crédits de production qui reviennent à IOAH. Quitte à avoir un titre instrumental, il aurait été préférable d’entendre l’évolution d’Yves en tant que productrice et compositrice.
On comprend tout de même un message fort avec “Study” – étudier n’est pas tout. Même si l’on essaye et fait de son mieux, nos efforts peuvent ne pas aboutir.
Dans “Mom”, on retrouve quelques paroles supplémentaires, certainement sur sa relation avec sa mère. Cette mère lui apporte du réconfort en l’aidant à nettoyer ses vêtements, en lui disant de se couvrir avant de sortir et d’aller se reposer. Il s’agit d’une relation qui paraît banale mais qui est pourtant chère à beaucoup, dont Yves.
La mélodie est simple, nostalgique et chaleureuse tandis que la voix d’Yves est aïgue et autotunée, comme si la chanteuse s’éloignait émotionnellement de ce témoignage émouvant.
Les fans apprendront sur l’application de messagerie b+POP (similaire à Bubble ou Fromm) qu’Yves avait initialement écrit d’autres paroles pour « Mom ». Ces dernières n’ont finalement pas été intégrées dans le titre, ce qui est fortement dommage.
“Do you feel it like i touch” a su captiver les Engdus, mais pas que. Ce morceau a une production instrumentale aux tonalités presque dystopiques, portée par une basse profonde et quelques notes de piano qui frôlent parfois l’angoisse. Le morceau évolue d’une ambiance électro vers de l’électro-rock avec plus de guitare, de synthétiseur et de percussions, la voix d’Yves aïgue et masquée par un filtre qui amplifie toutes les émotions quasi-science fiction de l’instrumentale. On pourrait peut-être citer FKA Twigs en inspiration ici. Dans tous les cas, “Do you feel it like i touch” est l’un des morceaux les plus forts de l’EP Soft Error.
Conclusion
Soft Error est une belle continuité des deux EP précédents d’Yves, LOOP et I did. L’identité artistique et la direction prise par son équipe séduisent de plus en plus les auditeurs internationaux, la faisant régulièrement dépasser le million d’auditeurs mensuels sur Spotify.
“White Cat” et “Soap” sont parfaitement choisis pour représenter cette nouvelle ère de la soliste. On la retrouve dans des contextes musicaux indietronica qui collent à sa personnalité à la fois sage et timide mais aussi courageuse et audacieuse.
Nul doute aussi que le featuring de PinkPantheress va ouvrir de nouvelles portes à Yves pour se faire découvrir par un public encore plus large. “White cat” et “Do you feel it like i touch” seront ensuite là pour présenter la chanteuse et toutes ses qualités.
Le potentiel de Soft Error est immense, notamment grâce à cohésion de bout en large, et on ne peut qu’attendre que “Soap” ou “White cat” deviennent des sons viraux sur TikTok à l’instar de “Dim”.
Huit mois après la pépite DREAM()SCAPE, que nous avons adoré, le groupe NCT Dream retournent vers le futur avec un cinquième full album Go Back to the Future, en référence directe au film classique du même nom. Ils proposent donc 9 nouveaux morceaux dont un single sorti en pre-release “BTTF” et une title track “CHILLER”. On sort cette fois de l’univers onirique présenté sur les projets précédents pour entrer dans une nouvelle dimension : celle du voyage dans le temps. L’occasion pour eux de faire des références à leur carrière après presque 10 ans.
Lors de leur conférence de presse au Lotte Cinema World Tower ce 14 juillet, Mark définit le concept de la manière suivante : “cet album est à propos de sept excentriques (weirdos) qui découvrent accidentellement un hoverboard qui s’avère être une machine à remonter le temps.”. Voyageons avec eux à la découverte du projet.
NCT DREAM à la conférence de presse du 14 juillet 2025 au Lotte Cinema World Tower, Songpa District, Seoul, Yonhap
BTTF
Le premier morceau de cet album n’est autre que “BTTF”, sorti en pre-release le 8 juillet dernier avec un clip haut en couleurs. Si NCT Dream ont presque toujours eu des concepts très imagés et colorés, celui-ci ne déroge pas à la règle. On y voit les sept membres dans un semblant de conférence sérieuse qui se transforme vite en scène sci-fi absurde où chacun d’entre eux conduit un hoverboard vers de nouvelles dimensions temporelles. On les voit courir dans l’espace temps, rencontrer leurs anciens sets de clips, comme celui de “Chewing Gum” (leur début song). En somme, des clins d’œil tout à fait appréciables par les NCTzens sur fond de production audiovisuelle simple et amusante.
Musicalement, “BTTF” n’est pas sans rappeler les chants signature de NCT (toute unité confondues) avec des parties écriées en chœur sur “We gon’, we gon’, we gon’ turn the time, time, time”. On entre directement dans la chanson avec du synthétiseur doux et des basses rapidement rattrapés par ces chants, de quoi plonger avec eux. Si les fans ont vite fait le rapprochement avec “Punch” de leurs confrères NCT 127, c’est bien par cette puissance galvanisante et cette basse profonde en arrière plan. Pour autant, ils ont tiré le meilleur des membres ici en proposant un couplet rap de Mark et Jeno entrecoupé par une phrase chantée de Chenle. Le pré-refrain a une composition originale car on croirait avoir à faire à une jolie mélodie pour finalement retrouver du rap rapide, comme si nous planions dans l’inter-dimension avant d’être propulsés. Le refrain est aussi structuré en deux parties entre du chant mélodieux puis un chœur crié. La chanson est particulièrement rythmée et nous tient hors d’haleine dans une course contre la montre.
A la première écoute, difficile de s’y retrouver et de comprendre où va le morceau puisque tout va très vite, même les parties mélodieuses. On apprécie l’instrumentale et la prise de risque au niveau de la structure, là où on retrouve bien l’identité du producteur KENZIE. Toutefois, le titre manque selon nous d’une accroche distinctive qui nous permettrait de la garder en tête et de vouloir y retourner.
CHILLER
Second single et title track de l’album, “CHILLER” est également produite par KENZIE et pensée en diptyque avec “BTTF”. Il s’agit à la fois du préquel et du séquel de la première, selon l’ordre dans laquelle nous remontons le temps. Sorti le 14 juillet, au moment de l’album, le clip de “CHILLER” continue de nous emmener dans différentes dimensions temporelles. Cette fois-ci, le spectateur est lui-même sur l’hoverboard accompagné par Mark qui nous clame que nous n’avons pas à suivre les règles car c’est nous qui les créons. Il semble qu’ici NCT Dream cherche à s’affranchir de toutes lois de la physique. Par ailleurs, une partie animée façon jeu vidéo apparaît au beau milieu du clip, mettant les membres en scène comme des personnages à jouer. ce qui est intéressant ici c’est de placer cette partie au moment où Chenle parle de “jouer au dessus de chaque dimension”.
Le morceau, quant à lui, prend une tournure originale à laquelle on ne s’attend pas. On aurait imaginé un démarrage à la 5ème vitesse après la phrase de Mark pour finalement se retrouver en atterrissage. C’est ensuite une musique EDM-pop qui démarre et qui nous emporte avec les voix mélodieuses des membres. Sur un air plus french touch, presque house, on danse en les suivant sans broncher jusqu’au pre-refrain qui freine de nouveau avec Jisung et Jeno pour reprendre de plus belle sur un refrain des plus étonnants. Les références à Michael Jackson affluent, dans les paroles ou la chorégraphie. La mélodie est portée par les voix écriées alors que l’instrumentale électronique se contente de basses et de guitares électriques, nouvelle surprise. Le morceau nous rappelle étrangement ce que SHINee aurait pu faire quelques années auparavant, tout en restant “neo-futuristic” dans l’âme. Mention spéciale au premier couplet et aux harmonies entre Mark/Chenle et Renjun/Chenle en pré-refrain.
“CHILLER” est une proposition relativement inattendue avec une progression du morceau toujours plus étonnante. Si certaines parties comme le premier couplet ou le bridge ont su captiver notre attention, d’autres parties comme le refrain ont peiné à nous convaincre complètement. On apprécie la prouesse scénique d’un morceau qu’on peine pourtant à écouter sans le regarder.
I LIKE IT
Changement d’ambiance drastique sur la première b-side de l’album qui ressemble davantage à ce que NCT Dream a pu faire auparavant. L’atmosphère summer pop qui se dégage dès le début du morceau offre des notes fraîches par rapport aux deux premiers sons. Les voix de Haechan et Chenle qui ouvrent la mélodie avec justesse, accompagnés par des ad-libs caractéristiques de Mark font de “I LIKE IT” un morceau signature. Le pre-refrain par Renjun et Chenle puis Mark et Jisung est court et efficace et nous emmène avec légèreté sur un refrain tropical pop dansant. L’accroche est addictive et nous fait penser indirectement à l’ère 1 of 1 de SHINee, pour notre plus grand plaisir. On apprécie également la voix chantée de Jisung sur le bridge, mais aussi les techniques vocales en voix de tête des chanteurs aguerris qui nous prouvent encore une fois que chez NCT Dream, le chant n’est pas en option.
DREAM TEAM
Une pépite pop-rock dont l’introduction nous a plongés dans Hannah Montana – le film, c’est ce que DREAM TEAM nous a évoqué. L’entrée dans le morceau avec une mélodie de guitare électrique et un rythme rapide de batterie nous a convaincus directement. Encore une fois, les voix des membres sont parfaitement utilisées et mixées dans une belle harmonie entre les timbres doux de Haechan et Renjun ou la voix plus chaude de Jisung qui les interrompt dans le premier couplet. Leur trio fonctionne très bien ici. Le refrain est puissant et joyeux grâce aux chants en chœur et à l’instrumentale rock. On imagine bien ce type de chanson sur une bande originale de film “coming of age”. Ils nous invitent d’ailleurs à “don’t worry about a single thing” (ne pas s’inquiéter de la moindre chose), et c’est ce qu’on fait.
Note particulière au bridge en falsetto de Renjun qui appuie cette légèreté thématique et qui ravit notre horizon d’attente. En somme, une chanson pop aux influences rock très bien structurée, et sur laquelle on a envie de courir sans s’arrêter.
Interlude : Back to our paradise
Note positive pour NCT Dream qui remet au goût du jour les interludes qu’on avait l’habitude de voir dans les anciens projets de leurs aînés NCT127. Elle a tout à fait sa place dans le projet. Elle marque la rupture entre la première partie de l’album plus mouvementée et la seconde qui semble ralentir la cadence. S’ils sont dans une course effrénée vers le futur, ils n’oublient pourtant pas leur passé et la carrière qui les précède.
Cette interlude semble être un mur poreux que les membres traversent pour aller d’une dimension à une autre. Les mélodies de voix, les belles harmonies, les ad-libs, la répétition de “paradise”, les notes de piano, tout est fait pour créer une atmosphère onirique. Le rêve de DREAM()SCAPE n’est pas si loin, il est d’ailleurs évoqué dès la première phrase “après mon petit rêve, une image que je n’ai jamais vue, où devrions nous aller ? ”.
나의 소나기 (‘Bout You)
Après l’interlude, c’est une ballade que nous offre NCT Dream, champions dans ce genre. Le titre commence avec la voix chantée de Jisung avec une mélodie de guitare qui l’accompagne. Son timbre surprend, donne le ton et réchauffe le cœur des auditeurs malgré la mélancolie latente qui se dégage.
Alors que le morceau progresse avec les voix de chacun des membres, nous sommes comme embarqués sur le flot de leur poésie sonore. La force du groupe tient dans l’émotion que ses chanteurs instaurent. Ici on ne peut que saluer l’équilibre et l’harmonie de leurs voix qui se mélangent en une synesthésie de couleurs. Entre les faussets de Renjun, la voix de poitrine de Haechan et Chenle, les harmonies de Mark qui chante à son tour, le titre est solide. Si la mélodie principale est jolie, l’instrumentale reste simple avec seulement quelques accords de guitare, l’attention est réellement portée sur la voix.
A la première écoute, ce morceau n’a pas spécialement retenu notre attention. Toutefois à la réecoute de l’album, la profondeur des voix et la qualité du mixage nous ont suffi à apprécier la beauté du titre dans toute sa simplicité et son efficacité. En somme, une belle chanson d’amour, réconfortante et pure.21
여름 바람이 불어오면 (That Summer)
“That Summer” se lance dans une ambiance plus funky pop avec la présence de percussions qui rythment les couplets de Mark et Haechan. Le morceau est dans l’esprit de NCT Dream qui propose ici quelque chose de dansant, frais et estival. Elle porte donc bien son nom. On pourrait l’associer à d’autres morceaux comme “Better Than Gold” ou “Off the wall” avec cette instrumentale et cette thématique légère. Ils nous invitent à apprécier cette saveur (la “flavour”) de l’été qui approche et de ce “vent qui souffle” sur nos visages. Un titre à l’odeur de crème solaire et de nuit d’été sans prétention mais qui fonctionne pour cette période.
새벽별 (Miss Me)
Le titre coréen “새벽별” signifie ‘étoile de l’aube” et surfe encore sur cette atmosphère légère et estivale sous une nuit étoilée. Ici il s’agit plutôt d’une chanson pop classique qui, en binôme avec la précédente, relate de l’amour et des souvenirs de l’être aimé. On apprécie l’ouverture vocale par Chenle qui est suivi par les adlibs en anglais de Mark “Do you miss me, Like I miss you” (est-ce que je te manque, comme tu me manques ?).
On aurait presque envie de dialoguer avec eux et de plonger dans la saynète qu’ils nous jouent. La thématique et la mélodie sont un joli clin d’œil aux comédies romantiques où le protagoniste pense à l’autre en la comparant à une jolie chanson restée dans sa tête. Le champ sémantique des étoiles est aussi largement utilisé pour signifier le temps qui passe mais aussi la brillance de ces souvenirs passés.
항해 (Beautiful Sailing)
La guitare et les ad-libs “ouh” qui introduisent la chanson sont aussi très codés NCT Dream et leurs chansons de conclusion. Comme pour clôturer ce chapitre et clôturer l’album, “Beautiful Sailing” raconte ce départ en mer et ce départ vers un nouvel horizon. Après avoir visité le passé et fait une rétrospective de leurs souvenirs, c’est le moment de partir de nouveau. La mélodie invoque particulièrement cette dualité entre la mélancolie du passé et la nécessité d’aller à l’avant des choses. Les paroles sont touchantes lorsqu’on les met en perspective, les membres se réconfortent avec fierté sur leur parcours ensemble .
“Looking back on us It’s a beautiful sailing 서로 기대어 밤새 나누던 얘기 마음에 가장 큰 돛을 달아 끝없이 멀리 나아간 그다음 그렇게 흘러”
“En repensant à nous, c’est un beau départ (ndlr : en bateau) Les uns contre les autres, discutant toute la nuit. Levant les plus grandes voiles dans nos coeurs, pour naviguer de l’avant à l’infini”.
En somme, une jolie poésie marine qui conclut un album tout en simplicité et légèreté. Clin d’oeil certain à leur projet “We Young”, NCT continue de prendre le large.
Conclusion
Entre expérimentations néo-culture propres à NCT et rétrospectives nostalgiques sur leur carrière, “Go Back to the Future plait sans surprendre. Les fans du groupes sauront retrouver des éléments qui font leur marque de fabrique, sans pour autant proposer des morceaux remarquables. Ce projet reste bien structuré, cohérent, et nous charme par la qualité du mixage et la couleur vocale des membres, mais ne suffit pas à être au niveau des albums précédents comme le diptyque DREAMSCAPE.
Moins d’un mois après leur dernière sortie, ATEEZ reviennent avec un nouvel EP GOLDEN HOUR : Part.3 “In your Fantasy Edition”. Cet EP prolonge le précédent avec une nouvelle title track “In Your Fantasy” et un solo pour chaque membre.
Après la sortie en demi-teinte de GOLDEN HOUR : Part.3 en juin dernier, qu’on vous avait chroniqué ici, on attendait avec impatience la suite annoncée de cet EP. La dernière chanson sortie en juin annonçait déjà un pont vers d’autres genres musicaux et une plus grande ambition que ces 5 chansons assez convenues. Les fans avaient aussi été déçus du manque de qualité de production de l’album physique ainsi que des clips vidéos accompagnant l’EP.
ATEEZ ont très vite annoncé la sortie, moins d’un mois plus tard, de cette “In Your Fantasy Edition” avec une title track éponyme tout en anglais. Suite directe de “Bridge : The Edge of Reality”, cet EP a une couleur plus sombre et sensuelle que le très estival “Lemon Drop”. Alors, que vaut cet EP de la deuxième chance ?
Une title track bien sage
Avec “In Your Fantasy”, ATEEZ suit les tendances actuelles déjà remarquées dans le dernier EP d’Enhypen également d’un retour aux années 2000 musicales. Sur une production que n’aurait pas reniée Timbaland voire même Britney Spears, avec ces synthés ultra présents, la voix de falsetto à la Justin Timberlake, ATEEZ assument un côté sexy. La chanson semble suivre aussi les gimmicks de répétition de paroles (avec “Read between the lines look here, Lucifer” répété tout au long de la chanson) que le groupe traîne depuis “Ice On My Teeth”.
On peut regretter un manque de recherche au niveau des paroles, et la trop grande ressemblance entre les inspirations citées plus haut et la production du morceau. La chanson reste efficace et a ravi les fans, qui aiment voir les membres exceller dans un registre sensuel. Une version avec des paroles coréennes est aussi disponible en fin d’album.
Des solos innovants…
La suite de cet EP consiste en un solo pour chacun des membres. Chacun a participé à, au moins, l’écriture des paroles de sa propre chanson, voire à la production pour Hongjoong. Cette implication rend chaque morceau unique par rapport à la personnalité des membres.
Dès la première écoute, “NO1”, le solo de Hongjoong, se démarque. Mêlant des éléments d’EDM, de techno et même d’hyperpop, la chanson rassemble le meilleur de la musique électronique actuelle dans un mix toujours surprenant. Les paroles sont un egotrip savamment posé sur une production pourtant peu simple à appréhender.
“Skin”, chanson suivante et solo de Seonghwa, mêle electro et pop-rock. La basse très sensuelle des refrains permet au titre d’être dans la continuité directe de “In Your Fantasy”. Le chanteur peut explorer beaucoup de registres différents de sa voix, notamment les falsettos, la voix de tête et même des graves solides, ce qu’on peut rarement entendre sur les chansons de groupe d’ATEEZ. A 8 membres, en effet, le groupe est souvent cantonné dans des positions bien marquées. Ici, une batterie aux accents disco et des paroles charnelles font mouche.
Enfin, ce premier trio de chanson se conclut avec “Slide to me”, solo de Yunho. Il s’agit d’une très bonne transition avec “Skin”, car cette fois on est complètement dans un genre rétro disco-funk. La sensualité ici se fait dans la danse et une invitation à rejoindre le chanteur sur le dancefloor. Avec ses riffs de guitare à la Chic, on entend avec plaisir les différents registres de la voix de Yunho. A mentionner également, un bridge avec un solo de synthé et une slap bass qui rendent le tout funky. Très efficace !
…A des moments plus convenus
Après ces débuts réjouissants, malheureusement, la suite de l’EP se tient plus dans les sentiers battus. “Legacy”, le solo de Yeosang, verse dans le genre de la chanson épique et cinématographique, mais ne parvient pas à montrer tout l’intérêt de son timbre de voix pourtant original. La présence d’éléments de musique classique est assez mal mixée avec la voix du chanteur et n’en fait pas une chanson mémorable.
Même constat avec “Sagittarius”, la ballade de Wooyoung qui éclipse complètement les singularités de la voix du chanteur. La faute à une production pop-rock trop lisse , et à une intégration dans le concept de l’album assez hasardeuse.
Quant à “To be your light”, chanson entièrement en coréen écrite et chantée par Jongho, il s’agit une ballade coréenne classique. C’est-à-dire que si vous aimez ce genre de musique largement produite en Asie, vous allez adorer le piano mielleux et les accords dramatiques, mais il n’y a aucune innovation dans ce morceau.
Et des idées prometteuses
San a toujours oscillé entre son rôle de danseur et celui de chanteur, capable à la fois de scander des raps comme des falsettos sensibles. “Creep” est une occasion d’explorer les registres sensuels, plus graves et profonds de sa voix, sur une chanson pop-rock aux accents presque country. On sent l’influence d’Imagine Dragons, sur des paroles qui sortent de la sensualité pour entrer sur le terrain de la séduction et des jeux de pouvoir. Seulement, le riff de guitare trop répétitif et la production trop sage empêchent la chanson d’atteindre son plein potentiel.
Une équipe de production différente se retrouve sur “ROAR”, chanson solo de Mingi. Long Drive, QUAIMO, The Need (producteur pour BIBI et Jay Park entre autres) ont travaillé sur ce hip-hop épique qui permet de retrouver le flow habituel du rappeur. On peut même entendre les aboiements qu’il fait faire à ses fans en concert, sorte d’hommage aux ATINYS. Les paroles sont dans le registre d’une diss track, en faisant une chanson courte mais intense. Un peu trop succinte cependant pour être vraiment mémorable.
Conclusion
Cet EP comporte donc de vrais moments intéressants (notamment au début des solos). En effet, les solos permettent aux membres de montrer l’étendue de leurs talents vocaux ou de lyricistes. Par exemple, Seonghwa brille sur des notes aiguës habituellement réservées à Jongho. Mais il enchaîne également les opportunités manquées. Tous ne parviennent pas à se démarquer, malgré des équipes de production variées et incluant toujours les membres.
L’absence d’Ollunder à la production se fait ressentir, donnant un côté moins épique et plus accessible aux chansons, au détriment des spécificités d’ATEEZ. EDEN, Peperoni, Maddox et Oliv, entre autres, se retrouvent avec la lourde tâche de produire des chansons à la fois uniques et s’intégrant dans ce projet placé sous le signe de la sensualité. L’effort est à saluer, même si nous sommes encore loin des grandes heures du concept narratif d’ATEEZ. En revanche, c’est du pain béni pour les performances lives, vrai point fort du groupe. On les reverra en Europe sans doute très vite…
KPop Demon Hunters, le nouveau film d’animation du studio américain Sony Pictures Animation, est sorti sur Netflix le 20 juin dernier. Retour sur cet ovni, mélange de comédie musicale, film d’action fantastique et coming of age adolescent, tout ça au cœur de la culture coréenne !
KPop Demon Hunters raconte l’histoire de Rumi, Mira et Zoey, qui forment le célèbre groupe de K-pop HUNTR/X. Leur secret ? Elles sont aussi de redoutables chasseuses de démons, qui utilisent leurs voix pour protéger l’humanité de ces monstres mangeurs d’âmes. Alors qu’elles sont sur le point de débarrasser définitivement la planète de cette menace, elles vont devoir affronter un nouvel ennemi : les Saja Boys, un boy group composé de démons qui comptent bien s’emparer de l’âme de leurs fans…
La proposition apparaît, à première vue, pour le moins loufoque. Difficile de prendre au sérieux un film dont le titre est K-pop Demon Hunters, et on ne peut s’empêcher de craindre une tentative de Sony, grand studio américain, de capitaliser sur les fans de K-pop en dépit de la qualité du film et de la justesse de la représentation de la culture coréenne.
Premiers indices positifs : la qualité des dernières sorties de Sony, comme le très acclamé Spider-Man: Across the Spider-Verse, ainsi que la présence à l’écriture et à la réalisation de Maggie Kang. On note aussi le grand nombre d’artistes d’origine coréenne au sein de l’équipe du film, comme Arden Cho (vue dans la série américaine Teen Wolf et qui double ici Rumi) ou Ahn Hyo-Seop, bien connu des fans de K-dramas, qui double Jinu.
De bonnes raisons de laisser sa chance à cette proposition cinématographique inattendue. Et quelle excellente décision !
Un style d’animation captivant
KPop Demon Hunters convainc d’abord par l’excellence de son animation. Sony prouve à nouveau la maîtrise de ses équipes en créant un film aux couleurs magnifiques, au dynamisme constant et à l’animation qui parvient à susciter toute une palette d’émotions avec brio.
Les premières minutes du film, qui nous plongent dans une scène de combat entre les membres de HUNTR/X et un groupe de démons, posent d’emblée le cadre. Explosion de couleurs, de mouvements et de musique : nous sommes là pour en prendre plein la vue.
L’animation de Rumi, Mira et Zoey en fait des personnages complexes et multidimensionnels, tantôt super stars de K-pop, jeunes femmes traînant en jogging ou implacables tueuses de démons… Leurs expressions faciales, particulièrement bien travaillées, les rendent d’autant plus attachantes.
Des chansons entêtantes
Impossible de parler de KPop Demon Hunters sans mentionner son excellente bande-originale. En capitalisant sur l’univers de la K-pop, le film s’en approprie les codes et nous propose des chansons addictives, qu’on ne peut s’empêcher de fredonner bien après le visionnage.
En s’entourant de producteurs ayant déjà travaillé avec BTS, Blackpink et de nombreux autres groupes de K-pop, Sony parvient à extraire le meilleur du genre pour produire une bande-son éclectique dont tous les titres sont mémorables. Le film s’offre même la participation des membres de Twice Jeongyeon, Jihyo, and Chaeyoung en personne pour une reprise de la chanson “Takedown” !
De “How It’s Done”, un morceau percutant qui introduit les charismatiques membres d’HUNTR/X, jusqu’à “What It Sounds Like”, qui clôture le film en mêlant émotion et puissance, difficile donc de choisir un titre préféré.
Comme dans toute bonne comédie musicale, chaque chanson fait avancer l’intrigue et nous dit quelque chose des personnages et de ce qu’ils traversent, à l’image de “Free” qui constitue un tournant dans la trajectoire personnelle de Rumi. Mais chaque morceau fonctionne aussi parfaitement bien seul : la preuve d’une bande-originale réussie !
Une histoire attendue mais touchante
KPop Demon Hunters, c’est aussi, bien sûr, une histoire. L’histoire de trois meilleures amies qui tentent d’accepter leurs failles et leurs parts d’ombres tout en sauvant le monde, l’histoire d’une chasseuse et d’un démon qui découvrent qu’ils ont plus de points communs qu’ils ne l’auraient cru… Une histoire de mensonges, d’amour et d’amitié.
Si le cadre de l’histoire est ce qui rend K-pop Demon Hunters si original, son intrigue, elle, a des airs de déjà-vu. Le thème de l’acceptation de soi, très courant dans les coming of age movies, est au centre du récit, et on devine sans mal la conclusion du film. Pourtant, l’équipe du film parvient à réutiliser une recette connue et prévisible sans perdre en émotions.
KPop Demon Hunters propose une représentation particulièrement touchante de l’amitié féminine et un message fort, celui d’apprendre à s’aimer entièrement. Si celui-ci peut paraître simpliste à des spectateurs adultes, il reste important pour les enfants et adolescents qui verront ce film et qui, on l’espère, sauront s’approprier cette morale.
La culture coréenne au coeur d’un film d’animation américain
Enfin, KPop Demon Hunters marque par le mélange inattendu entre un gros studio d’animation américain et une histoire résolument ancrée dans la culture coréenne. Les dessins montrent bien que le film se déroule en Corée du Sud et intègrent ainsi des éléments culturels de manière tout à fait naturelle.
On peut notamment citer les costumes des personnages, comme ceux portés par les Saja Boys quand ils interprètent la chanson “Your Idol”, qui rappellent l’équivalent coréen de la Faucheuse (personnification de la mort) ou les accessoires des membres d’HUNTR/X, en particulier les armes avec lesquelles elles combattent les démons.
Le film est aussi ancré dans la culture du divertissement coréen et n’hésite pas à détourner les codes des dramas ou à questionner la culture K-pop (on pense notamment aux paroles de la chanson “Your Idol”, qui questionne le rapport des fans à leurs groupes préférés).
Attention, KPop Demon Hunters ne prétend pas dépeindre de manière parfaitement authentique la Corée du Sud, ses habitants ou l’industrie de la K-pop, de la même façon qu’un film d’animation se déroulant à New York n’a pas pour vocation de représenter les Etats-Unis dans leur ensemble.
Pourtant, on ne peut que se réjouir de voir ce film résolument ancré dans la culture coréenne être destiné au grand public. Porté par des mastodontes comme Sony et Netflix, le film garde un lien fort avec l’hégémonie culturelle américaine, et le chemin à parcourir est encore long, mais nous espérons qu’il participera à renouveler nos imaginaires collectifs et à ouvrir la voie à d’autres propositions aussi audacieuses !