Catégorie : Reviews

Musique, cinéma, littérature… on vous partage nos ressentis dans nos reviews grâce à un décryptage en profondeur de chaque oeuvre sud-coréenne.

  • JUKEBOX : Loossemble te rappellera plus tard – « TTYL »

    JUKEBOX : Loossemble te rappellera plus tard – « TTYL »

    Après leur premier comeback en mars avec « Girls’ Night », Loossemble a fait son retour sur scène ce 2 septembre. L’EP, TTYL, est porté par la title track éponyme. Avec des productions par Ryan Jhun, connu pour ses nombreux hits comme « Accendio » de IVE, « Girls » d’aespa ou encore « Strawberry Rush » de CHUU, ce comeback était attendu par les fans de Loossemble et de LOONA.

    Loossemble est un quintet composé de Hyunjin, Yeojin, Vivi, Gowon et Hyeju, également membres de LOONA, sous l’agence CTD E&M. Nous avions déjà parlé d’à quel point ce nouveau départ était une chance pour ces cinq idols auparavant peu mises en avant par leur ancienne agence. 

    Avec TTYL, notre avis est confirmé. Non seulement les membres ont participé à l’écriture des paroles, notamment Hyeju sur « Secret Diary », mais on retrouve également deux titres en unit (sous-unité), permettant à chacune de briller un peu plus. 

    PROMOTIONS 

    C’est à peine quelques semaines après la fin des promotions de One Of A Kind, leur précédent mini album, que Loossemble a annoncé la sortie de TTYL. Les fans, C.Loo, se sont naturellement inquiété.es. Avec un comeback en mars dernier et une tournée étasunienne en octobre, beaucoup se sont demandé.es si cela n’était pas un peu trop pour les cinq membres, et si le comeback n’était pas un peu trop précipité. 

    Quoi qu’il en soit, le premier teaser énigmatique est publié le 11 août. Il s’agit d’une photo imitant un poster promotionnel de film. On y voit Hyeju au téléphone, avec quatre points d’interrogation et des crédits. Lorsqu’on y regarde de plus près, on voit le rôle des membres dans « l’équipage » que forme Loossemble. En effet, le quintet possède un concept particulier de voyage dans un vaisseau spatial, entièrement intégré dans le MV de « Sensitive »

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    Poster promotionnel de TTYL

    Vivi est la pilote (on l’avait vu dans « Sensitive »). Hyunjin est la capitaine, ou en anglais “commander”. Cette dernière fut élue lors des débuts de Loossemble comme leader du groupe par les fans, et porte depuis le nom de commander

    On découvre avec cette affiche que Gowon est advisor (conseillère), Hyeju marshal (maréchal), et Yeojin medic (un personnel médical dans l’armée). 

    Enfin, plusieurs paroles apparaissent : « Tell me the reason / If you wanna take my love / You baddie rizz me tonight / Am I selfish, am I heartless / Come on look me eye to eye / Take it baby, take it slow ». 

    (« Dis moi la raison / Si tu veux avoir mon amour / T’es un-e baddie, séduis-moi ce soir / Suis-je égoïste, suis-je sans cœur / Vas-y, regarde-moi dans les yeux / Prends-le bébé, vas-y doucement »)

    On imagine immédiatement qu’il s’agit de paroles des chansons présentes dans l’EP. 

    Chose intéressante également, Loossemble possède pour cette era un slogan : « we have endless love for you » (« nous avons un amour infini pour vous »). Une manière de remercier les C.Loo pour leur soutien depuis les débuts du groupe, mais aussi d’expliquer le message porté par cet EP.  

    Avec l’appel téléphonique dépeint, et un second tweet illustrant deux émojis téléphone, on comprend quelque peu le concept du comeback. Ce dernier est confirmé le lendemain par l’annonce du titre : TTYL, pour « Talk To You Later » (je te parle plus tard). 

    Les teasers individuels arrivent quelques jours plus tard, mais il ne s’agit que de portraits mettant en valeur les charmes des membres, sans réel concept derrière. 

    Il est bien plus intéressant de parler de la campagne internationale créée par l’agence CTD E&M, qui met en scène le poster promotionnel dans plusieurs pays. Corée du Sud, Japon, Hong Kong, France, Allemagne, etc…

    Et surtout, le poster est mis à disposition des fans pour qu’eux-mêmes réalisent la promotion du comeback dans leur propre pays et ville. Le projet consiste simplement à prendre une photo du poster dans un lieu proche de chez eux. A l’aide du hashtag #TTYL_TAKINGOVER, les participant-es peuvent poster leurs photos et tenter de remporter un prix. Il s’agit d’une manière ingénieuse de faire participer les fans à la publicité de l’album et de potentiellement créer un intérêt auprès des passant-es. 

    https://twitter.com/tagay4eva/status/1830153818220478530?s=61

    On retrouve également à travers cette méthode de promotion l’idée de « To LOONAs around the world » développée en 2020. On retrouve dans plusieurs clips de LOONA, notamment « So What » ou « Luminous », des personnes d’origines différentes. Dans « Butterfly », on aperçoit également une personne dansant sur le quai de la station Arts et Métiers de la ligne 11 du métro parisien. 

    TRACK BY TRACK

    FANATISM 

    Le premier titre de TTYL est « Fanatism », une introduction de l’album reprenant un sample de la title track : « talk to you later, later » avec un rythme marqué par des percussions omniprésentes. 

    Cette introduction presque dramatique commence avec des éléments sonores de science-fiction qui rappellent le thème du vaisseau spatial et du voyage intergalactique. Des bruits de radio cherchant une station disponible mais aussi des bruitages associés  habituellement à un vaisseau allant à toute vitesse dans l’espace. 

    Et enfin, nous entendons un loup qui hurle, appelant sa meute.Cet animal caractérise Hyeju depuis son début dans LOONA avec « Egoist » pour son caractère sombre et solitaire dans le LOONAVERSE (lore de LOONA). 

    Le longueur inhabituelle de cette introduction peut freiner à son écoute. En effet, avec 1 minute 30, cette préface est la plus longue de la discographie de LOONA. Cependant, avec la tournée étasunienne qui approche, il est facile de penser que ce morceau a été pensé pour accompagner l’entrée en scène de Loossemble. Cela était d’ailleurs le cas avec  la présentation du mini album lors des deux showcases (pour les médias et les fans) tenus le 2 septembre dernier. 

    LA TITLE TRACK : TTYL

    On arrive immédiatement après « Fanatism » à « TTYL », le single de l’EP. Sans introduction cérémoniale, déjà offerte par le titre précédent, on entre dans le bain avec le point clé de « TTYL » : « talk to you later, later, ooh-ooh ». 

    La production instrumentale est énergique et ne faiblit jamais. On y retrouve des influences quelque peu hyperpop lors de la répétition du titre dans le refrain, avec notamment la forte utilisation d’autotune mais aussi d’électropop, un mélange de musique électronique et de pop. Le rendu final est des plus entraînants. 

    Les paroles, quant à elles, expriment le fait de résister à une personne qui aimerait la protagoniste en premier : 

    « If you wanna take my love

    Better keep on talking »

    (« si tu veux mon amour, mieux vaut continuer de parler »)

    La protagoniste se fait désirer pour mieux gagner l’amour de cette personne qu’elle appelle « baddie » et dont elle pourrait être la « fangirl ». En plus de tester cet amour, se faire désirer est un sentiment euphorisant. 

    Le M/V quant à lui, comporte énormément de références au LOONAVERSE et à différents M/V précédents. On peut voir Yeojin courir au début, tentant d’échapper à des dizaines de personnes masquées la pourchassant. De l’autre côté, Hyunjin, Vivi, Gowon et Hyeju courent vers elle pour tenter de la sauver. Cela est un clin d’œil au fait que Yeojin est perdue dans une forêt seule depuis « Sonatine » de LOONA ⅓. Elle avait à nouveau disparu à la fin du M/V de « Girls’ Night » alors même que les membres l’avaient retrouvé avec « Sensitive »

    Alors que leurs mains se touchent, les cinq filles disparaissent, se retrouvant dans des dimensions séparées. Le thème est repris à la fin du M/V alors que douze mains (pour les douze membres de LOONA) apparaissent à travers un miroir. 

    Hyeju est la seule membre en noir sur le toît lors du premier refrain, faisant allusion à son charactère sombre et solitaire dans le LOONAVERSE. On va encore plus loin pendant le deuxième couplet alors que Hyunjin tient un bocal où se trouvent plusieurs poissons rouges, comme dans « Singing In The Rain » de Jinsoul. Ces poissons deviennent subitement noirs (à l’instar du solo de Jinsoul également) alors que la caméra montre Hyeju avec une expression fermée que l’on retrouve dans « love4eva » de LOONA YYXY, une sous unité de LOONA. Le personnage de Hyeju est en effet synonyme de chaos et destruction dans l’Eden de YYXY.

    Gowon est dans un champ, sous un chandelier qui va non sans rappeler celui présent dans son solo « One & Only ». Alors qu’elle le touche, un pommier apparaît derrière elle, avec des pommes d’un rouge écarlate. Elle vient de créer l’arbre de la connaissance du bien et du mal : l’arbre du péché originel dans l’Eden. Ce péché est commis par Yves (littéralement Eve) lorsqu’elle croque dans la pomme et incite Chuu à le faire également. Dans « One & Only », Gowon mange également son fruit défendu avant d’être couronnée par Yves

    Alors que Gowon se trouve dans la nature, chassant des papillons (son animal emblème qui caractérise aussi l’effet papillon du lore), Hyeju est vue dans des lieux plus urbains, notamment des toîts gris – une manière d’exprimer sa colère et son isolement des autres membres. La bulle qu’elle explose lors du premier pré-refrain est noire, tandis que Yeojin est entourée de bulles transparentes.

    Hyunjin aussi est en colère : lorsqu’elle avale une fleur jaune, la couleur symbolique de son personnage dans le lore, un feu embrase l’écran. Cet effet est répété dans le deuxième couplet quand Hyunjin avale le soleil et que Gowon crée l’Eden. Enfin, on voit le odd eye de Hyunjin apparaître, créant un nouveau lien avec LOONA ODD EYE CIRCLE

    Il est intéressant de noter que le odd eye de Hyunjin est similaire à la pupille d’un chat, son animal emblème dans le LOONAVERSE. Dans Loossemble, nous avons donc désormais deux membres avec un odd eye : Vivi (avec son œil reflétant la galaxie lors de LOONA ⅓ et rouge à la fin de « Girls’ Night ») ainsi que Hyunjin. 

    Hyunjin est d’ailleurs la réflection de Choerry dans le LOONAVERSE, et on la voit à deux reprises à l’envers, ainsi que sur un miroir à la fin du M/V. Hyunjin, ayant la capacité de se téléporter à travers différentes dimensions, pourrait-elle retrouver une nouvelle fois Yeojin ? 

    Il est intéressant de noter que Vivi effectue dans le premier couplet plusieurs répétitions des paroles des autres membres. Cela pourrait être une manière de se montrer plus humaine, puisqu’il est largement accepté dans le lore que Vivi est une androïde : un robot sous forme humaine. On la voit également sur le toît d’un bâtiment alors que des personnes volent autour d’elle dans le ciel, comme si elle constate les dégâts causés par l’égoïsme et la colère des membres.

    Des ballons lui viennent avec les couleurs représentatives des membres de LOONA, un clin d’œil à ses photos teasers lors de son début en solo. Mais alors, ses ballons étaient uniquement bleus. Vivi s’est entièrement intégrée au groupe, créant des liens uniques avec les douze membres. C’est aussi pour cela que Hyunjin l’appelle « 언니 » (grande sœur) à la fin du clip de « Sensitive ». Elles ont créé un lien amical, et même familial, après toutes leurs aventures à travers le temps et l’espace. C’est aussi la main de Vivi que Yeojin semble toucher au début du M/V. 

    Lors du dernier refrain, la lumière éclairant les membres est presque aveuglante, quelque chose que l’on retrouve dans le M/V de « Virtual Angel » d’ARTMS. Un clin d’œil conscient ou non que nous apprécions néanmoins. 

    La couleur rouge est largement présente tout au long du M/V. Le rouge représente le danger et la colère mais aussi l’amour et la passion. C’est ces sentiments contradictoires qui poussent constamment LOONA dans leurs aventures. Le chaos provoqué est aussi présent lorsque les membres regardent un ciel illuminé par la voie lactée, entourées par les mêmes personnes que Yeojin tentait de fuir au début du M/V. Le soleil a disparu, aspiré par Hyunjin, laissant les filles dans le noir. 

    Note : toutes ces explications sont des interprétations personnelles et ne sont en aucun cas confirmées par l’agence CTD E&M ou les membres de Loossemble

    COTTON CANDY 

    Dans « Cotton Candy », c’est la protagoniste qui veut exprimer son amour envers le destinataire. Ces sentiments sont doux, provoqués par une personne dont l’attention est comme un bonbon. Une fois que l’on y goûte, on ne peut plus s’en passer. 

    La production musicale est plus douce que « TTYL » et offre une sorte d’antidrop porté par la basse lors des deux premiers refrains. Cette production est assez épurée, se concentrant sur les harmonies. 

    Vivi, Yeojin et Hyeju forment cette sous-unité qui leur permet de mettre en avant une nouvelle alchimie. Hyeju propose un rap puissant pendant le deuxième couplet, tandis que Yeojin est chargée de la note haute (high note). C’est d’autant plus surprenant que Yeojin n’avait eu que deux high notes jusqu’à présent – dans « Sensitive », accompagnée par Hyunjin, et dans « Moonlight » du précédent opus One Of A Kind. On découvre ainsi sa capacité à atteindre un registre aigü de manière maîtrisée. 

    Comme précédemment souligné, Vivi, Gowon et Yeojin n’étaient pas réellement mises en avant dans LOONA. Cela était sujet de discorde entre les fans (Orbits), qui trouvaient les line distributions injustes. Avec douze membres, il est pourtant facile d’imaginer qu’il est compliqué de mettre chaque idol en valeur. 

    Dans Loossemble, on a donc la possibilité de découvrir plus en profondeur les couleurs et personnalités des cinq membres. Comme précisé dans plusieurs interviews par Hyeju, elles ont l’opportunité de mieux s’exprimer que dans LOONA. 

    CONFESSIONS 

    « Confessions » repose sur la même production instrumentale que « Cotton Candy »,  avec toutefois des mélodies différentes. Au travers de cette répétition, on peut découvrir deux atmosphères distinctes, puisque l’atmosphère de « Confessions » est plus sensuelle que « Cotton Candy ». 

    Gowon, Yeojin et Hyunjin forment cette deuxième sous-unité qui exprime des sentiments plus voluptueux et lascifs : « Every time you see me, naughty thoughts / Flooding you, oh, I know it all » (« À chaque fois que tu me vois, des pensées indécentes t’envahissent, oh je sais tout »).

    Ces paroles transmettent un message similaire au titre initialement anglophone composé pour Boys World par deux des membres, Lillian et Olivia. 

    HOCUS POCUS 

    Le rythme groovy (dansant) et rétro de « Hocus Pocus » est un enchaînement presque logique des titres précédents. A l’aide de synthétiseurs, on retrouve une énergie fraîche et pétillante qui transmet le message des paroles. 

    Gowon et Yeojin ont participé à l’écriture des paroles qui ont pour objectif d’exprimer le sentiment de tomber amoureux-se comme si l’on avait été victime d’un sort, le « hocus pocus ». Ce titre est évidemment inspiré du film de 1993 qui suit trois sorcières ressuscitées lors de la nuit d’halloween. 

    Pourtant, rien de malveillant ne se déroule dans « Hocus Pocus », bien au contraire. La protagoniste est initialement confuse à propos de ses sentiments envers quelqu’un : sont-ils amis ou plus ? L’amour est pourtant « ennuyeux », alors l’héroïne se demande s’il ne serait pas mieux d’être amis. 

    C’est tout ces sentiments contradictoires qui sont exprimés dans « Hocus Pocus », avec une protagoniste qui a l’impression de devenir « folle » (« cuckoo »). 

    SECRET DIARY

    La production musicale est minimaliste, portée par une boucle de violon. « Secret Diary » exprime l’envie de connaître les secrets de l’objet de son intérêt. Ces mêmes secrets que l’on ne confie qu’à son journal intime. 

    La protagoniste est curieuse et veut tout savoir à propos de cette personne, promettant que ses secrets seront bien gardés. Ces paroles, écrites par Hyeju, expriment à nouveau des sentiments contradictoires qui sont à la frontière de l’amour et de l’amitié. 

    L’ambiance de « Secret Diary » est mystérieuse et séduisante, notamment lors du deuxième couplet lorsque les membres effectuent des ad-libs qui étoffent la production qui évolue avec des percussions. C’est une fermeture logique pour l’EP « TTYL ».

    CONCLUSION 

    TTYL est un album bien ficelé et cohérent dans son ensemble sans tomber dans la répétition lassante. La title track « TTYL » est amusante et dansante. Elle laisse apparaître  l’essence-même de la K-pop avec un rythme entraînant, des mélodies variées et des paroles faciles à chanter en chœur. La légèreté et la gaieté du titre la rendent facile à écouter. 

    Les paroles explorent beaucoup de dynamiques de va-et-vient en amour. Nous voulions exprimer le mot-clé « diversité » au travers de différentes formes d’amour et des émotions qui en découlent. Nous voulions inclure une perspective large qui respecte toutes les formes et émotions de l’amour

    Hyeju lors du showcase de présentation auprès des médias de TTYL

  • JUKEBOX : La cinématique de ZEROBASEONE

    JUKEBOX : La cinématique de ZEROBASEONE

    Le 26 août dernier, soit seulement trois mois après la sortie de leur album solaire You Had Me At Hello, ZEROBASEONE a fait son retour avec CINEMA PARADISE. Ce mini-album contient sept chansons qui nous transportent dans un véritable paradis musical et ne manque pas de nous faire danser… voire même pleurer. Alors, êtes-vous prêt pour le grand voyage ? 

    Depuis le début de leur carrière, les neuf membres de ZEROBASEONE ne cessent de se surpasser. Ce groupe créé par WAKE ONE et formé suite à l’émission BOYSPLANET a conquis le cœur des fans dès son premier album, Youth In The Shade. En plus d’être invités à de nombreuses émissions de variété, les membres ont participé à plusieurs festivals tels que la KCON ou encore le MCountdown, dont un passage à Paris en octobre 2023. À ce jour, le groupe comptabilise plus d’un million d’abonnés sur Youtube et d’auditeurs sur Spotify.

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    ANALYSE TRACK BY TRACK

    La title : GOOD SO BAD

    Pour prolonger l’été, le groupe offre aux ZEROSE (nom du fandom) une title track pétillante et entraînante. Cette chanson d’amour montre la détermination des membres à se battre pour la personne qu’ils aiment sans jamais “la laisser tomber”, bien que cet amour semble les blesser. Ils ont conscience que ce bonheur est mauvais pour eux mais ne peuvent s’empêcher de le poursuivre. La mélodie enjouée contraste avec la symbolique tranchante des paroles et son style rappelle leur titre “Feel the pop”, sorti en mai 2024. Attention, “GOOD SO BAD” risque de vous rester en tête ! 

    Le MV qui l’accompagne se rapproche quant à lui de leur toute première title track : “In Bloom”. En effet, on retrouve les neuf membres dans un univers parallèle qui font de leur mieux pour exprimer leur amour à la personne qui leur plaît. Le clip s’ouvre sur l’acteur Yoo Ji Tae écrivant une scène de fiction à son bureau. Il y décrit la souffrance d’un amour toxique et décide d’abandonner la personne en question. Ses mots jouent sur le moral et les actions des membres qui ont accès au script et voient leur monde et leur amour sombrer. Certains plans semblent sortir d’un K-drama puis alternent avec des morceaux de la chorégraphie. Les fans les plus attentifs reconnaîtront l’un des mouvements qui renvoie à la chanson “Here I Am” performée par tous les membres de BOYSPLANET à la fin de l’émission.

    Les paroles semblent sous-entendre que leurs sentiments ne sont pas ou plus réciproques et qu’ils craignent que l’idylle vécue ne soit qu’un rêve. Plusieurs éléments furtifs laissent penser qu’il s’agisse de la fin de la relation, comme la mention indiquant “dernier épisode” au début du MV et le fait que le script soit terminé. Cependant, ce dernier brûle et plusieurs interprétations sont possibles, à savoir que les neuf membres se sont s’échapper du film dans lequel ils étaient pris au piège : enfin libérés des décisions du réalisateur, ils ont enfin le contrôle sur leur vie.

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    Screenshots du MV Good so Bad

    Les b-sides

    KILL THE ROMEO

    La première B-side de l’album s’intitule “Kill The Romeo” et fait référence à la célèbre pièce de Shakespeare Roméo et Juliette. Dans cette version, la tragédie laisse place à une fin heureuse et éternelle. En effet, les membres choisissent de briser l’image tragique qui est donnée à l’amour dans ce récit : ils modifient l’histoire “à leur façon” en s’enfuyant ensemble (“We can be runaways”) pour faire triompher l’amour sur la cruauté du destin. Cette alternative positive permet à l’”histoire de se poursuivre” (“Story goes on”) et d’éviter la fin tragique.

    Le rythme entraînant des couplets et du refrain tranche avec le pré refrain, un anti-drop sombre et sexy. La chorégraphie renforce cette atmosphère changeante en alternant mouvements provocateurs et jeux de regards avec un enchaînement d’exercices sportifs. Dès les premières notes, la mélodie enjouée et la répétition des onomatopées “nanana” semblent narguer ceux qui s’opposent à cet amour. Le pont est quant à lui plus calme et met en valeur la beauté des vocalises des membres avant d’opérer un changement radical dans l’instrumentale qui rappelle le pré-refrain. Juste avant l’ultime refrain, ils s’approprient l’histoire (“This is our story”) et laissent penser à une fin heureuse et méritée.

    바다 / THE SEA (ZB1 Remake)

    Cette reprise du groupe de la première génération UP est idéale pour célébrer l’été ! Cet indémodable est remis au goût du jour par ZEROBASEONE sans pour autant perdre de son authenticité. Cette douce et dansante chanson d’amour est introduite par un court chant de mouettes qui propulse directement les auditeurs au bord de la mer, et ce qu’importe la saison. Son rythme entraînant, dû à une basse sautillante et une composition avec des accords majeurs joyeux et estivaux, immortalise l’été dans cette bulle ensoleillée et protégée des tracas du quotidien. Le groupe accompagne la b-side d’une vidéo des membres s’amusant à la plage et profitant de leur été tous ensemble !

    ZEROBASEONE ne sont pas les seuls à ajouter des reprises de tubes des années 1990-2000 dans leurs récents albums : on pense notamment à la reprise de Candy (H.O.T) par NCT DREAM peu avant de célébrer Noël en 2022.

    INSOMNIA

    Dans leur deuxième album, ZEROBASEONE proposait la douce b-side “Good Night” qui évoquait la curiosité soudainement ressentie pour la personne aimée à la tombée de la nuit. Dans “Insomnia”, ce besoin de voir cette personne tourne à l’obsession et devient la cause d’une insomnie. Cette dernière “illumine la nuit” et empêche celui qui pense à elle de dormir. 

    Contrairement à la gravité de la situation évoquée, le style de la chanson la rend difficilement écoutable en cas de réelle insomnie. En effet, sa mélodie énergique et dansante met en lumière l’aspect excitant et palpitant de cette obsession. Le sample de notification d’un message reçu est utilisé avant les refrains et laisse penser que le protagoniste passe la nuit à attendre une réponse de la personne aimée. Dans l’animation qui accompagne l’audio, un jeune homme admire par la fenêtre l’image d’une jeune fille qui surplombe la ville endormie. Les objets autour de lui flottent dans les airs : le temps semble être arrêté. 

    ROAD MOVIE

    Cette b-side, qui a pour titre un genre cinématographique américain qui dépeint l’errance vers l’inconnu, mélange plusieurs styles musicaux. Les couplets alternent entre rap et hip-hop tandis que le pré-refrain donne l’impression, grâce aux voix angéliques de Zhang Hao et de Taerae, de s’envoler vers de nouveaux horizons. Les paroles transmettent justement ce message de fuite vers un futur dans une “autre dimension”, lieu où tous les rêves sont réalisables car les limites n’existent plus. Le refrain, un anti-drop à l’image d’une chute soudaine, reste facilement en tête. La fin de la chanson est chantée en chœur par les membres, lui donnant ainsi une atmosphère particulière : ce “road movie” ou “film de route” devient leur “odyssey”, à savoir un voyage surprenant rempli d’aventures. 

    Dans l’animation qui l’accompagne, on suit un jeune à la poursuite de son rêve qui traverse le désert américain en roller jusqu’au Grand Canyon qu’il franchit d’un saut. Il survole le vide sans peur et atteint son but dans ce qui semble être un rêve lucide puisqu’il n’a en réalité pas quitté le fauteuil de son salon. 

    ETERNITY

    C’est dans une ambiance de fin de concert que s’achève ce voyage. La mélodie, douce et nostalgique, rappelle la chaleur d’un coucher de soleil en cette fin d’été. Il en est de même pour la vidéo qui l’accompagne dans laquelle le temps s’écoule dans un sablier qui se régénère et sur une l’écran d’une radio. Ce dernier n’affiche que les chiffres 0 et 1, en référence au nom du groupe.

    D’autres allusions sont repérables dans les paroles, telles que celle faites à “In Bloom” avec “Everywhere we go, the flowers we bloomed are everywhere” (Partout où nous allons, les fleurs que nous avons fait fleurir sont partout) ou encore la mention de “This moment might never come again” (ce moment pourrait ne plus jamais revenir), rappelant que leur contrat est éphémère. Le message de la chanson, qui est de profiter de l’instant présent tout en rêvant de rester ensemble pour toujours, a donc un impact encore plus fort. Cette ode aux fans réchauffe le cœur des ZEROSE qui espèrent rester avec les neuf membres pour l’”éternité”.

    YURA YURA (Korean Version)

    Ce doux son addictif et aussi frais que la brise printanière vous semble familier ? Il s’agit de la version coréenne de leur single japonais “Yura Yura” sorti en mars 2024. Son instrumentale rythmée et sa mélodie entêtante ont introduit le printemps avec gaieté et motivent les auditeurs à affronter l’hiver. De même pour son MV coloré qui apaise les esprits en cette période de rentrée.

    Son message bienveillant et positif évoque à nouveau l’éternité et la façon dont l’amour renaît, de même que la nature au printemps. Cet amour est communiqué par le biais de la chanson qu’ils continueront de chanter jusqu’à ce qu’elle atteigne la personne aimée et se répande dans l’air comme le font les pétales des cerisiers. 

    Conclusion

    Ce nouvel album tourne autour de l’amour et des épreuves qui l’accompagnent. ZEROBASEONE aborde cette thématique avec davantage de maturité et se révèle ainsi sous un nouveau jour, de quoi charmer les ZEROSE qui ne se lasseront pas des sept morceaux ! Leur évolution, après seulement un an de carrière, promet un avenir glorieux pour les membres auquel les fans espèrent assister aussi longtemps que possible.

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  • BOOKCLUB : MARRY MY HUSBAND, une histoire de vengeance

    BOOKCLUB : MARRY MY HUSBAND, une histoire de vengeance

    Publié par : Naver Webtoon (digital), Michel Lafon (collection Sikku) (livre)

    Auteur.e : Sungsojak

    Genre : romance

    Tropes : enemies to lovers, vengeance, voyage dans le passé, romance au bureau

    Marry my Husband raconte l’histoire de Jiwon, une femme de 37 ans travaillant chez U&K aux côtés de Minhwan, son petit ami avec qui elle vient de se marier, et de Sumin, son amie d’enfance. Jiwon, atteinte d’un cancer incurable de l’estomac, rentre un soir de l’hôpital qu’elle fréquente pour ses traitements. En poussant la porte de chez elle, c’est la douche froide : elle trouve Minhwan et Sumin dans son lit. Minhwan, pris d’une colère foudroyante, se dispute avec Jiwon et lui assène des coups : sa tête heurte un meuble et elle en décède. 

    À son réveil, elle se retrouve en 2013, soit 10 ans avant la dispute qui l’a précipitée vers la fin de son ancienne vie. Elle n’est pas encore mariée, Sumin est toujours sa meilleure amie et elle vit dans un appartement seule. La vie lui a donné une nouvelle chance : Jiwon va prendre sa revanche contre Minhwan et Sumin afin d’éviter sa propre mort. Chez U&K, où Sumin n’est encore qu’une stagiaire, Jiwon croise la route de Yoo Jihyuk, son directeur qui, lui aussi, semble avoir remonté le temps. Les deux protagonistes s’allient pour mettre à exécution la vengeance de Jiwon.

    Marry my Husband a été adapté en drama en 2024 (disponible depuis le 1er janvier 2024 sur Amazon Prime) et en format papier disponible chez Michel Lafon.

    Selon votre autrice, le webtoon est bien écrit, ce qui constitue une de ses grandes qualités. La vitesse des chapitres est parfaitement maîtrisée : il n’y a pas d’épisodes « fillers » (des épisodes dont le but serait de remplir un vide narratif avant d’entamer la prochaine intrigue). Cela permet au lectorat de ne pas s’ennuyer lors de la lecture.

    L’intrigue est facile à suivre. Sungsojak, l’auteur.e, a formidablement réussi à manier les interactions entre les personnages et les enjeux des rebondissements, ce qui permet au lecteur de s’accrocher aisément à l’histoire.

    L’histoire se déroule en 68 chapitres, Marry my Husband se lit rapidement. Elle est parfaite pour un long trajet en train !

    Ayant lu le webtoon et en ayant été une fervente fan avant sa sortie sur Amazon Prime, votre rédactrice appréhendait quelque peu son adaptation en drama. Toutefois, le travail fait par les réalisateurs (Sohn Jay, Kwon Kyunghyun et Park Wonkook à la direction) est époustouflant. Certains détails ont été ajoutés dans la production destinée au petit écran afin de créer la surprise auprès des lecteur.ices.

    Le drama met également la lumière sur la personnalité manipulatrice de Sumin, l’amie de Jiwon, et sur son implication dans la mort de son amie d’enfance. Ce nouvel angle est très appréciable, puisque nous nous attendions à ce que sa personnalité d’antagoniste soit adoucie. Le personnage de Minhwan subit le même sort.

    L’adaptation brosse, en outre, un portrait fidèle de la vie en entreprise en Corée du Sud. Elle inclut notamment une scène mettant en avant l’importance des critères de beauté coréens dans le monde professionnel.

    En conclusion, Marry my Husband est un webtoon et un drama dans lequel il est facile de se plonger. Si vous aimez les belles romances saupoudrées d’une histoire de vengeance, les intrigues bien menées, nous vous recommandons chaleureusement Marry my Husband.

  • LOVE LETTER : Les dramas préférés de dear. korea

    LOVE LETTER : Les dramas préférés de dear. korea

    Depuis quelques années, les dramas coréens ont la côte. Avec cette popularité, les sorties se sont multipliées, et il est aujourd’hui facile de se retrouver perdu.es face à la multitude de propositions. Alors si vous êtes désespérément en quête de votre prochain visionnage, vous êtes au bon endroit ! Découvrez ici quelques-uns des dramas que nous avons dévorés…

    Le choix de Cilly : Strong Woman Do Bong-Soon (2017)

    Ce grand classique présente l’histoire d’une jeune femme à la force hors du commun, qui se fait engager comme garde du corps d’un riche patron d’entreprise. Entre histoires rocambolesques et thriller, ce drama sait, malgré quelques longueurs, garder le public captivé grâce à l’alchimie entre ses deux acteurs principaux. Les meilleures scènes de romance tous dramas confondus se trouvent dans Strong Woman Do Bong-Soon !

    Le choix de Mél : Alchemy of Souls (2022)

    Drama en deux saisons, Alchemy of Souls mélange fantastique et historique pour proposer une storyline addictive. Alors qu’il est possible d’intervertir les âmes au sein des corps des vivants, celle de la sorcière et guerrière Mudeok se retrouve piégée dans le corps d’une servante. Son destin change lorsqu’elle se retrouve à servir, mais surtout à entraîner un jeune mage noble. La romance, les décors d’époque et les effets spéciaux magiques sont époustouflants, tout cela pour servir un histoire originale et prenante ! Si vous aimez la fantasy, la royauté et la magie, ce drama est fait pour vous. 

    Le choix d’Astrid : A Time Called You (2023)

    A Time Called You est un drama relativement peu connu par rapport à ce qu’il mérite. De loin, on pense à une histoire d’amour anodine entre deux protagonistes, pourtant de multiples sujets sont au cœur de l’intrigue : mystère, meurtre, drame, romance mais surtout voyage temporel et destiné. On suit l’histoire de Jun Hee (Jeon Yeo Been), jeune femme en deuil suite au décès de son petit ami, qui va se faire téléporter en 1998 grâce à une cassette. Elle va y faire une rencontre inattendue qui va chambouler le cours de sa vie, et mettre en doute le passé, présent et futur : un jeune homme (Ahn Hyo-Seop) qui lui rappelle étrangement son défunt grand amour… Cette œuvre est remarquable. Chaque détail est calculé pour créer une boucle parfaite, qui ne cesse de nous surprendre du début à la fin. Ce qui est sûr c’est que A Time Called You restera gravé dans votre mémoire. 

    Le choix de Mélody : It’s Okay to Not be Okay (2020)

    Suspens, romance et humour sont mêlés dans le drama It’s Okay to Not Be Okay. On y suit Moon Kang-tae (Kim Soo Hyun), un aide-soignant dans un hôpital psychiatrique qui vit avec son grand frère atteint d’autisme. Un jour, ce jeune qui ne vit que pour les autres rencontre son contraire : il s’agit d’une célèbre écrivaine de livres de contes aussi sombres et crus que sa personnalité. Ensemble, ils évoluent dans un “enemies to lovers” tout en combattant leurs traumatismes du passé. 

    Le choix de Rachel : Goblin (2016)

    Bien que controversé pour des raisons tout à fait légitimes (l’écart d’âge​ entre les deux protagonistes), Goblin est un drama inoubliable. Mélangeant des éléments de fantasy, de comédie, de tragédie et de romance, il est porté par des dynamiques pleines d’alchimie entre les personnages. En effet, entre Gong Yoo, Kim Go-eun, Lee Dong-wook, Yoo In-na et Yook Sung-jae, pas un seul dialogue ne manque de faire rire ou pleurer. 

    Le choix de Romi : Hwarang : The Beginning (2016)

    Dans le royaume de Silla, au 3e siècle après Jésus Christ, l’élite de la jeunesse est formée au combat pour intégrer un groupe masculin de combat : les Hwarang. Le drama suit une école située dans le centre du royaume et les déboires amoureux et amicaux d’un groupe d’amis. Le casting est éclectique : Park Seojoon, V (BTS), Park Hyungsik, Go Ara, Minho (SHINee), Do Jihan… Le drama est léger, feel-good et mêle avec brio humour, drame et romance. Si vous avez besoin d’un moment réconfortant, d’oublier vos problèmes ou de rire un bon coup, Hwarang est le drama parfait.

    Le choix de Jeanne : Crash Landing on You (2019)

    Si vous avez envie d’embarquer sur des montagnes russes émotionnelles, Crash Landing on You est fait pour vous. On y suit l’aventure de Yoon Se-ri, riche héritière sud-coréenne qui, à la suite d’un accident, se retrouve en Corée du Nord, où elle rencontre le soldat Ri Jeong-hyuk. Porté par l’alchimie exceptionnelle entre les acteurs principaux Son Ye-jin et Hyun Bin (alchimie d’autant plus compréhensible que les acteurs se sont mariés dans la vraie vie après le tournage), ce drama vous fera autant rire que pleurer et vous tiendra en haleine jusqu’à la dernière minute !

    Le choix d’Inès : It’s Okay That’s Love (2014)

    Ce drama est moins connu que le précédemment cité It’s Okay to Not Be Okay bien que le synopsis soit sensiblement le même : Ji Hae Soo (Gong Hyeo-Jin) est une psychiatre qui fait la rencontre d’un célèbre animateur radio et auteur de polars Jang Jae Yeol (Jo In-Sung) à l’occasion d’une émission télévisée. La première sacrifie sa vie personnelle pour son père atteint de maladie et le second est un flambeur arrogant et égocentrique qui vit au jour le jour pour tenter d’échapper à son passé qui le rattrape toujours. Tous deux apprennent à se connaître et déconstruisent ensemble leurs traumas respectifs. Ce drama original traite avec humour et légèreté de thèmes sérieux tels que la santé mentale ou la stabilité amoureuse. Plot twists déchirants et humour décalé sont les marques de fabrique de ce drama en 16 épisodes !

    Le choix de Pascaline : W (2016)

    W est le drama parfait si vous aimez les dramas et les webtoons ! En effet, on y suit Oh Yeon-Joo qui se retrouve plongée dans le webtoon de son père. Elle y rencontre Kang Cheol, dont elle connaît l’histoire par cœur. Mais sa venue va bouleverser le cours de l’histoire. W nous propose du fantastique, de la romance, du policier, bref c’est un drama complet qui peut plaire à un large public. De plus l’alchimie entre Lee Jong-Suk et Han Hyo-Joo, les acteurs principaux, est palpable et rend crédible la relation entre les personnages. C’est un drama que je ne me lasse pas de regarder et que pour le coup, je trouve beaucoup mieux que le webtoon dont il est adapté. Si vous ne l’avez pas encore vu, je vous conseille vivement de vous plonger dedans !

    Et pour lire davantage de nos critiques et nos coups de cœur cinéma et télé, rendez-vous dans la rubrique Cinéclub !

  • JUKEBOX : NMIXX brillent comme des étoiles avec Fe3O4: STICKOUT

    JUKEBOX : NMIXX brillent comme des étoiles avec Fe3O4: STICKOUT

    Le girl group NMIXX fait son comeback avec son second opus de l’era Fe304 (la formule chimique de la magnétite, un minéral noir aux propriétés magnétiques) ce 19 août 2024. Après avoir promu le chapitre Fe304 : BREAK, c’est au tour de Fe304 : STICK OUT de briller. En effet, les membres nous embarquent dans une nouvelle étape de leur histoire alors qu’elles jouent le rôle d’outsiders qui se réunissent pour affronter le monde des humains. 

    C’est un troisième EP très fort que nous proposent NMIXX qui sont entourées d’une équipe créative et de producteurs des plus talentueux. On revient sur le teasing, le concept et les chansons.

    NMIXX : un club d’outsiders ?

    La storyline (ou le lore) de NMIXX prend un tournant intéressant avec ce comeback puisque le premier teaser qu’elles postent est “l’outsider club”. Dans une ambiance mystique et presque de film d’horreur, on voit les six membres dans des positions de faiblesse et de vulnérabilité. Sullyoon et Jiwoo sont échouées sur une plage alors qu’on retrouve le fil conducteur de la thématique  “pirate” du groupe.  Elles sont une lueur d’espoir qui vient chercher les autres membres qui sont, en parallèle, dans des situations désespérées. Ainsi Haewon et Kyujin sont sauvées puis recrutées par Jiwoo, quand BAE est sauvée par Sullyoon. Elles se retrouvent éventuellement toutes autour de Lily qui semble être une figure totémique pour la storyline : le outsider club est formé. Les black sheeps (“moutons noirs”, ou l’équivalent de nos expressions “brebis galeuse”, “vilain petit canard”) s’unissent.

    NMIXX(엔믹스) “Fe3O4: STICK OUT” Story Film: OUTSIDER CLUB, 1er août 2024
    OUT : SIMULATION

    Un second trailer “OUT : SIMULATION” s’ajoute au lore de NMIXX. Les indices sur l’univers du groupe, appelé MIXXTOPIA par les fans continuent d’être semés. Alors que leurs productions vidéo font souvent référence à des classiques culturels comme A Midsummer Night’s Dream de Shakespeare (“Party O’ Clock)  ou Le Magicien d’Oz (“Love me like this”), c’est tout un monde onirique, spatial et alienoide qui s’ouvre alors. Chacune de ces références met en lumière le caractère unique et “outsider” des membres, en effet elles semblent différentes des autres humains, mais qui sont-elles ? Comme elles le disent dans ce trailer “we will become the finest strangers in the universe” (nous deviendrons les meilleurs étrangers dans le monde).

    NMIXX semblent inhumaines, et les références au calvaire et chaos avant la réussite s’accumulent, elles rament littéralement. Il semble qu’elles ont des pouvoirs psychiques, le monde de la magie se manifeste davantage grâce aux quatres éléments qu’elles contrôlent mais aussi aux apparitions d’objets oniriques comme le cheval blanc ou le pendule.

    NMIXX(엔믹스) “Fe3O4: STICK OUT” Trailer: OUT SIMULATION, 6 août 2024

    Si le lore de NMIXX est sensiblement plus large et profond que nous ne pouvons l’appréhender, les théories et analyses des fans (les NSWERs) s’accumulent sous le hashtag #MIXXLORE.

    Avant la sortie, les chansons ont été teasées grâce à un “A Cappella medley” nous a également été offert, mettant en valeur les talents de chanteuses des membres, en plus d’être une vidéo sublimement réalisée.

    NMIXX(엔믹스) « Fe3O4: STICK OUT » A Cappella Highlight Medley Arranged by C’SA, Frankie Day (THE HUB), 14 août 2024

    TRACK BY TRACK 

    La title song : “별별별 (See that?)

    NMIXX(엔믹스) “별별별 (See that?)” M/V, 19 août 2024

    Le nom coréen de la chanson dit “étoile étoile étoile”. La métaphore filée du ciel, des étoiles et du monde rêvé parallèle est déjà de mise dès le titre. On sait alors qu’on entre dans un univers unique: celui de NMIXX. 

    Dès le début du clip, le spectateur est averti : “attention, cette vidéo va réveiller la brebis galeuse (the black sheep) en vous et vous n’allez plus pouvoir garder les choses cachées. Vous allez accepter d’être différent.e des autres et vous risquez d’agir comme bon vous semble, selon vos désirs et votre imagination. Ne cachez pas qui vous êtes vraiment”. 

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    NMIXX lancent donc un message fort avec cet EP : soyez vous mêmes et soyez authentiques sans vous cacher des autres. Si l’on pourrait trouver cette thématique déjà vue, c’est pourtant avec un autre aspect que les membres appellent à rester soi-même : avec celui du rêve et de l’imagination au-delà des limites. “don’t mind, just do it” (tu t’en fiches, fais le)

    Le titre commence en trombe avec une instrumentale uniquement faite de basse électrique et de quelques adlibs (nappes vocales) sur les premières secondes. Les paroles scandées insèrent une dimension rebelle à cette basse qui en donnait déjà le la. L’arrivée des percussions et des chœurs apportent une touche épique à cette rébellion qui semble se transformer en véritable hymne d’outsiders qui reprennent leur puissance. “Can you feel the tension” (sens tu la tension?), l’auditeur ressent effectivement cette tension voulue par la production. La premier couplet par Kyujin et BAE est relativement grave et sombre et les membres se veulent plutôt “badass” quand le pré-refrain par Haewon et Jiwoo est plus impertinent et effronté. La mélodie change et la tonalité est plus rieuse pour finalement offrir un refrain fort en basse et percussion.

    Le mot 별 (byeol) répété à plusieurs reprises confère au refrain un certain entrain et donne envie de les rejoindre. La référence à “twinkle twinkle little star”, une comptine pour enfant, nous invite à briller et faire sortir nos rêves d’enfants pour les sublimer.

    La coupure : une spécialité NMIXX

    Dans les title tracks de NMIXX se trouve toujours une coupure, un changement de genre introduit par les membres qui scandent leur nom. Il arrive ici juste après le premier refrain, où l’on passe d’un son pop-rock plus sombre et rebelle à une mélodie bubblegum pop. La basse change de mélodie mais reste très forte et donne à la chanson une certaine cohérence, malgré la coupure. Le deuxième refrain change quelque peu du premier car s’ajoute aux répétitions une vraie mélodie vocale, menée par Sullyoon et Lily, qui enchante l’auditeur par sa douceur. Ce refrain se fond directement avec un pont plus hip-hop et presque anxiogène par la note chantée soutenue et la guitare électrique aiguë.

    La fin du titre est particulièrement appréciable grâce au fredonnement chanté qui nous fait entrer  dans l’univers onirique. Semblable à une comptine ou une berceuse, ce fredonnement ne serait-il pas le sésame entre nos deux mondes : le réel, et l’onirique de NMIXX ? 

    Un MV onirique

    L’esthétique du clip reprend à la fois un univers sombre, badass et rebelle d’un club d’outsider désaffecté comme on a pu le voir dans les teasers, mais aussi l’univers du ciel et du rêve. En effet à plusieurs reprises on voit Sullyoon dans sa chambre avec un casque alors que son double ou Haewon apparaissent, on observe également les membres volant dans les airs ou Jiwoo courant sur un immeuble contre la gravité.

    Une title track qui ne nous déçoit pas alors qu’elle met en évidence différentes mélodies mais aussi différents tempos et instruments à cordes. On apprécie la prise de risque habituelle de la production, qui arrive à opérer une cassure et un parallèle entre deux mondes, tout en gardant une véritable cohérence. Pour nous c’est un bel exemple de la manière dont la musique et les sonorités accompagnent totalement les paroles et la signification dans une sorte de synesthésie. La réussite est là où l’exécution de la forme accompagne le fond pour offrir un projet intéressant. 

    B-sides 

    SICKUHH (Feat. Kid Milli)

    NMIXX(엔믹스) “SICKUHH (Feat. Kid Milli)” Visualizer, 11 août 2024

    Ce morceau a été présenté en pre-release sous forme de visualizer une semaine avant la sortie de l’album et a été un véritable raz de marée. En collaboration avec l’artiste rappeur Kid Milli, NMIXX propose un son beaucoup plus hip-hop que d’habitude avec une emphase forte sur le rap et le slam. Alors qu’on connaît le groupe pour être de bonnes chanteuses, on ne les attendait pas forcément sur un titre essentiellement rapé, et pourtant c’est avec brio qu’elles l’exécutent. En effet, “SICKUHH” met en valeur chacune des voix des membres, même celles dont on aurait pas imaginé de tels couplets. Sullyoon commence le morceau en douceur sur une instrumentale minimaliste hip-hop suivie par Kyujin et Jiwoo avec un couplet plus explosif. Plus on s’approche du refrain, plus la production et les voix montent en puissance avant de proposer un léger antidrop sur le refrain de BAE.

    Kid Milli s’intègre ensuite parfaitement dans le son en apportant un rythme et un flow assez différent de celui de NMIXX, rendant la structure du morceau assez dynamique pour être surprenant. Le couplet de rap de Haewon et la conclusion mélodieuse par Lily en font une chanson complète, équilibrée et sans fioriture. La topline “you already know sickuhh” est efficace bien qu’un peu simple; cela reste une réussite pour NMIXX dont la versatilité est impressionnante.

    Red light sign, but we go

    Le titre du morceau suit la logique du concept rebelle de NMIXX puisque malgré le feu rouge, elles y vont  tout de même de l’avant. Il semble que les membres sont prêtes à oser, à affronter les obstacles tout le long de cet album. Cette attitude presque dissidente se manifeste dès l’introduction de la chanson avec les notes de piano agressives, imitant presque les instruments à vent et la phrase de Jiwoo “no one can understand me, out of control” (personne ne peut me comprendre, je suis incontrôlable).

    Coup de cœur pour le pré-refrain saccadé chanté en alternance entre falsetto et voix de poitrine, il nous amène et nous transporte vers le refrain qui drop sur une instrumentale electro-tropical pop. Alors que la première partie du refrain est très dansante et entraînante, la seconde scande de manière collective “red light sign but we go”. Les couplets d’après sont rapés et on apprécie une nouvelle fois la versatilité des voix des membres de NMIXX. En somme, le titre est une sorte d’hymne entraînant et d’empouvoirement sur laquelle on se plaît à danser et lâcher prise.

    BEAT BEAT

    Cette quatrième chanson diffère encore des autres car elle commence sur une instrumentale drum & bass à l’ambiance rétro, avant de transitionner vers de la dance-pop alors que la mélodie vocale commence. Les couplets sont très dynamiques et mettent en valeur les voix des membres plus que la production avant d’arriver sur un pré-refrain aux percussions plus simples qui semblent mimer un cœur qui bat. Une fois de plus, le fond rejoint la forme puisque la musicalité suit la thématique “heart sound drum” (percussion d’un cœur qui bat) énoncée par BAE. Le refrain continue cette thématique et joue avec la caisse claire et les cymbales qu’on entend particulièrement.

    Un “NMIXX Hey!” introduit le couplet post-chorus avec un rap “quirky” (excentrique et décalé) et dynamique qu’on connait du groupe. La chanson est dance, pop et fun et nous rappelle sans problème un morceau de TWICE. Elle joue avec le beat, les percussions et les transitions d’un tempo à l’autre pour garder l’auditoire amusé et diverti. Ceci ne nous étonne pas lorsqu’on sait qu’aux basses et percussions se trouve HotSauce qui a notamment travaillé avec Stray Kids sur “Thunderous” et leurs remixs basse.

    Moving On

    Ce morceau a été chanté par le groupe en amont de la sortie lors du BST HYDE PARK London en juillet dernier et a reçu un bon accueil du public. En effet, la mélodie et l’instrumentale à guitare électrique lui confèrent une atmosphère assez nostalgique, voire dramatique qui marche très bien sur scène. Une nouvelle fois, le genre musical de la chanson diffère de celles proposées auparavant puisqu’on part sur une inspiration pop-rock voir pop-punk par moments, notamment sur le pont. En effet, on y entend un solo de guitare et une chorale de voix pour finir sur un refrain en tonalité supérieure et pléthore d’ad libs réussis.

    Les voix claires des membres, et particulièrement Haewon et Lily fonctionnent parfaitement pour ce type de chanson dont la mélodie de voix requiert une certaine puissance. Tout au long de la chanson, on apprécie la guitare électrique et la batterie rock omniprésentes. Un titre très efficace et qui est sans doute l’un des plus forts de l’EP. Les paroles sont également nostalgiques mais pleines d’espoir. Après la rébellion anticonformiste, place à la rébellion plus douce qui ne repose que sur soi-même et les choix à faire pour sortir de sa torpeur. 

    Love is lonely

    Un son d’été EDM pop comme on les aime ? C’est le cas de “Love is Lonely” qui propose une mélodie vocale aérienne et qui donne un sentiment de flottement. Les voix de BAE et Sullyoon qui commencent le son nous font penser à un titre d’été de SUNMI. “We are dangerously hopeless romantic, but i’m happy it’s true” (nous sommes dangereusement romantiques, mais je suis heureuse que ça soit réel) comprend bien le ton de la chanson : léger, amoureux, doux. Le refrain est efficace et catchy avec une mélodie très agréable à écouter et des voix en notes de tête. La dernière phrase presque acapella chantée par Lily conclut à merveille le morceau, comme elle conclut l’EP de NMIXX. Il s’agit de la chanson parfaite pour clôturer un projet musical aussi complet que bien réalisé. 

    Conclusion

    Si le concept de l’EP Fe304 : STICK OUT est de briller en s’extirpant de ses carcans, c’est un pari réussi avec brio par NMIXX. Grâce à six morceaux parfaitement produits et proposant chacun une nouvelle couleur musicale et artistique, le groupe prouve que la versatilité peut être synonyme de maîtrise. En effet, entre le hip-hop, la tropical pop, différentes sortes d’EDM mais aussi le rock, NMIXX maîtrisent les codes et les techniques vocales qui y sont associées. On les suivrait facilement dans leur Outsider Club s’il fallait écouter des projets musicaux aussi équilibrés et cohérents. On comprend aisément pourquoi les fans sont accros et s’adonnent à créer des néologismes comme la MIXXpop : parce que leur univers musical et visuel est unique.
  • JUKEBOX : BLACKSWAN ont la « baddie energy » dans « ROLL UP »

    JUKEBOX : BLACKSWAN ont la « baddie energy » dans « ROLL UP »

    BLACKSWAN, après de multiples changements de lineups rappelant son groupe prédécesseur Rania, a finalement trouvé sa composition définitive. Fatou, NVee, Gabi et Sriya ont fait leur retour ce 31 juillet avec l’EP « Roll Up ». 

    L’année dernière, nous avions découvert la nouvelle lineup de BLACKSWAN avec « Karma », un titre inspiré par les origines indiennes de Sriya. Le groupe avait alors séduit de nouveaux fans qui ont attendu un an avant le retour du quatuor avec « Roll Up » aux influences western. Dans les crédits de cet EP porté par la title track éponyme, on retrouve le nom de Fatou dans l’écriture des paroles de « C’est Jamais Vue » mais aussi et surtout, de manière surprenante, Flo Rida pour les mix et masters. 

    C’EST JAMAIS VUE

    On passera outre la faute d’orthographe en parlant de « C’est Jamais Vue ». Son rythme house est sans aucun doute inspiré de la culture euro trance. Fatou balance de manière nonchalante au début du refrain « je m’en fous de tout », affirmation d’une indifférence envers les critiques mais aussi des situations difficiles.

    Malgré un mix par Flo Rida comme mentionné précédemment, les voix se perdent dans la production instrumentale. On se retrouve dans une confusion nuageuse, notamment lors du refrain et des parties chantées par Gabi, Nvee et Sriya. C’est d’autant plus dommage que certains passages sont intéressants et mériteraient d’être mis en avant comme le pré-refrain. 

    ROLL UP

    L’EP enchaîne immédiatement sur la title track, « Roll Up ». La production est marquée par les percussions et une basse qui nous fait nous imaginer juste à côté d’enceintes lors d’un concert. 

    Après l’introduction, NVee commence à chanter – un autotune étrange couvre sa voix, que l’on retrouve un peu plus tard lors des pré-refrains. Sriya et Gabi ne sont pas épargnées par celui-ci. Lorsque l’on réussit à ignorer, les parties de chaque membre qui s’enchaînent dans un rythme erratique deviennent entraînantes. 

    Certains ont reproché à l’agence du groupe, DR Music, d’avoir fait appel à deux compositrices du groupe Lyre, notamment Alina Smith. Ces critiques se basent sur une impression d’imitation de BLACKPINK – ce qui est compréhensible à mes yeux. Le plus flagrant serait l’omniprésence des raps de Fatou et une place plus minime pour le chant.

    BLACKSWAN exécute néanmoins à la perfection le concept girl crush avec un concept visuel western, et réussit à proposer une chanson entraînante.

    DOUBLE DOWN 

    « Double Down » est dans la continuité de « C’est Jamais Vue » avec un synthétiseur pétillant et une ambiance house. On semble initialement ralentir un peu, mais le rythme reste vif. 

    La répétition de « double down da-da-da-down » à la fin du refrain est addictif et est sans doute le point culminant du titre. 

    On aperçoit un peu mieux les capacités vocales des chanteuses qui ne sont, cette fois, pas masquées par la production instrumentale. 

    LA BOUM

    L’influence francophone de Fatou se fait encore une fois ressentir dans « La Boum » avec un titre directement tiré d’un des classiques du cinéma français. 

    L’ambiance rappelle vaguement « Cat & Mouse », b-side de « Karma », bien que teintée de nostalgie. Le magazine sud-coréen IZM connu pour ses critiques musicales cinglantes parle de « La Boum » comme « glissant comme un whiskey de qualité », et la comparaison semble bien trouvée. 

    CONCLUSION 

    BLACKSWAN prouve à la fois son originalité et sa maîtrise des codes de la K-pop dans cet EP globalement bien produit. Les quelques points négatifs sont facilement oubliés tant le positif prend le dessus, grâce à des chansons entraînantes et au charisme des membres. 

    « Roll Up » est désormais l’album s’étant le mieux vendu lors de la première semaine de BLACKSWAN, une évolution commerciale bien méritée pour le quatuor qui tisse doucement mais sûrement sa toile dans le monde de la pop sud-coréenne. 

  • JUKEBOX : Stray Kids nous régalent encore avec leur 9ème mini album “ATE”

    JUKEBOX : Stray Kids nous régalent encore avec leur 9ème mini album “ATE”

    Après une année 2023 remplie de succès, Stray Kids étaient attendus au tournant par leurs fans. 8 mois après notre séjour dans leur megaverse avec 樂-STAR, les huit artistes sont revenus le 19 juillet 2024 avec ATE, un album parfaitement équilibré. La recette de Stray Kids fonctionne toujours et régale les fans.

    Prologue 

    Avant ATE : un chapitre obscur

    Après plusieurs mois d’absence, Stray Kids sont revenus avec un single digital inattendu en collaboration avec Charlie Puth : “Lose My Breathe”, le 10 mai 2024. Un projet des plus malvenus lorsqu’on connaît les positions politiques sionistes et la misogynie répétée du chanteur américain. Le producteur et ayant droit majoritaire du titre, Johnny Goldstein, est également ouvertement sioniste. 

    Pour des raisons tout à fait louables, ce titre a divisé les STAYs qui encourageaient massivement son boycott en appelant l’agence et le groupe à ne pas s’associer avec des individus dont les valeurs ne correspondent pas à celles de Stray Kids. Une grosse erreur de parcours dans la carrière du groupe qui s’est vu décevoir, voire blesser une bonne partie des fans par cette association absurde. 

    Sans réponse ni prise de parole de leur part, c’est tout naturellement au tournant que les attendaient leur fans pour le projet suivant. Si l’on imagine que la présence de la chanson était initialement prévue sur l’album ATE, c’est principalement car les photos teasers de la version “Accordion” sont en réalité les mêmes photos utilisées pour la promotion du single digital. Les fans menacaient alors de boycotter le projet entier dans ce cas. On a finalement découvert que la chanson ne figurait pas sur l’album, et c’est mieux comme cela. 

    A ce jour, Stray Kids n’ont toujours pas ouvert la discussion sur cette collaboration, bien qu’ils aient mené la promotion jusqu’au bout avec leur agence JYP Entertainment, elle-même peu louable quant à son positionnement sur l’affaire et sur le génocide palestinien.  La promotion semble désormais bien enterrée et les fans invitent à continuer de boycotter la chanson, toujours présente sur les plateformes de streaming. Un chapitre décevant qui laisse une trace amère dans leur carrière jusqu’ici plutôt lisse. 

    La campagne de teasing pour ATE

    Stray Kids : de retour pour nous porter chance ?

    C’est le 18 juin dernier que le groupe annonce son 9ème mini album nommé ATE (participe passé de “eat” – manger en anglais). Dans une métaphore filée culinaire, suivant la lignée de “God’s menu”, Stray Kids continuent d’embarquer leurs fans pour qui l’annonce a été une aubaine. 

    Ce premier trailer est parfaitement produit et réalisé. On y découvre Felix acteur dans un pastiche de publicité pour les biscuits de fortune, nous demandant “who ATE the luck?” (qui a mangé la chance ?) suivi de la réaction jouée des autres membres. L’humour est de mise puisqu’ils jouent chacun leur tour différentes saynètes dans lesquelles ils n’ont, justement, pas de chance. 
    Les situations sont toutes plus cocasses les unes que les autres et semblent bien relatable, autrement dit on se met à leur place et on compatit. Un plot twist est vite arrivé toutefois, puisqu’ils deviennent ceux qui apportent la chance, mais on vous laisse le plaisir de le découvrir directement :

    Trailer officiel de l’album ATE, sorti le 18 juin 2024

    Dans ce trailer, une voix off journalistique dit clairement “this summer, with Stray Kids ready to rock the world, shall we get lucky together ?” (cet été, avec Stray kids prêt à secouer le monde, serons nous tou.tes chanceux.ses ensemble?). Une chose est sûre, ATE nous a bien secoué-es : la mala taste, genre musical spécifique à Stray Kids, est plus que présente.

    On apprécie particulièrement la qualité des contenus produits pour les trailers puisque les pastiches de publicités ont également été tournées par les autres membres, et non seulement Felix. 

    Le choix du titre d’album ATE est un clin d’œil à cette métaphore culinaire, mais il est aussi une référence directe à la pop culture anglophone. En effet, en anglais lorsqu’un artiste réussit une prouesse ou fait une performance qualitative, on dit qu’il a “ate”. La traduction littérale, “a mangé”, en français n’a pas vraiment de sens pour dire que quelqu’un a vraiment réussi – un équivalent en argot serait “avoir dead ça”. En choisissant “ATE”, Stray Kids veulent prouver qu’ils ont proposé quelque chose d’incroyable. 

    L’album est encore une fois produit et écrit par 3RACHA, les trois membres producteurs du groupe (Bang Chan, Changbin et HAN). Ils sont notamment accompagnés sur “Mountains” et “Runners” par VERSACHOI, producteur de musique sud-coréen qui a l’habitude de travailler avec Stray Kids. 

    Un partenariat avec Youtube Shorts dès le teasing 

    Alors que les plateformes de contenus courts sont de plus en plus développées et proposent des fonctionnalités des plus travaillées, Youtube Shorts est en pleine expansion. Dans le cadre de développement marketing de la plateforme, Stray Kids ont écopé d’un partenariat, les poussant à davantage publier via Shorts. Ainsi leur TIMETABLE (planning), mais aussi leur TRACKLIST a été révélée via des mini visualizers qualitatifs. 

    Le nom de la title “Chk Chk Boom” a donc été révélé, laissant les fans divisé.es quant à ce choix d’onomatopées. Si “LALALALA” faisait sens car elle avait un titre plus élaboré en version originale (“락”(rak) 樂 (lè), qu’on analyse juste ici), cette fois seule la version anglophone subsiste.

    Des visual films de chaque membre ont également été publiés sur les plateformes, nous donnant un aperçu de l’esthétique globale de cette era musicale. 

    ANALYSE TRACK BY TRACK

    Une vidéo INTRO 

    Comme à leur habitude, Stray Kids ont sorti une vidéo d’introduction à leur projet la veille du comeback. Ces vidéos “INTRO” sont un avant goût offert aux fans alors que les membres expliquent en détail la création des différents morceaux. 

    Ce qu’on apprécie avec le groupe est cette transparence dans leur processus créatif mais aussi les anecdotes qu’il nous raconte. En ce sens, ce sont les coulisses qu’il nous donne à voir, permettant de comprendre davantage l’album, avant même qu’il sorte.

    MOUNTAINS

    Une des forces de Stray Kids réside dans l’entrée en puissance dans leurs albums. C’est le cas avec “Mountains” qui s’avère introduire parfaitement l’album. Après une reconnaissance internationale grandissante, des milliers de disques vendus et un fandom qui ne cesse de s’élargir, le groupe sait bien qu’il gravit les échelons (les montagnes donc). Cette chanson est une mise en lumière de sa carrière qui a atteint un certain tournant courant 2023/2024. 

    Dès les premières notes on distingue des percussions et des voix scandées, nous rappelant un registre épique et combatif souvent utilisé par le groupe. On peut aisément suivre la mélodie de voix et se sentir directement enveloppé par le son qu’on imagine parfaitement en ouverture scénique. Les premières phrases de Felix en anglais arrivent rapidement en nous disant “tower over crowds, don’t pause cause i’m loving it’ (comme une tour au dessus des foules, ne mettez pas en pause car j’adore ça). Percutante et claire, la voix de Felix nous semble être parfaite pour une entrée en matière qui révèle déjà le thème de cette chanson : les membres de Stray Kids sont au sommet et ils n’échangeraient leur place pour rien au monde. 

    Si l’egotrip, ou l’extrême confiance en soi, est un thème récurrent chez le groupe, on apprécie de le voir toujours réussi. Les couplets de rap en symbiose avec l’instrumentale plutôt rock du titre fonctionnent très bien et on apprécie l’usage d’une basse très saturée en fond. Le pré-refrain et le refrain ne dérogent pas aux inspirations rock tout en proposant une topline très efficace, comme ils ont l’habitude de faire. 

    Mention spéciale au couplet de Hyunjin qui apporte du mouvement dans la chanson en changeant le rythme. Le reste de la chanson reste puissant, avec une répétition du refrain complètement en anglais sur la dernière partie du morceau, permettant probablement aux futur.es fans internationaux-ales de le chanter en chœur lors des concerts.

    Chk Chk Boom : une title track latine pour Stray Kids ?  

    “Chk Chk Boom” est une title track étonnante de la part de Stray Kids qui explorent de nouveaux genres mais aussi une nouvelle structure. Si le titre simple, mais aussi le refrain aux paroles décousues nous ont laissé perplexes, le morceau quant à lui est une réussite et nous plait un peu plus à chaque écoute. 

    Les premières notes de synthétiseur révèlent déjà l’inspiration latine que le groupe a décidé de mener le long de la chanson. Alors qu’on a l’habitude d’entrer dans une title track de Stray Kids avec un rap écrié de Changbin, nous sommes surpris par un début plus en douceur par HAN chantant. Changbin arrive toutefois tout de suite après, mais cette fois-ci avec un flow beaucoup plus calme et bas, voire presque sensuel, qui change complètement de ce qu’on a l’habitude d’entendre de lui. On apprécie le pré-refrain de Bang Chan qui utilise une technique vocale qu’on ne lui connaissait pas en prolongeant une note basse. 

    Le génie de Stray Kids se manifeste là où le second pré-refrain, reprenant la même mélodie et les mêmes paroles, est cette fois exécuté par Seungmin qui le chante une tonalité au-dessus d’une voix très claire. Le refrain explore des percussions et une mélodie très reggaeton et très dansante qui devient presque addictive pour l’auditeur-ice. Les paroles sont en espagnol et simples à chanter tout en entrant facilement en tête, en gardant tout de même des petits détails musicaux hip-hop et K-pop. Avec cette title track originale, les membres de Stray Kids nous montrent qu’ils savent jouer et explorer de nouvelles techniques vocales et de rap, en plus d’explorer de nouveaux genres musicaux. 

    Si “Chk Chk Boom” ne devait originellement pas être une title track (en compétition avec d’autres morceaux comme « I Like It » ou d’autres non sortis), il semble qu’elle est un parti pris risqué. Celui-ci a payé pour Stray Kids qui montre une nouvelle recette de sa mala taste sur scène. En effet, même la chorégraphie est pensée pour ravir nos yeux avec une atmosphère bien plus dynamique et reggaeton, des variations de hauteur et de texture (style) dans les pas.

    Changbin le dit par ailleurs dans leur vidéo d’intro : “we ended up with a lot of music genres that Stray Kids hadn’t tried before” (nous nous sommes éventuellement retrouvés avec beaucoup de genres musicaux que Stray Kids n’avaient pas essayé avant).

    Stray Kids et “Wolverine & Deadpool”

    Le MV de “Chk Chk Boom” est une nouvelle surprise qui nous dévoila davantage la popularité de Stray Kids puisqu’il fait figurer Hugh Jackman (Wolverine) et Ryan Reynolds (Deadpool), alors que le film Deadpool & Wolverine, sorti le 24 juillet 2024 est en promotion. Leurs caméos collent parfaitement avec le concept que Stray Kids propose pour ce comeback, à savoir quelque chose de plus humoristique. 

    La présence de Ryan Reynolds est particulièrement touchante lorsqu’on sait que le groupe et l’acteur ont interagi à plusieurs reprises le long de leurs carrières. A commencer lorsque Stray Kids a fait une performance spéciale autour de Deadpool lors de l’émission Kingdom. Ce choix n’est pas anodin non plus puisque Stray Kids figure sur la bande originale du film avec une chanson originale : “Slash”. 

    C’est donc avec humour que le MV commence avec une parodie des chaînes de météo et d’information par les deux acteurs américains qui informent d’un nouveau fléau à New York, celui des antagonistes créant le chaos sur leur passage : Stray Kids. S’en suit alors plusieurs scènes des membres menant la pagaille alors que Deadpool / Ryan Reynolds est à leur recherche. Tout cela pour finalement souhaiter intégrer leur groupe.

    JJAM

    Ce n’est pas dans la title track mais dans “JJAM” que Changbin commence le morceau avec un rap puissant et percutant. La confiture (jam) Stray Kids est en place et on est ravis de la goûter de nouveau. “Finger lickin’” (on se lèche les doigts) sur une instrumentale électronique qui nous rappelle presque la PC music (genre qui tire son nom du célèbre label fondé par A.G. Cook et qui a donné naissance à ce qu’on appelle vulgairement de l’hyperpop aujourd’hui) avec beaucoup d’éléments dissonants. 

    On y retrouve des samples plutôt dubstep et glitch qu’on aurait pu entendre dans “Venom” ou dans “Freeze”, mais avec cette fois beaucoup d’humour. 

    Humour qu’on retrouve dans les paroles avec par exemple la référence à un mème connu des Stays “I know, you know, Lee Know” (membre qui chante cette phrase). De nombreux jeux de mots sont utilisés puisqu’ils utilisent “jam” pour évoquer leur musique. C’est en effet un mot argotique américain des années 80 pour évoquer une chanson que l’on aime. Ils utilisent également l’expression typiquement coréenne “you got no jam”, qui veut dire grosso modo, “tu n’es pas drôle”. Le mot anglais “jam” a une prononciation proche du coréen “jaemi” qui signifie “drôle”. 

    La structure du morceau est elle aussi originale puisqu’elle fait suivre les voix mélodieuses de Seungmin et I.N d’un refrain suffoquant dubstep non chanté, pour ensuite retourner sur un couplet drum and bass. Han le dit lui même dans le son, ils utilisent diverses variétés de percussions : “kick snare (caisse claire) hi-hat (charleston) drum and bass”, ce qui donne une couleur multidimensionnelle au titre. La rapline joue et semble se donner la réplique puisque Changbin et Han s’entrecoupent mutuellement. 

    La musique est un “playground” (un terrain de jeu) pour Stray Kids qui s’amusent à la fois avec la production, les paroles et la structure. “JJAM” est à mon sens un pur produit « SKZ ».

    I Like It

    C’est sur une note beaucoup plus jazzy et pop que l’album se poursuit avec “I like it” qui ralentit la cadence. Bien que les huit premières secondes de la chanson semblent commencer un morceau hip-hop traditionnel avec un sample de rizz et de percussions, c’est finalement une mélodie vocale de Seungmin assez sensuelle qui arrive. 

    Avec une référence au film policier hong-kongais “Cops & Robbers” dans la première phrase, Stray Kids évoque un jeu de poursuite et de séduction entre deux individus qui se cherchent dans une parade amoureuse. Le morceau est plein de références romantiques alors que le refrain chanté par Hyunjin puis Changbin, répète inlassablement “I like it” (j’aime cela), sous-entendant “j’aime la séduction”. 

    Si Stray Kids fait très peu de chansons d’amour, c’est avec humour et légèreté que 3RACHA écrit celle-ci. Le premier pré-refrain presque tropical pop de Lee Know et Bang Chan est particulièrement marquant puisqu’ils chantent en voix de tête. Le deuxième couplet rap de Han et Hyunjin sur une batterie très hip-hop est à notre sens un des highlights de la chanson. On note aussi une outro très efficace puisqu’elle reprend le refrain de répétition avec cette fois la voix basse de Felix qui clôture le son sur une instrumentale jersey club cruellement plaisante. 

    Nous ne sommes pas étonné-es d’apprendre par Stray Kids que cette chanson était en lice pour être la title track de l’album.

    Runners

    Le coup de cœur de ATE arrive avec “Runners” qui s’impose comme une favorite dès la première écoute. 

    La voix nuageuse de Seungmin qui commence le morceau avec cette mélodie aux instruments à vents traditionnels puis l’arrivée de la voix grave de Felix sur une instrumentale drill nous a convaincu. L’ambiance du son est onirique et atmosphérique et on se plait à écouter sa progression. La structure est aussi originale que satisfaisante puisqu’on a un rap de Changbin et Han suivi d’un couplet en falsetti de Bang Chan et Lee Know. Enfin on arrive sur un refrain chanté par ces derniers mais aussi VOCALRACHA (Seungmin et I.N). 

    Le titre met en évidence chacun des timbres de voix du groupe, ne laissant personne sur le côté, ce qui est assez rare en K-pop pour le souligner. En effet, la prouesse de Stray Kids sur “Runners” est de réussir à faire cohabiter les huit voix des membres pourtant très différentes sur un seul et même morceau parfaitement équilibré. 

    Il s’agit, à notre sens, d’un coup de génie du groupe tant sur la production que sur le mixage qui n’aurait pas pu être fait par quelqu’un d’autre. La recette Stray Kids en somme. Le refrain mélange instruments asiatiques et un two step qui abandonne l’auditeur-ice dans une expérience musicale délectable. On en veut plus et on veut l’entendre en live. 

    A noter que la chanson est entièrement en anglais, écrite par Bang Chan et Felix, et fait de nombreuses références à la culture états-unienne, notamment au “Winter Soldier”  (ou Captain America, le Soldat de l’Hiver, autre personnage de l’univers Marvel). 

    또 다시 밤 twilight 

    “twilight”, de son nom anglais et “tto dasi bam” (la nuit de nouveau), poursuit l’album sur une note beaucoup plus lente. On reconnaît ici le style de production de HAN qui propose une ballade aux inspirations plus soul et r&b qui concordent bien avec le titre. Le piano est omniprésent dans la production qui se trouve assez simple pour laisser plus grande place aux voix des membres. 

    La simplicité du son nous laisse quelque peu sur notre faim, on y reconnaît là plutôt un SKZ REPLAY ou un SKZ PLAYER plus qu’un morceau d’album. Toutefois, on apprécie la prise de risque de le placer à cet endroit dans la tracklist. Un morceau décrit par les membres comme émotionnel, parfait à écouter dans des instants plus calmes de la nuit.

    Stray Kids

    “Stray Kids” par Stray Kids résume bien l’idée de ce morceau qui se révèle être une sorte de bilan et retour sur la carrière des membres depuis leurs débuts à aujourd’hui. En effet, les paroles font de nombreuses références à leurs anciens tracks et thématiques, comme leur “Hellevator” (lieu fictif de leur univers et chanson de pré-debut). 

    Le refrain rappelle qu’il ne s’arrêteront jamais d’être Stray Kids et qu’il n’y aura pas de dernier “STEP OUT, soit le nom de leur feuille de route pour l’année en cours. Changbin fait également référence à la chanson Lonely St.” dans son couplet. D’autres références sont probablement à décrypter puisque les barres de rap de Han, Changbin et Hyunjin évoquent les thématiques qui leur sont propres comme la jeunesse perdue, l’incertitude, la solitude, ou encore la santé mentale. 

    L’utilisation du piano dramatique sur l’instrumentale tout du long lui confère un aspect nostalgique et heureux, comme si le groupe et les fans tournaient les pages d’un album photo souvenir ensemble. Il s’agit d’un morceau qui fonctionne sur l’egotrip et la repasse de leurs succès, mais cette fois dans un esprit plus apaisé qu’épique comme dans “Mountains”. 

    Le titre mélange des éléments drum and bass avec des voix plus lyriques, proposant un joli mélange très agréable à écouter. On apprécie entendre Felix commencer la chanson dans son registre plus haut. Tout comme on apprécie la partie mi chantée-mi rappée sous vocodeur de HAN non sans rappeler le flow de Ash Island. Le refrain en anglais et le chant collégial sur le “woah woah” semblent être un hymne à destination des fans internationales. 

    Une très jolie chanson qui a écopé d’une UNVEIL TRACK qui met les membres en scène dans d’anciens lieux de tournage de leurs clips et qui reviennent sur leur passé. Sur le moment, elle ne nous avait pas tant marqué car il nous semblait qu’un tel point de vue narratif arrivait “trop tôt” dans leur carrière. Mais elle prend finalement tout son sens. 

    Chk Chk Boom (Festival Ver.)

    L’album se clôt sur une version “Festival” de la title track “Chk Chk Boom”, ajoutant un aspect plus techno et moins reggaeton. Il semble que la mention “festival” soit une référence aux nombreux festivals pour lesquels Stray Kids a été programmés ces dernières années et qu’ils joueront peut-être en live. Si cette version est moins à notre goût que l’originale, on l’aurait éventuellement imaginée figurer sur l’album des “REMIXES VERSIONS” plutôt que sur celui-ci.​

    Un parti pris qui résulte des envies d’expérimentation de Stray Kids à s’essayer toujours à d’autres genres et autres inspirations, mais qui, pour ce track, ne nous convainc qu’à moitié. 

    Conclusion

    Avec ATE, les membres de Stray Kids nous prouvent une nouvelle fois qu’ils sont à la hauteur de leur réputation en proposant un album aussi enthousiasmant qu’équilibré. Si les fans les attendaient au tournant sur ce 9ème mini album, c’est avec surprise et soulagement que le groupe offre de nouvelles sonorités et de nouvelles expérimentations qui font la couleur même de Stray Kids. 

    Ils continuent de créer et d’offrir une expérience musicale originale pour satisfaire les “oreilles gustatives” de leurs audiences. Avec des morceaux plus forts que d’autres, le tracklisting est assez court et bien agencé pour proposer une soupe (ou une confiture) dont on savoure chaque parfum. Et pour cause, dès la première semaine de sortie, ATE s’est placé numéro 1 dans les ventes françaises, confirmant la popularité du groupe dans notre pays. 

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  • CINÉCLUB : Top 7 des k-dramas à regarder cet été

    CINÉCLUB : Top 7 des k-dramas à regarder cet été

    L’absence de journées ensoleillées se fait ressentir cette année. Afin de combler le cruel manque de vitamine D de cet été, voici notre sélection de k-dramas à l’ambiance estivale. Du soleil, de l’amour, de l’amitié… Installez-vous confortablement, détendez-vous et laissez ces dramas vous transporter dans un autre univers.

    Bonus : ils sont (presque) tous disponibles sur Netflix !

    1. Hometown Cha Cha Cha

    Affiche du k-drama Hometown Cha Cha Cha

    Synopsis : Yoon Hye-jin démissionne de son poste de dentiste dans une clinique de Séoul. Elle se rend dans la ville portuaire fictive de Gongjin à l’occasion de l’anniversaire de sa défunte mère, où elle décide de s’y installer et d’y ouvrir une clinique dentaire. Elle fait la rencontre de Hong Du-sik, charmant homme à tout faire apprécié des habitants. Tout les oppose, et pourtant…

    Genre : comédie romantique, tranche de vie

    Nombre d’épisodes : 16 épisodes x 75 minutes

    Grand classique des dramas coréens, Hometown Cha Cha Cha, de Shin Ha-eun, est un remake de Mr. Handy Mr. Hong, film réalisé en 2004 par Kang Seok-Beom. Diffusée en 2021, nous y suivons Shin Min-a dans le rôle de Yoon Hye-jin, Kim Seon-ho jouant Hong Du-sik et Lee Sang-yi interprétant Ji Seong-hyun. Hometown Cha Cha Cha rassemble humour, littoral, légèreté et convivialité, le mélange idéal pour un drama aux airs de vacances.

    Si vous ne le connaissiez pas avant, vous avez peut-être découvert ce drama lorsque Seungmin, membre de Stray Kids, a chanté l’OST « Here Always », sorti le 10 octobre 2021.

    2. Summer Strike

    Affiche du k-drama Summer Strike

    Synopsis : En ayant assez de son manager et suite au décès de sa mère, Lee Yeo-reum quitte son travail et part vivre dans une ville éloignée, où elle rencontre un bibliothécaire qui cherche aussi à s’évader.

    Genre : drame, romance, tranche de vie

    Nombre d’épisodes : 12 épisodes x 50 minutes

    Summer Strike, sorti en 2022, a été réalisé par Lee Yoon-jung, que vous connaissez peut-être comme producteur de Cheese in the Trap et Coffee Prince. Les acteurs principaux sont Kim Seol-hyun, ancienne membre du groupe AOA, dans le rôle de Lee Yeo-reum et Im Si-wan, qui a également joué dans Run On, dans le rôle d’Ahn Dae-beom. Malgré la gravité de certains événements, la douceur des personnages principaux fait de Summer Strike un k-drama à regarder pour les personnes qui souhaitent échapper au quotidien et aux problèmes qui l’accompagnent. Mention spéciale pour le prénom du personnage principal, Yeo-reum, qui signifie « été » en coréen.

    3. Welcome to Samdal-ri

    Affiche du k-drama Welcome to Samdal-ri

    Synopsis : Suite à un scandale professionnel, la célèbre photographe Cho Sam-dal retourne dans sa ville natale située sur l’île de Jeju, où elle tombe par hasard sur son ami d’enfance, Cho Yong-pil, météorologue. Leurs retrouvailles ravive des émotions enfouies et une forte affection qu’ils éprouvent toujours l’un pour l’autre, malgré les années écoulées.

    Genre : comédie romantique, drame

    Nombre d’épisodes : 16 épisodes x 70 minutes

    Sorti en 2023, Welcome to Samdal-ri a été produit par Cha Young-hoon avec en tête d’affiche Ji Chang-wook dans le rôle de Cho Yong-pil et Shin Hye-sun dans le rôle de Sam-dal. L’environnement dans lequel évolue les personnages est aussi esthétique qu’apaisant, une vraie bouffée d’air frais à chaque nouvel épisode.

    À noter : DK de Seventeen et Taeyeon ont chacun chanté un OST pour ce drama !

    4. Our Beloved Summer

    Affiche du k-drama Our Beloved Summer

    Synopsis : Dix ans après avoir tourné un documentaire au lycée, ce dernier devient viral. Choi Ung et Kook Yeon-soo, deux ex qui se sont promis de ne jamais se revoir, se voient alors forcés par leur ami producteur de se retrouver devant la caméra. Que va devenir leur relation ?

    Genre : comédie romantique, récit initiatique

    Nombre d’épisodes : 16 épisodes x 60 minutes

    Our Beloved Summer, réalisé par Kim Yoon-jin, s’est notamment fait connaître l’année de sa sortie, en 2021, par son OST interprété par V (BTS) : « Christmas Tree ». Une adaptation sous forme de webtoon de Our Beloved Summer est publiée par Lee Na-eun la même année. Alors que le drama montre Choi Ung, joué par Choi Woo-shik (Train to Busan, Parasite) et Kook Yeon-soo, interprétée par Kim Da-mi (Itaewon Class) dans leur vie adulte, le webtoon dépeint les années lycées des personnages. À l’origine deux personnalités totalement opposées, ces derniers représentent à la perfection l’adage « Les opposés s’attirent ».

    5. Lovestruck in the City

    Affiche du drama coréen Lovestruck in the City

    Synopsis : Park Jae-won passe un mois à Yangyang Beach afin de se détendre et de surfer. Mais de retour à Séoul, il n’arrive pas à oublier la femme avec qui il a partagé une idylle en bord de mer. Il se met alors en tête de la retrouver dans les rues de Séoul.

    Genre : romance

    Nombre d’épisodes : 17 épisodes x 30 minutes

    Lovestruck in the City est un k-drama produit par Park Shin-woo et sorti en 2020. Les personnages sont joués par Ji Chang-wook (Park Jae-won) qui joue également dans Welcome to Samdal-ri, Kim Ji-won (Lee Eun-o / Yoon Seon-a) qui a joué dans Queen of Tears et Descendants of the Sun, aux côtés de Kim Min-seok (Choi Keyong-jun), So Joo-yeon (Suh Rin-i), Ryu Kyung-soo (Kang Geon) et Han Ji-eun (Oh Seon-yeong).

    La spécificité de ce drama s’inscrit dans son format unique : l’histoire s’écrit au fur et à mesure des interviews de six personnes abordant leur vie amoureuse. Nous commençons par la rupture du couple principal et nous découvrons l’histoire sous forme de souvenirs. Ces derniers ont visuellement un air rétro qui participe au sentiment de nostalgie, comme un été au bord de mer que nous aurions partagé avec les personnages.

    Fun fact : Minho, de SHINee, apparaît dans un épisode !

    6. Twinkling Watermelon

    Affiche du k-drama Twinkling Watermelon

    Synopsis : Eun-gyeol est un enfant CODA – un enfant entendant né de parents sourds – menant une double vie : étudiant de jour, guitariste la nuit. Après une dispute avec son père à propos de son passe-temps, il remonte le temps jusqu’en 1995, où il rencontre son père lorsqu’il est jeune. Il découvre également que le premier amour de son père n’est pas sa mère, mais une certaine Se-gyeong…

    Genre : romance, comédie, récit initiatique

    Nombre d’épisodes : 16 épisodes x 70 minutes

    Le réalisateur de Twinkling Watermelon est Jin Soo-wan. Nous retrouvons dans ce drama sorti en 2023 : Ryeoun en tant que Ha Eun-gyeol, Choi Hyun-wook (Twenty-Five Twenty-One) jouant Ha Yi-chan et Seol In-ah (Business Proposal) dans le rôle de Choi Se-gyeong / On Eun-yoo.

    Le point principal à soulever dans ce drama est la représentation des sourds et malentendants, aujourd’hui encore rarement présente dans le cinéma coréen. Dans cette histoire à la fois touchante et réconfortante, la romance passe au second plan, insistant davantage sur l’aspect familial et amical. La musique occupe également une place prépondérante dans le scénario, nous offrant une expérience de visionnage d’autant plus immersive.

    7. Once Upon a Small Town

    Affiche du drama coréen Once Upon a Small Town

    Synopsis : Han Ji-yul, un vétérinaire de Séoul, s’installe à contrecœur dans le village de Huidong pour s’occuper de la clinique de son grand-père. Il y rencontre Ahn Ja-young, une policière aimée par tous les habitants, et le propriétaire d’un café local, Lee Sang-hyeon. Contre toute attente, Ji-yul trouve dans cette petite ville de campagne le réconfort, l’amitié et l’amour.

    Genre : comédie romantique, romance

    Nombre d’épisodes : 12 épisodes x 35 minutes

    Once Upon a Small Town est un k-drama produit en 2022 par Kwon Seok-jang adapté du web novel éponyme de Park Ha-min. Les acteurs, Park Soo-young (Ahn Ja-young), Cho Young-woo (Han Ji-yul) et Baek Seong-cheol (Lee Sang-hyeon), nous proposent une romance légère, teintée d’humour et qui réchauffe le cœur. Changement d’environnement toutefois pour ce drama qui ne se déroule pas en bord de mer mais en pleine campagne coréenne. L’été, après tout, peut aussi se passer dans un environnement bucolique !

  • JUKEBOX : L’été de STAYC est glacial avec Cheeky Icy Thang

    JUKEBOX : L’été de STAYC est glacial avec Cheeky Icy Thang

    C’est en noir et rose que STAYC, groupe féminin de la High Up Entertainment, est revenu sur la scène ce premier juillet. La title track, « Cheeky Icy Thang », a, comme toutes les sorties précédentes de STAYC, créé la confusion – coup de maître ou mauvaise décision ?

    Avec un air de young-luv.com, un des précédents mini albums de STAYC, Metamorphic est arrivé ce premier juillet dans nos playlists. Le comeback est surprenant, avec une ambiance qui correspondrait plus à l’hiver qu’à l’été, mais c’est là tout le pouvoir de STAYC. Elles surprennent constamment. 

    TWENTY

    On démarre en douceur avec « Twenty », une ôde à la vingtaine découverte à la manière d’un film coming of age*. Les performances vocales sont mélodieuses et teintées d’un mélange de nostalgie et d’affirmation. La production R&B est portée par une ligne de basse pleine de groove et bénéficie de l’utilisation pétillante d’un synthétiseur. Le rap de Sumin dans le deuxième couplet arrive néanmoins comme un cheveu sur la soupe et ne paraît pas vraiment correspondre à l’ambiance générale de la chanson. 

    * On appelle coming of age la transition entre l’adolescence et l’âge adulte. 

    CHEEKY ICY THANG

    Immédiatement après avoir découvert le premier teaser de « Cheeky Icy Thang », la communauté K-pop en ligne s’est empressée de comparer le titre à « RUN2U ». Et on comprend pourquoi – la production inspirée de l’hyper pop et électro fait appel aux mêmes instruments avec du groove et un synthétiseur omniprésent, avec un rythme saccadé porté à la fois par les percussions et par les performances mi-vocales mi-parlées des six membres. 

    La structure de la chanson est déconcertante lors des premières écoutes. En effet, les frontières entre les parties sont floues, comme entre le couplet et le refrain. Son intérêt est justement dans cette surprise, puisque l’on ne sait jamais vraiment où nous allons. Les voix autotunées sont assez présentes mais dérangent peu lorsque l’on comprend où la production essaye de nous emmener. 

    « Cheeky Icy Thang » est une chanson fun qui mélange à la fois « RUN2U » mais aussi « Teddy Bear » et « Bubble ». Comme l’indique le titre, les filles sont « cheeky », soit effrontées, et un peu « sassy », insolentes. On comprend ainsi pourquoi les fans de K-pop comparent ce titre à « Queencard » de (G)I-dle. Il n’y a pas de message profond à aller chercher et il suffit juste de passer un bon moment. 

    Le MV vient compléter ce côté léger et impertinent en proposant une chorégraphie facile à suivre et avec un véritable potentiel de viralité. 

    Malheureusement, la chanson ne dure pas assez longtemps. Si beaucoup déplorent le manque de pont ou de troisième refrain, nous nous concentrons uniquement sur ce manque de quelque chose. Une introduction plus longue, ou même un dance break plus développé. Bref, juste quelque chose de plus. 

    1 THING 

    Dès que « 1 Thing » commence, on se retrouve dans l’ambiance originale STAYC que l’on connaît bien. L’introduction est immédiatement addictive, tant la mélodie rentre facilement en tête. La production mélange Crunk, un sous-genre de hip hop qui se caractérise par la répétition d’une même expression ainsi que par l’utilisation d’éléments de electronic dance music, et R&B, créant un résultat qui s’intègre parfaitement dans la discographie du girlgroup. 

    Le dance break ou drop saccade le titre de la chanson et rappelle des titres électro du début des années 2010. Pourtant, un sample présent tout au long de la production est agaçant – ce bruit qui rappelle un vieil appareil photo que l’on viendrait de déclencher. Si vous ne l’avez pas encore repéré, n’essayez pas de le faire car cela pourrait gâcher plusieurs de vos écoutes de cette chanson autrement parfaite pour l’été. 

    GIVE IT 2 ME 

    Avec « Give it 2 me », on retourne au début des années 2000 avec un rythme R&B qui fait penser à des titres comme « Love is Wicked » de Brick & Lace. On reconnaît facilement la patte artistique de Rado, le producteur musical du groupe au long de la production. 

    L’ambiance chill est poussée par les voix à l’arrière-plan et les multiples couches vocales, notamment lors de la répétition de certaines phrases lors du refrain. 

    FIND (SIEUN & SEEUN & J)

    La particularité de cet album complet est que trois chansons sont performées par des units ou en solo, dans le cas d’Isa. 

    « Find » met en scène Sieun, Seeun et J. Le titre drum’n’bass met (enfin) en valeur le ton grave et particulier de J lors d’un rap sur lequel Sieun la rejoint pour mettre l’emphase sur certains mots. 

    Dans cette chanson, la protagoniste cherche à savoir ce que son/sa partenaire aime chez elle. On ressent une forme d’insécurité et un besoin d’être rassurée, mais aussi le désir d’en savoir plus à propos de soi-même. 

    LET ME KNOW 

    Avec « Let Me Know », une atmosphère de doute s’installe. Encore une fois, on s’imagine dans un film coming of age avec des percussions et une basse omniprésentes dans la production, mais aussi ce synthétiseur en fin de refrain qui donne à la fois une impression de nostalgie mais symbolise aussi l’avancée de nos protagonistes. 

    NADA

    Comme dans « Cheeky Icy Thang », STAYC sont ici à la limite de l’insolence, presque comme les fameuses Plastiques de Lolita Malgré Moi. La chanson s’ouvre avec un « Mm… no, I don’t think so, bye » (« Hm, non. Je ne crois pas, bye. »), parfaitement exécuté avec un air insolent par Sieun. Avec cette attitude nonchalante, les héroïnes de cette épopée disent au revoir à un partenaire qui n’est plus à la hauteur. Cette romance qui était douce se termine avec un fracas, mais même avec le cœur brisé, les chanteuses disent tout simplement « Nada ». 

    La production est minimaliste, se focalisant sur l’histoire contée plutôt que sur la juxtaposition de couches instrumentales. 

    FAKIN’ (Sumin & Yoon) 

    Deuxième chanson en unité de l’album, « Fakin’ » est très pop, rappelant le golden age de certaines chanteuses comme Katy Perry avec « Unconditionally ». Le tempo moyen et la production focalisée sur la guitare expriment, à l’aide des paroles, leur peur de l’amour, ou plutôt de s’attacher à quelqu’un. 

    ROSES (ISA)

    Vient le tour du solo d’Isa, « Roses ». La production R&B minimaliste inclut une boucle de synthétiseur et des percussions rappelant le xylophone. Pourtant, cette dernière distrait parfois un peu du chant mélodieux et sincère d’Isa. On retrouve dans les crédits l’artiste indie Gyuahh, également présente sur « Choke » de 82MAJOR, et Hansen, compositeur pour Giriboy et Colde, entre autres. 

    BEAUTY BOMB

    « Beauty Bomb » est immédiatement entraînante, et l’on comprend pourquoi en se penchant sur les crédits. Entièrement composée par des artistes autres que B.E.P et Rado, on y retrouve gxxdkelvin (Enhypen « Paranormal », EVNNE « XO », NMIXX « Home »), Youha (tripleS « Girls Never Die », LOONA « PTT », Billlie « Eunoia ») mais aussi Benjmn (LE SSERAFIM « Unforgiven », P1Harmony « Jump », KARD « Ring The Alarm »). 

    Sans trop en faire, la production accompagne le storytelling. Les chanteuses affirment leur amour pour elles-mêmes, même si elles se cherchent encore. Avec une nouvelle coupe de cheveux, habillée en rouge (leur « couleur personnelle »), elles manifestent une vie douce dans laquelle elles auront tout ce dont elles souhaitent. 

    GUMMY BEAR

    On change d’ambiance avec « Gummy Bear », onzième titre de l’album. L’introduction est éclectique, donnant l’impression d’être dans un jeu vidéo comme Space Shooter – on se croirait presque dans un univers de science fiction. Et puis, on évolue vers quelque chose de plus pop mainstream avec une guitare acoustique qui s’achève avec un refrain qui s’appuie sur une ligne de basse continue. Ce qui devait être un climax tombe en réalité comme un soufflé, tant son énergie n’arrive pas à égaler celle donnée dans les deux premiers couplets. 

    La production expérimentale est presque ce que l’on attend d’une b-side de STAYC et rappelle facilement « Log In » de Fifty Fifty ou même encore « O.O » de NMIXX dans le sens où plusieurs chansons semblent coexister dans un seul titre. 

    STAY WITH ME 

    La production de l’album s’éparpille un peu plus avec « Stay WITH me ». Le titre est clairement inspiré de la scène pop-punk avec une guitare électrique et une batterie qui rappellent la teenager rage (rage adolescente) dont faisait preuve 5 Seconds Of Summer à leurs débuts (comme, par exemple, « Heartbreak Girl »). La fansong (chanson pour les fans) permet aux six membres de STAYC de remercier les SWITH pour leur soutien depuis leurs débuts. 

    Les performances vocales sont harmonieuses et créent un joli décalage avec l’instrumentale plus forte. L’annonce du refrain fait monter en énergie « Stay WITH me », qui est, sans aucun doute, l’une des meilleures chansons de cet opus. 

    FLEXING ON MY EX

    On arrive enfin à « Flexing On Me Ex », une chanson performée en live par le groupe depuis presque un an. L’annonce de sa sortie dans METAMORPHIC a donc réjouit les fans qui peuvent enfin profiter du titre en version studio. 

    Ce dernier est fun, avec une protagoniste qui se remet d’une rupture en prouvant que sa vie est bien meilleure sans son ex. Elle « flexe » en allant faire du shopping et en prenant soin d’elle. Pas besoin d’aller trop loin dans l’analyse des paroles, tant il n’est pas nécessaire de les prendre au sérieux. 

    TROUBLE MAKER 

    « Trouble Maker » fait partie des chansons les plus entraînantes de l’album. Avec son rythme un peu vintage et un refrain introduit en fanfare avec des trompettes, on a la sensation d’entrer dans une comédie musicale, ou dans des chansons théâtrales de K-pop des années 2010. Bien que sortie en 2021, « Waterride » de Lee Hi nous vient en tête en termes de comparaison. 

    CONCLUSION 

    On retrouve dans METAMORPHIC STAYC après presque un an sans sortie musicale, à l’exception de « Lit », single japonais. Est-ce que cette attente valait le coup ? 

    Sans aucun doute, oui. STAYC prouve encore sa versatilité à travers des titres comme « Beauty Bomb », « Stay WITH me » ou encore « Trouble Maker ». Cependant, comme dans tout album complet, certains titres ne connaîtront sans doute pas une grande longévité. 

    Nous sommes habitués à cette forme de controverse constante autour des comebacks de STAYC. Comme « Cheeky Icy Thang », « RUN2U », « Beautiful Monster » et « Teddy Bear » ont été vivement critiquées lors de leur sortie. Les critiques sont toujours les mêmes : ce n’est pas le son de STAYC. Le dernier album était mieux. Elles devraient refaire X ou X chanson. 

    Bref, ce groupe semble toujours initialement diviser, avant de réunir. Cette pression exercée sur STAYC, tant par le public coréen qu’international, aura fini par se manifester avec la soudaine chute de leurs ventes. METAMORPHIC n’a pas aussi bien performé dans les charts que leurs deux comebacks précédents – mais ce n’est pas pour autant que leur fanbase s’est amenuisée. Bien au contraire, cette dernière est solide et bien présente, affirmant petit à petit le statut de STAYC en tant que groupe iconique de la quatrième génération. 

  • JUKEBOX : La douce confession d’ENHYPEN avec ROMANCE : UNTOLD

    JUKEBOX : La douce confession d’ENHYPEN avec ROMANCE : UNTOLD

    A peine deux mois après la sortie de leur album spécial destiné à leur Webtoon Dark Moon Memorabilia, Enhypen sont de retour ce 12 juillet avec leur second full album ROMANCE : UNTOLD pour le plus grand bonheur de leurs fans ! On fait le point sur ce projet avec vous.

    Un teasing en grand

    La promotion de cet album a commencé en grandes pompes début juin avec l’annonce d’une projection unique et inédite de leur concept film trailer au cinéma via des posters suscitant une grande curiosité auprès des fans. Il faut dire qu’après le succès de DARK BLOOD et ORANGE BLOOD, les rumeurs sur le concept qu’allaient adopter les 7 garçons allaient bon train : beaucoup pensaient à un concept royal renouant avec ce qu’ils avaient pu proposer précédemment avec Border : Carnival et on parlait déjà sur Twitter de « Blue Blood » ou encore de « Silver Blood » avant que les premiers visuels de ROMANCE : UNTOLD soient révélés. 

    Mi-juin, le groupe spoilait l’intitulé de la chanson titre de l’album « Only if you say yes (XO) » lors du festival Weverse Con avant la sortie du trailer tant attendu le 22 juin. C’est par une diffusion en salle obscure pour quelque 1500 chanceux (avec les membres !) qu’a donc été dévoilé le concept trailer film de ce comeback. 

    Le court métrage aux allures de blockbuster a été réalisé par le populaire Lee Chung-hyun (à l’origine entre autre du film Ballerina sur Netflix) et met en scène nos 7 vampires dans un exercice d’acting plus ou moins réussi assorti d’une scène d’échange de coups de feux hollywoodienne mais également de moments plus romantiques. 

    On ne peut que saluer la consistance de l’effort de leur direction artistique de toujours proposer un travail de qualité quant à leur concept : de toute évidence Belift a considérablement investi dans ce trailer, sûrement plus que pour les précédents tout en s’essayant à différents styles. 

    Dans cette mise en scène, Sooha (le personnage principal du webtoon “Dark Moon: The Blood Altar” et central dans l’univers d’Enhypen) laisse ici place à Chloé, mais c’est toujours ce fil conducteur d’un amour maudit qui se place en thème central même si on comprend un tournant dans le lore du groupe qui avait été amorcé avec ORANGE BLOOD et qui se trouve confirmé ici.

    Ce trailer film et les différents teasers ont fait forte impression sur les réseaux sociaux auprès des fans ce qui a fini de consolider les attentes et l’engouement autour de ce comeback : cela se traduit au niveau des ventes ; il s’agit de leur album au meilleur démarrage.

     Une nouvelle ère 

    Pour cet album pas d’intro/outro ce qui est assez surprenant : si on regrettait que « Foreshadow » (outro de l’album MANIFESTO : DAY 1) et “Fate » (intro de l’album DARK BLOOD) s’avèrent n’avoir qu’un court passage chanté, on déplore d’autant plus l’absence d’intro pour cet album.

    Jay a confié en conférence de presse que cet album marquait un tournant dans la musique du groupe et il semble que les membres aient également pris part à la réalisation de ce projet. On découvre donc l’album avec l’idée d’une proposition tout à fait nouvelle de la part d’Enhypen.

    Le coeur a ses raisons…

    Moonstruck

    L’album commence en douceur sur les premières notes de cette chanson aux tons feutrés dans un esprit très The Weeknd. Il s’agit sûrement du morceau le plus abouti vocalement pour cet album. On perçoit même quelques pirouettes vocales audacieuses qui, bien que venant des voix porteuses du groupe, restent des preuves de la constante progression des garçons en tant que collectif. Les paroles sont assez sombres et contrastent avec le reste de l’album. Le son s’inscrit dans la continuité de ce qu’on a déjà pu entendre dans ORANGE BLOOD : doit-on y voir la naissance d’une nouvelle tendance dans la musique proposée par Enhypen ? Quoi qu’il en soit, ce morceau constitue une entrée en matière prometteuse pour le reste de l’album.

    XO (Only if You Say Yes)

    La première réaction à la sortie du tiktok de spoiler de la title a été la surprise. Bien que Enhypen aient déjà pu sortir des morceaux au concept frais (comme « Tamed-Dashed ») ils sont largement abonnés aux concepts plus sombres et les voir chantonner le refrain bubbly aux sonorités répétitives (voulues cette fois !) en tenues roses bonbon a pu déstabiliser plus d’un.e fan.

    A la première écoute, le MV peut paraître déroutant surtout pour les plus assidus du lore du groupe qui se voient plongés dans une projection rêvée de chacun des membres au moment d’une confession amoureuse pour celle que l’on devine facilement être Chloé. La mélodie est entraînante, la danse catchy et les garçons adorables. Le MV, un vrai bonbon visuel, est à l’image des teasers : les choix vestimentaires sont pointus et les décors travaillés et on a adoré découvrir tour à tour les mises en scène des membres. On retiendra dans la chorégraphie des passages en duo qui ajoutent encore de la fraîcheur à leurs performances.

    Dans les premiers stages qui ont pu avoir lieu on remarque particulièrement Sunoo qui rayonne (sans surprise, il excelle dans ce genre de concept) ce qui apparaît comme une bonne surprise et une belle revanche sur son exposition sur les performances de « Fatal Trouble ». La chanson est truffée de passages accrocheurs et killing parts, c’est une jolie title que nous propose Enhypen avec « XO (Only if You Say Yes) »

    Your Eyes Only

    Changement total d’ambiance avec ce morceau estival et bubbly (qui parvient quand même à intégrer une dimension amoureuse, Enhypen sont particulièrement doués pour ça). À l’instar du morceau « Magnetic » de leurs cadettes Illit, on reconnaît la fibre d’un morceau potentiellement viral sur les réseaux sociaux puisque sa mélodie entraînante colle parfaitement au genre de morceaux dont les réalisateurs d’édits/vlogs sont friands : nous allons peut-être assister à la naissance d’une seconde « Polaroid Love ».

    Hundred Broken Hearts

    Dans la continuité du reste de l’album (et particulièrement de « Moonstruck ») ce morceau aux accents rétro confirme le parti pris musical de cet opus. On y regrette un usage du vocodeur quelque peu maladroit et une certaine redondance et platitude dans la mélodie qui ne permet pas de faire de la chanson une piste mémorable de cet album. C’est portant celle-ci que les garçons semblent avoir choisie pour accompagner leurs prestation de la chanson titre sur les émissions musicales.

    …Que la raison ignore

    Brought The Heat Back

    Le morceau commence sur les chapeaux de roues sur une instrumentale au synthé très funk qui donne le ton pour cette chanson très fun. On y entend des essais de mixage qui peuvent rappeler ce qui avait été fait pour leur album spécial Memorabilia et la chanson fonctionne très bien avec. Les paroles ajoutent un certain piquant à la chanson puisque le morceau traite du sentiment de jalousie qui peut nous submerger lorsque l’on est amoureux.

    Paranormal

    Enhypen ont déjà pu plusieurs fois s’essayer à des morceaux pop-rock et nous propose une nouvelle fois un son qui ravira les nostalgiques des années 2010. L’instrumentale est efficace et construit tout au long du morceau l’attente d’un climax ou d’une explosion qui n’arrivera pas, ce qui peut être assez frustrant. Néanmoins il s’agit tout de même d’un des sons les plus accrocheurs de l’album (les adlibs !) et il est certain qu’Enhypen a beaucoup de potentiel dans ce genre s’il décident de s’y plonger davantage et plus franchement. Point bonus pour les paroles adorables ! En la réécoutant plusieurs fois, on ne peut s’empêcher de remuer la tête : Paranormal a cette vibe de son « cool » par excellence.

     

    Une romance estivale

    Royalty

    Un autre morceau idéal pour la saison estivale qui tardait à commencer ! C’est un son good vibes qui peut faire penser à ce que One Direction auraient pu proposer pour l’été 2014. Ce genre de morceau très pop fonctionne très bien pour Enhypen puisque c’est avec ce type de chansons qu’ils peuvent le plus mettre en valeur leur atout principal : leur charme (il suffit de jeter un œil à leur cover de One Direction justement pour comprendre tout de suite). Cette chanson n’a rien de spécial en soi mais habillée par leurs voix elle devient un morceau entraînant et qu’on se surprend à réécouter. On admettra que toutes les voix d’Enhypen ne sont pas nécessairement puissantes ou techniquement aguerries mais elles bénéficient de tonalités singulières qu’on a plaisir à découvrir plus en détail lorsqu’elles sont placées sur les bons morceaux.

    Highway 1009

    Cette balade mignonne et sans prétention fait un morceau parfait pour clore un concert. Elle est loin d’être la meilleure chanson douce que le groupe ai pu sortir mais on peut au moins lui accorder de nous faire sourire en faisant remonter à la surface toute l’affection que les fans peuvent avoir pour le groupe. La chanson contient d’ailleurs un joli clin d’œil aux fans, les engenes : « I’ll be there be your Engene now »

    XO (Only if You Say Yes) (English Vers.) Feat JVKE

    Pour ce qui est de la version anglaise de la title, il s’agit d’un featuring avec un chanteur populaire aux États-Unis pour son morceau « Golden Hour » (JVKE). Là encore, Enhypen reprennent une habitude instaurée dans leur dernier album où la title « Sweet Venom » avait eu droit à sa version anglaise (une collaboration avec Bella Poarch, à notre grand désespoir). Sa voix fonctionne avec celle des garçons et même si la version coréenne à plus de relief, leur collaboration semble ravir aussi bien le groupe que l’artiste américain ce qui en fait d’office un morceau facile à écouter.

    Bilan

    L’album déborde de paroles mielleuses et amoureuses et l’atmosphère boy next door qui ressort de la thématique conductrice de la confession amoureuse et des premiers émois amoureux fonctionne avec le groupe qui a su prouver plus d’une fois qu’ils sont capables de s’adapter à tout genre de concept. 

    Seulement voilà.

    L’ambiance globale de cet album est très empreinte de ce qui se fait musicalement chez BigHit : c’est passe partout, sympathique mais jamais transcendant et, si l’on n’est pas fan et/ou un peu objectif, assez oubliable. La musique n’est pas mauvaise mais on n’y retrouve pas infusé l’ADN du groupe pourtant si caractéristique et versatile. Le groupe ne peut pas se permettre de s’appuyer uniquement sur leurs voix pour porter l’album en lieu et place des chansons et si certains vocalists tels que Heeseung ont pu agir comme piliers tout au long des différents morceaux en distillant ici et là des passages remarquables, cette bonne performance vocale ne suffit pas à rehausser l’album. 

    Après le très bon DARK BLOOD et le correct ORANGE BLOOD, ROMANCE : UNTOLD semble passable tout au plus. Quelques morceaux sont sympathiques et propices à l’atmosphère de l’été mais il n’est pas certain que ces chansons survivent dans nos playlists à la rentrée. Pour un full album, on reste sur notre faim et cet album souffre inévitablement de la comparaison avec l’autre full album du groupe, DIMENSION : DILEMMA, ce qui mène à cette appréciation en demi-teinte. On est frustré, on en veut plus, plus qualitatif car on sait qu’ils en sont capables et l’ont déjà démontré : l’album spécial sorti en mai en est encore une belle promesse (bien que son mixage soit aussi parfois approximatif).

    Enhypen sont un groupe original et plein de potentiel et ils méritent une musique de la même qualité que leurs proposition artistique (visuels, lore, teasers) pour pouvoir continuer à s’améliorer.

    On espère donc les retrouver avec une proposition plus personnelle et originale lors de leur prochain projet et on apprécie le retour du soleil avec les morceaux de cet album d’ici-là.

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