STAYC a proposé ce 30 octobre dernier un nouveau single digital, …I. Celui-ci se compose de deux titres, “GPT” ainsi que “Meant To Be”, avec une version instrumentale et a cappella de “GPT”.
Lorsque HIGH UP Entertainment dévoile le titre du single digital de STAYC, les fans s’emballent. “GPT” n’est pas un nom anodin, tant il peut faire polémique. Cette intelligence artificielle divise au quotidien, et son utilisation dans les processus artistiques fait régulièrement débat. Peut-être ne s’agit-il là que d’une manière ingénieuse de faire parler de ce comeback ? Découvrons ensemble le single …I.
GPT
“GPT” commence avec une mélodie rêveuse, balançant après une note de piano staccato vers une production house française qui se rapproche de l’eurodance, genre qui connaît une résurgence ces derniers temps. Un synthétiseur pétillant caractéristique de STAYC vient ponctuer d’un rythme presque effréné les chants des six membres.
Rado, producteur exécutif de STAYC l’avait dit avant la sortie du single : “GPT” est la chanson de J. Et l’on comprend vite cette déclaration : la voix rauque mais légère de Jang Yeeun (J) donne le ton, tandis que son rôle dans le MV est crucial. En effet, elle est la seule à voir la réalité, tandis que les cinq autres membres sont perdues dans un monde virtuel.
Les paroles un peu kitsch sont écrites en connaissance de cause, l’agence ne cachant pas son intérêt à captiver une audience jeune, la “Gen Z”, et parfois même “Gen Alpha”. “GPT” est ainsi une chanson d’amour dans laquelle l’objet romantique se nomme GPT.
“Tell me, I’m calling you GPT / Answer me GPT”
(Dis-moi, je t’appelle GPT / Réponds-moi GPT)
L’objet des sentiments romantiques de la protagoniste ne répond pas à ses messages – d’où aussi le titre du single …I (ou …Je en francais). L’interlocuteur n’est pas intéressé par les jeunes femmes qui continuent pourtant de le poursuivre, à la recherche de son amour. A l’instar d’un amour de jeunesse, il est compliqué d’abandonner cette personne que l’on idéalise tant.
Et là se trouve peut-être le rapport avec Chat GPT que l’on idéalise également au quotidien. Cette intelligence artificielle se retrouve à peu près partout dans notre quotidien, même là où nous ne l’attendons pas. On l’imagine sans faille et toujours prête à répondre à nos moindres besoins.
De même, Chat GPT ne s’intéresse pas réellement à nous. Elle ne fait que répondre aux ordres de quelconque entité capable de lui en fournir. Il faut “entraîner” cette machine pour qu’elle nous demande “Comment vas-tu ?” ou encore “Quel est ton avis sur cette question ?”. Des intelligences artificielles basées sur Chat GPT ont même été programmées pour être des compagnons romantiques. Plus besoin de s’aventurer dans la réalité lorsque l’on possède cette machine qui s’adapte à nous, qui répond à nos moindres désirs.
GPT en tant qu’objet romantique est représenté sans visage dans le MV de STAYC. Les membres tentent de le séduire et lui confessent leurs sentiments, mais son corps entier est recouvert d’un drap blanc. Il est modulable à l’infini, n’est que ce qu’on veut qu’il soit.
J, consciente de la réalité et dépassée par les événements, n’est pas présente avec les autres membres qui dansent autour d’elles, aveuglées par des bandeaux sur leurs yeux. Elle se donne pour mission de détruire cette illusion, lançant une clé géante (présente tout au long du MV en version miniature autour du coup des six membres) dans ce qui représente la “matrice”.
L’illusion brisée, les membres doivent s’enfuir. Elles découvrent la vérité : que tout ce qu’elles vivaient était une réalité fabriquée de toutes pièces dans un laboratoire. Forcément, cette réalisation est dure à encaisser, mais les six femmes retrouvent leur amitié, n’étant désormais plus des rivales se battant pour l’amour et l’attention de GPT.
On se réjouit de voir une distribution des lignes qui semble relativement égalitaire, avec la voix puissante de Yoon sur le second refrain qui vient donner un coup de dynamisme appréciable. Les ad-libs de Sieun viennent conclure le titre avec la même touche rêveuse avec laquelle il a débuté.
“Meant To Be” est une b-side dans la même veine que “GPT”. On y retrouve néanmoins une ambiance plus instrumentale, comme ayant une volonté d’être jouée en direct avec une simple guitare sèche. La production est plus épurée et douce, se rapprochant de l’atmosphère d’une ballade sans pour autant trop s’y aventurer.
Les performances vocales des six membres sont mises en valeur avec l’apparente simplicité de l’instrumentale. Une note haute de Sieun précède la conclusion rêveuse du titre. On retrouve aussi une note haute d’Isa plus tôt dans la chanson. Les chanteuses tentent de convaincre la personne qu’elles pourchassent qu’ils sont faits pour être ensemble : “meant to be”.
STAYC propose un interlude entre “Cheeky Icy Thang” et son prochain album en février 2025 avec ce single digital. Comme à l’habitude de STAYC, l’ambiance de ce comeback change radicalement de “Cheeky Icy Thang”, renforçant leur capacité à basculer d’un style musical à un autre. HIGH UP Entertainment a également annoncé une deuxième tournée mondiale pour le girlgroup qui commencera en avril prochain à Séoul !
Moins de 6 mois après leur premier album complet, aespa reviennent avec Whiplash, leur 5eme EP. L’enjeu est de garder l’élan créatif donné par Armageddon et de continuer la pente ascendante pour le groupe qui enchaîne les succès viraux et les visuels marquants.
Alors que leurs solos performés pendant la tournée “SYNK: PARALLEL LINE” distribués deux semaines auparavant sur les plateformes leur ont valu un nouveau pic de popularité, aespa ne s’arrêtent pas là. Forte de son concept assumé, la direction artistique persévère dans son lore sur les intelligences artificielles, les metaverses, et les alter egos (ici, les aes).
On les retrouvera le 4 mars au Zénith de Paris en France, après un passage remarqué au Dôme de Paris en 2023 qu’on vous racontait ici.
Ce projet frappe fort avec une campagne visuelle des plus créatives entre des albums futuristes et des photoshoots éditoriaux. Karina, Giselle, Winter et Ningning posent avec confiance et affirment leur nouveau statut de stars et mannequins vengeresses. En effet, si avec Drama et Armageddon, les membres débarquaient sur terre dans un chaos total, détruisant tout sur leur passage telles des méchantes de film, avec Whiplash le monde est déjà à elles. Alors qu’elles ont conquis tout leur monde avec la technologie, jusqu’où iront-t-elles ? Comme l’indique le clip de “Whiplash” : “they’re reasons you’ll never understand” (ce sont des raisons que vous ne comprendrez jamais).
Sont-elles les vraies membres ou les aes? Les théories sont ouvertes et on revient avec vous sur ce mini album qui suinte la confiance en soi et le talent à l’état brut.
Whiplash : une title track qui prolonge le brat summer : un ae-autumn ?
Avec une entrée dans l’album par la title track, aespa donnent la cadence d’un album qui se veut tendance sur fond d’attitude nonchalante. Si Charli XCX a créé un véritable mouvement culturel l’été dernier avec le “brat summer” (ou l’été de la “sale gosse” qui s’auto-revendique effrontée), aespa nous semblent surfer sur cette tendance tout en s’éloignant de leurs productions musicales habituelles.
“Whiplash” commence directement avec un beat et des basses très saturées qui nous plongent dans un univers de clubbing beaucoup plus électro que leurs sorties précédentes. Le beat est vite rejoint par les voix de Karina et Giselle qui rappent accompagnées de percussions, pour enfin voir les chanteuses Winter et Ningning dont les mélodies de voix et les falsetti ne font que renforcer l’ambiance house.
Les codes culturels queer du monde de la nuit (ballroom culture) sont tout à fait perceptibles dans la structure de la chanson. Les techniques vocales utilisées par les membres qui ne manquent pas de nous étonner, notamment Ningning qui pose sa voix tel un slam “fancy” insolent dans le second couplet ou encore Karina qui chante en voix de poitrine sur le pré-refrain nous rappelant qu’elle est “unforgettable” (inoubliable). L’ajout de réverbération sur cette partie est un véritable temps fort dans le morceau car il transitionne parfaitement avec le refrain dansant qui scande “One look, give ’em whiplash / Beat drop with a big flash”, soit des paroles simples mais percutantes sur lesquelles il est aisé de s’amuser.
L’avant dernier refrain par Giselle a particulièrement échauffé les MYs sur les réseaux sociaux jugeant le beat drop ainsi que la formation de danse en ligne comme le point d’acmé du titre. L’attitude à son paroxysme. aespa offre un véritable son d’ambiance et de confiance en soi sous une apparente légèreté et insolence, savamment revendiquées par les femmes de la musique pop internationale.
Les membres s’affichent toujours en opposition à une esthétique pop léchée, propre et classique pour se mettre en scène comme des “vilaines brats”, des “sales gosses”défilant littéralement comme des supermodels. Le clip suit cette tendance avec un visuel au décor simple : un fond blanc et de l’équipement de tournage ou mécanique comme des caméras ou des voitures futuristes. Leurs tenues s’apparentent à des looks éditoriaux de magazines de mode ou encore à des looks militaires chic. Elles défilent, elles prennent les armes avec une touche de glamour, les vilaines aes sont prêtes à continuer le combat et conquérir la société par leur capacité à changer les règles du jeu (“game changer”). Si l’on creuse dans les théories, on pourrait penser que ce sont les clones presque maléfiques des membres qui ont pris le dessus sur le monde des humains pour s’y amuser un peu.
Vidéo qui montre le processus d’enregistrement du morceau pour aespa.
Ce qu’on retient c’est que “Whiplash” semble être pour le groupe une “new era” (nouvelle ère) si l’on en croit les citations flashs dans le clip. aespa défilent avec attitude sur le catwalk de la musique pop et le monde “can’t touch that” (ne peut pas les toucher).
Les b-sides : Kill it
Sans transition avec le titre précédent, la première b-side de l’EP nous arrive directement dans les oreilles avec des sonorités très métalliques et mécaniques, accompagnées d’une forte percussion. On se retrouve dans “Kill It” avec une production musicale beaucoup plus habituelle de la SM Entertainement qui n’hésite pas à utiliser des éléments sonores expérimentaux. On reconnaît l’influence de la regrettée productrice SOPHIE qui avait fourni beaucoup de samples aux productions SM.
Ces différents samples sont perceptibles à de nombreux niveaux du mixage final et il n’est pas aisé de tout entendre et appréhender dès la première écoute. La surprise grâce à l’instrumentale certes, mais aussi grâce aux mélodies vocales et flows des membres qui ne manquent pas d’inventivité. Si le son démarre sur des onomatopées et énonciations rapides du titre “Kill It” par Karina, le premier couplet promet une chanson à la fois hip-hop mais aussi théâtrale avec un rap-slam de Giselle et Karina, rapidement suivi d’à-coups de percussion. La surprise continue avec un changement de rythme brutal par l’arrivée de la voix de Winter qui joue avec ses intonations, qui s’apparentent presque à l’épouvante, là où Ningning lui répond avec un ton plus comique.
Le morceau est captivant par sa théâtralité et les techniques vocales utilisées par les membres. En effet, à l’écoute il semble être une histoire ponctuée par des dialogues qui manifestent des émotions, ainsi que des changements de rythme constant. Le pré-refrain suit cette tendance à la surprise puisque c’est Karina qui le commence avec une mélodie de voix haute, accompagnée de percussions cymbales plus douces (hi-hat), alors que la basse et la caisse claire font leur grand retour sur un refrain scandé, codé aespa, qui nous accompagnerait parfaitement sur un ring.
Le deuxième couplet commence par un double rap de Winter et Ningning, qui sont pourtant connues pour être les chanteuses principales (main vocals) du groupe, montrant la versatilité et la capacité d’évolution certaine d’aespa. De même que Giselle et Karina, aux rôles habituels de rappeuses, ont ici des parties très chantées qui les mettent en valeur.
aespa ont souvent des ponts originaux et remarquables dans leur discographie, et c’est le cas de celui de “Kill It” qui se pose en deux parties, d’abord un chant guerrier “Keep off my side, keep out of my sight” (éloigne toi de moi, reste en dehors de ma vue) etles effets de réverbérations sur la voix de Karina, ensuite un chant impertinent “전부 싹 다 날려버려 싹 다 ow!” (Erase everything, blow it all away, ow! – efface tout, fais tout sauter) accompagné de ad-libs toujours bien posés. Toujours très efficace !
Flights, Not Feelings
Un morceau beaucoup plus doux suit cette débauche de confiance. L’ambiance est RnB, soul, accompagnée de percussions hip-hop classiques. Ce n’est pas sans rappeler les récentes sorties de Jaehyun, lui aussi dans l’écurie SM.
Le long du morceau, s’opèrent des changements constants de mélodie, cet effet rend la chanson surprenante car on ne sait jamais dans quelle direction les notes suivront les précédentes. La première écoute capte l’auditeur par les harmonies parfaitement maîtrisées des membres.
On remarque particulièrement le rap de Giselle, toujours plein d’attitude, en deuxième partie qui prend le contrepied des pré refrains et refrains très chantés par Winter et Ningning. En somme, “Flights, Not Feelings” est un morceau doux, presque onirique, avec une musicalité. A notre sens, c’est un morceau parfait pour les amateurs de RnB old school.
Le pont est un pur produit SM lui aussi, donnant l’occasion aux membres de montrer leurs capacités vocales, avec même une note de jazz dans l’harmonie choisie par Ningning. Le piano étouffé et l’effet de rewind à la fin achèvent de parfaire cette atmosphère nostalgique. Après tout, on ne va pas s’attarder sur le passé, comme ce que les paroles nous demandent !
Pink Hoodie
Le démarrage de la chanson par les paroles “baggy jeans” est encore un nouveau clin d’œil au groupe NCT, lui aussi chez SM. L’instrumentale est elle aussi très SM, faite de mélodies au vocoder un peu incongrues. A noter également, les harmonies vocales du refrain, presque dissonantes, qui apportent la touche inattendue qu’on veut de la part d’aespa.
On se retrouve avec “Pink Hoodie” dans une ambiance qui nous rappelle presque un film de danse américain des années 2000, et on adore ça ! Le refrain en chœur nous fait aisément imaginer les membres danser en cercle avec une troupe.
Le changement de rythme et d’ambiance sur le pont, comme à l’habitude d’aespa est satisfaisant et on se plait à écouter toutes les membres chanter.
Flowers
Sur un riff de guitare acoustique, ce morceau RnB est là pour montrer les capacités vocales des membres d’aespa. La basse et les nappes de synthé apportent un aspect plus sensuel, tandis que les voix de toutes les membres se font plus douces et suaves. Il s’agit d’un morceau particulièrement apprécié des fans, nous y compris. Est-ce que cela irait dans le sens des paroles : “show me your flowers” (montre moi tes fleurs), montrant une envie de partage et d’amour ?
En tout cas, l’atmosphère est apaisée mais se dramatise à la fin de la chanson, avec le pont qui voit des envolées lyriques de Ningning. Sous son apparente simplicité, on apprécie la musicalité du morceau. La production forte en percussion et en cordes sur le refrain créent un rythme efficace sur lequel on les suit sans broncher. Alors qu’elles disent “1, 2, 3”, on veut bouger avec elles. Mention particulière pour le chant parlé de Giselle qui constitue un temps fort du titre, en plus des ad-libs et de jolies harmonies. Un sans faute de la part d’aespa et du producteur Chantry Johnson, qui a notamment collaboré avec le groupe The Cab, ou encore Demi Lovato.
Just Another Girl
“Just Another Girl” clôt parfaitement l’album et suit la tendance récente de la Kpop où on retrouve de plus en plus de morceaux pop-rock, plus précisément influencés par l’emo à l’américaine des années 2000. Ce genre n’a pas fini de faire des émules dans la décennie 2020 ! Ici, encore de la guitare et des vocalises, mais toute autre ambiance, électrique et sentimentale.
Sans trop d’animosité, les membres du groupe chantent leur envie de vérité face aux mensonges, avec un message féministe également. La thématique d’empouvoirement féminin de l’album se retrouve bien dans cette chanson.
On imagine bien ce titre en fin de concert avec sa mélodie rock nostalgique. Il rappelle cette fois un morceau que leurs collègues de la SM NCT Dream auraient pu sortir.
Une instrumentale efficace et entraînante qui pourrait pourtant se laisser oublier et effacer par le reste de l’album.
Conclusion
Décidément, c’est l’album de l’auto-référence pour aespa, après nous avoir déstabilisées avec la title track. Si “Whiplash” se démarque des sorties précédéntes en termes de genre, l’album est quant à lui un pur produit SM. Avec des morceaux RnB, jazz ou encore pop-rock, l’album est aussi équilibré qu’agréable. aespa sont revenues avec un message clé : elles s’imposent sur le catwalk de l’industrie avec leur charisme et leur versatilité.
Pour dire dignement au revoir au mois d’octobre, nous fêtons Halloween en musique ! La K-pop n’est pas en reste quand il s’agit de proposer des chansons qui nous font hurler, frissonner ou qui nous plongent dans des univers de sorcières, de loups-garous ou de vampires. Nous vous proposons ici une sélection de nos préférées !
Le choix de Rachel : “Zombie” de Purple Kiss
“Zombie” semble être le titre le plus approprié pour fêter Halloween. Avec son concept à la fois amusant et effrayant avec des cris qui se mêlent à la production, Purple Kiss offre un titre groovy qui hypnotise. Les paroles expriment la chasse d’un zombie envers sa proie pendant la nuit entière, avec cette créature qui prend du plaisir à terrifier et torturer ses victimes. Mais en même temps, cette proie elle aussi chasse le zombie, vraisemblablement pour débarrasser le monde de cette créature dangereuse.
Le choix de Mélanie : “Because” de Dreamcatcher
Qui dit Halloween et horreur dit forcément Dreamcatcher. Si les membres représentent des cauchemars dans leur histoire originelle, le titre “Because” s’accompagne d’un concept 100% épouvante et surnaturel. Avec un clip qui reprend des tropes comme un parc d’attraction abandonné, des jeux de miroir cassés ou une maison hantée, le morceau n’en est plus que fascinant. Une mélodie rock et une instrumentale aux airs de boîte à musique qu’on verrait aisément dans une série horrifique.
Le choix de Jeanne : “Drunk-Dazed” d’ENHYPEN
“Drunk-Dazed” est fidèle à son titre : 3min12 d’étourdissement dû au rythme obsédant et à la chorégraphie survoltée de ce morceau porté par les membres d’ENHYPEN. Encore rookies à l’époque, ceux-ci réussissent pourtant l’exploit de proposer ce qui est pour moi la meilleure chanson de K-pop jamais produite. Nous plongeant dans l’univers peuplé de vampires du groupe (que l’on retrouve dans le reste de leur discographie et dans le webtoon Dark Moon), “Drunk-Dazed” fait la promesse de nous faire passer une soirée aux accents surnaturels pour Halloween !
Le choix de Cilly : “Stranger” de SUNMI
La soliste SUNMI se fait trop rare dans la K-pop, mais c’est pour mieux proposer des concepts originaux à chaque nouvelle sortie ! Elle capte l’atmosphère intrigante de l’automne pour proposer une authentique nuit d’horreur avec “Stranger”. Relecture du mythe de Frankenstein, le clip nous emmène dans un manoir mystérieux, avec la chanteuse et son double. La chanson est quant à elle déroutante, présentant des changements de tempo et même de genre musical ! Un petit bijou idéal pour se mettre dans une ambiance effrayante.
Le choix de Coline : “The Black Cat Nero” d’Ateez
À l’approche d’Halloween, LA chanson qui rythme ma playlist n’est autre que “The Black Cat Nero” d’Ateez, une reprise opéra-rock de la chanson de Turbo sortie en 1995. Dans leur performance spéciale Halloween, les membres arborent des tenues sombres et des griffures sur le corps. La chorégraphie est couronnée de mouvements puissants, à l’image du groupe, alors que les danseurs se meuvent tels des zombies. Le synthétiseur et l’orgue ornant l’instrumental contribuent à l’atmosphère troublante instaurée par les décors : un cimetière et une église, deux lieux emblématiques des films d’horreur. C’est une véritable production théâtrale horrifique que nous propose Ateez. Le clou du spectacle : Jongkook, membre de Turbo, rejoint les membres pour le dernier refrain.
Le choix de Marie : “Monster” d’EXO
Fan de la 3e génération, qui ne penserait pas au terrible “Monster” d’EXO, encore aujourd’hui un des titres les plus populaires du groupe ? Issu de leur troisième album studio, EX’ACT, “Monster”, avec sa production si particulière, donne l’impression de rentrer dans un film de science-fiction dès les premières notes. Un clip à l’ambiance dystopico-révolutionnaire où les membres du groupe nous livrent une chorégraphie intense, les visages couverts d’égratignures et d’hématomes. Ils nous expliquent d’ailleurs être fous d’amour au point d’en devenir des monstres, autrement dit, des red flags ambulants… À glacer le sang, n’est-ce pas ?
Le choix de Melody : “Monster” de Seventeen
Quoi de mieux pour vous transporter dans les rues décorées pour Halloween que l’addictive et effrayante “Monster”… Pure produit de la sous-unité hip-hop, constituée de Scoups, Wonwoo, Mingyu et Vernon, ce morceau est parfait pour mettre l’ambiance dans vos soirées déguisées ! L’ajout de retentissements de sonnerie de porte dans l’instrumental donne l’impression que les membres s’acharnent sur la sonnette pour entrer et montrer au monde leur potentiel, comme décrit dans les paroles. Mais prenez garde à ne pas leur ouvrir : ces monstres du succès sont là pour en découdre et transforment les cris des fans en hurlements de terreur.
Le choix de Clara : “Witch” de TRI.BE
La chanson « Witch » de TRI.BE, avec son clip vidéo immersif, incarne parfaitement l’esprit d’Halloween avec une ambiance mystique et sombre. Le MV chorégraphié met en scène les six membres du groupe, habillées dans de superbes robes noires, incarnant des sorcières modernes dans une pièce de château fort. Les paroles évoquent un garçon qui ne peut pas fuir, pris au piège dans un amour ensorcelé, de quoi donner des frissons… Serez-vous prêt à fuir, ou allez-vous rester prisonnier de ce piège délicieusement dangereux ?
Le choix de Romi : “Voodoo Doll” de VIXX
Véritables rois d’Halloween, VIXX se transforment en véritables poupées vaudou dans “Voodoo Doll”, title track de leur premier album. Les garçons se dévouent à leur bien aimée, sans savoir que celle-ci les manipule et les torture en secret. Le MV est sanglant, terrifiant et met en scène les paroles obscures de la chanson. La chorégraphie embellit les paroles de la chanson à la perfection et créé un ensemble on ne peut plus Halloween-esque. Âmes sensibles s’abstenir !
Le choix d’Arielle : “Trick Or Treat” de Grace
Envie de plonger dans l’ambiance festive et mystérieuse d’Halloween ? Alors “Trick or Treat” de Grace est LA chanson parfaite ! Avec ses sonorités dynamiques et un brin inquiétantes, ce morceau captive dès les premières notes. Elle capture parfaitement l’esprit d’Halloween, mélangeant suspense et petites frayeurs. La mélodie accrocheuse reste en tête, et les paroles jouent sur l’idée des surprises qu’offre Halloween. C’est la chanson idéale pour créer l’ambiance lors d’une soirée déguisée ou simplement pour se mettre dans le mood ! Un incontournable pour les amateurs de cette période magique.
Billlie est un girlgroup composé de sept membres ayant débuté en 2021 sous l’agence MYSTIC STORY (Lucy, ARrC, Daybreak…). Leur premier succès « GingaMingaYo » leur aura permis de se faire un nom en tant que groupe éclectique. Leur image est diversifiée pour un aspect plus mature avec « BYOB (bring your own best friend) ».
Ce 16 octobre, Billlie est revenu sur le devant de la scène avec l’EP Of All We Have Lost. Ce titre intrigant suit une (longue) lignée à laquelle le groupe nous avait habitués avec The Billage Of Perception, The Collective Soul and Unconscious ou encore Memoirs Of Echo Unseen. Une pre-release, « trampoline », nous a plongés dans l’ambiance de Of All We Have Lost avant que la title track ne soit révélée. Cette dernière, « remembrance candy », est écrite par IU – de quoi éveiller la curiosité du public.
REMEMBRANCE CANDY
Le mini album débute immédiatement par « remembrance candy », un titre à la production jazz et indie pop, ponctuée de piano et percussions. Les cuivres donnent un charme mélancolique :- charme accentué par les performances vocales des sept membres. Le titre-même « remembrance candy » fait un rappel à celui de l’EP : Of All We Have Lost. Ce qui est perdu (lost) revient au travers de souvenirs déclenchés par un bonbon.
« remembrance candy » est leur premier comeback en tant que septuor après le retour de Moon Sua et Suhyeon, en hiatus depuis mi-2023. Le MV est ainsi un clin d’œil à tous les bons moments passés ensemble. Les visuels sont eux-aussi mélancoliques, avec des émotions contradictoires : est-ce que chasser ces souvenirs ne les empêchera pas d’aller de l’avant ?
Au contraire, ces bonbons leur permettent de se retrouver de la plus belle des manières. A la fin du MV, Suhyeon et Moon Sua s’enlacent, rapidement rejointes par les cinq autres membres de Billlie. Enfin, elles sont au complet.
TRAMPOLINE
En tant que single de pre-release, « trampoline » bénéficie aussi de son propre MV. On voit les membres sauter sur le même trampoline qui apparaît dans le MV de « remembrance candy », entrecoupé par des scènes filmées dans les mêmes décors que le MV de la title track.
Avec un filtre granuleux et des bords de tirages de négatifs (photos prises avec un appareil argentique). Ce clip n’est qu’un avant-goût de « remembrance candy » mais, bien que des plus mignons, n’a pas énormément d’intérêt.
« trampoline » est pourtant un bon choix de pre release, annonçant parfaitement ce qui suivrait. Des productions jazz et atmosphériques appuyées par un sentiment de nostalgie et des performances vocales plus qu’appréciables. Le rythme gagne en énergie pour le dernier pont, rappelant quelque peu les origines de Billlie.
BLUEROSE
« Bluerose » est le troisième titre de l’EP. Les paroles ont été écrites par Moon Sua et Si Yoon, montrant l’implication des membres dans la production de ce nouveau mini-album. La basse offre un groove qui vient en continuité des deux chansons précédentes avec des influences city pop grâce aux percussions et le synthétiseur caché au fond de la production. L’atmosphère reste chill mais garde l’attention de l’auditeur grâce, encore une fois, aux performances vocales des membres qui sont rêveuses. Le rap lors du dernier couplet s’intègre parfaitement à l’ambiance générale du titre, précédant un solo de guitare électrique qui vient conclure la chanson.
BTTB (BACK TO THE BASICS)
« BTTB (Back to the Basics) » est un clin d’œil évident à « BYOB (Bring Your Own Best Friend) » mais la production ne pourrait pas être plus différente. On retrouve Billie dans un cadre plus rock (avec des influences pop punk) avec les instruments et hip hop dans leurs performances vocales. « BTTB » fait référence aux eras précédentes de Billlie :
« 답은 하나 Belllie’ve it »
(There’s only one answer Belllie’ve it)
Belllie’ve = nom de leurs fans
« Flipping a coin we’re so extensive »
Flipp!ng a coin = nom d’une chanson de The Billage Of Perception
« Ooh, 푸른 보랏빛 밤 울린 RING X RING
Snowy night 지나 긴가민가해
들려 RING ma Bell, EUNOIA »
(Ooh, the blue purple night RING X RING that rings
RING x RING, Snowy night, RING ma Bell, EUNOIA = noms de quatre title tracks
SHAME
« shame » porte un beau message – celui d’arrêter de cacher ses hontes puisque c’est dans celles-ci que se cache une partie de notre « vrai » nous. A trop vouloir plaire aux autres, on se perd, mais c’est en tombant et en se blessant que nous découvrons qui nous sommes vraiment.
La production s’inspire de la new wave des années 1980 avec une basse groovy et un synthétiseur pétillant mais aussi du genre new romantic : une dissociation de punk inspirée du glam rock (porté par David Bowie) qui préfère les synthétiseurs aux guitares électriques, se rapprochant ainsi fortement de l’électropop. Ce dernier a émergé dans des boîtes de nuit anglaises – notamment, ironiquement, dans un se nommant « Billy’s ». Le new romantic a inspiré à son tour le développement de la synth-pop, qui caractérise un peu plus « shame » que la new romantic. Nous sommes néanmoins presque obligés de mentionner ce dernier puisque le groupe lui-même a caractérisé « shame » comme new romantic lors de la conférence de presse de présentation de l’EP.
DREAM DIARY ~ ETCHING MEMORIES OF MIDNIGHT REVERIE
« dream diary ~ etching memories of midnight rêverie » est le titre final de l’EP. Le titre intrigant dévoile la passion avec laquelle la protagoniste écrit chaque matin les rêves qu’elle a eu dans son sommeil. Avec ce processus quotidien, elle tente de découvrir qui elle est réellement, car dans ses rêves, elle est courageuse, confiante et libre.
Avec une production tropical house (plus lente que de la house traditionnelle et utilisant par exemple, le marimba) et RnB alternatif, on se retrouve dans une ambiance plus dansante mais toujours chill.
CONCLUSION
Billlie offre un nouvel EP qui continue la lignée chill qui caractérise le groupe depuis plus d’un an maintenant. Les six titres possèdent des atmosphères similaires, en faisant un album cohérent qui s’écoute avec une grande facilité. Parfait pour l’automne, on s’imagine au coin du feu avec une boisson chaude en écoutant Of All We Have Lost.
Cet article a été écrit pour couvrir la sortie du nouvel album de SEVENTEEN. Cependant, la rédaction ne soutient pas la présence de DJ Khaled, mis en cause dans l’affaire P.Diddy, sur l’un des morceaux de l’album.
Le groupe de K-pop multi-récompensé SEVENTEEN vient de sortir son dernier mini-album, SPILL THE FEELS. Et comme toujours depuis leurs débuts en 2015, ils ne nous déçoivent pas.
Après le succès de 17 IS RIGHT HERE sorti en avril dernier et deux dates européennes, ils reviennent avec six nouveaux titres. Les membres explorent les divers aspects relationnels, tout en mettant en avant leur polyvalence à travers leurs unités vocales, hip-hop et performance. Ce mini-album, qui se veut à la fois diversifié et cohérent, nous invite à plonger dans des récits émotionnels qui résonnent dans le quotidien de leurs fans.
Une exploration émotionnelle
La première chanson, “Eyes on You« , s’illustre par son mélange de pop et de R&B, agrémenté d’influences électro. Les rythmes fluides et les synthétiseurs créent une ambiance romantique et intime accompagnent les paroles qui évoquent des sentiments d’attirance et de dévotion. Cette attention portée à l’autre est mise en avant, faisant de la chanson un hommage à l’amour et à la passion. Inspirée des ballades pop-R&B des années 2000, cette chanson réussit à allier modernité et nostalgie, captivant ainsi l’audimat avec ses harmonies et son atmosphère enveloppante.
Collaboration et ambitions : « LOVE, MONEY, FAME »
Le titre principal de l’album, « LOVE, MONEY, FAME”, nous plonge dans un monde où l’amour, la richesse et la célébrité se confrontent. En collaboration avec le DJ américain DJ Khaled, la chanson aborde les complexités de la vie moderne, soulignant que sans amour véritable, même la gloire semble vide. D’un point de vue musical, elle allie K-pop et hip-hop, créant un son énergique qui séduit tant les fans de K-pop que le public dans sa globalité. La collaboration illustre parfaitement la capacité de SEVENTEEN à fusionner différents univers musicaux, renforçant leur portée à l’international.
Un hommage à l’unité : « 1 TO 13 »
« 1 TO 13 » est une déclaration touchante sur le lien indéfectible entre les membres du groupe et leurs fans, les Carats. Les paroles évoquent l’idée de dédier « treize parties de leur cœur » à chacun de leur fan, symbolisant l’engagement et la loyauté qui les unissent. La mélodie douce et chaleureuse de cette ballade pop R&B évoque un sentiment de confort et d’intimité, renforçant l’importance de la camaraderie et des souvenirs partagés au fil des années. Elle est d’autant plus symbolique et touchante quand on sait que Jeonghan, effectue, depuis le 26 septembre 2024, son service militaire obligatoire.
Nostalgie et simplicité : « Candy »
Avec « Candy, » Jeonghan, Joshua, Woozi, DK et Seungkwan utilisent la métaphore de la confiserie pour décrire l’amour. La chanson évoque la simplicité et la légèreté des émotions liées aux premiers émois, tout en reconnaissant les défis que les relations peuvent comporter. Ce mélange de douceur et de vulnérabilité permet aux auditeurs de se sentir connectés aux émotions de la Vocal Team. La musicalité légère et aérienne s’inspire des ballades romantiques traditionnelles que l’on peut entendre dans les K-Drama (OST). Elle crée une atmosphère nostalgique qui rappelle les débuts du groupe.
Solitude et introspection : « Rain »
Composée de Jun, Hoshi, The8 et Dino, la Performance Unit nous propose le morceau « Rain ». Il offre un regard introspectif sur la solitude et la lutte émotionnelle. “Rain” décrit des moments de désespoir et de difficulté à articuler ses émotions. Le refrain, qui évoque la difficulté d’expliquer ses sentiments, souligne cette lutte intérieure. Les images de la pluie symbolisent à la fois la tristesse et le processus de purification émotionnelle, où la pluie peut être vue comme une métaphore pour des moments de réflexion et de renouveau. L’utilisation des synthétiseurs donne un rythme lent qui évoque cette sensation de solitude, renforcée par l’utilisation de sons de pluie en arrière-plan, ajoutant une dimension immersive au morceau.
Énergie et détermination : « Water »
Enfin, « Water” mélange des éléments de hip-hop et d’EDM, offrant une expérience sonore dynamique et énergique. Les quatre rappeurs du groupe, S.Coups, Wonwoo, Mingyu et Vernon, s’expriment à travers des métaphores liées à l’eau. Elles symbolisent à la fois l’abondance et la soif d’accomplissement qui soulignent un besoin incessant de progresser et de surmonter les obstacles. Le rythme entraînant et fluide encourage l’auditeur à ressentir cette poussée de détermination à surmonter les obstacles.
SEVENTEEN démontre une fois de plus sa capacité à allier production de qualité, profondeur émotionnelle et diversité musicale. Chaque morceau est soigneusement conçu pour nous emmener dans un voyage à travers des émotions universelles, consolidant leur réputation d’artistes à la fois talentueux et authentiques. Cet album est non seulement une célébration de leur musique, mais aussi une invitation à plonger dans leurs sentiments les plus profonds. Ce qui en fait un projet riche et significatif.
Chez beaucoup de Carats, l’album est également ressenti comme un “au-revoir”. Avec l’approche du service militaire pour la quasi-totalité des membres, chaque morceau semble encourager leurs fans à avancer dans leur vie, le temps qu’ils reviennent au complet.
19.99, voici le nom du tant attendu 3e mini album de BOYNEXTDOOR. Tandis que leur précédent album clôturait la trilogie des questionnements à propos du premier amour et du premier chagrin, 19.99 annonce leur entrée dans la cour des grands. Entre bonheur, doute et douleur, la vingtaine n’a rien d’évident.
BOYNEXTDOOR est un groupe de K-pop de la 5ème génération qui compose la plupart de ses musiques et chorégraphies. Ils se distinguent des autres groupes pour cette touche particulière, mais surtout pour leur originalité, osant sortir du cadre habituel et tenter de nouvelles choses.
5ème génération veut également dire jeunesse ! Les six membres ont tous entre dix-neuf et vingt-deux ans – il est alors évident qu’ils se posent des questions vis-à-vis de leur future vie d’adulte. Vous l’aurez compris, ce nouveau chapitre aborde les sentiments candides de l’adolescence à l’approche de la vingtaine.
“20 est un nombre où la peur et l’espoir coexistent”
Sorti le 9 septembre dernier, 19.99 (“99%” de leur 19 ans) aborde multitudes de sujets. Il marque le parcours du groupe vers l’âge adulte, et les thèmes de l’album traitent des émotions qui les entourent juste avant d’atteindre l’âge de 20 ans, la majorité coréenne. Chaque morceau dépeint leurs histoires personnelles, mélangées entre douleur, bonheur et gratitude.
Toutefois, tout commence avec le trailer film de l’album intitulé “Mysterious 20”, sorti sur Youtube quelques jours plus tôt, qu’on vous conseille de regarder.
Ce court métrage de 2min55 est un grand moment dans la vie des garçons, surtout pour Woonhak, dont l’âge coréen est de 19 ans (17 ans en âge international) et qui va bientôt atteindre sa majorité.
On découvre une petite boutique à l’ambiance nostalgique, où les appareils électroniques présents sont désormais démodés, et dans lesquels un message se fait clair : un mystérieux ordinateur portable nommé “20” sera envoyé à un jeune de 19 ans sélectionné au hasard. Néanmoins, cet ordinateur est spécial, puisque celui qui le recevra découvrira les secrets les plus enfouis de la vingtaine lorsque son décompte atteindra son but.
Woonhak est au cœur de ce récit, car étant le plus jeune, c’est à lui que revient cette “boîte de pandore”. Et tandis que le monde entier n’attend plus que de découvrir ce qu’il cache, BOYNEXTDOOR fuit le plus loin possible de cette nouveauté, poursuivi par ces nombreuses personnes remplies de fascination et de curiosité. Le trailer se termine alors sur le compte à rebours qui atteint la barre des 19.99.99 et est prêt à transformer la vie du maknae.
“Mysterious 20” est très intéressant à observer. Tandis que la transition vers l’âge adulte acte un possible gros changement dans notre existence, on est partagé entre excitation et nervosité. Ce phénomène est également retrouvé dans le passage de 1999 à 2000, qui sert de brillant contraste tout au long de la vidéo. Le passage à l’an 2000 fut étrange pour deux grandes raisons : l’appréhension d’entamer la dernière année du millénaire, et les superstitions de fin du monde liées au bug de l’an 2000. Tout le monde pensait qu’une fois le compte à rebours dépassé, on tomberait dans le chaos, alors que finalement rien n’est arrivé. C’est peut-être également le cas pour ce changement de 19 à 20 ans ?
Dangerous, les 97% des 19 ans
Dans une vibe décalée au style proche de NCT, on découvre le morceau “Dangerous”, sorti une semaine auparavant en tant que pre-release single. A la première écoute, la chanson est franchement surprenante, voire peut-être déroutante pour certains au vu de son originalité, mais loin d’être dénuée de potentiel.
“Dangerous” s’ouvre sur une ambiance de jeux vidéo rétro. Elle commence avec les murmures de Taesan qui nous suggère d’être silencieux afin de ne pas avertir nos parents de notre fugue tardive, créant immédiatement un sentiment de secret entre les fans et les membres et d’intimité.
Tout le monde, taisez-vousMaman et papa ne devraient pas entendre cette chansonVous devez mettre des écouteursJe suis sûr que vous serez tous d'accord, frérot
On comprend directement que le morceau est surtout adressé aux jeunes, et qu’il ne plaira sûrement pas à nos parents. Il dépeint les aventures insouciantes et rebelles des adolescents, montrant le côté espiègle des membres face aux règles parentales. Au cœur de notre jeunesse, on a tendance à sortir, à profiter avec nos amis et à créer des souvenirs mémorables, bien que parfois nous énervions ou inquiètions nos parents. C’est également le cas pour BOYNEXTDOOR, qui tout comme nous, exprime le besoin de liberté et de découverte.
Attention, on sortFaisons le plein de dopamineJe pourrais être en train de jouer, ou juste perduS'il te plaît, ne le dis pas à maman et papaque je suis juste immatureJ'ai encore passé une nuit blancheJuste là à créer des souvenirsMa jeunesse est mon bouclier
Le souhait des parents quant à eux est que leurs enfants grandissent en bonne santé et en sécurité, alors qu’elles sont en contradiction avec les désirs d’indépendance des jeunes.
Quand rentres-tu à la maison ? Attends une minuteQuand rentres-tu, fiston ? Papa, j'arrive dans dix minutesOù es-tu maintenant ?Je lui dis que je suis presque à la maison mais je fais l'idiot
L’hymne à la liberté tout au long de ce morceau démontre les sentiments imprévisibles des garçons, bien que parfois imprudents, souhaitent seulement profiter de la vie, être heureux et ne se soucier de rien d’autre, alors qu’ils ont conscience des attentes du monde adulte qui les attend.
“Dangerous” est une chanson pleine de personnalité qui capture l’énergie insouciante de la jeunesse. Dans le genre groovy hip-hop, elle fait directement écho aux personnes qui ont bientôt la vingtaine, ou à celles qui l’ont passé et qui se remémorent ces années folles. Le MV qui l’accompagne s’accorde parfaitement à cette ambiance fraîche dans laquelle on voit les garçons partager des moments de complicité en voiture, au karaoké ou simplement autour d’un barbecue, et qui par ailleurs, paraissent très réels et naturels. Avec de telles images, on a simplement envie de (re)vivre notre éternelle adolescence et profiter avec eux.
Fun fact : La petite sœur de Woonhak intervient dans la chanson avec les paroles chuchotées “Grand frère, maman est en colère”.
Gonna be a rock, les 98% des 19 ans
L’album s’ensuit sur une chanson pleine de dualité, perdue entre lutte interne et mélancolie. “Gonna be a Rock” évoque un amour de jeunesse qui frappe en plein cœur, liée aux émotions humaines avec une touche de ressentiment et de souffrance.
Guidée par une guitare électrique douce, cette chanson est relativement simple à la première écoute. Elle mélange la propre composition de Taesan mélangée à la sensibilité de la 2ème génération, semblable à un morceau de Big Bang. Bien qu’on pourrait croire à une musique douce et joyeuse, lorsqu’on découvre sa signification, elle prend une toute autre tournure.
Même si je ne le voulais pas, j'ai l'impression que je finirai seulNon, non, non, non, nonUne rupture est le cadeau que je n'ai pas souhaité cette annéeTu connais mon anniversaire ?Si je pouvais revenir au début, je te quitteraiMême si c'est impossible, je te larguerai en premier
Je ne sais pas aimer, pendant un mois tu entendras des rumeursPerds la tête, tu le mérites
Les premières paroles introduisent immédiatement le sujet principal du morceau. Elles évoquent la difficulté de se séparer d’une relation amoureuse sur laquelle ils se sont découverts, même lorsque celle-ci est douloureuse. Abandon, haine, amour, on retrouve un conflit émotionnel partagé entre le désir de tourner la page et celui de se souvenir du temps vécu à deux. On le comprend au fur et à mesure, surtout lorsque le rythme s’accélère sur les mots criant “L-O-V-E, hate this word”, suivi de “Don’t abandon me” qui marque la complexité des relations humaines, n’ayant plus d’espoir, ni de confiance. Les garçons se sentent pris au piège dans leurs émotions, se comparant également à un enfant de sept ans.
Telle une âme torturée, on peut sentir une retenue dans la voix des membres qui finalement explose au refrain et se tourne vers les aigüs. Une intensité qui nous dévoile une certaine faiblesse et des sentiments sincères d’une rupture dure comme de la pierre.
Ooh, je vais être une pierre et briser ta fenêtre maintenantComme mon cœur a été briséOoh, je vais être une pierre et briser ton garçon, ton amourParce que tu ne comprendras jamais ce cœur
Ces paroles portent un double sens, attaché à l’élément principal du titre “Je vais être une pierre”. Le garçon de “Serenade” qui déclarait sa flamme autrefois sous sa fenêtre préférée, souhaite à présent la rompre et briser le cœur de la personne derrière, afin qu’elle comprenne à son tour la douleur ressentie de cette rupture amoureuse. D’un autre côté, ils déclarent “À ce stade, je préférerais être / Une pierre à la place”, puisque s’ils le deviennent, ils ne ressentiront plus aucune émotion, et plus aucun sentiments. Similaire à “Tinnitus” de Tomorrow x Together pour son souhait de devenir une “Rock”, “Gonna be a Rock”, bien que lié à l’amour, révèle une douleur interne qui se développe au point où l’on souhaite même devenir un objet sans vie, une pierre, pour se libérer de nos pensées. Que ce soit joie ou tristesse, bien être ou souffrance, il est parfois difficile de s’en détacher, puisque nous vivons à travers notre état émotionnel et affectif…
Ce morceau, accompagné d’une petite séquence vidéo de Taesan lançant des cailloux, démontre alors des sentiments intenses liés à l’amour et la perte, tout en soulignant les défis émotionnels que l’on doit surmonter.
SKIT
Servant de complément à l’album, “SKIT” se présente différemment des autres morceaux. En effet, ce dernier, comme son nom l’indique, est considéré comme un petit sketch d’une minute.
Rythmé telle une émission de radio avec Jaehyun, Sungho, Riwoo, Taesan et Leehan en tant que présentateurs, le groupe explore le thème principal de 19.99, l’approche de la vingtaine. Woonhak étant le seul des garçons à n’avoir pas encore sa majorité, il est évidemment le protagoniste de cette interview. Et ensemble, dans une ambiance amusante, ils prennent la parole et planifient le to do list des 20 ans du maknae !
Jaehyun : Bonjour, c’est Myung Jaehyun depuis l’émission “Rendez-vous vers les trois heures et demie du matin.” Le message du jour est... Kim Woonhak va bientôt devenir majeur. Applaudissements ! (Ouais) Je vais le mettre en ligne. Drr... drr... chk-ooh !
Woonhak : Bonjour, c’est Woonhak, un jeune de 19,99 ans qui va bientôt devenir majeur.
Riwoo : (Ah, bonjour.)
Leehan : (Tu as l'air vraiment timide.)
Taesan : Y a-t-il quelque chose que tu aimerais faire quand tu deviendras majeur ?
Woonhak : Moi ? "Ma jeunesse est libre", je veux m’amuser.
Sungho : Ah, c’est bien, c’est bien. Qu’est-ce que tu veux faire pour t’amuser ?
Woonhak : Ah, j'aimerais conduire et partir en voyage avec mes hyungs.
Taesan : Ah, désolé, mais je ne pense pas que tu pourras conduire.
Jaehyun : (Non, il ne peut pas.)
Taesan : Nous ne pouvons pas retirer “Serenade” de notre setlist.
Riwoo : (Oui, nous ne pouvons pas.)
Référence aux paroles de “Serenade” « Je n’ai pas de voiture, pas de permis / Mais je te promets une chose, oh / Je m’entendrai bien avec ton père, pour toi ».
Leehan : Alors, allons à Jeju tous ensemble et faisons du karting.
Jaehyun : Des karts, haha. Prenez une auto tamponneuse, M. Woonhak.
Sungho : Ça a l'air bien, ça a l'air bien. Même vos hyungs n'obtiennent pas leurs permis à cause de cela.
Woonhak : Vraiment ? Ils n'ont pas obtenu leurs permis à cause de ça ?
Sungho & Taesan : (Oui, c'est ça.)
Woonhak : Dans ce cas, changeons les paroles en "J'ai une voiture".
Riwoo : Ah c'est moins romantique. Woonhak tu manques de romantisme, le romantisme !
Woonhak : Romance, "Ma jeunesse est libre ! Ma jeunesse est libre !” La jeunesse, c'est maintenant ! Oui aux jeans !
Leehan : Qu’est-ce que tu racontes ?
Woonhak : Je ne sais pas.
Sungho : Attends, mais qu’est-ce que tu veux vraiment faire ?
Woonhak : Moi…
Taesan : Attendez M. Woonhak, s'il vous plait, taisez-vous. La prochaine chanson est "Nice Guy", concentrez-vous. Chut !
Nice Guy, les 99% des 19 ans
Tandis que la pre-release “Dangerous” connaissait une part dynamique et espiègle des garçons, la title track “Nice Guy” explore un éventail plus large d’émotions, et prône la confiance en soi.
Léger et optimiste avec un rythme groovy et accrocheur, “Nice Guy” est l’incarnation même de la bonne humeur. On y découvre des membres charmants et confiants, avec une petite touche de narcissisme, qui développent leurs côtés séduisants pour attirer l’attention de cette fille qui les intéressent tant.
En parallèle, la chanson existe également en version anglaise, qui elle, dévoile davantage ces aspects annoncés et une tension plus grande. Cependant, le morceau d’origine en coréen comprenait déjà un grand nombre de paroles anglaises, alors est-elle réellement nécessaire ?
Don't be such a wuss, Seoul is mine tonightLet's rizz up all night서론이 길었나, want to kiss you right nowI'll get you all night
Les premières notes nous plongent directement dans l’esprit de “Nice Guy”. BOYNEXTDOOR montre une certaine assurance et confiance en soi qui passe par la visite de la capitale de Corée du Sud, Séoul, au plein cœur de la nuit, comme si elle leur appartenait. Synonyme de soirée et de séduction la plupart du temps, la nuit marque le contexte principal de cette chanson. Alors, à travers cette introduction, les garçons nous font comprendre leurs intentions, se rapprocher de leur crush et espérer des sentiments partagés :
Look at my eyesLook at my line, my girlYou like it, right? / You like me, right?Oh, no, no, no
Les membres passent de “Boy” à “Guy”, ce qui reflète déjà une version plus adulte de leurs comportements, et se fait ressentir notamment dans leur aisance qui ne cesse d’accroître. Pour susciter l’intérêt de la personne qu’ils prénomment “my girl”, les garçons vont dévoiler une personnalité rafraîchissante et mettre en valeur plusieurs points comme l’apparence ou le charisme. Comme exprimé dans les paroles, leur style “Regarde ma ligne” (pouvant faire référence à la posture, l’attitude), leur voix “Ma voix douce et chatouillante fait même bouger un épouvantail” et surtout leur regard “Ça ne sert à rien d’essayer de résister / À mes yeux sexy, abandonne-toi, ma chérie” sont les atouts principaux dans cette dynamique de séduction. Le ton est confiant, presque provocateur, un jeu entre charme et anticipation.
Cependant, bien que les garçons soient optimistes vis-à-vis de leur pouvoir d’attraction, ils laissent sous entendre des doutes, cherchant des signes d’intérêt réciproques au travers de questionnements. “N’est-ce pas ?” répété de nombreuses fois tout au long de la musique démontre justement cette ambivalence entre assurance et vulnérabilité, ayant besoin que la personne en face valide leurs doutes, afin de connaître ses sentiments. En effet, derrière leur façade confiante, il y a toujours une recherche d’authenticité et d’émotions partagées.
L’impatience et la peur de l’abandon sont également dans le champ lexical de “Nice Guy”. Les membres se montrent impatients face à l’attente de réponse de la fille en question. Ils la poussent à prendre une décision claire vis-à-vis de leurs avances, se sentent prêts à construire une relation amoureuse solide et durable dans le temps. Mais d’un autre côté, ils ont peur qu’elle finisse par partir en les laissant derrière, comprenant finalement pourquoi l’impatience accompagne cette peur et crée un contraste entre les deux.
N’hésite pas et dis le tout de suiteTu le diras, “Je t’aime”Bébé, bébé, s’il te plait, s’il te plait, ne pars pasTu vas le dire, n'est-ce pas ? Je le veux aussi
Chaque scène du MV qui présente “Nice Guy” vous fera tomber sous le charme des garçons d’à côté. Pendant la journée, ce sont des travailleurs énergiques qui entament leurs premiers emplois. On les découvre sous la forme de livreurs de pizza, ou encore toiletteurs pour chiens, qui essayent de séduire la protagoniste de l’histoire avec des cadeaux mignons. La chorégraphie renforce le charme du clip, reflétant la personnalité “fresh guy” des membres avec des mouvements fluides et mémorables (petit clin d’œil sympathique par ailleurs à la génération Z avec l’apparition de leurs propres personnages Minecraft dansants).Toutefois, si il y a bien un moment qui marque plus qu’un autre, c’est lorsque la lune se lève dans le ciel et que la fête démarre, à partir de 1min45.
La nuit, ils prennent le contrôle de Séoul avec une confiance naturelle, et partagent des déclarations d’amour profondes destinées à “my girl”. Les néons et les arrière-plans animés créent une ambiance dynamique et vivante qui fait lien avec l’atmosphère festive du morceau. Les paroles deviennent notamment plus directes, et elles sont en accord avec les images dans le clip. On y voit un mariage, des enfants, une vie de famille, et c’est ce que les garçons souhaitent pour leur futur “I want it too”, en pensant à cette bien-aimée citée tout au long de la musique. Et finalement, le morceau se termine en douceur sur une fin de soirée avec les mots “You know that what I’m saying / Goodnight, baby”, espérant que “girl” se transformera par “girlfriend” par la suite.
A travers ce morceau, les membres nous transmettent leur assurance, souhaitant que, comme eux, on puisse charmer n’importe qui si on y croit. La définition de cette “personne cool” qu’ils recherchaient tant, se dévoile finalement être ce “Nice Guy”, un gars détendu qui a une totale confiance en ses compétences.
20 Twenty, les 0,1% des 20 ans
Vingt ans, c’est l’âge pour dire bonjour à la maturité, à la liberté, mais surtout à la responsabilité. “스물”, malgré son ton enjoué, marque une certaine anxiété et incertitude. Nous avons parlé de l’insouciance de la jeunesse, d’une haine liée à la première rupture, d’une assurance sans nom, à présent nous faisons face à la pression d’une vie d’adulte. Les garçons vont découvrir ce qu’est la peur de grandir. Serait-ce le syndrôme de Peter Pan ?
Quand j'étais plus jeune, j'étais idiotLe gamin qui pensait qu'une médaille d'or était facileUn pauvre petit morveux, 2-0, je suis un idiotQuand j'aurai 30 ans, est-ce que Oh, sourirai-je alors ?
D’entrée de jeu, “Twenty” montre une dualité entre l’innocence de la jeunesse et la complexité de la maturité. Partagé entre la naïveté d’un enfant, à ce qu’ils sont censés devenir, matures et responsables, les garçons se sentent confus et se découvrent des doutes pour l’avenir. Est-ce que leurs rêves d’adolescents étaient trop idéalistes ? La « médaille d’or » souligne ici cette innocence, où plus jeune ils percevaient le succès comme facilement accessible, n’ayant pas conscience des efforts nécessaires pour atteindre leurs buts. Cependant, les paroles qui s’en suivent exprime une certaine critique envers leur version passée et actuelle “J’étais idiot / Je suis un idiot”, prenant conscience que leur vision du monde était une fausse réalité quant aux attentes d’une vie d’adulte. Ils se demandent alors s’ils ressentiront la même chose avec une décennie de plus.
Ah, j'ai mal, c'est juste durPourquoi tout le monde dit que c'est le meilleur moment ?J'étais aussi petit qu'un grain de rizMaintenant, j'ai à peine atteint la taille d'un œuf, oh
On dit souvent que la vingtaine est le meilleur moment de la vie, pourtant BOYNEXTDOOR ne le ressens pas ainsi. Sous le poids de la pression sociale, les études, le travail, et les responsabilités qui les accompagnent, le groupe développe une lutte interne et de l’appréhension face à ces nouveautés stressantes. Ils sont pris de nostalgie pour leurs souvenirs d’enfance, qui sont synonymes de joie et de tranquillité. Où même les reproches de leur mère lorsqu’ils étaient petits deviennent des souvenirs précieux avec du recul, illustrant leur envie de lâcher prise et de retourner à une période plus simple de leur vie, bien qu’ils sachent qu’ils doivent accepter de grandir.
Ma jeunesse est libre, et alors ?Ma jeunesse est libre, que puis-je faire ?La réponse n'est pas claireVingt moches Vingt grossiers Vingt glorieux
“스물” se conclut sur ces mots tranchants, qui explosent dans nos oreilles. Tout au long du morceau on attendait cet instant, le moment où les membres expriment réellement ce qu’ils ont sur le cœur. On sentait une retenue dans la voix, dans l’instrumentale, similaire à un léger anti drop. Mais finalement c’est le fait que le morceau soit dans la retenue jusqu’à la fin qui rend ce passage encore plus emblématique et émouvant. Il arrive à un point culminant où l’on pense presque que sur l’ensemble du morceau on faisait face aux garçons de 19.99 ans qui hésitaient à franchir la limite, et qu’en fin de compte ils prennent le choix d’embrasser leurs 20 ans. Là où les six membres commencent enfin à prendre confiance vis-à-vis de leur futur, et chantent “My youth is free” à l’unisson pour caractériser ce désir d’indépendance. En passant par “Ugly twenty”, par “싸가지 twenty” pour finalement accepter leurs doutes sur l’avenir avec “Glory twenty”, se sachant imparfaits mais ayant de l’espoir pour commencer leur nouvelle vie.
Call Me, les 1% des 20 ans
L’épisode 19.99 se clôture chaleureusement sur la chanson “Call Me”. Cette dernière, à l’ambiance fraîche et apaisante, parle des émotions et sentiments qu’on devrait extérioriser, afin d’alléger notre esprit. Elle nous dit de crier notre tristesse au monde, de nous libérer de notre haine et de nos soucis, surtout face aux attentes de la vingtaine. Au travers de ces mots réconfortants, les garçons nous incitent à exprimer nos émotions et à ne rien garder pour nous, mais plutôt d’en parler avec les autres, de communiquer.
S'il te plaît, appelle-moi, appelle-moi, appelle-moiSi tu es seul, seul, seulPleurons comme si nous étions fous, ahEmmène-moi à l'endroit où tu es alléJe t'emmènerai à l'endroit où je vaisAllons-y (Allons-y), allons-y (Allons-y)Tiens ma main et allons-y ensemble
Si vous n’avez personne à qui vous confier, BOYNEXTDOOR est présent dans cette chanson, prêt à tendre l’oreille et vous enlacer. C’est un morceau qui réconforte le cœur des gens qui traversent une période difficile, qui les accompagne et les réunis avec des mots simples mais honnêtes et surtout importants. Les doutes, les inquiétudes, c’est naturel d’en avoir, mais c’est également normal de prendre du temps pour apprendre de nouvelles choses, et de ne pas forcément être bon dès le début.
Qu'y a-t-il de mal à être un peu lent ? (C'est bon)Qu'y a-t-il de mal à faire des erreurs ? (C'est bon, bébé)Personne ne le comprend dès le débutNe te décourage pas autantAime-toi, s'il te plaîtJ'adore ton style, s'il te plaîtCe n'est pas graveAlors ne le laisse pas t'abattre
À travers “Call Me”, les garçons essayent de faire passer un message, celui de s’accepter tel qu’on est, avec les sentiments qu’on ressent et les émotions qui nous traversent. Elle nous invite à apprendre à nous aimer et nous donne du courage pour avancer. On peut également comprendre les paroles comme une lettre pour les membres entre eux, qui se soutiennent et s’aiment telle une famille, ce qui fait la beauté de “Call Me”, puisqu’elle atteint chaque cœur meurtri.
Le piano et la guitare en fond ramènent de la chaleur et entrent en harmonie avec le message de la chanson. Mais ce qu’on retient le plus de cette dernière est la douceur dans la voix des membres, une gentillesse similaire à l’appel d’un ami de longue date, ou plutôt à celui des garçons d’à côté.
Dansons comme ça, chérieLorsque vous vous sentez déprimé, dansez simplementChanter, rire comme ça, bébéSi vous êtes en colère, criez-leVous n'avez pas besoin de pleurer en silence tout en retenant votre souffle toute la nuitParce que je suis là, mon ami
My youth is free
La jeunesse qui se lie au monde adulte passe par de nombreuses épreuves. Il se peut que tout se passe super bien et qu’on ne ressente aucune différence entre hier et aujourd’hui. Mais pour de nombreuses autres personnes, passer le cap de la majorité reste un énorme défi.
A travers les paroles et les compositions de Jaehyun, Taesan et Woonhak, 19.99 est l’œuvre d’honnêteté et d’innocence, résonnant avec les histoires personnelles des six membres. Cette sincérité permet à de nombreux ONEDOORs, mais également à de nombreuses autres personnes de s’identifier aux paroles, puisqu’elles expriment les sentiments qu’on peut ressentir lorsqu’on est adolescents et qu’on est sur le point de grandir. Alors, avec 19.99, les six membres donnent le réconfort nécessaire à ces personnes qui en ont sûrement besoin ; une main tendue pour les membres eux-mêmes et pour aider les autres, surtout à ce moment charnière. Par ces morceaux, ils les encouragent à prendre confiance en eux et à s’accepter tels qu’ils sont, avec les doutes et la passion éternelle de la jeunesse.
Grâce à cette touche de compréhension, l’album s’étend dans le monde entier et connaît un réel succès, battant les précédents records du groupe. Les garçons ont grandi et ont évolué dans leur mentalité, dans leurs compétences et dans leur Art, créant une œuvre intemporelle qui résonnera dans le cœur de chacun même des décennies plus tard. Le secret des garçons d’à côté, c’est que finalement, ils sont des enfants comme nous, et qu’ils font face aux doutes de la vie comme on peut y faire face également – mais son pouvoir, c’est de donner du réconfort et du soutien pour que tous ensemble, on avance malgré les difficultés.
XG, revient en force avec leur dernier single “IYKYK” (abréviation de If You Know, You Know) ! Il fera partie intégrante de leur second mini-album AWEdont la sortie est prévue pour le 8 novembre prochain !
XG : le phénomène japonais qui conquis le monde entier
Originaires du Japon, les membres du groupe féminin de XGALX démontrent une nouvelle fois toute l’étendue de leur talent musical et visuel avec leur dernier titre aux inspirations RnB et Electro Dance. Composé de sept membres âgées de 18 à 22 ans, le girl group a déjà séduit des millions de fans à travers le monde grâce à ses chansons mêlant hip-hop, RnB, et Electro Dance, et il est clair qu’elles ne comptent pas s’arrêter en si bon chemin. Après avoir marqué les esprits avec leurs singles « Something Ain’t Right » en juillet et « WOKE UP » en mai dernier, elles reviennent sur le devant de la scène avec un mini-album intitulé AWE, prévu pour début novembre, qui comprendra notamment « IYKYK » sorti vendredi dernier.
Cette nouvelle sortie s’inscrit parfaitement dans la continuité artistique de XG, un groupe qui se distingue par son approche futuriste et sa capacité à fusionner différents genres. Comme en témoignent leurs précédents titres tels que « Shooting Star » et « Left Right », XG maîtrise l’art de mêler les influences hip-hop avec des éléments pop et électroniques, une formule qui leur permet de se démarquer sur la scène internationale. « IYKYK » s’appuie sur ces influences éclectiques et cette touche avant-gardiste, renforçant ainsi l’identité sonore distinctive du groupe.
IYKYK : on décrypte pour vous leur dernier single
La sortie musicale faite pour danser
La transition entre « WOKE UP » et « IYKYK » montre une évolution cohérente dans la discographie de XG. Si « WOKE UP » se distinguait par son identité 100 % hip-hop, « IYKYK » se rapproche davantage de l’ambiance de « Something Ain’t Right », avec un instrumental énergique et futuriste qui fusionne des influences hip-hop, pop, et électroniques. Ce choix musical permet au groupe de proposer un titre résolument dansant, conçu pour captiver leur audience.
Par ailleurs, l’utilisation de sonorités électroniques et de rythmes percutants dans « IYKYK » s’inscrit dans les tendances actuelles de la K-pop, qui explorent de plus en plus des concepts cyberpunk et interstellaires. Des groupes tels que aespa ou NCT exploitent ces thématiques en alliant chorégraphies dynamiques et décors numériques immersifs. XG suit cette tendance, tout en apportant sa touche personnelle grâce à l’intégration de références culturelles cosmopolites, renforçant ainsi leur identité unique sur la scène musicale.
Une envie d’évasion et de liberté
Les paroles de “IYKYK” invitent les auditeurs à un voyage cosmique et audacieux, où vitesse et exploration sont au cœur de l’expérience. Le refrain, avec des expressions telles que « faster than the speed of light » (plus vite que la vitesse de la lumière) et « only we can get it right » (seuls nous pouvons le faire correctement), met en avant un sentiment d’urgence et de singularité, comme si les membres du groupe embarquaient leurs fans dans une aventure que seuls ceux qui « savent » peuvent pleinement comprendre. Ce jeu sur le mystère et l’exclusivité renforce l’idée d’appartenance à un univers unique et réservé aux initiés.
Les couplets poursuivent cette idée de voyage intergalactique, avec des images de lumières étincelantes, de ciel étoilé, et de déplacements à travers l’espace. Les membres évoquent des thèmes d’évasion et de liberté, cherchant à dépasser les limites du monde connu en explorant de nouvelles dimensions. Elles utilisent des métaphores de véhicules futuristes et de loups galactiques pour illustrer cette course effrénée vers l’inconnu, tout en maintenant un ton de défi et de puissance.
Les références aux voyages cosmiques, au rythme effréné et aux mondes fantastiques reflètent également un message plus profond : celui d’embrasser l’inconnu et de se libérer des contraintes terrestres. Ce motif est renforcé par des phrases telles que « somewhere out of reach » (quelque part hors de portée) et « place beyond my dreams » (un endroit au-delà de mes rêves), qui incitent à poursuivre ses ambitions, même si elles semblent hors de portée. Ainsi, “IYKYK” utilise des images futuristes et des métaphores de l’espace pour inviter ses auditeurs à rêver en grand, à se dépasser, et à embrasser un monde de possibilités infinies.
Un clip décalé à l’image de XG
Le clip de “IYKYK” se distingue par une esthétique cyberpunk marquée, un style visuel de plus en plus répandu dans les productions musicales actuelles. On y retrouve des contrastes saisissants de néons, des teintes vives et des environnements urbains futuristes qui rappellent des vidéos récentes comme “Supernova” d’aespa.
Ce choix visuel permet à XG de s’inscrire pleinement dans cette tendance en pleine expansion, tout en apportant sa propre touche unique. Le groupe se distingue en adoptant une approche plus immersive grâce à des effets spéciaux de pointe et des transitions fluides qui transportent les spectateurs à travers divers univers, renforçant ainsi le concept de voyage interstellaire présent dans les paroles. Les membres de XG naviguent dans ces décors sophistiqués avec assurance, ce qui contribue à souligner leur image de groupe avant-gardiste et leur capacité à s’adapter aux codes visuels contemporains tout en conservant leur identité singulière.
Conclusion : Un voyage musical et visuel incontournable
En somme, “IYKYK” de XG représente bien plus qu’une simple chanson. C’est une véritable expérience sensorielle qui allie des sonorités variées à une esthétique visuelle saisissante. Le groupe réussit à capter l’attention de son public avec des thèmes d’évasion et d’exploration, tout en s’inscrivant dans une tendance cyberpunk qui les positionne en tant qu’actrices majeures de la scène musicale actuelle.
Avec des productions de haute qualité et une approche avant-gardiste, XG continue de repousser les limites de la créativité, consolidant ainsi son identité distincte. Alors que leur passage à Paris approche, le 24 novembre prochain, ainsi que leur mini-album AWE, il est clair que “IYKYK” est une étape significative dans leur évolution artistique. Elles promettent donc aux ALPHAZ (nom des fans) un avenir prometteur et captivant pour ce girl group déjà adoré par des millions de fans.
Ce 26 aout dernier, Jaehyun faisait son début en solo avec J – The 1rst Album après le succès de ses précédents singles. Les attentes des fans étaient au plus haut en raison des nombreux teasers révélés tout au long de la production, multipliant les spéculations sur l’album. Revenons ensemble sur ce qui est sans aucun doute l’album incontournable de cette rentrée !
Disclaimer important :
Cette revue a été en majeure partie rédigée avant les révélations de SM sur les activités criminelles de Taeil, autre membre de NCT 127 depuis exclu du groupe ce qui explique un ton enthousiaste et léger qui n’est pas adéquat dans la situation actuelle.
Toutes nos pensées vont à la/les victime.s et c’est avec horreur et rage que nous tenions à rappeler l’atmosphère actuelle. Nous saisissons l’occasion pour inviter chacun.e à se renseigner sur le climat sociétal coréen actuel et sur la détresse des femmes coréennes face aux fléaux que sont les salons de discussion Telegram véhiculant du contenu pornographique la misogynie d’état dont elles sont victimes.
Par ailleurs, cet article est posté après le respect d’un certain délai dans une démarche de respect de la parole de la victime. Etant NCTzen depuis toujours, je ne peux que réitérer personnellement mon dégoût et ma déception envers Taeil.
Enfin, nous souhaitons tous.tes que justice soit rendue et que Moon Taeil ainsi que tous les criminels similaires/associés soient découverts et punis pour leurs crimes.
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Un album très attendu, « Jump in if you feel it !«
Si les membres de 127 sont de plus en plus nombreux à se lancer dans l’aventure d’un projet en solo (Taeyong et Doyoung ont ouvert la voie, le projet de Yuta a déjà commencé à être évoqué), la perspective d’un album de Jaehyun a toujours particulièrement séduit les fans de l’unité Séoulite de NCT qui avaient réservé un accueil chaleureux à ses premiers essais (« Try Again », « Forever Only » ou encore « Horizons »).
Ainsi, c’est dans l’euphorie générale que l’on découvrait ce 26 aout l’album J – The 1rst Album, premier projet personnel du chanteur.
Smoke
L’album commence par sa chanson titre qui annonce la couleur dès sa première phrase « Jump in if you feel it » soit « Rejoins moi si tu le sens ». Lors d’une interview accordée à The Hollywood ReportJaehyun s’amusait de cette accroche qu’il trouvait parfaite pour résumer la chanson représentative de son album : fun et cool.
En effet, il s’agit d’un morceau aux sous-tons rnb avec une vibe jazzy et des couplets entrainants jumelés à un refrain sexy.
S’agissant de la chanson titre, il serait dommage de ne pas traiter du MV. Comme pour le reste de l’album Jaehyun est aux commandes de la direction artistique de son clip et cela donne un MV sophistiqué, charmant voire poétique par moments avec même des pointes d’humour occasionnelles qui dépeignent fidèlement l’univers artistique du chanteur.
Le jeu de couleur entre les parties en noir et blanc où seul le rouge transperce l’écran puis le passage en couleur dans une palette de tons chauds contrastants avec la tenue du chanteur nous offre une expérience artistique complète.
De même, la chorégraphie que l’on devine à peine dans le MV semble mettre en valeur Jaehyun au travers de ses points forts de représentation scénique comme ont pu le faire les chorégraphies de DoJaeJung : on le sent très à l’aise sur tous les plans et fier de ce projet de bout en bout.
Cette implication et cette attention portée aux détails est d’ailleurs depuis le début de la promotion de l’album souligné par le membre de 127 qui confiait tout sourire dans le documentaire retraçant le processus de réalisation de son album : « Cet album est purement et entièrement mien donc ma vision a le rôle principal. Cette fois ci ce qui change c’est que je suis la personne qui a le plus d’impact/influence [sur la direction du projet] ».
Nul doute que Jaehyun a donné de sa personne pour cet album dans lequel chaque titre met un peu plus en lumière son identité musicale.
Roses
Ce morceau a été révélé sous la forme d’un single le 12 aout soit quelques temps avant la sortie de l’album. Une partie du morceau a également eu le droit à un mini MV sobrement intitulé« Dandelion & Roses » . Dans la partie du MV réservé à « Roses » en totale opposition avec ce qui avait été présenté juste avant : un tournage de nuit, des couleurs sombres, du rouge, du pourpre, la solitude du chanteur que l’on voit à plusieurs reprises plonger/se noyer ou entouré de gens qui ne le voient pas.
Ce morceau reprend les codes de la chanson de rupture déchirante et c’est son coeur brisé que nous présente Jaehyun sur cette chanson RnB. L’ajout de choeurs et le choix de tonalité pour la mélodie le rendent vraiment addictif et viennent enrichir la chanson.
Les paroles (en anglais) sont saisissantes : on retiendra particulièrement le clin d’oeil au 14 février date d’anniversaire du chanteur par la phrase « I’m triggered every year Valentines » soit « La Saint-Valentin me rappelle cette douleur chaque année » et on comprends sans difficulté pourquoi ce morceau est déjà l’un des favoris des fans.
Flamin’Hot Lemon
L’atmosphère légère que voulait partager Jaehyun se retrouve particulièrement dans cette chanson, tout en anglais également. Dans cette déclaration spontanée Jaehyun brosse le portrait d’un crush qu’il essaye de séduire sans prise de tête ou faux semblant. Si le rythmedynamique du morceau et les passages presque susurrés par le chanteur n’ont pas fini de vous charmer ce sera assurément les paroles aussi playful* qu’adorables qui parviendrons à vous convaincre.
*Le mot « playful » ou « joueur » est ici utilisé pour souligner à la fois le coté fun mais aussi l’aspect séducteur des paroles.
La présentation de cette chanson est le bon moment pour parler d’une autre particularité de l’album qui est la réalisation de petites cinématiques pour chacun des audios officiels des morceaux de l’album. Bien que courtes et sans signification particulière celles-ci soulignent une nouvelle fois l’effort de Jaehyun de présenter un album complet et de partager sa vision au maximum. Ça n’a l’air de rien mais pour ce morceau pour ne citer que lui cela amène une dimension supplémentaire de voir Jaehyun pensif ou affaissé sur un canapé et cela permet de pouvoir s’accorder à ce que le chanteur à en tête en terme d’ambiance.
Dandelion
Cette chanson a également été révélée le 12 aout sous la forme d’un single et avec le mini MV « Dandelion & Roses ». Elle occupe la première partie du clip dans une ambiance chaleureuse et fleur bleue : tournage de jour en plein soleil, entouré d’enfants, de musiciens, de couples et dansant au milieu du jardin avant le grand plongeon (transition vers le second tableau/morceau).
Les paroles sont une déclaration enflammée et romantique d’un coeur heureux (exact miroir de l’autre chanson florale de cet album).
Cette ballade douce et entrainante n’est pas sans rappeler par moments les ballades proposées par des ainés de Jaehyun (notamment Kyungsoo de EXO) tout en gardant tout de même une certaine singularité propre au membre de 127.
Completely
Dès la première seconde ou la voix de Jaehyun nue et simplement habillée par le son d’un piano retentit c’est une véritable claque. Il s’agit certainement du morceau le plus surprenant de cet album qui émeut tant par sa vulnérabilité que par sa beauté. Cette chanson d’amour en anglais dont la poésie des paroles fait honneur à celle de la mélodie est un vrai coup de coeur. La tonalité est plus haute que le reste des chansons de l’album mais fait ressortir un charme délicat dans la voix de Jaehyun que l’on a rarement eu l’occasion d’entendre. Laissez vous emporter par ce morceau comme sorti d’un rêve et profitez de la bulle de sérénité tout en élégance qu’il créée.
Easy
Dans ce morceau plus groovy et accrocheur Jaehyun traite encore de son sujet de prédilection qu’est l’amour. La voix sulfureuse du chanteur fait de nouveaux des merveilles sur ce morceau au refrain entêtant.
On retient que la chanson contient un petit passage plus rapide presque parlé assez addictif que l’on aurait aimé entendre pour quelques lignes de plus. Easy reste globalement un bon morceau à la vibe moody* qui saura trouver sa place dans nos playlists.
*Ici on pourrait traduire par caractériel ou boudeur mais le mot anglais semblait une nouvelle fois plus à propos
Can’t Get You
Un extrait de cette chanson a été révélé à l’occasion d’une collaboration avec Prada et le magazine ESQUIRE Korea. Très bien accueilli par les fans, le morceau le plus jazz du projet accompagné par une instrumental mis au premier plan (dont un solo de cuivre très apprécié !) et un choeur féminin finit de compléter la palette de registres à laquelle Jaehyun se sera essayé pour ce premier album.
La mélodie nous donne envie de danser et nous met de bonne humeur : elle a ce coté très ensoleillé et good vibes (ondes positives) qui nous la rend tout de suite sympathique. De plus, on y entend une nouvelle fois à quel point Jaehyun s’est amusé sur ce projet.
Sans parler de la mise en scène imaginé par/pour le magasine, la cinématique choisie pour ce morceau s’apparente comme pour « Completely » à un avant gout de performance vidéo avec le chanteur seul au milieu des musiciens qui nous offre une prestation d’un extrait du titre.
Cette chanson a tout pour plaire aux fans de Jaehyun tout comme aux auditeurs curieux de tous âges !
Smoke (English Version)
Il y a peu de différences entre la version anglaise et coréenne du morceau, ce qui permettra de faire une observation supplémentaire sur l’album en général : comme vous aurez pu le constater, l’ensemble de l’album ou presque est en anglais.
Pour ce qui est des morceaux qui contiennent du coréen comme c’est le cas pour « Smoke », leur majeure partie reste anglophone. Cela peut s’expliquer par l’identité des producteurs, compositeurs et paroliers qui ont collaboré avec Jaehyun sur l’album : Babyface, Antonio Dixon, viv, J.que Smith pour ne citer qu’eux sont des professionnels reconnus ayant travaillé avec des artistes tels que Usher, Britney Spears, Justin Bieber, Ariana Grande ou encore Alicia Keys et Jaehyun a surement voulu garder leur travail le plus intact possible.
Il s’est d’ailleurs exprimé sur l’honneur qu’il ressentait de pouvoir collaborer avec de tels artistes lors de ses interviews avec The Hollywood Reportet Billboard.
On peut également trouver une explication à ce choix dans ses interviews pour Newsen sur Naver et pourUSA Today dans lesquelles il explique qu’il voulait faire un album hors des tendances, le genre de classique que l’on pourrait écouter de tout temps, tout comme la musique qu’il apprécie lui-même écouter. On peut donc supposer que pour toucher un large public et lui donner la possibilité de découvrir son univers il a fait le choix de la langue universelle.
Quoi qu’il en soit les paroles sont soignées et ont du sens (ce qui n’est pas toujours le cas quand un artiste Kpop propose une version anglaise d’un de ses morceaux) ce qui termine de prouver l’attention portée aux détails par Jaehyun sur cet album.
Conclusion : J – The 1rst Album, une composition florale savamment exécutée
S’il fallait résumer cet album en une phrase, on dirait qu’il reprend tout ce à quoi l’on pouvait attendre de bon de la part de Jaehyun.
C’est toujours appréciable de voir un artiste avec un univers artistique déjà si aiguisé alors même qu’il s’agit de son premier projet. Sortir du carcan de son groupe n’est pas chose aisée, surtout après autant de temps d’existence en tant que « membre de 127 ». C’est aussi ce qui explique l’attente pour ce album mais Jaehyun avait déjà commencer à démontrer qu’il avait bien l’intention de laisser parler sa patte artistique propre notamment avec son travail derrière la scénographie du morceau inédit Lost à l’occasion d’une tournée de 127 ou avec ses morceaux cités en introduction.
Il a participé à chaque étape de la création de son album (direction artistique, composition, écriture) et s’est investi corps et âme dans le projet : sous la vidéo MV « Dandelion & Roses » on retrouve ses commentaires avec un horodatage pour mieux comprendre son regard sur le MV, il a également sorti un documentaire sur la création de l’album et a répondu avec enthousiasme à de nombreuse interviews sur ce projet ainsi qu’une apparition au très populaire «Lee Mujin Service ». Le soin apporté à son album transparait également dans le choix des différents design des versions physiques (boite d’allumettes ou portefeuille)
En bref, il y a infusé tout son personnage créatif et J – The 1rst Album est une bonne vitrine de ce dont Jaehyun est capable. Il y démontre qu’après plus de huit ans de carrière il sait qui il est, ce qu’il veut proposer, ce qu’il sait faire et ce qui lui va bien.
Bien que l’on regrette que l’album soit un peu court et que certains morceaux s’arrêtent un peu trop brusquement, l’album reste une très bonne mise en bouche de la palette du chanteur et on espère qu’il aura l’occasion de nous en montrer plus et d’aller au dessus des attentes. Du rnb, du jazz, des déclarations éperdues, de l’humour, de l’élégance et un charme délicat et touchant, voici de quoi est composé le bouquet J – The 1rst Album. Nul doute que cet album séduira le plus grand nombre et annonce le début d’une carrière solo florissante pour Jung Jaehyun !
Ndlt : Bien que Jaehyun ai effectivement été sur tous les fronts les deux premiers jours qui ont suivi la sortie de son album, les révélations sur Taeil le 28 aout ont donné un coup de frein aux promotions du chanteur. Il a par la suite continué tant bien que mal la promotion de l’album qui a rencontré un franc succès auprès du public. Par ailleurs, il a également annoncé son service militaire qui devrait commencer le 4 novembre prochain et nous espérons sincèrement retrouver sa musique à son retour. D’ici la nous prendrons notre mal en patience en profitant de la qualité de ce premier projet.
Cette année, le Festival du Film Coréen à Paris (ffcp) promet les montagnes russes pour sa 19ème édition. Entre rire et douceur, entre beauté poétique et horreur déstabilisante, chaque public y est le bienvenu. Pour nous, il s’agit de notre deuxième couverture du festival, puisque nous avons eu la chance d’assister à quelques séances en 2023.
Le FFCP se présente : “Fondée en 2006, notre équipe de bénévoles organise chaque année un festival consacré aux films coréens. Des longs et courts métrages pour tous les goûts sont diffusés au cours d’une semaine et agrémentés par les interventions de nos invités. Des mois durant, nos membres regardent, sélectionnent et traduisent les films qui apparaîtront au festival dans l’espoir de ravir son public.”
Infos pratiques
Dates : Du 29 octobre au 5 novembre 2024
Lieu : Publicis Cinémas, 129 avenue des Champs-Elysées, 75008 PARIS
A cette occasion, nous avons eu la chance de nous entretenir avec Julien Chardon, programmateur des sections StrangeCuts et ShortCuts, la sélection des courts métrages du festival.
Un rendez vous annuel avec le public
Le FFCP se déroule tous les ans à cette période de l’année, à savoir sur les deux semaines à cheval entre octobre et novembre, soit la période parfaite entre l’été et l’hiver. Il s’agit d’un rendez-vous annuel où les festivaliers fidèles sont toujours au rendez-vous mais où un nouveau public peut se greffer.
Si les premières éditions du festival avaient une cible plutôt “niche” et plutôt cinéphile, aujourd’hui c’est un large public familial mais aussi d’amateurs qu’il entend toucher. Que l’on soit un cinéphile né ou un curieux du cinéma sud-coréen, chacun peut trouver sa (ou ses) séance(s) et ressortir conquis.
Le public qui connaît retrouvera ce qu’il aime et le public non averti va être surpris.
Dans les coulisses de la programmation “ShortCuts”
Julien Chardon nous explique que la programmation des courts métrages ‘ShortCuts” a un but double : montrer le meilleur de la production coréenne de l’année passée, mais aussi montrer l’étendue de ce qui se fait dans le cinéma coréen émergent. L’idée pour le FFCP est de “brosser un portrait” du panel de films que les artistes ont à proposer.
Les courts métrages à l’affiche ont d’abord été sélectionnés via un concours curaté par l’équipe du FFCP. Il nous explique qu’ils reçoivent en moyenne 500 films au cours de l’année, dont plusieurs personnes font la revue avant de dégager une petite sélection des meilleurs films qui soit cohérente et assez large. Comme nous le dit Julien Chardon “le court métrage est le prisme de ce qui se passe à l’endroit où sont faits ces films”.
Les années passées il constate que les thèmes étaient le drame et deuil, tandis qu’aujourd’hui les réalisateurs sonnent l’alerte sur l’écologie et les conditions climatiques, mais aussi le harcèlement scolaire.
Une sélection importante pour les enfants
Julien Chardon nous dit qu’à l’origine, les séances spécifiquement pour des enfants n’arrivaient que ponctuellement dans le festival. Ils organisaient plutôt des projections uniques avec des classes. Toutefois, depuis quelques années naissent de plus en plus de films d’animation à destination des enfants, et il semblait “difficile de leur donner la place qu’ils méritent dans la sélection Short Cuts”. Ils ont depuis peu eu l’envie d’ouvrir une séquence spécifique pour les enfants.
Se met en place une véritable médiation culturelle avec les classes de la Ville de Paris. L’idée est de créer un moment privilégié de “la première séance de cinéma” pour des enfants qui ne vont pas souvent au cinéma, pour les adolescents, les familles. Cette sélection se veut donc accessible et familiale.
Une volonté de mettre en lumière l’animation
Alors que le 7ème art coréen connaît un certain essor et une popularité auprès du grand public pour ses parti pris artistiques, qu’ils soient scénaristiques ou photographiques, il semble pourtant connaître des disparités dans l’imaginaire collectif. En effet, le film d’animation coréen, lui, regorge encore de pépites non dévoilées que le FFCP compte bien mettre en lumière.
Julien Chardon nous raconte qu’à ses débuts avec le festival il y a une dizaine d’années, les films d’animation étaient absents de la programmation. Sous son impulsion, une section spéciale pour ce format a été lancée, accompagnée de la création du prix de l’animation.
A quoi s’attendre ?
Une programmation “du rire le plus machiavélique à la douceur la plus mélancolique”
Cette année le festival promet “du spectacle”, il promet de “chahuter l’attendu“. On peut s’attendre “un festival hors cadre, inattendu avec un film d’ouverture et de clôture qui vont changer notre perception” La programmation “PAYSAGE” reflète ce qui s’est fait de mieux cette année, avec notamment le réalisateur Oh Jungmin qui a déjà marqué les esprits avec son court-métrage Coming of Age, ayant remporté le prix FlyAsiana de la sélection Short Cuts du 13ème festival. La séance Strange Cuts qui met à l’honneur le bizarre et l’horreur est programmée en grande salle pour Halloween, avec une accentuation sur la convivialité et côté familial.
LE POINT EN PLUS : Cette année, la parité homme-femme est respectée sur l’ensemble des séquences. Il s’avère que sur les sélections court métrage plus de 80% des réalisatrices sont des femmes, contre 100% sur la sélection kids. En effet, c’est un pur hasard qu’il n’y ai pas d’hommes sur cette séquence dans la mesure où lors du premier élagage de films, les sélectionneurs ne regardent pas le genre pour se concentrer seulement sur l’œuvre. Julien Chardon nous explique que cette représentation féminine est révélatrice de l’activité accrue des femmes réalisatrices en Corée du Sud cette année.
LES FILMS DÉJÀ RÉVÉLÉS :
Les températures se dérèglent entre la clôture et l’ouverture
Alors que la programmation 2024 reste encore une surprise pour les festivaliers, le FFCP a d’ores et déjà annoncé les films d’ouverture et de clôture.Pour lancer les festivités, c’est le premier film de NAM Dong-hyub Handsome Guys qui sera projeté. Présenté comme une hilarante comédie horrifique, le film a su conquérir le public sud-coréen avant d’être sélectionné par l’équipe du festival pour sa première projection parisienne.
Avec LEE Sung-min, LEE Hee-joon, GONG Seung-yeon…
Avec LEE Sung-min, LEE Hee-joon, GONG Seung-yeon…
Première parisienne / 2024 / Comédie horrifique
Synopsis : Jae-pil et Sang-gu ont une dégaine qui fait peur, mais ils viennent d’accomplir leur rêve : ils ont acheté une maison au fond des bois. Eux qui pensaient y vivre paisiblement vont cependant vite déchanter. Non seulement une bande de jeunes prend les deux frangins pour des tueurs, mais une force maléfique vient de s’éveiller dans la baraque de leurs rêves. Sauve qui peut !
Dans une toute autre ambiance, le film de clôture de ce 19ème FFCP est une production franco-coréenne par Koya Kamura nommé Hiver à Sokcho. Avec Bella KIM, Roschdy ZEM ou encore PARK Mi-hyeon au casting, ce film est beaucoup plus doux et poétique qu’il n’y paraît, alors que différentes cultures se rencontrent dans un décor hivernal très inspirant.
Avec Bella KIM, Roschdy ZEM, PARK Mi-hyeon… Première française / 2024 / Drame
Synopsis : Soo-ha, 23 ans, mène une vie paisible dans la petite ville côtière de Sokcho, entre son petit ami qui rêve de Séoul et sa mère marchande de poissons. L’arrivée d’un Français, Yan Kerrand, dans la pension de famille où elle travaille, va réveiller en Soo-ha des questions sur sa propre identité, et sur son père français dont elle ne sait rien.
Une avant première exclusive
C’est le film EXHUMA que le FFCP nous offre en avant-première française. Après un véritable succès auprès du public sud-coréen (près de 12 millions d’entrées) pour cette année 2024, c’est désormais à Paris qu’il sera projeté. Ce thriller horrifique a un casting populaire :
Parmi eux CHOI Min-sik (Old Boy), KIM Go-eun (Goblin, Little Women), YOO Hae-jin (émission TV « Three meals a day » et LEE Do-hyun (Sweet Home, The Glory, The Good Bad Mother). Le réalisateur JANG Jae-hyun, avait d’ailleurs remporté le prix FlyAsiana du Meilleur court-métrage au FFCP en 2014, avec 12th ASSISTANT DEACON.
EXHUMA de JANG Jae-hyun Avec CHOI Min-sik, KIM Go-eun, YOO Hae-jin… 2024 / Thriller, horreur
Synopsis : Deux jeunes chamans ont été engagés par une riche famille qui craint qu’un danger plane sur leur nouveau-né. Une sombre malédiction semble peser sur la famille. Les chamans font appel à un géomancien et un croque-mort afin de retrouver la tombe de l’ancêtre à l’origine de ce mal…
Trois films « Événement »
Chaque année, la section « Événements » du FFCP propose au public de découvrir les films les plus récents du cinéma sud-coréen. Au programme, 3 oeuvres populaires au box-office sud-coréen.
ESCAPE de LEE Jong-pil
ESCAPE de LEE Jong-pil Avec LEE Je-hoon, KOO Kyo-hwan, HONG Xa-bin… Première française / 2024 / Action
Synopsis : Kyu-nam, un soldat nord-coréen posté près de la frontière avec le Sud, prépare sa défection en secret depuis longtemps. Mais l’arrestation d’un de ses camarades met tout à coup son plan en péril. Érigé en héros par un haut gradé qu’il connaît bien, toute l’attention se porte désormais sur lui. Mais pour Kyu-nam, hors de question d’abandonner. Rien ne l’arrêtera.
VETERAN 2 de RYOO Seung-wan
VETERAN 2 de RYOO Seung-wan Avec HWANG Jung-min, JUNG Hae-in, OH Dal-su… Avant-première / 2024 / Policier, Action
Synopsis : Do-cheol dirige une équipe d’inspecteurs au sein de la criminelle. Ils traquent les hors-la-loi jour et nuit. Lorsque le meurtre d’un professeur laisse à penser qu’un tueur en série élimine des hommes que la justice n’a pas punis, l’affaire fait grand bruit. La foule se passionne pour ce criminel qui agit comme un justicier. Pour Do-cheol, la traque commence.
LAND OF HAPPINESS de CHOO Chang-min
LAND OF HAPPINESS de CHOO Chang-min Avec CHO Jung-seok, LEE Sun-kyun, YOO Jae-myung… Première française / 2024 / Drame historique
Synopsis : A l’automne 1979, le président sud-coréen est tué par des hommes de ses propres services secrets. Alors qu’un procès retentissant se prépare, un avocat loin des turbulences politiques, In-hoo, se voit confier la défense de Park Tae-ju, l’un des hommes accusés d’avoir participé à l’assassinat. Une mission des plus délicates et dangereuses…
Une section « PAYSAGE » des plus qualitatives
Un dizaine de films seront présentés lors de la section « PAYSAGE », découvrez le programme complet sur le site du festival.
Merci à Julien Chardon pour sa disponibilité et au Festival du Film Coréen !
Kim Jiyoung, née en 1982, de l’autrice coréenne Cho Nam-joo,est sorti en 2016 et a grandement participé à la diffusion des idées féministes en Corée du Sud. Nous revenons pour vous sur ce phénomène, toujours d’actualité en 2024.
Résumé : Kim Jiyoung est une femme ordinaire, affublée d’un prénom commun – le plus donné en Corée du Sud en 1982, l’année de sa naissance. Elle vit à Séoul avec son mari et leur petite fille. Elle a un travail qu’elle aime mais qu’il lui faut quitter pour élever son enfant. Et puis, un jour, elle commence à parler avec la voix d’autres femmes. Que peut-il bien lui être arrivé ?
Crédité par les uns, accusé par les autres d’avoir provoqué une vague de féminisme en Corée du Sud,Kim Jiyoung, née en 1982 est l’histoire banale d’une sud-coréenne moderne. Le roman la suit au fil des 167 pages de sa naissance à sa vie de mère, nous parlant tour à tour de sa place dans sa fratrie, de son entrée à l’école, de son premier petit ami, de son rapport au travail ou encore de sa découverte de la maternité.
L’autrice Cho Namjoo adopte des mots simples et un ton descriptif, factuel, pour nous décrire les joies mais surtout les peines de son héroïne aux prises avec une société qui la ramène sans cesse à son statut de femme. Il est bien difficile de ne pas comprendre rapidement que ce qui est au cœur du roman, c’est bien ça : le continuum de violences, de sacrifices et de désillusions vécus par Kim Jiyoung et, à travers elle, par toutes les femmes sud-coréennes.
“Kim Jiyoung se sentit comme prise dans les dédales d’un labyrinthe. Elle avait cherché une voie avec sérieux et sagesse, or il s’avérait que cette voie n’existait pas, n’avait jamais existé.”
Son petit frère que l’on sert systématiquement en premier à table, les règles vestimentaires absurdes imposées aux filles à l’école primaire, son premier petit ami doux et gentil qui lui fait tout de même des remarques du type “Fais un peu de sport”, la difficulté de trouver un emploi dans une société qui survalorise les hommes, le déchirement de devoir quitter un travail qu’elle aime lorsqu’elle devient mère… Mille petits exemples qui sont distillés dans ce roman pour nous faire expérimenter, si on ne la vit pas déjà au quotidien, une condition féminine qui se révèle parfois cruelle.
La violence des impensés sexistes
Le récit parvient à montrer avec justesse que les inégalités hommes-femmes sont le fruit d’une société profondément patriarcale, dans laquelle les injonctions sexistes sont souvent des impensés. La plupart des hommes qui entourent Jiyoung ne se pensent pas misogynes, et on sent que certains, comme son mari Daehyeon, croient réellement faire de leur mieux. Et pourtant, les violences réelles et symboliques vécues par la jeune femme ne cessent jamais.
Un exemple : alors que Jiyoung est enceinte, elle et son mari doivent décider comment ils s’organiseront à la naissance du bébé, eux qui travaillent tous les deux beaucoup. Quand ils en concluent que c’est Jiyoung qui quittera son travail pour s’occuper de leur enfant, Daehyeon, plein de bonne volonté, lui affirme qu’il l’aidera. Et la jeune femme explose.
“Tu ne peux pas arrêter cinq minutes avec cette histoire que tu m’aideras ? Que tu m’aideras pour le ménage, que tu m’aideras pour le bébé […] ? Cette maison-là qu’il faut nettoyer, n’est-ce pas aussi la tienne ? Le bébé, n’est-ce pas aussi le tien ? […] C’est quoi cette manie de parler tout le temps de ça, comme si tu me rendais d’inestimables services tout le temps ?”
C’est aussi cette histoire, rapportée par une amie de Jiyoung : celle d’une étudiante brillante de leur université qui peine à trouver du travail et qui s’entend dire “Pour l’entreprise, un femme trop intelligente est un problème.”
Ou encore ce passage du livre qui évoque la découverte d’une caméra dans les toilettes de l’ancienne entreprise de Jiyoung, prenant des photos intimes des femmes à leur insu. En évoquant les collègues masculins qui ont découvert les clichés et qui, au lieu d’alerter les autorités, les ont fait circuler autour d’eux, on lit cette phrase qui résume bien tout le problème : “Ils ne savent même pas que c’est un crime, ils n’ont même pas ce concept”.
Pris indépendamment, tous les événements rapportés par ce livre peuvent sembler anodins. Mais leur accumulation tout au long de la vie de Kim Jiyoung montre bien le poids de cette violence accumulée, qui la brise d’années en années. L’autrice Cho Namjoon, qui a écrit cette histoire en deux mois et a expliqué que la vie de Kim Jiyoung n’était “pas si différente de celle qu’elle avait mené”, montre ici avec brio la banalité mais aussi la cruauté du sexisme ordinaire.
Un roman au coeur de la polémique
Succès d’édition vendu à plus d’un million d’exemplaires et traduit dans 18 langues, Kim Jiyoung, née en 1982 est un ouvrage qui a fait couler beaucoup d’encre dans son pays d’origine. Publié en 2016, l’année où le mouvement #MeToo démarre en Corée, le roman devient rapidement un objet de débat public.
Alors que de nombreuses femmes sud-coréennes disent s’être reconnues dans ce récit, le livre fait aussi l’objet de critiques nombreuses et virulentes, certains l’accusant d’être subjectif et d’encourager à la haine des hommes. Les personnalités publiques qui déclarent l’avoir lu, comme la chanteuse Irene de Red Velvet ou l’actrice Suzy, voient leurs réseaux sociaux inondés d’insultes.
Et quand le roman est adapté au cinéma en 2019, l’actrice principale Jeong Yumi, qui joue le rôle de Kim Jiyoung, reçoit en l’espace d’une journée des milliers de commentaires haineux sur son compte Instagram. Une pétition est même créée pour demander au président d’interdire la sortie du film.
Ces débats et leur violence sont symptomatiques d’un pays encore aux prises avec les inégalités hommes-femmes. La Corée du Sud est en effet le pays de l’OCDE dans lequel l’écart de salaire est le plus grand (31% en 2021). Une étude révélait également que 79% des hommes coréens ayant entre 20 et 29 ans considèrent les discriminations à l’égard des hommes comme un problème sérieux. Sans parler du fait que les femmes représentent en Corée du Sud 89% des victimes de crimes violents (contre 50% aux Etats-Unis, par exemple).
Encore récemment, des groupes féministes sud-coréens révélaient un nouveau scandale sexuel dont nous vous parlions dans cet article : des milliers d’hommes coréens partagent sur des groupes Telegram des photos intimes de femmes de leur entourage prises à leur insu.
Tous ces problèmes sont évoqués dans Kim Jiyoung, née en 1982, et c’est bien ce qui fait la force du livre : impossible désormais pour le lecteur d’ignorer les centaines de façons dont les femmes sont victimes du système patriarcal. En choisissant d’écrire sur une héroïne ordinaire que possible, Cho Namjoo montre le sexisme que subissent, d’une façon ou d’une autre, toutes les femmes.
Car ne nous méprenons pas : si ce récit est profondément ancré dans la société coréenne, c’est pourtant bien l’histoire d’un patriarcat planétaire qu’il raconte. Partout dans le monde, les femmes sont ramenées à leur fonction de procréatrices, harcelées dans la rue, rabaissées au travail ou victimes des violences les plus abjectes. Partout dans le monde, il y a des Kim Jiyoung. Et c’est bien pour cela que ce récit est à mettre d’urgence entre toutes les mains, en particulier celles des hommes.