Catégorie : Reviews

Musique, cinéma, littérature… on vous partage nos ressentis dans nos reviews grâce à un décryptage en profondeur de chaque oeuvre sud-coréenne.

  • JUKEBOX : LE SSERAFIM X OVERWATCH, une collaboration réussie

    Les collaborations entre les artistes K-pop et les jeux vidéo ont commencé il y a quelques années déjà. La plus mémorable reste sans doute à ce jour celle entre Miyeon et Soyeon, membres de (G)I-dle, et League of Legends. Accompagnées de Madison Beer et Jaira burns, elles forment ensemble le groupe virtuel K/DA (d’autres artistes ont depuis rejoins la lineup). Lancé pour les Worlds (championnats du monde) de 2018, le groupe virtuel a su trouver son audience puisque les 3 clips sortis à ce jour cumulent à eux seuls plus d’un milliard de vues. Même si K/DA n’as pas sorti de nouveau morceaux depuis quelques années, les chansons existantes sont toujours très écoutées et appréciées par les fans. Lors de sa venue à Paris, (G)I-dle a d’ailleurs performé « POP/STARS » et « The Baddest« , ce qui a ravi le public.

    Plus récemment, ce sont les très populaires New Jeans qui ont été choisies pour interpréter l’hymne des Worlds 2023, et League of Legends a sorti son premier boys group, avec notamment Ezreal, interprété par Baekhyun de EXO. Les 2 groupes performeront à la finale des Worlds 2023. On peut aussi citer la collaboration entre PUBG Mobile et Blackpink en 2022 avec « Ready for Love » et son clip entièrement en animation, ou encore Pokémon, qui a collaboré avec Itzy pour la promotion du jeu “Légendes Pokemon: Arceus”, puis avec Enhypen avec la chanson “One and Only”.

    Mais c’est la première fois que Blizzard, l’entreprise qui développe Overwatch, fait appel à un groupe de K-pop. L’univers du jeu se prête à merveille à une telle collaboration puisque le lore y est très développé, et que les personnages, appelés héros, ont tous une histoire très approfondie.

    La collaboration a commencé à être teasée sur le compte Instagram de LE SSERAFIM. Le 15 octobre le nom du single “Perfect Night” a été révélé, accompagné de photos concepts pour ce comeback. Au premier abord, rien de spécial, si ce n’est l’esthétisme du photoshoot qui semble être le mélange entre l’univers futuriste de Aespa et celui de l’album Future Nostalgia de Dua Lipa. Les fans du FPS (jeu de tir à la première personne) auront cependant tout de suite remarqué les petits détails tirés du jeu, tels que le cœur reprenant le logo du personnage Sombra, ainsi que le casque du personnage D.Va.

    Le morceau “Perfect Night” est sorti le 27 octobre accompagné de son clip qui cumule déjà plus de 16 millions de vues. Le style musical est assez différent de ce que LE SSERAFIM a pu précédemment chanter. La chanson est plutôt calme, que ce soit lors des refrains et des couplets. L’instrumentale du morceau est simple, il n’y a pas d’effets futuristes, seulement les voix des cinq chanteuses accompagnées d’une guitare et de percussions. La structure du morceau n’as rien de spécial, et les refrains ne se démarquent pas des couplets.

    “Perfect Night” est à la première écoute, peu mémorable, mais pourtant à force de l’entendre, elle rentre facilement en tête et est tout de même très agréable à écouter. C’est le genre de chanson qui peut se jouer en boucle dans nos oreilles sans qu’on s’en lasse.

    La chorégraphie est beaucoup plus dynamique que la musique. Les pas sont plutôt simples, il n’y a aucun passage vraiment marquant. Les idols la performent tout de même à la perfection.

    Concernant les paroles, elles racontent simplement une soirée à danser entre filles, et surtout à quel point elles n’ont besoin de rien de plus dans ces moments-là. Elles le chantent dans le refrain : 

    “I got all I need”

    You know nothing else can beat 

    The way that i feel when i’m dancing with my girls”

    Les paroles sont intégralement en anglais, il s’agit donc de la première chanson de LE SSERAFIM sortie seulement dans la langue de Shakespeare. On peut se douter que le but est de toucher les fans du jeu Overwatch plutôt que les fans de K-pop.

    Le clip met en image ce que racontent les paroles. Il est composé d’un mélange de plans des membres de LE SSERAFIM, et de plans de cinq héroïnes d’Overwatch: Tracer, D.Va, Brigitte, Sombra et Kiriko. Dans les deux cas, elles commencent par se préparer et se mettent en route pour le concert de LE SSERAFIM, pour certaines en tant qu’artistes et pour les autres en tant que spectatrices.

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    Concernant les héroïnes d’Overwatch, le voyage est semé de péripéties. Elles vont utiliser leurs pouvoirs respectifs pour surmonter différentes péripéties. C’est Sombra qui ouvre le bal en piratant un feu rouge pour qu’il passe au vert. Ensuite, Kiriko utilise son pouvoir ultime pour faire accélérer leur véhicule. D.Va prend le relais en appelant son méca qui va les transporter dans les airs jusqu’à leur destination. Elles arrivent enfin à la salle de concert lorsqu’elles réalisent qu’elles n’ont pas pris les bon tickets. Tracer entre alors en scène, et remonte le temps pour récupérer les places de concert. Il n’y a que les talents en armure de Brigitte qui ne sont pas montrés dans le clip.

    La collaboration ne s’arrête évidemment pas là. Dans un trailer sorti le 30 octobre, Blizzard annonce qu’à partir du 1er novembre, un nouveau mode de jeu appelé “Concert Clash” sera disponible pour une durée limitée. Il s’agira d’un mode capture de drapeau en 3 contre 3, et le drapeau sera le lightstick de LE SSERAFIM. Les tenues que portent les héroïnes dans le clip seront disponibles à l’achat en tant que skin jouable, et il y aura également des emotes.

    La promotion de cette collaboration ne se fera pas seulement dans le jeu, les membres de LE SSERAFIM ont elles aussi un planning bien chargé. Elles sont d’abord passées sur les émissions coréennes habituelles telles que Music Bank, Inkigayo mais aussi sur Youtube dans “Be original” de Studio Choom et “Relay Dance” de M2.

     Les chanteuses ont ensuite traversé la planète pour continuer leurs activités aux Etats-Unis. C’est la première fois qu’elles s’y rendent en tant qu’idols. Elles sont apparues sur les émissions “TODAY Show” de NBC et “Fresh out live” de MTV.

    Chaewon était absente pour la plupart de ces apparitions pour se remettre de problèmes de santé. Elle doit reprendre ses activités aujourd’hui, le 1er novembre.

    On espère qu’elle sera présente pour la venue exceptionnelle du groupe à la Blizzcon 2023,  convention organisée par Blizzard chaque année à Anaheim en Californie. Le but du salon est de présenter les nouveautés à venir des licences de Blizzard et d’accueillir les phases finales des championnats des différents jeux. Les personnes présentes sur place pourront assister à des animations et tester les jeux. C’est la première fois depuis 2019 qu’elle a lieu en présentiel. LE SSERAFIM vont performer le concert de clôture de l’évènement, le 4 novembre à 18h15 heure locale.

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    Les moyens déployés pour cette collaboration sont impressionnants. Les univers du groupe et du jeu sont bien mélangés et les évènements proposés sauront ravir tous les fans. Choisir LE SSERAFIM pour faire la promotion du jeu est une décision stratégique de la part de Blizzard. Le groupe est encore jeune mais pourtant très populaire, et leur univers est facile à intégrer à celui d’Overwatch. C’est un bon moyen pour Blizzard de rebooster le jeu, car le nombre de joueurs baisse d’année en année malgré la sortie d’Overwatch 2 qui n’as pas suffit apporter le regain d’activité voulu. De plus, Overwatch était très populaire en Corée du Sud.

    Sakura est connue pour être une grande fan de jeux vidéo, et possède même une chaîne Youtube où elle publie des vidéos d’elle en train de jouer. Dans le clip de “Antifragile” elle a d’ailleurs une scène dans un monde virtuel.

    Pour LE SSERAFIM c’est l’occasion de montrer une nouvelle facette musicale, avec une chanson plus calme que d’habitude. C’est une collaboration K-pop et jeu vidéo très réussie que ce soit pour Overwatch, pour LE SSERAFIM et pour les fans.

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  • CINECLUB : Coup de projecteur sur le Festival du Film Coréen à Paris

    CINECLUB : Coup de projecteur sur le Festival du Film Coréen à Paris

    Le Festival du Film Coréen à Paris revient ce mardi ! En amont de cette formidable célébration de ce que le Pays du matin calme fait de meilleur en matière de cinéma, nous avons échangé avec le chef de la programmation David Tredler pour en savoir plus sur cet évènement. 

    Le Festival du Film Coréen à Paris, c’est 17 ans d’histoire, des centaines de films proposés au public français, et des milliers de spectateurs chaque année. Créé en 2006, il est aujourd’hui un rendez-vous incontournable pour les cinéphiles et amoureux de la Corée parisiens.  

    Cette année, le festival se tiendra du mardi 31 octobre au mardi 7 novembre et proposera au public parisien de découvrir une vingtaine de longs-métrages et plus de 30 courts-métrages dans les salles du Publicis Cinémas des Champs-Elysées. Une occasion en or de découvrir le meilleur du cinéma coréen ! 

    “Un méli-mélo du meilleur de la production coréenne”

    Le festival a pour ambition de proposer chaque année un échantillon sélectionné avec soin de la production cinématographique coréenne de l’année écoulée. En mélangeant les genres, les thématiques et les couleurs, il s’agit pour David Tredler de faire découvrir au public français “un méli-mélo du meilleur de la production de l’année”

    Pour cela, les trois programmateurs du festival, tous bénévoles, visionnent à partir de février et jusqu’au cœur de l’été le maximum de films, avant d’en discuter, décidant au cours de débats parfois intenses quelles œuvres seront finalement présentées au public français. 

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    David Tredler nous explique que pour la section “Paysage”, qui regroupe une douzaine de longs-métrages sortis au cours de l’année précédente, lui et ses deux collègues parviennent en général à trouver rapidement un consensus sur 7 ou 8 films qui seront diffusés. C’est sur les 3 ou 4 films restants que le débat se noue. 

    Dans ce cas de figure, il s’agira toujours de privilégier un film “ardemment défendu” par un membre de l’équipe, plutôt qu’un film faisant davantage l’unanimité mais suscitant moins de réel enthousiasme. Pour David Tredler, “l’idée est de se dire que si l’un d’entre nous se passionne pour un film, ça veut dire qu’il y a quelqu’un dans le public quand on passera le film qui va se passionner aussi.”

    Un nouveau type de public

    Car l’équipe du festival ne perd jamais de vue ceux à qui le festival est destiné : son public. Toujours plus nombreux année après année grâce à la renommée grandissante du festival, devenu l’un des plus grands festivals dédiés au cinéma coréen en Europe, ce public s’est aussi diversifié au fil du temps, du fait de l’impact de la hallyu.

    David Tredler revient sur les origines du festival, d’abord une initiative de niche, avec des premières éditions accueillies par “de petites salles d’art et d’essai du Quartier Latin” d’une centaine de places, et un public “très cinéphile”, spécifiquement curieux du cinéma coréen. 

    Depuis, le festival a beaucoup évolué, déménageant dans les salles plus spacieuses du Publicis Cinémas des Champs-Elysées en 2013 et accueillant un nouveau type de public, aidé par “tout un pan de la culture coréenne arrivé de plus en plus massivement jusqu’en France”. Aujourd’hui, David Tredler explique que toute une partie du public du festival n’est pas “spécialement cinéphile” mais davantage attiré “par la Corée et le rayonnement culturel coréen, que ce soit la musique, la cuisine, la société…”.

    “Un rendez-vous humain autant qu’un rendez-vous culturel et cinéphile”

    Quelle que soit ses raisons de s’intéresser au festival en premier lieu, que ce soit par amour du cinéma ou curiosité vis-à-vis de la culture coréenne, le public qui se rend au festival en ressort souvent conquis. Fort d’un public fidèle, le festival a pu prospérer, même durant la difficile période du Covid. 

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    Cette fidélité, David Tredler l’explique par le caractère “familial” du festival : “malgré l’évolution et malgré l’ampleur que ça a pu prendre, on reste un festival entre guillemets familial. On est des bénévoles, des passionnés, on a toute une partie du public qui nous suit depuis longtemps…”

    Ce lien tissé avec le public s’explique aussi par la disponibilité de son équipe de programmation, présente au festival tous les jours du matin au soir, autant pour présenter les films que pour en discuter avec le public à la sortie des séances. Pour David Tredler, si le public est attaché au festival, c’est finalement parce qu’il s’agit d’un rendez-vous “humain, autant que culturel et cinéphile”.

    Ce qui vous attend cette année

    Cette année, le festival promet de ravir encore une fois le public parisien, entre des longs-métrages pour tous les goûts, des avant-premières exceptionnelles ou des rencontres inédites avec des réalisateurs et des acteurs coréens, venus spécialement pour le festival. 

    On assistera par exemple à la projection en avant-première internationale (et l’une des seules sur grand écran) de Believer 2, du réalisateur BAIK, qui sortira sur Netflix le 17 novembre. L’équipe du film d’action Smugglers, l’un des grands succès de l’été en Corée et film d’ouverture du festival, sera aussi présente pour rencontrer le public français…

    Sans parler de la diffusion pour la première fois en Europe de la comédie romantique Honeysweet, de l’avant-première du film catastrophe Concrete Utopia, avec notamment au casting Park Seojoon et Park Boyoung (et dont nous vous parlions déjà dans cet article), ou encore la présence de la réalisatrice Lim Ohjeong, à qui le festival consacre cette année sa section “Portrait”, qui met à l’honneur un ou une jeune réalisatrice coréenne.  

    Au total, c’est plus d’une cinquantaine de films allant de la comédie au drame social, en passant par l’animation et le film historique, que le Festival du Film Coréen à Paris vous invite à découvrir ! L’équipe de dear. korea sera présente pour célébrer avec vous le cinéma coréen, et nous avons hâte de vous faire partager nos coups de cœur du festival. 

    Infos pratiques
    Dates : Du 31 octobre au 7 novembre 2023
    Lieu : Publicis Cinémas, 129 avenue des Champs-Elysées, 75008 PARIS
    Prix : 8€ la place
    Infos et réservation : http://www.ffcp-cinema.com/

    Merci à David Tredler pour sa disponibilité et au Festival du Film Coréen !

  • JUKEBOX : Seventeen célèbrent leur amour de la musique dans Seventeenth Heaven !

    JUKEBOX : Seventeen célèbrent leur amour de la musique dans Seventeenth Heaven !

    Avec huit ans de carrière et un contrat re-signé par l’intégralité des treize membres il y a deux ans (fait assez rare pour qu’on puisse le noter et s’en réjouir), Seventeen célèbrent leur amour de la musique dans Seventeenth Heaven ! Ils remercient leurs fans avec ce nouvel opus, et montrent par la même occasion au public que leur dévotion pour leur art n’a en rien faibli.

    Avec 7 titres et 1 version instrumentale, ce mini-album est une fois de plus largement dominé par les compositions de Woozi, membre du groupe et leader de la vocal unit, et de BUMZU, parolier et compositeur historique du groupe. Si c’est à ce duo que l’on doit la quasi totalité de la discographie de Seventeen, on se réjouit de la participation de certains autres membres à l’élaboration des musiques et paroles de cet album, notamment Vernon, Mingyu, S-coups, Wonwoo et Hoshi. Alors, est-ce que ce nouvel essai, en forme de retour aux sources, nous a convaincu ? 

    B-SIDE : SOS (Prod. Marshmello)

    L’album démarre sur la chanson SOS, dans laquelle on reconnaît immédiatement la patte du célèbre DJ américain Marshmello. Ce morceau s’inscrit dans le prolongement de leur précédent album FML en reprenant les thématiques de désespoir et de renaissance qui étaient déjà au centre de cet opus.  Le refrain scande “Ceci n’est pas ce que tu veux, ce n’est pas le vrai bonheur”, mais la chanson se termine dans l’espoir avec un bridge plein de combativité qui nous rappelle que “nous irons bien, notre lendemain est un jour plus lumineux”. La production fonctionne très bien avec les voix des membres, notamment les raps de la hip-hop team. Entièrement en anglais, les paroles se font suppliantes et le refrain très mélodieux. La structure est très efficace et “SOSs’avère la chanson la plus accessible de l’album.

    TITLE TRACK : 음악의 신 (God of Music)

    Après ce morceau appelant à garder espoir face à l’adversité, place à la joie ! Au revoir l’egotrip de HOT et Super, Seventeen reviennent aux origines avec leur “God of Music”. Un seul objectif : faire danser ! Dans la digne lignée de leurs premiers succès comme “Adore U”, “Clap” et surtout l’iconique “Aju Nice”, les treize chanteurs signent un morceau entraînant et joyeux, qui entend célébrer leur amour pour la musique et son pouvoir universel. 

    Dans cette title track, les garçons chantent la formidable capacité de la musique à rassembler : “un langage universel, peu importe les alphabets différents tant qu’il y a la musique”, “on peut danser même si on ne connaît pas”… Ce thème imprègne la chanson du début à la fin. Et on ne peut que le trouver particulièrement pertinent, dans une ère où certains s’étonnent encore que la K-pop puisse avoir un tel succès dans le monde entier, en dépit de la barrière de la langue. 

    Si la thématique de la célébration est aussi bienvenue qu’intéressante, on regrette un peu la composition des mélodies, qui laisse à désirer.  Le refrain, un peu plat, ne parvient pas à tenir la promesse des couplets précédents, qui semblent annoncer quelque chose de plus entraînant. De même, le mix des instruments, entre les cuivres, la slap bass et les accords de guitares funky est trop compressé pour être apprécié. Si on retrouve dans ces choix de productions des éléments de chansons comme “_World” (la touche soul funk) et “Home;run” (le côté comédie musicale), “God of Music”, malgré une thématique ambitieuse et à-propos, manque de souffle épique et d’une mélodie mémorable. 

    Focus sur le clip

    Seventeen chantent leur succès et le lien qu’ils ont tissé avec leurs fans, les Carats, à travers les continents grâce à leur musique. Les choix de vêtements les transforment en citoyens du monde avec des inspirations sud-américaines et hippies. Avec naïveté et premier degré, caractéristiques de tout l’album d’ailleurs, les membres sont en mission pour apporter de la musique à la planète entière, littéralement. Dans la dernière scène du clip, cette célébration prend tout son sens dans une grande fête rassemblant des personnes de tous les horizons sur le Liberty Bridge de Budapest, formant un visuel inoubliable et qui apporte la touche épique dont manquait la chanson en elle-même. 

    B-SIDE : Diamond Days

    Cette chanson aurait aussi pu s’intituler “Shining Diamond part. 2”. Hommage direct à ce titre, le tout premier du groupe, ce titre electro-funk reprend les paroles de Shining Diamond et fait la part belle aux voix des membres. La chanson s’inscrit dans la cohérence du reste de l’album et célèbre la relation du groupe avec ses fans, avec des paroles rappelant que “mon coeur n’a pas changé, c’est pareil qu’au début, je me rappellerai de notre premier jour”. Musicalement parlant, le titre ose s’aventurer dans des terrains complètement synthétiques, assez novateurs pour le groupe, et forme un bel hommage aux Carats, la fanbase de Seventeen.

    PERFORMANCE UNIT : Back 2 back

    La première des unit songs (chansons d’une des trois unités de Seventeen) se place dans la continuité de “Diamond Days” avec sa vibe electro-funk et ses paroles destinées à remercier et célébrer les Carats. On y retrouve aussi la slap bass commune aux deux derniers titres. Le pré-refrain est intéressant car il montre les registres graves des voix des membres et se fait très rythmique. On ne doute pas de l’efficacité de ce titre pour proposer des performances intéressantes à Hoshi, Dino, The8 et Jun !

    HIPHOP UNIT : Monster

    “Monster” est la rupture de ton halloweenesque de l’album. Profitant de la date de sortie du mini album un 23 octobre, la hiphop unit de Seventeen, composée de Vernon, S-Coups, Wonwoo et Mingyu, nous embarque dans un train fantôme. Vernon se démarque par un rap en anglais très efficace, tandis que la partie de Wonwoo nous effraie avec des cris d’enfants tels des jumpscares. Cette chanson aurait vraiment pu être chantée par Stray Kids, car la production est très similaire, et sort le plus du lot dans Seventeenth Heaven. On y retrouve l’amour de la hiphop unit pour l’egotrip, déjà très présent dans leurs précédents morceaux, avec les paroles de Monster où les membres n’hésitent pas à déclarer “ma vie est comme celle d’une pop star, si tu n’y crois pas, viens à notre concert, tout le monde m’appelle monstre”.

    VOCAL UNIT : Yawn

    Cette balade, tant sur sa composition que sur ses paroles, est dans la droite lignée de ce qu’a l’habitude de nous proposer la vocal unit de Seventeen (Jeonghan, Seungkwan, DK, Woozi et Joshua). Le titre est particulièrement bien choisi, tant la chanson ne nous surprend pas et est excessivement calme. “Yawn”, ses pianos et ses instruments à cordes synthétiques auraient plus leur place sur une OST de drama que sur un album. C’est dommage, car la vocal line de Seventeen est particulièrement excellente et on regrette un peu de ne pas les voir davantage sortir des sentiers battus.

    B-SIDE : Headliner

    Cette dernière chanson clôt l’album par un hymne fédérateur. Cet hommage aux Carats place une fois de plus la célébration au cœur du texte, alors que le groupe bascule la relation fan-artiste en chantant aux Carats qu’ils sont “leur tête d’affiche”. Les voix de DK et Seungkwan se démarquent particulièrement dans cette chanson pop, autrement assez peu mémorable. “Headliner” nous offre heureusement un moment dans le bridge pour applaudir tous ensemble, et la version live promet d’être un moment plein d’émotions pour les fans si le groupe choisit de l’ajouter à la setlist de sa tournée !

    Hoshi, membre du groupe Seventeen, tenant une torche

    VERDICT :

    Cet album se veut clairement joyeux, premier degré et un hommage aux fans ainsi qu’à la musique en général. Cette thématique est tenue du début à la fin dans un album dont on ne peut qu’applaudir la cohérence, et cela fait plaisir de voir le groupe célébrer son art et sa carrière après tant d’années d’activité, preuve que les membres de Seventeen ont encore beaucoup de choses à faire ensemble et avec leurs fans. 

    Malheureusement, d’un point de vue purement musical, il est compliqué d’apprécier ces belles intentions au milieu de productions peu mémorables, de mélodies fades et de mix inégaux qui ne laissent pas assez de place aux instruments. Cela est particulièrement marquant dans l’instrumentale de “God of music”, titre bonus qui permet d’entendre clairement les différentes nappes d’éléments musicaux.

    La renommée de Seventeen et la qualité de leurs talents n’est plus à prouver. Si l’on comprend l’envie de retourner aux origines et de faire une pause un instant pour regarder le chemin parcouru et la force de la relation construite avec les Carats, on regrette un peu l’absence d’expérimentation. Peut-être que les prochains albums seraient l’occasion de prendre le temps d’explorer d’autres horizons, et pourquoi pas de s’entourer d’autres producteurs, ou d’utiliser plus d’instruments lives pour ajouter un côté organique aux chansons.

    Pour autant, l’intention marquée par Seventeenth Heaven est très touchante et ravira sans aucun doute les fans du monde entier. Les performances filmées et live permettront en plus d’apprécier pleinement ces 7 titres, dans une ambiance qui sera certainement pleine de joie, d’amour et de fête !

    Article co-écrit par Léa et Jeanne

  • JUKEBOX : Les débuts en force et en finesse de JINI

    JUKEBOX : Les débuts en force et en finesse de JINI

    C’était avec beaucoup d’anticipation et de curiosité que nous attendions les débuts de Jini depuis son départ de NMIXX. L’arrivée de An Iron Hand In A Velvet Glove qui marque sa séparation de la NMIXXpop après son départ de NMIXX en decembre 2022 est rafraîchissante, tout en finesse et très agréable à écouter.

    Il n’y a pas tellement de solistes dans la kpop, alors que la musique occidentale en est plutôt remplie. C’est donc toujours avec impatience que nous suivons leurs sorties, et cette année a été remplie d’avancées musicales mémorables. Que ce soit Eunbi, Jo Yuri, Sejeong, Wheein (dont on vous parlait juste ), les filles sont à l’honneur dans nos playlists et ont chacune des concepts différents. On se demandait donc ce qu’allait nous apporter Jini, après des teasers très mystérieux.

    Elle a sorti une première vidéo d’une trentaine de secondes nous indiquant de “stay tuned” (rester à l’écoute) il y a six mois, puis ce fut le silence. Un silence ponctué de TikTok, de posts sur Instagram, de sorties à des événements de mode, mais un silence tout de même. Finalement, une seconde vidéo nous indiquant encore de “stay tuned” sort le mois dernier : et c’est le début des vrais teasers.

    C’est dans cette ambiance et après un changement de nom de son agence que l’on apprend la nouvelle, qui fait l’effet d’une  bombe : l’artiste américain Aminé va être en featuring sur le titre phare de son album. Là, tout de suite, notre cœur s’emballe. 

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    Je suis le parcours de l’artiste depuis quelques années maintenant, et son style musical est un réel plaisir auditif en termes de hip-hop alternatif. On connaît bien sûr “Caroline” qui l’a fait exploser en 2016, devenant triple disque de platine aux Etats-Unis. Il a pu sortir cette année l’album KAYTRAMINÉ en duo avec le DJ Canado-Haïtien KAYTRANADA, et dans cet album, on retient surtout “4eva”, en featuring avec Pharell Williams.

    An Iron Hand In A Velvet Glove s’est vendu à 60 000 exemplaires en Corée du Sud, un très bon début pour Jini. Alors, quel est le secret ? Quelles chansons se démarquent ?

    “Here We Go Again”

    Cette chanson devient directement une de nos préférées, on se verrait bien faire notre hot girl walk le matin en l’écoutant. Assez décontractée, fun, avec un refrain mélodieux et entraînant tenu par une basse rythmée, cette introduction à l’album est réussie. “Even if I don’t know the end of this road / I want to walk a little higher / How about going back to the beginning, alright / It’s okay, alright” chante Jini, parlant certainement de ce nouveau départ. Elle évoque aussi “This story never ends / Second, my last chance” un mélange d’optimisme et de fatalité dans cette chanson, qui nous fait penser à son parcours. “Here We Go Again” illustre bien le titre de l’album, affichant une vulnérabilité avec pourtant une force insoupçonnée toujours présente.

    “C’mon”

    C’est un plaisir de pouvoir découvrir la voix de Jini dans son entièreté avec “C’mon” qui la met en avant en mélangeant douceur du début, avec les “la la la” qui nous restent en tête, et le refrain qui donne envie de la suivre là où elle veut. Le titre électro-pop est chanté en anglais mais aussi disponible en coréen sur l’EP. Ses sonorités nous rappellent un peu les chansons de NewJeans ou PinkPantheress.

    Jini est écolière dans ce MV et des personnages animés apparaissent autour d’elle alors qu’elle porte de nouvelles lentilles de contact.  Les visuels sont impeccables, on regrette juste que tout soit filmé en intérieur, et qu’on ne puisse pas voir Aminé dans le MV comme on avait pu voir Selena Gomez dans le titre “Ice Cream” de Blackpink.

    “Dancing With The Devil”

    Toujours dans des sonorités R’n’B, avec un titre intriguant et très fort qui aurait certainement mérité un MV, une basse qui mène la danse tout le long, on apprécie l’effet choral sur la fin qui rend le tout cinématique, puissant. Le layering de voix marche très bien et nous montre toute l’étendue de la force vocale de la chanteuse.

    “Bad Reputation”

    Co-écrite par Jini, la chanson est très courte (1 minute 54) et la fin n’en est que plus abrupte. On pense à “Roar” de Katy Perry en l’écoutant, mais en plus atténué, toujours mélodieux et entraînant. Si on devait trouver des points faibles, c’est qu’elle ne se démarque pas tellement des autres, les sonorités restent les mêmes – ce qui rend l’album très cohésif mais presque répétitif, manquant légèrement de personnalité. 

    La chanson bénéficie d’une vidéo pour l’accompagner et Jini a pu aussi en faire une performance à son showcase. La vidéo est très simple, tournée dans une seule pièce en one-take. Elle manque un peu de peps, ou de changement de costume, ou même de maquillage fun. On aurait voulu un peu plus que cette salle avec un canapé, mais la performance de danse de Jini fonctionne bien.

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    Alors, “C’mon” vous a entraîné et donné envie vous aussi de suivre les prochains pas de Jini ? 

  • JUKEBOX : Une nouvelle facette de CHUU se révèle dans Howl

    JUKEBOX : Une nouvelle facette de CHUU se révèle dans Howl

    Kim Ji-woo, plus connue sous son nom de scène CHUU, vient de faire son comeback (ou deuxième début) en solo avec le mini-album Howl, porté par la title track du même nom ainsi que la pre-release « Underwater ».

    Après son exclusion de LOONA par l’agence BlockBerry Creative et de longs mois de batailles légales avec cette dernière, CHUU a signé avec l’agence ATRP. Elle vient ainsi de commencer une nouvelle carrière en solo après s’être longuement préparée. 

    Howl était très attendu par les Orbits (fans de LOONA) et par les KKOTI (fans de CHUU), puisque chacun voulait retrouver la chanteuse bien connue pour sa voix stable et puissante. Après le retour de ODD EYE CIRCLE et le début de Loossemble, c’est donc au tour de CHUU d’assurer la longévité de LOONA.

    UNDERWATER

    C’est ainsi que CHUU a dévoilé le 10 octobre la pre-release « Underwater », une chanson douce mettant en valeur ses capacités vocales tout en montrant une facette plus calme de l’entertainer populaire pour son attitude positive et son sourire constant. 

    Le clip, tourné au Portugal, est très esthétique, se concentrant sur la beauté des plans plutôt que sur le lore de LOONA. CHUU est seule dans une chambre et sur une plage sous le soleil. Elle semble pourtant attirée par quelque chose : une présence étrangère. Quelqu’un l’observe de loin. 

    I keep asking where I am,

    I’m in the maze of my heart with no answer 

    « Je continue de demander où je suis,

    Je suis dans le labyrinthe de mon coeur sans réponse » 

    CHUU parle certainement de ses combats récents contre son ancienne agence. Pendant des années, la chanteuse a été maltraitée par BlockBerry Creative, et même si la libération de l’agence a été une expérience positive pour elle, avoir été virée injustement de LOONA, après que ses salaires lui ait été volés, a été un véritable passage à vide pour elle. 

    Heureusement, les Orbits l’ont toujours soutenue, et elle a trouvé un refuge chez ATRP, qui l’a laissée s’exprimer et la met en avant à travers des émissions de variété. 

    « Underwater », « sous l’eau » littéralement, signifie qu’elle s’est noyée dans ses tracas, qu’elle était maintenue la tête sous l’eau pour la faire taire, pour la contrôler. 

    Mais nager sous l’eau peut aussi être une libération, un symbole de liberté. L’océan est immense – on peut s’y perdre, mais on peut également s’y sentir libéré, loin du monde et soulagé d’un poids qui pèse sur nos épaules. 

    Elle change sa perception du fait d’être « underwater » afin de ne pas rester sur un traumatisme, se délivrant de ce fardeau. 

    As I set my foot on, there will be a road,

    My halted time passes 

    « Où je mets mes pieds, il y aura une route,

    Mon temps interrompu passe » 

    HOWL

    « Howl » a été dévoilée en même temps que le reste de l’album, le 18 octobre. La chanson commence dans une ambiance assez sombre, et les vocals de CHUU sont soutenus par des backing altérés dans un registre grave. Votre auteure trouve ainsi des ressemblances (très lointaines) avec Twenty One Pilots qui utilisent ces mêmes méthodes afin de donner de la profondeur aux couplets tant chantés que rappés. 

    Even if the world just ended like this

    Good, I don’t think I’d feel anything

    I put up the wall a little higher

    It’s okay, I’m safe here  

    « Même si c’était la fin du monde,

    Tant mieux, je ne pense pas que je ressentirais quelque chose,

    Je fais grandir les murs un peu plus,

    Ca va, je suis en sécurité ici »

    Cette dualité crée un ensemble assez triste, alors même que CHUU se trouve dans une pièce peu éclairée, semblant seule et presque apeurée. Elle est rejoint par un monstre qui sera une présence bénéfique pour l’artiste, alors même qu’elle en a initialement peur. 

    Le clip, également tourné au Portugal, montre ensuite la chanteuse dans des rues plus lumineuses et ensoleillées. L’ambiance musicale change également légèrement au moment du pré-refrain et du refrain, les vocals devenant plus clairs et plus aigus : le registre habituel de CHUU. 

    Les petits monstres et créatures se multiplient dans sa vie, devenant un véritable soutien pour elle. La ville s’éclaire de plus en plus avec leur présence, et la chanteuse retrouve son sourire, devenant plus légère, comme si un poids était retiré de ses épaules. Elle se retrouve alors sur la plage que l’on aperçoit également dans « Underwater », au soleil et dans le vent, le bruit ambiant étant les vagues et les mouettes. 

    Sometimes I’m afflicted by nightmares 

    Then I feel the touch of your hands

    “So it’s you, my little hero”

    You’ve got to protect me, until I’m asleep again 

    « Parfois je suis affligée de cauchemars

    Puis je sens le toucher de tes mains

    « Donc c’est toi, mon petit héros »

    Tu dois me protéger, jusqu’à ce que je dorme à nouveau »

    CHUU exprime dans ses paroles que parfois, malgré son sourire constant, elle peut se sentir seule et constamment angoissée. Pour elle, son sourire est parfois un masque : cela évite que les autres s’inquiètent pour elle et apporte une lueur d’espoir pour ceux qui l’entourent. En effet, dans LOONA, elle tentait de toujours rester positive afin de ne pas ajouter au fardeau que les autres membres peinaient à cacher. 

    Elle peut même être abandonnée par Dieu (« Even if God turns his back on me / You’re right there »), puisque les petits monstres / héros sont là, elle ira bien. Les petits héros, tels que CHUU les appellent, sont peut-être une allégorie pour représenter les Orbits / KKOTI ou bien encore même les autres membres de LOONA. En bref, cela est une représentation des personnes qui la soutiennent et qui sont là pour elle malgré les moments difficiles. 

    La chanson possède une instrumentale mettant en valeur des basses généralement utilisées dans des chansons de techno aux tempos rapides mais aux ambiances plus sombres. Les contrastes entre les parties aux instrumentales plus minimalistes, plus légères ou plus lourdes sont très appréciables. Ce n’est pas ce que l’on attendait de CHUU, mais la surprise rend son comeback en solo d’autant plus unique et surprenant. 

    Lors du showcase de présentation de l’EP, les autres membres de LOONA (à l’exception de Kim Lip) étaient présentes, soutenant CHUU et prouvant une fois de plus leur amitié à toutes épreuves. 

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    MY PALACE

    « My Palace » s’ouvre sur une mélodie jouée au piano. A travers cette chanson, CHUU invite ses fans, tout comme les personnes qui ne la connaissent pas, à découvrir son univers et son « palace ». 

    Le premier couplet paraît initialement étrange, le chant semblant en décalage avec l’instrumentale. Le contraste est surprenant, mais néanmoins agréable, créant de l’originalité. 

    Hi stranger

    I am this place’s

    Kinda adorable queen

    I welcome you

    Let me introduce you to

    My palace 

    « Bonjour inconnu, 

    Je suis l’adorable reine, en quelques sortes,

    De cet endroit.

    Tu es le bienvenu,

    Laisse moi te présenter

    Mon palace » 

    La chanteuse se présente et annonce que cet album, ce nouveau départ, est « sa fantaisie ». Elle ouvre son coeur à quiconque voudra venir « jouer et traîner » avec elle. 

    HOWL est le safe place de CHUU, puisqu’il s’agit de son projet. Elle affirme dans « My Palace » qu’elle a trouvé sa liberté, qu’elle peut décorer son « palace » tel qu’elle le souhaite. Au-delà de la décoration, c’est bien sa vie qu’elle reprend en main, loin de son ancienne agence. 

    ALIENS

    Immédiatement, « Aliens » donne des tons rétro avec l’utilisation du synthétiseur. L’instrumentale, composée notamment par deux membres de 153/Joombas (Lim Young Woong – « Do Or Die » ; NCT 127 – « Fact Check » ; Misamo – « Do Not Touch ») et Carlyle Fernandes (The Boyz – « All About You » ; SuperM – « So Long » ; ASTRO – « After Midnight »), est agrémentée de violons et de percussions aux rythmes rétro habituels à la kpop. 

    Two different people

    Like Mars and Venus

    At any rate, both in this same

    Solar System here

    But you and I surely

    Come from somewhere farther

    Drifting before coming here

    And we’ve come across each other  

    « Deux personnes différentes

    Comme Mars et Vénus

    A tout prix, tous les deux dans ce même

    Système solaire ici

    Mais toi et moi, certainement,

    Venons d’un endroit plus éloigné

    Dérivant avant de venir ici

    Et nous nous sommes croisés » 

    CHUU mentionne les planètes, élément crucial du lore de LOONA. Ici, elle parle véritablement de deux personnes différentes qui semblent venir de deux planètes : Mars et Vénus. Nous faisons peut-être face ici à une référence au livre de John Gray, un thérapeute conjugal, « Les hommes viennent de Mars, les femmes viennent de Vénus » sorti en 1992. 

    Dans ce livre, Gray parle du fait que « L’homme et la femme ne viennent pas de la même planète. Ainsi s’expliquent les difficultés à se comprendre, à s’accepter, à tolérer les faiblesses respectives. » 

    Les paroles de « ALIENS » pourraient donc exprimer le fait que, même si elle et l’autre protagoniste de l’histoire, viennent de planètes différentes et ont du mal à se comprendre, en faisant des efforts, ils peuvent apprendre à mieux se connaître. 

    The way we love

    Our thoughts, language, conversation style, all different

    But I like you, the beauty of it all 

    « La manière dont nous aimons

    Nos pensées, langue, manière de parler, toutes différentes

    Mais je t’apprécie, la beauté de tout cela »

    Plutôt que de vouloir se forcer à se ressembler à tout prix, nous devrions garder notre individualité. C’est elle qui nous rend unique, qui nous rend beau. CHUU incite ses auditeurs à s’apprécier tels qu’ils sont, à « se préserver ». C’est ainsi que naissent de beaux mélanges, notamment entre la chanteuse et ses fans qui sont tous différents.

    Let’s not force us to be the same

    We’re different species to begin with

    Preserve yourself the way you are 

    « Ne nous forçons pas à être les mêmes

    Nous sommes des espèces différentes à l’origine

    Préserve-toi, la manière dont tu es »

    HITCHHIKER

    « Hitchhiker » signifie en français « auto-stoppeur » ou bien encore « trekker » (du « trekking », un sport entre la randonnée alpiniste et le tourisme). On peut le comprendre dans cette chanson comme « trekker » : CHUU est arrivée dans un endroit inconnu, et se lance dans des voyages. 

    I’ve crash-landed somewhere

    The moment I blink, everything’s a new trip

    The road extending straight above the horizon

    If I walked and walked, would I meet a friend, I wondered 

    « Je me suis crashée quelque part

    Quand je cligne des yeux, tout est un nouveau voyage

    La route s’étend loin devant l’horizon

    Si je marche sans fin, est-ce que je rencontrerais un ami, je me suis demandé » 

    Dans cet endroit inconnu, qui semble être une île, CHUU y voit de magnifiques paysages. Des belles fleurs s’épanouissent au soleil, le ciel est bleu et les oiseaux chantent. Dans un tel scénario, comment ne pas se sentir totalement libre ?

    Sans aucune carte ni GPS, sans le bruit de la ville et la pression, la jeune femme peut apprécier la beauté de la terre (peut-on y voir une référence à son émission « Chuu Can Do It » qui porte souvent sur l’écologie ?). Parfois mélancolique d’être dans cet endroit inconnu, elle garde cependant espoir et affirme qu’elle va aimer « sa planète spéciale ». 

    La mélodie est portée par un piano tantôt aigu, puis dans un registre plus neutre. On y retrouve des notes de synthétiseur lors du refrain et de ce qui ressemble à un xylophone, de même que des percussions. Le troisième couplet est lui agrémentéde claquements de doigt. 

    NOTRE AVIS

    Les paroles, qui se suivent d’une chanson à l’autre, ayant le même concept de se retrouver seule et de chercher quelqu’un, sont très touchantes. Elles suivent les longs mois de traversée du désert de CHUU et ses années de maltraitance sous son ancien label. 

    Pourtant, loin de se placer en victime ou de faire des diss tracks, CHUU ne parle que de ses ressentis personnels, ouvrant son cœur à ses fans. 

    L’album est loin de ressembler à ce que l’on aurait pu s’attendre de CHUU : des instrumentales joyeuses et upbeat, des vocals tels que ceux de « Heart Attack », « Love4eva » ou encore « WOW » et des paroles toujours positives. CHUU révèle une autre facette de sa personnalité, quelque chose de plus profond que nous avons appris à connaître ces derniers mois. 

    En effet, depuis que l’artiste a signé avec sa nouvelle agence, nous avons découvert les tracas auxquels la jeune femme fait face depuis des années. De périodes de TCA (trouble du comportement alimentaire) à ses diverses émotions, CHUU s’est dévoilée, brisant quelque peu la persona créée par BlockBerry Creative.

    Néanmoins, ne vous méprenez pas ! CHUU est véritablement une personne joyeuse, souriante et drôle. On peut toujours le voir dans « Chuu Can Do It » ou encore dans d’autres émissions de variété. 

    Howl est un EP parfaitement réalisé, mettant en valeur les talents de CHUU, tout en créant un univers autour d’elle qui peut être compris comme une extension du LOONAVERSE

    Nous n’avons aucun doute quant à son succès dans cette nouvelle partie de sa carrière en tant que chanteuse. Sa personnalité comme son talent sauront parler au public général coréen et aux fans de K-pop internationaux. 

    Crédit pour les traductions en anglais : TeamSubbits

    « Howl » « My Palace » « Aliens » « Hitchhiker »  

  • JUKEBOX : I’VE MINE de IVE : de princesses à mauvaises filles

    JUKEBOX : I’VE MINE de IVE : de princesses à mauvaises filles

    Après la sortie de leur premier album studio, IVE revient avec son premier EP “I’VE MINE”. D’une manière inédite depuis ses débuts en décembre 2021, le groupe sort trois pré-releases pour la promotion de l’album. De plus, l’EP est accompagné d’une tournée mondiale “SHOW WHAT I HAVE” qui a commencé à Séoul le 7 octobre dernier.

    IVE The 1st World Tour Show What I Have Seoul poster

    CHANSON DE PROMOTION : OFF THE RECORD

    La première chanson de l’EP est “Off the Record”. Il s’agit d’une chanson beaucoup plus douce que d’habitude pour le groupe, c’est une charmante surprise. “Off the Record” fait par ailleurs partie des trois chansons de promotion,elle est sortie juste avant le concert. C’est durant ce dernier que le public a pu voir pour la première fois la performance live de la chanson. De plus, durant le bridge la chanson intègre un sample de “Lovefool” des Cardigans (1996). 

    CHANSON PRINCIPALE DE PROMOTION : BADDIE

    La deuxième chanson de l’EP est la title track “Baddie”. C’est une chanson très différente de ce que le groupe nous propose habituellement. On est très loin des concepts élégants qui vont si bien aux filles du groupe. Le concept plus badass va cependant parfaitement aux membres. Le refrain de la chanson est très catchy comme à leur habitude !

    CHANSON DE PROMOTION : EITHER WAY

    En troisième piste sur l’album on retrouve “Either Way”, la première chanson à avoir été révélée avant que l’album ne sorte. C’est la première chanson du groupe vraiment centrée sur les émotions vocales. Les paroles de la chanson sont très poignantes. Elles parlent du regard des autres :  peu importe ce que les gens peuvent penser, il faut se trouver soi-même et se convaincre que tout va bien. 

    B-SIDE : HOLY MOLY

    Ensuite dans l’album il s’agit de la chanson “Holy Moly”.  La mélodie de la musique rappelle celle de leur chanson de début “Eleven”. De plus, l’inspiration Western/country dans la mélodie est quelque chose de peu commun pour des voix féminines. Mais une fois de plus, ce pari risqué est parfaitement exécuté. 

    B-SIDE : OTT

    En ce qui concerne “OTT” on découvre Wonyoung à l’écriture complète des paroles de la chanson. Les paroles retranscrivent un amour simple et candide. La mélodie pop de la chanson est un parfait exemple de ce que l’on peut entendre dans ce nouvel EP comme exemple dans “Either Way”. 

    B-SIDE : PAYBACK

    Pour finir , “Payback” a écrite en partie par le rappeur BIG NAUGHTY que l’on retrouve aussi sur les paroles de “Baddie”. Il s’agit d’une collaboration inattendue mais très appréciée de la part des fans du groupe. Cette chanson est parfaite pour cette fin d’année, puisqu’elle parle de l’arrivée de l’hiver et est accompagnée sur la fin de la chanson d’une mélodie rappelant les chansons traditionnelles de Noël.

  • JUKEBOX : Tomorrow x Together FREEFALL : De Neverland à la Réalité

    JUKEBOX : Tomorrow x Together FREEFALL : De Neverland à la Réalité

    The Name Chapter : Freefall, voilà le nom du nouvel album de Tomorrow x Together sorti le 13 octobre dernier !

    Tandis que dans le chapitre (ou album) précédent — Temptation, on découvrait Neverland et sa magie presque addictive, dans Freefall c’est le moment de lui dire au revoir pour faire face à la réalité et à la douloureuse nécessité de grandir.

    Les cinq garçons abordent de nouveaux sentiments, de nombreuses émotions mais surtout de nombreux thèmes dans ce troisième album complet. Avec un concept beaucoup plus rock et terre à terre que la fantaisie de The Name Chapter : Temptation, on passe à un stade plus profond de Tomorrow x Together. Le retour de la Rockstar Era ?

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    SINGLES

    Avant de rentrer dans le vif du sujet, parlons de « Back For More (TXT ver.) » et « Do It Like That », single et featuring présent dans ce chapitre.

    « Back For More (TXT ver.) » est la troisième chanson de l’album. Single sorti le 18 septembre 2023, il s’agissait avant tout d’une collaboration avec la célèbre pop star latina Anitta – sorti le 15 septembre dernier. Cependant, la version de l’album est quelque peu différente. 

    Cette dernière omet les passages de Anitta, présentant à la place un nouveau couplet chanté par Yeonjun et Huening Kai tout en anglais. Disco, avec une ligne de base groovy, on ressent le style funk brésilien de la star, même si l’ambiance change sans les paroles espagnoles et la voix attrayante de l’artiste.


    « Do It Like That » de FREEFALL est le même depuis sa sortie le 7 juillet 2023. En collaboration avec les Jonas Brothers, le morceau vous fait voyager entre les deux styles des groupes. Une review entière lui est dédiée si vous souhaitez en apprendre plus sur le sujet.


    Rentrons dès à présent dans cet univers complexe où grandissent les membres de TXT.

    REALITY, MELANCHOLY, CLARITY, GRAVITY

    TXT, connu pour être la jeunesse innocente incarnée, s’attaque dès à présent à un sujet plus délicat, celui de devoir mûrir. 

    Pour vous remémorer le chapitre précédent, Temptation parlait de rêves éternels, et de jeunesse, fortement inspirée de Peter Pan et de son monde imaginaire. Tandis qu’ils s’épanouissent dans une vie idyllique sans jamais changer, ils ont compris que leurs croyances n’étaient que mensonges. Ils ont alors décidé de franchir un nouveau cap, celui de franchir les obstacles pour accepter enfin de devenir adulte. Une review entière est dédié à ce chapitre si vous souhaitez en apprendre plus.

    Tiraillé entre Réalité, Mélancolie, Clarté et Gravité (les concepts de Freefall), l’album prend place dans la douleur et les rêves, comme le précise l’agence du groupe, bighit :

    « The Name Chapter : FREEFALL est l’histoire des jeunes qui avaient retardé leur âge adulte et s’étaient échappés du monde, mais qui ont finalement décidé de faire face à la réalité. Le processus de chute libre dans la réalité est plein de tourments, et elle fait mal, mais ils prennent une ferme détermination à aller de l’avant, en faisant face à tout ce qui les entoure. »

    Ce nouveau chapitre de Tomorrow x Together devrait donner du réconfort à toutes les personnes qui poursuivent leurs rêves.

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    ATTERRISSAGE EN COURS…

    L’album s’ouvre sur un morceau très énergique, où l’on rentre directement dans le vif du sujet : leur nouvelle réalité. « Growing Pain » se place dans le genre hard rock, où la guitare électrique et la batterie sont mises en avant. Les voix des membres quant à elles suivent parfaitement les mouvements des instruments : passant des tons graves, parfois puissants à plus aiguës, accompagnant admirablement le genre dynamique et entraînant du morceau par la même occasion.

    Si la musique est autant éclatante, les paroles le sont également. « Growing Pain » comme son nom l’indique montre une douleur croissante : la douleur des garçons à revenir dans la réalité, tout en s’éloignant de leurs rêves de jeunesse. Cependant il s’agit d’un passage obligatoire pour faire face à la maturité, un pas en avant vers leur nouvelle vie d’adulte. 

    « Ouvre les yeux / Regarde le sol là-bas / Ne l’évite pas, jamais / Tu dois juste y faire face / Même si je saigne / Même si mes os sont cassés Je dois me frayer un chemin à travers ça / Je tombe »

    Même si la douleur peut être dure comme le rock, ils doivent y faire face pour oublier leur monde imaginaire, Neverland. Chaque interprétation est différente, cependant il pourrait y avoir un énorme lien, une suite logique entre le morceau « Farewell Neverland » de leur dernier chapitre Temptation, et « Growing Pain ». Dans « Farewell Neverland » on y entend « Neverland, mon amour, au revoir maintenant / Et je tombe librement », lorsqu’on met les paroles de « Growing Pain » à la suite, on y remarque des ressemblances flagrantes. Dans l’un ils sautent de leur monde imaginaire en acceptant de laisser leur jeunesse derrière, tandis que dans l’autre ils atterrissent en acceptant de grandir.

    Il ne pouvait y avoir mieux comme introduction à FREEFALL, de la douleur mais surtout une évolution.

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    LA COLLISION DES MONDES

    De retour dans le style rétro, où Tomorrow x Together excelle. « Chasing That Feeling » est le titre principal de l’album, et il se place parfaitement dans le genre New Wave des années 80.

    Le morceau rentre rapidement en tête, de par sa mélodie charmante, mais aussi de par son rythme très dansant. Les voix des garçons quant à elles sont plutôt douces comparées à l’introduction de FREEFALL, mais elles se placent joyeusement sur l’instrumentale, tout en donnant de la puissance.

    Le style des années 1980 n’est pas choisi au hasard. Tandis qu’ils laissent le rock de côté pour l’instant, la nostalgie prend place dans le style du morceau. Mais c’est un moyen surtout de faire le lien avec les paroles… « Chasing That Feeling » traduit par « poursuivre ce sentiment » montre l’intention des membres à chercher et atteindre quelque chose de significatif à leurs yeux. Tout au long du morceau ils prononcent : 

    « Mon destin, viens m’embrasser / Je continue juste à courir après ce sentiment / Bien que je sois gâché, laisse-moi / Je continue juste à chasser, à courir après ce / Sentiment / Poursuivre ce sentiment / Poursuivre ce sentiment / C’est tout ce que je sais, c’est tout ce que je sais »

    Mais quel est ce sentiment auquel ils sont si attachés ? Les membres sont simplement à la poursuite du bonheur, de l’épanouissement et des rêves, comme lorsque la vie était plus simple. Le morceau explore le thème de nostalgie du passé : leur jeunesse, sans réelle croissance, où la vie était la plus exaltante. Dans un désir doux-amer, ils essayent de recapturer les émotions et expériences de ces années d’avant. Est-ce là un sentiment de regret ?


    Dans le MV, les garçons atterrissent telle une météorite « Chute du ciel / Je me suis préparé à mourir / Plus rapide encore terre à terre comme une météorite » comme le prononcent les premiers vers. Se retrouvant en plein milieu d’un nouveau New York, ils se séparent et chassent désespérément ce sentiment qu’on retrouve dans les paroles, représenté sous forme d’une orbe de lumière, différente pour chacun des membres. Elles finissent finalement par les réunir et fusionner toutes ensemble, créant une onde de choc qui modifie leur propre vision du monde. Cela pourrait être interprété par les membres tombant une dernière fois dans un état de rêve, avant de grandir. 

    « Perdu par une nuit au clair de lune / Été, un-neuf / Je pensais que ça durerait éternellement / Je ne me suis jamais senti plus vivant / La vie était si simple à l’époque / Un sommet perpétuel / Ces jours que je connaissais sont peut-être révolus / Mais je ne les laisserai pas mourir »

    Les garçons font face à un choix important : vivre dans le passé ou affronter le futur et grandir. On comprend leur réticence à l’idée de se séparer de leur innocence, ils se rebellent dans un premier temps pour ne pas faire face à la réalité, et à la douleur de perdre leur jeunesse. Cependant, choisir de ne pas tomber, ce serait juste attendre que le monde s’effondre en morceaux, en se détournant de la réalité pour rester coincé dans un mirage constant. Cette piste sert donc de transition à l’album Temptation et à Freefall, de l’innocence de la jeunesse, en passant par les adieux de Neverland, et en se lançant dans un voyage sincère vers la réalité, la maturité et la mélancolie.

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    UN RÊVE DOUX…

    « Dreamer » comme son nom l’indique, parle de rêve et de rêveurs. Se plaçant dans le genre R&B Soul, le morceau s’en trouve très doux et chaleureux. Les timbres de voix des membres quant à elles sont captivantes, se plaçant dans les aiguës, ce qui fait le charme particulier de la musique. Yeonjun, Soobin, Beomgyu, et Huening Kai ont également participé à l’écriture de cette dernière. (Si vous aimez BTS, vous risquez d’aimer cette musique, elle est similaire au style du groupe).

    Pour ce qui est des paroles, elles reflètent l’espoir des garçons en tant que rêveurs dans un monde très réglementé et avec de nombreuses normes sociétales. 

    « Au-delà de Neverland, les rêves que j’ai aimés sont difficiles / Je sais, tu sais, les rêves sont comme de la magie / ils scintillent, ils scintillent, puis disparaissent / Une conversation d’adulte / Devrais-je m’enfuir comme ça ? »

    Tomorrow x Together dépeint délicatement l’innocence de la jeunesse, et des rêves qui l’accompagnent. Devrait-on laisser nos rêves de côté lorsque l’on devient adulte ? Les garçons expriment leur volonté à poursuivre leur côté rêveur dans ce morceau, ne pas laisser de côté leur vie d’avant et leurs expériences. Mais ce monde est divisé en deux « Un adulte qui ne rêve pas et un garçon qui n’a que des rêves ». Afin d’empêcher leurs rêves de disparaître, ils doivent faire face à cette triste réalité, un moment entre l’enfance et la vie d’adulte, où « Dans cette fourche commune de la route, je suis gris ». C’est à ce moment-là que le rêve d’un garçon devient finalement une force dans cette réalité tiraillée « Mon nom / Maintenant, je l’ai trouvé / L’étoile qui m’attendait au loin », il s’accepte comme il est, bien que différent des autres, un nouvel adulte ayant des rêves.

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    UN VOYAGE MUSICAL…

    Une ambiance EDM-pop inspirée du Jersey Club ajoutée à un refrain entraînant, créent un morceau unique, « Deep Down« . Comparé aux autres sons de Tomorrow x Together, « Deep Down » se concentre beaucoup plus sur le mixage global des instruments que sur les voix des membres. Cependant, celles-ci restent bien en tête, surtout pendant le refrain où « Deep down, I need you more / More, more, more, more » sont répétés en boucle. De part son instrumentale inattendue, on s’attend à un peu plus d’énergie du côté vocal, mais la douceur de leurs voix fait finalement le charme du morceau. 

    Si on devait décrire « Deep Down » en deux mots : – Léger – et – Frais – conviendraient parfaitement au ressenti de cette musique. Elle est très moderne sans trop en faire non plus, un parfait équilibre (le coup de coeur de l’autrice de cet article !).

    Lyriquement parlant, nous revivons les premiers instants des membres en tant que groupe, mais nous voyons surtout son évolution depuis leurs débuts en 2019. « Crown« , le morceau principal de leur premier EP The Dream Chapter: Star, revient dans Freefall pour être le sujet principal de « Deep Down », comme une suite logique après quatre ans. 

    De son nom complet « 어느날 머리에서 뿔이 자랐다 (Crown) » qui signifie littéralement « Un jour, ma tête a poussé des cornes (Couronne) » est en lien directement de par son nom avec « Deep Down (머리에 솟아난 뿔은 나의 왕관이었다) » traduit par « Au fond (La corne qui s’est levée dans ma tête était ma couronne). Mais les paroles montrent également le contraste entre les garçons de 2019 et les garçons d’aujourd’hui, de 2023. Alors qu’ils avaient honte des cornes qui poussaient sur leurs têtes, se sentant comme des monstres, ils se rendent compte aujourd’hui que sans elles ils ne sont pas eux même (« Juste avant de te briser, je me rends compte / Sans toi je ne suis rien”). Alors que cette corne était leur démon, elle devient une couronne lorsqu’ils s’acceptent enfin (« une grande couronne sur moi / Plus une corne hideuse / Vous êtes mon côté positif »). Mais il y a un lien entre ces deux morceaux, car après tout, “Crown” parle aussi de la douleur de grandir.

    « Deep Down » au long de ses 2:44min, est une étape pour les garçons vers l’acceptation de soi, de leur identité. Tout comme les rêves ne doivent pas être reniés, les cornes ne doivent pas l’être également, car il s’agit d’une compréhension de soi même, comprendre qui on est et ne pas négliger nos valeurs comme nos désirs.

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    LA RÉALITÉ ET LES CONTES DE FÉES…

    Yeonjun, Soobin, Beomgyu, Taehyun et Huening Kai ont souvent l’habitude de faire des musiques entraînantes aux tons joyeux, c’est en partie cette particularité qui fait l’attrait du groupe. Mais souvent leurs musiques « joyeuses » cachent dans les paroles de la tristesse et de la douleur. Cependant dans « Happily Ever After », les choses sont différentes, nous oublions la souffrance pour finalement accueillir une once de bonheur.

    Dans une atmosphère lumineuse et optimiste, « Happily Ever After » reprend le genre du Jersey Club, tout comme l’inspiration du précédent morceau. La musique est enjouée et directement prenante, un peu similaire à « Happy Fools » dans sa bonne humeur par ailleurs. Le tempo est rapide, on entre facilement dans la musique, et le passage du pré refrain nous transmet parfaitement l’émotion imagée au travers de sa mélodie légère. Mais alors si cette musique est aussi joyeuse, qu’en est-il des paroles ?

    « Oh, mon Dieu, la fin est imprévisible / La vie n’est pas un conte de fées / Et si on ne le savait pas ? En fait, j’aime ça / La-la-la-la-la-la, j’aime tous mes jours »

    Comme le montre le refrain au tout début du morceau, la vie est différente d’un conte de fée, ils doivent alors se séparer de leur royaume imaginaire et des mensonges qui le forgent. Cependant, comparé aux morceaux précédents, il n’y a pas de réticence à l’idée d’accepter cette nouvelle vie dans la réalité, avec ses défauts comme sa fin inconnue. Et plus le temps avance, plus le pré refrain change, passant de :

    « Même si vous fermez le livre de contes de fées / La vie continue, j’ai réalisé / Il n’y a pas de bonheur pour toujours »

    à…

    « La fin inconnue / C’est pourquoi ma vie est encore plus belle (en bas, en bas, ma vie) / Embrassez même les échecs, je continue, ouais »

    Au fur et à mesure de la musique, les membres acceptent la réalité, tandis que dans « Deep Down » ils s’acceptent soi même. « Happily Ever After » est un morceau important dans le processus de devenir grand, il aborde un sujet important, la prise de responsabilité. Il s’agit d’une musique joyeuse qui dit d’apprécier la vie, avec ses hauts et des bas, et avec ce qu’on a et ce qu’on a pas. Il n’y a pas de fin heureuse comme un conte de fée, mais à la place il y a un garçon qui écrit sa propre histoire dans ce monde réel.

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    LA GUÉRISON

    Toujours dans le thème de l’acceptation de soi, on retrouve le groupe cette fois-ci dans le rock alternatif, leur tout premier morceau de ce genre. Du nom de « 물수제비 (Skipping Stones) » signifiant « sauter ou jeter des pierres », la métaphore derrière ce titre est magnifiquement trouvée, mais on verra cela juste après. 

    Sur une instrumentale rythmée et entraînante, on découvre les voix douces des membres. Les garçons jouent sur leurs voix et les différentes façons de les projeter à travers le morceau, ce qui donne du charme à ce dernier. Avec une mélodie qui rentre facilement en tête, la guitare électrique joue un rôle important, donnant de l’énergie nécessaire au morceau. Cependant, comme d’autres musiques rock d’ailleurs, la musique ne semble pas être très joyeuse.

    « L’eau qui a avalé nos blessures se calmera un jour / Parce que vous aurez une large étreinte »

    « Skipping Stones » est remplie de métaphores, et la plus importante est celle citée ci-dessus. L’eau est un reflet d’eux même, tandis qu’ils sont blessés, ils finiront dans tous les cas par être guéris – voilà le thème de ce septième morceau. 

    Le titre du morceau pourrait également avoir deux sens : 

    jeter des pierres dans l’eau (faire des ricochets par exemple) peut être traduit par « être dur avec soi même« 

    Sauter des pierres, comme sauter des repas, peut être traduit par « ne pas faire face à soi-même », « repousser ses sentiments« .

    Dans les deux cas, le thème récurrent est cette acceptation de soi, de son identité.

    « Nous sommes dans une rivière calme, j’adore lancer des pierres / Je sais que ça va être un moment douloureux / Pourtant, je tiens une autre pierre / Quel genre de cœur avez-vous ? / Je me demande s’ils te jettent / Oui, je remplis le lac de nombreuses émotions »

    L’être intérieur est secoué par les blessures et la douleur rencontrées dans la vie en le comparant à la surface de l’eau. Dans le premier couplet, le passage en gras montre la détermination des membres à devenir plus fort et à être prêt à faire face à la réalité. Il se font du mal, mais il s’agit d’un mal nécessaire pour franchir une étape, celle de supporter les difficultés pour aller de l’avant. 

    « Afin que le moi de demain puisse accepter le toi bouleversé d’aujourd’hui / Quand tu touches les vagues étincelantes, je tiendrais tes mains tremblantes »

    Les deux versions se rejoignent en un point, la rivière et la mer, pour ne faire qu’un. Montrant que finalement ils ont réussi à faire face à eux mêmes, leurs sentiments, pour mieux accueillir le futur.

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    UNE ODE SINCÈRE AUX MOAS

    Le huitième morceau de FREEFALL est une chanson pré-sortie lors de leur tournée mondiale ACT:SWEET MIRAGE, il y a plus de sept mois maintenant. Le nom du morceau « Blue Spring » est surprenant dans un premier temps, mais il décrit parfaitement la relation entre TXT et leurs fans, les Moas, « Enfin fleuri, tu es le printemps de mon monde. ». Vous l’aurez compris, « Blue Spring » est un morceau destiné aux fans de TXT, les Moas. Et la particularité de ce dernier est que chaque membre de Tomorrow x Together a participé à sa composition, en passant par les paroles, au style, à la production. 

    Nous sommes directement plongés dans l’ambiance de la musique. Dans le style d’une balade (avec des éléments hip-hop et rock) la guitare acoustique dans le fond accompagne somptueusement les voix sincères des garçons, en s’ouvrant par les mots touchants, « Quand nous sommes hauts / Quand nous sommes bas / Tu es toujours à mes côtés / Toute ma jeunesse est remplie de ta chaleur« . Dans la peine, dans la douleur comme dans la joie, les Moas décrit à travers le « Tu », ont toujours soutenu TXT. « Tu es comme un printemps qui m’a illuminé quand j’étais déprimé » leurs fans ont remis de la couleur à leur vie, en prenant leurs problèmes et leur passé pour les aider à avancer. Faisant également référence à « Crown » pour dire qu’ils sont là depuis le début :

    « C’est comme de la magie, tu es le seul / Tu as changé ma corne en couronne / Maintenant, tous mes jours et toutes mes nuits / Une brise printanière s’enlit quand vous appelez mon nom »

    Tout au long, il s’agit non pas d’une simple musique de remerciement, mais d’une déclaration d’amour pure et sincère, laissant de la douceur dans le cœur de leurs fans. « Blue Spring » conclut magnifiquement FREEFALL.

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    THE NAME CHAPTER : FREEFALL

    Alors qu’on passe de l’endroit merveilleux et magique de Neverland, aux ruelles sombres et sales d’un nouveau New York, Tomorrow x Together ont voyagé vers l’espoir et la réalité.

    Tout au long de ce voyage, trois concepts principaux y font face : la Réalité, la Mélancolie et la Clarté (le nom des concepts de l’album). Et comme Temptation avec Daydream, Nightmare et Farewell, l’histoire connaît une suite logique à travers ses phases. « Dans les rêves, la responsabilité commence« , cette phrase sortie tout juste du premier concept Reality, décrit parfaitement l’histoire de FREEFALL. Au fur et à mesure que l’album avance, leurs voix et les émotions qu’ils transmettent changent. Ils tombent d’abord dans un monde incompréhensible, guérissent de leurs blessures, et finissent par apprendre à se relever – Reality, Melancholy et Clarity, un processus de maturité et de compréhension.

    Les thèmes principaux de cet album se mélangent entre l’acceptation de soi, la douleur de devoir grandir, les rêves et l’espoir. The Name Chapter parle toujours d’Identité, que ce soit pour Temptation ou encore Freefall. Cependant Freefall aborde des sujets plus difficiles à accepter, ceux qui invitent à grandir pour de vrai.

    L’avantage de ce chapitre, c’est que TXT explore des genres musicaux différents dans chaque morceau de l’album, permettant à chacun de trouver son style et d’être marquant. Pourtant, la particularité de ces morceaux, c’est qu’ils se complètent et forment ensemble une histoire bien précise, en parfaite cohérence avec les paroles.

    Maintenant qu’ils ont atteint le sommet du monde réel, se sentent-ils finalement en accord avec eux-mêmes, en tant qu’adulte avec des rêves ? En faisant face à la réalité sans pour autant renoncer à leur jeunesse, Tomorrow x Together montre qu’il existe toujours un peu de magie dans leur monde. Un magnifique témoignage de leur évolution depuis leurs débuts.

  • JUKEBOX : Wheein est « In the Mood » avec son comeback solo

    JUKEBOX : Wheein est « In the Mood » avec son comeback solo

    Wheein, membre de MAMAMOO, a fait son comeback solo le 12 octobre avec son tout premier full album, In The Mood. Cet album est le deuxième volet de la série identitaire « WHEE IN (輝人) », débutée en janvier 2022 avec la sortie de son deuxième mini-album, WHEE. Dans celui-ci, Wheein explorait déjà sa connexion à la lumière (輝) et est maintenant déterminée à montrer sa forme humaine naturelle (人) qui se trouve à travers In The Mood.

    Wheein se disait « nerveuse et impatiente de sortir son premier full album » mais surtout « très heureuse de pouvoir enfin partager cet album avec le monde ». Composé de 11 titres, l’album s’accompagne de featurings mémorables. C’est avec le morceau « 17 » qu’elle collabore pour la première fois avec son amie de longue date et membre de MAMAMOO, Hwasa. Quant à lui, « Bite Me » est un morceau R&B créé en collaboration avec le rappeur HAON, tant sur le plan du chant que de l’écriture du rap.

    IN THE MOOD

    La chanson titre, « In the Mood », possède des sonorités pop avec un mélange de R&B. Elle porte le souhait d’aider chacun à trouver le bon « Mood » au fond de soi. Cette chanson résume également Wheein dans son ensemble en tant qu’artiste.

    La basse et la guitare rythmique donnent du rebond au morceau, même si l’énergie reste assez monotone tout au long. C’est assez étrange car Wheein semble prête à dépasser ses limites et à offrir quelque chose de plus dynamique, mais cela n’arrive pas. Comme c’est le cas pour beaucoup des chansons récentes du groupe, on reste sur notre faim. La musique reste agréable, impossible à détester mais difficile à vraiment adorer.

    Dans le clip vidéo, Wheein se trouve à une fête mais ne commence à danser qu’après s’être enfermée dans sa chambre et avoir mis ses écouteurs. Plus tard dans la vidéo, elle roule sur une route de campagne et danse seule sur un parking. Introvertie, elle semble ne pas être dans le mood pour passer du temps entourée de monde, préférant sa propre compagnie. « Parce que tu es toujours d’humeur », chante-t-elle, alors que la vidéo se termine sur une image d’elle assise sur le siège de sa décapotable. Wheein nous encourage ici à libérer nos émotions et faire ce qu’il nous plaît.

    HERE I AM

    Un autre morceau vraiment appréciable est la chanson finale de l’album, « Here I Am ». Une ballade aux sonorités pop-rock des années 2000, écrite par Wheein elle-même. Elle nous rappelle beaucoup les chansons de certaines chanteuses de cette époque, comme celles d’Avril Lavigne. Dans celle-ci, Wheein dit à ses fans qu’elle essaie de toujours persévérer à trouver la lumière, même lorsqu´elle se retrouve dans l’obscurité. Cette chanson serait d’ailleurs vraiment impactante dans une setlist de concert, et on a hâte de pouvoir découvrir ça un jour.

    ET LA SUITE ?

    Ce full album de Wheein était vraiment attendu de la part des fans, et on ressent le travail fourni. Certaines chansons, comme « 17 » ou « Bite Me » sortent particulièrement du lot. D’autres, cependant, semblent trop simples et la production de l’album aurait pu prendre plus de temps pour éviter ça. Les membres de MAMAMOO sont vraiment talentueuses et charismatiques, mais leurs récentes musiques solo ont eu du mal à égaler ces charmes. « In the Mood » rattrape -à moitié- la tendance mais on en attend plus. Qui sait, peut-être dans un prochain album.

  • JUKEBOX : Monstre, manoir et Frankenstein : Sunmi revient avec STRANGER 

    JUKEBOX : Monstre, manoir et Frankenstein : Sunmi revient avec STRANGER 

    Un an et 4 mois ont passé depuis la dernière sortie de Sunmi (moins si on compte son duo avec Be’o, “Lights out”). Le temps semblait bien long, mais il a permis de peaufiner ce comeback envoûtant, intitulé STRANGER. L’autrice-compositrice revient avec un single éponyme accompagné de deux chansons. Forte d’une direction artistique complètement en accord avec les vibes d’Halloween, la chanteuse nous emmène dans un concept fantastique !

    A noter, Sunmi a participé à l’écriture et à la composition des trois titres, comme sur la chanson “Childhood” de son précédent single. Elle est accompagnée de Frants, compositeur entre autres de “MAGO” de GFriend et de “Blessed-Cursed” d’ENHYPEN, et de Dori, elle-même chanteuse et compositrice. 

    Le romantisme estival de “Heart Burn” sorti en juin 2022, semble déjà bien loin. Alors que les températures parisiennes chutent enfin, ce comeback sera-t-il notre bande-son de l’automne ? 

    https://www.instagram.com/p/CyGhI9drIxT/?img_index=1

    B-side : Calm myself

    Ce morceau est une introduction parfaite au concept effrayant et à la vibe automnale de ce comeback. Un piano sautillant s’accompagne d’une invocation fantomatique répétant “qui est avec moi ?”, une phrase bien connue des amateurs de spiritisme. 

    Sunmi chante d’une voix douce et en anglais, qui se fait de plus en plus puissante. La basse la rejoint bientôt, la batterie aussi pour une chanson très énigmatique. Les paroles montrent que la protagoniste est tout à fait capable de se calmer elle-même. Une “tasse de thé” et “quelques semaines” suffisent ainsi à oublier un ennemi. 

    Calm myself,

    A cup of tea

    Could give me good comfort

    Calm myself

    A couple of weeks

    Could make me forget you

    Cette chanson aurait toute sa place dans un film d’horreur ou une playlist de chansons sur les sorcières. Sunmi continue d’y affirmer son identité musicale à part et très originale. Tout en nous faisant frissonner…

    Sunmi 5 2

    Title Track : STRANGER

    Démarrant presque a capella, “STRANGER” fait la part belle au registre grave de la voix de Sunmi. La chanson est placée sous le signe de la déstabilisation : à chaque fois qu’on pense savoir où Sunmi va nous emmener, nous sommes en fait embarqués dans un changement de tempo et de genre musical. 

    Si le début ressemble à une chanson dansante moderne avec son beat rapide, la suite est un rythme disco atmosphérique. Fidèle aux influences rétro qui traversent la discographie de Sunmi, la chanteuse y est mélancolique et interroge un amant supposé. Et puis une autre rupture signale le début du pré-refrain, qui change le rythme avec une guitare reggae. Nous invitant à “cross the line” entre les genres musicaux, c’est encore un rappel à sa discographie que Sunmi nous offre (“Why so lonely” des Wonder Girls, par exemple). 

    Le refrain reprend la litanie du début en y ajoutant des accords de piano dissonants, évoquant les musiques des classiques de l’horreur. Les paroles simples et répétées peuvent même faire écho aux comptines d’enfants beaucoup utilisées dans les films d’horreur. 

    Mr. Stranger

    Running into danger

    Gotta get to know you

    Mr. Stranger

    Wanna be your angel

    Gotta get to know you

    Sunmi prouve une fois qu’elle connaît ses références, comme elle l’avait déjà prouvé dans sa chanson “You can’t sit with us”,  et qu’elle n’hésite pas à les mélanger pour faire passer un message à la fois séduisant et effrayant. 

    “STRANGER” est donc un curieux mélange des genres qui peut désarçonner. Si Sunmi n’hésite pas à utiliser des éléments dissonants et des ruptures brutales, sa connaissance de différents univers musicaux rend la chanson très équilibrée. En tout cas, ce trait d’union entre pop, reggae, musique de films et rock ne laisse pas indifférent !

    Clip de « STRANGER »

    Focus sur le clip

    Sunmi est connue pour ses visuels travaillés et ses clips mettant en avant ses talents d’actrice. “STRANGER” ne fait pas exception : au cœur d’un manoir gothique, les références horrifiques se font nombreuses et créent une atmosphère parfaitement dans l’air du temps automnal. 

    La vidéo s’accompagne d’ailleurs de deux court-métrages visibles qui explicitent l’histoire et la vision de l’artiste. Sunmi est confrontée à un syndrome de la page blanche, et désespère de retrouver sa créativité, au milieu d’un amas de machines à écrire inutilisées. Elle décide de se faire frapper par la foudre pour obtenir de l’inspiration. L’illumination lui donne pour objectif de fabriquer un double d’elle-même, identifiable par une frange, une version parfaite, dans un laboratoire digne de Viktor Frankenstein. Malheureusement, la créature s’anime avant que Sunmi ait pu ajouter une dernière vis… La double de Sunmi s’enfuit dans la forêt, incomplète, avec un monstre géant ressemblant au Slenderman*. 

    Le clip en lui même est magnifique, plein de décors somptueux et avec même une pointe d’humour. En particulier, la scène avec les baguettes de sourcier est très drôle. Sunmi erre dans les couloirs vêtue de robes unies et de ballerines, entre passé (identifiable avec un filtre de vieux film) et présent. Le montage est dynamique et met l’emphase sur l’atmosphère inquiétante de la chanson. La chorégraphie montre une Sunmi sensuelle et mécanique, encore un écho à Frankenstein.

    La dernière scène, où Sunmi fait irruption avec une caméra pour filmer son double, donne un autre sens aux paroles de la chanson. Son double, qui danse et est au centre de l’attention, aurait-elle pris sa place ? Et si ce “Mr. Stranger” des paroles n’était pas un amant mais plutôt le double, créé au travers des images, de l’artiste ? 

    *Slenderman est un monstre immense, issu d’une creepypasta qui a énormément marché dans l’univers de l’horreur à son apparition et qu’aujourd’hui c’est une figure de l’horreur assez iconique.

    Monstre, manoir et Frankenstein : Sunmi revient avec STRANGER 

    B-side : 덕질 (Call my name)

    Cette dernière chanson casse la dynamique inquiétante et Halloweenesque pour nous emmener dans une pop rêveuse plus conventionnelle. C’est musicalement très doux, un écrin précieux pour la voix de la chanteuse.

    Sunmi dédie ce titre à ses fans, les miya-ne. C’est une réponse aux encouragements des fans qui la rassurent et lui assurent qu’elle est toujours pleine de talent et de charisme. Sunmi a voulu à travers la chanson leur dire que ces encouragements sont réciproques.

    Lors de son showcase pour présenter les chansons, Sunmi a proposé une version avec des instruments lives pour les miya-ne présents. La chanson a pu gagner en profondeur avec l’arrangement live. C’était un moment très touchant !

    Verdict

    Sunmi propose avec STRANGER un comeback complet et original. Le duo des deux premières chansons est résolument sombre et effrayant, tandis que le dernier titre, une jolie ballade, est un hommage aux fans qui la soutiennent depuis des années. 

    “STRANGER” est clairement une chanson qui prend des risques, et qui ne plaira pas à tout le monde. Mais son clip soigné, ses références musicales multiples, et la voix impeccablement mixée de Sunmi ne peuvent que convaincre que ce comeback valait d’attendre plus d’un an. Notre bande-son d’Halloween est toute trouvée ! 

    P.S. : Sunmi était déjà dans notre playlist d’Halloween 2020 !

  • JUKEBOX : La formule de l’amour de soi : tripleS LOVElution avec « Girls’ Capitalism »

    JUKEBOX : La formule de l’amour de soi : tripleS LOVElution avec « Girls’ Capitalism »

    La troisième unité de tripleS a fait son debut sous le nom de LOVElution. Leur mini album, sorti en août 2017, est porté par le titre principal « Girls’ Capitalism », une ode à l’amour de soi.

    TRIPLES 

    tripleS est un girlgroup qui a fait ses débuts le 13 février 2023 sous l’agence Modhaus. Le groupe contient 24 membres dont seulement 16 ont été révélés jusqu’à présent (août 2023). tripleS est unique dans le sens où leurs unités de groupe et leurs promotions sont décidées par leur fans. 

    LOVElution est la sous-unité ayant précédé à EVOLution, formée à partir des votes des fans dans Grand Gravity. 

    Un « Gravity » est un événement où les fans peuvent voter sur Cosmo : the Gate, l’application officielle pour tripleS et ARTMS créée par Modhaus Inc., pour une gamme de choses différentes telles que pour les sous-unités, l’ordre dans lequel les unités sont promues, les title tracks, et d’autres choses liées au fandom. 

    Pour voter, chaque fan doit lancer un COMO (un jeton de vote), qui est obtenu en achetant des objets (comme une « digital objekt », une photocard virtuelle sous forme de NFT). 

    LOVElution

    Les huit membres choisies par les fans pour cette unité sont SeoYeon, HyeRin, YuBin, Kaede, DaHyun, Nien, SoHyun et Xinyu. Pour ces trois dernières, il s’agit de leurs débuts dans tripleS. 

    La chanson titre ‘Girls’ Capitalism’ peut envoyer des ondes positives et vous dire que vous êtes ‘Be (you) tiful’ (Être soi-même est ce qu’il y a de plus beau).

    – SoHyun, membre de tripleS LOVElution

    GIRLS’ CAPITALISM 

    Le clip de « Girls’ Capitalism » débute avec une succession de groupes d’élèves qui posent lors de photos de classes. Plusieurs clubs sont présents : des girlscouts, un groupe de musique, des ceintures noires d’arts martiaux, des passionnés d’insectes. Chacun des groupes sourit lors de la prise de la photo : « Smile ! Looking at the camera ! » 

    Puis, ce sont les membres de LOVElution qui apparaissent. Elles sont le « Mad Money Club », une référence certaine au mot « capitalism » qui compose le titre de la chanson.

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    Le capitalisme est un régime économique dans lequel les moyens de production n’appartiennent pas à ceux qui les utilisent (les travailleurs). Ce système s’appuie sur la propriété et l’entreprise et estime que le marché est parfait puisqu’il se régule seul sur le principe de l’offre et de la demande. (source : Larousse)

    La chanson commence par un « lalala » qui devient caractéristique de tripleS et de Jaden Jeong, le directeur artistique du groupe. Cependant, cette onomatopée est suivie du mot « heart » (coeur), impliquant que la chanson ne parlera pas des théories économiques du capitalisme, mais plutôt d’une métaphore liée à l’amour de soi. 

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    LOVElution se retrouve ainsi dans une école, en train de faire défiler leur feed instagram qui semble être sans fin selon les paroles. Tout en faisant brûler de la sauge, qui est liée selon plusieurs croyances religieuses et ésotériques à la purification de soi et de son énergie, le téléphone est retiré des mains : le bonheur ne se trouve pas en regardant les autres. 

    La première règle du « Mad Money Club » est : « ne pleure pas, sois riche ». On sèche ses larmes avec des billets, prouvant au monde entier que l’on peut gâcher son argent, se consoler avec en le dépensant. On y voit une Kaede récupérer cet argent jeté à terre et froisser, le plaçant dans des pages d’un livre pour essayer d’aplatir et défroisser les billets. C’est la règle numéro deux : « lis plus ». 

    La troisième règle : « pas d’argent, pas de futur ». Les paroles disent ainsi qu’il faut prendre soin de son compte bancaire, tout en montrant Kaede travaillant dans un fast food, effectuant des tâches répétitives et se perdre dans un ennui jusqu’à oublier ce qu’elle fait. 

    Le refrain demande à ce que l’on appelle la protagoniste belle, puisque « mignon » est maintenant dépassé, has-been. Les membres du club doivent ainsi obéir à la quatrième règle : « danse lorsque tu te sens moche ». 

    La cinquième règle n’est autre que « rêve plus grand ». Les membres prient devant une statuette de Bouddha, rêvant de plus de liberté à travers la richesse. Ensuite, il faut « manger sain ». Cette sixième règle est prise à la rigolade puisqu’elles mangent un sandwich dont la garniture n’est autre que des billets au lieu des salades. 

    Les membres disent « I love myself » alors qu’une nouvelle règle apparaît : « vois différemment (ndlr : les choses) ». 

    Inner beauty, gonna cherish my inner heart

    Inner beauty, aesthetically confident attitude

    Inner beauty, gonna love myself the most

    I’m beautiful, love me better

    « Beauté intérieure, je vais chérir mon coeur intérieur

    Beauté intérieure, attitude esthétiquement confiance

    Beauté intérieure, je vais m’aimer le plus, 

    Je suis belle, aime-moi mieux »

    LOVElution se détache doucement des standards du monde contemporain. Adieu les réseaux sociaux, adieu la comparaison constante avec les autres. Regarder les influenceurs sur les réseaux sociaux poster les meilleurs côtés d’une vie qui reste souvent inaccessible à beaucoup n’aidera pas, malgré l’attrait de ces contenus qui peut nous faire rêver. L’argent est pourtant encore vu comme un idéal, comme quelque chose de doux, représenté lors de ce second refrain par un nounours gonflable géant dont les yeux sont des symboles dollar. 

    La huitième règle apparaît alors : « essayer de nouvelles nourritures ». Xinyu se regarde dans le miroir, les yeux exprimant de la tristesse et du doute alors qu’elle décide de croquer dans une barre de savon. 

    « N’aies pas peur d’être folle » est la règle numéro neuf. LOVElution fait donc la fête dans ce qui semble être une illusion de soirée. Le rêve se brise, montrant en réalité qu’elles se trouvent dans le fast food montré précédemment dans le clip, observée avec confusion par les clients. 

    La dernière règle est « just be(you)tiful », un jeu de mots qui ne peut pas être traduit en français, mais qui signifie tout de même « sois toi-même, sois belle ». 

    Les huit membres de LOVElution se perdent ensuite dans une foule composée d’autres jeunes gens, tous habillés de la même manière : un t-shirt blanc et un jean. Ce rassemblement se termine alors que chacun est allongé dans l’herbe, formant un cœur géant. Serait-ce le symbole du « like » des réseaux sociaux ? 

    Tous se mettent à courir, atteignant une forme de liberté malgré le fait d’être banal. tripleS montre ainsi que la banalité, la simplicité n’est pas une mauvaise chose. Le bling bling que l’on voit quotidiennement sur internet n’est pas tout. 

    La simplicité du t-shirt blanc et du blue jeans est l’opposé total des belles tenues des influenceurs sur instagram, un détachement aussi peut-être de la fast fashion qui pousse à toujours consommer plus, succombant à des modes qui ne durent pas, alors que leur tenue est intemporelle. 

    Gonna love myself in the mirror 

    « Je vais m’aimer dans le miroir » (je vais aimer mon reflet) 

    Fini les « corsets », ces fameux standards de beauté qui sont presque inachevables en Corée du Sud, ceux qui forcent les femmes à entrer dans un moule bien précis et loin de favoriser l’individualité. 

    Porter tous les jours du maquillage, avoir une double paupière, avoir un nez fin et des lèvres pulpeuses. Etre mince quitte à se rendre malade et s’affamer mais posséder tout de même une silhouette en 8. S’habiller « fémininement » pour prouver son genre, avec des jupes courtes, des talons et des hauts flatteurs. 

    tripleS dit adieu à tout ça, sur fond d’humour avec l’argent qui revient toujours au fil du clip vidéo. Les standards de beauté et de statut social ne sont souvent atteignables qu’avec cet outil : chirurgie esthétique, pilules amincissantes, salles de sport, vêtements chics, voiture de luxe, téléphone … 

    La chanson en elle-même rentre dans le son typique de tripleS, légère et rétro, tout en s’intégrant dans le paysage musical de la K-pop aujourd’hui. Le rythme n’est pas agressif, mais sans être trop doux non plus, exprimant une sorte de décontraction dans leur approche de leur carrière. 

    B-SIDES

    « Complexity » prouve que les membres de LOVElution ne sont pas des êtres ayant une seule dimension, mais qu’elles sont complexes. Leur coeur est « divin », alors la personne qui les aime doit correctement les séduire pour gagner le privilège d’être avec elles. La chanson bénéficie de promotions dans les music shows.

    « Black Soul Dress » est la quatrième track du mini-album. En plus des fameux « lalala » plébiscités par Jaden Jeong, on retrouve dans « Black Soul Dress » le « dadada » présenté dans « Air Force One » de ARTMS. Le CEO de Modhaus est assez persistant dans ses idées – mais il ne faudrait pas que celles-ci deviennent tellement répétitives que l’on s’en lasserait. 

    Une petite utilisation de trompette dans la chanson est agréable et apporte une pointe d’originalité dans la discographie de tripleS. Ce titre est d’ailleurs produit, écrit et arrangé par Park SoHyun, membre de l’unité. 

    Les paroles expriment le fait de danser dans la pluie, sous des nuages sombres, le « dark mode ». Avec la petite robe noire, les membres révèlent leur individualité et affirment qu’elles feront ce qu’elles veulent. 

    « Seoul Sonyo Sound » suit ensuite. Quelque chose d’intéressant à propos du titre de cette chanson est que « Seoul Sonyo » a été déposé par Modhaus, teasant peut-être un projet futur en présentant le son des « Seoul Sonyo », les filles de Séoul. Encore une fois, on retrouve en introduction « dadada », ce qui commence à faire beaucoup au sein d’un seul et même EP. 

    Le refrain est dans un registre vocal un peu aigu, qui lui confère une impression de légèreté et de flottement. C’est le moment le plus mémorable de la chanson selon votre auteure – mais cela est presque normal pour un refrain ! 

    On enchaîne avec « Cry Baby » qui tire vers la pop-rock avec une guitare affirmée et une basse funky. Avec les paroles, on comprend que les membres de LOVElution tentent de rassurer ses auditeurs : ils ne sont pas des « cry baby », des pleurnicheurs, mais des personnes qui expriment leurs sentiments. Ils peuvent pleurer, mais tripleS sont là pour leur dire qu’ils ne sont pas seuls, qu’ils n’ont pas à avoir peur. 

    « Speed Love » possède une mélodie basée sur le piano. On y retrouve des sonorités similaires aux débuts de LOONA avec l’unité ⅓. Les paroles expriment la volonté d’avoir un amour qui va vite, un amour qui arrive si rapidement que l’on se sent euphorique. « I just wanna rush this » / « I just wanna like you » 

    L’album se conclut avec « Number 8 » qui possède des éléments d’instruments à corde assez typiques de l’Asie, ainsi que de percussions qui rappellent des tambours. tripleS fait honneur à ses origines avec une outro qui ne possède pas d’autres paroles que les onomatopées habituelles. L’instrumentale est jolie, et cela est presque décevant qu’elle n’ait pas été plus exploitée lors d’une chanson entière. 

    TOURNEE AMERICAINE 

    tripleS LOVElution est parti en tournée aux Etats-Unis pour promouvoir le mini-album ↀ Muhan. Avec plusieurs dates à travers le pays, l’unité a pu rencontrer ses fans. 

    On notera également l’ambiance plus intimiste du fan-meeting à Chicago après l’annulation du concert par la salle. Lors de cet événement, plusieurs WAV ont pu assister à un showcase et interagir avec les membres de LOVElution, leur offrant des souvenirs exceptionnels. 

    Nous pouvons ainsi peut-être nous attendre à une tournée de EVOLution par la suite, et avec un peu d’espoir à des dates du groupe entier en Europe. 

    Diverses émotions allant de l’excitation à la tristesse coexistent au sein de notre album, élevant les sentiments du groupe.

    – Xinyu, membre de tripleS LOVElution